mercredi 24 septembre 2014

Cistre de prisonnier de guerre allemand (1914-1918)

photo J.-J. Révillion

2014, année du centenaire de la première guerre mondiale : de nombreuses manifestations commémoratives sont organisées tout au long de cette année aux quatre coins de la France pour se souvenir.
Comme on le sait, la guerre de mouvement qui ne devait pas durer plus loin que Noël 14 se transforma en guerre de position, dans les tranchées, avec un front long de plusieurs centaines de kilomètres où les combats étaient discontinus et laissaient une large place à l’attente. Ainsi la vie continua et s’organisa, pour la fleur de la jeunesse des pays belligérants, durant ces quatre années.
Et la musique joua un rôle important, dans le quotidien de ceux qui connurent cette horreur, pour les aider à supporter l’insupportable : chansons, instruments de musique de fortune, nombreux sont les témoignages oraux, écrits, photographiques, ou encore sous forme d’objets souvenirs.
Le musée de Mirecourt, capitale française de la lutherie, présente actuellement une exposition intitulée « La musique malgré tout » où sont présentés les différents aspects de la pratique musicale durant ce conflit. Outre les collections du musée, les conservateurs ont sollicités des prêts de collectionneurs en rapport avec le thème. C’est ainsi qu'un « cistre de prisonnier de guerre allemand » est arrivé au sein de cette exposition.
Bien que ne comportant aucune inscription permettant d’authentifier ni de dater cet instrument, je connais parfaitement l’histoire de ce cistre, puisque je la tiens de mon propre grand père.

Jean Baptiste REVILLION, né en 1898 à La Gorgue (59), a fait la guerre de 14 dans l’artillerie. Il y a perdu son frère ainé, Louis, télégraphiste mort en mission à Tahures (Ardennes), et une bonne part de son audition.
Il en est revenu, sans autres séquelles que sa surdité, et a toujours conservé un certain nombre d’objets relatifs à ce conflit (casque Adrian, baïonnettes, lance fusée, obus gravés…) qui faisaient l’admiration du petit garçon que j’étais, quand il me racontait « sa » guerre 14-18.
Ce cistre, il l’a échangé avec un prisonnier de guerre allemand, contre des bouteilles de vin. On y retrouve certaines caractéristiques des cistres anciens, avec le décrochement* du manche qui est moins large que la touche, la fabrication est rustique mais soignée, elle présente toutes les caractéristiques de la lutherie d’art populaire, faite avec des moyens de fortune : l’orme n’est pas un bois de lutherie et a été employé pour l’ensemble des parties de l’instrument, la caisse est ronde au lieu d’être pyriforme ce qui simplifie le cintrage des éclisses, les chevilles sont taillées au couteau et à la lime. Patrick Delaval qui en a fait un plan détaillé considère, à juste titre, qu’il s’agit d’un waldzither, lointain descendant du cistre renaissance ou XVIIIe siècle encore joué dans certaines régions d’Allemagne : la Thuringe et la région de Hambourg.

© Patrick Delaval
(meilleure définition sur demande)

Le frettage d’origine, en barettes de laiton, a malheureusement été modifié et remplacé par des frettes de guitare plus récentes, dans les années 70 par un apprenti luthier qui pensait améliorer la justesse… Alors que si c’était aujourd'hui, je le laisserais bien évidemment dans son état d’origine !
Je ne le savais pas à l’époque, mais cet instrument que m’a transmis mon grand père, quand je commençais à faire de la musique à l’adolescence, a été le point de départ de ma collection d’instruments d’art populaire et d’une passion qui ne m’a plus quitté.

Jean Jacques Révillion.

