Affichage des articles dont le libellé est Claude Flagel. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Claude Flagel. Afficher tous les articles

mercredi 4 mars 2026

Lou et Claude Flagel

mise en ligne le 20/2/2026
mise à jour le 3/3/2026 : ajout d'infos généalogiques 

Lui jouait de la vielle à roue et enquêtait sur le patrimoine musical. Elle dansait au sein de l’ensemble Rondinella. Ensemble, ils ont créé le label « Fonti Musicali » dédié aux traditions musicales du monde entier. Vincent Flagel revient sur le parcours de ses parents.

sur Modal Media 

Lou et Claude Flagel
ICI 

 source ensemble Rondinella :

 



 les autres pages sur Claude Flagel sur le blog

 

Quelques infos généalogiques 

Claude FLAGEL est né Claude JOUVIN, fils d’Émilienne, à Paris 8e, le 1er juillet 1932. Il est reconnu par son père Raymond FLAGEL le 13 août de la même année.  Il est légitimé par le mariage de ses parents à Pontoise le 29 avril 1933. Raymond est né à Pontoise, fils de Georges, employé de haras originaire de Lainville en Vexin (Yvelines) et de Lucienne AVISSE, née à Pontoise. Émilienne est une vraie parisienne, dactylographe de profession, son père, Eugène (1882-1951), est mécanicien et sa mère, Germaine TECQMENNE (1886-1983), est plumassière.
Avant de connaitre Louise, Claude FLAGEL a épousé Andrée POTACHE à Saint-Ouen en 1954. Andrée, née en 1932, est la fille d'un acrobate et d'une artiste de music-hall comme le mentionne le recensement de 1936. Son père, Auguste (1892-1978), est aussi qualifié de voyageur [de commerce] et de camelot sur sa fiche matricule. Il déserte plusieurs fois, repris il passe en conseil de guerre. On sait qu'il est exclu de l'armée en 1919 après une condamnation pour vol, il est amnistié en 1920. Il meurt à Orléans en 1978. Sa mère, Anne-Marie VEILLET est née à Paris en 1890, ses parents sont Bretons,  son père des Côtes d'Armor et sa mère du Morbihan. Elle est mentionnée sur les registres des étrangers à Anvers en 1930, probablement pour son métier d'artiste, elle meurt à Paris en 1941.
 
***** 

sa participation au catalogue de l'exposition Les Musiciens des rues de Paris 

ICI

 
Des productions de Claude Flagel

 

 


 






samedi 17 janvier 2026

Collectages de "Traces" - 1986

publié le 3/9/2009
mise à jour le 25/11/2021 : ajout d'une vidéo
mise à jour 17/1/2026 : ajout des notices complètes 


A l'exception d'un seul (le n° 3), ces enregistrements ont tous été réalisés à l'occasion de ce qu'il est convenu d'appeler des "collectages" et donc par des amateurs en matière de prise de son. Effectués la plupart du temps dans des conditions difficiles, ils peuvent être de qualité discutable ; mais il faut se souvenir qu'il s'agit bien de "sauvetages", de témoignages irremplaçables d'un passé révolu.
Il n'y a pas eu dans le Nord de "quadrillage", de systématisation de la recherche. Les rencontres sont simplement dues au hasard, ou déterminées par la zone de résidence du collecteur. Cette cassette est de plus le résultat de deux démarches de collectage, semblables mais décalées dans le temps et l'espace. La première se situe dans les années 1973 / 76 et se compose d'enregistrements réalisés dans les Ardennes Belges par Rémy DUBOIS et Colette ROBERT. La seconde, plus tardive, est centrée sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais, avec à l'origine des associations comme Mabidon et Marie Grauette créées en 1975 / 76 puis Chantefoire (1978) et la Piposa (1984).
La première de ces démarches ayant presque servi de modèle à la seconde. Enfin vint TRACES pour réunir ces documents.
D'autres recherches menées en Flandre et en Hainaut ont déjà été publiées par différents organismes. Quant au grand trou laissé sur la carte par le sud du département du Nord, certains collectages récents figureront peut-être dans une seconde publication. Pour l'instant, nous voudrions que ces premiers documents, en plus des musiques qu'ils proposent, puissent refléter un aspect des difficultés du collectage, à plus forte raison dans le Nord où les sources sont à la fois si diverses et si éparpillées ; sans compter la prise de conscience qui fut plus tardive que partout ailleurs.
Nous avons tenté de vous livrer ces musiques telles que nous les avons trouvées. Sans y toucher, ou presque ; en conservant les hésitations, les pendules, les chants d'oiseaux, les rires et les bruits de mobylettes.
Et entre ce que nous ressentons à l'écoute de ces musiciens, et les courants toujours variables de l'engouement pour la musique traditionnelle, plusieurs solutions de présentation étaient possibles. Pour cette première édition, nous avons préféré rassembler le maximum d'images, qui puissent être les plus fidèles possibles de notre réalité. Ces témoignages sont en effet considérés par leurs découvreurs comme réellement représentatifs de ce que nous constations être notre musique.
Ces musiciens habitent une vaste région comprise entre la Manche et l'Allemagne, et sur laquelle il est bien difficile de mettre un terme générique. Une sorte de "melting pot", carrefour de plusieurs civilisations, mélange de plusieurs peuples, creuset d'où surgit régulièrement quelque chose de neuf.
Les musiques proviennent donc des Ardennes Belges (provinces de Liège et du Luxembourg) pour la Belgique, et de Flandre, d'Artois et du Bassin minier pour le Nord de la France. Les musiques d'ailleurs y sont également présentes : Pologne, Roumanie, Portugal.
 
