Le chanteur des rues héninois

La revue Nord France de 1953 a recueilli le témoignage d’un des derniers chanteurs ambulants de la région.
Il débute à l’âge de 8 ans dans les ducasses de la région. Dans les années 1920, accompagné de l’accordéoniste Jules Donte de Loos-les-Lille, il parcourt le Nord et le Pas de Calais en proposant ses chansons sur les marchés et les places des grandes villes. Elles ont pour thème des faits divers :
Le crime de Loos (1925), Le satyre d’Haubourdin (1929), Le bandit Dartois (1924), Le crime de Rouvroy-Nouméa (1934) ou
la catastrophe de Courcelles-les-Lens (1929) ; ou sur des sujets moins tragiques :
Vie en ménage (1922), Ah ! les belles-mères ou d’actualité :
Les nouveaux impôts (1928), Les glorieux défenseurs de Paris, Les chansons de la victoire, Hommage au peuple français, Oradour - vision d’horreur (son plus grand succès, tiré à 475.000 exemplaires).
Le développement de la radio et du cinéma porte un coup fatal à cette corporation, il abandonne le métier après la guerre et se retire à Lens.
Dans les collectages on retrouve souvent ces chansons colportées par des chanteurs de rue, elles faisait partie du répertoire des chanteurs amateurs qui animaient les réunions de famille. Souvent on les prend pour des chansons traditionnelles. Pour moi elle font partie de la culture populaire surtout, comme ici, quand leur auteur n’est pas un lettré.
Téléchargez la copie de l'article
ici

Je possède plusieurs de ses partitions avec les paroles sur un timbre à la mode
- L’orphelin ou Le bon cœur d’un mutilé, sur l’air : On m’appelle Frisson
- Les femmes et la mode ou L’envie de toilette, sur l’air : Lison Lisette
- Pauvres enfants de la misère ou Les petits fils d’ouvriers, sur l’air : Le sourire d’une femme
- V’là l’bon tuyau ou Prenez garde à l’amour, sur l’air : Choisi Lison
- Ne frappe plus maman ou Cœur de gosse, sur l’air : Cœur de lilas
- Joséphine aussi ou Elle fait toujours comme moi, sur l’air : Marguerite aussi
- Lison la rouge ou La femme à tout le monde, sur l’air : Paris
- Le p’tit béguin, sur l’air : Ferme la porte
- Pour sa mère mourante, sur l’air : Quand on a le bonheur d’être aimé
- Souviens-toi du passé, sur l’air : Tu voudrais me voir pleurer
- Allons… Proserpine ?, sur l’air : Avec ça mam’zelle
- Pardonne ma jolie, musique de Jules Donte
- L’amour… au cinéma, sur l’air : Un air américain
- Rendez-moi ma maman
(la lettre d’un petit garçon à l’amant de sa mère qui abandonna père et enfant), sur l’air : Quitte Paris
- La chanson des malheureux, sur l’air : Une chanson dans la nuit
- L’cocu contint, satisfait et battu, en patois héninois, sur l’air : La faute à papa
- Le dernier baiser d’une mère, sur l’air : Du gris
- Oradour, vison d’horreur ou Ils ont tué mon père, sur l’air : Le chant du guardian
- Pauvre maman, tiré des films russes « Arc en ciel » et « Camarade ».
« Cette chanson est dédiée aux vaillants partisans de la grande Russie, pour leur courage héroïque pendant la guerre contre les assassins nazis tueurs de femmes et d’enfant. » sur un air connu
- Hommage à l’armée rouge ou les vainqueurs de Berlin, sur un air connu
Une copie des paroles est à votre disposition sur simple demande