mercredi 18 décembre 2019

Tradonord, c'est fini





mais il a déménagé !




Créée en avril 2002 la liste de diffusion "YahooGroupe" Tradonord a été supprimée par Yahoo, avec ses archives. Les messages sont toujours transmis aux membres, mais ne sont lisibles en ligne. Après une intense activité pendant les cinq premières années, la fréquence des messages, de diffusion d'informations et de discussion, s'est progressivement estompée, vaincue par les "réseaux sociaux" qui favorisent l'individualisme. Dommage…

Depuis le 16 décembre il n'y plus de message distribué aux membres, le groupe s'est reformé sur la plate forme Google Groupe, à bientôt !


jeudi 5 décembre 2019

Premières pages patoises, par Alfred Demont

C'est la première publication du folkloriste Saint-Polois, parue en 1906, imprimée par l'Abeille de la Ternoise. elle est absente des collections de la BNF.
Ce recueil contient des extraits de chansons en patois, huit chansons complètes et surtout des informations précieuses sur les chansonniers de Saint Pol sur Ternoise et alentours.

collection personnelle
On y trouve la mention d'une chanson de Boulogne sur Mer, Un concert à nou villache, de Seillier (inconnu de mes fichiers). La chanson des Cordonniers Saint Polois (anonyme) et un extrait de la Chanson de la Confrérie des St Roch (corporation des croque-morts), Une journée du carnaval de St Pol, de Pierre Milon (1793-1864) chansonnier mais aussi greffier du tribunal civil de St Pol qui a également écrit les paroles du Carnaval de St Pol en 1831.
Puis Demont nous présente Parfait Gosse (1777-1852), menuisier, et le docteur Bruno Danvin (1808-1868). Ensuite on apprend quelques anecdotes sur la vie de Jules Godard (1835-1864), chansonnier, ménétrier et rempailleur de chaises, Alfred Demont nous donne sa meilleure chanson qu'il a pu collecter en cette fin de siècle : Ech neu ménage. Joseph Foubert (1815-1887), cordonnier à St Pol, a composé de nombreuses chansons satiriques dont il ne reste hélas que "des bribes sans intérêt". Puis il aborde ses contemporains, avec Edmond Edmont (1848-1926), maire de St Pol sur Ternoise et Léopold Preux (1868-?)  principal du collège de St Pol. Alfred élargit son territoire de recherche à Avesnes le Comte avec Léon Vahé, clerc de notaire, auteur de la fameuse Chanson d'Avesnes et Octave Ducatel (1873-1964), cordonnier à Frévent, auteur de La grève des tisserands en 1904.
Enfin Alfred nous donne le texte intégral de 8 chansons dont il est l'auteur :
- Ché canteux d'saint-Pô, air : Le Carnaval de Saint Pol
- El Ducasse ed Saint-Pô, air : L'Habit d' min viu Grand-Père de Desrousseaux
- Canchon d'Mariage, air : Embrasse-moi Ninette
- Ramonache et Ramoneux, air : Viens Poupoule
- Pour êt' Bougeoè, air à faire
- Calaudages et Buresses, air : Les deux Gendarmes de Nadaud
- Chés Saint-Poloises, air : Voilà la Parisienne
- Dins l' Cuin d' min Fu, musique de M. Lagniez

Il termine son recueil avec 6 poésies et une saynète (disponibles sur demande)
Pour plus d'infos biographiques je laisse la parole à Marcel Bayart*
Alfred Demont 1
Alfred Demont 2

Christian Declerck

* ce Saint Polois amoureux de son pays, qui a publié plus 3.600 articles dans l'Abeille de la Ternoise, est décédé en 2016.



dimanche 20 octobre 2019

L'cat dins l'horloche

prochaine représentation
à Ghyvelde
salle des fêtes Roland Hazsebaert
vendredi 22 novembre à 20h

« Il était une fois des Alphonse et des Zulma. »
« Le Théâtre de la Coquille » vous invite à vous plonger ou replonger dans l’univers de Simons à travers la présentation de nouveaux sketches du « Cat dins l’horloche » :
Lors de leur premier spectacle, Christian Desmulier et Lysiane Degand avaient proposé au public d’assister à l’évolution sur une quarantaine d’années d’un même couple depuis leur mariage et ce, dans leur quotidien.
Cette fois-ci, accompagnés par Alain Westeel et Maryse Desouter, ils vous présentent différents couples dans une succession de sketches que Simons a écrits dans un souci d’amusement. On rit bien sûr, mais on éprouve aussi une immense tendresse devant l’univers de ces gens humbles et simples.

