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mise à jour du 12/03/2023 ajout d'un lien vers concert BULCO
mise à jour du 24/02/2023 ajout d'une vidéo Vaines pensées
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Charles Delabre, vers 1925
collection personnelle
Charles Désiré Delabre, né à La Madeleine le 25 juillet 1870, est issu d'une famille d'artistes. Ses grands parents paternels, Hyacinthe Delabre et Annette Joséphine Bénard, sont comédiens dans des troupes de provinces puis à Paris, notamment au théâtre du Châtelet puis au théâtre de l'Ambigu. Son grand oncle, Henri Bénard (1810-1879), professeur d'ensemble au Conservatoire de Lille, est le chef d'orchestre du Grand Théâtre de Lille et chef de la musique des pompiers de la ville. Son père César Hyacinthe, né à Toulon, est d'abord comédien quand il s'installe à Lille vers 1866, il devient chef de la musique du bataillon des
canonniers sédentaires de Lille. C'est auprès de son père que Charles reçoit ses premières leçons de musique et d'harmonie. Parallèlement à ses études musicales au Conservatoire de Lille, il débute comme chef d’orchestre dans les brasseries lilloises pour lesquelles il compose de nombreuses musiques de danses. En 1899, à Dunkerque, il
épouse Hortense fille de l’entrepreneur maritime Victor LANGEVIN. Il termine ses études musicale au Conservatoire de Lille par un premier prix de piano en 1901 puis il s’installe définitivement à Malo les Bains au 10 de la rue de Bapaume.
Il participe à la
vie musicale dunkerquoise et surtout malouine en organisant des concerts et en dirigeant pendant près de dix ans l’Association Symphonique et Orphéonique de Malo avant 1914. Mais il démissionne de son poste suite à des querelles au sein de la société. Il se consacre alors
exclusivement à la composition et participe à de nombreux concours à Paris,
Nantes (1904), Lille (1909), Nice (1923) et Bruxelles (1909) où il remporte des
médailles d’argent ou de vermeil. Il laisse une œuvre considérable d'environ 90 compositions, des mélodies charmantes, des chœurs
avec accompagnement d’orchestre et des pages musicales de circonstance : Cantate à Jean-Baptiste Trystram, La Cantate
à la ville de Malo-les-Bains (1911), Ascendam Superius, marche malouine (1926),
Casino polka (1900), Malo plage, mazurka (1900), Le Vivat de la Jeune France, pour
ne citer que celles en relation avec sa ville adoptive. Il n'est pas musicien de profession. Pendant 38 ans, il est chef de service chez Jokelson où il dirige les grues flottantes. Il a eu deux enfants, Raymond, né en 1900, ingénieur naval aux Chantiers de France et Louise, née en 1901. Il décède le 28 juillet 1938 dans sa maison de la rue de Bapaume, il venait de fêter ses 68 ans. Tous ses manuscrits, plus de 400 documents qui ont miraculeusement échappés aux bombardements, sont conservés dans une collection privée. Christian Declerck
le 21 juin 2015, à la Bibliothèque de l'Université de la Côte d'Opale
BULCO, à Dunkerque ******* Conférence/concert Compositeurs et artistes dunkerquois au XIXe siècle à l'auditorium Bizet, Dunkerque-Petite Synthe le 24 novembre 2016
y sont interprétées les œuvres de Charles Delabre :
- Romance pour cor en fa et piano, par Eric Lorillard et Alice Nenert
- Ascendam superius, par Alice Nenert
- Casino polka, par Thomas Malet
- Douce chanson, mélodie, par Alice Nenert
- Sancta Cæcilia, par Frédéric Daudin-Clavaud et Alice Nenert
- Mères, ne pleurez plus, élégie, par Emmanuelle Piot, Alice Nenert, Véronique Rousselle et Frédéric Daudin-Clavaud
- Attente, de Paul Max et Charles Delabre, par Pascale Meesemaecker et Thomas Malet
- Romance pour cor en faet piano, de Charles Delabre, par Eric Lorillard et Alice Nenert
- La jeune malade, mélodie, de Louis Manotte, par Pascale Meesemaecker et Thomas Malet
- Romance, mélodie, de Charles Dourlen, par Emmanuelle Piot et Thomas Mallet
- My faith and truth, extrait de Samson de Haendel, répertoire de Benoîte Louise Lavoie, par Pascale Meesemaecker + 3 élèves de la classe de chant et Thomas Malet
- Perdonate signor, extrait de Le Mariage secret de Cimarosa, répertoire de Henriette Méric-Lamande, par Emmanuelle Piot et Thomas Malet
- Ascendam Superius, Casino polka et Douce Chanson, pour piano de Charles Delabre, par Alice Nenert
- Santa Cæcila, méditation de Charles Delabre pour violon et piano, par Frédéric Daudin-Clavaud et Alice Nenert
- Mères, ne pleurez plus, pour voix, violon, violoncelle et piano, de Charles Delabre, par Emmanuelle Piot, Frédéric Daudin-Clavaud, Véronique Rousselle et Thomas Malet
En résidence-mission "musique" dans le cadre du Contrat Local d'Education Artistique mis en place par la CUD, Nadia Bendjabellah a souhaité travailler sur les musiques de compositeurs locaux. Elle a notamment sélectionné plusieurs compositions de Charles Delabre.
