mardi 29 décembre 2020

La vie musicale populaire en Flandre française

publié le 4/6/2020
mise à jour le 29/12/2020, ajout d'un article  "catégoriser un rythme flamand"


Documents recueillis par André-Marie Despringre et publiés en 1983



La musique des rites calendaires
 Les douze jours
1 - Driekoningenlied / Cantique des rois mages (GO)
2 - Driekoningenlied / Cantique des rois mages (BA)
3 - 'T is nieuwjaaravond / C'est la veillée du nouvel an (Ste Marie CA)
4 - 'T vandage dertienavond / C'est aujourd'hui la veillée de l'Epiphanie (BA)
5 - Op de markt / Sur le marché (ME)

 Le Carnaval de Cassel (1976
6 - Tintamarre de carnaval
7 - Rythmes du réveil
8 - Chant du Reuze (harmonie municipale)
9 - Chant du Reuze (CA + HA)
10 - Lundi gras (harmonie)
11 - Vlaamse pot pourri (BO)

La musique d'agrément
12 - Vlaamse pot pourri (BO)
13 - Vlaamse pot pourri (BO)
14 - Vlaamse pot pourri (BO)
15 - 'T oude wuvege had een man / La vieille femme avait un mari (EE)
16 - 'K heb ik zo vele lieven / J'ai tant d'amoureux (EE)
17 - Dans maar vrouwtje / Danse petite dame (EE)
18 - 'K en hebben geen belde noch geen stoel / Je n'ai plus de lit ni de poële (EE)
19 - Alsik ik van Brussel kermisse / Ah moi qui vient de la kermesse de Bruxelles (HA)
20 - Sarelke, Sarelke, 'k heb het ik gezeid / Charles, petit Charles, je l'ai bien dit* (WI+ME)

La musique des rites saisonniers
 La cueillette du houblon
21 - En 't is al af, en d'hommel is af / Tout est cueilli, le houblon est cueilli (BO)
22 - En 't is al af / Tout est cueilli (ME)
23 - De snuifdoze en den kaffiepot / La boîte à prise et la cafetière (GO)
24 - Viva den kaffiepot / Vive la cafetière (ME)

 La moisson
25 - Keriole / Kyriole (appel) (ZE)

La musique du travail et de ses saints patrons
 La garde des vaches
26 - Peene Peene maai Lammens Koetjes / Et d'une pour Noord Peene (ZE)
27 - Drie koetjes de poten ebroken / Une vache vient de se casser les pattes (ZE)
28 - Je koe en zijn aan de schijte / Tes vaches ont la va-vite (HA)

 Saint Eloi
29 - Hooe Strooï de boer is in de rooi / Hooi Strooi est en peine pour trouver de l'argent (BO)

 A la ferme
30 - En 't van morgen vroeg op te staan / Demain il s'agit de se lever tôt (HO)

 Dans les rues
31 - Vershe plattjes / Des poissons frais (DU)
32 - Scharesliep, scharesliep / Le rémouleur (BO)
33 - Scharenlijpers, sharen messens om slijpen / Des ciseaux, des couteaux à aiguiser (BO)

 Le tissage
34 - Kadieke, kaddjakke (ME)
35 - 'T is van ikketak tiktaktierre / C'est le rikketakke (BO)
36 - O mijn god hierboven / Ô mon Dieu, d'ici en haut (GO)

 Sainte Anne
37 - En nuzen wagen is geladen / Et le chariot était chargé (BO)

La musique des rites calendaires
 Carnaval de Bailleul (1976)
38 - Lied van Gargantua / Chanson de Gargantua (BA)
39 - Musique de Bailleul