(entrée 6€ au profit du CCAS)


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à Téteghem
salle Itsweire
à 20h





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organisé par l'association Cont'envol



Dans le cadre des journées du Patrimoine
dimanche 16 septembre 2018, à 15h30
rue Julien Platel, Ghyvelde
entrée gratuite




des extraits de  L'cat dins l'horloche
de Léopold SIMONS

Alphonse : Christian DESMULIER
Zulma : Lysiane DEGAND

l'accordéoniste : Elodie LAMIRAND-MER






Christian Desmulier et Lysiane Degand reprennent 6 sketches de Simons, dans le cadre des journées du patrimoine.
Les plus anciens auront plaisir à retrouver les péripéties d'Alphonse et Zulma qui firent les beaux jours de la radio, du cinéma et de la télévision pendant près de 30 ans.
Les plus jeunes pourront découvrir le quotidien de ce couple dont les préoccupations, les chamailleries et les sentiments sont encore de nos jours, tellement actuels !
Il faut dire que ce patois lillois, autrefois parlé par les gens de milieu modeste qu'on qualifiait à tort de "petites gens" coule dans les veines de Christian (né à Billy-Montigny) et dans celles de Lysiane (née à Lille, dans le quartier où a vécu Simons).
Grâce à Simons, nous retrouvons cette langue de notre enfance, drôle, émouvante, imagée qui, malheureusement, a tendance à disparaître ... ou à être tellement caricaturée qu'elle finit par devenir ridicule et perdre toute sa saveur.



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L'cat en tournée…

le vendredi 21 septembre à 20h
salle des fêtes d'Hucquelier




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le lundi 8 octobre dans l'après midi
à Cappelle la Grande
dans le cadre de la Semaine Bleue

réservé aux personnes du 3e âge de la commune

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dans le cadre du Festival de théâtre amateur Thé'Adra
le samedi 17 novembre
Maison de quartier du Méridien
3 rue de Cambrai
Dunkerque-Malo les Bains
à  18h30





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et d'autres dates en préparation


mercredi 16 octobre 2019

Julien GRIMONPREZ (1843-1905) chansonnier


Julien Grimonprez est né à Lille, 7 cour Deldeuille (rue Négrier), fils de Charles (menuisier) et Sophie Jolente (couturière) tous les deux originaires de Lille. Il est tour à tour serrurier, cordonnier, employé et enfin, vers 1880, il reprend l'ancienne auberge de l'Epi de Blé 11 rue du Marché aux Bêtes (près de la Halle aux Sucres), il en fait un estaminet à l'enseigne A Brûle Maison. Il épouse Stéphanie Longy en 1872, ils auront deux enfants : Julienne en 1869, et Eugène en 1872 qui meurt deux ans après son père. 


[…] Autre amuseur, Julien Grimonprez, d'une force comique incontestable, dans ses comédies d'abord, dans ses études de mœurs, de vrais tableaux lillois, et dans ses chansons telles que « L'mouque dins l'huile » ou « Les Marchands à l'étiquette » qui sont d'une actualité surprenante. Les marchands avaient été mis dans l'obligation d'afficher les prix : Le marchand de lait
[…] Qui n'vindot que d'l'iau d'Emmerin 
On va li coller sur ses ferniettes 
D'z'étiquett' qui front rir' les passants.
Parfois sa gaîté se tempère d'une note sentimentale, à la manière de Desrousseaux, par exemple dans « Les Rêves d'une mère ». Tandis qu'elle endort bébé, la maman rêve qu'il sera un « grand personnage » :
In attindant, dins tin cadot
Grand personnage faut faire dodo.
Peut-être sera-t-il un grand acteur ; un tambour-major ; pourquoi pas un général ?
Général ! à m' mote que j 'déroche
In t'promettant pu d'bure que d'pain.
[…]
Tin père a bien vi sans blasons 
Et tout comm' li si t'aime à rire, 
Te nous f'ras aussi des canchons. 
In attindant, dins tin cadot, 
Faijeus d'canchons, faut fair' dodo. (1)

Julien meurt le 16 février 1905, Le Grand Echo du Nord publie cette nécrologie : Modeste autant que fécond, le chansonnier avait quinze ans lorsqu'il composa sa première chanson. Ses productions sont nombreuses et il fit notamment beaucoup de pièces de théâtre qui eurent du succès et sont de petites études de mœurs. Il y a huit jours qu'il terminait sa dernière œuvre : L'Mardi Gras, qui devait être jouée le 12 mars par les Sans Souci.
Membre des Fils des Trouvères, président d'honneur de la chorale Les Lièvres, président d'honneur des Fous Réunis de la Madeleine, vice-président d'honneur des Sans Souci, vice-président d'honneur des Infants de l'Vaclette, Julien Grimonprez laissera dans toutes ces sociétés un souvenir de bonté, d'esprit, de dévouement et de gaité.