Ave Maria, avec accompagnement de violon - piano ou orgue, manuscrit.
Ballet égyptien, suite d'orchestre, manuscrit (1910). interprétation par Nadia Bandjaballah
Cantate à Jean Baptiste Trystram, chœur à deux voix d'hommes, manuscrit (1910).
Cantate à la ville de Malo les Bains, composée en l’honneur de son 20e anniversaire, juin 1911 pour 1 ou 2 voix, Dunkerque M. Bar, op. 48, (1911), idem manuscrit.
Casino polka pour piano, op.19, Paris, Vve A. L. Piot* (1900).
Chanson, op. 63. Chanson, op. 64.
Chanson, op. 65, manuscrit, (1924).
Chanson du bicycle, op. 74, manuscrit (1933).
Chanson de la nuit, chœur, par A. Coulon, manuscrit.
Clotaire, pour chœur et orchestre, manuscrit. Constellation, valse op. 33, manuscrit (1901).
Cortège des brahmanes, pour longues trompettes en ut, manuscrit (1911).
Danse égyptienne pour piano, op. 26, dédiée à monsieur le docteur GEERAERT maire de Malo les Bains, Paris, A. L. Piot (1900).
Déception, le Kaiser à son chancelier durant l’occupation allemande, satyre, op. 56, manuscrit (1915/1919).
Désillusion, romance op. 37, manuscrit (1901).
Douce chanson, mélodie pour piano, œuvre primée au concours des Rosati de Flandre en 1923, publié dans la Gazette Musicale de France de mai 1925, op. 12, + manuscrit.
En avant !!!, marche militaire pour harmonie op. 44, manuscrit, (1903).
En Bohème, fantaisie pour orchestre op. 6, manuscrit.
Enigme !, romance, manuscrit.
Exil de Manon, chanson op. 66, manuscrit.
Fleur de mai, rêverie pour violon op. 11, à monsieur Alfred DUMONT, maire de Dunkerque, Paris, A. L. Piot (ca 1901).
Foot balle, scène comique op. 36, répertoire de M. RAMAY, manuscrit (1901).
Fragment d'airs dunkerquois, manuscrit.
Il suffit d'être femme, chanson, op. 43, manuscrit.
L'incomparable, polka pour trombone op. 32, musique de DELCOURT, arrgt. Ch. Delabre, manuscrit (1901).
Invocation, pour piano ou orgue et violon, manuscrit.
J'ai gagné le gros lot, chanson comique op. 2, manuscrit..
Jeunesse, valse lente op. 57.
Lâcheté !…, chanson op. 31, paroles de Albert PENTEL, créé par Mlle GERY à l’Olympia, manuscrit (1901).
La maîtresse, chanson op. 34, paroles de Jean CROISETTE, manuscrit (1901).
Malo plage, mazurka op. 28, Lille, l’auteur + manuscrit (1900).
Ma mie, mélodie, op. 23, à mon frère Jules DELABRE, professeur de musique, Paris, A. L. Piot (1900) + manuscrit (1899).
Manger, boire et danser, charleston op. 70, manuscrit (1927).
Manon Lescaut de l’abbé Prévost, suite de mélodies, op. 21, Paris, A. L. Piot + manuscrit (1899).
Marche guerrière, pour orchestre, manuscrit (1904).
Marche des mutualistes, manuscrit (1904).
Marche joyeuse des Flandres, op. 75, manuscrit (1933).
Marche scandinave pour piano, à sa Majesté Royale Oscar II roi de Suède et de Norvège op. 25, Paris Vve A. L. Piot (1900) + manuscrit (1899).
Marche solennelle pour piano, à son Excellence Monseigneur Guy de Lusignan prince de Chypre, de Jérusalem et d’Arménie op. 1, Paris A. L. Piot + manuscrit (1900).
Mères !… ne pleurez plus, élégie, créée aux armées par M. ACCOLLET, op. 55, manuscrit (1918).
Musical review, ouverture pour orchestre, manuscrit (1903).
Offrande, op. 59, poésie de Paul Verlaine, manuscrit.
Olympia marche, à M. et Mme Charles ERNST, directeur de l’Olympia de Lille, op. 29, manuscrit (1900).
Pité pour l'infortune, chanson, parole de Jean Croisette, manuscrit (1903).
