mardi 18 avril 2017

Sous les toits de Paris

Emile Vansersoupel, 1930


Vous connaissez tous la chanson, extraite du film de René Clair, le premier film sonore tourné en France aux studios d'Epinay sur Seine. Au début du film, un long traveling en plan-séquence nous fait descendre des toits de Paris vers une impasse où l'on entend un chanteur des rues, Albert Préjean, accompagné par un accordéoniste aveugle. C'est un jeune accordéoniste originaire de Roubaix qui joue ce rôle.
Emile Vandersoupel n'a pas vingt ans.


collection personnelle


Le Journal de Roubaix du 19 février 1931 :
Un Roubaisien a figuré dans le film Sous les toits de Paris
Combien de Roubaisiens se doutent-ils, en fredonnant l’air bien connu Sous les toits de Paris, que c’est un de leurs concitoyens qui fut engagé pour manier l’accordéon et accompagner Albert Préjean ? Cet accordéoniste a vingt ans maintenant, il se nomme Emile Vandersoupel et c’est un Roubaisien né natif ; il habite rue de l’Alma. Il commença, à douze ans, par jouer du piano, mais bientôt, à l’accordéon, il se révélait un véritbale artiste que de nombreux prix et honneurs, entre autres le classement hors concours au Concours international de Wavre, ont mis en vedette. Notre jeune virtuose s’est d’ailleurs déjà fait entendre à Radio PTT Nord, à Radio Paris et au gramophone. Bientôt, les entreprises de films sonores, elles mêmes, s’intéressaient à Emile Vandersoupel, dont certaines auditions par TSF avaient été remarquées. C’est ainsi qu’il fut convié aux studios d’Epinay sur Seine pour figuer dans Ça c’est Paris* ; puis peu de temps après, au printemps de l’année 1930, il demeurait deux mois dans les mêmes studios pour accompagner la vedette de Sous les toits de Paris, Albert Préjean. 
Emile Vandersoupel, et ce ne fut pas à son moindre mérite, fut choisi parmi cinq accordéonistes des plus fameux et son rôle qui eut semblé bien effacé dans un film muet, domine, on peut le dire, grâce aux airs maintenant bien connu qu’il interprétait sur l’écran, dans le film sonore Sous les toits de Paris. Le jeune roubaisien, qui est en même temps compositeur et professeur, joua, dans ce dernier film où l’accordéon est roi, une valse de sa composition, Marianne [sic]. Le jeune artiste nous a conté le travail acharné que fournissent les artistes sous l’éclat des projecteurs, répétant jusqu’à dix et vingt fois les mêmes scènes, et quand on saura que Sous les toits de Paris a demandé six mois d’efforts quotidiens, on se représente aisément de quelle somme d’énergies individuelles est composé un film qui est projeté en une heure et demie.

*Film muet d'Antoine Mourre




cet extrait se termine sur un plan très court où l'on aperçoit l'accordéoniste


au bal musette, l'orchestre est au balcon
Emile est accompagné d'un banjo et d'un jazz
ils jouent sans doute Marie-Anne, la valse composée par Emile


Bande annonce de l'époque

Albert Préjean enregistrement Ultraphon 1930

Version de Berthe Sylva 1930

Fin du film, version instrumentale avec la scène de bal

Vous voulez l'intégrale ?
Je n'ai trouvé que cette version, doublée en Géorgien ou en Russe ?

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Ensuite Emile raccourcit son patronyme et continue de se produire avec Albert Préjean, notamment en Suisse en 1941.


Charles Verstraete* nous raconte la suite et la fin de sa carrière : après s'être produit à la Brasserie Poulin, rue Pierre Motte à Roubaix, il est engagé au Balthazar, brasserie sur les boulevards à Paris. En tournant dans le film Sous les toits de Paris, il se fera connaître de tous les Français. Dès lors, il monte un orchestre, s'adjoint deux accordéonistes, Germain Vigne et Albert Lerouge, un pianiste et une batterie, et fera des tournées dans tout le pays. Malade, Germain Vigne cèdera sa place au Roubaisien Marcel Arcelon auquel succèdera Julien Vandeputte [d'Halluin]. Lorsqu'il rentrera à Roubaix, Soupel sera cabaretier rue du Chemin de Fer [et rue Jules Guesde] et abandonnera l'acccordéon.
*De l'accordéon au trombone, Soixante ans de musique et de souvenirs, Garches, 2000

Emile Vandersoupel, fils d'Emile (peigneur puis apprêteur) et de Clémence Bulcaen, est né à Roubaix le 10 mai 1910, rue des Anges, il est mort à Roubaix le 16 août 1990.



collection personnelle


Une autre artiste roubaisienne : Mary Lyse



jeudi 23 mars 2017

Jean-François Birlouez, manouvrier de l'accordéon

Un manouvrier de l'accordéon

C'est à Dorignies, hameau de Douai, pays où l'industrie tient une place prépondérante et où l'Art, sous toutes ses formes, n'a que peu mais de fervents adeptes, que nous avons rencontré un artisan de l'accordéon, le seul en France — et il s'en vante — qui fabrique sans l'aide de personne cet instrument de musique dont la vogue grandit de jour en jour.

