vendredi 16 novembre 2018

Un violoneux cambrésien





Cette photo, parue dans le livre de Géry Herbert Le Folklore du Cambrésis, publié en 1978 par le Musée de Picardie, provient du fonds Delloye nous précise l'auteur.
Ernest Delloye (1844-1898) était un journaliste et collectionneur qui a légué toute sa collection de documents à la bibliothèque de Cambrai. En tout 134 liasses d'archives portant sur des sujets divers dont les arts du spectacles.
Parmi ces documents, Géry Herbert a extrait cette photo représentant un violoneux. S'il l'a intégrée à son étude sur le folklore c'est qu'il avait de forte présomption qu'elle avait un lien avec la région de Cambrai.
Ernest Delloye a aussi écrit ce recueil de textes "Variétés Cambrésiennes" initialement parus dans le journal L'Emancipateur.

Christian Declerck

dimanche 4 novembre 2018

La fête de la St Martin à Dunkerque






Au début du XXe siècle, la municipalité de Dunkerque a décidé de relancer, et encadrer, cette ancienne tradition locale. Emile Debacker nous en donne un historique.





Il nous décrit une fête identique qui existe à Düsseldorf


illustration fortement inspirée d'un tableau de Heinrich Hermanns



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Les illustrateurs locaux Fernand Brasseur (1887-1965) et Albert Gysel (1877-1947), participent à ce renouveau :






mais la presse s'en était déjà fait écho dès 1898

La Loire Républicaine


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Pour compléter, un livre à consulter en bibliothèque : Saint Martin dans tous ses états, par Muriel Allaert-Degunst et Jean-Pierre Mougel




et pour les plus jeunes, disponible uniquement chez l'auteure Sophie Verhille et pour les Dunkerquois à la Mare aux Diables.

L'âne de Saint-Martin


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La préparation de la fête à Hondschoote à la fin des années 1990. Au journal télévisé régional de France3 présenté par Stéphane Lippert. On aperçoit le maire, M. Claude Gosset



un reportage d'E. Galand, G. Vandamme, B. Bugnicourt et C. Deschamps


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et en Allemagne ?




dimanche 28 octobre 2018

Ernest Bacquet, percepteur et compositeur

Ernest Bacquet est probablement le premier à traduire et harmoniser les chants populaires flamands collectés par Edmond de Coussemaker.


collection Christophe Plovier


Honoré Louis Ernest Bacquet est né à Dunkerque en 1852. Fils de Louis Félix (libraire, relieur) et Isabelle Deschamps tous les deux originaires de Dunkerque. Son frère aîné Albert, reprendra le commerce de son père, 32 rue Nationale. Ernest épouse Jeanne Payen à Cousolre en 1888, ils auront 8 enfants (7 filles et un garçon), ce qui vaudra à Mme Bacquet une médaille de bronze de la Famille Française en 1929… 

On ne connait rien des études ni de la formation musicale d'Ernest Bacquet. Sa carrière de fonctionnaire nous est connue par les nombreuses mutations mentionnées dans la liste des membres de l'Union Faulconnier. Il est tour à tour percepteur à Cousolre (1885-1886) ; Bailleul (1888-1900) ; Bavay (1901-1906) ; Englefontaine (1906-1910) et enfin à Spincourt dans la Meuse de 1911 à 1920 où il demeure toujours en 1930 lors du mariage de son fils.
C'est vers 1890 qu'il compose une harmonisation sur des chants populaires comme le relate le Bulletin du Comité Flamand du 18 juin 1890 « frappé de l'harmonie naïve et originale des anciens airs populaires chantés jusqu'en ces derniers temps en Flandre Maritime, [Ernest Bacquet] a écrit, pour cinq d'entre eux, un accompagnement de piano, les mettant ainsi à la portée de tous. Pourquoi n'auraient-ils pas leur place dans la musique des salons, aujourd'hui surtout que l'on y fait entendre de vieux airs bretons et lorrains, auxquels ils ne sont certainement pas inférieurs. M. Bacquet, voulant faire connaître nos vieilles chansons flamandes hors de notre province, les a traduites d’une manière littérale ; chaque mot français vient y prendre la place du mot flamand correspondant et la musique naïve de nos pères s'adapte parfaitement à la phrase nouvelle. »
La première édition de 1898, chez J. Ficheroulle à Bailleul, est conservée à la BNF. Après la guerre ces chants sont de nouveau publiés dans la revue d'André Chenal : Nos Chansons Françaises.
Il compose et écrit plusieurs chansons qui sont également publiées dans la même revue, voir la liste à la fin de cet article.