Première étape, pas redoublé, op. 9.
Prière d'enfant, mélodie pour violon et piano, op. 24, Paris, A. L. Piot* (1899) + manuscrit.
La progéniture, chanson, manuscrit, (1903). Ré-fa-la, polka pour orchestre, manuscrit. Romance sans paroles, pour cor en fa, à monsieur E. Léonard, 1er prix du conservatoire de Bruxelles, op. 2, manuscrit, (1903).
Romance sans paroles, pour violon et piano.
La route à suivre, op. 72, paroles de Ed. MARTIN, manuscrit, (1929).
Sancta Cæcilia, méditation pour violon et piano, à Monsieur Lucien DEBAECKER, op. 3, Paris Vve A. L. Piot (1900).
La santé, chanson, manuscrit (1903).
Scènes égyptiennes, pour harmonies, op. 47.
Sensitives, duo pour violon et violoncelle, à monsieur Charles ERNST, directeur de l’Olympia de Lille, manuscrit.
Simple aveu, madrigal, op. 7, à monsieur Victor LANGEVIN, Paris, A. L. Piot* (1900).
Soir d'été, bleuette pour piano, manuscrit.
Souvenir d'Alsace, élégie pour ténor ou soprano, à monsieur BERTRAND officier de la Légion d’Honneur, directeur de l’Académie Nationale de Musique op. 22, Paris A. L. Piot (1900) + manuscrit.
Souvenir de Bohème, pour orchestre symphonique, manuscrit.
Sur le lac, rêverie pour piano, manuscrit.
Vaines pensées, mélodie pour soprano, manuscrit.
Vers l’Est, ébauche manuscrite
Vers l'exil, romance, extrait de Manon Lescaut, manuscrit, (1902).
La vie de famille, chanson, op. 41, manuscrit (1903).
Violetta, valse lente, dédiée à Mlle Yvonne BUTAYE, édit. Association des Compositeurs du Nord et du Pas de Calais, 20 rue du Chaufour, Lille + manuscrit (1909).
Le vivat de la Jeune France, dédié à monsieur Ernest MARQUIS, président de l’association Chorale La Jeune France, op. 73, manuscrit (ca 1930).
Vive la paix, chansonnette op. 68, manuscrit, (1926). Vive le bon roi carnaval, chanson carnavalesque, manuscrit (1923).
* A.-L. Piot : Louis François Aimé, artiste dramatique (1879), puis agent lyrique (1896) et éditeur de musique, est né à Graville l'Heure (76) le 2 avril 1851, † Paris 7e le 7 mars 1900, époux de Anne Joséphine Louise Leroux (1850-1918), il était domicilié 13 faubourg Saint Denis.
Pendant presque tout l'été, mais principalement à certaines fêtes, comme celles de Saint-Jean, de Saint-Pierre et Saint-Paul, les enfants, dans notre Flandre, ont coutume de chanter ou de danser des rondes. Ces danses se pratiquent le soir, vers le coucher du soleil. Elles sont connues à Dunkerque sous le nom de Roozenhoed ou danses du chapeau de roses, parce qu'elles ont lieu sous une couronne et des guirlandes de fleurs, suspendues au milieu des rues, ainsi que cela se voit sur le dessin [ci-dessous] qui précède cette catégorie de chansons. Ces sortes de danses sont ordinairement accompagnées de jeux et même de pantomimes, qui leur donnent un aspect et un caractère particuliers. Les chansons intitulées: le Ruban ; le Char ; la Chasse ; le Petit Moine ; le Petit Paysan ; Rose ; l’Ânesse ; le Choix ; le Petit Moulin Vert ; le Petit Coffret, sont des rondes de ce genre. Dans la note qui accompagne chacune d'elles, nous avons cherché à indiquer leur caractère pantomimique.
le Roozenhoed d'après Orlando Norie
C'est ainsi qu'Edmond de Coussemaker nous présente ce chapitre et c'est tout ce qu'on en sait à son époque, vers 1850.
En 1863, Raymond de Bertand ajoute quelques détails supplémentaires : Nous avons fait le récit des jeux auxquels se livraient séparément les enfants des deux sexes. Maintenant, nous allons vous les montrer réunis dans une ronde joyeuse et folâtre. Figurez-vous suspendu par une corde qui passait d'une fenêtre de l'étage à celle de face un « roozenhoed », chapeau de roses, façonné en forme de couronne de cuisine, orné de toutes sortes de fleurs et de verdure. Eh bien ! sous le « roozenhoed », au centre duquel était suspendu un immense bouquet, filles et garçons venaient danser en rond, le dimanche après vêpres, et chanter des airs flamands, et spécialement le fameux « 't patertjes », le petit moine, en quatre couplets, au refrain :
Hei bazinne demey sy zée,
Hei bazinne demey
Pendant lequel un jeune homme embrassait une jeune fille une fois, puis trois fois au milieu du cercle. A son tour, celle-ci, restée seule, faisait le choix d'un ami et ainsi de suite.