Ouvrier agricole, mineur et accordéoniste
L'homme est un modeste, modeste comme le furent ses origines. Son atelier ? une pièce réduite contenant un établi et un outillage d'ébéniste. Son œuvre ? les accordéons de toute beauté qu'il fabrique de ses mains.
M. Jean-François Birlouez, car c'est de lui qu'il s'agit, a vu le jour à Oignies sur Rivière, dans le canton de Carvin, le 16 novembre 1868. Ses débuts dans l'existence ne présagèrent nullement de son avenir. Tout gamin il œuvrait dans les champs, aux côtés de son père, petit cultivateur de l'endroit qui, pour augmenter ses revenus travaillait un peu l'horlogerie. C'est ainsi que le jeune Jean François put de même tâter du métier d'horloger. L'enfant n'était pas insensible à la musique et d'en avoir vu jouer, son désir alla vers l'acquisition d'un accordéon. Et bientôt dans la région minière l'on connut un virtuose de 12 printemps. Sa vocation qui cependant pointait à l'époque, ne put par lui être exploitée. Les temps étaient durs aussi jadis pour les modestes travailleurs, et pour vivre, Jean-François dut aller à la mine. La Compagnie des Mines de Dourges, à Noyelles-Godault, l'occupait, et le soir, de retour sous le toit familial, il bricolait l'horlogerie… et commençait de réparer son accordéon… la deuxième corde à son arc. Qui, dans les cités minières, ne connaissait alors le mineur accordéoniste ? Bien des vieux vous diront se souvenir avoir dansé aux sons de cette musique, que talentueusement, de son instrument, ses doigts habiles faisaient retentir.

La nouvelle vocation
Marié [en 1892, à Noyelles-Godault] puis père de famille, à l'âge de 28 ans Jean-François Birlouez quitta la mine, se décidant, par expérience acquise, de ne s'occuper plus que de l'accordéon. Il débuta dans sa nouvelle profession en transformant un instrument allemand acheté à Tournai, et composé de 8 basses et 2 rangées, en un accordéon à demi-temps [sic].
Puis en 1902, en compagnie d'un ami, accordéoniste comme lui, il partit à Bruxelles chez M. Solari, fabricant, pour y faire l'acquisition d'un accordéon. A ce temps-là, on n'en fabriquait pas en sérié, et le marchand qui en était dépourvu lui demanda d'attendre l'année d'après pour être servi. C'est à ce moment que M. Birlouez, sans s'en rendre compte, définit la nouvelle voie qu'il allait suivre, en répondant à M. Solari : " Eh bien ! puisque j'ai le temps, j'en fabriquerai un moi-même ! ". De fait, 6 à 8 mois après cette boutade, un accordéon était sorti des mains de ce quasi-profane. Il fallut naturellement de nombreux essais pour arriver à la mise au point finale, mais l'instrument était là, prouvant qu'il suffit parfois de vouloir pour arriver au but que l'on se propose. Et tout en tenant son bistro à Courcelles-lez-Lens, et jouant les dimanches et fêtes à faire danser la jeunesse, notre artisan vit les commandes affluer. Les accordéons "Birlouez" faisaient déjà recette.



vers 1931, à Masny, Henri Debail joue sur un Birlouez
collection personnelle

verso de la carte


Le succès
Depuis quatre années, notre fabricant s'est installé à Dorignies et là, tout seul, comme auparavant, il construit ses accordéons, commandant les pièces brutes à 25 maisons différentes et leur donnant cette forme nouvelle utile à leur particulière destination. Ebénisterie, gravure, mécanisme musical, soufflet, plaques d'acier ou d'aluminium, tout est façonné par lui avec amour. Depuis qu'il œuvre autour de ses instruments, il a apporté à ceux-ci de nombreuses et heureuses modifications. Il est actuellement en train de fabriquer des claviers en métal et se fera breveter pour un axe tenant toutes les touches, les accordéons à plusieurs claviers sur axes indépendants présentant le même inconvénient que la machine à écrire dont deux touches se rencontrent et se bloquent au passage, sur une erreur de doigté.
Nous lui avons, pour cela, souhaité bonne réussite, et comme nous lui disions notre étonnement que l'accordéon soit demeuré si longtemps un instrument, si l'on peut dire, vulgaire, M. Jean-François Birlouez nous a dit que cela tenait à ce qu'auparavant n'importe qui en jouait sans aucune connaissance musicale. Aujourd'hui que de véritables musiciens en ont fait leur instrument favori, le plus bel avenir peut lui être prédit. C'est sur ces paroles que nous avons quitté l'homme, le seul qui, de toutes pièces, sans l'aide de quiconque, fabrique en France des accordéons. 


Achille FAURIE
L'Egalité du 25 août 1928
Bibliothèque numérique de Roubaix



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En 1932 J. F. Birlouez invente La Symphonie-accordéons article ici
Jean-François Birlouez est décédé à Douai le 23 août 1961


vendredi 10 mars 2017

Jean François Dutertre est décédé




"Un mot de Franck Tenaille :


Encore un "ancien" du folk qui se fait la malle. Un chouette serviteur des musiques trad' sur des tas de registres (écrits, musicien, institutions...), pudique et connaisseur. Pour moi plus de 40 ans de dialogue et d'amitié.

Ci-joint un papier a chaud de Dominique Maroutian sur le bonhomme.


Grande tristesse "Amis vieux folkeux"

Jean-François Dutertre est décédé ce matin. Je pleure un ami de toujours, rencontré il y a plus de cinquante ans à l'époque du Hootenanny de Lionel Rocheman. Admirateur de Tom Paxton, Pete Seeger, et de ... Jacques Douai, à ses débuts, il chantait en s'accompagnant à la guitare. Puis avec Ben et Jean Loup Baly, ses amis de lycée, il a fondé le groupe "les Escholiers". Avec John et Catherine il fut l'un des membres fondateurs du Bourdon et le rédacteur en chef de l'éphémère revue "Gigue". Fin musicien et chanteur il a fait connaître l'épinette instrument qu'il affectionnait particulièrement. Il m'avait confié que c'était moi qui lui avais fait découvrir cet instrument, ce que j'avais oublié au fil du temps, aujourd'hui j'en suis fier. 

