Je ne pensais pas pouvoir écouter ce disque un jour, mais grâce à Gallica nous avons l'intégralité des deux faces. Disque POLYDOR, référence : n°621.636, édité en juin 1930.
Léon Plouviet, alias Grand Papa Léon. Né à Croix en 1904, il débute aux P.T.T. comme simple commis des postes. En 1925 il est président de l'Association Sportive des P.T.T. et en 1927 il participe à la création de la station de radio P.T.T. Nord à Lille. Il en devient chef de station et participe activement aux émissions en récitant des poèmes d'Emile Verhaeren, Amédée Prouvost, Armand Dehorne, etc. Directeur de la Société Lyrique et Dramatique des P.T.T., il interprète également de nombreux rôles dramatique à l'antenne. Dès 1927 il créé, et anime sous le pseudo de Grand Papa Léon, une émission de radio enfantine, une idée qui sera reprise par les autres radios françaises. En 1930 il est nommé contrôleur principal et en 1933 c'est lui qui inaugure la nouvelle Maison de la Radio, 36 boulevard de la Liberté à Lille, dans un hôtel particulier réaménagé en bureaux et studios. Il prend sa retraite en 1938. Il est mort à Lille en 1967.
Une version par un interprète peu connu, Grand Papa Léon, accompagné par l'orchestre de Radio PTT Nord, probablement dirigé par Henri Hespel (1897-1981).
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Léon Lemaire, alias Leolem. Cet épicier arrageois est né 12 rue Méaulens en 1875. Employé à la mairie d'Arras, il y est nommé secrétaire général adjoint en 1920, il devient secrétaire de mairie en 1926. Il prend goût à la poésie patoise en écoutant Jules Mousseron venu se produire à Arras en 1908. En 1912 il participe à un concours de poésies organisé par les Rosati d'Artois et emporte le 1er prix avec son poème Les gins d'chez nous. L'année suivante il obtient la Rose d'Argent, 1er prix du concours des Rosati de Paris, pour sa berceuse L'couquer d'nou mioche. Après un troisième 1er prix en 1914, à Arras, pour son sonnet Ech viux baudet, il laisse ensuite aux débutants le risque et l'honneur de participer aux tournois littéraires. Il a publié plusieurs recueils : Autour du beffroi d'Arras (1909), Les chants d'ein Chicourt (1913), Eclats d'patois (1921) et Racontaches d'ein boïeu rouche (1947). Ensuite il se borne à égayer les gazettes locales de ses rimes sentimentales ou railleuses. Il est mort à Arras en 1955
Face B : L' couquer d'nou mioche, berceuse artésienne, paroles et musique de Léon Lemaire, interprétée par l'auteur
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collection personnelle
La chanson de l'Achicourienne collection personnelle
En prime, quelques textes publiés dans le journal Le Beffroi d'Arras en 1920 et 1921 :
Le colporteur de Fréquence Nord avait posé sa hotte à l’école de musique de Calais le 6 janvier 1980 pour présenter un série de quatre stages d’initiation à la musique traditionnelle organisés à Boulogne-sur-Mer, Calais, St-Omer et Dunkerque
Catherine Claeys, la colporteuse, est en compagnie de :
Par ordre d’apparition à l’antenne
Michel Lebreton (formateur)
Toujours fidèle à l'E.N.M. de Calais
Patrice Gilbert (stagiaire, puis formateur)
Depuis professeur à l’asso Cric-Crac & Cie et, depuis 2017, retraité
Christophe Duchêne (co-organisateur)
Alors directeur du centre de formation musicale pour adultes
Guy Vandeneeckhoutte (stagiaire)
Maintenant directeur de MJC
Bertrand Buirette (stagiaire)
Actuellement joue du violon en Normandie
Fabienne Kotlarczik (formatrice)
Perdue de vue, serait dans la région lyonnaise
Jean Legrand (1952-2014) (co-organisateur)
Alors directeur de la MJC de Rosendael à Dunkerque, décédé.
Christian Declerck (formateur)
Blogueur impénitent
1-début (Brunette allons gai*)
2-entretien M Lebreton
3-entretien P Gilbert
4-entretien C Duchène
5-entretien G Vandeneeckhoutte
6-entretien B Buirette
7-C'est à Mœuvres ou par delà*
8-entretien F Kotlarczik
9-entretien J Legrand
10-Capitaine Bart, duo de vieille
11-entretien C Declerck
12-intervention Michel L.
13-intervention Fabienne K.
14-intervention Michel L.