* ce décrochement existe également sur un Thüringer Zister de la fin du XVIIIe siècle conservé au musée instrumental de l'Université de Leipzig, voir aussi ici et ici

samedi 20 septembre 2014

Louis Debuire Du Buc, 1816-1897



Louis Debuire en 1867


Ce Lillois, né le 14 mai 1816, rue Esquermoise, était un authentique bourgeois. Par sa mère, Sophie Ermel, il était l'arrière petit-fils du peintre Louis Watteau ; son père tenait un commerce de coutellerie. […] L'oubli qui a recouvert Debuire et son œuvre est injuste. Les pages qu'il a consacrées au patois de Lille révèlent un homme de bon sens […] Debuire avait le sens du patois qu'il employait assez souvent dans la conversation. […] il a du talent mais il manque de naturel. Son œuvre est trop surveillée pour être absolument authentique. Son Infant d'Lille — la chanson dont il était le plus fier et qu'il considérait secrètement comme l'égal de la Canchon dormoire — n'a pas la résonance du P'tit Quinquin. Sa Mourette n'aura jamais la popularité de la Marie-Claire de Desrousseaux.
Pierre Pierrard, Les chansons en patois de Lille sous le second Empire, Arras, 1966

Louis Pierre François Debuire, dit Du Buc, est le fils d'Aimable Hypolite Casimir, originaire d'Arras, sa mère Sophie Sabine Constance Ermel est la fille du facteur de pianos et d'orgues Pierre Joseph Ermel né à Saint Symphorien en Belgique, membre de cette famille qui compte de nombreux facteurs d'orgues, pianos et clavecins originaires de la région de Mons. Sa mère, Marie Anne Joseph Watteau, née à Valenciennes, est la fille du peintre Louis Watteau dit Watteau de Lille, petit-neveu du peintre Jean-Antoine Watteau.
En 1836, à Esquermes où elle est née, il épouse Victorine Anaïse Joseph Bécu qui lui donnera trois enfants : Marie en 1837, Eugène en 1839 et Alfrède en 1841. Vous trouverez ci-dessous une excellente biographie rédigée par son ami Charles Manso, le poète-ouvrier. Louis Debuire décède subitement chez sa fille, à Lambersart, le 7 août 1897.

Christian Declerck






Collection personnelle


Deux articles parus dans la Revue Septentrionale en 1897 et 1898
par Charles Manso
source : Gallica



La Revue septentrionale (Paris)

La Revue septentrionale (Paris)



dimanche 7 septembre 2014

Portrait de deux marionnettistes

Charles Muller, 1850-1917


Le Nord Illustré, janvier 1913
Collection personnelle

"Son théâtre est, sans doute, un des plus importants de Lille avec un jeu de 140 marionnettes, nombre assez exceptionnel. Lui aussi a fait appel à Léonard Verbraeckel pour le travail de sculpture. Muller possède l'assortiment classique de décors : le palais, la place publique, la prison, la chaumière, la vieille forteresse, la grotte, la forêt. […] Charles Muller meurt en 1917. On retrouvera, près d'Arras, bien après la seconde guerre mondiale, le matériel d'un théâtre ayant appartenu à un certain Croquefer. Les marionnettes de ce Croquefer sont, à l'en pas douter, celles qu'André Fage avait photographiées chez Muller… depuis lors, ce matériel a encore disparu !"

extrait de : Marionnettes traditionnelles en Flandre Française de langue picarde, par Andrée Leroux et Alain Guillemin, 1ère édition, Dunkerque, 1984

Charles Muller


Camille Charles Muller est né à Lille le 4 décembre 1850, au 20 de la rue Saint Genois. son père Firmin Charles, tailleur, est âgé de 61 ans à sa naissance, il décède en 1856. Sa mère, Anne Jeanne Courtecuisse, est née en 1803. Tous les deux sont originaires de Lille. Charles, qui exerce la profession de cartonnier, se marie en 1871 avec Louise Palmyre Destombes, ouvrière de filature, née à Lille en 1852, fille d'Alexandre Auguste, journalier, et Flore Lepers. Lors de son mariage il est domicilié 40 rue du Bourdeau, il y reste jusqu'en 1888. Ensuite il ouvre une salle dans sa cave au 15 de la rue Mahieu, c'est celle que l'on voit dans l'article de 1913.

