jeudi 20 février 2020

Gilbert Faidherbe, accordéoniste (1890-1968)

Ils ont l'air de bien s'amuser chez le photographe Emile Hauchard à Lens, vers 1925. Le père Faidherbe et ses fils, Gilbert au jazz et Fernand, le futur accordéoniste, qui joue d'un instrument étrange qu'on a déjà vu sur ce blog, le claquebois.

collection personnelle

Gilbert, le père, est né à Auchel en 1890. Domicilié à Bruay en 1912, il se déclare musicien ambulant lors de sa conscription. Il est le fils d'Edouard né à Hornu (B) et Désirée Wuillemotte née à Auchel. A son mariage, en 1912 à Drocourt, il est ouvrier mineur et habite à Henin-Liétard, il épouse Emilia Piersoul originaire de Charleroi. Le couple quitte le Pas-de-Calais pour le bassin miner de Charleroi où naît Gilbert, en 1914 à Jumet (B). Pendant la guerre la famille se réfugie dans autre bassin minier, en Saône et Loire. Le cadet, Fernand, nait à Blanzy en 1920. Retour au pays en 1927 à Bruay, rue Brunet. On a très peu d'informations sur sa pratique musicale, Charles Verstraete nous dit qu'en 1920, il a été l'élève d'Alphonse Magnier, alors son "voisin" domicilié à Montceau les Mines (Saône et Loire). Il nous précise aussi qu'il a gravé quelques disques pour Pathé et qu'il est professeur d'accordéon.
Devenu accordéoniste, Gilbert Faidherbe est compositeur, il est aussi éditeur de musique à Arras à différentes adresses : 12 rue du Temple, 94 rue Saint Auber, 2 rue des Bouchers de Cité et 40 Grand Place. D'après une mention sur son acte de naissance, il serait mort en 1968 à Arras,  mais l'acte est introuvable, il arrive parfois que le secrétaire de mairie soit distrait.
Le fils a le même parcours que son père, mais il est difficile de les distinguer dans les publications et les compositions. D'après Charles Verstraete, Gilbert fils devint le directeur de la Société des Accordéonistes Arrageois. Fernand fait carrière à Paris vers 1950, il produit de nombreux enregistrements, tourne des films (lesquels ?), accompagne des vedettes de la chanson (lesquelles ?) et a sillonné la France avec son orchestre. Gilbert meurt à Arras en 1991, Fernand à Bry sur Marne en 2004.

Christian Declerck

sources : état civil, fiches matricules de Béthune, De l'accordéon au trombone de Charles Verstraete



quelques publications
collection personnelle






le claquebois de Gilbert Faidherbe


samedi 8 février 2020

Georges Dubut, chansonnier maubeugeois

Esquisser sans prétention, sous forme de chansons, récits ou monologues, quelques petites scènes maubeugeoises, tel a été le but que l'auteur de Maubeuge en chansons a essayé d'atteindre.
Georges Dubut


réédition de 1999

"Georges Dubut, né à Maubeuge, est collaborateur de notre revue depuis son apparition, il a collaboré, jadis, à la Chanson Française et à la Bonne Chanson de Botrel, à l'Echo de Paris (page du Dimanche), aux journaux de Lille, Valenciennes, Maubeuge, au Moustique, de Bruxelles, etc.
Il est l'auteur de Maubeuge en chansons, Monologues et croquis (Lesot, éditeur), dont un second recueil est en préparation. Il a fait paraître un recueil de Chansons de Route, avec le compositeur Blémant, Le Journal d'un Bourgeois de Maubeuge, avant et pendant le siège et l'Occupation, en collaboration avec Mme Dubut, pastelliste de talent.
M. G. Dubut a composé de nombreux morceaux de musique pour piano, violon, violoncelle, flûte, clarinette, etc., et quatre comédies avec couplets. Il fait souvent des conférences au Foyer du Soldat, à Maubeuge, au célèbre Cercle Littéraire d'Avesnes.
Il est vice-chancelier de la Société des Rosati du Hainaut, fondée par lui il y a trente ans. Il est membre de la Société d'Archéologie d'Avesnes, vice-président de la grande Société Philharmonique de Maubeuge. Il est délégué cantonal, depuis trente ans, délégué des Pupilles de la Nation, de sa région, depuis la guerre. Officier de l'Instruction Publique, au titre littéraire."
Nos Chansons Françaises, février 1934 (coll. Ch. Plovier)


La Mabusienne
collection personnelle


"Le dimanche 4 juillet 1937, Radio PTT Nord consacre une émission sur les airs populaires du Nord. 
Deux disques seront consacrés à l'Avesnois : La Mabusienne et Rosette de Petit Sars. On sait que ces deux chansons sont du même auteur, le chansonnier M. Georges Dubut. La Mabusienne a été enregistrée avec un choeur à trois voix d'après un arrangement de Mme Robert, professeur de musique à l'école des filles du Centre. Puis ce sont ces mêmes élèves qui, sous la direction de Mme Brun ont interprété avec beaucoup d'expression, la chanson de Rosette de Petit Sars. Cet enregistrement avait eu lieu la semaine précédente au Théâtre de Maubeuge."

