mise à jour le 14/3/2026 : ajout d'infos supplémentaire
Mais qui était donc ce Maschero ?
source : Chants populaires flamands
Je pense peut-être tenir une piste avec une famille MACHERAUT, domiciliée à Dunkerque fin XVIIIe / début XIXe siècles.
Nicolas MACHURO épouse Marie Madalene BOUDRY à Dunkerque en 1751, ils ne savent pas signer. Ils ont trois enfants : Nicolas, Alexis et Jean. Seul Jean Henri aura une descendance identifiée : Jean Henri Louis Laurent Eugène MACHERAUT, brouetteur, qui épouse Marie Jeanne HANQUET à Dunkerque en 1817, a priori sans descendance et Jean Joseph MACHERAUT, charron, né à Dunkerque le 8 février 1793, il épouse Jeanne RONÉE en 1819. Le couple aura 3 enfants : Jean Joseph Augustin, Elisabeth Françoise et Marie Pétronille. Jean Joseph, charron, meurt à Lille le 20 septembre 1850, il est employé au génie militaire, mais domicilié à Dunkerque. Son épouse meurt également à Lille en 1862, témoin : son beau fils Louis DEBEYRE.
Jean Joseph Augustin est nommé prêtre en 1842, vicaire à Tourcoing la même année, puis vicaire à Lille (St Maurice) en 1846, vicaire à Lille (St Etienne) en 1853. Il devient curé de Notre Dame au Bois, Overijse (B) et enfin curé à Aubers en 1867 où il termine sa vie dans le joli presbytère de la commune. Il y meurt le 12 juin 1881. Sa sœur Elisabeth née en 1821, meurt à Dunkerque en 1902, 11 rue des Bassins, elle a certainement entendu plusieurs fois la fameuse chanson.
Si quelqu'un a une meilleure hypothèse ?
Christian Declerck
3 mars 2025
En complément : une publication sur le site EthnoDoc qui compile les émissions de Radio Uylenspiegel
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C. E. de Coussemaker a collecté cette chanson le 12 juin 1854, nous
précise Michel Colleu dans la plaquette accompagnant le CD Chants des
Marins de la Mer du Nord et de la Manche. Il ajoute que ce chant résonnera sur le port de Dunkerque jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. En 1888, L. A. Smith le publie de nouveau dans The music of the waters, en remarquant "Tous les jours à Dunkerque, vous pouvez entendre cet "ali alo" chanté par des dizaines de dockers si vous passez le long des quais. Au début du XXe siècle, les accoreurs des chantiers dunkerquois l'utilisent encore "Au commandement, les ouvriers rythmaient leur travail avec une chanson, dont voici un échantillon : "Machero a perdu son chariot/Ali ali alo/Il boit du vin il do-on' de l'eau/Ali ali alo". En cadence, les coups de maillets pleuvaient, les accores tombaient par paires, une de chaque bord. Enfin dégagé, le navire glissait vers la mer, dans un nuage de fumée produit par la combustion du suif de la savate" (Souvenirs de G. de RAULIN* [et non G. de BAULIN], publiés dans le Yacht, [8 octobre] 1932), […].
*G. de RAULIN, c'est le pseudonyme de Gustave Joseph Henri LANDRIEU, né à Dunkerque le 7 mai 1863, † Paris le 5 mars 1946. Commissaire principal de la Marine à Lorient puis à Nantes et enfin trésorier du 5e dépôt des équipages à Toulon. Il a publié plusieurs études biographiques et des romans sur des sujets maritimes ICI. Mais aussi les paroles de plusieurs chansons, dont la Cantate pour la célébration du siège de Dunkerque en 1793, édités chez Brasseur en 1893.
Grâce à Juliette, qui m'a prêté les cassettes VHS, j'ai pu faire numériser ces émouvants documents qui font revivre ce groupe folklorique dunkerquois, fondé en 1986.
Het Reuzekoor
La Chance aux chansons, 22/10/1992 (Antenne 2)
C'est le réalisateur de l'émission, Gérard Marchandier (alias Tintin), qui a fait ces remarquables prises de vue en direct.
Het Afzin, par Marieke
Marieke chante Het Afzin (la souffrance/la séparation) dans la petite chapelle Notre Dame des Dunes
Sint Anna Feest
Quatre cornemuseux d’Het Reuzekoor, à bord de La Duchesse Anne
de gauche à droite : Denis Byache, Yves Collache, Bernard Brousse, André Rouzet,
Par William Schotte et Casilda Rodriguez, accompagnés par Yves Collache, Claude Collache, Bernard Brousse, Henri Labaere, Denis Byache, Jacques Brousse, Thierry Rousselle, ?, André Rouzet
imprimé en 1938
L’Evaporée, contredanse française
Sur la digue de Dunkerque près du Mémorial des Alliés
Musiciens : Marieke (clavier), Robert Leroy (violon) et Jean-Paul Dozier (flûte à bec).