Les garçons d'un côté, les filles de l'autre
comme à la messe


L'article d'André Farge, Les marionnettes s'en vont, publié dans Le Nord Illustré en 1913 est ici

Une conférence d'Alain Guillemin du 20 janvier 2011 : Un regard nouveau sur l'histoire du théâtre et de la marionnette

Le site du Théâtre Louis Richard où l'on peut télécharger la thèse de doctorat d'Alain Guillemin Jeux chamaniques, jeux marionnettiques : aux sources d'une culture théâtrale.



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Louis François Pladys, 1804-1884

Autre exemple de marionnettiste. Un Dunkerquois au parcours intéressant.
Louis Pladys est né le 6 décembre 1804 à Dunkerque, son père, Louis, est né à Bruges en 1775, il a été tour à tour imprimeur, épicier, fabriquant de tabac, il épouse en seconde noce Catherine Julie Marie Marchand qui lui donnera son seul fils. On sait peu de chose sur ses débuts d'artiste, mais dès 1840 à Boulogne sur Mer, sur l'acte de décès de sa première épouse, Louise Marchand, il est mentionné comme artiste dramatique. En 1842, à Arles, il est marchand tailleur, il épouse Rose Michel, fille d'un tonnelier de la ville, qui lui donnera quatre enfants. Il change de profession et redevient artiste dramatique et lyrique, d'abord à Toulouse (1844) puis à Aix en Provence (1845) et à Nîmes (1847). En 1849 à Carpentras, où est né son second fils Auguste Claude, il est toujours comédien. Le Dictionnaire des comédiens nous donne quelques villes où il s'est produit ensuite : Angers (1862), Calais (1867, Paris (1868) et retour à Dunkerque en 1869. C'est à cette époque qu'il fait faire son portrait par le photographe dunkerquois Ary-Jouanne, il en fait parvenir un exemplaire à une ancienne partenaire avec cette dédicace "à ma bonne Zulma Bouffard, souvenir d'amitiés de son vieil ami Louis Pladys âgé de 65 ans". Par miracle la comédienne a conservé cette photo qui a été exhumée récemment sur un site d'enchère. Zulma n'est pas une inconnue, elle fut la maîtresse de Jacques Offenbach qui lui a écrit de nombreux rôles dans ses opérettes, comme celui de Gabrielle, la gantière, dans La Vie Parisienne.

Louis Pladys en 1869
Collection personnelle

En 1871 sa situation est précaire, un artiste du théâtre de Dunkerque, Kreitz, donne un concert au bénéfice de l'ancien trial de l'opéra-comique. En 1883 il touche sa pension de comédien, 200 fr par an, mais pour vivre il a ouvert un théâtre de marionnettes sur la plage. Il obtient des subventions de la ville (200 fr, en 1878, 1879 et 1880). Ce théâtre ne fonctionne que durant la saison des bains de mer. Un article du Nord Maritime de 1882 nous le décrit "Le petit théâtre de Pladys. […] Il compose ses pièces lui même, les met à la scène et les interprète lui même, pratiquement parlant. Quand je dis pratiquement je suis pourtant dans l'erreur car notre guignol a abandonné le vieux système de la pratique et l'a remplacé par le mirliton ''c'est moins vibrant, dit-il, et ça s'avale moins''. Outre qu'il est auteur et impresario, il est encore sculpteur et costumier, c'est lui qui a fabriqué, modelé, en un mot fait ses artistes à coup de couteau et qui les a habillés à coups d'aiguilles". Il décède le 17 septembre 1884.
Son petit fils, Julien Louis Charles, fils naturel de Rose Jeanne Louise, né en 1871, prend sa succession, il obtient également quelques subventions de la ville (100 fr en 1887, 1888, 1889). Le Nord Maritime annonce les titres des pièces : La Présentation, Pinchette, le Chevalier gascon, les Anglais en voyage, le Capitaine Guignol, le Village enchanté, le Maître d'école, Monsieur l'intendant, l'Avare punie, la Marquise d'Alpaga. La dernière saison semble être celle de 1891. En 1902 on retrouve Julien Pladys à Roubaix où il demande au commissaire de police l'autorisation d'installer un théâtre de pantins sous la grand porte de son habitation au 12 rue Cugnot. Un avis favorable lui est donné.