La même année une souscription est ouverte en vue de l'érection d'un monument sur la tombe du chansonnier. Le comité se compose de MM. Henri Fournier, chansonnier, président ; Joseph Hollain, imprimeur du journal La Vaclette, vice-président ; Alfred Henno, chansonnier, secrétaire ;  Arthur Courouble, trésorier ; de MM. Gustave Het, Auguste Labbe, Henri Tanche, Félicien Drumez, Isidore Mareels, Jules Delory et Léon Vandermeersch, patoisants, etc., le siège est installé à l'estaminet Brûle Maison, 11 rue du Marché aux Bêtes. Le conseil municipal acorde gratuitement la concession du terrain à perpétuité. Le sculpteur Géry Déchin et l'architecte Désiré Ghesquier, ont exécuté gracieusement, l'un, le buste, l'autre, les plans du monument qui est inauguré le dimanche 28 avril 1907 au cimetière de l'Est.

Ce recueil publié en 1882,  appartenant à la Bibliothèque de Lille, a été numérisé par l'Université de Lille, mais n'est pas accessible en recherche plein texte. J'ai créé cette page avec un accès direct à chaque chanson et aux airs nouveaux présents à la fin du recueil. Si les titres sont en français, les paroles sont toutes en patois lillois. Les airs nouveaux, signés L. Grimonprez, ont probablement été composés par son frère Louis (1852-1913).


Préface 

Le nouveau Cercle des Travailleurs, qui dans ses réunions, pense, chante et rit, a cru trouver dans l'un de ses membres ouvriers, un élève distingué à notre éminent Desrousseaux. Il a décidé à l'unanimité, que les chansons de Julien Grimonprez devaient être publiées. Les commissaires qu'a nommés à cet effet l'Assemblée générale, ont été heureux d'accomplir leur devoir.
Lillois, concitoyens, quand dans notre Cercle de la rue St-Sébastien, nous rirons, penserons et chanterons, ouvrez ce modeste livre que nous avons fait imprimer, pensez, riez et chantez avec nous.

Le secrétaire de la Commission
Eugène Wantier

source


Table

- Bastenaire le rupin
   air : Vive la crinoline (Desrousseaux)
- Carte à Payer (la)
   air du Café (Desrousseaux)
- Dégrèvement de la chicorée (le)
   air : du Vieux fripier (Desrousseaux)
- Drôle d'algarade (une)
   air : Les Pompiers de Nanterre
- Drôle de banquet (un)
   air : Un homme né coiffé (Desrousseaux)
- Entrée de maison (l') scène lilloise
   air nouveau
- Farce du carnaval (une)
   air : si j'étos garchon (Desrousseaux)
- Femme à deux têtes (la)
   air : Le tour de Lille en 80 secondes
- Graineuse (la)
  air : Ah ! qu'ch'est sot d'ette amoureux
- Guinguette du Canon-d'Or (la)
   air nouveau
- Histoire de l'homme-chien
   air de Mirtyl (Desrousseaux)
- Jamais de chance
   air du Marqué à z"ojeaux
- Jupiter et les poètes de Lille
   air de Jupiter et les poètes ou de la Petite Margot
- Lettre d'un mobilisé lillois, prisonnier à Coblenz
   air du Siège de Paris
- Lille-Artiste
   air nouveau
- Loterie nationale (la)
   air des Turlututus
- Marchand de guimauve (le)
   air de Madame Angot [Marchande de poisson]
- Marchands à l'étiquette (les)
   air de Violette (Desrousseaux)
- Marché aux oiseaux (le)
   air nouveau
- Marionnette
   Air : Le jeu du hasard
- Médecin d'herbes (le)
   air : On peut lever La La…
- Mouche dans l'huille (une)
   air du Graissier (Desrousseaux)
- Obole des écoles laïque (l')
   air nouveau
- Petit marchand de pétrole (le)
   air : Le bijou chéri
- Pourquoi que je suis républicain
   air nouveau
- Premier locataire (un)
   air du Sergent de cœur (Desrousseaux)
- Réserviste malheureux (un)
   air de la Comète de 57 (Desrousseaux)
- Rêves d'une mère (les)
   air connu
- Soldat content (un)
   air de l'Planète (Desrousseaux)
- Suppression des tambours (la)
   air : Joli tambour plein de zèle
- Tour de Lille en 80 secondes
   air nouveau
- Tour du monde en 80 jours
   air du Petit-Price (Desrousseaux)
- Visite au jardin zoologique
    air : Déguisé in pierrot j'arrive au Casino
- Vrai comique (un)
   air nouveau


