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vendredi 7 novembre 2025

Maurice Cornette, souvenirs d'un musicien

mise en ligne le 20/10/25
mise à jour le 6/11/25 : la vidéo ne l'affichait plus avec Firefox, j'ai ajouté un lien direct
mie à jour le 7/11/25 : ajout d'une photo et un recueil de partitions


En 1983, l'association Het Reuzekoor publie dans sa revue Plach'iou, un entretien avec Maurice Cornette, musicien coudekerquois né en 1895. Il a connu le Dunkerque d'avant les deux guerres, pratiqué toutes les musiques : harmonies, accompagnement de films muets, concerts dans les cafés du centre ville et de la plage, bals dans les même lieux et après les bandes de carnaval. Dans le même temps, il était professeur à l'école de musique de Coudekerque-Branche. Il nous livre un témoignage unique et très détaillé sur sa pratique, ses rencontres, et l'ambiance de cette "belle" époque.
 
L'article est intéressant, mais le plus intéressant c'est son entretien, enregistré sur cassette par Maryse Collache qui a été conservé par l'association. Ce qui permet de compléter le texte. On a en prime les interventions de sa fille Odette et de son beau-fils, Roger Deblock, qui complètent sa mémoire parfois défaillante.
Maurice nous parle de son apprentissage du solfège en 1906, avec un voisin, Lucien Dimanche (1880-1955), petit neveu de Stéphanie Dimanche, plus connue sous son surnom de Manootje. Il intègre rapidement la société des Amis Réunis de Coudekerque-Branche, concurrente de l'harmonie catholique (surnommée les Blincke Piche).
Puis ses qualités de bon musicien le font embaucher dans les cirques qui s'installent pour un mois chaque année en janvier sur la place Jean-Bart : Le cirque Palisse, le cirque Pourtier et le cirque De Jonghe. Il se fait donc remplacer chaque année de son emploi de trombone solo à l'orchestre du théâtre de Dunkerque pour jouer dans l'orchestre du cirque. Il est musicien au théâtre d'octobre à mars, sauf en janvier, ce qui lui fait un second emploi que lui reproche son chef de service (il est employé de la société du gaz). Il est membre des artistes musiciens de Dunkerque de 1921 à 1979.
Il accompagne tous les ans les conscrits après le conseil de révision, pour une tournée des bistrots, salles de bals et maisons closes de Dunkerque et sa région. Son expérience de musicien formé au cirque lui permet d'être embauché dans les cinémas, il faut s'adapter très vite au déroulé de l'action comme au cirque. Il débute au cinéma l'Aviation rue de la Gare à Coudekerque-Branche, puis au Palais Jean-Bart, place de la République à Dunkerque et aussi au Royal Cinéma, place Jean Bart.
L'hiver il joue dans l'orchestre du théâtre, mais aussi au café des Arcades puis l'été il joue dans l'orchestre du café Belle Vue sur la plage de Malo les Bains avec ses amis des Arcades : René Cordier, le pianiste et chef d'orchestre, Marcel Périn, au violoncelle, Arthur Dehon et Louis Dondeyne, aux violons, Fernand Canpon à la trompette et Maurice au trombone.
Il n'a pas joué dans les bandes de carnaval, mais surtout dans les bals, et principalement le grand bal masqué du théâtre. Dans les années 1970 il est sollicité par son petit-fils Michel Deblock pour apprendre le solfège à ses amis musiciens du carnaval qui viennent de former le groupe Les Kakesteks avec Roch Vandromme, mais c'est une autre histoire…

la vidéo que j'ai réalisée à partir de l'enregistrement est ICI



 
photo Jean-Charles Bayon (1980)
 
*****
 
Merci à Roch pour cette rare photo des Kakestecks prise à la patinoire de Dunkerque, à la fin des années 1970. 
On y voit : (1) "Moustique", [qui se souvient de son vrai nom ? il a tenu un café à Coudekerque Bche sur la place de la République] ; (2) Patrick Truquet ; (3) Gérard Truquet ; (4) Yves Autret ; (5) Gilles Allaert ; (7) Jean-Luc Thienpoent ; (8) Antoine Delbende ; (9) Yves Buffet ; (11) Stéphane Deconinck ; (12) Roch Vandromme ; (13) Maurice Cornette ; (14) Claude Devos ; (15) Yves Ardaens ; (16) Michel Deblock


Roch m'a aussi confié ce recueil manuscrit de musique, rédigé par Maurice Cornette pour ses "élèves", on y retrouve sans doute les airs qu'il jouait dans les cafés et les bals avant guerre, mais aussi et surtout quelques airs du carnaval dunkerquois.
- Le Moulin de Suzette, one step
- La Caissière du grand café, scottisch
- Frou Frou, valse
- Le Téméraire, marche
- Rose Marie, marche
- Indicatif,  marche
- Marie je t'aime, Et quand on s'aime, marche
- Trinck, Trinck, Brederlein Trinck, valse
- Le Corso blanc, scottish ou polka
- La Valse brune
- Quelques airs dunkerquois : On dit qu'Dunkerque est mort, Ah ! ce qu'il a l'air bête, Met ton p'tit cul sur la glace, Manotje, Pêcheurs d'Islande
- Quelques airs connus : Y'a des loups, Toutes les f...., N'achète plus d'allumettes, J'aime le jambon et la saucisse
- Les Pierrots, marche
- 14 juillet, marche
- Le Frisé, marche
- Ouiche Ouiche, marche
- La Petite Tonkinoise, scottisch
- Caroline, one step
- Tant qu'il y aura des coqs dans un village, il y aura des poules à surveiller, one step
- Dans les jardins de l'Alhambra, scottisch
- Le Petit chapeau tyrolien, one step
- Trou la la itou !