 
Cette association regroupe les collecteurs et chercheurs de la région NORD / PAS-DE-CALAIS, ainsi que de BELGIQUE et des PAYS-BAS, qui ont désiré mettre en commun leurs travaux sur les musiques et danses traditionnelles.
Fondé en Janvier 1984, ce collectif international se compose à ce jour d'environ 25 membres, qui travaillent ensemble sur de multiples orientations, telles que l'Accordéon diatonique et chromatiques, le Cistre renaissance, les Luthiers du Nord, la Piposa, les chanteurs, l'épinette du Nord, le Cythre au XVIIème, les musiques de l'immigration, les Violoneux, les manuscrits, la danse, l'iconographie, les musiques mécaniques, etc.
Si les sujets de recherche sont aussi nombreux, c'est que les régions septentrionales sont le théâtre d'énormément d'échanges culturels, et ce à toutes les époques. Notre rôle est de sauver de l'oubli ce très riche passé musical ; car si peu de choses ont été publiées jusqu'ici, comparativement  à l'importance du sujet.
En plus de communications techniques et d'une exposition, déjà disponible, sur les pratiques et les axes du collectage, les membres de TRACES préparent plusieurs ouvrages, dont le premier à paraître devrait être consacré aux Épinettes fabriquées et jouées dans le Nord de la France.
Pour l'heure, le livret (et la cassette) que vous avez entre les mains est notre première publication. Ces documents dormaient depuis des années dans nos archives personnelles. Ils sont désormais votre propriété et nos amis musiciens sont maintenant les vôtres.
 

contenu :
1 Henri SCHMITZ, Maclotte / Scottich "La mandoline" / Maclotte "La Falize"
Violon. CHAMPS (B). Enregistré en 1974.
En 1976, paraissait le disque "Maclottes et Passepîds". Réalisé par Claude Flagel, ce disque fut pour les jeunes musiciens d'alors, en plus d'une découverte, une part supplémentaire de répertoire. Et parmi les danses wallonnes qu'on y trouvait, figuraient des airs empruntés aux répertoires de Henri SCHMITZ et Elisabeth MELCHIOR, musiciens de tradition de Wallonie. Les voici réunis aujourd'hui sur cet enregistrement. C'est le père de Henri SCHMITZ qui apprit le violon à son fils, et ce dès l'âge de dix ans. Ce dernier descend ensuite travailler à LIEGE vers l'âge de 18 ans. A cette époque, il joue déjà, dans les bistrots bien sûr, mais aussi dans les cinémas, en accompagnement direct de l'image. La guerre 40 survient et son violon, celui de son grand-père, disparaît. S'ajoute à cela l'affaiblissement du rôle social du musicien, et Henri SCHMITZ cessera de jouer. C'est le "revival" folk qui le rebranchera, du festival de CHAMPS jusqu'aux U.S.A. Né le 10 août 1904, ardoisier de son métier, Henri SCHMITZ est décédé le 4 octobre 1977. Dernier témoin d'une tradition ancestrale, il représentait la fin de trois générations de ménétriers. Son père avait d'ailleurs connu Constant CHARNEUX (voir n°11), et l'on discerne une filiation entre eux deux, un style commun et des constantes dans le répertoire.
 
2 Basile LIGNIER, Le ramoneur ed'cheminées
Chant. ZERABLES (62). Enregistré le 9 décembre 1983.
C'est suite à des informations émanant de Mr EURIN (voir n°12) que nous nous sommes rendus dans cette petite région particulièrement préservée du Pas-de-Calais, la vallée de la Course. Alfred parlait de vielles et de cornemuses et si l'on en croit sa chanson, cette vallée a du abriter des joueurs de PIPASSA. C'est l'une des micro-régions du Nord/Pas-de-Calais qui devrait apporter le plus de révélations dans les années à venir, si les enquêtes se poursuivent.Une brève rencontre avec Mr Basile LIGNIER nous a permis d'enregistrer deux chansons à caractère érotique, dont la présente version du "ramoneur  ed' cheminées", provenant sans doute du cahier de chansons du grand-père de Basile. Les chansons axées sur le thème érotique du Ramoneur sont nombreuses, et certaines sont assez anciennes. Ainsi Nicollé des Celliers d'HESDIN (de Beauvais, en fait) qui compose vers 1530 une chanson rustique "Ramonez ma cheminée". Vers 1540, on note aussi une "Fantaisie érotique sur le cri du ramoneur" de Pierre de VILLIERS (voir G. DOTTIN, la chanson française de la Renaissance, p. 42 et 48).
 
3 Valentin KLOPOCK, dudy et Ignace KRCZEZINSKI, violon : Deux Okrangwè
Dudy Poznanskie et violon. OIGNIES (62). Enregistrés en 1960. 
Copie communiquée en 1983 par Théodore KLOPOCKI. Les deux airs présentés ici sont extraits d'une bande magnétique réalisée en 1960 par le propre fils du cornemuseux. Théodore KLOPOCKI disposait à l'époque d'un matériel d'enregistrement semi-professionnel, et si l'on tient compte de la date de la prise de son, et du milieu social où eut lieu ce "collectage avant la lettre", on peut qualifier cet enregistrement (tout du moins à l'écoute de la bande mère) de tout à fait exceptionnel, tant par la qualité que par la rareté d'un tel document. Le duo traditionnel DUDY / SKRZYPCE (cornemuse / violon) y est ici pleinement mis en valeur par la virtuosité des instrumentistes et par le contexte : une fête de famille. Manifestation d'une culture transplantée, cette musique appartient à la communauté polonaise installée dans le Nord / Pas-de-Calais depuis les années 20. La pratique de cette cornemuse n'a disparu que depuis peu de temps, car les derniers joueurs de DUDY, qui furent nombreux dans le bassin minier, exerçaient encore vers 1972. En l'attente d'un ouvrage complet sur le sujet, on peut tout de même avancer que les deux danses choisies pour cette cassette doivent être des OKRAGLY (prononcer Okrangwè), nom donné en Grande Pologne à l'OBEREK. La cornemuse est du type BOCK (pied simple à perce cylindrique et anche simple), de petit format type Poznanskie (région de POZNAN) et équipée d'un soufflet à bourdon deux fois replié sur lui-même. Quant au violon, il se joue à l'octave supérieure grâce à un capodastre de fortune placé au niveau du talon. La tenue de l'archet se fait à pleine main. Notons enfin que les similitudes avec certaines danses du centre de la France sont frappantes. 
 