A la chute du jour, l'assemblée choisissait un doyen et une doyenne de la fête. A l'un on décernait le bouquet, à l'autre le chapeau de roses, puis tous les enfants chantaient en choeur :
Veel geluk, myn dcken, myn deken,
Veel geluk, myn deken.
Beaucoup de bonheur, mon doyen, etc.
Alors, filles et garçons se prenaient par le bras, marchaient en ligne dans toute la largeur de la rue, sur trois, quatre, cinq et six rangs, parfois plus, et parcouraient la ville, leurs élus en tête de la bande, en chantant et en sautant à qui mieux mieux jusqu'à la cloche de dix heures, que l'on appelait de « groote moeder », la grand'mère, voulant exprimer par là que la bonne vieille conviait chacun au repos, et qu'il était temps de se séparer. Le dimanche suivant, les ébats recommençaient. Le doyen et la doyenne en titre en faisaient les frais ; ils fournissaient à la petite société un bouquet et un chapeau de roses. A propos de roses, tout ne l'était pas à ce jeu. Dans le nombre, on rencontrait des individus qui voulaient bien s'amuser, mais qui, leur tour venant, n'entendaient pas se constituer en dépenses. Ils refusaient nettement les dignités et leurs charges, et quand cela était entendu, la bande se déchaînait contre eux et chantait avec ironie :
Droog bruyt Will'y niet danssen, Neugt der uyt.
Ce qui équivaut à : Maigre fiancé, s'il ne veut pas danser, fout le dehors
De Bertrand ajoute qu'à partir des années 1815 à 1820, des chansons françaises s'introduisent dans les sociétés, les réunions comme aussi dans les danses du roozenhoed et finirent par remplacer les chants en flamands. Il fixe même à l'année 1828 pour le début de la disparition de ces danses au moins à Dunkerque, car, en 1860, on les entend encore à Bergues et à Bailleul, écrit-il.
Ces chansons ont été réveillées ces dernières années pour plusieurs groupes folks en Belgique et en France (voir ci-dessous), mais le contexte de leur utilisation n'est jamais mentionné. Ce sont des rondes enfantines qui tenaient leur origine dans des pratiques de la célébration de la Saint Jean, notamment en Belgique. Quelques exemples nous sont donnés par M. Gaidoz dans la Revue Archéologique en 1884 : A Anvers la ville paya, en 1404, trois gros pour une couronne suspendue, la veille de Saint-Jean, devant l'image de Notre-Dame, au pignon de la maison des échevins. A Bruxelles, ces jeux de couronnes furent interdits par le magistrat dans une ordonnance du 7 août 1435, parce qu'ils s'étaient tellement multipliés qu'il y en avait dans toutes les rues. […] A Louvain et à Tirlemont les enfants ont encore de nos jours, la coutume de faire à la Saint-Jean des berceaux de verdure devant les maisons et de suspendre des couronnes au milieu des rues.
S'il est précisé que ce sont des enfants qui pratiquent, c'est peut-être qu'auparavant c'étaient les adultes qui pratiquaient ces danses et, comme souvent, ce sont les enfants qui ont continué après que leurs parents aient abandonné la tradition.
Christian Declerck
février 2026
Merci à Marie-Christine Lambrecht qui a éveillé ma curiosité à ce sujet
mise à jour le 6/11/25 : la vidéo ne l'affichait plus avec Firefox, j'ai ajouté un lien direct
mie à jour le 7/11/25 : ajout d'une photo et un recueil de partitions
En 1983, l'association Het Reuzekoor publie dans sa revue Plach'iou, un entretien avec Maurice Cornette, musicien coudekerquois né en 1895. Il a connu le Dunkerque d'avant les deux guerres, pratiqué toutes les musiques : harmonies, accompagnement de films muets, concerts dans les cafés du centre ville et de la plage, bals dans les même lieux et après les bandes de carnaval. Dans le même temps, il était professeur à l'école de musique de Coudekerque-Branche. Il nous livre un témoignage unique et très détaillé sur sa pratique, ses rencontres, et l'ambiance de cette "belle" époque.
L'article est intéressant, mais le plus intéressant c'est son entretien, enregistré sur cassette par Maryse Collache qui a été conservé par l'association. Ce qui permet de compléter le texte. On a en prime les interventions de sa fille Odette et de son beau-fils, Roger Deblock, qui complètent sa mémoire parfois défaillante.
Maurice nous parle de son apprentissage du solfège en 1906, avec un voisin, Lucien Dimanche (1880-1955), petit neveu de Stéphanie Dimanche, plus connue sous son surnom de Manootje. Il intègre rapidement la société des Amis Réunis de Coudekerque-Branche, concurrente de l'harmonie catholique (surnommée les Blincke Piche).