Par ailleurs il a écrit deux articles pour le Bulletin de l'Union Faulconnier (société historique de Dunkerque) : Un humoriste dunkerquois, Victor Simon (1901) et Notice sur Julien Pieters, poète et professeur (1902). Il est également en lien avec le folkloriste Achille Millien pour qui il compose la musique de sa chanson Petites litanies de Jeanne d'Arc en 1916.
La date et le lieu de son décès ne nous sont pas encore connus, ainsi que ceux de son épouse. Son fils Paul est mort à Châteauroux en 1973 et une de ses filles, Gabrielle, est morte célibataire à Maubeuge en 1980.

Christian Declerck

Merci à Christophe Plovier pour le prêt de ses documents


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Catalogue des œuvres d'Ernest Bacquet :
- L’Adoration des mages, chant populaire recueilli en Flandre Française, par Ed. Coussemaker, accompagnement et traduction de Ernest Bacquet, Nos Chansons Françaises, janvier 1926
- A quatre mains, paroles et musique d’Ernest Bacquet, NCF mars 1927
- L’Arbre de Noël, chœur à deux voix égales, paroles et musique d’Ernest Bacquet, NCF décembre 1924
- Le Bataillon scolaire, défilé pour piano, à Monsieur A. Jennepin, instituteur communal à Cousolre, Dunkerque, lith. H. Brasseur, BNF VM12-1882 (1883)
- Chant de Pâques, paroles et musique de Ernest Bacquet, NCF avril 1928
- Chants populaires des Flamands de France, 1ère série Noëls et cantique, 2e série Noël, Bailleul, Ficheroulle, BNF VM7-112387 (1898)
- Le Départ des cloches, chanson pascale, poésie de Jean Richepin, NCF avril 1926
- Le doux nom (Den soeten naem), chant populaire flamand recueilli par Ed. de Cousssemaker,
accompagnement et paroles françaises d’Ernest Bacquet, NCF janvier 1937
- L’Immaculée Conception, chant populaire du XVIIe siècle, recueilli à Bailleul, harmonisation et paroles françaises d’Ernest Bacquet, NCF novembre 1935
- Invocation à Sainte Cécile, duetto pour voix égales, paroles et musique de Ernest Bacquet, NCF novembre 1925
- Monsieur Printemps, duetto, poésie de Prosper Blanchemain, NCF mai 1924
- Le Nouveau né (Het nieuw geboren kind), noël du XVe siècle traduit du flamand, recueilli par Ed. de Coussemaker, harmonisé par Ernest Bacquet, NCF décembre 1925
- Ode à Jeanne d’Arc, inédit, paroles et musique d’Ernest Bacquet, NCF mai 1925
- Petites litanies de Jeanne d’Arc, paroles d’Achille Millien, musique d’Ernest Baquet, Paris, Maison de la Bonne Presse (1916),  BNF 4VM1-19(90)






jeudi 25 octobre 2018

Carillon, orgues et coqueleux, la fête en Flandre

Une émission de Ruth Stégassy, diffusée sur France Culture en décembre 1988


le carillon ambulant © Christian Declerck



La fête à Dunkerque par Ruth Stégassy

- Jacques Lannoy nous parle du carillon "l'âme sonore de la cité" et de l'origine populaire de son répertoire
- les traditions St Martin, les géants, les combats de coqs
- Entretien avec Albert Ameloot, ancien boucher, propriétaire et créateur du café Aux Orgues à Herzeele. Ses grands parents et ses parents tenaient un bal ambulant avec un orgue mécanique. Puis il a joué avec son frère Jean Marie, professeur d'accordéon et compositeur. Les orgues Mortier du bal sont de 1912, de 1926 et celui avec l'accordéon de 1939.
- La sociabilité dans les villages
- Combats de coqs au pied du mont Cassel, mais sans son en direct car les spectateurs ont refusé l'enregistrement. Un ancien coqueleux raconte l'élevage du coq de combat, choix de la race, alimentation, choix des "bons" coqs, les armes de combat de 4,9 cm à 8 cm en fonction du poids du coq. Description du combat. Les spectateurs et les paris, fonctionnement des mises à prix.