Danseurs : Anne Byache, Jean-Marie Byache, Damien Carême, Pierre Collache, Annie Dutry, Christophe Isaert, Sylvette Rau, ?.
Musique et chorégraphie recueillie par Robert Daubat dit d’Aubat-Saint-Flour (maître à danser à Gand)
Trophées Jean-Bart au Kursaal de Dunkerque en 1997
Pour l'anniversaire des 20 ans de l’association Het Reuzekoor
archives vidéos association Het Reuzekoor, Dunkerque (source : probablement Ville de Dunkerque)
- Reuzelied
- Amazing Grace, paroles françaises et harmonisation d'Albert Creton
- Les Babordais
- Le Horlepiep
- Dunkerque la flamande, paroles d'André Devynck†, musique de Marieke
Musiciens : Marieke (clavier, chant) Robert Leroy (violon), Jean Paul Dozier
(flûte à bec), Cédric Alexandre (contrebasse) ; cornemuses : Bernard
Brousse, Denis Clipet, Laurent Claeys, François Dziudzia
Danseurs : Pierre Collache, Christophe Plovier, Frédéric Rau, ?
Le Pierlala : Christophe Plovier
Association Het Reuzekoor : rétrospective des activités 1987-1991
Rétrospective des activités de l'association :
répétitions de la chorale, la revue Platch'iou, le groupe de danse d'épées, les publications de disques
voyage à Llangollen (Pays de Galles) du 7 au 11 juillet 1991
voyage en Israël en 1988
+ spectacle en 1986, à Grande Synthe, Palais du Littoral
- chanson 1789
- Bonjour, bonsoir, danse flamande
- Le Tourdion, chant et danse
- Donne un zo à mon oncle Co (Eugène Gervais)
- Sala, danse flamande
- une danse flamande
- Allons pêcheurs, chanson
- Schoon lief, chant et danse
- Notre Dame des Dunes, chant
- Sint Valentin danse
- Ma Seurtje, danse
- Chansons de St Martin
- Geeft wat om den rommelpot, chanson du rommelpot
- Le Carillon de Dunkerque, danse
- Steep, danse flamande
- La Grise, chanson, paroles André Devynck, musique Marieke
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Le 30 janvier, rue de la Gare à Rosendael, deux résidences ont été inaugurées près de l'ancienne gare de Leffrinckoucke. On les a nommées Het Reuzekoor et Marieke en Bart.
source des photos, les 3 premières : C.D. ; les suivantes : Maison de Quartier de la Tente-Verte
mise à jour le 3/3/2026 : ajout d'infos généalogiques
Lui
jouait de la vielle à roue et enquêtait sur le patrimoine musical. Elle
dansait au sein de l’ensemble Rondinella. Ensemble, ils ont créé le
label « Fonti Musicali » dédié aux traditions musicales du monde entier.
Vincent Flagel revient sur le parcours de ses parents.
Claude FLAGEL est né Claude JOUVIN, fils d’Émilienne, à Paris 8e, le 1er juillet 1932. Il est reconnu par son père Raymond FLAGEL le 13 août de la même année. Il est légitimé par le mariage de ses parents à Pontoise le 29 avril 1933. Raymond est né à Pontoise, fils de Georges, employé de haras originaire de Lainville en Vexin (Yvelines) et de Lucienne AVISSE, née à Pontoise. Émilienne est une vraie parisienne, dactylographe de profession, son père, Eugène (1882-1951), est mécanicien et sa mère, Germaine TECQMENNE (1886-1983), est plumassière.
Avant de connaitre Louise, Claude FLAGEL a épousé Andrée POTACHE à Saint-Ouen en 1954. Andrée, née en 1932, est la fille d'un acrobate et d'une artiste de music-hall comme le mentionne le recensement de 1936. Son père, Auguste (1892-1978), est aussi qualifié de voyageur [de commerce] et de camelot sur sa fiche matricule. Il déserte plusieurs fois, repris il passe en conseil de guerre. On sait qu'il est exclu de l'armée en 1919 après une condamnation pour vol, il est amnistié en 1920. Il meurt à Orléans en 1978. Sa mère, Anne-Marie VEILLET est née à Paris en 1890, ses parents sont Bretons, son père des Côtes d'Armor et sa mère du Morbihan. Elle est mentionnée sur les registres des étrangers à Anvers en 1930, probablement pour son métier d'artiste, elle meurt à Paris en 1941.