Puis ses qualités de bon musicien le font embaucher dans les cirques qui s'installent pour un mois chaque année en janvier sur la place Jean-Bart : Le cirque Palisse, le cirque Pourtier et le cirque De Jonghe. Il se fait donc remplacer chaque année de son emploi de trombone solo à l'orchestre du théâtre de Dunkerque pour jouer dans l'orchestre du cirque. Il est musicien au théâtre d'octobre à mars, sauf en janvier, ce qui lui fait un second emploi que lui reproche son chef de service (il est employé de la société du gaz). Il est membre des artistes musiciens de Dunkerque de 1921 à 1979.
Il accompagne tous les ans les conscrits après le conseil de révision, pour une tournée des bistrots, salles de bals et maisons closes de Dunkerque et sa région. Son expérience de musicien formé au cirque lui permet d'être embauché dans les cinémas, il faut s'adapter très vite au déroulé de l'action comme au cirque. Il débute au cinéma l'Aviation rue de la Gare à Coudekerque-Branche, puis au Palais Jean-Bart, place de la République à Dunkerque et aussi au Royal Cinéma, place Jean Bart.
L'hiver il joue dans l'orchestre du théâtre, mais aussi au café des Arcades puis l'été il joue dans l'orchestre du café Belle Vue sur la plage de Malo les Bains avec ses amis des Arcades : René Cordier, le pianiste et chef d'orchestre, Marcel Périn, au violoncelle, Arthur Dehon et Louis Dondeyne, aux violons, Fernand Canpon à la trompette et Maurice au trombone.
Il n'a pas joué dans les bandes de carnaval, mais surtout dans les bals, et principalement le grand bal masqué du théâtre. Dans les années 1970 il est sollicité par son petit-fils Michel Deblock pour apprendre le solfège à ses amis musiciens du carnaval qui viennent de former le groupe Les Kakesteks avec Roch Vandromme, mais c'est une autre histoire…
la vidéo que j'ai réalisée à partir de l'enregistrement est ICI
photo Jean-Charles Bayon (1980)
*****
Merci à Roch pour cette rare photo des Kakestecks prise à la patinoire de Dunkerque, à la fin des années 1970.
On y voit : (1) "Moustique", [qui se souvient de son vrai nom ? il a tenu un café à Coudekerque Bche sur la place de la République] ; (2) Patrick Truquet ; (3) Gérard Truquet ; (4) Yves Autret ; (5) Gilles Allaert ; (7) Jean-Luc Thienpoent ; (8) Antoine Delbende ; (9) Yves Buffet ; (11) Stéphane Deconinck ; (12) Roch Vandromme ; (13) Maurice Cornette ; (14) Claude Devos ; (15) Yves Ardaens ; (16) Michel Deblock
Roch m'a aussi confié ce recueil manuscrit de musique, rédigé par Maurice Cornette pour ses "élèves", on y retrouve sans doute les airs qu'il jouait dans les cafés et les bals avant guerre, mais aussi et surtout quelques airs du carnaval dunkerquois.
- Le Moulin de Suzette, one step
- La Caissière du grand café, scottisch
- Frou Frou, valse
- Le Téméraire, marche
- Rose Marie, marche
- Indicatif, marche
- Marie je t'aime, Et quand on s'aime, marche
- Trinck, Trinck, Brederlein Trinck, valse
- Le Corso blanc, scottish ou polka
- La Valse brune
- Quelques airs dunkerquois : On dit qu'Dunkerque est mort, Ah ! ce qu'il a l'air bête, Met ton p'tit cul sur la glace, Manotje, Pêcheurs d'Islande
- Quelques airs connus : Y'a des loups, Toutes les f...., N'achète plus d'allumettes, J'aime le jambon et la saucisse
- Les Pierrots, marche
- 14 juillet, marche
- Le Frisé, marche
- Ouiche Ouiche, marche
- La Petite Tonkinoise, scottisch
- Caroline, one step
- Tant qu'il y aura des coqs dans un village, il y aura des poules à surveiller, one step
[…] En 1895, José Dewavrin arrive par la ligne ferroviaire à General Acha, le centre de colonisation d'Epu Pel qui s'est développé entretemps. Il y est accueilli par Alfonsa Capdeville, maintenant intendant de Victorica, qui l'emmène directement au magasin général pour que le nouveau venu puisse faire l'emplette de tenues adéquates à l'exploration de ces terre reculées : vêtements, bottes aux genoux, chapeau de toile, carabine et cartouches, couteau, étui pour ses pièces de monnaie et ses balles, mors et harnais en cuir à finitions en argent.