Christian Declerck




mardi 19 août 2014

Carton Fernand. La littérature dialectale à Lille au XVIIIe siècle




source : Gallica


Une littérature dialectale naît à Lille au début du XVIIIe siècle, dont les productions sont en grande partie inédites ou méconnues. Trois périodes se dégagent. La première est marquée par le succès d'un chanteur des rues, François Cottignies, dit Brûle-Maison, auteur de parodies patoises dans le genre burlesque. Dans la deuxième période, son fils, le mercier Jacques Decottignies, inspiré par la mode du « poissard », publie des chroniques « en vray patois de Lille », ainsi que des chansons et des dialogues appelés « pasquilles ». Des imitateurs exploitent cette veine au cours de la troisième période, moins prestigieuse. Alors que les esprits « éclairés » dédaignent ces productions, celles-ci continuent de plaire aux petites gens, dont elles expriment la mentalité et les préoccupations ; certaines chansons critiquent la noblesse et le clergé. Ces textes, dont les prolongements sont encore appréciés dans la région de nos jours, sont intéressants à trois points de vue, littéraire, historique et surtout linguistique. 


Carton Fernand. La littérature dialectale à Lille au XVIIIe siècle. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 2001, tome 159, livraison 1. pp. 69-91.
doi : 10.3406/bec.2001.463055


l'article complet est ici :
 /web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_2001_num_159_1_463055

vendredi 8 août 2014

Auguste Labbe, dit César La Tulupe, 1867-1947

à la demande d'Agnès, fidèle lectrice de ce blog.


Auguste Labbe
collection personnelle

Auguste Labbe est l'auteur de chansons restées dans la mémoire des Lillois : L'carette à quiensSi j'avos su j'aros resté garchon et aussi Les camanettes. Il est né le 10 mars 1867 à Lille, 21 rue des Robleds, dans le quartier Saint Sauveur. Il est le fils d'Auguste César, menuisier et Constance Henriette DUROT, cartonnière, tous les deux nés à Lille. Il fait son service militaire dans les services auxiliaires pour cause de faiblesse et sa fiche matricule nous apprend qu'il est toujours domicilié rue des Robleds en 1887, il est alors papetier ou relieur, comme il l'indique lors du mariage de son frère Henri en 1890.

signature d'A. Labbe sur son acte de mariage

Sur son acte de mariage de la même année on apprend qu'il a résidé quelques temps à Paris où il a sans doute connu sa première épouse. En 1900 il signale son déménagement à Paris, 121 rue de Vaugirard, mais revient à Lille en 1902. En 1908 il emménage 4 rue Saint-Sauveur. Pendant l'occupation il écrit des chansons satiriques qui lui occasionnent quelques tracas avec la police allemande. En 1915, à la suite d'une dénonciation, il est arrêté pour s'être occupé de soldats français restés à Lille. Il est incarcéré à la Citadelle de Lille, au secret, puis traduit devant le conseil de guerre qui le condamne à neuf mois de prison. Il est emmené en captivité au bagne d'Aurath, puis il est transféré au camp d'Holzminden. Il est rapatrié à Lille en octobre 1917. Avant sa captivité il avait pris soin de mettre à l'abri ses textes chez des amis imprimeurs (Nuez et Carron) et en 1919 il publie 45 textes (chansons, pasquilles et sonnets) sous le titre A la guerre comme à la guerre, Les boches à Lille avec une préface de l'artiste peintre Joseph Chauleur.

collection personnelle


Il s'est marié quatre fois : en 1890 à Lille avec Mathilde DELEPLANQUE, en 1918 à Paris avec Angèle PLOVIER, puis avec Victoria CORROYER et en 1934 à Lille avec Hélène DELAFORTERIE. Il décède à Mons-en-Barœul le 20 mai 1947, huit jours avant le chansonnier tourquennois, Jules WATTEEUW. Je ne sais pas si les couples ont eut une descendance.
Sa vie de poète nous est peu connue, on sait qu'il a été plusieurs fois lauréat dans des concours et qu'il a écrit régulièrement des articles et des poèmes pour le journal La Vaclette et après la guerre dans le Réveil Illustré. En 1905 il participe à la création et anime le Caveau Lillois, association de chansonniers patoisants.
Il semble avoir eu une production importante, car la revue Toudis mentionne quelques uns des titres de ses œuvres, parmi les 4.000 ! connues, que sont-elles devenues ?