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Gallica nous propose une trentaine de chansons en patois de Julien Grimonprez

Elles sont ici






vendredi 20 septembre 2019

Marius LATEUR (1884-1961), folkloriste




Marius Lateur est né à Denain le 12 février 1884, dans une famille d'ouvriers mineurs. On le retrouve en 1887 à la fosse n°8 de Liévin, lieu de naissance de sa sœur Léocadie (1887-1966), ensuite la famille déménage à Avion où il demeure au moment de sa conscription en 1904. Pendant la guerre il est détaché à Monceau les Mines (Loire). En 1918, lors de son second mariage, il est employé, domicilié à Marles les Mines, ensuite il s'installe à Auchel, rue de Lozinghem, puis vers 1948 rue Raoul Briquet. Il meurt à Anzin en 1961.
Son livre Au pays noir est couronné par les Rosati de Paris et des Flandres en 1928

d'autres infos ICI



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Marius Lateur a publié plusieurs articles dans la Revue de Folklore Français :


La Sainte Barbe, dans les régions minières de l'Artois (1934)






Chants de conscrits et de jeunes mineurs de l'Artois (1935)





Jeux au pays minier de l'Artois, I (1937)





Jeux au pays minier de l'Artois, II (1938)



Vieilles coutumes au village d'Outtersteene
et de ses environs dans les Flandres Françaises (1940)







en complément, une étude d'Alfred Demont publiée dans la même revue

La Sainte Catherine et la Saint Nicolas en Artois (1932)



jeudi 12 septembre 2019

On recherche un cabrettaire, en 1911, à Roubaix


Entre le 30 avril et le 6 novembre 1911 se tient à Roubaix l’exposition internationale du Nord de la France, que le président de la République Armand Fallières viendra visiter au début du mois de juillet. L’industrie, l’économie et les colonies sont à l’honneur des différents palais et pavillons, mais de nombreuses attractions et divertissements sont également proposés aux visiteurs (la médiathèque de Roubaix a mis en ligne une présentation complète du site de l’exposition).
À cette occasion, une petite annonce est passée dans L'Auvergnat de Paris, le journal de Louis Bonnet, fondateur de la Ligue auvergnate: "À l'Exposition de Roubaix, nos compatriotes MM. Delous et Poulzague, ont installé un village d'Auvergne, que visitent avec intérêt nos nombreux compatriotes du Nord. Une scène représente l'assassinat de Fualdès. MM. Delous et Poulzague désireraient engager un cabrettaire pour cinq mois. Leur écrire pour les conditions " (numéro du 27 mai). Il est difficile de situer ce village, non répertorié sur le plan officiel de l’exposition, contrairement au village flamand par exemple. En tout cas l’engagement d’un joueur de cabrette est prévu pour toute la durée de l’exposition ou presque, et montre qu’il ne s’agit pas d’une attraction ponctuelle. L’allusion à l’affaire Fualdès - assassinat célèbre d’un ancien procureur impérial à Rodez en 1817 - laisse supposer qu’il pourrait s’agir d’organisateurs d’origine aveyronnaise.

L'arrivée d'Armand Fallières
à l'exposition de Roubaix

À Roubaix existait à cette époque une Ligue Auvergnate du Nord, imitée bientôt par des Auvergnats résidant à Dunkerque. 


le Casino dirigé par M. Monnet
Ce même été 1911, au Grand Hôtel du Casino de Malo-les-Bains, ces derniers fondent une nouvelle société, La Musette de Dunkerque, placée sous les auspices d’Auvergnats de Paris et d’invités officiels locaux pour son banquet inaugural : "Les Auvergnats habitant Dunkerque, voulant imiter leurs compatriotes de Roubaix, qui ont déjà fondé la Ligue Auvergnate du Nord, ont créé une nouvelle Société, la Musette, et pour fêter sa naissance, la Musette de Dunkerque avait, dimanche, appelé à elle la Musette de Paris, qui était représentée par son président, M. Python, député du Puy-de-Dôme ; le poète Etienne Marcenac, M. Fournier, secrétaire général ; M. Giraudon, secrétaire-adjoint , M. Bataille, avocat à la Cour de Paris ; MM. Morel, Agénor Thénot, etc.
Le banquet était présidé par M. Bonhoure, sous-préfet de Dunkerque, ancien secrétaire général de la Préfecture du Puy-de-Dôme, ayant à ses côtés M. Etienne Monnet, président de la Société ; M. Terquem, maire de Dunkerque, l’intendant militaire, le receveur des Finances, M. Amédée Bussière, secrétaire du sous-préfet ; M. Jallat, négociant en vins ; MM. Espinasse, père et fils, M. Pallut, professeur, M. Boutaric, vétérinaire départemental, etc.
De nombreux toasts ont été prononcés, éloquents et enthousiastes ; Flamands et Auvergnats se sont salués et congratulés. Et la fête fut, en tous points, charmante.