15-Maniotte
16-entretien M Lebreton
17-Maclotte de J G Houssa
18-entretien C Duchène
19-entretien P Gilbert
20-entretien G Vandeneeckhoutte
21-Les p'tits saint-Pierre
22-entretien M Lebreton
23-entretien J Legrand
24-entretien M Lebreton
25-intervention Fabienne K.
26-Elève-toi donc belle*
27-entretien M Lebreton
28-entretien B Buirette
29-Carnaval + fin
mise à jour le 4/8/2022 : modifications des liens, ajout d'une vidéo
collection personnelle
Né le 3 février 1891 à Halluin, Etienne Joseph Declercq est le fils de Jules Louis, couvreur, et Justine Pauline Masquelier, servante, tous deux originaires d'Halluin. En 1916 il épouse une béarnaise, Marie Louise Menjou (1890-1979) à Saint-Laurent-Bretagne dans les Hautes Pyrénées, il décède le 3 novembre 1959 à Halluin.
"Après avoir appris la sculpture, il décida d’entrer au séminaire d’Hazebrouck (Nord). Blessé pendant la Première
Guerre mondiale, il dut renoncer au sacerdoce. Au lendemain de l’armistice, il
devint directeur du service des eaux d’Halluin. Ancien membre du
« Sillon », adhérent de la première heure de la CFTC, il fut, après
1934, président du syndicat libre des employés d’Halluin. À la fois historien
et poète de la section CFTC d’Halluin, surnommé « le barde du Nord »,
il écrivit de nombreux poèmes et chansons à la gloire des syndicats libres dont
« la Marche des travailleurs chrétiens » qui devint l’hymne officieux
de la CFTC. Après la Seconde Guerre mondiale, J. Declercq milita au MRP, sur le
plan local. Jean Piat " SOURCE : F.-X Roets, Le mouvement ouvrier français à Roubaix-Tourcoing
de 1914 à la fin de la IVe République, DES Lille, 1968." Notice aimablement transmise par le site du MAITRON
Parmi les nombreux chansonniers de la région, Joseph Declercq est un des rares à avoir enregistré. Jean WEBER m'avait donné ces copies de 78 tours, sur cassette audio, en 1998. Il en avait hérité d'Augustin Declercq, un des fils de Joseph. La qualité n’est pas excellente et l’un des disques étant cassé il manque le début de deux chansons.
Disque Lumen 33.052, orchestre de Fred Acker
- La fête chrétienne du travail, de et par Joseph Declercq
- Le militant syndicaliste, de et par Joseph Declercq
Disque Lumen 33.051 (cassé), orchestres de Fred Acker et R. Guttinguer
- Marche des travailleurs chrétiens, de et par Joseph Declercq
- Le travailleur vainqueur (Marcel Poimboeuf) par Emile Rousseau de l'Opéra-Comique
Les fichiers mp3 et la partition de la Marche des Travailleurs Chrétiens, avec ses cinq couplets d'origine, sont à télécharger ici
trois extraits chantés par l'auteur
collection personnelle
Le barde du Nord a également écrit et édité : Aimons-nous, Aidons-nous (musique de J. Vandeputte et Fred Acker), Le Chant Lociste ((musique de J. Vandeputte et Fred Acker) et A qui le yo-yo ? (musique de Louis Bariselle).
J'ajoute un article de Joseph Declercq, Les œuvres d’Halluin, paru dans l'almanach de la Jeune République en 1922.
Vous allez me demander quel est le rapport avec la musique folk de la région ? a priori aucun, sauf que son petit-fils Christophe est devenu un des piliers du groupe Mabidon, avant de jouer dans de nombreux groupes régionaux. Il vient de sortir un album chez Bémol vpc.