La musique d'agrément (suite) 
40 - Ah çà bonjour, mijn liefste dochter Katrien / Ah ça bonjour, ma fille préférée Catherine (GO)
41 - 'T was een keer een boer / Il y avait une fois un paysan (ES)
42 - En'k gingen lestmaal ann het jagen uit / Et dernièrement j'allais chasser (BA)
43 - Pierlala was naar Godsvelde gegaen / Pierlala était à Godewaersvelde (ME)
44 - Uit den oosten, uit des westen / En provenance d'est et d'ouest (EE)


les chanteurs :
BA, Bailleul : M. Dormieux - l'Harmonie Municipale - E. Schercousse
BO, Boeschèpe : M. Debruyne
CA, Cassel : H. Sansen (aussi HA) - Harmonie municipale
DU, Dunkerque : P. Jacquemet - Mme Renaud
EE, Eecke : M. Kerkhove
ES, Esquelbecq : V. Walline
GO, Godewaersvelde : A. Dagobert - A. Deturck - L. Dupont
HA, Hazebrouck : A. Davion
HO, Houtkerke : J. Bourry
ME, Meteren : D. Falghen
Ste Marie CA, Sainte Marie Cappel : E. Van Hee (aussi HA)
WI, Winnezeele : André Decreus (1907-1987) accordéoniste
ZE, Zermezeele : H. Bauden


Vous pouvez écouter ces collectages sur le site RADdO-Ethnodoc
ou me demander les fichiers







* à propos de cette chanson j'ai relevé cet article de 1911 du Nord Maritime :
« Manifestation mouvementée à Bergues – L’ex-équipe des « p’tits pois » réclame… La manifestation d’hier  – l’usine envahie. – l’Internationale et Chorle’t’che. - Depuis deux ans, existe à Bierne, près de Bergues, le long de la Colme, une fabrique de conserves. En ce moment de la saison l’usine embauche une centaine de femmes et enfants, pour l’écossage des petits pois. D’habitude, la direction de « La Semeuse » employait des gens du pays et complétait son chiffre nécessaire par des belges ; mais cette année, on embauche que des ouvrières du pays voisin. D’où, grand émoi parmi les journalières berguoises qui, d’un commun accord, décidèrent de manifester. Aussitôt dit, aussitôt fait. Drapeau tricolore en tête, une centaine de femmes et d’enfants, quittèrent Bergues vers 5 heures, et se rendirent à l’usine. En voyant à travers la grille, travailler les ouvrières belges, la colère déborda. D’une poussée, la grille fut ouverte et les manifestantes pénétrèrent dans la cour de l’usine. Prises de peur, les ouvrières belges s’enfuirent à travers champs et les nouvelles venues occupèrent les hangars, où, sur les claies étaient étendus des monts de petits pois. Une manifestante se détacha du groupe et là, le drapeau, sur la hanche, attendit les évènements. « J’y suis, j’y reste » avait-elle l’air de dire, imitant Mac-Mahon à Malakoff. Le directeur de l’usine téléphona à Bergues […] accompagné de quatre gendarmes à cheval arrivaient. Malgré l’arrivée des gendarmes le groupe de manifestantes ne bougea pas de la cour de l’usine et la maréchaussée attendit avec patience le bon vouloir des ouvrières. A tort ou à raison, le brigadier de gendarmerie voulut arrêter M. Arthur Barbier, de Bierne, qu’il accusait d’avoir provoqué le mouvement. Celui-ci, qui est chef de bande et embauche des ouvrières pour faire travailler en moisson, répondit que ce qui se passait ne le regardait pas. Il n’en fut pas moins appréhendé. Les choses se gâtèrent : une trentaine de femmes se détachèrent du groupe et, avec force horions, forcèrent les gendarmes à lâcher leur prisionnier.
Voulant éviter une bagarre, vu la surexitation extrême de quelques unes des manifestantes, le brigadier et ses hommes se contentèrent de barrer l’entrée de l’usine et stoïques, reçurent sans sourciller, une avalanche d’interpellations plus ou moins choisies. C’est grâce à leur sang froid que l’on n’eut pas à déplorer d’incident plus graves. Une demi-heure après les manifestantes quittèrent l’usine et reconduisirent Barbier à son domicile, à Bierne. Elles retournèrent ensuite devant l’usine, puis, le drapeau en tête, femmes et enfants prirent le chemin de Bergues, en entonnant l’Internationale. Sans doute, l’hymne révolutionnaire n’était pas encore assez connu, ni assez local, car bientôt, toutes en chœur, en suivant les bords verdoyants de la Colme attaquèrent avec ensemble un air flamand : « Chorle’t’che, Chorle’t’che… ». C’est en chantant que la colonne entra à Bergues, où de nombreux curieux attendaient au Pont Saint-Jean, cette arrivée sensationnelle. Il est vrai qu’à Bergues on n’est pas habitué à des manifestations de ce genre. Et puis ce n’était pas banal ! […] »