Il a travaillé avec de nombreuses figures du folk : Emmanuelle Parrenin, Claude Lefebvre, Dominique Regeff, John Wright, Catherine Perrier, Jean Blanchard, René Zosso, ... j'en oublie. Sa rencontre avec Yvon Guilcher allait donner naissance au groupe « Mélusine" qui a marqué l’histoire du folk français. mais aussi …

Aujourd'hui, je pleure un ami. 

Salut l'artiste.

Dominique Maroutian"

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Réactions sur le groupe Tradonord :

bonjour 
je me doute que tous ceux et toutes celles qui l'ont rencontré, connu, nous sommes tous et toutes dans l'émotion partagée et à la lecture de tous ces petits mots, que de bons souvenirs qui remontent à la surface.
Pour ce qui me concerne modestement, je garde en mémoire ma première entrée dans ce "temple" du boulevard Raspail, un certain mardi soir de novembre 1968, à ma libération du service militaire. 
Un ami m'avait fortement conseillé de me rendre dès que je le pourrai au Centre Américain ("American Center for Students and Artists") et ce soir-là chez Lionel Rocheman, premier émerveillement de voir et entendre tous ceux et celles qui ont jeté les premières pierres conviviales de cet immense engouement, Jean-François, Yvon, Jean-Loup, Dominique, Ben, John, Catherine, Roger, Claude, Pierre, Alan, Steve,Emmanuelle, Gabriel, etc...
Ce gros "noyau" qu"on pouvait retrouver presque chaque mardi au Centre, et après le Hootenanny, non loin, en face, au Raspail Vert
Il est temps de ré-écouter ces vynils de rêve de Mélusine, avec ces voix chaudes et si douces, et qui allaient si bien ensemble, 
au revoir cher ami à l'éternel sourire si amical
G. D.

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Triste aussi je suis ! Et c'est pas peu dire. Je lui dois mon entrée dans la musique trad, à Gérardmer où il m'a fait découvrir l'épinette. Pédagogue extrêmement rigoureux, musicien sensible, personnage engagé et d'une grande humanité, il a ré-inventé, avec quelques autres, la pratique de l'épinette, développé un jeu innovant sur l'instrument pour accompagner le chant. Avec Mélusine et en soliste, il est venu maintes fois nous voir dans le Nord. Beaucoup sur cette liste l'ont croisé.
Je retiens de lui l'exigence de la transmission, l'attention portée au respect des droits des musiciens et quelques instants de musiques partagées, lors de rencontres d'Epinettistes, dans des stages, ou sur "le Maure Sarrasin", où il m'avait fait l'honneur et le plaisir de m'inviter à l'épauler.
Il y aurait tant de choses à dire, de souvenirs à évoquer, d'hommages à rédiger... Mais aujourd'hui, j'en reste là, pour me replonger dans mes albums, photos et anciennes revues.
Pensées pour Claire, sa compagne qui a si bien gravé ses anges musiciens, et ses filles.
J. L.

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Pour le Collectif de Musiciens Professionnels des Musiques et Danses Traditionnelles

Chers, chères,
En ce 10 mars 2017, nous apprenons avec une infinie tristesse le décès de notre ami Jean-François Dutertre. C'est une figure majeure du renouveau des musiques traditionnelles qui s'en va. Son engagement au long cours, au service de la professionnalisation et de la structuration du secteur des musiques traditionnelles, en faisait une personnalité ô combien précieuse pour les musiciens, professionnels ou non de nos musiques. On se souviendra que dés 1972 dans la Revue « Gigue » qu'il contribua à créer, il abordait déjà ces questions. Au sein du groupe Mélusine avec Jean-Loup Baly et Yvon Guilcher, il défendit une esthétique exigeante de réinterprétation du répertoire des musiques et chansons traditionnelles, de même que dans son travail en solo sur la chanson ou dans celui de valorisation de l'épinette des Vosges qu'il initia. En prenant en 1992 la direction du centre d'infos des musiques traditionnelles (CIMT), il créa un véritable réseau national d'informations dans ce secteur, renseignant inlassablement les uns et les autres. A l'Adami, au delà de ses fonctions officielles, il fut un défenseur actif des musiques traditionnelles.
Nous n'oublions pas que c'est grâce à lui que le CPMDT a créé en 2007 en partenariat avec l'Adami les bourses de compagnonnage, un dispositif unique de formation professionnelle dans notre esthétique. Nous rappellerons également qu'il fit prendre conscience à un grand nombre d'entre nous de l'importance de la syndicalisation, notamment à travers son action au sein du SFA. Enfin tout récemment encore, sa parole juste et équitable était écoutée avec attention au CA de la Famdt. Nous garderons de lui le souvenir d'un homme généreux, militant et bienveillant. Nous nous joignons à la douleur de ses proches et de ses amis par un salut musical et fraternel.
Pour le Cpmdt, JF Vrod.

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Hommages Sur le site de l'IRMA Centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles


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écouter d'anciens albums ici
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un texte qu'il nous avait envoyé en novembre 2016
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mardi 7 mars 2017

Deux articles sur la danse en Flandre

mise à jour 7/3/2017, ajout d'une vidéo de la présentation

Danses et Frontière(s)
&
Un bal avec D'Aubat St Flour

par Marie-Christine et Patrick Bollier



Parmi les treize articles publiés dans le tome 69 des Annales du Comité Flamand de France, deux sont consacrés à la danse (34 et 22 pages).

Danses et Frontière(s) développe la vidéoconférence présentée à Dranouter le 30 mars 2013 et à Hazebrouck le 23 mai 2014 pour les 300 ans de la frontière franco-belge. Ce voyage transfrontalier dans l'histoire est illustré par l'itinéraire de quelques danses choisies pour la variété de leurs transmissions et mutations dans l'espace et le temps. La fin de l'article brosse un aperçu sur le renouveau de la danse "flamande" en Flandre française et met en évidence sa dynamique transfrontalière.