mise à jour le 30/7/2022 : ajout d'une vidéo et une photo
3 pieds 6 pouces – Au bois d’amour - 1986 VTA Le Tambourineur – VTA 004
01 Marguerite (Philippe Prieur)
02 Scottish de la Part Dieu (Eric Montbel)
03 Peter Barna
04 Bourrée à Gaston Pommier
05 De Boer
06 Isabelle (Michel Lebreton)
07 Tout en revenant de Paris/Que la grive aime le raisin
08 La Piémontaise (Philippe Prieur)
09 Meiplantig
10 Mazurka de Péchadre
11 Berceuse
Claude Debrock : cornemuse 16 pouces
Marc Debrock : cornemuse 16 pouces, chant
Michel Lebreton : cornemuse 16 et 20 pouces, synthèse sonore
Les cornemuses sont de Rémi Dubois (16 pouces) et Bernard Blanc (20 pouces)
mise à jour le 28/7/2022, ajout d'une photo d'un mariage en 1902
« La musique populaire des "Bossu" de Grand-Fort-Philippe
Quand en 1855, venant des Moeres, arriva à Grand-Fort-Philippe, Pierre Winocq Mené (1820-1892), violoniste, devenu bossu à la suite d’un accident de jeunesse, c’est plus d’un siècle de musique et danse populaires qui s’ouvrait dans la bourgade des pêcheurs, sous le signe des "Bossu". Reprenant, au lieu-dit Bout d’Oye, un café attenant à un hangar, Pierre Winocq Mené y créa un petit bal de quartier. Il anima les ducasses, prit la tête des cortèges de mariage et fut bientôt connu sous le surnom de Bossu le violoneux. Son fils Désiré (1853-1918) reprit le flambeau et son bal, situé sur la place de Grand-Fort, attira toute la jeunesse des environs. Composant lui-même ses airs de danse, qu’un de ses fils écrivait en musique, il créait polkas et quadrilles. Au cours d’un bal, en hommage à une petite marchande de bonbons qui passait dans la salle et qui lui offrait une praline, il décida de dénommer sa dernière création musicale, un quadrille, Pralines. Comme tout musicien, Désiré Mené était attiré par le jazz. En 1890, avec deux amis musiciens, il se rendit en Amérique, à Pittsburgh, à l’invitation du frère de ses deux amis, installés là-bas, M. Cortèse.
Pittsburgh vers 1890, Désiré Mené (à gauche)
en compagnie des frères Cortese
Après s’être produit dans tous les endroits où l’on aime le jazz, y faisant entendre sa musique, dont Pralines, il revint à Grand-Fort-Philippe.
Ses enfants, Ernest, Julien, René, Pierre et Marie (qui épousera un fils Cortèse), tous musiciens, jouant de plusieurs instruments (Julien en pratiquait sept), l’aidaient au bal familial. A sa mort, sur sa demande, Désiré fut enterré avec sa trompette. La salle de bal fut vendue et devint un cinéma, exploité par M. Droussant. Ernest, le fils aîné, reprit le café du Cheval Blanc et y fit danser ses clients. Le bal des Bossu était reparti. Aidé de son frère Julien, de Victor Fournier dit Malo, un voisin boulanger et musicien, d’Ernest Clercq, dit Lulutte, et d’autres, puis de ses enfants Hilarion, au piano, et Carmen, au violon, Ernest exploita durant de nombreuses années le Cheval Blanc.
Victor Fournier, Ernest Mené et Ernest Clercq à Saint Dizier pendant la guerre
Julien revenu de la Grande Guerre avec une jambe en moins, décida de créer lui aussi un bal. Il acheta à Calais un baraquement, ancien hôpital militaire, et l’installa à côté de la mairie. En 1920, fut donc inauguré le bal créé par un quatrième "Bossu". En 1925, qu’elle ne fut pas la stupeur des "Bossu" en entendant à la radio l’air de Pralines devenu Tiger Rag un morceau de jazz qui devint célèbre dans le monde, et qui était signé d’un certain La Rocca*. En 1938, le baraquement, devenu vétuste, fut remplacé, derrière la mairie, par un nouveau bâtiment, le Bal Maritime. Mais la guerre 39/45 survint et le bal ferma ses portes. Cela n’empêche pas les enfants de Julien et Thérèse, ainsi que leur cousine Ginette (fille de Marie) de continuer la musique des "Bossu", au sein de la troupe théâtrale de Gravelines, au profit des prisonniers de guerre. A la Libération, le Bal maritime prit un nouvel essor avec Julien père, ses fils Julien et Daniel (à l’accordéon), la cousine Ginette et son mari et Hilarion. Les soirées de gala, avec des accordéonistes célèbres (Aimable, Emile Prud’homme) restent gravées dans les mémoires. Malgré son infirmité, Julien relança le carnaval avec cortège, géant et bal costumé. Sa fille Thérèse, en collaboration avec Auguste Finot, créa des chansons patoisantes pour chaque géant sacrifié dans les flammes "au bas des caillettes" : Zorro le roi du boulot, le célibataire Spoutnick, Fleur du Fort-Philippe et tant d’autres… encore fredonnées par d’anciens carnavaleux. En 1969, se termima l’aventure du bal à Bossu. Le bal Maritime, qui avait servit de salle des fêtes municipale devint un grand magasin d’alimentation. La complainte du bal Bossu, de Thérèse et Auguste Finot, rappelle tristement l’odyssée des Bossu. […] »
Après la publication de cet article, le 16 avril 1986 j’ai rencontré Thérèse Mené, elle m’a raconté la même histoire, avec quelques détails supplémentaires et elle m’a chanté quatre chansons : La complainte du bal, l’histoire des Bossu, le retrousseur (de jupes…), et les surnoms du Fort-Ph'lip (publiée par l’association Traces, voir ici).