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sa participation au catalogue de l'exposition Les Musiciens des rues de Paris
mise à jour le 1/3/2026 : tous les fichiers à télécharger
Le 16 mai 2003, Patrice Heuguebart, alors directeur du Centre Socio-Culturel d'Hazebrouck, avait organisé une soirée cabaret en hommage à Edmond de Coussemaker. Il avait invité plusieurs groupes à interpréter les chants collectés par l'illustre Bailleulois. Des groupes constitué ou reconstitué, voire formé pour l'occasion, et un chanteur soliste, Jean-Jacques Révillion, qui m'a proposé de mettre en ligne l'enregistrement de cette soirée réalisé par Patrick Bollier.
Le programme de la soirée :
Bruynzand
- Airs du carnaval de Bailleul
- Chanson accompagnée à la vielle à roue
- Les carillons d'Esquelbecq et de Dunkerque
- 'T godsdeel of den rommelpot
- Zoete Mariton / Maclotte d'Habiémont
- Kermislied / En's avonds
De Kreupelaer (Claude et Marc Debrock, Yves Fauvel)
- De Kreupelaer
- Un chant flamand
- Air de la Renaissance / Sint Martin / De Boer / Klompendans
- Motet d'Adam de la Halle
- Le Frère nourricier / Chant des rois mages
- Suite de danses
Hopland
- Blanchefleur
- Instrumental Vielle à roue et rommelpot
- Sint Anna feest / Ma Seurtje / Tjanne / Zoete Mariton
- Instrumental flûte et violon
- Herdekens lied
- Drink ik a pintje
Jean Jacques Révillion
- Carillon d'Esquelbecq / Dragon pour boire / Carillon de Dunkerque / Suite d'airs du Carnaval de Dunkerque
- Les 12 mois de l'année
- Ali alo pour Maschero
- Sinte Anna begeertje télécharger
Smitlap
- Kapiteyn Bart / ? / ?
- Sint Anna feest / Carillon de Douai
- Instrumental, suite de scottisches
Pendant presque tout l'été, mais principalement à certaines fêtes, comme celles de Saint-Jean, de Saint-Pierre et Saint-Paul, les enfants, dans notre Flandre, ont coutume de chanter ou de danser des rondes. Ces danses se pratiquent le soir, vers le coucher du soleil. Elles sont connues à Dunkerque sous le nom de Roozenhoed ou danses du chapeau de roses, parce qu'elles ont lieu sous une couronne et des guirlandes de fleurs, suspendues au milieu des rues, ainsi que cela se voit sur le dessin [ci-dessous] qui précède cette catégorie de chansons. Ces sortes de danses sont ordinairement accompagnées de jeux et même de pantomimes, qui leur donnent un aspect et un caractère particuliers. Les chansons intitulées: le Ruban ; le Char ; la Chasse ; le Petit Moine ; le Petit Paysan ; Rose ; l’Ânesse ; le Choix ; le Petit Moulin Vert ; le Petit Coffret, sont des rondes de ce genre. Dans la note qui accompagne chacune d'elles, nous avons cherché à indiquer leur caractère pantomimique.
le Roozenhoed d'après Orlando Norie
C'est ainsi qu'Edmond de Coussemaker nous présente ce chapitre et c'est tout ce qu'on en sait à son époque, vers 1850.
En 1863, Raymond de Bertand ajoute quelques détails supplémentaires : Nous avons fait le récit des jeux auxquels se livraient séparément les enfants des deux sexes. Maintenant, nous allons vous les montrer réunis dans une ronde joyeuse et folâtre. Figurez-vous suspendu par une corde qui passait d'une fenêtre de l'étage à celle de face un « roozenhoed », chapeau de roses, façonné en forme de couronne de cuisine, orné de toutes sortes de fleurs et de verdure. Eh bien ! sous le « roozenhoed », au centre duquel était suspendu un immense bouquet, filles et garçons venaient danser en rond, le dimanche après vêpres, et chanter des airs flamands, et spécialement le fameux « 't patertjes », le petit moine, en quatre couplets, au refrain :
Hei bazinne demey sy zée,
Hei bazinne demey
Pendant lequel un jeune homme embrassait une jeune fille une fois, puis trois fois au milieu du cercle. A son tour, celle-ci, restée seule, faisait le choix d'un ami et ainsi de suite.