mercredi 5 novembre 2025

Le répertoire du carnaval à Dunkerque


photo Bernard Cartiaux

Le répertoire du carnaval et sa transmission
mémoire de fifre

Intervention à la journée d’étude participative du vendredi 24 novembre 2023 au MTVS de Fourmies, colloque sur les appropriations créatives concernant les MUSIQUES POPULAIRES DES HAUTS-DE-FRANCE, journée organisée par Sophie-Anne Leterrier de l’Université d’Artois, dans le cadre de l'expo Musiques en pièces

programme

Le carnaval de Dunkerque est une fête traditionnelle, depuis longtemps très enracinée, aujourd’hui très médiatisée, qui ne cesse d’évoluer, de se transformer, par les appropriations créatives aussi bien collectives qu’individuelles, propres à ce type de manifestations traditionnelles non strictement codifiées.

Ce carnaval recouvre la traditionnelle Bande des pêcheurs (vischerbende), ses répertoires fifres et fanfare (cuivres), les chansons qui y sont chantées et le parler Dunkerquois qui donne une saveur particulière à ses chansons.

Son enracinement – Sa malléabilité

Rapide historique.
Du carnaval au XVIIe et au XVIIIe siècle, on ne sait quasiment rien si ce n’est qu’il était déja très prisé. Au XVIIIe siècle, l’évocation des discussions des autorités diverses pour savoir quoi faire pendant les périodes de guerre ou de troubles comme pendant la Révolution, nous montre clairement que la détermination des Dunkerquois à faire, en toutes circonstances, le carnaval, pèse lourd dans les diverses prises de décisions (J. Denise, Carnaval Dunkerquois, page 18 et 19) Comme à cette période le carnaval en soi n’est pas documenté, a fortiori, nous ne savons presque rien des pratiques et n’avons aucun document graphique ni partition musicale.
C’est au XIXe siècle que nait l’intérêt porté à ce genre de manifestations. La documentation sur le sujet s’enrichit donc énormément. Nous en retiendrons que dans la première moitié du siècle, c’est la vischerbende qui prend le dessus et devient la figure de proue du carnaval.
Dans la deuxième moitié, la langue flamande perdant du terrain, le carnaval change de langue. On assiste donc à la création progressive d’un nouveau répertoire en français.
Au XXe siècle, il y a une interruption pendant la guerre1914-18, puis un redémarrage progressif. En 1927, la bande prend un nouveau visage avec l’adjonction de la fanfare à la traditionnelle clique de fifres et tambours qui, depuis le début, menait la “troupe”. Cette nouveauté fait suite à plusieurs tentatives en ce sens, qui furent diversement appréciées. La “ bande” se passe depuis lors en deux moments dictincts : la marche avec les fifres, le chahut avec les cuivres.
 
Arrêt durant la guerre de 39-45.
En 1946, redémarrage, grâce à un groupe d’inconditionnels qui parcourra, en chantant, les rues de la ville en ruines !
 
Notre Carnaval à Nous
Dans les années 70, dans une période qu’on qualifiera de favorable, (régionalisme, défense des langues et patrimoines locaux), nous nous réapproprions à notre tour, le carnaval. Le carnaval, tel qu’il était dans les années 60, était extrêmement bon-enfant, toutes classes d’âge confondues. Les enfants faisaient la ronde à deux pas de la musique, sans danger !
Le répertoire musical était limité au répertoire ancien, sans nouvelles créations, les musiciens nous jouaient en nouveautés, des airs à la mode, sans paroles dunkerquoises (ex : le P’tit chapeau tyrolien, le Travail c’est la santé, Yellow Submarine, etc.)
 