4 Jehan LANVIN, Deux parties de quadrille
Accordéon diatonique. TENEUR (62). Enregistré le 15 septembre 1982, lors du tournage vidéo.
G.D. : "C'est pendant l'hiver 1981 que nous avons pu rencontrer pour la première fois Jehan LANVIN. Il est né en 1906 dans une famille d'accordéoneux, est célibataire et vit avec sa sœur, Mme Yvonne DUCROCQ. Il a appris à jouer avec son père. Aucun d'eux ne connaissait la musique. Jehan le fils a, pour sa part, beaucoup appris à la porte même des bals ; il écoutait puis, rentré chez lui, s'essayait à reproduire, "d'tête", les airs entendus, sur son premier accordéon hérité en 1917 (il a alors 11 ans) de son oncle. Un peu plus tard, il achètera pour 150 F un autre accordéon à MONTREUIL sur MER, et enfin en 1937, un "MAUGEIN" de Tulle, reçu par la poste avec en cadeau la partition de "La chanson des chômeurs". Les occasions de jouer étaient surtout les fêtes locales ou des environs (Anvin, Heuchin, etc…) ; mais de temps en temps, Mr LANVIN et la famille allaient jouer sur les hauteurs, à la sortie du village ; pour le plaisir, quand il faisait bon. "Au carnaval j'ai fait un mariage là, on était à 25, pis on est arrivé à ANVIN, j'ai joué la Polka-marche et pis j'étais en tête et l'bal était plein, quand qu'ils nous ont vu arriver, ya pu personne qui a dansé, on a fait l'tour du bal, on éto à 25 à l'queue leu leu hein, et pis alors ej'jouais la "Scottische". Parmi des airs qu'on peut dater d'entre les deux guerres, et qui étaient très répandus de son "jeune temps", on trouve également dans le répertoire de Mr LANVIN des airs plus anciens qui, selon lui, remontent au moins à la fin du siècle dernier, car son père les jouait avant lui : polkas, mazurkas, schottisches, quadrille, et même quelques compositions de lui-même ou de son père (la valse polonaise, polkas, mazurkas, etc.). Depuis 1981, nous sommes retournés bien souvent rendre visite à nos amis. Nous avons "réajusté" l'accord du Maugein, en respectant, à la demande de Mr LANVIN, "l'ancien ton" de l'instrument ; nous lui avons fourni des copies d'enregistrements ; nous avons dégusté la compote de pommes maison, apprécié "l'tabac d'planteur" et le jambon de pays. Ce qui nous semble plus important dans tout cela, c'est aussi le fait que Mr LANVIN se soit depuis remis à jouer régulièrement." 

 

5 Léopoldine HOCHART,  Trois demoiselles […]/ Trois jeunes filles […]
Chant. VERCHOCQ (62). Enregistrée en septembre 1978.
J.J.R. : "Mme HOCHART fait partie d'une famille de chanteurs et musiciens. Elle chante depuis son plus jeune âge et bon nombre de titres de son répertoire ont été appris auprès de ses oncles et de sa grand-mère. D'autres ont été appris sur partition, ces "feuilles volantes" qui servaient à la diffusion des tubes avant le microsillon, la radio et la télé. Léopoldine HOCHART est dotée d'une excellente mémoire, et son répertoire est essentiellement constitué de chansons réalistes du début du siècle ou plus tardives. Elle connaît aussi quelques comptines, et deux chansons sur le thème des "Trois jeunes filles qui ont tant dansé qu'elles ont usé leurs souliers". Comme souvent, ce fonds traditionnel était relégué au plus profond de sa mémoire, et n'apparaîtra qu'après qu'elle ait "puisé" son répertoire habituel, plus récent. D'où la nécessité de ne pas s'arrêter trop vite dans un collectage sous prétexte que le répertoire est moderne ; les phénomènes de mémorisation sont agencés de telle sorte qu'il faut percer une à une les strates de souvenirs pour parvenir aux chansons traditionnelles (à condition, bien sûr, que l'informateur ait été baigné dans ce répertoire durant son enfance)."

 

6 Robert LAPOTRE, Deux airs
Epinette. FESTUBERT (62). Enregistré le 7 août 1981.
Les joueurs d'épinette étaient, semble-t-il, très nombreux dans le Nord, si l'on en juge par les instruments retrouvés, bien souvent usagés. Mais il est rare de rencontrer quelqu'un pratiquant toujours cet instrument. Pour la plupart de ces musiciens, et comme le confirment les méthodes de l'époque, le répertoire se composait essentiellement d'airs à la mode, de pièces extraites d'opérettes ou du répertoire lyrique, de valses de Vienne, etc. On retrouve fréquemment des titres tels que "Les millions d'Arlequin", "La sérénade de Tosselli", "Les Saltimbanques" ou "Je t'ai donné mon cœur ». C’est le cas du père de Mr Lapôtre, qui, né en 1895, jouait déjà très jeune (dès l'âge de 7 ans). A 12 ans, sa mère lui achètera, à LILLE, sa première épinette, alors qu'il travaille déjà "au fond". Une COUPLEUX sur laquelle, en plus du répertoire cité plus haut, il jouait pour faire danser, au point d'être invité dans les mariages. C'est avec cet instrument que Robert LAPOTRE, fils du précédent, joue ici deux airs que nous n'avons pas complètement identifiés (encore que les paroles de la première parlent de "la ruelle de nos amours"). Précisons que Mr LAPOTRE accorde son épinette en Do majeur, l'accord parfait comme il le dit lui-même. Un ouvrage important sur les épinettes du Nord est en préparation et apportera bientôt des informations supplémentaires concernant l'histoire de cet instrument populaire, sa facture et sa pratique.
 

7 Raymond DECLERCK, Il a perdu son Katchoula (voir la vidéo plus bas)
Harmonica. DUNKERQUE (59). Enregistré le 26 mai 1985.
Raymond DECLERCK est né en 1925 à Cappelle la Grande. Il joue de l'HARMONICA et chante depuis son enfance. Sans discontinuer, il anime toujours les réunions de famille. Dans sa jeunesse, il a participé à de nombreux "CROCHETS" (concours de chant), et depuis le début de sa retraite, il a commencé une "carrière" de chanteur flamand, sa langue maternelle. "Il a perdu son Katchoula" est une mélodie roumaine que jouait son père Marcel, lui aussi harmoniciste. Il l'avait apprise durant la guerre des Dardanelles, entre 1915 et 1918. 
 