*****

CATÉGORISER UN RYTHME «FLAMAND » 

André-Marie DESPRINGRE 

(LACITO -CNRS) 

Résumé 

Le dilemme de l'artiste est d'un type tout à fait particulier : il doit pratiquer pour pouvoir mettre en œuvre sa compétence. Mais pratiquer a toujours un effet double : d'un côté cela le rend plus apte à réaliser tout ce qu'il est en train d'entreprendre ; d'un autre côté, à travers le phénomène de la formation des habitudes, il devient moins conscient de la façon dont il travaille (Bateson, 1977 : 178). 

Selon le psychologue américain Bruner (1991), « la culture donne forme à l'esprit » et il est remarquable que cet auteur place plus particulièrement les mythes et les récits au centre d'une nouvelle psycho-anthropologie de la cognition. L'étude des significations des multiples aspects d'une culture et d'une morphogenèse du sens lui semble ainsi essentielle au développement de la personnalité. Voilà une réaction bien légitime contre les excès d'une psychologie culturelle coupée de la réalité humaine et de sa propension à suivre les modèles naturalistes des neuro-biologistes. Cependant, dans cette manière d'envisager la cognition, la musique n'a pas encore droit de cité. La compréhension du monde de la musique n'appartiendrait-elle qu'aux musiciens et aux musicologues au sein d'un monde à part ? Les recherches scientifiques et cognitives sur la musique contribuent sans aucun doute à alimenter ce point de vue. 

Pour illustrer la question des relations entre musique, cognition et culture, je présenterai quelques résultats de mon expérience d'ethnomusicologue. Partant de l'hypothèse que la culture musicale des pays de France demeure fondamentale pour la formation des adultes et qu'il est donc important d'en étudier les systèmes, je présenterai les tenants et les aboutissants d'une étude rythmique que j'ai réalisée en Flandre française. Le processus de transformation qu'a subi la musique de cette aire géo-culturelle, au XXe siècle, s'explique tout d'abord par la double influence qui s'y exerce depuis des siècles : la romane, prépondérante au Sud et la germanique, au Nord. Dans quelle mesure ce contact de cultures a-t-il oblitéré l'existence même d'une musique flamande en France alors que, paradoxalement, ceux qui s'en réclament aujourd'hui croient s'y ressourcer ?. 


la suite :

lundi 21 décembre 2020

Orgues Florein

 

harmoniphone Albert Florein
collection Daniel Linard

Un grand souvenir [extraits]

Je n'en avais jamais vu de près, mais immédiatement, j'ai compris que c'était un orgue de forain. […] Une lettre arriva, timbrée de Sète et signée Paul Florein […] elle me disait qu'il était retraité, âgé, et qu'il vivait dans un petit pavillon à Sète où il s'était retiré pour se rapprocher de sa fille et de son petit-fils. Il disait encore que l'orgue dont je parlais était l'un de ceux qu'il avait construits, autrefois, dans l'atelier de Coudekerque-Branche exploité jusqu'en 1935 ou 1936 avec un frère. les cartons spécifiques étaient de lui. […] L'orgue était prêt, révisé "j'ai modifié le jeu des bourdons, puis celui des basses, qui ne me plaisait pas, mais j'ai été estomaqué par le prix des peaux de chèvres pour les caisses […]