Il était temps de faire bouger un peu les choses !
En 1974, se créent les Kakestecks, fanfare indépendante, que je m’empresse de rejoindre. Les instrumentistes, pour la plupart novices, qui la composent, n’ont d’autre but que de prolonger la fête, en créant d’abord une après-bande à Dunkerque et une avant-bande à Malo, puis les avant et (ou) après-bandes à Dunkerque, Malo, Rosendael...
Peu de temps après, en 1977, à l’initiative de Jean DENISE, avec Jean Chatroussat, Jean Wispelaere, Serge Blanckaert, et moi même, est effectué un travail de recherche et de collectage pour l’ouvrage Les enfants de Jean Bart, édité par Les Corsaires Dunkerquois.
Dans la foulée, Jean Denise crée sa propre maison d’édition, Westhoek Éditions, pour promouvoir des ouvrages à vocation régionale, et édite en 1979, le disque “Dunkerque en Flandre” avec le Pot-pourri du carnaval dunkerquois par les Kakestecks.
Nous (les Kakestecks) profitons de ce qui a été retrouvé pour élargir les répertoires anciens et par les avant et après-bandes, nous réintroduisons les mélodies et airs divers qui nous plaisent.
Derrière nous se regroupent des carnavaleux fervents qui sont de plus en plus nombreux et qui deviennent les Indépendants (par opposition aux associations philanthropiques et carnavalesques).
Dans les années 80, dans un esprit similaire, mais d’avantage tournés vers les “chapelles”, se créent Les Prouts, qui vont formidablement renouveler le répertoire chanté.
Pour compléter le tout, il faut noter aussi, à partir de ces années, le changement qui s’est opéré au sein même de la fanfare “officielle” où, grâce à des “chefs de bandes”, notamment Christophe Denys à Dunkerque, le répertoire s’est considérablement enrichi. Très à l’écoute de ce qui se passait, soucieux de ne jouer que du répertoire à texte dunkerquois, il a porté de nombreuses créations nouvelles dans le répertoire de la bande. Ce phénomène toucha également et très vite les autres musiques, celle de Saint-Pol-sur-Mer en tout premier lieu.
 
En 1991 – Guerre du Golfe et annulation du Carnaval
La “Bande Annulée.”
La mouvance indépendante (Kakestecks et Indépendants), très vite rejointe par des musiciens “officiels” et des “chefs de bandes”, organise de bout en bout un carnaval non officiel, très bien relayé par La Voix du Nord, et prouve ainsi l’indépendance des Dunkerquois et leur attachement à cette fête. Un précédent est créé ! En 2022, pour cause de Covid, une interdiction préfectorale (suivant celle de 2021) est décrétée. Les carnavaleux encore une fois, outrepassent l’interdit. En ces deux occasions particulières on peut encore parler de réappropriation collective, tout se passant sans le concours des municipalités et même en opposition à leurs décisions !
 
Le Répertoire
En quoi consiste le répertoire chanté ? Comme nous l’avons vu, le répertoire initial était en Flamand. Nous en avons quelques traces dans l’ouvrage d’Edmond De Coussemaker, “Chants populaires des Flamands de France” (1853). On notera la stricte séparation des répertoires : le carnaval et les chansons maritimes. En ce qui concerne les chansons de carnaval, il s’agit de chansons comiques et de genre, une dizaine si on compte en plus de celles qui sont clairement répertoriées, celles notées en 1857 dans un fascicule carnavalesque, (probablement rédigé par Alfred Morel), édité pour une bonne oeuvre et pour remettre en tête des Dunkerquois, quelques chansons en Flamand. Ce répertoire chanté était évidemment joué par les fifres. Seuls l’air du Reuze et celui du Carillon de Dunkerque, sont encore joués. Restaient, il y a quelque temps, quelques bribes d’autres chansons en flamand, mais elles ont disparu ces dernières années. On notera l’inventivité collective: ainsi “kom nie mee na boven” (en Flamand, “viens avec moi là-haut”) devient “comme elle est belle la bande”!
Entre la fin du second empire et la première guerre se crée donc tout un nouveau répertoire en Français, répertoire chanté et joué en période de carnaval (mais pas nécessairement dans la bande elle-même). La fanfare municipale participe aux festivités, (tout comme le carillonneur) mais n’est pas directement en lien avec la bande.
Elle joue un répertoire dit “de carnaval “. Ce nouveau répertoire est constitué de :
- Créations anonymes ou collectives, sur base d’airs militaires ou autres.
- Créations dues à des chansonniers dunkerquois (H. Bertrand, le plus connu, et bien d’autres)
- Airs à la mode dans la France de l’époque (Vincent Scotto et autres).
A partir de 1927, le répertoire se scinde plus clairement avec l’adjonction définitive de la fanfare à la bande elle-même. Il en résulte :
- un répertoire de fifre (qui semble être un peu réduit ), pour la marche.
- un répertoire de cuivre pour le “chahut” ou “Tiens bon d’sus”.
Et parfois un air lent, joué par la fanfare (Donne un zô, Manotje, éventuellement, Elle travaille à la Filature. )
Une bonne partie de ces répertoires existe toujours et constituait l’essentiel de l’héritage qui nous est parvenu après la seconde guerre mondiale.
Depuis les années 80, comme je l’ai déjà mentionné, la tradition de la chanson dunkerquoise est remise à l’honneur en premier lieu par les Prouts. Elle poursuit l’oeuvre des chansonniers, qui avait déjà elle-même trouvé des successeurs : on se souvient de Jean Chatroussat, Jean Wispelaere, Jean Jaecques avec leurs petits carnets de chansons !
Il est important de noter que pour avoir sa place au carnaval, toute chanson se doit (à quelques exceptions près) d’avoir un texte avec un minimum de “parler” dunkerquois.
Le premier auditoire des Prouts fut celui des “chapelles”, puis des cafés. Mais c’est avant tout par le disque qu’ils se font connaître. Et aussi par la scène.
Les disques de carnaval existaient depuis la 2e guerre mondiale, mais il ne s’agissait alors que de disques d’ambiance, où se jouaient des pots pourris, plutôt dans l’esprit des bals, avec chanteurs à la voix d’opérette, n’ayant pas d’accent dunkerquois, et avec un tempo accéléré.
Les Prouts interprètent des chansons de leur cru, sur des musiques souvent originales mais aussi sur des airs connus de leur choix. Leurs sujets prêtent souvent à rire et les paroles sont d'un dunkerquois à toute épreuve, j'entends par là le langage et les tournures ! Certaines de ces chansons sont rentrées dans le répertoire de la bande bien que n’étant pas forcément créées pour cela. D’autres chansons ont aussi été créées par des auteurs anonymes ou clairement identifiés, enrichissant ainsi énormément le répertoire global du carnaval.
 