8 Mr BEKER, Chant de quête
Chant et rommelpot. SOIRON (B). Enregistré entre 1973 et 1976.
Un "ROMMELPOT" se fabriquait avec une vessie de cochon et un pot à beurre. On ne racontera pas une nouvelle fois comment cet instrument fonctionne, toujours est-il que ce procédé de construction était encore connu au temps de la jeunesse de Mr BEKER. Au moment de l'enregistrement, il est agriculteur à AUBEL. Du point de vue linguistique, la région d'AUBEL (voir carte, n° 21)  est une zone frontalière, où l'on parle à la fois le français et le flamand. Le patois d'AUBEL qu'on entendra ici est un mélange de ces deux langues. Il s'agit d'un chant de quête, que les enfants chantaient à l’Épiphanie en s'accompagnant du rommelpot, tandis que les gens leur donnaient des "friandises" (bouts de lard, de pain, de fromage).
 
9 Elisabeth MELCHIOR, Scottisch / Polka / Valse
Accordéon diatonique. WALQUES (B). Enregistrée vers 1974.
Tout comme pour Henri SCHMITZ, cet enregistrement se situe à l'époque des premiers stages en Belgique, de la découverte de ces musiciens, et parfois même de leur participation à ces stages. Leur implication dans le renouveau Folk débouchera même sur certains voyages, jusque dans le Wisconsin ! La pratique de leur instrument avait pourtant été interrompue pendant de longues années ; dans le cas de Mme MELCHIOR, ce n'est qu'à l'époque de l'enquête de Françoise LEMPEREUR dans le pays de MALMEDY qu'elle s'était remise au diatonique. Mme MELCHIOR avait elle aussi appris de son grand-père ; lui aussi était ménétrier professionnel. Et comme dit Rémy DUBOIS : "Il y a chez les vieux musiciens ce "truc en plus" que tu ne pourras jamais leur piquer". 
 
10 Victor BETREMIEUX, Feux d'artifice
Mandoline. BIACHE St VAAST (62). Enregistré le 23 novembre 1983.
Difficile de réunir des témoignages de musiciens du Nord sans y inclure un petit air de mandoline. Cet instrument très à la mode au début du XXe siècle est encore très pratiqué au sein des orchestres polonais. Certains ensembles sont d'ailleurs exclusivement composés de mandolinistes. Au contraire, l'air que nous interprète ici Mr BETREMIEUX ("feux d'artifice", sans doute) appartient au répertoire français. Mr BETREMIEUX joue également du BANJO mais préfère sa mandoline. Il est né en 1913, et bien qu'il connaisse la musique et s'en soit servi comme système de mémorisation, il a appris ce morceau d'oreille d'après un chant. 
 
11 Constant CHARNEUX, violon à buzette et Mme GENOTTE, acc. chromatique : Valse (allemande de Burnontige) / Maclotte / Scottich
Hemroulle (B) et Jupille (B), enregistrés en 1973
Mr CHARNEUX, ouvrier agricole de profession, était violonneux. Il animait les bals, d'abord au violon puis plus tard avec sa "sirène d'amour", autrement dit son violon à pavillon. Constant CHARNEUX était né en 1884, et son père était également ménétrier ; or, c'est pratiquement dans cette même région des Ardennes qu'exerça le ménétrier et maître à danser Jean Guillaume HOUSSA, originaire de SOY (voir carte, n° 20). Son cahier, partiellement daté de 1848, est conservé au musée d'Arlon.  Mr CHARNEUX est décédé en 1975, à l'âge de 91 ans, mais il avait beaucoup voyagé, et vers la fin de sa vie, il avait rencontré Mr et Mme GENOTTE qui s'occupaient d'un groupe folklorique près de LIÈGE. Leur répertoire s'inspirera alors pour une petite partie de celui de Constant, qui jouera d'ailleurs avec eux dans l'animation musicale du groupe. Lors de cet enregistrement, Mme GENOTTE était âgée de 70 ans et on l'entend ici à l'accordéon chromatique.
 

12 Alfred EURIN, Quand j'allos m'ner m'vaqu' al pâture
Chant. HAMBLIN LES PRES (62). Enregistré le 7 décembre 1983.
C. E. : "Alfred EURIN, 77 ans, a appris cette chanson de Jules LIGNIER, son auteur avec qui il fut berger à Bezinghem, près de Montreuil sur mer. Il se souvient des nombreux musiciens de sa région, de "Baudet" le joueur de tambour et sa grelottière, d'un vielleux à Preures, des joueurs de piston et d'accordéon, des violoneux "des bas", Léon VALOIS et Jules LIGNIER. Ce dernier semble avoir été un musicien réputé : chansons, violon, accordéon, et bricoleur d'instruments, telle une certaine "Flahute" aménagée d'une vessie de porc" On notera l'allusion, dans le 10e couplet, à la PIPASSA, cornemuse régionale qui n'a pas encore été retrouvée. Mais le fait que ce chant ait été composé par Jules LIGNIER rend cette référence encore plus actuelle. Dans le Nord / Pas-de-Calais, le patois variant constamment d'un village à l'autre, il nous est souvent très difficile, même étant originaires de la région, de comprendre absolument tout ce que disent les vieilles personnes.
 
13 Achille MATTO, Amoureuse
Saxophone. XHORIS (B). Enregistré entre 1973 et 76.
Dans sa jeunesse, Mr MATTO avait appris la clarinette ; mais très vite, il abandonnera cet instrument pour se mettre au SAXOPHONE, plus adapté à la musique des années 20 (fox-trot, etc.). Son grand-père jouait déjà (de l'accordéon) et c'est de lui qu'il apprendra quelques danses de bal, y compris ce qu'on appelle les "petites danses", AMOUREUSES, MACLOTTES, PASSEPIEDS, etc., suites de danses qui, à un moment donné du bal, étaient dansées par les vieux en costume. C'est cette atmosphère et cette époque que Mr Achille MATTO évoque ici avec nostalgie, entre deux reprises d'une "Amoureuse";
 