salle de restaurant du Casino
Figaro-mode
On oublia pourtant de rappeler que la ville de Dunkerque avait été représentée à la Chambre des députés par un Auvergnat d’adoption et l’un des fidèles de la Ligue Auvergnate et de la Soupe aux Choux, le général Yung, qui s’était marié avec l’une des plus importantes propriétaires de l’arrondissement d’Issoire. Mais la Musette a pour excuse d’être composée de jeunes qui ne peuvent se rappeler les choses qu’ils n’ont pas connues, puisqu’elles sont déjà vieilles de quinze à vingt ans. Nous souhaitons longue vie à la Musette de Dunkerque. »
(L’Auvergnat de Paris du 22 juillet 1911)


septembre 2019

Complément d'info : la visite de Bouscatel à Dunkerque l'année suivante



mercredi 11 septembre 2019

Bouscatel à Dunkerque

mise à jour 11 septembre 2019 : ajout d'une référence La Musette
mise en ligne : 2 mars 2016


Antoine Bouscatel vers 1910
collection André Ricros

Le musicien populaire en visite chez les bourgeois dunkerquois comme en témoigne ces trois extraits de presse.

Le Nord Maritime
2 juillet 1912 : « Le banquet de la Musette – Il y a un an, les originaires du Massif Central, inauguraient par un magnifique banquet la fondation de leur société La Musette. Depuis le groupement a prospéré et le deuxième dîner de la Musette qui a eu lieu hier soir, dans les salons du casino, réunissait de nombreux invités. Autour de M. Bonhoure, sous préfet, qui avait accepté de présider cette fête […] Etienne Monnet*, président ; Boutaric, vice-président ; Bussière, secrétaire et Jallat, trésorier de la Musette […]. On entendit ensuite un virtuose jouer sur la musette des airs populaires d’Auvergne, l’orchestre du Casino exécuta la Ronde de la Musette de M. Burgairolles**, Mlle Jane Colombel la délicieuse divette détailla quelques chansons de son joli répertoire et M. Vaquier acheva de provoquer l’hilarité de l’assistance. Des invités ont encore chanté et dansé la Bourrée. Bref ce fut parfait »

collection personnelle


Compte-rendu plus précis "au pays" :
La Semaine Auvergnate
11 juillet 1912 : « […] c’est cette progression rapide [des membres] qui était fêtée dans un second banquet qui eut lieu au Casino de Malo les Bains, sous la présidence de M. Bonhoure, sous préfet, ancien secrétaire général du département du Puy de Dôme. Au côté de M. Bonhoure et de M. Etienne Monnet, l’aimable président de la Société, nous avons remarqué M. Terquem, maire de Dunkerque, les représentants de la Musette de Paris, Amédée Bussière, le sympathique secrétaire particulier du sous préfet de Dunkerque […]. Un virtuose, M. Bouscatel, joua sur une musette, durant le repas, des airs populaires d’Auvergne. […] M. Espinasse chanta en patois ; M. Tête se fit applaudir dans plusieurs chansonnette ; Mlle Jane Colombel, la délicieuse divette, charma l’assistance, et M. Vaquier, le désopilant comique du Casino, provoqua son hilarité. Cette belle fête ne se termina que très tard dans la nuit, sur des airs de bourrées dansées élégamment par nos compatriotes. »

Merci à Olivier Durif de m'avoir communiqué ce document


La Musette, revue artistique et littéraire des originaires du Massif central
Juillet-août-septembre 1912
[…] Le banquet est terminé, mais qu'entends-je ? Quelle émotion étreint tous les cœurs ! Des yeux se mouillent. Ces yeux étincellent. Quelle douce musique se fait entendre qui rappelle les libres espaces, les grandioses paysages des volcans morts et des sapins funèbres ! Au pays des carillons, c'est la musette, la douce musette de nos bergers qui vient demander droit de cité. Alors, c'est du délire, tout est oublié, le sérieux des situations, la gravité des fonctions et tout le monde danse la bourrée et l'auvergnate, martelées par le grand musettiste qu'est M. Bouscatel. N'a-t-on point même chanté en patois ? 
Enfin, Mlle Jane Colombel, la délicieuse divette et M. Vaquier, le comique impayable du Casino, viennent clore cette fête qui fut en tous points cordiale et magnifique. Un Vieux Clermontois.