"Voyez-vous, jusqu'en 1928 ou 1930 à peu près, nous avions beaucoup de travail, avec les forains, très importants dans le Nord, puis en Belgique. Quand un orgue était en panne, ou bien on réparait sur place, très vite, ou alors il fallait sortit l'instrument pour le porter à l'atelier. Il fallait mettre alors en place un appareil en prêt, pour ne pas arrêter le métier, seulement les orgues étaient fort différents en genre, style ou tonalité. Alors, avec mon père, nous avions construit 2 ou 3 appareils très polyvalents avec une gamme étendue qui pouvaient remplacer, un temps, un peu n'importe quoi. C'est le cas du vôtre ; c'est un 41 touches qui couvre un éventail harmonique important. Alors j'ai noté des cartons en fonction de ça et on peut passer à peu près n'importe quoi. […] Vers 1931 1932, les électrophones sont sortis. et en l'espace de 2 ou 3 ans, les orgues n'ont plus rien valu. Nous avions en permanence 8 ou 10 appareils en atelier. Et, presque chaque jour un client nous appelait pour dire : "Non, je ne l'utiliserai plus, vendez-le, gardez-le, j'ai acheté un pick-up" alors j'ai dû tout laisser, vendre ce que je pouvais et à 70 ans, pour vivre j'ai appris à empailler les chaises, faire des canapés et des sommiers tapissiers."

Yves Dalmier

Musiques Mécaniques Vivantes n°50




extraits de l'album 33 tours Musique mécanique, collection Daniel Linard, 1983

Titres mentionnés sur la pochette : Valse, Mazurka, C'est pour mon papa, Mazurka (serait Fleurette), Intimité, valse et une Mazurka qui ressemble à une valse.


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Charles Albert Florein, le père de Paul, est né à Grande-Synthe en 1851, son père est originaire de Téteghem, sa mère fille de miliaire est née par hasard en Allemagne. Albert est d'abord charpentier à Heuringhem puis menuisier à Petite-Synthe en 1877 et à Loon-Plage après son mariage avec Elise Corsart, de 1879 à 1892. En 1897 il s'installe à Coudekerque-Branche, 21 rue de l'Eglise, il est toujours menuisier charpentier. Le couple a eu 7 enfants : Marie Jeanne (1881-1881), Maurice Joseph (1882-1967) Jeanne Sophie (1883-1973, Michel Charles (1886-1957), Gabrielle Marie (1888-1964), Paul Jules (1889-1971) et Anthime Léon (1892-1968). On ne sait pas comment il a apprit le métier de facteur de pianos automatiques et d'orgues de foire. La demande était forte avec 1914 (voir aussi la page consacrée à Simon Robino) La presse mentionne sa profession de facteur de pianos automatiques à l'occasion d'un litige fiscal en février 1924, pour défaut de déclaration de son chiffre d'affaire, le fisc lui réclame une contravention équivalente à 5 fois le montant dû. Son avocat plaide la bonne foi, mais le conseil de préfecture estime que la contrainte décernée tendant au paiement du quintuple du droit éludé est valable. En mai 1926, on annonce la liquidation générale d'instruments de musique de M. A Florein, 21 rue de l'Eglise, pour sortir d'indivision. Des pianos automatiques sont proposés à la vente à crédit, ainsi qu'un tour à fileter. Est-ce la conséquence d'un jugement défavorable ? Coïncidence, son épouse meurt en février 1923, et Albert décède le 5 mai 1927. Trois de ses fils reprennent l'affaire, dont la suite est racontée par Paul ci-dessus.

Christian Declerck, 21 décembre 2020

sources : état civil, La Voix du Nord 8 et 15 septembre 1985, Le Nord Maritime 24 et 29 février 1924 et 20 mai 1926