14 Jean CORNU, Valse tyrolienne / Marche
Accordéon diatonique. FRUGES (62). Enregistré le 30 octobre 1983.
L'enregistrement présent a été réalisé presque au pied levé, pendant le concert donné au théâtre d'ARRAS en octobre 1983, lors des rencontres de collecteurs. Instant mémorable, car Jean ne nous avait pas donné confirmation de sa participation, ce qui explique le caractère un peu improvisé de la prise de son. Mr CORNU, né en 1925 à Créquy, est normalement batteur dans une petite formation locale. S'il jouait du diatonique, c'était juste pour s'amuser. Et pourtant, son jeu illustre bien la virtuosité des accordéonistes du Nord, alors que lui ne joue en fait que sur un tout petit 2 rangs "Gallota". Son père qui était colporteur jouait lui aussi du diatonique, mais à une rangée, tandis que Jean joue presque constamment en "croisé". Nous nous étions rencontrés par hasard en octobre 82, lors d'un bal folk, et depuis, Mr CORNU a participé à diverses animations, au Festival International d'accordéon de la COURNEUVE (juin 83), à une télé (FR3, mars 84) et à ce concert d'ARRAS dont sont extraites la Valse tyrolienne (de sa composition) et la marche qu'on entend ici. C'est Daniel OGER qui l'accompagne à la guitare.
 
15 Toussaint CARON, Ech' tiot bossu
Chant. CANTIN (59). Enregistré le 12 juin 1983.
J.J.R. : "Lors de ce banquet, Toussaint CARON était âgé de 58 ans. A chaque mariage ou occasion du même genre, il gratifie l'assemblée de son "tube", le "p'tiot bossu", chanson qu'il a apprise de Nicolas PUVOST, ouvrier verrier à ANICHE, qui lui-même la tenait de tradition familiale. Toussaint fait partie de cette catégorie de chanteurs au répertoire très restreint, une ou deux chansons dont ils sont les détenteurs et interprètes exclusifs : personne d'autre n'aurait l'idée de la chanter à leur place parmi l'auditoire qui, bien souvent, connaît les paroles par cœur. Et on leur réclame ce truc là (et pas un autre) dans les occasions qui s'y prêtent. C'est une tradition encore vivace dans les familles de la région, mais il est rare que le "tube" en question soit une authentique chanson traditionnelle, comme c'est le cas ici. (De plus, il ne s'agit même pas d'une chanson paillarde.)". Le procédé de cette chanson consiste, entre autres, à modifier la syntaxe et la conjugaison afin que la rime en "U" soit conservée. Quant à la formule mélodique à la quarte descendante, on la multiplie ou on l'abrège autant de fois qu'il est nécessaire pour pouvoir caser toute la phrase. La moyenne est de 2 fois, mais ce système varie de 1 à 5 fois. Le refrain, repris en cœur, autorise bien sûr une autre fin de phrase.
 

16 Marcel LEEUWERCK, La maladie d'amour
Epinette. BAILLEUL (59). Enregistré le 9 avril 1983.
J.J.R. : "Marcel LEEUWERCK est âgé de 72 ans lors de notre rencontre. C'est un flamand du Westhoek. Il nomme son instrument "épinet" et ne lui connaît pas d'autre appellation ; il joue avec un noteur et un plectre, en trémolo. Les cordes sont des câbles de frein de vélo, qu'il détord pour en obtenir les brins les plus fins ; les cordes sont sous-tendues, ce qui donne un son assez caractéristique. Le premier instrument qu'il ait possédé (vers l'âge de 12-13 ans) avait une caisse chantournée et était, nous dit-il, "très bien faite". Cette épinette a été perdue lors de sa captivité en Allemagne. Les trois instruments qu'il possède actuellement sont de facture rudimentaire (contreplaqué) et comportent un clavier diatonique avec deux degrés supplémentaires (FA dièse et DO dièse). Ils sont munis de trois chanterelles. Une seule des trois épinettes possède deux bourdons". La fonction première de l'épinette est ici parfaitement évidente : instrument populaire par excellence sur lequel même les chansons les plus récentes peuvent être interprétées, comme cette "Maladie d'amour" bien connue.
 
17 Désiré EVRARD, Valse
Harmonica. LILLERS (62). Enregistré en décembre 1985.
C.E. : "Désiré EVRARD, 75 ans, passe toute sa jeunesse à MERVILLE (Nord). Durant cette période, son père, joueur d'accordéon diatonique, l'initie à cet instrument. Il en joue jusqu'à la guerre. Son répertoire : les vieux airs de son père, valses, polkas, schottisches, mazurkas et les airs à la mode qu'il joue tous d'oreille et pour le plaisir. Il est très connu pour son caractère de boute-en-train et de bon danseur. Parallèlement, il joue de l'HARMONICA -ici du HOHNER chromatique- et de quelle façon ! Il anime encore le club des aînés. Il a appris cette valse en captivité pendant la guerre et … sur partition ! mais ne se souvient plus du titre."  Il s'agit peut-être du collectage le plus inattendu de cette cassette, car cette valse jouée ici par Mr EVRARD, hormis le fait qu'elle ait été enregistrée très récemment, était déjà bien connue des amateurs de bal folk dans le Nord, par une version quasiment identique apprise de nos amis du Centre.
 
18 Mr VINCENT, Deux valses
Accordéon. DEIGNE-REMOUCHAMPS (B). Enregistré entre 1973 et 76.
Mr VINCENT jouait de l'accordéon diatonique à Deigné mais n'a jamais fait de bal au sens professionnel du terme. Lorsque les "pros" venaient, que ce soit l'accordéoniste de métier ou l'orchestre de cuivres, lui ne jouait pas. Par contre, il animait les "bals de village", ces petites réunions entre soi, à dix personnes, dans l'arrière salle du café. Il jouait sur un SOPRANI trois rangées diatoniques à basses chromatiques. Il est plus que probable que la seconde des deux valses qu'on entend ici soit d'origine portugaise.
 