Thérèse Mené a "oublié" de préciser que l'auteur des paroles était Auguste "Gut" Finot (1920-2013), vous pouvez retrouver les paroles de ses chansons sur le livret qui accompagnait le DVD/CD publié en 2006 par l'association Gut Fy Not. et ICI
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Thérèse m’a aussi lu le texte d’une chanson écrite (et composée, mais la musique a disparu) par Henri-Jacques Dupuy (1915-1986), vers 1970, après la fermeture du Bal Maritime.
Au Bal Maritime
Au Bal Maritime à Grand Fort Philippe
Quand le vent du Nord fait craquer le ciel
Il fait bon venir dans l’ambiance intime
De cette arche en fête un peu irréelle
Il fait bon venir parmi les guirlandes
Et sous les soleils qui pendant au plafond
Les fille, les gars s’amusent en bandes
Et y a des marins des quatre horizons
Refrain
Y a du roulis, y a du tangage
Quand pour la valse nous embraquons
Les mains pirates s’en vont à la l’abordage
Le long des hanches y a de la conversation
C’est pas sorcier pour l’entrée en matière
Les yeux marins repèrent vite au loin
Les cœurs corsaires partent en croisière
Danser ça fait changer d’patelin.
Les yeux marins contiennent de l’aventure
On se sent des envies de voir du pays
Les belles captures que l’on assure
Quand samedi soir chacun sort et recommence la vie
A Grand Fort Philippe le Bal Maritime
Que l’on appelait aussi le bal Bossu
A vu célébrer ces fêtes ultimes
Comme tout ce qui fut chouette, il n’existe plus
A sa place il y a un libre service
Qui vend des chemises et des petites pois
La machine à rêve fallait que ça finisse
Notre temps vit selon d’autres lois
Quand on était bien, quand il y avait du tangage
Quand pour la valse nous embraquions
Joue contre joue c’était un beau voyage
De la gamberge au son de l’accordéon
Mais le vieux bal a dû fermer ses portes
Et l’aventure a baissé le pavois
La fête est morte, la vie emporte
Les souvenirs des bonheurs d’autrefois.
Au Bal Maritime à Grand Fort Philippe
Les gars de Gravelines, de Petit Fort
Parmi les petiotes qui s’émancipent
Tâtent le terrain et le feu qui dort
Il y a des odeurs de vin et de bière
Et l’accordéon saoule de triolets
Un mineur invite une dentelière
Et c’est un pêcheur qui prend le relais
Y a du roulis, y a du tangage
Quand pour la vase nous embarquons
Les vieux marins contiennent de l’aventure
Chaque samedi soir la vie commence
Les belles captures que l’on ceinture
On se sent des envies de voir du pays
C’est au bal Bossu, au Bal Maritime
Que le père Mené a fait gambiller
Des générations d’êtres anonymes
Et que ma chanson entend célébrer
Tous les Roméo et Juliette de légende
Ne sont rien auprès des couples heureux
Qui ont connu ici l’offre et la demande
Et qui ont fait souvent de vrais amoureux
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J'ai retrouvé dans mes archives cette photo du mariage d'Ernest et Marie en 1902 avec deux musiciens, cornet à pistons et violon. Thérèse Mené a identifié Désiré Mené au violon, il a 17 ans, l'autre serait un certain Alfred Verhoven (plutôt Vérove, patronyme commun à Grand Fort) que je n'ai pas identifié précisément et qui est, d'après Thérèse, le compositeur des airs joués au bal Mené.
Des fêtes de village aux clubs des années 1950, des grands bals nocturnes de la Belle Époque aux supermarchés de la danse des Trente Glorieuses, des guinguettes des bords de Marne aux discothèques des années 1980, des dancings de l'entre-deux-guerres, aux raves-parties en passant par l'incontournable bal des pompiers, la tradition du bal a perduré tout en évoluant. Le bal vit avec son temps. Il s'adapte aux changements sociaux, aux impératifs politiques, aux aspirations populaires, et suit les courbes du progrès, servant de baromètre à chaque époque. Mais qui se serait douté que le premier bal du 14 juillet 1880 fut d'abord un outil de propagande pour les Républicains ? En l'ancrant dans le souvenir de la prise de la Bastille, la IIIe République fait de son premier bal officiel un rituel politique fondateur.