Après avoir aussi acheté un bon cheval de selle et un couple de chiens de berger, Dewavrin est prêt à se lancer dans l’aventure qui consiste à se transformer en colon du territoire de la pampa centrale, un territoire où pratiquement tout est à faire. En 1896, Joseph Dewavrin et Capdeville fondent une compagnie commerciale qui va opérer sous le nom d'A. Capdeville et Cie. Le premier apporte le capital, le second sa connaissance du milieu ambiant accumulée durant son séjour à Montevideo, ses quatre années à sillonner la pampa en tant que marchand ambulant et ses plus de dix ans installé dans les territoires conquis.
[…]
Avant de s'intaller dans la province de La Pampa, Dewavrin avait acheté un pianola à Buenos Aires. L'instrument va lui permettre d'animer les soirées entre amis à son estancia ou à rendre plus supportable la solitude des longues nuits d'hiver du rude climat continental. Enfant de la bonne bourgeoisie française, il a étudié le piano, la théorie et le solfège pendant de longues années, un effort qui lui pesait à l'époque mais dont il se félicite maintenant. Un jour, le gouverneur du Territoire, Dr José Luro, qui séjournait chez Capdeville à Telèn, l'écoute avec ravissement interpréter des valses, polkas et mazurkas de sa composition. Aussitôt, il lui passe commande d’une oeuvre musicale de son choix, et bientôt Dewavrin lui dédie une valse-boston intitulée « Lamentos Pampeanos » (« Lamentations de la Pampa »). Ce sera sa première partition éditée par la maison J. A. Medina & Fils, qui en vendra pas moins de dix éditions de mille exemplaires chacune. Peu après, c’est pour le successeur de Luro, Dr González, qu’il écrit une polka militaire « Bienvenue ». En 1913, il participe sous le pseudonyme de J. Nirvassed au Concours de tango organisé par le Club sportif de Buenos Aires avec une composition dénommée « El Tony ». Quand le jury ouvre l’enveloppe contenant les informations personnelles du compétiteur, la surprise est grande en constatant qu’il s’agit du citoyen français José Dewavrin. Après avoir vérifié que le règlement ne limitait pas le concours aux nationaux argentins, les jurés lui accordent le premier prix, certainement en raison de la grâce des accords et harmonies et aussi parce que la partition a été écrite pour le piano, instrument qui est en train de permettre au tango de sortir peu à peu des bars et académies des faubourgs pour s’imposer dans les salons de la bonne société. […]
Extrait de El Compositor del Monte, Luis Ernesto Roldan, 2009, traduction de Bernard Cohen
Joseph Anselme Dewavrin, est né à Tourcoing le 9
avril 1872, fils d'Auguste, négociant et Octavie MOTTE. On sait par sa fiche
matricule qu'il arrive à Buenos Aires le 16 octobre 1894. Il se marie avec Marie MASSY à
Montevideo en février 1897 où naissent leurs deux enfants : Roger en 1898 et
Yvonne en 1902. Il rentre en France en décembre 1914, il est à Paris 18e 12 rue de Maistre, puis 9 rue Félix Liem en 1915. Toujours à Paris 9e en 1919, 64 rue de la Victoire. Il rentre dans sa région natale en 1922, à Roubaix, 28 rue Blanchemaille, puis 12 rue du Grand chemin. En 1926 il emménage 6 bis rue de la Gare où il meurt le 27 février 1931, inhumé au cimetière de Roubaix, sa tombe a disparu. Son épouse est restée en Amérique Latine, elle meurt à Montevideo en 1945 (voir généalogie ICI).
Ce livret n'est plus disponible chez l'éditeur, j'ai eu la chance de le commander à son auteur en 2007.
- Ah ! jeunesse !, valse pour piano (1914) Bulletin officiel de la république argentine
- A la ciudad de Londres, two step de Juan Nirvassed, dedicado a la tradicional tienda de Buenos Aires, en los primeros años de este siglo (1910). (livret CD)
- The Alpine wolf, édi. J. Lashermes, St Romain en Gal (ca 1927) mention dans Mon Piano n°2 février 1927
- American boy, march par J. Nirvassed, Paris Ricordi, 1910 (BNF)
- A Moment of folly, one step, à Monsieur et madame Philippe de St Georges, Gazette Musicale de France (GMdF) n°8, 8/1926
- A toutes les jeunes mamans, valse des nouveaux nés, dédicado al Club Populaire Français, (livret CD)
- Les amis de Tourcoing, fox-trot Tourquennois, paroles de Pehem, Syndicat d'initiative (1924)
- idem, dédié à monsieur Jacques Masurel, président des Amis de Tourcoing, Gazette Musicale du Nord (GMdN) n°2 2/1924
- American Boy, marche (diffusée sur Radio Béziers, Excelcior 8/1/1928)
- American cirque Excelsior [El Tony] 1913, Ce tango a gagné le concours organisé au Palace Théâtre, de Buenos Aires.
