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| collection personnelle |
Ce
coffret publié en 2005, reprend les 4 albums de ce groupe devenu
mythique. Je ne peux pas vous les mettre ici, évidemment, mais ces deux
CD et un DVD sont complétés par des textes : la présentation par Dree
PEREMANS†, musicien de jazz et producteur à la BRT, et surtout un long
entretien avec les membres fondateurs qui nous détaillent la création du
groupe et leur propre cheminement vers cette musique.
Parfois,
ça arrive tout simplement : les choses se croisent, les gens se
rencontrent, et il se produit quelque chose qu'il est impossible de
reconstituer par la suite. Pourquoi ? Comment ? Pourquoi à ce moment
précis ? Et c’est là que je me rappelle : le hasard existe !
C’est
d’ailleurs par un tel hasard que Wiet van de Leest, Paul Rans et Dirk
van Esbroeck ont formé ensemble le groupe folk légendaire Rum.
Mais
tout a commencé avec Dirk Lambrechts. Il jouait du flamenco,
connaissait Wannes van de Velde et était un grand amoureux de la culture
folklorique européenne. Plus tard, il en maîtriserait avec brio l’art
culinaire dans son restaurant « De Spaanse Brabander ». Encore plus
tard, il écrirait un livre sur le fado portugais. En 1969, Dirk
Lambrechts était une figure flamboyante, toujours prêt à raconter des
histoires captivantes. Tout le café était suspendu à ses lèvres et
c’était la fête tous les jours.
Paul
Rans était originaire de Louvain, fils du meilleur boucher de la ville.
Si Rum est une institution dans le folklore flamand, la boucherie
Jambona, sur la Bondgenotenlaan, l'était tout autant dans le monde de la
gastronomie et de la charcuterie. Le fils du boucher cherchait des
divertissements littéraires et musicaux, et Dirk Lambrechts s'avéra être
le choix idéal. Il y apprend la guitare et découvrit, grâce à lui, le
folk anglais et irlandais.
Wiet
van de Lest était arrivé d'Itegem à Louvain, la musique dans la tête.
Son père jouait du violoncelle et son frère aîné était ami avec Wannes
van de Velde. Il avait un peu joué du violon enfant et, s'inspirant de
l'exemple de Barney MacKenna, il choisit le banjo ténor. Lorsqu'il
rencontre Paul Rans et Dirk Lambrechts au Reynaert, ils deviennent
rapidement la première version de Rum.
Ils
jouent partout où ils le peuvent, et Paul et Wiet, en particulier,
veulent en faire leur métier. Ils apprennent des chansons, répètent,
travaillent leurs voix et leurs instruments. Étudier les morceaux,
répéter, travailler leurs voix et leurs instruments. Ce n’est pas
vraiment le monde de Dirk Lambrechts ! Le trio se transforme en duo et
fait suffisamment impression au Hove Skiffle Festival pour convaincre le
jury.
Ils
sont même autorisés à enregistrer une démo, mais le résultat ne les
satisfait pas pleinement. Entre-temps, ils font la connaissance de Dirk
van Esbroeck à Anvers. Né à Gand, Dirk a déménagé en Argentine avec ses
parents à l'âge de deux ans. Il ne revient en Europe qu'à dix-huit ans,
voyage un temps en Angleterre, puis s'installe à Anvers. Ses rêves
musicaux se tournent d'abord vers le groupe 't Gemeen, puis vers les
Doolaards. Après leur départ, Dirk trouve en Paul et Wiet les compagnons
parfaits, et le véritable Rum voit le jour.
Depuis Louvain, ils conquièrent le pays. Flandre, Bruxelles et Wallonie s'enflamment. Leur quatrième membre, Leon Lamal, était mondialement connu à Hoeilaart grâce à son café-concert folk, de Mallemolen. Il y a fait venir des musiciens français, anglais et irlandais, permettant ainsi à Rum de se faire une place sur ce circuit.
Quand on a la chance de jouer au prestigieux festival de Cambridge, on se fait connaître aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, en Suisse, en Autriche… On est acclamé et célébré. Leurs disques rencontrent un immense succès. Ils figurent chaque année dans les classements Humo des meilleurs groupes nationaux et des meilleurs albums nationaux, devant des pointures comme Kandahar et Will Tura. La presse francophone est tout aussi enthousiaste, et ils jouent pendant des jours entiers à guichets fermés au Théâtre 140 de Bruxelles.