Un bal avec D'Aubat St Flour
Daubat (ou D'Aubat), né à St-Flour en Auvergne et maître à danser à Gand, est resté célèbre grâce à la publication à Gand de ses "Cent Contredanses en rond…entre 1757 et 1767. Cet article fait une synthèse de sa biographie et de son œuvre avec, entre autres, plusieurs documents inédits.

collection particulière

Sortie officielle : 
Le jeudi 2 mars à 18 h 30, salle des Augustins (place Georges Degroote) à Hazebrouck. Manifestation à laquelle vous êtes tous cordialement invités.
Ce volume de 352 p., tiré à 250 exemplaires, pourra être acheté sur place pour 25 €.
Il sera ensuite disponible :
- A la Bibliothèque du Comité, ouverte chaque vendredi de 14 h à 17 h30 à l'étage du musée des Augustins à Hazebrouck.
- Par courrier, accompagné du règlement (frais de port : 10 €), à adresser au Comité Flamand de France, BP 30203, 59524 Hazebrouck Cedex.
- Auprès de Marie-Christine et Patrick Bollier.




Dans sa présentation Patrick Bollier nous donne quelques détails sur : 
- De Jagt (ma seurtje) provenant d'une matelote, elle même extraite d'Alcyone de Marin Marais.
- Les origines du renouveau folklorique en Flandre, Marcel Couchy (1928-2015) et Anne-Marie Leroux son épouse qui sont à l'origine du groupe De Kadullen à Bailleul et Janine Ducornet (alias Alouette) qui a créé le groupe Pacotins et Pacotines à Boeseghem.
- Robert D'Aubat Saint Flour, maître à danser, auteur du recueil 100 contredanses en rond, en 1757 à Gand.


source : Wikipédia

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vendredi 3 mars 2017

Un nouveau blog

Consacré aux artistes oublié(e)s du Nord et du Pas-de-Calais, qui ne pouvaient trouver leur place sur ce blog.

Lietta Freckal & Sylvie St Clair
collection personnelle


Je commence par deux femmes, une Calaisienne et une Dunkerquoise. Deux chanteuses aux parcours très différents, la Calaisienne Lietta Freckal (Juliette Frère), n'aura pas la chance de prendre son envol, la Dunkerquoise Sylvie St Clair (Nelly Chauveau) fera une carrière inattendue et ignorée d'abord en Angleterre (sur les ondes de la BBC), puis au U.S.A.

lundi 20 février 2017

Réaction à propos de Musicarchives

Canter ché vivre !

Répertoire, place de la musique dans les sociétés anciennes, confirmation (ou non) d'une création spécifiquement régionale, traditions... en s'intéressant à des documents anciens, le projet Musicarchives ne peut pas laisser indifférents les lecteurs et rédacteurs d'un blog qui s'appuie sur des années de recherches, collectages, conservation, mise en valeur de documents sonores, manuscrits ou imprimés.
Il en avait déjà été question dans ces pages, annonce et compte-rendu d'une conférence chantée, d'une journée d'étude. Merci à Christian Declerck d'avoir diffusé ces informations !
Porté par Sophie-Anne Letellier, le projet Musicarchives s'intéresse aux chansons de carnaval possédées par la Médiathèque Jean Levy (ex Bibliothèque Municipale) de Lille. Au micro de Radio PFM, elle évoque leur découverte grâce à la thèse de Pierre Pierrard, et sa stupéfaction en découvrant la réelle ampleur et richesse de ce fonds.
émission à écouter ici
Parlons d'abord de la collection. Il ne s'agit pas de dizaines, voire de quelques centaines de chansons telles que recensées par Pierre Pierrard, mais de plus de 3 000 feuillets, témoins de la vitalité du carnaval lillois au XIXe siècle, du foisonnement des sociétés, lieux de socialibilité ouvrière, et des innombrables estaminets qui en étaient les sièges. Œuvre de sociétés chantantes, buvantes, d'entraide, etc. la chanson, tour à tour festive, anticléricale, burlesque ou revendicative occupe une place déterminante dans la vie quotidienne.

une société chantante devant l'épicerie-buvette G Debouver- Roubaix (coll. bn-r)

Vous ne serez point publiées par les journaux de tous les pays [...] Vous aurez pour bibliothèque la mémoire de l'ouvrier (Alexandre Desrousseaux - A mes chansons). Si l'auteur du Petit Quinquin voit ses chansons éditées et intégrer les bibliothèques, ce n'est pas le cas de la production de feuilles volantes écrite de façon anonyme ou sous pseudonyme à Carnaval. Le don des collections constitués par Fernand Danchin, érudit local, lors de son décès (1911), permet à la Bibliothèque Municipale de Lille de recueillir ces chansons. Elles rejoignent alors celles conservées par les Archives Municipales au titre de la censure sur les publications : nul ne pourra exercer, même temporairement, la profession de crieur, de vendeur ou de distributeur, sur la voie publique, d’écrits, dessins et emblèmes imprimés [...] sans autorisation préalable de l’autorité municipale. [...] Les dispositions ci-dessus sont applicables aux chanteurs sur la voie publique... L'achat de 400 nouveaux feuillets viendront compléter la collection en 2003.

assiette historiée série "Chansons lilloises de Desrousseaux" (coll. particulière)