*****

Georges Dubut est né à Maubeuge le 11 avril 1862, fils de Dominique (employé du génie) et Zénaïde Halgrin, il épouse à Rousies en 1892 Marguerite Masion, il est mort à Rousies en 1945, son épouse meurt à Maubeuge en 1950.


Nos Chansons Françaises
novembre 1925
collection Ch. Plovier

mardi 4 février 2020

'k Hen azoo een vry mannetje

mise en ligne le 28/09/2014
mise à jour données généalogiques de Raymonde D'Hoorne

J'ai trouvé cette chanson, sans la musique hélas, dans les archives de mon père. Il a indiqué "Collectage chez Raymonde Quetel le 26 octobre 1993".
Raymonde Quetel-D'hoorne

Raymonde D'hoorne est née à Dunkerque en 1914 et décédée à Bourbourg en 2009. Elle a vécu la première partie de sa vie à Dunkerque, rue de Calais, puis rue de la Paix. Toute sa famille est originaire de l'agglomération de Dunkerque (Rosendael et Coudekerque Branche). Son père décède quand elle a 7 ans. En 1931, quand elle épouse Maurice Quetel, elle est domiciliée chez ses parents 12 rue Frédéric Sion, elle emménage ensuite à Coudekerque-Branche. C'est sans doute là que Klerktje l'a rencontrée. Sa fille, Mme Verdon, m'a dit qu'elle chantait des chansons en flamand aux fêtes familiales, mais qu'elle ne sait pas comment elle les avaient apprises.
Cette chanson fait partie des chansons grivoises en flamand qui ont "échappé" au collectage d'Edmond de Coussemaker. Elle devait sans doute être accompagnée de gestes. Le dernier couplet est évidemment une métaphore.


'k Hen azoo een vry mannetje (J'ai un petit fiancé)
Hy betald myn azoo een schoon' hoedje (Il m'a payé comme ça un beau petit chapeau)
En dien hoedje was zoo schoone (Ce petit chapeau était si joli)
En hy zegt : gy wet wel wyn' da' 'k zelve willen (Et il m'a dit : toi tu sais bien ce que je veux)
En azoo a ging dat koptje (Et cette petite tête allait comme ça)
En dat koptje ging azoo (Et comme ça allait cette petite tête)
En dat koptje ging mae' altyd voors azoo. (Et cette petite tête ne faisait toujours que d'aller comme ça)

'k Hen azoo een vry mannetje
Hy betald myn azoo een schoon' ketje (Il m'a payé une jolie chaîne)
En dien ketje was zoo schoone
En hy zegt : gy wet wel wyn' da' 'k zelve willen
En azoo a ging dat nektje (Et ce petit cou allait comme ça)
En dat koptje ging azoo
En dat koptje ging mae' altyd voors azoo.

'k Hen azoo een vry mannetje
Hy betald myn azoo een schoon' lyvetje (Il m'a payé un joli corsage)
En dien lyvetje was zoo schoone
En hy zegt : gy wet wel wyn' da' 'k zelve willen
En azoo a ging dat tetjes (Et ces petits seins allaient comme ça)
En die tetjes ging azoo
En dat nektje ging azoo
En dat koptje ging azoo
En dat koptje ging mae' altyd voors azoo.

'k Hen azoo een vry mannetje
Hy betald myn azoo een schoon' roktje (Il m'a payé une jolie robe)
En dien roktje was zoo schoone
En hy zegt : gy wet wel wyn' da' 'k zelve willen
En azoo a ging dat gatje (Et ce petit cul allait comme ça)
En dat gatje ging azoo
En die tetjes ging azoo
En dat nektje ging azoo
En dat koptje ging azoo
En dat koptje ging mae' altyd voors azoo.

'k Hen azoo een vry mannetje
Hy betald myn azoo een schoon' schortje (Il m'a payé un joli tablier)
En dien hoedje was zoo schoone
En hy zegt : gy wet wel wyn' da' 'k zelve willen
En azoo a ging dat buuktje (Et ce petit ventre allait comme ça)
En dat buukttje ging azoo
En dat gatje ging azoo
En die tetjes ging azoo
En dat nektje ging azoo
En dat koptje ging azoo
En dat koptje ging mae' altyd voors azoo.

'k Hen azoo een vry mannetje
Hy betald myn azoo een schoon' schoetjes (Il m'a payé de belles chaussures)
En dien schoetjes was zoo schoone
En hy zegt : gy wet wel wyn' da' 'k zelve willen
En azoo a ging dat voetjes (Et ces petits pieds allaient comme ça)
En die voetjes ging azoo
En dat gatje ging azoo
En die tetjes ging azoo
En dat nektje ging azoo
En dat koptje ging azoo
En dat koptje ging mae' altyd voors azoo.


merci à Edmonde Vanhille pour la traduction