Michel, Paul et Anthime Florein



samedi 19 décembre 2020

1973 : le premier festival folk dans la région

mise en ligne le 2/10/2009
mise à jour le 19/12/2020, ajout de 2 vidéos






En octobre 1972 l’arrivée du nouveau directeur de la MJC de Rosendael, Jean Peiffer, donne l'opportunité à Jean-Louis Montagut, d’organiser le premier festival folk de la région. Pour trouver des groupes les deux compères se déplacent au Festival d’Aubervilliers et Jean-Louis reprend contact avec Lionel Rocheman qu’il avait connu au Hootenanny à Paris. Il propose à Joel Lequette, responsable du folk Club de l’Ecole des Arts et Métiers à Lille, de profiter de la présence des musiciens pour les faire passer chez lui, il accepte avec enthousiasme.
Le festival a lieu du 19 mai au 2 juin, Lionel Rocheman y amène toute sa bande : Maren Berg, Tran Quang Hai, le groupe Scalawag, indisponible, est remplacé par le Crazy Dogs Band (groupe bluegrass avec Laurent Vercambre), Lamine Conté et sa kora, Dick Annegarn, Marcel Dadi, le groupe Grand-mère Funibus prévu initialement ne viendra pas, les musiciens venant de se séparer. S’y ajoute le groupe Rum "découvert" par Jean-Louis (et Jean Peiffer) à Aubervilliers et le Croquignol String Band d'Alain Beaussant (le futur co-responsable de Folk Song International). Bref ce qui se faisait de mieux à ce moment là débarque à Dunkerque.

Les concerts ont lieu dans les différentes MJC de l’agglomération à Dunkerque, Malo, Rosendael et Grande-Synthe et le Festival se termine par un "gala", comme on disait, à la salle Romain Rolland de Saint-Pol-sur-Mer qui est enregistré par l'ORTF et diffusé par la télévision régionale (voir les extraits au bas de la page).
Ce fut un début de succès bien que les salles étaient petites, l'engouement déclenché se poursuivra par l'organisation de concerts réguliers à la MJC de Rosendael qui deviendra un des piliers de l'animation folk dans l'agglomération dunkerquoise.




cliquez sur les photos pour les agrandir
(archives de Jean-Louis Montagut)


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Des extraits du concert de Dick Annegarn et Marcel Dadi 
à la salle Romain Rolland de Saint-Pol-sur-Mer


générique


Bébé éléphant

Hésitation blues

L’orage

Traveling through


rencontre

Letter from Abi, [not for]

entretien avec Marcel Dadi


My old friend Pat

Les cuillères de Tran Quang Hai


d’autres vidéos folk de joueurdeflutiau sur YouTube



j'ajoute ces deux bijoux d'archives de l'INA :


En juillet de la même année Dick passe dans l'émission Pop2

présenté, à la fin (ne pas rater), par Patrice Blanc-Francard



et en 1972 au Petit Conservatoire avec Mireille, sa toute première télé sans doute.



*****

deux vidéos plus complètes sur le concert de St Pol sur Mer, où l'on entend Lionel Rocheman† et Maren Berg et un violoneux inconnu, Pierre FRANCK









mercredi 9 décembre 2020

Ambiance bretonne place Calonne

 


DUNKERQUE

Une nuit pluvieuse a saisi les remparts,
L’écluse, les canaux, les bâtiments de briques
Noircis par la fumée des fabriques
Et le beffroi sonore et les jardins épars.
On éteint les cafés de la place Jean-Bart.
Sur les quais ruisselants où les mâts nostalgiques
Dorment, las de leur course à travers l’Atlantique,
Ton cadran veille encore, ô tour du Leughenaer !
Une ombre glisse et c’est fini, plus rien ne bouge
Seul au quartier marin, des volets clos d’un bouge
Un bruit breton nasille et s’échappe alentour.
Et c’est le biniou d’un pêcheur de morues
Ivre, pleurant sa « lande et son clocher à jour »
Qui m’arrête pensif au milieu de la rue.
Place Calonne , minuit.

Poème de Ernest Reynaud (1864-1936)
Extrait du livre Je parle d’un pays de vent, Le Nord Pas de Calais et ses poètes.



Le bouge en question se situait sans doute dans une rue parallèle à la place, la rue des Casernes de la Marine, surnommée rue des p'tit's jup's pour ses nombreuses maisons closes, réputées et très fréquentées, mais on s'attend plus à entendre le son d'un piano automatique que celui d'un biniou. Etait-il vraiment breton ce joueur de cornemuse ?






mardi 8 décembre 2020

Les épinettes des Vosges

mis en ligne le 17/11/2020

mise à jour le 8/12/2020 : ajout des liens vers les enquête Lemaire/Dutertre



Toutes les épinettes ne sont pas "du Nord", certaines, plus rares, sont originaires des Vosges.