* Etienne Jean MONNET (1880-1926) et Léon Etienne MONNET (1886-1961), directeurs du Casino de Malo les Bains, sont nés à Clermont-Ferrant

** Georges BURGAIROLLES  (1856-1939)
Fils de Guillaume Auguste, officier d’administration, et petit-fils d’un contrebassiste apparenté à la famille de musiciens et chefs d’orchestre parisiens ARTUS. Il est chef d’orchestre au théâtre des Bouffes du Nord (1888) et aux Folies Parisiennes (1893) à Paris. De 1896 à 1913 il dirige l’orchestre du Théâtre-Concert des Variétés à Lille et, durant la saison balnéaire, l’orchestre du Casino de Malo-les-Bains, dont il est aussi le directeur artistique. Très apprécié  à Dunkerque comme le précise la revue Paris Musical et Dramatique de 1906 : « Parmi les Casinos qui promettent d'offrir le plus d'attraction cette année, citons celui de Malo-les-Bains. Du reste, le nom de M. Burgairolles est à lui seul une garantie du succès, M. Burgairolles n'est pas, en effet, seulement un chef d'orchestre remarquable, mais il a au suprême degré ce que l'on peut appeler l'intelligence artistique et sait donner aux programmes un attrait vraiment surprenant, et plus que jamais les baigneurs de Malo-les-Bains trouveront cette année les distractions les plus variées. » Pendant son séjour il compose Jean-Bart (1906), marche et en 1912 La Ronde de la Musette, marche dédiée à l’association éponyme regroupant les Auvergnats de Dunkerque. Après la guerre, en 1920, il reprend la direction de l’orchestre du Casino de Malo-les-Bains : « Le Kursaal n'étant plus utilisable, on songe à le reconstruire pour l'année prochaine. Le Casino, très fortement endommagé, a néanmoins ouvert ses portes. La superbe salle de spectacles, de même que les salons de jeux, sont très fréquentés. On applaudit en ce moment les vedettes parisiennes de nos meilleurs music-halls, qui sont renouvelées chaque vendredi. La direction a traité avec les tournées théâtrales les plus en vogue, à raison de deux par semaine. Un orchestre comprenant, entre autres musiciens, les solistes des Concerts Pasdeloup et de Monte-Carlo, sous la direction de M. Burgairolles, directeur artistique, donne des auditions très goûtées. ». C.D.

[extrait du Dictionnaire Biographique Dunkerquois, SDHA, 2015]


une page consacrée au roi de la cabrette

trois enregistrements de "musique ethnique" comme ils disent à la BNF

une émission sur France culture

Clément Bonhoure, sous-préfet, né à Limoges

jeudi 5 septembre 2019

La marche des mille, par François Gasnault

Une publication en ligne qui retrace les précédents, la genèse et les conséquences de cet événement folk/trad de 1989.
De nombreux musiciens de la région 59/62 y ont participé.

Sommaire
- Une image animée mais muette
- Racines…
- Revues des troupes avant le défilé
- "folk" ou "trad" ; une communauté de sons
- Les commémorations du Bicentenaire de la Révolution française
- Genèse
- Une polémique, des répétitions : faire ou ne pas faire communauté
- La "gouderie" : défilé-parade, opéra-ballet
- … ou marche pour le roi de Prusse ?
- Répliquer, amplifier : une foucade ministérielle
- Tropismes événementiel contre visée institutionnelle
- "Musiques arrachées des montagne" : un projet fédérateur ?
- Un "grand événement" dans la tourmente des lutes d'appareil
- La cause de la professionnalisation
- Plus vraiment populaires, jamais légitimes…



la revue est disponible ICI

La marche des mille aussi sur France Culture (avec la participation de Patrice Heuguebart)


la Marche des Mille



interview de Jean Paul Goude par Eric Montbel
Trad Magazine n°2, janvier/février 1989
ICI