Peu accessibles durant des décennies, dépourvues d'inventaire détaillé, les chansons sont traitées à la fin des années 1980 par Anne Marie Poncet, en charge du fonds régional. Chaque feuillet, doté d'une côte spécifique, est indexé de multiples entrées (titre, auteur, société, lieu, sujet...) permettant recherche et consultation sur place. Imprimés "bon marché" sur papier acide, les chansons sont guettées par la dégradation... Objet de "consommation immédiate", le feuillet, vendu dans la rue ou au siège de la société, n'avait certes pas vocation à "dépasser" le temps carnavalesque ! Pour assurer leur bonne conservation, les chansons sont déplacées dans des dossiers et emboitages de conservation neutres.
Le travail scientifique de classement étant réalisé, tout projet de mise en valeur devient nettement plus simple : exposition Canter ché vivre (mai-octobre 1988), tirage en fac-similé d'une centaine de chansons, vendues en pochettes thématiques. Des actions qui contribuent à faire sortir les chansons de l'ombre., et qui en suscitent d’autres, à l’initiative du public ou d’autres collectivités (documents pédagogiques, article…). Aujourd’hui, achevant le dispositif de conservation, la numérisation de la collection, dotée d'outils de recherche consultables sur les sites de la médiathèque numérique de Lille et de Gallica, permettrait diffusion et recherches !


couverture catalogue exposition Canter ché vivre (coll. particulière)


Est évoquée la construction d'une base de données sonores à partir d'une centaine de feuillets chantés par des chanteurs "volontaires". L'idée est séduisante, la mise en voix constituant un double moyen de les faire vivre : les textes étaient faits pour être chantés, l'oralité permettrait de redonner sens aux paroles patoises dont la forme écrite "bride" souvent la compréhension. 
Quelles seront les conditions et critères de ce choix ? Les chansons présentent évidemment des qualités inégales, mais on peut discuter de la présentation critique faite dans l'interview de certains thèmes récurrents. Ainsi, celui du mari qui se plaint de sa femme (ou l'inverse) présenté comme moins riche que d'autres plus anecdotiques. Rappelons qu'il fait partie du grand thème des mal-mariés, maris faibles (ou camanettes autoritaires, au choix), populaire s'il en est, inséparable de la tradition carnavalesque et du charivari, alimentant largement la chanson traditionnelle. Certains thèmes, par leur fréquence, pourraient porter aussi à réflexion. Tout comme, dans la Boîte à Musiques de Coérémieu, nous nous étions interrogés sur les similitudes de deux collectages "traditionnels" (ici et ), pour découvrir leur genèse, le texte d'un cordonnier lettré de Desvres, parions que ces chansons nous réservent des surprises. Qui sait ? la dernière chanson du collectage du SMABP, Min camarad' Flipot pourra peut-être bien trouver là sa filiation dans les multiples chansons de carnaval évoquant les déboires du petit peuple découvrant un nouveau mode de transport au milieu du XIXe siècle...
Plus délicat le problème de l'absence de musique. On chantait "sur l'air de", airs "anciens", de contredanses, de vaudevilles… L'intégralité de La Clé du Caveau (1811) est disponible sur internet, doublée des fichiers mp3. Un nombre significatif d'airs furent aussi empruntés aux compositeurs locaux, parfois édités en recueils comme dans le cas de Desrousseaux. La saisie informatique sera nécessaire, travail que les musiciens qui ne lisent pas les partitions connaissent ! Tous les airs ne seront pas trouvés ? Fort possible... Il faudra renouer avec la technique des chansonniers de l'époque, puiser dans les recueils, utiliser le "mode d'emploi".


Clé du caveau 1811

Chanter implique des chanteurs… Le projet est commencé. Il convient de préciser s'il est ouvert, et comment. Dans l'interview, Sophie-Anne Leterrier évoque les dangers des "gardiens de la tradition" en prenant de façon étonnante l'exemple de la pratique de la danse folk ! Il serait dommageable, voire incompréhensible, qu'apparaisse une doxa écartant de fait des musiciens, picardisants ou non, porteurs d'une réflexion ou d'une pratique parfois pré-existante au projet. La musicalité de la langue réside dans son oralité, le texte écrit n'étant qu'une codification partielle. Dès lors, le lien entre l'expérience d'appropriation contemporaine de ces chansons et l'écoute des collectages patois et chantés anciens apparait comme une évidence ; comme le musicien routinier écoute et apprend, à l'oreille, des anciens... Ce blog propose des collectages, mais d'autres dorment, au risque de l'oubli, voir de la destruction. Les localiser, inventorier, écouter complèterait assurément ce projet.
Reste le volet de la diffusion de ces enregistrements. L'outil serait l'auditorium npdc, lancé en octobre 2014. Est-il vraiment à la hauteur des enjeux ? Fréquemment aux abonnés absents, sa pauvreté rédactionnelle et numérique étonne. Absence de contact, de responsabilité éditoriale, de dates... Pages "publicitaires" sur quelques musiciens vivants, notices légères sur quelques musiciens morts, approximations, fiches non datées, comme celle de De Kadullen, citant au présent le verso d'un 45t, formation musicale en région réduite au seul le Conservatoire de Douai... Certes, il est question d'un site participatif, mais la mayonnaise, faute d'ingrédients de qualité, et de lien avec le terreau musical régional, n'a pas pris. Deux ans après, l'outil revendiqué de valorisation du patrimoine musical régional parait avoir fait long feu ; il suffit de comparer ça et ça. Les pages Facebook et Twitter ne changent rien à l'affaire, elles ne sont plus alimentées depuis 2015.
Repenser les modalités de diffusion est peut-être un choix à faire. On peut discuter le fait que ces chansons de carnaval, imprimées hier et chantées aujourd'hui de manière suscitée, ne s'inscriraient ni dans la pratique des collectages, ni dans celle des chansons traditionnelles. Chantés dans une relation non commerciale, ces enregistrements non édités répondent cependant à la définition du patrimoine immatériel, comme "pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire (...) que les communautés, les groupes, et le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel " (UNESCO -1972).
A ce titre, le projet pourrait avoir un rôle moteur pour (re)poser sérieusement la question de la sauvegarde et de la mise en valeur des ressources sonores existant en région. La FAMDT et la BnF ont créé en 2011 un portail dédié à la sauvegarde et la valorisation des archives orales inédites. Un outil partagé qui préserve l'identité de chaque structure partenaire, lui laissant entière possibilité de mise en valeur spécifique des ses collections (focus sur une chanson ici, un dossier thématique ...) tout en favorisant par un traitement documentaire unifié, la mise en réseau des différentes régions, et une consultation en ligne facilitée. Ce cadre constituerait certainement un appui et une expérience de taille pour répondre aux enjeux qui sont posés.