Thèmes généraux des chansons du carnaval actuel
Bien que la bande soit nommée “des pêcheurs” on ne peut pas dire que la vie de marin ou la pêche soient de fait un sujet central. Dans le vieux répertoire, comme dans l’actuel, les thèmes comiques sont toujours de mise avec bien sûr les railleries sur les femmes, (ou certaines fois des versions inversées), sur le mariage, l’amour, etc. Des figures locales, bien sûr, peuvent être évoquées/célébrées et puis des chansons (comme souvent) sur tout et n’importe quoi 
 
Thème de la pêche à Islande
Bien que le carnaval originel et la pêche à Islande n’aient pas de véritable lien entre eux, la croyance quasi générale est que la fête pour-boire (foye) que faisaient les pêcheurs à Islande avant l’embarquement, est à l’origine de la Bande des pêcheurs. Le répertoire ancien du carnaval est sur ce sujet quasi inexistant sauf : Donne un Zô , Ah! c’ qu’elle est courue, voire Rose la poissonnière. Donc, logiquement, ce sujet est désormais présent de manière allusive ou vraiment traité par quelques chansons (“depuis 3 jours”, ”dans ta tête, tu fais encore la bande”). Il n’en reste pas moins relativement discret.
La bande devient un sujet : avant on se contentait de la chercher, maintenant “à DK on fait la vichersbende […]”
 
On la décrit dans les chansons :
- ”l’avant bande” : le matin avec les Kakestecks
- “tiens bon la bande” : dans la pagaille des rangs
- ”le fatigant”, le cazin qui veut y mettre de l’ordre
- ”le rigaudon final
- ”l’après bande” : de l’incompréhension de certaines femmes devant le bien-être de leurs hommes partis faire la fête !
S’il fait très très froid en Citadelle, ça donne “quand la pisse elle gèle
Au carnaval tout est permis… nous donne une idée de ce qu’un masque pourrait faire...
On peut dire que c’est un sujet vraiment nouveau du répertoire.
 
L’émulation est générale. Après le mouvement de réappropriation de la fin des années 70, jusqu’à la fin des années 90 (avec le temps fort du carnaval annulé de 1991 comme nouveau déclic), le nombre des petits groupes de musiciens et chanteurs n’a cessé d’augmenter, les créations de nouvelles chansons de même. Ce mouvement ne semble pas faiblir pour le moment, même si, en ce qui concerne les nouveaux morceaux, rien n’émerge vraiment. Les Prouts restent la référence principale.
 
En conclusion, on peut dire que vraisemblablement, le répertoire global du carnaval n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui. Et ce, comme je viens de le dire, grâce aux nombreux paroliers, musiciens qui rivalisent d’inventivité, tout en restant dans une grande tradition qu’on qualifiera de dunkerquoise !
En ce qui concerne l’avenir de cette fête, les interrogations sont nombreuses. La municipalité vend le carnaval comme un des grands atouts de la ville, en mettant en avant la grande convivialité qui y règne (et qui est bien réelle d’ailleurs). Il en résulte un grand afflux de touristes qui viennent “consommer” la fête sans en rien connaitre. On note également que les nouveaux habitants de l’agglomération s’y intègrent facilement mais en ignorent généralement les fondamentaux, à savoir les chants, la “tournure d’esprit” et le parler dunkerquois (qui subsiste principalement à cette occasion ).
D’autre part, aucune contrainte n’est imposée aux commerçants, notamment les cafetiers, qui diffusent des musiques d’ambiance (non dunkerquoises) à des puissances sonores qu’aucun groupe musical ne saurait couvrir. Ceci nuit énormément à l’ambiance et au caractère de cette fête. Il ne faudrait pas, comme ça commence à se produire, que le carnaval à Dunkerque même, soit privé des Dunkerquois, qui se réfugient déjà dans les multiples bandes environnantes…
 
Roch Vandromme
Novembre 2023
 
 
aquarelle de René Cotinot (1888-1978), 1927 (extrait)


Pipres et piprelours, par Roch Vandromme

publié le 24/4/2015
mise à jour le 511/2025
 
 
Carte postale, dessin de Fernand Brasseur (1887-1965)

A Dunkerque, ville de Flandre française, si on entend le son du fifre, c’est presque exclusivement pendant la période du carnaval. Ces jours-là, pipres et piprelours sont de sortie.