19 Marie-Thérèse MENÉ (1823-1992), Les surnoms du Fort Ph'lippe
Chant. GRAND FORT PHILIPPE (59). Enregistrée le 10 janvier 1986.
C'est l'enregistrement le plus récent de ce recueil, preuve s'il en fallait de l'intérêt et de la nécessité du collectage aujourd'hui. Mme MENÉ interprète une chanson "sur l'air de…" et le "timbre" est celui du Mirliton que chantait Maurice CHEVALIER. Les paroles, d'un auteur inconnu, sont consacrées aux surnoms que se donnaient les habitants de Grand Fort Philippe, un port de pêche autrefois très actif près de GRAVELINES. Mme MENÉ n'est d'ailleurs pas épargnée par cette tradition des surnoms, car celui de sa propre famille, c'est BOSSU. Mme MENÉ a elle-même composé nombre de chansons en patois pour les carnavals (elles ont été relevées par Mr DUPAS, qui réalise un ouvrage sur le sujet). Et laissons à Marie-Thérèse MENÉ le soin de conclure : "Pourtant c'est ça qui fait l'charme ed'nous pays, ca prouve in tout cas qu'ou z'avons ben d'l'esprit."

Les enquêtes et enregistrements ont été réalisés par :
Rémy DUBOIS et Colette ROBERT (n° 1, 8, 9, 11, 13 et 18) ; Jean-Jacques REVILLION† (n° 5, 15 et 16) ; Gaby DELASSUS et Patrick DELAVAL (n° 2 et 4) ; Patrick DELAVAL et Jean-Marc KLAJNY (n° 3) ; Christian EVRARD† (n° 10, 12 et 17) ; Gaby DELASSUS et Roland DELASSUS (n° 6) ; Christian DECLERCK (n° 7 et 19).

Photo de la couverture : Musiciens pour rire, TENEUR, Pas-de-Calais. (Prêt de Mr Lanvin).

pour télécharger c'est ICI

168 téléchargements au 1/6/2013

*****

Quelques informations complémentaires sur le violoneux wallon Constant Charneux, transmis par Agnès et Bruno :

- Deux photos ici et ici : la première photo est en fait la photo qui a servi à illustrer la pochette du LP Champs 73 , ainsi que de l'affiche de Champs 74, avec au programme sa participation "s'il n'est pas trop fatigué"
- En fouinant un peu, j'ai trouvé sur le blog de son petit neveu, écrivain, un enregistrement : la maclotte de Bastogne au violon busette très certainement 
- Et autrement, un lien qui atteste de la présence d'autres violons à busette dans la région de Liège.


*****

J'ai retrouvé  cette interprétation familiale de Il a perdu son katchoula par Raymond, Michèle et Christian Declerck.


plus d'infos ICI



Maurits Cornelis Escher


samedi 6 novembre 2021

Il y a 40 ans… ou presque

page mise en ligne le 14/1/2017
mise à jour le 24/3/2020, ajout de photos
mise à jour le 6/11/2021; ajout d'Etienne de Drie Vlaemsche Geuzen ;-)




C'était il y a 40 ans, ou presque, le mouvement n'avait pas dix ans et les groupes folk proliféraient dans la région. Un annuaire 59/62 de janvier 1981 en recense une quarantaine. Dans ce montage on voit les groupes : Drie Vlaemsche Geuzen, De Kreupelaer, Yves Havet et Klauwaerts, Haeghdoorn, La Bistouille, Brinqueballe, Mabidon et les danseuses et danseurs qui les suivaient avec assiduité. La musique est jouée par le groupe Vents Contraires lors d'un de ses derniers bals en 2000.


à la Ferme Nord de Zuydcoote
Drie Vlaemsche Geuzen :
Bertrand Buirette, violon
Didier Buirette, cornemuse, flûte
Guy Vandeneeckhoutte, accordéon diatonique
Etienne Dubron, violon

Animation et bal folk à Bergues
La Bistouille (2 musiciens de De Kreupelaer et les musiciens de Drie Vlaemsche)
et Katepouch

La fête du château d'Esnes le 1er mai 1976
Brinqueballe (deviendra Estaminet Folk) :
Bernard, dit Ben Kaczmareck, accordéon diatonique (qui ensuite a fait partie du groupe Vermenton Plage)
Patricia Kaczmareck, vielle à roue
Edith Monsu, épinette
Patrick Plouchart, violon, cornemuse

Fête du château d'Esquelbecq 11 juillet 1979
Haeghedoorn
Marieke en Bart
Sprinkhanders

Bailleul ?
Yves Havet †
et Klauwaerts :
Jean-Jacques Révillion †, violon
Gérald Ryckeboer, guitare

En région lilloise puis à la Maison de Danse de la Maison de Quartier de Fives
Mabidon

et les danseurs : Marie Aude Pradeau †, Michèle Coupez, Monique Piolat, Frédérique Wascheul, Odile Hoestlandt, Christian Gheeraert †, Isabelle Alexis, Francine Hochedé, Joël Parasote,… etc. (merci de me signaler ceux dont j'ai oublié le nom).

musique par le groupe Vents Contraires, dernière formule
à Gondecourt en mars 2000
Christian Declerck, violon, alto
Patrice Gilbert, vielle à roue
Gérald Ryckeboer, cornemuse, guitare et cistre
Elise Wuillemin, harpe celtique

le bal complet est ici




quelques photos supplémentaires, photographe inconnu
sans doute à Bergues ?


de G à D : Michel, Marc, Guy, Christian, Etienne et  Bertrand


Christian D. et ? Duyck


Christian D. et Fabienne Kotlarczik



Compléments :

"C’est à partir de 1977 que la Communauté Urbaine de Dunkerque, devenue locataire des lieux, y a financé un vaste programme d’investissements et d’animations destiné à faire de la Ferme Nord de Zuydcoote un équipement de loisirs ouvert à tous, au cœur des dunes qui commençaient alors à être protégées. De 1977 à fin 1985, date de la fermeture liée à des problèmes d’équilibre financier de l’association de gestion, la Ferme Nord a accueilli des milliers de personnes pour des spectacles, des classes de découverte, des activités de loisirs, des chantiers internationaux de volontaires ou des séjours à vocation sociale.
Pendant toutes ces années, elle aura constitué un espace de liberté et de créativité, qui n’a pas trouvé depuis son équivalent dans toute l’agglomération.
A l'origine créée et gérée par José Jacquemart, puis c'est Pascale Debrock (de 1980 à 1983) et Anne Pascale Jacquemart qui ont été responsables de la programmation culturelle"