avec le concours de l'ASSECARM

téléchargez ICI



orgue Mortier 1926 d'Herzeele 


concours de coqs en Flandre


La fête des rois en Flandre

mise à jour 25 octobre 2018 : deux photos signée Biebuyck 

Article paru dans Le Nord Illustré du 15 janvier 1910


"C’est une fête particulièrement populaire dans notre région où, malgré quarante ans de République, on tire encore les rois… Nous disons "malgré quarante ans de République" car sous l’Empire les billets du roi étaient jugés suspects, s’il faut en croire les très curieux "billets de l’Empereur" qu’il nous a été donné de voir récemment dans la collection de M. Pierre Decroix. On goûtera donc ce récit d’une des formes pittoresques sous lesquelles se présente la fête des rois en Flandre. Il est écrit par M. André Biébuyck, fils du distingué maire de Vieux-Berquin, et par conséquent bien placé pour connaître cette région fertile en vieilles coutumes.

Les Rois Mages à Meteren

Elles s’en vont, elles disparaissent, les bonnes vieilles coutumes qui firent la joie de nos pères. Le progrès les chasse, et bientôt elles n’existeront plus même à l’état de souvenir. En certains coins de Flandre pourtant, où la langue française n’a pas encore réussi à s’implanter complètement, il en subsiste quelques unes, derniers vestiges d’une époque moins prosaïque que la nôtre.
L’une d’entre elles se pratique encore annuellement lors de la fête de l’Epiphanie.
Ce jour là, le jour des Rois, s’en vont dans certains villages du canton de Bailleul, des jeunes gens aux costumes inattendus. Tout de blanc habillés, pantalon et chemise constellés d’étoiles de papier multicolores, coiffés d’un chapeau décoré de même et autour duquel pendent des dentelles, ce sont les "Rois Mages" qui s’en vont de porte en porte chanter l’antique complainte de l’Etoile de Bethléem. L’un d’eux tient au bout d’un bâton une roue ornée de fleurs et de rubans, qu’il fait tourner, à la grande joie des gamins qui les accompagnent. On les accueille avec plaisir les "Sterreken", et il n’est pas de maison, où ils ne reçoivent du pain, des gâteaux ou quelques sous. Ce qu’ils racontent, c’est l’histoire de la nativité et de l’arrivée à Bethléem des Mages conduits par l’étoile miraculeuse.

Avec l’étoile arrivèrent trois rois
De terres étrangères, de très loin

La traduction ne pourrait rendre que très imparfaitement la charmante simplicité de cette chanson. Certains couplets sont d’une naïveté délicieuse. Dans la crèche, la Vierge avec l’Enfant Jésus et Saint-Joseph sont mourants de faim alors…

Marie va dans la boulangerie
Achète un petit pain et le partage en trois

Et cela se chante sur un vieil air, composé en même temps que les paroles par quelque Liedzanger inconnu.

Aussi la traduction française ne s’adapte-t-elle que très imparfaitement à cette mélodie qu’il faut avoir entendu avec les accentuations rudes et gutturales d’une langue germanique pour en goûter tout le charme étrange.
Combien d’années encore verrons-nous les "Rois Mages" Le français gagne de jour en jour. Le flamand s’en va et avec lui les vieux usages qui y étaient trop intimement liés pour pouvoir vivre sans lui.
Si vous voulez voir les "Sterreken" allez à Meteren en Flandre le jour des rois."