Petit Historique

Avant de devenir un port de commerce à la fin du XIXe siècle, puis un port industriel, Dunkerque fut longtemps un grand port de pêche (au hareng, puis à la morue), et de par sa situation géographique, un port corsaire et une place forte militaire importante. Le carnaval a gardé la trace de ce passé. Il est d’essence maritime. Il s’agit de la bande des pêcheurs, « vischersbende » en flamand, qui n’était à l’origine que partie des anciennes mascarades, et qui en est devenue au XIXe siècle le tout, probablement parce que le plus caractéristique et le moins formel des groupes ou bandes. Et cette bande déambule, au moins depuis le XIXe siècle, au son du fifre et du tambour, formation instrumentale qui fut introduite, ici comme partout, par les mercenaires suisses.
Dès le XVIe siècle, du temps des Pays-Bas espagnols, il y a des fifres dans la région. L’achat d’un fifre dans la Châtellenie de Furnes en 1524, en est le plus ancien témoignage. Fifres et tambours accompagnaient probablement déjà les guildes militaires et les confréries. Sur un tableau de 1633 représentant la guilde Sainte Barbe (actuellement au Musée des Beaux-Arts), on voit un joueur de fifre accompagné de deux tambours. Cette présence du fifre militaire dans la ville fut encore renforcée dès le début de la période française (1662), par les cliques des nombreux régiments qui y séjournaient : régiments écossais, suisses, de la Fère, etc… , qui avaient des cliques de fifres et tambours. De même qu’ils participaient aux principaux offices religieux, les instrumentistes de ces formations devaient probablement participer aux fêtes locales (les processions et mascarades), leur présence n’excluant d’ailleurs pas d’autres musiciens.

Déjà, du temps des Pays-Bas espagnols, fifres et tambours avaient gagné la sphère de la musique populaire ; le jour de la kermesse, à la Saint Jean, avait lieu une procession réunissant les corps de métiers, les confréries, les couvents, le clergé et les autorités de la ville. Cette procession s’agrémenta dès le XVIe siècle d’éléments plus spectaculaires tels les danseurs d’épée (dès 1519), puis le géant de la ville, et enfin des chars avec danseurs et musiciens. Nous avons trace à Bollezeele, non loin de Dunkerque, de fifres et tambours accompagnant les danseurs d’épée (1662-1663). Plus tard, vers 1750, dans une gravure descriptive de la procession de la Saint Jean, nous voyons un fifre (ou une flûte ?) et deux tambours, devant les confréries Sainte Barbe et Saint Michel. Peut-être d’ailleurs étaient ils plus nombreux que ce qui nous est montré. Le géant de la ville, le Reuze, (géant en flamand), ferme la procession. C’est un géant d’osier et de carton peint, comme on en trouve dans tout le Nord-Pas-de-Calais et en Belgique, héritage de la période espagnole. Celui de Dunkerque est l’un des plus anciens et des plus connus. […]
 
La suite : mise à jour en janvier 2026 :



Les photos : 
 




les fifres dans la bande des pêcheurs

 *****
Texte publié dans les Actes du colloque Pifres, pifraires, Fifres et sonneurs de fifre qui s'est tenu à Cordes (Tarn) en décembre 2013.



édité par l'association CORDAE/ La Talvera

Sommaire :

Claude Ribouillault : L'univers des tambours & fifres. Histoires, géographie, substituts & confusions
Daniel Loddo : Pifres e pifraires dans l'Albigeois et les régions limitrophes
Claudie Achard : Hautbois, fifres et Poulain à Pézenas du XVIIe au XXIe siècle
Wim Bosmans : Fifre et tambour en Flandre
Adrien Laduron : L'origine du répertoire pour tambours et fifres en Entre-Sambre-et-Meuse
Pierre-Jean Vandersmissen : Les marches folkloriques de l'Entre-Sambre-et-Meuse
Roch Vandromme : Pipres et piprelours
Xavier Vidal : Fifres & tambours pour les fêtes de la Pentecôte à Moissac
Jean-Michel Veillon : Fifre et flûte en Bretagne : origines et évolution
Alain Charrié :  Le renouveau du fifre en Bas-Languedoc
Guido Raschieri et Hario Meandri : Fifres et tambours du Carnaval historique de la ville d'Ivres
Christian Vieussens : Fifres et ripataoulères de Gascogne, histoire(s) d'un réveil
Thierry Cornillon : L'itinéraire d'apprentissage d'un fifre de Vésubie
Carlos Valverde : Le pifano brésilien
Daniel Loddo : Pifre, pifre o pifano, un curieux va et vient musical entre l'Occitanie et le Brésil
Guilhem Boucher : Le mot pifre : un abîme de tubes & et de souffles
Thilo Hirsch :  "Colin tan plon". Les fifres et tambours de la Grande écurie et des Gardes Suisses à la cour de France, et leur traces dans le carnaval de Bâle
Pierre Laurence : Joueurs de fifre en Bas-Languedoc : implantation géographique et contextes de pratique instrumentale





lundi 30 décembre 2024

Dunkerque en Flandre

mise à jour le 13/5/2015
mise à jour le 28/9/2021 : ajout de la bio de Taulis
mise à jour le 30/12/2024 : ajout de 2 articles VdN