Vient de paraître : L'épinette des Hautes-Vosges, tradition - légendes - anthologies

par Jean-François Dutertre† et Christophe Toussaint



C’est en dépoussiérant des archives datant de 1957, que Jean-François Dutertre a remarqué que les épinettes des Hautes-Vosges n’avaient pas toujours été aussi rudimentaires que ce que le folklore local nous a laissé croire. Ses découvertes méritaient une actualisation des connaissances. Enquêtant à distance, Jean-François a sollicité la collaboration de Christophe Toussaint, facteur d’épinettes vosgien.
Ce dernier s’est pris au jeu et a apporté quelques planches à l’édifice, en présentant la vie et la production des « épinettiers » vosgiens les plus féconds du siècle passé.
Alors qu’une seul étude avait été jusqu’à présent effectuée en Suède, Norvège et Belgique, Christophe Toussaint a apporté sa contribution en modélisant les gammes utilisées sur des instruments à la fois aussi semblables et diversifiés que le sont nos Épinettes des Vosges.

Sommaire

•Préface par Valérie Klein, conservatrice du musée de la lutherie et de l'archèterie, Mirecourt
• L'énigme de l'épinette des Hautes-Vosges, par Jean-François Dutertre
• Anthologie de l'épinette, par Christophe Toussaint
• Biographies de luthiers vosgiens prolifiques au XXe siècle par Christophe Toussaint
    - Henri Poussier 1888-1964
    - Jules Vançon 1895-1979
    - Marcel Gaspard 1907-1982
    - Louis Georgel 1919-2005

à commander chez Gérard Louis éditeur

Louis Georgel, facteur d'épinette : ICI et ICI

Les liens mentionnés dans le texte :
Conférence de Patrick Gassamnn, sur les modes de diffusion du bois de résonance en Europe centrale pendant le 18e siècle

L'enquête de Jean François Dutertre est transférée aux Archives Départementales des Vosges : mais les fichiers ne sont plus consultables en ligne, on y trouve ce commentaire de J.-F. Dutertre : Les originaux de ces enregistrements ont été perdus. Une copie en a été retrouvée sur une bande magnétique en novembre 2015. Mme Gravier a été enregistrée quelques mois avant son décès survenu le 14 novembre 1970. Elle était née le 18 juin 1898. À l'époque de l'enregistrement, elle venait de perdre son mari. En deuil, elle avait décidé de ne plus jouer. Devant notre déconvenue, elle a accepté de nous donner une "leçon d'épinette". Pour compenser l'interdit qu'elle s'imposait, elle nous a permis de copier une bande magnétique dans laquelle elle s'était enregistrée elle-même. Jean-François Dutertre.

l'inventaire est ICI

on y trouve aussi le Fonds Dominique Lemaire 48 photographies de joueurs et luthiers

dont celle de Jules Vançon



mercredi 2 décembre 2020

La hotte du colporteur à Calais

page créée le 12/10/2009
mis à jour le 2/12/2020, ajout de quelques notes biographiques sur Catherine et Bernard Claeys

La hotte du colporteur à Calais




Le colporteur de Fréquence Nord avait posé sa hotte à l’école de musique de Calais le 6 janvier 1980 pour présenter un série de quatre stages d’initiation à la musique traditionnelle organisés à Boulogne-sur-Mer, Calais, St-Omer et Dunkerque

Catherine Claeys, la colporteuse, est en compagnie de :
Par ordre d’apparition à l’antenne

Michel Lebreton (formateur)
Toujours fidèle à l'E.N.M. de Calais

Patrice Gilbert (stagiaire, puis formateur)
Depuis professeur à l’asso Cric-Crac & Cie et, depuis 2017, retraité

Christophe Duchêne (co-organisateur)
Alors directeur du centre de formation musicale pour adultes

Guy Vandeneeckhoutte (stagiaire)
Maintenant directeur de MJC

Bertrand Buirette (stagiaire)
Actuellement joue du violon en Normandie

Fabienne Kotlarczik (formatrice)
Perdue de vue, serait dans la région lyonnaise

Jean Legrand (co-organisateur)
Alors directeur de la MJC de Rosendael à Dunkerque, décédé.