Texte et photographie d’André Biébuyck

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J'ajoute ces deux photos signée Biébuyck, parues dans une revue (titre inconnu, ca 1950)



Une étude sur les chant des Rois Mages par Florimond Van Duyse (en néerlandais)
Les "rois mages" contemporains ici

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Une autre image, capture d'écran de la télévision, de mauvaise qualité hélas, lors d'une série de diffusion de documents des années 1960 sur la télé régionale France3

dimanche 30 septembre 2018

Les frères Colpaert et le carnaval de Bailleul

mise à jour 1/10/2018 : un commentaire d'Agnès


Le Carnaval bailleulois (1855)
source : Gallica


Auguste Colpaert, publiciste et musicien, est né à Bailleul le 11 novembre 1823. Fils de Jean Louis, officier d'infanterie, chevalier de la Légion d'Honneur et Julie Vanlerberghe. En 1848 il épouse Elise Detraux, dunkerquoise née en 1830.
Il fait en partie ses études à l'Institution Derode de Lille. Après avoir exercé le commerce à Dunkerque vers 1850, il se fixe à Lille en 1865. Il a publié avec son frère Emile, chargé d'une mission scientifique dans l'Amérique du Sud, une série d'études économiques, géologiques et ethnologiques sur le Pérou, notamment dans la Revue scientifique des Deux Mondes et dans le Bulletin de la Société Impériale d'acclimatation ; il a inséré aussi différents articles dans le Siècle, l'Orphéon Illustré, le Journal de Soissons, l'Indicateur d'Hazebrouck, le Progrès du Nord, l'Echo du Nord, la Bailleulloise, etc. Il a écrit, sous le titre de Voyage poétique sur le lac Léman, une sorte de guide en vers dédié aux excursionnistes, et a rassemblé en un volume intitulé Heures perdues, une série de poésies légères qui ont paru dans divers petits journaux littéraires. M. Colpaert a de plus édité, chez Cartereau et chez Heu, à Paris, un certain nombre de fantaisies pour piano et violon : La Mouette, Dame Jeanne, Mariel'Aa, et un Andante Cantabile et rondo flamand op. 7 (1858). Il est mort à Lille le 15 mai 1871.
Son frère Emile est né à Bailleul le 1er octobre 1830. En 1853 il fonde la société qui organise le premier carnaval de Bailleul, dont on dit qu'il a écrit la chanson Gargantua*, ainsi que, en 1851, les paroles d'un chœur-cantate** intitulé La Bailleuloise***, musique de Henri Séname (1829-1913) greffier de paix à Bailleul. Puis, entre 1859 et 1864, il entreprend des voyages d'exploration au Pérou. Il aurait disparu au cours d'un second voyage au Pérou.

Christian Declerck 


* Une étude sur l'origine de l'air de ce carnaval sur le site de Coérémieu
** les pages manquantes sont ici, erreur signalée à la BNF qui n'en a cure…
*** vous pouvez écouter ces chants sur le site du Carnaval de Bailleul

source : Hippolyte Verly, Essai de biographie Lilloise contemporaine 1800-1869 + recherches généalogiques habituelles



collection Christophe Plovier

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Agnès, lectrice fidèle du blog, m'a fait parvenir ce commentaire très intéressant :

Gargantua Galaffre... des mystères à crever ?

La lecture attentive de la page consacrée aux frères Colpaert laisse place à une interrogation. Qui est vraiment l'auteur de la chanson, texte et musique, du Carnaval Bailleulois ? Est-ce le prénommé Auguste, ou son frère Emile... On sent l'arrivée possible de courriers indignés exigeant une réponse à cette question !