Duynkerke in Vlaenderen
Musique traditionnelle, chansons et carnaval de Dunkerque
Westhoek éditions WHK 10001 - 1979, illustration de Roch Vandromme



01 - Reys naer Island
Bart (André Rouzet) : chant
Yves Leynaert : accordéon

02 - Kapiteyn Bart
Chorale Her Reuzekoor dirigée par Maryse Collache†
Textes dits par Jacques Yvart

03 - Creule-Co (sur l'air de l'Enfant du cordonnier, musique de Christiné)
paroles de TAULIS*
Hélène Brésilion† : chant
Albert Creton† : piano
Roger Naert† : clarinette
Edmond Reynot† : trompette
Chorale des Restés Jeunes dirigée par Maryse Collache†

04 - Eul' plat'che récalcitrant ou l’arèque (musique Le Couteau de Théodore Botrel)
paroles de Jules Depersin, écrite pour la revue Le Peudre d’Or vers 1905
Albert Creton† : chant
Yves Leynaert : accordéon

05 - Joies et misères d'un peule ou Al travaille à la filature (paroles de Pito et Cie**) écrite pour la Mi-Carême de 1921 à Coudekerque-Branche
Marieke (Maryse Collache) : chant
Albert Creton† : chant
Bart : guitare
Robert Leroy : violon

une version solo de Marieke, non censurée et en public
extraite de cette page



06 - Pour vivre (texte d’André Devynck, musique Maryse Collache)
Marieke : chant
Bart : violon
Jean-Paul Dozier : violon
Christian Declerck : flûte à bec

07 - Reuzelied van Duynkerke ou Marche des Fifres du Reuze, composée par Adolphe Néerman en 1886 pour le cortège de la Mi-Carême
par les fifres de l’ensemble Les Kakestecks

08 - Longue la route (paroles et musique de Jacques Yvart)
J. Yvart : chant
Accompagnateurs non précisés

09 - Carnaval dunkerquois
Pot pourri d’airs et de chansons du Carnaval de Dunkerque
Arrangements et enchaînements de Roch Vandromme et Yves Autret
Par l’ensemble Les Kakestecks
collection personnelle



Téléchargez ici
294 téléchargements au 1/6/2013
Premier enregistrement de la courte série produite par Westhoek Éditions.
Enregistré en mai 1979 au théâtre de Dunkerque, le disque est sorti le 15 décembre de la même année.

de gauche à droite
Edmond Reynot, Roger Naert, Albert Creton
Maryse Collache et Hélène Brésilion
le jour de l'enregistrement au théâtre de Dunkerque

Hélène Brésilion née Haegaert (1903-1987)
 et Albert Creton (1930-2022)


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Avant d'être un disque ce fut une semaine culturelle, du 18 au 24 avril 1977, organisée "par des Dunkerquois et pour les Dunkerquois" à l'initiative de la chorale Het Reuzekoor, associant la Société Photographique, la chorale Josquin des Prés, le club du 3e âge des Glacis, le Cercle Michel de Swaen et Le Goéland des Flandres. Les artistes participants : le Picheloure Jazz Band, Los Carnavalitos, Pascal Boels, Marieke en Bart, l'atelier de danses folks de la MJC de Rosendael et le final au théâtre avec les Kakestecks.

 
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* TAULIS : C'est Jean Denise qui mentionne dans son livre "Les enfants de Jean Bart" ce pseudonyme, mais n'en dit pas plus sur cet auteur mystérieux. J'ai récemment pu le démasquer. Tony Eugène Defaux n'a pas 20 ans quand il compose cette chanson. Il la chante à la fête des Sauveteurs, salle des sapeurs-pompiers, rue du Fort Louis en octobre 1925, son titre d'origine est Mon petit Creule-Co. Taulis est alors membre de la société La Dillettante, qui organise régulièrement des concerts pour ses membres et amis. Le Nord Maritime nous donne sa première prestation le 8 novembre 1924, en compagnie de MM. Brown, Vandezande, Goudela, etc. dans les salons du Café de l'Opéra, place du Théâtre. Il se produit avec les mêmes artistes à la fin du mois dans la salle de l'Avenir au Concert de St Eloi. L'année suivante un entrefilet du même journal nous apprend que Taulis, domicilié à Petite Synthe, 119 route de Fort-Mardyck, a recueilli 63,50 francs, produit de la vente de chansons au concert des Peseurs. Somme qu'il remet au journal et destinée à l'œuvre de l'arbre de Noël des hospices. Il recommence quelques jours plus tard, en précisant que les chansons sont de sa composition. Taulis chante régulièrement pour des œuvres de bienfaisance, ainsi que tous les artistes amateurs à cette époque d'après guerre. En 1926, à la fête de bienfaisance de St Pol sur Mer, les artistes qui se produisent sont accompagnés au piano par M. Charles Valentin, maire de Dunkerque, dont un jeune qui promet beaucoup, Taulis, qui se tailla un succès dans ses inénarrables chansons locales.
 