Carte des régions et structures couvertes par le portail Patrimoine Oral


Il y a quelques temps, nous écrivions : des trésors de littérature orale, de culture traditionnelle et populaire dorment. Souvent rassemblés par des passionnés, ils pâtissent de la fragilité des supports, de la difficulté de leur utilisation, comme sujet d’étude, d’analyse ou d’inspiration. Sans valeur marchande apparente, ils peuvent disparaître sans causer le moindre bruit. Il est plus que temps de trouver un cadre assurant les moyens de sauvegarde, de protection et de diffusion de l’ensemble de cette mémoire... 

Chiche ?

Agnès Martel (Coérémieu)
16/02/2017


vendredi 17 février 2017

Le mystère du 421

toutes les illustrations, collection personnelle


Le 421 c'est le nom de l'estaminet d'Alphonse et Zulma, et c'est le lieu d'une enquête policière. D'abord écrite pour le théâtre, Simons a repris cette pièce pour en faire le scénario de son deuxième film, son premier long métrage, produit par la société lilloise Bruitte et Delemar en 1936.



Voici des extraits du matériel publicitaire proposé à la presse, affiches, photos, petits formats, mais aussi critiques rédigées et autres commentaires élogieux.







En prime une chanson extraite du film, captée au siècle dernier lors d'une projection, interprétée par le duo Simons et Line Dariel, accompagné par le virtuose lillois V. Marceau et le chœur des acteurs.











Dans la pièce il y avait cette chanson qui n'a pas été reprise dans le film.




vendredi 3 février 2017

Le projet Musicarchives





Le projet Musicachives est un projet de recherche mené par Sophie-Anne Leterrier dans le cadre du laboratoire CRHES de l'Université d'Artois, avec le soutien du Ministère de la Culture, en 2015-2016, en partenariat avec les Archives départementales du Nord et du Pas-de-Calais, et le CRLL. 

Ce projet consiste en recherches sur les musiques populaires du Nord-Pas-de-Calais, et en valorisation d'une partie des fonds de chansons anciennes des médiathèques de la région, grâce à des interprétations, des enregistrements, à terme une base de données. 

Une partie des enregistrements réalisés sont disponibles sur ce blog, la liste est indiquée à la fin de ce document, après une courte présentation du contenu du projet.

Les musiques populaires, actualité et mémoire.
La chorale, la fanfare ou l'harmonie est dans la région, du Nord-Pas-de-Calais, une pratique musicale authentiquement populaire. Encore aujourd'hui, c'est dans cette région qu'existent le plus grand nombre de fanfares, harmonies et batteries-fanfares. Cette pratique, parfois objet de condescendance, offre l'exemple d'une véritable passion musicale populaire. Elle résulte d'une histoire longue. Les sociétés chantantes accompagnent la vie ouvrière depuis le XVIIIe siècle. Les premières sociétés philharmoniques sont apparues dans le département du Nord dès la Restauration, mais c’est sous le second Empire, et plus encore au cours de la troisième République que les associations chorales, puis instrumentales, ont connu un véritable essor. Elles fondaient leur existence sur un règlement et des statuts précis, reflets des motivations de leurs fondateurs et de l’esprit qui les animait : soif d'art, de sociabilité et de progrès social.
Les sociétés musicales du Nord-Pas-de-Calais sont à la fois l'expression de cultures communautaires, de culture de classes, de cultures de métier, et un moyen de diffusion de la culture nationale et des valeurs de la démocratie. Dans les sociétés chantantes urbaines, une partie du répertoire s'exprime en dialectes. Le picard est resté très vivace dans le peuple. Les chansons sont au XIXe siècle l'un des moyens de sa conservation et de sa propagation. La plupart évoquent les mœurs et le quotidien des paysans, le travail textile ou la vie dans les corons, de manière humoristique, voire burlesque. Elles visent l’anecdote et révèlent une volonté de peindre la vie quotidienne des quartiers ouvriers et des campagnes. Il s’agit rarement de dénoncer la misère, mais plutôt de lui échapper par le rire. Une autre partie du répertoire des sociétés musicales, plus importante à partir des années 1880, s'exprime en français, et les orphéons sont des instruments actifs d'unification linguistique du territoire. 