- L'arpète aux millions, opérette orientale, livret d'Edouard MICHEL (La pensée française, 9/3/1925)
- Au Pays des Rêves, chanson, ed. A L Doyen, Wattrelos
- Baby eyes, fox-trot, àmon ami M. Paul Mager, professeur au Conservatoire de Tourcoing, GMdF n°11, 11/1926
- Banyuls Trilles, two step (livret CD)
- Bienvenue, polca militar dedicada al Sr. Gobernador de la Pampa Central, Dr. González, livret CD
- Bijou-Valse, "hommage à Messieurs Cacan père et fils, les réputés bijoutiers de la rue Neuve à Lille" Ed. J DEWAVRIN, 12 rue du Grand Chemin, Roubaix (1923)
- Bis, Bis, Bis shimmy fox, de Nirvassed, par le Trío Iberia (diffusé le 27/3/1931 sur Radio Barcelone et le 2/4/1931 sur Radio Maroc)
- Bondues-Centenaire, fox trot marche, dédié à Monsieur Carlos Florin, président de la musique municipale de Bondues, Mon Piano, n°1 janvier 1928,
- Bonjour, valse boston, dédicace à J. Charpentier (livret CD)
- Le bon vin de France, paroles de A. Lugnier, Mon Piano septembre 1928
- Brahmina, fox-tropt, édi. J. Lashermes, St Romain en Gal (ca 1927) mention in Mon Piano février 1927
- Caballeros Club, tango (J. Nirvassed)
- Caprice de femme, valse pour piano (1914) Bulletin officiel de la république argentine
- Carillon de Saint Amand, La semaine à Paris 30/5/1930
- Carnet de Bal, one-step, à Mlles Fernande et Simone Sax GMdF n°8, 8/1925
- Célinette, fantaisie, à Mlle Céline Lorthiois par J. Nirvawed, imp. Rosoor-Delattre
- Central 2951, maxixe, Box Folder 73/39 : Library of congress
- Chagrin d'Enfant, valse hésitation, paroles de Pierre Manaut, "à Mlle Christiane Wattinne" Ed. J DEWAVRIN, 12 rue du Grand Chemin, Roubaix (1922) BNF
- Le Champagne, chanson à boire, paroles de Orly, 2e prix du concours de la ville de Reims, GMdF n°10, 10/1926
- El sueno de un musico (le rêve d'un musicien), valse (Bulletin oficial de la Républica Argentina, 1911) livret CD
- El tango de moda, ¡Muy del jugo Maggi!, tango, Imprenia musical Ortelli, Buenos Aires, (livret CD)
- En Bombe, fox-trot, Edi. A. L. Doyen, Wattrelos
- Entre nous, two step, dédié à Mlle E. Stera (livret CD)
- Esmeralda, valse, B-14089, 11/17/1913, Orquesta Rodríguez [i.e., Victor Orchestra]
- Feliz ano nuevo, tango (1914), (livret CD)
- Firuletas (Petites histoires) de J. Nirvassed, paroles de B. Avris, tango par J. Nirvassed [of France], piano (catalogue de copyrights 1919 (BNF)
- Florestine des Alpes, valse boston (livret CD)
- Fox-trot roubaisien, fox trot sportif dédié au comité organisateur des fêtes franco-belges de Roubaix 1923, et à Messieurs Georges Motte, Henri Vandaele et Maurice Fourgous, GMdN n*19 6/1923
- Frissonante, valse lente "A Mlle Marcelle Dunant" (museo Carlos Gardel) (livret CD)
- Gavotte des allumoirs (Le temps, 3/4/1926)
- Gérijinette, fantaisie (livret CD)
- Goal, two step, Buenos Aires, Breger hermanos, 1914 (BNF) (Bulletin oficial de la Républica Argentina, 1911) (livret CD)
- Hesperidina, tango de moda, de Juan Nirvassed, dedicado a la bebida de ese nombre
- Ho la la !, one step, à Mlle Renée Bourgois, GMdF n°2 2/1926
- Hoy llegó el dulce de leche, de Juan Nirvassed, tango familiar, dedicado a la fábrica de productos lácteos "La Martona".
