mercredi 18 avril 2018

Carnaval de Dunkerque

mise à jour du 18 avril 2018, ajout du film Vivre Aujourd'hui




Le colporteur a posé sa hotte pendant le carnaval de Dunkerque à Rosendael et à Malo les Bains.



Catherine Claeys, lors d'une "chapelle" du carnaval de Rosendael chez Marieke, s'entretient avec les piliers du renouveau du carnaval dunkerquois : Jean Denise, Jacques Yvart, Roch Vandromme pour le groupe "Les Kakesteeks", Jean-Pierre Ducassou et Jeanmartin Marchal.
Jean Denise mentionne la parution de son livre "Les Enfants de Jean Bart" l'année précédente, ce qui situe cette émission en février 1978.


introduction par Catherine Claeys


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114 téléchargements au 1/6/2013

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La fête est un désordre organisé
qui renforce l'ordre

Un document exceptionnel, Vivre aujourd'hui, un film de Jacques Fremontier, réalisé par Raoul Sangla, tourné en 1972, avec Jacques Higelin en invité, qui improvise des chansons "tendancieuses" sur Dunkerque et son carnaval.
Merci à la page FB de Dunkerque et environs pour cette mise en partage.

première partie


deuxième partie


troisième partie


quatrième partie



mercredi 4 avril 2018

Radio Uylenspiegel

mise à jour, ajout vidéo Radio Uilenspiegel/Anvers

en 1978, les débuts sur 102 Mhz au temps des radios libres



Le premier janvier 1978, c'est la première émission depuis l’église de Cassel, y participent : Jacqueline et Jean-Rémy Bève, et Maryse et Pascal Vanbremeersch. Le matériel est caché aux regards des visiteurs derrière un rideau et sous la "protection" de Notre-Dame de la Crypte, la réception est très bonne malgré la faible puissance de l’émetteur.
Le dimanche suivant a lieu la deuxième émission, avec la participation de Pierre Vandevoorde (dit Keuntje) de Steenvoorde qui apporte sa connaissance et sa pratique du flamand. Même réussite, malgré le brouillage intensif.




La semaine suivante Pascal entre en contact avec moi. Il recherche la possibilité de diffuser sur Dunkerque. J’accepte de participer et je trouve une chaumière, située à Quaedypre, idéalement située sur la "falaise" de l’ancien trait de côte, au delà de Bergues, en surplomb de la plaine de la Flandre Maritime.
L’émission du 15 janvier se passe sans problème, pendant la diffusion je suis retourné chez moi chercher un appareil photo pour immortaliser ce moment historique, mais durant mon absence il y a eu des visiteurs à la chaumière. Je gare ma voiture dans le chemin de terre, je fais quelques photos dans le grenier où est placé l’émetteur. Quand je sors j’aperçois une fourgonnette qui bloque le chemin, m’empêchant de partir, je comprends vite ce qui se passe, le camion gonio a pu facilement repérer le lieu d’émission vu le peu de densité d’habitation et ils ont posé une souricière avec l’aide des techniciens de T.D.F. Peu après les gendarmes de Bergues arrivent et m’emmènent pour un interrogatoire, c’est la première saisie de la radio.


séance de studio avec Pascal Vanbremeersch, Jean-Paul Sepieter et Keuntje
© photos B. DOM de Mortsel


Pour l'émission suivante, le 19 mars, le temps de trouver un nouvel émetteur, je récidive. La diffusion se fait cette fois depuis mon appartement dans le centre ville de Dunkerque, précisément 36 rue du Maréchal-French, au premier étage. En ville, la triangulation est moins facile et comme les émissions ne durent qu’une demi heure, TDF n’a pas le temps de localiser l’émetteur.



J’ai conservé la cassette originale de cette émission qui fut ma dernière participation, ensuite mon père a pris le relais.

Téléchargez la cassette ici
100 téléchargements au 1/6/2013

extrait


programme :
- le Carillon de Dunkerque, par Alfred et Kristien Den Ouden
- Nee’w we goan nus vlams ni laot’n, par Willem Vermandere
- Ali Alo, par le groupe Rum
- un texte sur l’abolition des monopoles d’état de la radio, par Jean-Paul Sepieter
- Anne-Marie Katrien, par le groupe ‘t Kliekske
- Al travaille à la filature par Marieke (version en concert, différente de celle qui est ici)
- annonce finale, par Pascal Vanbremeersch
- Laat de mensen dansen, par Wannes Van De Velde

La suite est dans la plaquette écrite, à chaud, par Pascal Vanbremeersch : Une radio libre en Flandre : Radio Uylenspiegel, éditée par Westhoek édition en 1979.