La Maison de Danse
C’est Mabidon qui est à l’origine du projet, au retour d’un stage auquel nous avions participé durant l’été 1976 (ou 77 ?), en Belgique, organisé par Claude Flagel. Christophe Declercq, un des violoneux de Mabidon avait participé à une « tournée » en Hongrie avec des musiciens et danseurs Wallons, autour des Flagel, pour représenter la Wallonie dans des festivals de musique traditionnelle. Il y avait entendu parler des « maisons de danse », lieux de pratique de musique et danses traditionnelles hongroises. On s’est dit « on va faire ça chez nous ». On était un petit nombre à s’intéresser à la musique traditionnelle, on connaissait des musiciens dans le Pas de Calais (le groupe Marie Grauette, Bernard Boulanger), à Dunkerque (Christian Declerck et sa bande), à Bailleul (Haeghedoorn), etc., mais les occasions de se rencontrer étaient rares et chacun jouait dans son coin. Passionnés par la musique et la danse traditionnelles, nous voulions qu’elles s’intégrent davantage dans notre quotidien.
L’idée était de favoriser les échanges, de diffuser les collectes ou découvertes des uns et des autres, et aussi de vivifier et de transmettre, notamment dans le domaine de la danse. Le phénomène bal folk en était à ses balbutiements et nous sentions bien que l’apprentissage des pas était une nécessité, y compris pour les musiciens.
Fin 1978 débutait la première édition de la maison de danse à la maison de quartier de Fives à Lille (59). Le matin, ateliers instruments et danse, le midi, repas pris en commun sur le modèle de l’auberge espagnole, et l’après midi, bal avec les musiciens présents. On était plutôt dans l’autogestion : pas de formateurs attitrés, pas de programmation de groupe, le principe était le libre échange, et la libre participation. Très vite, la plupart des musiciens et groupes locaux se sont appropriés la démarche, et la maison de danse est devenue une affaire collective dans laquelle se sont impliqués de nombreux bénévoles (car dans cette histoire, nous l’étions tous). Dans ce cadre ont également été organisés des stages, des concerts, et le fameux concours d’airs à danser nouveaux qui avait lieu à l’occasion des fêtes de fin d’année. Le critère absolu était l’adéquation à la danse et le jury dansait d’ailleurs durant le concours. Tout le monde avait un prix (chacun ramenait les horreurs dont il voulait se débarrasser) et le premier prix était un short vert remis en jeu chaque année.
L’aventure a duré dix ans, et on peut dire que la maison de danse a été un élément fortement structurant du mouvement autour des musiques et danses traditionnelles dans le Nord de la France.
Jean-Jacques Révillion†

dimanche 7 mars 2021

Répertoires des groupes folks

publiée le 20/1/2021
mise à jour le 7 mars 2021, ajout du fichier 1982

Septembre 1980, le festival Pulsar, à Vierzon, accuse un déficit de 1.640.000 francs. Partenaire de l'organisation, la revue L'Escargot Folk ne s'en remettra pas et disparait, et avec elle la possibilité de diffuser dans son calendrier, les concerts et autres manifestations folks en pleine effervescence dans notre région.

illustration : Patrick Delaval
Janvier 1981, les 170 exemplaires ronéotés du n°0 de la "circulaire musiques traditionnelles" sont diffusés dans la région et alentours : Depuis qu'on en parle, il fallait bien que quelqu'un se décide, alors voilà la première "circulaire" sur les musiques "marginales" Pas-de-Calais Nord. Le but est de faire circuler un maximum d'informations concernant les groupes ou les musiciens individuels, tant sur leurs activités, leurs projets, les problèmes qu'ils rencontrent parfois lors de leurs passages en public, que sur les possibilités de collectages, ou de consultation des collectages réalisés dans la région, la publicité des différents stages organisés dans le coin (et ailleurs), les problèmes de lutherie, d'achat ou de vente d'instruments (petites annonces), les références de disques intéressants, les spectacles à ne pas manquer, etc. […]
Comme j'espère bien ne pas continuer ça tout seul, vos articles, annonces de stages, injures, suggestions, critiques de disques, informations, petites annonces, dates de concerts, tuyaux divers, etc. ainsi que votre participation aux frais sont à envoyer à Roland Delassus, rue de l'Eclème, 62350, ROBECQ.

tambourineuse à Hangest-en-Santerre (80)
L'Illustration 1916

C'est le début d'une aventure qui va durer presque huit ans. Pour le numéro suivant, cette revue porte le titre Le Tambourineur, mais c'est une tambourineuse qui est en couverture. L'année suivante apparait une petite illustration d'un garde-champêtre avec son tambour, tirée d'une photographie de Marc Paygnard (ci-contre) qui deviendra le logo de la revue. Je ne vais pas vous raconter l'histoire de la revue, ce serait à d'autres de le faire, les pages du blog leur sont ouvertes. Dans ce deuxième numéro, dont le tirage a doublé, Roland remercie Catherine Claeys qui a "marrainé" la revue, elle accompagnera le mouvement régional de très près. La même année, Le Tambourineur diffuse la première synthèse d'un fichier réalisé à l'origine, à partir de 1976, par le Syndicat Mixte d'Aménagement du Bas-Pays, à Busnes. La suite du texte est dans le document ci-dessous qui contient les coordonnées d'environ 60 groupes de musique qui touchent un public estimé à environ 100.000 personnes. Dans ce Fichier Régional des groupes de musique traditionnelle et ancienne on trouve : Acanthe (page 20) - Acid'folkloric (14) - Alfred et Kristien Den Ouden (8) - Arkansas Traveler (23) - Les Arlequins (13) - Bagad de Boulogne (22) - Béchamel (12) - La Bistouille (8) - La Bistoulle Folk (9) - Bloody Harlan Blues Band (22) - Les Broutteux (12) - Cantroeuil (15) - Carabistouille (17) - Ceilidh (22) - Chant, Contes et Danses (16) - Chantefoire (14) - Les Compagnons d'Artois (12) - Cornafous (16) - La Cour des Miracles (21) - Country Way (22) - Degarouche (23) - De Kreupelaer (10) - Doucemelle (16) - Drie Vlaemsche Geuzen (10) - L'Ensemble Baroque des Flandres (18) - Ensemble Dulciane (20) - L'Ensemble d'Instruments Anciens des Flandres (18) - L'Ensemble d'Instruments Anciens du Conservatoire de Douai (19) - Ensemble Vocal des Flandres (17) - E Saquant Beyaus (7) - Escavecheux (14) - Estampie (18) - Estudiantina (19) - Fanfare Echo (19) - La Franciade (19) - La Gayolle (8) - Groupe instrumental du Foyer Socio-Educatif du Collège de Cassel (11) - Gwenael (9) - Haeghedoorn (10) - Le Hibou (13) - Hiccup (20) - Hoflandt (8) - Jean Chabot-Beton (9) - Katepouch (11) - Levure (7) - Lysaa (21) - Los Awatiñas de Bolivia (17) - Mabidon (15) - Marieke en Bart (11) - Les Musiqueux (15) - L'Orchestre de Chambre Sinfonietta (18) - Pain de Sucre (21) - La Perdriole (7) - La Peronnelle (12) - La Piposa (13) - Saltarello (18) - Sonora (19) - Sprinkhanders (10) - Staminet Folk (15) - Villanelles (14) - Wassingue (13)