Dans ma collection :
- 14 juillet 1915, sonnet
- A l'increvable Franços-Joseph (1915)
- A l' poubelle les paillasses à boches (1915)
- A l' première hirondelle de r'tour à Lille (1915)
- Les Allemands sont amateurs… d'écus, sur l'air L'académie à moi, c'est ma maison (sd)
- Les All'mands à Lille, sur l'air Célina, Célina c'est comme ça que j' t'aime (1915)
- L'angelus du 75, sur l'air L'angelus de la mer (1915)
- Anniversaire du bombardement d'Lille, sonnet (1915)
- L'bailleu, sur l'air On dit que je suis sans malice ou Une fille comme il faut (1903)
- Les balafrés, parodie de Cyrano de Bergerac (1915)
- Baptême du petit Lydéric, musique de H. et G. Gadenne (1905)
- Les bochartes, sur l'air Ah, mad'moiselle Rose, j'ai un petit objet à vous offrir (1915)
- L'bombardement d' Lille par les Allemands (1914)
- Les Bords des élites, sur l'air Au temps des noisettes (1903), puis mis en musique par V. Absalon
- L'buveux et l'cabarétière, monologue (1903)
- Les camanettes, musique V. Absalon
- L' camp d'Holzminden, sonnet (1918)
- L'canon de l' Grand'Place, sur l'air Tout le long, le long du Missouri (1914)
- L'carette à quiens, musique V. Absalon
- L'chenil des laichez-passer, sur l'air La mère Angot (1915)
- Chin qu'on vo' pendant la guerre, sur l'air Vous voyez bien qu'elle est rosière (1914)
- Les commodités lilloises, sur l'air La chasse (1905)
- Consignation d' bicyclettes à Lille, sur l'air L'étoile d'Amour (1915
- L' crox-Rouge allemande et l' bos d' Boulonne, sur l'air Au bois de Boulogne (1915)
- L'déménag'mint du paufe, monologue (1903)
- L' démolition de l'façade du Café Jean, sur l'air Un bal à l'Hôtel de Ville (1915)
- Dins les Dondaines, sur l'air A la Roquette (1903) puis mis en musique de V. Absalon
- L'étoffe, pasquille (1903)
- Eun' bonne réplique, pasquille (1915)
- Eun' noce à Lille, monologue
- Faut pas s'en faire, musique de Jules Dupriez, de l'opérette L'étroit mousquetaire (1924)
- Les fiêtes de Lille pindant l'occupation allemande, sonnet (1915)
- Les floralies, sur l'air J'ai trouvé Paris
- Les fourneaux économiques et la guerre, sur l'air L'café (1915)
- I' fait noir à Lille, sur l'air Madelon
- Lamintations d'ma tante à quiens, sur l'air du Fiacre 113 (1903)
- Lettre ouverte à l'Imp'reur des Boches Guillaume II (1918)
- L'lard du Kronpriz, souvenir de l'Argonne, pasquille lilloise (1915)
- Un Lillois à Madagascar, sur l'air Un mariage à Pékin (1903)
- Lillos, rappelez-vous, musique V. Absalon et Robert Solry, du film En avant la musique
- L'martiau, musique de Victor Absalon
- Mentalité Boche, sonnet (1914)
- Minteux !. minteux !… minteux !… (1914)
- Mintiries boches, sur l'air Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans (1915)
- L'molin à café de m' gra-mère, monologue (1903)
- L' Mont Blanc (sd)
- Musette, musique d'Auguste Paulvaiche
- Nos aéros à Lille…… et les boches, sur l'air Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine (1915)
- Notre réponse à Kleeberg (1915)
- Les nouviaux riches, sur l'air Froufrou, froufrou
- Nouviell's du front (sd)
- L'nouviell' "Kulture", sur l'air L'habit d'min vieux grand-père (1915)
- Ohé ! mirliton, musique de G. Gadenne
- La parate, sur l'air La r'traite in musique (1915)
- Passage d'une troupe de civils allemands à Lille le 9 août 1915
- L'patois d'Lille et l'argot parisien, sur l'air J'ai pas l'habitude de fumer
- Pendant le carême, monologue grivois (1903)
- Les pessimistes (1915)
- Pour les soldats morts pour la patrie, tombés sur les remparts de Lille les 11 - 12 octobre 1914
- L'punache, musique de V. Absalon
- L'queminch'mint d' la fin, sur l'air Quand on n' a pas d'cheveux (1915)
- La queue des sans toubac, sur l'air Le petit panier
- Les queues à Lille, sur l'air Elle avait une jambe de bois
- Roman d'amour, musique de V. Absalon
- Si j'avos su, j'aros resté garchon !, musique de V. Absalon
- Siscat et sin z'oiseau, musique de V. Absalon
- Souv'nir de l' messe de Pâques in l'églche Saint-Pierre Saint-Paul, à Lille l' 4 avril 1915, pindant l'occupation all'mande
- Souvenir des pigeons de l'grand'place de Lille (1917)
- Les statues de Lille en goguette, musique de E. Carbonnel
- Le triomphe de la paix, sur l'air Quand Madelon
- Uch' que j' sus-t-ichi ? (après mon arrestation) écrite à la citadelle de Lille, château d'Anvers le 30 octobre 1915
- Un grand cambriolage à Lille, sonnet (1915)
- Un Lillos précoce, pasquille lilloise (sd)
- La vie au camp d'Holzminden, sur l'air L'habit d'min vieux grand-père (1917)
- La vie chère, sur l'air Quand on revient de permission
- L'viell' fille, sur l'air La cocotte (1903)
- Vive l' brad'rie !, sur l'air Choisis Lison