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En janvier 1975, Pascal Vanbremeersch a publié, dans sa revue Kanar, une série d'articles sur les premières radios pirates, dont un consacré à Radio Anvers qui émettait depuis un bateau nommé Uilenspiegel. Il n'y a pas  de hasard, je pense que cette radio a fortement inspiré le nom de la radio de Cassel.

hommage à Georges De Caluwé (1889-1962)


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La revue l'Abeille a publié un numéro très complet sur le thème de la radio régionale, on peut le télécharger ici

le site de l'Abeille

mercredi 21 mars 2018

Qui a connu Manootje ?

C'est à une chanson du carnaval de Dunkerque que Stéphanie Dimanche, surnommée Manootje (1) (ou Manotche, ou Manot'je) doit sa notoriété posthume.

Stéphanie Dimanche, dite Manootje
source : Jean Denise, Les enfants de Jean-Bart, Dunkerque, 1975


As-tu connu Manootje ?

Marie Jeanne Stéphanie DIMANCHE naît à Dunkerque le 13 octobre 1811 ; son père, François dit Pierre, tour à tour perruquier, journalier et bûcheron, est né dans l'Allier à Saint-Pourçain-Malchère (commune actuelle de Lusigny) en 1764, sa mère, Marie Jeanne DAVERGNE, journalière et balayeuse, est née à Saint-Valery-sur-Somme en 1785. Mariés à Dunkerque en 1806, le couple a sept enfants. L'aîné, Napoléon, naît à Saint-Omer en 1806 ; Victoire à Dunkerque en 1809 ; Stéphanie est la troisième de la fratrie ; Jean Baptiste, né en 1814, meurt l'année suivante ; Philippe Antoine naît en 1817, il est ménétrier employé à un spectacle mécanique en 1834 et musicien ambulant ; Jean Louis François, né en 1820, est joueur d'orgue ambulant, il meurt à Lillers en 1880, il a une descendance de forains sur au moins trois générations ; le dernier enfant, Jean Louis né en 1825, meurt à Dunkerque en 1910.
Stéphanie est morte à l'hospice de Dunkerque en 1880, on ne connait de sa vie que ce que dit la chanson et les quelques traces conservées dans les archives municipales de son activité de mendiante(1). La première mention de la chanson As-tu connu Manootje ? est relevée dans le numéro du 18 mars 1888 de la revue Dunkerque Comique : "Manootje !, Voilà Manootje ! Qui ne se rappelle cet échantillon féminin du type de la rue. Dunkerque se souvient de la pauvre femme à la jambe de bois dont on s'égayait tant. Ses drôleries, ses chansons, ses gestes, tout est resté dans la mémoire de la génération actuelle et le refrain du Carnaval a donné un nouveau regain de souvenir à Manootje. Que de fois on a fait des farces à la malheureuse, hélas ! le cœur humain a de ces erreurs, on ne croit pas être cruel en riant des misères des autres et cependant la pauvre fille ne méritait pas toutes ces tracasseries. Si la nature ne l'avait pas douée des ornements physiques désirables ; était-ce de sa faute ? Elle était bien drôle quand pour un sou, elle vous entonnait une de ses chansons sur un air impossible à transcrire, mais était-ce donc une raison pour lui offrir de ces soupes à l'amidon et de ces pannekoukes dans lesquelles on avait introduit traitreusement un beau morceau de mousseline. Il faut croire que Manootje avait un estomac d'autruche, car elle digérait tout cela avec un plaisir sensible. Dunkerque-Comique a voulu consacrer une de ses pages à ce type disparu, voilà Manootje passée à la postérité. Combien parmi les grands hommes de nos petites gens d'affaires pourront en dire autant au mois de mai prochain.. JAC"

source : Musée des Beaux Arts de Dunkerque © droits réservés


Dans le journal Le Nord Maritime du 17 février 1890, cette chanson est déjà considérée comme une rengaine ancienne par le journaliste qui se plaint du manque de nouveautés. En 1922, Jan des Dunes, journaliste du même journal, la cite dans une chronique consacrée au chansonnier Hippolyte Bertrand, à qui il en attribue la paternité. Après la guerre 14-18, elle est intégrée dans le pot-pourri chanté dans la bande des pêcheurs, son rythme de valse donnant un peu de répit aux carnavaleux. Régulièrement publiée dans les programmes des fêtes de carnaval au cours du XXe siècle, elle est toujours chantée actuellement.



programmes des carnavals 1947, 1953, 1960
collection personnelle


Voilà ce qu'on sait des paroles de la chanson, mais la musique, d'où vient-elle ?


Une chanson suédoise ?