Des patrimoines vivants.
L'histoire des sociétés musicales du Nord-Pas-de-Calais a accompagné toutes les mutations du territoire - mutations économiques, sociales, culturelles. Ce n'est pas seulement une histoire ancienne. Au XXe siècle, de nouveaux courants sont apparus, dans la mouvance des événements de mai 1968, autour d’artistes qui voulaient revivifier la chanson patoisante régionale (tel Edmond Tanière, de Fouquières-lez-Lens, 1937-1991). De néo-fanfares se constituent, brassant les influences musicales et les styles. Les sociétés musicales populaires, que l'on croyait surannées ou résiduelles, deviennent un objet social contemporain. 
Un certain nombre de manifestations sont organisées par les acteurs publics, ponctuellement ou régulièrement, pour révéler les richesses de l'histoire de ces sociétés, leur donner des espaces d'expression, des moyens, les mettre en valeur. Plusieurs structures culturelles, artistiques ou muséales du territoire s'intéressent à la dimension musicale à travers les pratiques populaires, notamment Culture Commune, et le 9-9bis dans le bassin minier.
Notre projet part du présupposé selon lequel le patrimoine musical est un élément non seulement d'histoire, mais d'identité ; pas un vestige, mais un acte d'énonciation, de partage. Les sociétés musicales actuelles ont donc tout à gagner à se réapproprier leur histoire et leur patrimoine, non pas pour le sanctifier pieusement, mais pour l'explorer, le mettre en jeu, le réinventer. Notre projet vise à présenter et mettre en débat des sources peu connues et difficiles d'accès. 
Au niveau national, la Bibliothèque nationale conserve et valorise des sources musicales très variées, notamment des milliers de partitions et de petits formats de chansons. Ce corpus est resté longtemps peu accessible, la numérisation des catalogues des fonds musicaux n'ayant abouti à leur intégration au catalogue général de la BNF que depuis quelques mois. Au niveau régional, les archives et les bibliothèques renferment des trésors, particulièrement la médiathèque Jean Lévy de Lille en ce qui concerne les chansons de carnaval. Serge Dillaz, auteur de référence sur l'histoire et la sociologie chansonnière a contribué à la valorisation de certaines pièces. Les médiathèques mènent un travail de longue haleine de valorisation de leurs fonds musicaux.  Créé en 1982 à la médiathèque de Roubaix, le fonds local et régional sonore a pour but d'archiver tous les enregistrements sonores concernant le Nord-Pas-de-Calais. Dans le contexte d’une mission de coordination régionale confiée en 2011 au conservateur d’Etat de la médiathèque de Roubaix et des objectifs généraux du CRLL Nord-Pas de Calais, une plate-forme de coopération régionale a été mise en place en 2012. Le portail baptisé "Auditorium Nord - Pas de Calais" est opérationnel depuis le 2e semestre 2014.

Contenu du projet Musicarchives
Notre projet repose sur l'articulation entre le travail de recherche et la valorisation, sur deux axes complémentaires, l'un de contextualisation des pratiques musicales populaires, l'autre de connaissance et de mise à disposition de répertoires. 
Le premier axe vise à explorer et à valoriser une partie des sources archivistiques relatives aux sociétés musicales, conservées dans les centres d'archives départementales, dans le Nord et le Pas-de-Calais. Cette exploration vise surtout à mieux contextualiser les pratiques musicales, dans leur géographie, dans leur chronologie, et leurs enjeux.
Le deuxième axe du projet concerne d'abord les chansons populaires. Les fichiers chansons de la médiathèque Jean Lévy sont d'une richesse exceptionnelle. La possibilité de les faire entendre (sous forme de fichiers MP3) sera certainement une impulsion à leur diffusion. Elle n'est pas limitée par des questions de droits, dans la mesure où la plupart des textes sont dans le domaine public et où les mélodies ne sont presque jamais originales, (ce sont presque toujours des "airs connus" répertoriés dans les éditions successives de la Clé du Caveau, en ligne sur Gallica à la BNF.)
Le programme mis en œuvre passe d'abord par l'inventaire, puis par la numérisation de certains de ces documents, pour aboutir dans un second temps à la constitution d'une base de données, construite de façon à permettre des entrées thématiques sur le sujet, mais aussi à documenter de façon précise l'existence de plusieurs sociétés. 


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Vous pouvez télécharger ici une partie de ces chansons, dont voici la liste : 

- Un Admirateur des Cricks-Mouls, de Ch. Decottignies, air : « Ramonez-ci, ramonez-là » (Bruno Richardot) 

- Les Affaires d'Italie racontées par Césarine, de Ch. Decottignies, air du « Dieu des bonnes gens » de Béranger (Sophie Anne Leterrier)

- L'Arbre de la liberté, d'Eugène Pottier, air inventé par Marie-Hélène (Marie-Hélène Boulaire)

- Les Avantages d'être jeune fille, de Ch. Decottignies, air « Les plaisirs du village » (Judith Fages)

- Les Bonnes gens de Saint-Sauveur, paroles et musique de Desrousseaux (Jean-Claude Vanfleteren)

- Le Café, paroles et musique de Desrousseaux (Jean-Claude Vanfleteren)

- Chanson de la fête d'Arras 1926 (Béatrice Coton et Hervé Diéval)

- Chanson entre chien et loup, de Jehan Faber (Marie-Hélène Boulaire)

- Chanson qui n'en est pas une, air « Pierrot partant pour la guerre » (Vincent Chevallier)

- Les Coiffures à la chienne, musique de « Un vrai comique », de Grimonprez (Marie-Hélène Boulaire)

- La Comète de 1857, de Desrousseaux (Marie-Hélène Boulaire)

- Couqu'baque et l' marché à terme, de Babylas, air de « Gloire au père de tous les ouvris » (Marie-Madeleine Vaillant)

- Les Danses d'aujourd'hui, de  Ch. Decottignies, air nouveau de Philippe, (Philippe Decomble)

- Le Discours d'un Français, de Gérard Huleux musique Bruno (Bruno Richardot)

- Les Droits d'auteurs, ou l'impôt sur la musique,  de Ch. Decottiginies, sur l'air du tra (Marie-Madeleine Vaillant)

- Les Femmes au pouvoir, de Henri Tanche, air de « L'Homme né coiffé » de Desrousseaux (Judith Fages)

- Une femme discrète, paroles et musique de Desrousseaux (Jean-Claude Vanfleteren)

- La Femme d'un coulonneux, paroles et musique de Desrousseaux (Sophie A. Leterrier et Jean-Claude Vanfleteren)

- L'Habit d'mon vieux grand-père, paroles et musique de Desrousseaux (Jean-Claude Vanfleteren)

- L'Histoire d'une camanette, paroles et musique de Desrousseaux (Jean-Claude Vanfelteren)

- L'Hiver, de Desrousseaux, air des « Gueux » de Béranger (Sophie A. Leterrier)