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un clin d'œil régional :

parmi les évènements précurseurs,
cette garden-party dans le jardin du palais de l'Elysée
où l'ont reconnait des membres du groupe Haeghedoorn





vendredi 30 août 2019

ROGER de Lens, accordéoniste

Au temps des précurseurs de l'accordéon populaire


Arthur Roget, dit ROGER de Lens
source : Du bouge au conservatoire

Il a fière allure Arthur, avec son Solari ! Louis Péguri et Jean Mag, qui ont publié cette photo dans leur livre Du bouge au Conservatoire, paru en 1905, affirment qu'il a été le professeur d'Alexandre Verschueren, père de Marceau plus connu sous le pseudonyme de V. Marceau.
Charles Verstraete est le premier a avoir donner la véritable identité de cet accordéoniste lensois, dans son ouvrage autobiographique et historique : De l'accordéon au trombone, 60 ans de musique et de souvenirs, paru en 2000 à compte d'auteur. Arthur Jean-Baptiste Roget est né à Lille en 1875, fils d'Arthur Joseph, chauffeur au chemin de fer, né à Haveluy en 1844 et Fidéline Leroy, née à Thiant en 1854. Lors de leur mariage, le père est domicilié à Lille rue du Long Pot depuis trois ans. Fidéline est sa troisième épouse, elle est tailleuse. Ils ont trois enfants : Fidéline, née à Lille en 1873, Arthur Jean-Baptiste et Jules Fortuné, né en 1880, qui deviendra professeur de musique, malgré la perte d'une phalange du pouce droit qui lui vaut d'être dispensé de service militaire.

La photo d'Arthur est censée avoir été prise en 1892, il aurait alors 17 ans, ce qui me semble peu crédible, Arthur paraît nettement plus âgé. En 1895 Arthur est exempté de conscription pour cause de bronchite chronique, il est alors domicilié rue Basse à Lens et exerce la profession de mineur. Il est représentant de commerce quand il se marie en 1900 à Lens avec Irma Boudon (1875-1952). Son père est parti sans laisser d'adresse et sa mère est cabaretière dans la même ville, peut-être place du Cantin comme le mentionne les auteurs Péguri et Mag ? Charles Verstraete nous dit que c'est vers 1900 qu'Alexandre, apprend l'accordéon avec Arthur, ce qui est plus vraisemblable.
En 1897, domicilié à Lens, rue de Lille, il est représentant de commerce. En 1899, à Lens, 12 rue de la Bataille, il se déclare musicien ambulant. En 1903 et au recensement de 1911, on le retrouve cabaretier/cafetier, 58 rue de Lille à Lens.
En 1912, Arthur Roget participe au concours de solistes organisé à Lille par la Fédération des Sociétés Musicales du Nord et du Pas-de-Calais. Il obtient le 1er prix d'exécution, et le 2e prix de lecture, de la 1ère catégorie des accordéons français, son fils Elie est également récompensé avec un 2e prix dans la 3e catégorie, il vient d'avoir 17 ans.
Pendant la guerre il est réfugié à La Buissière, il retoune à Lens vers 1920, toujours rue de Lille. Il y meurt le 10 mai 1933.
Le couple a eu 5 enfants : Elie Arthur (1895-1924) accordéoniste et ouvrier de la mine ; Marceau (1897-1968) accordéoniste réputé, professeur de musique, chef de la Symphonie Ouvrière des accordéonistes d'Hénin Liétard et fondateur de la Symphonie Courcelloise d'accordéons. Il était le dépositaire des accordéons Roberti fabriqué à Lens ; Fortunée née en 1899 ; Arthur Joseph né en 1903 et Jean, mentionné par les auteurs du livre Du bouge au Conservatoire, mais dont je n'ai pas trouvé trace.

Christian Declerck


Marceau ROGET et son fils René, vers 1930
collection personnelle


dimanche 28 juillet 2019

Marionnettes populaires

Mise à jour du 28/7/2019 : ajout d'un lien vers un recueil factice sur Gallica
Mise à jour du 22/12/2017 : photos
Mise à jour du 8/12/17 : lien vers la vidéo de France3 Lille et la page de la Voix du Nord



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Divertissement des ouvriers, les marionnettes à tringle sont les symboles d’une authentique culture populaire, celle de l’histoire industrielle de Lille et de Roubaix, lorsque les gens de peu s’en allaient « al’ comédie » puiser un peu de rêve et de gaieté. Vous découvrirez plus de soixante-dix comédiens de bois et leurs castelets et irez à la rencontre du fabuleux savoir-faire de ces montreurs de marionnettes.



toutes les infos ICI

L'exposition produite par le musée de l'Hospice Comtesse devait s'appeler Al'comédie,




mais le titre en français Héros de fil et de bois a été préféré.



L'expo qui rassemble, pour la première fois, des collections privées et publiques, a été réalisée avec le concours du Théâtre Louis Richard.
Un catalogue a été édité.