A la chute du jour, l'assemblée choisissait un doyen et une doyenne de la fête. A l'un on décernait le bouquet, à l'autre le chapeau de roses, puis tous les enfants chantaient en choeur :
Veel geluk, myn dcken, myn deken,
Veel geluk, myn deken.
Beaucoup de bonheur, mon doyen, etc.
Alors, filles et garçons se prenaient par le bras, marchaient en ligne dans toute la largeur de la rue, sur trois, quatre, cinq et six rangs, parfois plus, et parcouraient la ville, leurs élus en tête de la bande, en chantant et en sautant à qui mieux mieux jusqu'à la cloche de dix heures, que l'on appelait de « groote moeder », la grand'mère, voulant exprimer par là que la bonne vieille conviait chacun au repos, et qu'il était temps de se séparer. Le dimanche suivant, les ébats recommençaient. Le doyen et la doyenne en titre en faisaient les frais ; ils fournissaient à la petite société un bouquet et un chapeau de roses. A propos de roses, tout ne l'était pas à ce jeu. Dans le nombre, on rencontrait des individus qui voulaient bien s'amuser, mais qui, leur tour venant, n'entendaient pas se constituer en dépenses. Ils refusaient nettement les dignités et leurs charges, et quand cela était entendu, la bande se déchaînait contre eux et chantait avec ironie :
Droog bruyt Will'y niet danssen, Neugt der uyt.
Ce qui équivaut à : Maigre fiancé, s'il ne veut pas danser, fout le dehors
De Bertrand ajoute qu'à partir des années 1815 à 1820, des chansons françaises s'introduisent dans les sociétés, les réunions comme aussi dans les danses du roozenhoed et finirent par remplacer les chants en flamands. Il fixe même à l'année 1828 pour le début de la disparition de ces danses au moins à Dunkerque, car, en 1860, on les entend encore à Bergues et à Bailleul, écrit-il.
Ces chansons ont été réveillées ces dernières années pour plusieurs groupes folks en Belgique et en France (voir ci-dessous), mais le contexte de leur utilisation n'est jamais mentionné. Ce sont des rondes enfantines qui tenaient leur origine dans des pratiques de la célébration de la Saint Jean, notamment en Belgique. Quelques exemples nous sont donnés par M. Gaidoz dans la Revue Archéologique en 1884 : A Anvers la ville paya, en 1404, trois gros pour une couronne suspendue, la veille de Saint-Jean, devant l'image de Notre-Dame, au pignon de la maison des échevins. A Bruxelles, ces jeux de couronnes furent interdits par le magistrat dans une ordonnance du 7 août 1435, parce qu'ils s'étaient tellement multipliés qu'il y en avait dans toutes les rues. […] A Louvain et à Tirlemont les enfants ont encore de nos jours, la coutume de faire à la Saint-Jean des berceaux de verdure devant les maisons et de suspendre des couronnes au milieu des rues.
S'il est précisé que ce sont des enfants qui pratiquent, c'est peut-être qu'auparavant c'étaient les adultes qui pratiquaient ces danses et, comme souvent, ce sont les enfants qui ont continué après que leurs parents aient abandonné la tradition.
Christian Declerck
février 2026
Merci à Marie-Christine Lambrecht qui a éveillé ma curiosité à ce sujet
C'est le titre d'une composition de Joseph Bernard WOETS, qui vient de faire l'objet d'un article dans une publication distribuée dans les boîtes aux lettres dunkerquoises ICI. J'y suis plusieurs fois cité, le journaliste m'avait contacté à propos du compositeur, que je connais bien, mais je n'avais pas vu la partition. Par chance au même moment elle était en vente chez un bouquiniste sur internet, la voici désormais dans ma collection, à côté des autres œuvres de ce compositeur dunkerquois méconnu. J'ai fait don de cette partition au Musée des Beaux Arts de Dunkerque où elle sera consultable par tous.
La partition
Je connaissais le titre par une mention dans le Journal Général d'Annonces des Œuvres de Musique de 1827. Il n'y a pas d'exemplaire déposé au dépôt légal, elle est donc absente des collections de la BNF. C'est une série de huit variations sur un air bien connu, le Reuzelied, la chanson du géant de Cassel. La lithographie est censée évoquer Dunkerque, on y devine le beffroi et l'église Saint Eloi, que l'on reconnait grâce à son péristyle à la grecque, œuvre de l'architecte Victor Louis, construit en 1783. S'ajoutent quelques personnages costumés en arlequin, pierrot, polichinelle, etc. qui suggèrent la période du carnaval. Et l'on remarque un géant costumé à la turque, qui ne ressemble en rien au Reuze dunkerquois. Joseph Bernard n'a jamais vu le Reuze, il est né en 1783, 9 ans après sa dernière sortie. Le géant ne ressortira que bien plus tard, en 1840, pour des œuvres de bienfaisance, d'après les recherches de Jean-Luc Porhel.