Déjà, la chanson porte, au gré du temps, différents noms. Le site de la Société Philanthropique donne à écouter deux enregistrements tirés d'un enregistrement des Loups, portant le premier le titre Air du Géant Gargantua Galaffre, le second Le Géant 1995, date de l'enregistrement. Mais elle est appelée aussi appelée Air du Géant, voire Chanson de Gargantua...
Le petit format, consultable sur le site Gallica et reproduit par Christian sur sa page, le confirme cependant. Le Carnaval Bailleulois, composé à l'occasion de la Fête Philanthropique de Bailleul, dédiée à la Société des Orphéonistes de Bailleul, a pour seul auteur mentionné Auguste Colpaert. Le document est arrivé dans les collections de la Bibliothèque Impériale de l'époque, par le biais du dépôt légal, acte obligatoire de contrôle des publications imprimées. C'est d'ailleurs ce que nous avait indiqué le président de la Société Philanthropique du Carnaval lors de la rédaction de notre Boîte à Musiques.
Pourtant, si Auguste, auteur d'une chanson chantée encore aujourd'hui, ne fait l'objet d'aucune citation sur le site de la Société Philanthropique du Carnaval de Bailleul ou sur celui du Cercle d'Histoire et d'Archéologie de Bailleul, son frère Emile y apparait, mentionné comme fondateur en 1853 de la Société Philanthropique. C'est cette société qui organise son premier carnaval en 1855, date par ailleurs du dépôt légal de la chanson. 
En 1921, sous la plume de Jérôme Picheroulle, dans la revue régionaliste Le Beffroi citée par Christian, c'est Emile Colpaert qui est donné comme auteur de la poésie et de la musique du Carnaval Bailleulois, appelé cette fois-ci Chanson de Gargantua ! Est-ce sur la base de cet article que le Cercle d'Histoire et d'Archéologie de Bailleul attribue aussi de fait la paternité de la chanson à Emile, renvoyant Auguste aux oubliettes ? Y a-t-il eu brouille ou embrouille entre les deux frères ? Bien malin qui pourra le dire... En l'état actuel, il faut donc s'en tenir à ce que nous fournissent comme indications les documents d'archives, en maniant tout ça avec précaution ! 
Emile Colpaert fut, comme son frère, auteur musical. Christian nous apprend qu'il écrivit les paroles de La Bailleuloise, choeur-cantate pour 5 voix d'hommes, sur une musique d'Henri Séname. 
Mais ici aussi, la chanson apporte son lot de mystères ! La chanson est imprimé à Lille en 1851 selon la notice de Gallica, sur la base de la lecture du tampon du dépôt légal. Cependant, deux pages manquent. Apparaissant sous une autre côte toujours dans Gallica, et identifiées par Christian comme faisant partie de la partition, elles sont sans mention d'auteur, et surtout avec la date de 1855, ce que confirme le cachet apposé en bas du premier feuillet :



Que croire ? Paradoxalement, la comparaison entre les deux partitions va peut-être aider à éclaircir les choses... 
Ici le tampon de dépôt légal de la Bailleuloise :


Et ici celui du dépôt légal du Carnaval Bailleulois :


Le cachet de la préfecture du Nord n'était pas bien propre cette année-là, le dernier chiffre est un gros pâté ! Quant au cachet apposé sur la partition du Carnaval Bailleulois, il est identique à celui apposé sur les deux pages "orphelines" de La Bailleuloise. Il confirme définitivement la date de 1855, commune aux deux chansons.

On peut aller plus loin, constater que les deux chansons portent des n° consécutifs. Qu'elles ont été tous deux imprimées par l'imprimeur-lithograveur Dubois à Lille qui en fit le dépôt au Dépôt Légal du Nord en début d'année 1855 comme en atteste les n° 3 et 4, soit peu de temps avant le démarrage de Carnaval...
Alors octroyons la paternité de La Bailleuloise reconstituée à Emile, et du Carnaval Bailleulois à Auguste. Et que la BNF prenne le temps nécessaire pour rabibocher les deux morceaux de la Bailleuloise et la dater correctement, afin de rendre à Emile et Henri la paternité entière de leur oeuvre ! Voilà, Voilà, Voilà Gargantua ! ... Hourra, Hourra, Les Bailleulois sont là ! Imaginons la bande de 1855... Et constatons, sans trop de risques, qu'ils furent tous deux influencés par Alfred Roland et ses Montagnards ! On savait déjà que leurs tournées triomphales les avaient amenés à la fin des années 1830 dans le Nord et en Artois. Aussi du côté des Flandres* ? Mais c'est une autre histoire...

Merci Christian pour ces pages qui redonnent chair et vie à ces musiciens et leur musique.

Une lectrice [attentive]
Agnès de








* je confirme Les Montagnards d’Alfred ROLAND sont venus 2 fois à Dunkerque, en 1839 et en 1848, ils y ont fait une forte impression. Les Ophéonistes Dunkerquois, adopteront même leur costume, en 1852. [note du claviste]