Alain Guillemin, co-commissaire de l'exposition

Christelle Massin, France3 Hauts de France

le catalogue de l'exposition, 152 pages





photos personnelles


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Emile Raes (1882-1956), chansonnier, fondateur et président du Caveau Lillois, s'est souvenu des marionnettes de son enfance.


 
extrait du Recueil des Chansons et Pasquilles du Caveau Lillois, 1926
collection personnelle

Se chante sur l'air de L'habit d'min vieux grand père, de Desrousseaux



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Sur Gallica un recueil de coupures de presse et de programmes concernant l'histoire des marionnettes en France ; sont cités : Gaston Baty, Jacques Chesnais, Lemercier de Neuville, Gaston Cony, Robert Desarthis, Geza Blattner, Marcel Temporal, le roubaisien Léopold Richard, etc…


source : Gallica


jeudi 11 juillet 2019

Cordéoneu

mise à jour du 11 juillet 2019 : ajout d'un lien d'une émission de radio Uylenspiegel

L'Accordéoneu

collection personnelle

Cette chanson fut créée et enregistrée en 1955 par le chanteur Bob Deschamps d'après une chanson plus ancienne dont les paroles et la musique avaient été recueillies par André Pletinckx, sur un arrangement musical de G. Rieding et éditée à Charleroi aux 100 000 chansons. C’est un mélange de flamand, de picard et de français, qui était utilisé aussi dans les chansons de Mi-Carême imprimées et vendues à Roubaix et Tourcoing à la fin du XIXe siècle. Voir l’excellente étude d’Elien Declercq sur l’histoire des migrants belges en France, revisitée à travers la chanson populaire (1870-1914). 

Plusieurs versions ont été enregistrées ensuite, d’abord par Andrex, puis par Raoul de Godewarsvelde et Edmond Tanière, mais la plus truculente est celle de Bob Deschamps  

Je pense que cette chanson a la même origine roubaisienne que les chansons étudiées par Elien Declercq. On a continué de la chanter parce qu’elle est intemporelle. La musique (et peut-être la chanson) était déjà utilisée pendant le carnaval de Dunkerque, voir sur cette page le « collectage » fait par Henri Girard avant 1900, pour composer son quadrille dunkerquois.




On m'a donné récemment une autre référence de son usage dans la région lilloise au début du XXe siècle, une feuille volante d'une chanson de carnaval publiée en 1905 : L'Utilité du Balai, chanson nouvelle, en patois de Marcq en Barœul, chantée par les Amis Réunis de l'Estaminet tenu par Henri Watelle, fabricant de Balais, sur l'air du Codionneux. Cette chanson est conservée à la Bibliothèque de Lille, cote 44186/1905/19.

Christian Declerck


Voici les paroles originales :





I
Ze l'suis venir de Popimplûhûte
Pac' que z'étint toudis dir' à l'maizon
Qu'à Roubignou Minhir Flahute
Aim'à danser au son du Cordézon
Quans qu'i c'est mi c'est in bon muzicienne
Z'ai cru fair' mon z'av'nir avec en Roubizienne
Ze suis venir in Dimanz’ à dinner
Avec mon Cordézon pour zouer dinstous les Cab'rets

A Roubignou
Amuse vous
Brok ni quir et Trek en kir
Quant tu voulez prend’ du plaisir
N'betche zweek en ascouter
Quant tu voulez tertou's danser
Cordéoneu Mi c'est toudis Zwéyeux  )
Soir et matin ze fais danser les zins    )--bis

II
Ascoute bien un'fois mam'zelle
Quant tu vouley' çoisir un' amoureu
Tu l'fras zamais un choix plus belle
Quant tu prendeye un bel cordéoneu
Dins mon maison quand les éfants c'est braire
C'est print'ma cordézon et rad'min eu se taire
Dans mon semain'ze vas zamais travié
Z gangn'bien mon quinzain’ à zouer dans les cab'rets

A Roubignou...

III
Ze connais tout' les z'airs de France
Tu pou d'mander à mi s'que tu vouler
Quand ze l'étent'un nouvis danse
Faut né lontimps ou tout s' suite l'apperdez
In z'air walon' ou ben in z'air flaminte
Ze l'a d'ja dés méday's patavna tout m'vint'
A Roubignou c'est y co mi l'meyeur
C'est la sti décoré pou li rwé des cordéoneu

A Roubignou...




la partition


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Antoine Quaghebeur a récemment diffusé cette émission
sur le même thème de chansons franco/flamande, avec des collectages inédits