Le compositeur
Joseph Bernard WOETS (1783-1878) est le fils de Guillaume, maître de clavecin et organiste de l'église Saint Eloi, qui lui donne ses premières leçons de musique et de piano. Par sa mère, Thérèse Sabrié dite Naudy, il est le cousin de Bernard Coppens d'Hondschoote, époux de Marie de Lamartine, sœur du poète. En 1800, il est admis au Conservatoire de Paris où il reçoit les lecons de piano de François Adrien Boïeldieu et d'harmonie par Henri Montan Berton. En 1801, à 17 ans, il interprète une sonate de sa composition dont les idées neuves et la délicatesse de l'exécution le font remarquer de ses concitoyens. De 1806 à 1808, il agrémente des compositions les séances publiques de la nouvelle Société d'amateurs des sciences et des arts de Lille. Après ses études, il enseigne le piano à Rouen, puis à Gand où il épouse, en 1818, Flavienne Gras, sœur de Victor, premier violon à l'Opéra et futur époux de Julie Dorus, célèbre cantatrice du milieu du XIXe siècle. En 1819, il revient à Paris et donne plusieurs concerts, notamment le 1er avril 1823 où il crée son 3e concerto pour piano opus 40. Il a parmi ses élèves parisiens la jeune Maria Garcia qui deviendra la grande cantatrice Maria Malibran. Les critiques de ses concerts sont louangeuses : Il est du petit nombre de ceux qui ont fait ressortir leur nom du groupe des artistes, la hardiesse et le fini de son exécution l'ont toujours rapproché de Kalkbrenner [source]. En 1835, il a déjà publié 98 ouvrages. C'est à cette époque qu'il s'établit à Tours pour enseigner la musique au Collège royal. Il anime la vie musicale de la ville durant plus de quarante ans, continuant de composer et donner de nombreux concerts. Son épouse étant décédée peu après son arrivée, il se remarie en 1840 avec Laure Foissey, de Watten, professeur de piano et petite fille de l'ancien chef d'orchestre du théâtre de Dunkerque, Jean Baptiste Ponsignon. Il a laissé de nombreuses compositions dont plusieurs concertos pour piano-forte, des sonates, beaucoup de rondeaux, fantaisies, divertissements, airs variés et de nombreuses romances ; plus de 80 partitions de ses œuvres sont conservées à la Bibliothèque Nationale de France.
La dédicataire
Le compositeur a dédié sa composition à Mademoiselle Octavie PLACE. Sur les sites de généalogie on trouve plusieurs personnes portant ce prénom avec ce nom, mais peu ayant vécu avant 1850, et je n'en ai trouvé qu'une pour le début du XIXe siècle. La seule qui correspond aux critères : être parisienne, née bien avant 1827 et dans un milieu bourgeois : c'est Philippine Octavie PLACÉ, qui est née à Paris, paroisse Saint Sulpice le 30 octobre 1808. Son père Jean-Louis Samuel Henri est professeur de dessin, mais sa mère Louise SÉJEAN, gérante d'un institution d'éducation de jeunes filles, est très intéressante, elle est la fille de l'organiste renommé Nicolas SÉJEAN 1745-1819. Organiste de la Chapelle du Roi, de la Chapelle Royale et de St Sulpice, neveu du compositeur et organiste Nicolas FORQUERAY, il fait l'objet d'une importante notice dans la base Musefrem. Ce qui confirme mon hypothèse sur la personnalité de la dédicataire. Octavie meurt l'année suivante de la parution de la partition, le 29 novembre 1828. Elle est inhumée au cimetière de Montparnasse, le 1er décembre.
Christian Declerck
Merci à Roch Vandromme pour le déchiffrage, et à Christophe Plovier pour le scan du journal gratuit
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J'ajoute quelques éléments biographiques sur Abondance André Petibon (1795-1882), l'éditeur méconnu de cette partition.
et le lien entre Joseph Bernard Woets et Abondance André Petibon : La société académique des enfans d'Apollon de Paris, ici l'annonce d'un concert à Marseille en 1837.
sources : Gallica et coll. perso.
et la page de titre de son Grand Concerto "exécuté par l'auteur dans le concert qu'il a donné à Paris le 1er avril 1823"