Christian Declerck (formateur)
Blogueur impénitent


1-début (Brunette allons gai*)
2-entretien M Lebreton
3-entretien P Gilbert
4-entretien C Duchène
5-entretien G Vandeneeckhoutte
6-entretien B Buirette
7-C'est à Mœuvres ou par delà*
8-entretien F Kotlarczik
9-entretien J Legrand
10-Capitaine Bart, duo de vieille
11-entretien C Declerck
12-intervention Michel L.
13-intervention Fabienne K.
14-intervention Michel L.
15-Maniotte
16-entretien M Lebreton
17-Maclotte de J G Houssa
18-entretien C Duchène
19-entretien P Gilbert
20-entretien G Vandeneeckhoutte
21-Les p'tits saint-Pierre
22-entretien M Lebreton
23-entretien J Legrand
24-entretien M Lebreton
25-intervention Fabienne K.
26-Elève-toi donc belle*
27-entretien M Lebreton
28-entretien B Buirette
29-Carnaval + fin

téléchargez ici


 C’est à Moeuvres ou par delà*
par Fabienne Kotlarczik



80 téléchargements au 1/6/1013

*publié dans le recueil de Chants et chansons populaires du Cambrésis de A. Durieux en 1868



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par Arthur Van Hecke


Quelques mots sur Catherine Claeys qui nous avait quitté un an avant la publication de cette page.
De son vrai nom Jeannine Lyon, elle est née à Calais, 3 rue du Duc de Guise, le 15 mars 1930. Fille de Marius, douanier, originaire de Saint Rémy au Bois (entre Hesdin et Montreuil sur Mer) et Eugénie Maurisse née à Armentières, dont le père venait de Kemmel (B). Elle épouse Bernard Claeys en 1954 à Lille, il est né à Lille en 1932, et lui aussi a hérité des racines flamandes de son père né à Westrozebeke (entre Ypres et Roulers). Ces ancêtres aux origines diverses mais enracinées dans la région expliquent peut-être son grand intérêt pour les traditions régionales, qu'elle défendra tout au long de son parcours professionnel à Télé-Lille puis à la radio Fréquence Nord. Bernard Claeys est un des fondateurs de la télé régionale créée en 1950. Il a été formé, avec Fernand Vincent et Jean Marcellot, par deux réalisateurs venus de Paris : Gérard Cornu et Jean-Loup Berger (d'après Yannick Lebtahi, historienne de la télévision).

La Voix du Nord : "La voix de cette personnalité généreuse et cultivée a bercé les auditeurs de La Hotte du colporteur ou de La Musicothèque, émissions phare de la désormais France Bleu Nord. Catherine Claeys a consacré sa carrière à arpenter notre région pour découvrir et mettre en avant les personnalités du folklore et de la culture populaire. Elle laisse derrière elle de nombreux amis, ainsi que son mari, Bernard Claeys, réalisateur de télévision, avec qui elle partageait les mêmes passions depuis leur rencontre, à l'âge d'une vingtaine d'années."

Elle meurt à Lambersart le 30 mars 2008, dans sa belle maison, la villa des Roses, 220 rue de l'Hippodrome, son époux décède le 26 novembre 2019. Ils avaient prévu de léguer leur maison, et ce qu'elle contient, à la municipalité de Lambersart. Catherine avait déjà fait don de ses archives audiovisuelles à l'Ina. Toutes ses émissions sont donc consultables, théoriquement, à Lille.
L'Ina nous propose une des premières émissions du couple Catherine et Bernard Claeys. En 1961, ils sont parmi les premiers à s'inquiéter de la disparition des moulins du paysage régional.






Revenons à moulins