Un jour, j'ai la surprise d'entendre la même musique en écoutant l'album Nä som gräset det vajar de la chanteuse suédoise Lena Willemark. La chanson porte le titre Allt vad du vill. J'ai pu entrer en contact avec son attachée de presse qui m'a orienté vers les Archives Suédoises où Lena l'avait découverte dans les années 1980 dans un collectage que l'ethno-musicologue Martä Ramstèn avait fait pour les Archives, en mars 1968. Elle avait enregistré Joel Nilsson, né à Bålsta près de Stockholm en 1887. Depuis peu l'enregistrement complet est accessible sur le site Visarkivet. J'ai pu avoir un contact indirect avec Martä Ramstèn par l'intermédiaire des sites Visarkivet et de l'Académie Suédoise des Traditions Populaires, dont elle est membre, mais elle a répondu qu'elle n'avait pas conservé d'information complémentaire, ni sur ce chanteur, ni sur la chanson et son contexte.
J'ai fait un montage comparatif de la version originale du collectage et de la version du carnaval de Dunkerque(2). La parenté musicale est évidente, mais comment l'expliquer ?




A la fin du collectage, il y a un fragment de dialogue sur la pratique musicale locale du début du XXe siècle. Je remercie Guy Pétillon de m'avoir traduit cet entretien :

- Y avait-il des airs ou des chansons en particulier que l'on jouait lors des mariages et occasions de ce genre ?
- Lorsque mon père a fêté ses 60 ans, nous autres les jeunes avons pu organiser une soirée de danse à la maison. Il y avait à cette occasion un violoniste d'Uppsala qui s'appellait Yngve Bergvall, un pompier dont le nom était... Axel je-ne-sais-plus-comment, qui jouait de la clarinette. Il y a bien eu d'autres soirées dansantes à cette époque, avec un orchestre qui s'appellait Gunno Möllers (??) Kapell (NdT :  pas facile à comprendre, ce nom. Il rajoute 2-3 détails que je ne comprends pas).  
- C'était dans les années 20s à peu près, c'est ça ?
- Non, ça devait être en 1907
- Ah oui, si tôt ?
- Oui, c'était bien en 1907. Mon père a eu 60 ans, et j'en avais 20. 
- Il n'y avait pas d'autres "spelmän" (NdT : musiciens populaires) à Bålsta ? 
- Non, pas vraiment. Il y avait bien Hjalmars Anders, qui est venu travailler pour mon père à cette époque. Il jouait de l'harmonica. C'est comme ça que moi aussi j'ai commencé. Et puis… ensuite, pendant le service militaire, il y avait un garçon de Sala qui s'appelait Svensson, qui jouait de l'accordéon 2 rangs. Un instrument italien de ce genre coûtait 30 Riksdaler. C'était en 1909. 

La piste s'arrête donc là, peut-être qu'un jour quelqu'un trouvera le lien entre Dunkerque et Stockholm. Mais une chose est certaine Joel Nilsson est né en même temps que la chanson dunkerquoise. Pure coïncidence.

Christian Declerck


(1) C'est Michel Tomasek qui a fait le lien entre Manootje et Stéphanie Dimanche, voir la notice parue dans le Dictionnaire biographique dunkerquois.
(2) Les versions du carnaval de Dunkerque : chantée par Robert TRUQUET en 1947 et chantée par Edmond REYNOT dans les années 1960.

Sources : état civil, recensements, souches de passeports pour l'intérieur, journal Le Nord Maritime, les publications de Jean Denise et divers sites mentionnés dans le texte.







mercredi 14 mars 2018

Sur les Frontières

C'est le nom d'un nouveau groupe de notre Région qui s'inspire de tous les recueils, collectages et autres sources que l'on peut aussi trouver sur ce blog.
Il y a donc toute sa place.


Frédéric Matte (alto) - Romuald Ballez-Baz (guitare/oud) - Michel Lebreton (conemuse/flûte/chant) - Mathieu Brunet (accordéon)

Entre France et Belgique d’aujourd’hui, se sont succédées des générations de musiciens du quotidien. Trouvères, ménétriers des villes et des villages, maîtres à danser, musiciens de parquets mais aussi gens du pays… ils nous ont laissé des chants et danses qui ont peuplé les jours des « grands de ce monde » comme du « petit peuple des campagnes ».



en concert à Calais le 30 mars 2018



vendredi 23 février 2018

Guinguettes flamandes

C'est le titre d'une série de recueils de danses pour petit orchestre, édités avant 1914, par le marchand de musique Laigre-Sapin à Lille et Orkhestra à Wattignies.