C'est une période merveilleuse, mais aussi épuisante. Toujours sur les routes, toujours en mouvement, toujours à la recherche de nouveaux morceaux. Après six longues et formidables années, ils enregistrent leur troisième album [en 1975]. Conçu comme un adieu, il marque aussi le début de leurs retrouvailles quelques années plus tard et le lancement de leurs carrières solo. Sur « Rum 3 », Vera Coomans interprète la poignante « Gekwetst ben ik van binnen ». Elle remplacera plus tard Paul Rans. Paul lui-même joue quelques morceaux de luth sur cet album. Ici, vous entendez l'autre Paul Rans, l'homme du luth et du Chansonnier d'Anvers, ou Manuscrit Gruuthuse. Dirk chante deux chansons du poète-chanteur argentin Atahualpa Yupanqui. C'est le Dirk du duo avec Juan Masondo et du futur Tango al Sur, celui-là même qui chantait tant de poésie. Wiet présente « Flic flac » et « Mélancolie », deux airs de ‘’musette’’ parmi tant d'autres qu'il composera plus tard.
C'est un magnifique disque qui se transforme en une tournée d'adieu inédite. Dirk voyage et joue son répertoire argentin avec Juan. Paul vit en Angleterre et y fabrique des luths. Wiet forme le groupe Douce Ambiance avec le guitariste Guy Raiff et le bassiste Frans Leven. Mais la situation commence à les peser et ils décident finalement de se reformer. Paul maintient le duo pendant quelques mois seulement. Vera Coomans devient l'égérie de Rum et Juan Masondo, le guitariste. Malheureusement, l'aventure n'a duré qu'un seul album, « Hinkelen », et une seule tournée.
Wiet et Vera sont devenus Madou et ont enregistré un magnifique album.
Dirk et Juan, accompagnés de Frakke Arn et Jean-Pierre Van Hees, ont formé le nouveau Rum, avec « Flandria Tropical » comme album phare. C'était beau, mais différent. Trop différent. Le public réclamait le Rum d'antan, et cela s'entend dès les premières notes. [Dans ce coffret] il y a les vinyles Rum 1, Rum 2, Rum 3 et Hinkelen. Ce sont tous des chefs-d'œuvre, sans exception, qui sonnent encore aujourd'hui comme ils le devraient : frais et captivants. C'est possible après trente ans.
Quand on a la chance de jouer au prestigieux festival de Cambridge, on se fait connaître aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, en Suisse, en Autriche… On est acclamé et célébré. Leurs disques rencontrent un immense succès. Ils figurent chaque année dans les classements Humo des meilleurs groupes nationaux et des meilleurs albums nationaux, devant des pointures comme Kandahar et Will Tura. La presse francophone est tout aussi enthousiaste, et ils jouent pendant des jours entiers à guichets fermés au Théâtre 140 de Bruxelles.
C'est une période merveilleuse, mais aussi épuisante. Toujours sur les routes, toujours en mouvement, toujours à la recherche de nouveaux morceaux. Après six longues et formidables années, ils enregistrent leur troisième album [en 1975]. Conçu comme un adieu, il marque aussi le début de leurs retrouvailles quelques années plus tard et le lancement de leurs carrières solo. Sur « Rum 3 », Vera Coomans interprète la poignante « Gekwetst ben ik van binnen ». Elle remplacera plus tard Paul Rans. Paul lui-même joue quelques morceaux de luth sur cet album. Ici, vous entendez l'autre Paul Rans, l'homme du luth et du Chansonnier d'Anvers, ou Manuscrit Gruuthuse. Dirk chante deux chansons du poète-chanteur argentin Atahualpa Yupanqui. C'est le Dirk du duo avec Juan Masondo et du futur Tango al Sur, celui-là même qui chantait tant de poésie. Wiet présente « Flic flac » et « Mélancolie », deux airs de ‘’musette’’ parmi tant d'autres qu'il composera plus tard.
C'est un magnifique disque qui se transforme en une tournée d'adieu inédite. Dirk voyage et joue son répertoire argentin avec Juan. Paul vit en Angleterre et y fabrique des luths. Wiet forme le groupe Douce Ambiance avec le guitariste Guy Raiff et le bassiste Frans Leven. Mais la situation commence à les peser et ils décident finalement de se reformer. Paul maintient le duo pendant quelques mois seulement. Vera Coomans devient l'égérie de Rum et Juan Masondo, le guitariste. Malheureusement, l'aventure n'a duré qu'un seul album, « Hinkelen », et une seule tournée.
Wiet et Vera sont devenus Madou et ont enregistré un magnifique album.
Dirk et Juan, accompagnés de Frakke Arn et Jean-Pierre Van Hees, ont formé le nouveau Rum, avec « Flandria Tropical » comme album phare. C'était beau, mais différent. Trop différent. Le public réclamait le Rum d'antan, et cela s'entend dès les premières notes. [Dans ce coffret] il y a les vinyles Rum 1, Rum 2, Rum 3 et Hinkelen. Ce sont tous des chefs-d'œuvre, sans exception, qui sonnent encore aujourd'hui comme ils le devraient : frais et captivants. C'est possible après trente ans.
Dree PEREMANS (1949-2022)
La suite est ICI
Merci à Jean-Louis MONTAGUT de m'avoir transmis cette traduction.


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