Les textes datés de 1903 proviennent du recueil La muse patoise, édité par J. Hullain, imprimeur 3 rue des Brigittines à Lille, qui est également l'imprimeur du journal La Vaclette. Ce recueil est constitué de sept très petits formats (13,5 x 21 cm) simplement assemblés par un point de colle. On y trouve les premières éditions de L'carette à quiens sous le titre Lamintations d'ma tante à quiens et Dins les Dondaines et Les bords des élites qui se chantaient sur d'autres musiques.


collection personnelle


Auguste Labbe, à 30 ans
collection personnelle


La BNF et la Bibliothèque de Lille possèdent : Les boulingers de Ronchin (1895), Les laitiers de Ronchin, Un drôle de ménage (1896), etc, et les recueils : L'infant d'Lille (1900), l'Armena drôlatique (1922) et les Boches à Lille cité plus haut.


Victor Sylvain ABSALON
collection personnelle

Dans les années 1920, la musique de ses chansons est souvent composée par Victor ABSALON, violoncelliste, professeur de musique, né à Mons en 1886, fils de Florimond, ouvrier au chemin de fer et Rose SMELSER, ouvrière couturière. Il est domicilié à Tournai après 1911. Les petits formats de leur collaboration sont édités chez Eden à Lille. A la fin des années '20 et au début des années '30, la radio Lille PTT met fréquemment au programme des œuvres de ce compositeur.

Christian Declerck

Sources : revue Toudis, n° 6, août 1998,  Bulletin des réfugiés du département du Nord et collection personnelle.