 
En mars 1927, Taulis fait alors son service militaire, et le Nord Maritime publie sa chanson Creule Co, en précisant sur l'air de Le Fils de Gniaf, composée par un jeune premier comique au 110e. [Le texte a été censuré juste avant l'impression, on a gratté les mots l'Impeccable et Goujon dans le dernier couplet, le commerçant dunkerquois aurait pu ne pas apprécier]. A la fin de cette année il participe, sous son patronyme officiel, au concert de Sainte Cécile de La Jeune France et sa dernière prestation est mentionnée en février 1928 pour la soirée bachique du Cercle de La Jeune France où il se produit en duo avec M. Lemagnent. Ensuite, plus de mention de cet artiste prometteur : que s'est-il passé ? Le décès de son père en mai 1928 en est probablement la cause.
Tony Eugène DEFAUX est né à Dunkerque le 5 juin 1906, 6 rue de Bourgogne. Fils de Tony Ernest, employé de commerce et Eugénie Derreveau, nés à Lille. A son décès le père est fondé de pouvoir de la fabrique de chicorée Joseph Carlier. Tony fils se marie en 1929 avec Jeanne Rosselle originaire de Mazingarbe, il ouvre un commerce de charcuterie à Petite Synthe, au 125 route de Fort-Mardyck. Le couple a une fille, Josiane, née à Dunkerque en 1931, décédée dans l'Indre et Loire en 2018. Taulis est mort à Montpellier en 1990, ainsi que son épouse en 1997.
 
 
** Pito et Cie : d'après la notice sur le disque, sans doute rédigée par Jean Denise, ses auteurs seraient David et Pierre BRENNE [sic]. La découverte récente d'une carte postale photo représentant Les frères BREYNE, duettistes comiques, signée au verso David et Pierre BREYNE, permet de mieux situer ces artistes amateurs du début du XXe siècle. Ils sont tous les deux nés route de Bergues à Coudekerque-Branche, respectivement en 1885 et 1887, leurs parents sont ouvrier et ouvrière de filature. Le père est né à Wulveringhem et la mère à Petite-Synthe. Après 1918 ils ont vécu quelques années à Saint-Pol-sur-Mer, David meurt à l'hôpital de Roubaix en 1927, Pierre est mort en 1949. La fille de Pierre, Angèle née 1918, épouse Jacques COUROUBLE en 1939, elle est morte en 2002 à Grande-Synthe. Ils ont donné leur scène comique Zouave et conscrit (photo ci-dessous) au gala de l'Union Lyrique à la cité des jardins des cheminots de St Pol sur Mer en octobre 1924.

Collection personnelle


extrait de : Les Enfants de Jean Bart, par Jean Denise


mardi 7 novembre 2023

Musiques populaires des Hauts de France


Carnaval de Dunkerque,  Jean Dumont, 1854
coll. Musée des Beaux Arts de Dunkerque



Musée du textile et de la vie sociale à Fourmies
le 24 novembre 2023
9h30 - 17h ~ Gratuit 
en écho à l'exposition Musique en pièces

Musiques populaires 
des Hauts de France
Appropriations créatives

Journée d'études participative par Sophie-Anne Leterrier, professeur émérite à l'Université d'Artois, dans le cadre du projet "Entre savants et populaires : les Patrimoines invisibles des Hauts de France - Créations, réappropriations, synergies", mené dans le cadre du dispositif Stimule, volet Recherche partenariale, avec Nathalie Gauthard et Tiphaine Barthélemy.
Alors qu'en Occitanie ou en Bretagne les répertoires anciens ont été largement collectés, transcrits, enregistré, recréés, ce n'est pas la cas dans les Hauts de France, ce qui résulte à la fois du statut des langues locales et d'évolutions sociologiques et culturelles complexes. Pris en tenaille entre les musique "traditionnelle" et les musiques "artistiques", les musiques populaires qui chroniquaient la vie locale sont méconnues, oubliées. Il y a tout un travail à faire pour les retrouver, et plus encore pour les faire vivre, ce qui suppose de les interpréter, de les enregistrer, de les diffuser*.
Notre objectif est de confronter les recherches et les ponts de vue d'amateurs et d'interprètes des musiques populaires de l'Avesnois et d'ailleurs, de faire dialoguer chercheurs et témoins pour mieux connaître ces musiques.

Avec Margaux Liénard (violon) / Pauline Grousset (musiques maritimes) / Géry Dumoulin (Ardaguènes) / Roch Vandromme (fifre) / Jean-François "Maxou" Heintzen (vielle à roue).


 PROGRAMME


9h30 :  introduction par S.-A. Leterrier 


10h :  Géry Dumoulin

« La transmission d’un patrimoine : le cas des arguèdènes dans la région frontalière de la Botte du Hainaut ». 