- Hue Dada, paroles et musique de Desrousseaux (Jean-Claude Vanfleteren)

- Le Jour des noces, paroles et musique de Desrousseaux (Jean-Claude Vanfleteren)

- Journées de février 1848, air de « La Faridondaine » (Sophie A. Leterrier)

- Liquette, de Desrousseaux (Sophie A. Leterrier et Jean-Claude Vanfeletren)

- Le Magnétiseur, d'A. Dillys, air du Petit sergent sans moustache de Desrousseaux (Hervé Dieval)

- Le marchand de pommes de terres frites, paroles et musique de Desrousseaux (Jean-Claude Vanfleteren)

- La Mort d'Azor, paroles et musique de Desrousseaux (Sophie A. Leterrier et Jean-Claude Vanfleteren)

- La Révolution des femmes, de Henri Tanche, air de « Mimi l'Amour » de Desrousseaux (Judith Fages)

- L'Utilité du balai, de Théophile Lerouge, sur l'air du cordonnier (Jean-Claude Vanfleteren)

- La Valse ratière, de Camille B., air de la « Valse des mômes » (Marie-Hélène Boulaire et Hervé Diéval)

- La Vieille dentellière, paroles et musique de Desrousseaux (Sophie A. Leterrier et Jean-Claude Vanfleteren)


Chansons anciennes de carnaval

mise à jour le 3 février 2017

Conférence chantée, présentée par Sophie Anne Leterrier


  


Conférence chantée du 21 mai 2016, médiathèque Arras, 
Florilège de chansons de carnaval anciennes du Nord-Pas-de-Calais


La chanson au XIXe siècle vit dans la rue. Écrite par des pauvres, des illettrés, souvent anonyme, sur des airs connus, elle appartient à tous. Dans la métropole lilloise, les chansons naissent dans les sociétés, dont le siège est un cabaret. Elles circulent surtout oralement, mais sont éditées à l'occasion du carnaval, qui consiste en une sortie générale des sociétés.
Ces chansons parlent de tout ce qui fait le quotidien de leurs auteurs, évoquent les événements du jour, les fêtes, dessinent des types populaires. 
Nous vous proposons d'en découvrir quelques-unes, à l'occasion d'une conférence chantée de Sophie Anne Leterrier (professeur d'histoire contemporaine à l'Université d'Artois) qui présentera et fera entendre une quinzaine de chansons inédites, grâce à des interprètes amateurs, venus de l'association Didouda (Arras) et du chœur Cœli et Terra (Roubaix). 
La sélection des pièces et le  travail d'interprétation ont été réalisés dans le cadre d'un projet de recherche intitulé Musicarchives, visant à valoriser les fonds de chansons anciennes des médiathèques régionales, notamment de Lille et d'Arras.

La conférence est à télécharger ici

Programme : 
1. Chanson qui n'en est pas une (BM Lille, Danchin VI.1839.1) 1839
Anonyme / Air : Pierrot partant pour la guerre
Interprète : Vincent Chevallier

2. Les Marchands d' canchons (BM Lille, 44186.1887.23) 1887
C. Decottignies / air de "Mimi l'Amour" (Desrousseaux)
Interprète : Philippe Decomble

3. Les Droits d'auteurs ou l'impôt sur la musique (tiré d'un recueil)
C. Decottignies / Air du tra
Interprète : Marie-Madeleine Vaillant

4. Le Café (tiré d'un recueil)
Paroles et musique d'A. Desrousseaux
Interprète : Jean-Claude Van Fleteren

5. La Bière (Programme "Vivat", Chapelle des Flandres, 2004)
C. Bodart-Timal / E. Jura
Interprète : Bruno Richardot

6. Les Frites (Programme "Vivat", Chapelle des Flandres, 2004)
C. Bodart-Timal / E. Jura
Interprète : Bruno Richardot

7. La Comète de 1857 (tiré d'un recueil)
Paroles et musique d'A. Desrousseaux
Interprète : Marie-Hélène Boulaire

8. Le Magnétiseur (BM Lille, 44186.1883.22) 1883
Air de "Le Petit sergent sans moustache" de Desrousseaux
Interprète : Hervé Diéval

9. Les Danses d'aujourd'hui (tiré d'un recueil)
C. Decottignies / air de Philippe Decomble
Interprète : Philippe Decomble

10. Les Coiffures à la chienne (BM Lille, 44186.1882.5) 1882
Air de "Un Vrai comique" de Grimonprez
Interprète : Marie-Hélène Boulaire

11. L'Arbre de la liberté
Paroles E. Pottier
Interprète : Marie-Hélène Boulaire

12. Fête d'Arras 1926 (Médiathèque Arras, Fonds patrimonial, )
Air du Carillon de Dunkerque
Interprètes : Béatrice Coton et Hervé Diéval*

13. Les Avantages d'être jeune fille (tiré d'un recueil)
Air des "Plaisirs du village"
Interprète : Judith Fages*

14. La Femme d'un coulonneux (tiré d'un recueil)
Paroles et musique d'A. Desrousseaux
Interprète : Jean-Claude Van Fleteren

15. Les Femmes au pouvoir (BM Lille, 44186.1911.5) 1911
Henri Tanche / Air de 'L'Homme né coiffé" de Desrousseaux (cf. n°8)
Interprète : Judith Fages

16. Les Roubaignos sont toudis-là (Programme "Vivat", Chapelle des Flandres, 2004)
C. Bodart-Timal / A. L. Doyen
Interprète : Marie-Madeleine Vaillant

17. Le Chute du beffroi (Médiathèque Arras, Fonds patrimonial) 1914
F. Guilbert / H. Augé
Interprète : Béatrice Coton**

* Ces chansons sont accompagnées à l'accordéon par Philippe Decomble. 
**Pour cette chanson, l'accompagnement piano est interprété par Constance Chudzinski.