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Annexes

une des premières chansons d'Auguste Labbe, datée de 1894

A Molins-Lille : chanson-type en patois de Lille / par Auguste Labbe...
source : Gallica


D'autres chansons publiées pendant la Grande Guerre dans le Bulletin des réfugiés du département du Nord :

L'quinze août à Cambrai, sur l'air de Martin Martine 

Bulletin des réfugiés du département du Nord : paraissant deux fois par semaine...
source : Gallica


L'timbre rabais

Bulletin des réfugiés du département du Nord : paraissant deux fois par semaine...
source : Gallica


Point méchante


Bulletin des réfugiés du département du Nord : paraissant deux fois par semaine...
source : Gallica



Une interprétation par Bertal de deux chansons d'Auguste Labbe et Victor Absalon : Les camanettes et L'carette à Quiens

extraits


Les deux chansons en entier sont ici



Albert Demeulemeester, dit Bertal (1897-1960)
collection personnelle


mercredi 30 juillet 2014

Le dernier cornemuseux en Flandre

Hubert Boone, dans son dernier livre sur La tradition de la cornemuse en Belgique nous fait découvrir l'existence d'un tableau de Georges Dilly :

Au pays flamand, l'aveugle 
collection personnelle

Ce tableau est exposé au salon de 1909, mais il n'est pas parvenu à en retrouver le lieu de conservation, il nous est connu grâce à cette carte postale. En 1906 ce peintre a obtenu à Lille le prix WICAR pour son tableau "Dernière heure en Flandre" :

Dernière heure en Flandre
collection personnelle


Ce prix lui permet de séjourner à Rome durant quatre années, il est domicilié 7, via del Vantaggio. Il reçoit également une bourse de voyage de l'Etat avec laquelle il visitera la Belgique et la Hollande.

On connait de lui une autre représentation d'un musicien, un accordéoniste, exposée au salon de 1908 :

Au bord d'un quai en Flandre
collection personnelle

Peut-être s'agit-il du tableau conservé au musée de Philadelphie sous le titre "Le joueur d'accordéon", à moins que ce soit un autre tableau sur le même sujet.



Georges Hippolyte DILLY est né à Lille le 16 juin 1874 dans la rue de La Bassée. Il est le fils d'Emile Eugène, peintre décorateur et Mathilde Flore HENNION, tous les deux nés à Lille. Son grand-père, Jean Baptiste, était ouvrier aux tabacs, époux d'une journalière, Emélie Ghesquières. Le père de Georges, décorateur de plafonds (théâtre et châteaux), lui communique très tôt sa passion pour la peinture. Georges s'inscrit à l'école Catholique des Arts et Métiers, située au bout de la rue de La Bassée, puis son père le fait rentrer à l'atelier du peintre Pharaon De Winter à l'école des Beaux Arts de Lille, où il obtient le premier prix de dessin et le premier prix de peinture de sa promotion. Encouragé par son maître et soutenu par ses parents il part pour la capitale et entre à l'école Nationale de Paris. Sa fiche matricule militaire mentionne deux adresses : en 1897 il est 58, rue de Rennes, puis en 1898 4, rue de la Grande Chaumière. Son atelier de peinture, situé rue Denfert Rochereau, est accolé à celui du sculpteur Belmondo. En 1899 il s'inscrit au Salon des Artistes Français et y obtient une médaille d'or. Après de nombreux succès il se présente hors concours aux expositions internationales de Gand en 1906, Rome en 1907 et en 1910 à Londres et Tourcoing. Entre temps il est retourné à Lille, car il signale son déménagement à l'autorité militaire le 15 juillet 1899 au 24 rue des Ponts de Comines.
Ceci pour situer le contexte de cette période pendant laquelle le peintre s'est intéressé aux musiciens populaires. La suite est dans la petite biographie écrite par Marc Wallerand.
La date et le lieu de son décès sont inconnus, bien que plusieurs dates différentes circulent sur l'internet, les recherches sont en cours...

Ch'ti lo, ch'étot in fort (Marc Wallerand, artiste peintre)

Christian Declerck


source : Marc Wallerand, Georges Dilly, un peintre flamand, Chabeuil, 2003, 48 pages


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pour compléter : cette biographie, par Emile Langlade, parue dans les années 1920, où l'on apprend que Georges Dilly était aussi musicien.