collection personnelle


D'autres éditeurs régionaux ont publié ce genre de recueils, comme A.-L. Doyen à Wattrelos qui éditait La Lyre Wattrelosienne, Zéphir et Louis Bajus à Avesnes-Le-Comte proposaient leurs compositions en recueils sous le titre Les Nouveaux Succès, Jean D'hondt distribuait les recueils de musique sans droit d'auteur, L'Aurore Boréale, édités par Jules Verhoeven à Anderlecht et j'ai publié ICI ceux de Gérard Fournier à Achicourt. Je n'ai jamais plus rencontré d'autres exemplaires, annoncé comme première série, peut-être n'a-t-il été que le premier et dernier ? Il n'est pas référencé à la BNF, ni dans d'autres catalogues. Il présente aussi l'intérêt d'être une réalisation de l'Association des Auteurs et Compositeurs de musique du Nord et du Pas-de-Calais, fondée en 1906 et très active à Lille avant 1914. 

collection personnelle


Les compositeurs qui ont collaboré à ce recueil sont tous nés dans la Région et, pour la majorité, sont impliqués dans la vie musicale régionale.
• Paul Laigre, né à Bailleulval en 1870, est professeur au Conservatoire et directeur de la musique municipale de Lille.
• Georges Gadenne, né à Marcq-en-Barœul en 1866, est le directeur de la musique de St André les Lille.
• Georges Carpentier, né à Provin en 1870, est le directeur de la musique municipale de Seclin.
• Léopold Brunaux, né à Lille en 1864, est le directeur du Conservatoire de Rennes.
• Adrien Chabot, né à La Madeleine en 1886, est chef d'orchestre des Concerts Mayol à Paris.
• Henri Rousse, né à Le Quesnoy en 1875, est directeur de la musique municipale de Le Quesnoy.
• Gustave Gabelles, né à Lille en 1883, est professeur au Conservatoire de Genève et directeur de l'Harmonie Nautique de cette ville.
• Adolphe Gabelles, né à Lille en 1860, est directeur de la Fanfare des Mineurs d'Abscon.
• Henri Wallet, né à Bailleul en 1877, est organiste à l'église St Michel de Lille.
• Eugène Callant, né à Lille en 1876, est violon solo du Grand Théâtre de Lille.

Suite aux commentaires de Patrick, j'ajoute que neuf de ces compositeurs étaient des 1er prix du Conservatoire de Lille, ce qui ne doit pas se rencontrer souvent ailleurs.

L'éditeur, Théodore Laigre né à Paris en 1860, est le frère de Paul. Il est facteur d'orgues à manivelle et de pianos mécaniques 24 rue Neuve à Lille, secrétaire de la musique des canonniers sédentaires de Lille et professeur de mandoline. Arrivé à Lille en 1870, il y épouse Marie Sapin en 1889, elle est professeur de solfège et de mandoline.

Christian Declerck


Sommaire :
- Gentils rossignolets, polka, Eugène Calant
- Clairette, polka, Adrien Chabot
- Film, polka, Henri Rousse
- La Mouckère, mazurka, Henri Wallet
- L'éruption, mazurka, Georges Gadenne
- Bricette, valse, Adolphe Gabelles
- Etoile de mai, valse, Georges Gadenne
- Premier printemps, valse, Léopold Brunaux
- Flandrine, schottisch, Georges Carpentier
- Quadrille sur des airs lillois, Paul Laigre
- C'est fini, bravo !, retraite-galop, Georges Gabelles

Le recueil est ICI


kermesse au Mont de l'Enclus
collection eprsonnelle


samedi 10 février 2018

Ghislain Gouwy - Miserere Vlaanderen

mise à jour 10 février 2018 : j'apprends le décès de Ghislain ce jour ICI
un hommage ICI
Hommage par France3 ICI







Faire-part



Ghislain Gouwy (1937-2018), Marieken van Damme - Miserere Vlaanderen - 198?





01-Nostra
02-Haria - Caria
03-Memoria
04-Chant Ve
05-Je t'aimerai dans le roulis des orgues
06-Chant Ve
07-Miserere Vlaanderen
08-Requiem pour un oiseau
09-Les fabriques se sont tues
10-L'absence
11-La marche du printemps

Ghislain Gouwy : récitant
Marieken van Damme : récitante

Katrien Delavier : harpe celtique, flûte traversière
Claude About : chant
Gérald Ryckeboer : bouzouki, flûte, cistre, guitare, cornemuses
William Schotte : violoncelle, synthétiseur
Patrice Heuguebart : accordéon chromatique
Raymond Declerck : harmonica
François Vanhove : guitare
Michel Gossart : orgues


Entretien avec Ghislain Gouwy en 2008


Calligraphie : Joke van den Brandt
Illustrations : Frank-Ivo van Damme


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