- Idilio pampeano, valse dédicacée à la Société La Langosta de Bahia Blanca, livret
- L’Incomprise, valse rêverie, à Monsieur A. Rosoor-Verlingue, GMdN, n°11, 10/1922
- L'Incomprise, valse rêverie, Ed. J. De WAVRIN, 28 rue Blanchemaille, Roubaix (1922)
- Jeune fille moderne, intermezzo, Mon Piano 12/1927
- Johnson and Jeffries, two step, B-14142, 12/3/1913 Orquesta Rodríguez [i.e., Victor Orchestra]
- Just the one ( Tout à fait celui là) fox trot, by J. Nirvassed [of France], L Mallochon, Paris (catalogue de copyrights 1919 (BNF)
- La creolita, tango, mention sur partition (1919)
- La retirada alemana, tango B-18103 7/11/1916 Victor Orchestra
- Lamentos pampeanos, valse,, dédicado al Señor Gobernador J. Luro, (livret CD)
- Lettre d'Amérique à Berger, valse (livret CD)
- Lo que prometo camplo, tango pour piano (1914) Bulletin officiel de la république argentine
- Lutecia vals, dédicacée aux Enfants de Lutèce, box folder 73/40 (Lauro Ayestarán collection, Library of Congres) (livret CD)
- Maggi tango, tango pour piano (1914) Bulletin officiel de la république argentine
- Marcelli, fox-trot jazz (publicité)
- Mes Vingt Ans, valse, à Mlle Yvonne Demanne, GMdF n°4 4/1925
- Mi tango preferido, tango pour piano (1914) Bulletin officiel de la république argentine
- Miss Pickles, fox-trot (blues), à Mlle Aline Verhulst, GMdN n°15, 4/1923
- Muy del Aperital, tango criollo, dédicado a la Casa M. Delor et Cie de Bordeaux
- ¡Muy del jugo Maggi!, tango, imprenta musical Otelli, Buenos Aires
- Noche de amor, valse, Orquesta Alfredo De Angelis, Buenos Aires, Odeon 858-B 37495
- Noche de Boda (nuit de noces), valse, livret CD)
- Noël, chant, à M. Charles Dewattine, directeur de la chorale St Christophe GMdF n°11, 11/1925
- No faltes al biógrafo (Pontificia Universidad Católica Argentina)
- La Nueva sirena, valse tzigane (Lauro Ayestarán collection, Library of Congres, box folder 73/41
- Pampa central, tango par J. Nirvassed [of France], piano (catalogue de copyrights 1919 (BNF)
- Paris-Buenos Aires, tango par Nirvassed, à Monsieur P. d’Amor, arr. A. Bosc, Paris (1914), (BNF)
- La Perdida, tango, paroles de Pierre d'Amor, 11 mars 1931, Catalog of copyright 1932
- Perelli, valse (livret CD)
- Pommery valse (museo Carlos Gardel) (1914)
- Pourquoi pas ? valse polaire, dédiée à Mme Charcot (livret CD)
- La Pulperia, tango criollo, Mon Piano 4/1927
- Qué cosa Barbara, paso-doble, à Mlle Marcelle Rasse GMdF n°9, 9/1926
- La Rétirada alemana, tango B-18103, 7/11/1916 Orquesta Rodríguez [i.e., Victor Orchestra]
- Retour au Pays, romance sans paroles (livret CD)
- Rêve Brisé, valse, GMdN n°2 1/1922, + éd. Gras à Lille
- Le Rêve de toutes les filles, chanson, dédiée à Mme Eugénie Buffet, dédié aux charmantes lectrices de Mon Piano, paroles de C. Cloélo C., Mon Piano 7/1927
- Le rêve d’un musicien, vals (livret CD)
- Si comprendieras ! two step pour piano (1914) Bulletin officiel de la république argentine
- Si vous saviez (Si Vd. Supiera), valse (blog Luis Roldan)
- Smoking-Time, one-step, "1er prix Gazette musicale du Nord" GMdN n°6 5/1922
- Souvenir de Buenos-Aires, valse par J. Nirvassed, Buenos Aires, Breyer hermanos, 1911 (BNF)
- Soyons heureux, valse, par J. Nirvassed, L. Mallochon 1923, (BNF)
- Sueño de mujer, valse, B-14383 1/28/1914, Orquesta Rodríguez [i.e., Victor Orchestra]
- Tango Argentino à Paris, La huelga de los millionarios, tango, 78 tours (bibliothèque du Danemark)
- Tango Blanco. Tango par J. Nirvassed. "A Monsieur L. Reynaud, l'inventeur et fabricant du Blanco" Imp. Georges Frères, Tourcoing (1922)
- Tienda a la ciudad de Londres, tango (1910 ?) (incendie dans un grand magasin de Buenos Aires)
- Todo ... Para mi comadre, tango, B-14143, 12/3/1913, Orquesta Rodríguez [i.e., Victor Orchestra]
- Tourisme tango (Le moniteur du commerce 26/4/1914)
- Tunisian blue, fox, à son altesse le Bey de Tunis, GMdN n°7 7/1924
- Una, dos y tres, schottisch pour piano (1914) Bulletin officiel de la république argentine
- Une petite fille bien sage, valse enfantine, à Mesdemoiselles Yvonne et Suzanne Coupleux, GMdF n°10, 10/1924