Mise à jour importante en février 1982 (merci à Jacques Leininger) :

Acid’Folkloric (61) - Alfred en Kristien Den Ouden (82) - An Douar Bras (13) - Arkansas Traveler (9) - Arsenic et Vieilles Dentelles (86) - Les Arlequins (31) - Baden Skiffle (86) - Bagad de Boulogne sur Mer (15) - Bart en Klerktje (19) - Berwette (74) - La Bistoulle Folk (36) - Café de la Paix (14) - Cantrœuil (63) - Carabistouille (65) - Cassigoutte (43) - Ceilidh (17) - Chant, Conte et Danse (46) - Chantal et Christian Vasseur (45) - Chantefoire (48) - Claude Flagel (83) - Les Compagnons d’Artois (32) - Cornafous (44) - Country Way (10) - La Cour des Miracles (62) - Degarouche (65) - De Snaar (84) - De Sprinkhenders (29) - De Vlaemsche Teutermans (19) - De Voovegters (27) - Doucemelle (61) - Drie Vlaemsche Geuzen (28) - Echo (7) - Ensemble Baroque des Flandres (71) - Ensemble d’Instruments Anciens des Flandres (71) - Ensemble d’instruments Anciens du Conservatoire de Douai (72) - Ensemble Dulciane (68) - Ensemble Vocal des Flandres (68) - Escavèche (51) - E Saquant Beyaus (79) - Estaminet (59) - Estampie (68) - Estudiantina (8) - Falbala (61) - La Feuille d’Acanthe (70) - Font’Vielle (34) - La Franciade (72) - Les Frères De Smaele (87) - Les Frères Ribouillault (56) - Gérald Ryckeboer (16) - La Gohelle (33 - Groupe Instrumental du Collège de Cassel (60) - Gwaenael (63) - Haeghedoorn (25) - Het Reuzekoor (20) - Hiccup (12) - Hoflandt (23) - Le Hibou (54) - Le Houblon Fou (50) - Jean Bodart (52) - Jean Chabot-Beton (81) - Jean-François, Voulez-vous des Pois (77) - Katepouch (41) - Kimberlots (35) - Klakkebusse (24) - Levure (78) - Los Awatinas de Bolivia (6) - Lu Gaw (77) - Lysaa (11) - Mabidon (37) - Machitun (6) - Les Macloteus (76) - Mama Rosine (42) - Marieke en Bart (21) - Les Mineus d’Aredge (83) - Orchestre Sinfonietta (71) - Pain de sucre (6) - Pantoufle (66) - La Perdiole (64) - Peut qu’Manquer (40) - La Piposa (39) - Rum (85) - Saltarello (69) - Sonora (7) - The Balladeers (87) - Tourmaline (61) - Villanelles (58) - Wassingue (38) - Zjamoel (75) - Zunant Plankets (83)

En 1985, une dernière mise à jour est diffusée, qui recense plus de 80 groupes 

les formations musicales :
L'Antiquaille - Les Agréments - Arnitoile - Rinaldo Albérico - Bagad de Lille - Bart en Klertje - Bayou St Flo - Berwette - La Bésicle - Le Carillon Ambulant - Cassigoutte - Chantefoire - Clin d'œil - La Compagnie de la Marelle - Catherine Delavier et Gérald Ryckeboer - Divroet - L'Ensemble Hortus Musarum - L'Ensemble Vocal des Flandres - Ephélide - Escavèche - Estaminet - Estampie - Fanir - La Franciade - Galimède - La Galipote - Patrice Gilbert et Jacques Leininger - La Gohelle - Haghedoorn - Houblon Fou - Image - Kiproko - Kelinvor - Kronenbourion en Noz - Klakkebusse - Mabidon - Les Macloteux - Marieke en Bart - Nos Aoutres - Phil Oger - Peut qu'manquer - Quatuor Fanfare - Qwertuyiop - Les frères Ribouillaut - Saltarello - Saltarel' Folk - Sinfonietta - Smitlap - Sonora - Un An dans les Bois - Dominique et Christian Vasseur - De Vlaemsches Teuters Mans - De Voorvegters - Vie et Traditions d'Artois - Yoska Pokker - Zjamoel

les spectacles de danses :
Amicale Laîque de Fruges - Amicale des Provencaux, Langudociens et Catalans du Nord - De Belle Duveltjes - Celtia - Cercle Celtique de Boulogne - Cercle Celtique de Lille - Coulce Amère - Folk-Loos - Groupe Folklorique du Courgain maritime - Guizar Vro - Les Jouveignes - Les Leus d'Onnezies - Sumadija - Ballet Ukrainien Tanecz - Association Toinot Arbeau 

les chorales :
Het Reuzekoor - Millenium

ateliers d'instruments et de danses
Atelier d'accordéon diatonique à Maubeuge - Association Citrouille - Centre de Formation pour Adules de l'école Nationale de Musique de Calais - Folk Club Rue du Sabot - Maison de Dnase de Fives - La Piposa 

associations de recherche
Centre Culturel de Flandre - Association Marie-Louise Cachi-Veux - Traces

etc.