10h45 :  Roch Vandromme

« Le répertoire du carnaval et sa transmission - mémoire de fifre » 


11h30 :  Pauline Grousset

« De Boulogne-sur-Mer à Saint-Jean-de-Monts, s’ancrer dans son territoire - La Bricole et Epsylon » 


12h15 : Pause déjeuner 


13h30 :  « Intervention contée » par le Master ARTS 


14h :  Margaux Liénard

« L’Euphonie des Coquecigrues : rechercher, partager et re-créer une musique en lien avec les habitants du territoire (Avesnois-Thiérache, France) » 


14h45 :  Maxou Heintzen

« Dans ce pays si honnête, du coupable on veut la tête » : chanter le crime dans le département du Nord. » 


15h30 : table ronde 


16h30-17h30 : visite de l’exposition Musique en pièces



* ce que nous nous évertuons à faire ici, C.D.

jeudi 25 octobre 2018

Carillon, orgues et coqueleux, la fête en Flandre

Une émission de Ruth Stégassy, diffusée sur France Culture en décembre 1988


le carillon ambulant © Christian Declerck



La fête à Dunkerque par Ruth Stégassy

- Jacques Lannoy nous parle du carillon "l'âme sonore de la cité" et de l'origine populaire de son répertoire
- les traditions St Martin, les géants, les combats de coqs
- Entretien avec Albert Ameloot (1920-2006), ancien boucher, propriétaire et créateur du café Aux Orgues à Herzeele. Ses grands parents et ses parents tenaient un bal ambulant avec un orgue mécanique. Puis il a joué avec son frère Jean Marie, professeur d'accordéon et compositeur. Les orgues Mortier du bal sont de 1912, de 1926 et celui avec l'accordéon de 1939. Ils ont été achetés aux filles d'Henri Denecker, ils étaient stockés dans une grange à Bulskamp (VdN/Dunkerque 16/9/2000).
- La sociabilité dans les villages
- Combats de coqs au pied du mont Cassel, mais sans son en direct car les spectateurs ont refusé l'enregistrement. Un ancien coqueleux raconte l'élevage du coq de combat, choix de la race, alimentation, choix des "bons" coqs, les armes de combat de 4,9 cm à 8 cm en fonction du poids du coq. Description du combat. Les spectateurs et les paris, fonctionnement des mises à prix.


avec le concours de l'ASSECARM

téléchargez ICI



orgue Mortier 1926 d'Herzeele 


concours de coqs en Flandre


mercredi 18 avril 2018

Carnaval de Dunkerque

mise à jour du 18 avril 2018, ajout du film Vivre Aujourd'hui




Le colporteur a posé sa hotte pendant le carnaval de Dunkerque à Rosendael et à Malo les Bains.



Catherine Claeys, lors d'une "chapelle" du carnaval de Rosendael chez Marieke, s'entretient avec les piliers du renouveau du carnaval dunkerquois : Jean Denise, Jacques Yvart, Roch Vandromme pour le groupe "Les Kakesteeks", Jean-Pierre Ducassou et Jeanmartin Marchal.
Jean Denise mentionne la parution de son livre "Les Enfants de Jean Bart" l'année précédente, ce qui situe cette émission en février 1978.


introduction par Catherine Claeys


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114 téléchargements au 1/6/2013

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La fête est un désordre organisé
qui renforce l'ordre

Un document exceptionnel, Vivre aujourd'hui, un film de Jacques Fremontier, réalisé par Raoul Sangla, tourné en 1972, avec Jacques Higelin en invité, qui improvise des chansons "tendancieuses" sur Dunkerque et son carnaval.
Merci à la page FB de Dunkerque et environs pour cette mise en partage.

première partie


deuxième partie


troisième partie


quatrième partie

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Le carnaval de Dunkerque vu de Paris. Sur la route… de Dunkerque, une émission d'Olivia Gesbert pour France Culture en 2013
Invités :
- Stéphane Verstaevel-Magnier, poète, auteur du Carnaval de Dunkerque, le rigodon final (L'Harmattan, 2000), et carnavaleux depuis toujours
- Alain Suzan, directeur de l'association des Optimistes, responsable de la "La nuit des optimistes" à la salle de la Poudrière à Leffrinckoucke 
- Pierre Echevin, auteur de la BD Vas-y Gamin 
- Laurence Bailleul , de l'Office du tourisme de Malo, carnavaleuse.




c'est ICI

mardi 4 septembre 2012

Carnaval de Dunkerque 1994

 
Être dedans, être dehors
Une émission de Ruth Stégassy, enregistrée à la MJC Rosendael, au château Coquelle à Dunkerque-Rosendael, diffusée sur France Culture les 15 et 16 février 1994
À l'occasion de la publication d’un livre de photographie “Regards sur le canaval dunkerquois”
(Je me souviens que ce livre, dont la publication a été décidée par le directeur sans l’accord du Conseil d’Administration et même à l’insu de la présidente du CA,  fut une catastrophe financière. L’impression de luxe en trichromie, des 2 200 exemplaires ayant coûté l’équivalent de 1,5 la subvention municipale de la MJC, même la vente en solde a été un échec.)

1ère partie
Invités : le directeur de la MJC, Jean-Marc Zaorski, Gégène Léclusier, François Le Diascorne, Eric Carru, Jean Jacques Bénichou, Jean-Charles Bayon, “Coucouze”

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61 téléchargements au 1/6/2013

2e partie
Invités : Roch Vandromme, André-Marie Despringre, Louis Fauquembergue, Phonche, Eric Carru

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49 téléchargements au 1/6/2013 autre page sur le carnaval de Dunkerque ici