mercredi 17 décembre 2014

Les Folies Dunkerquoises en 1757

collection personnelle


Histoire des fêtes civiles et religieuses : des usages anciens et modernes du département du Nord Par Albertine Clément-Hémery, Paris, 1834 

 « Cette fête dont aucun document n'indique la fondation, attirait un si grand nombre d'individus à Dunkerque, que les auberges, les maisons particulières, se trouvaient encombrées au point, qu'une grande partie des curieux retardataires, étaient obligés de se coucher dans les rues, sur les caves et les bancs de pierre. Elle se célébrait le jour de St-Jean (24 juin), quoique la ville ait Saint-Éloi pour patron, et comme à Cambrai, elle était précédée d'une procession religieuse, où il se glissait peut-être encore quelques personnages déplacés, mais indispensables à cette époque de nos moeurs, où il fallait parler aux yeux. Voici le détail de la Procession de 1757, écrite par un témoin oculaire (1). La solennité commenca par une grande Messe, célébrée avec grande pompe à l'église paroissiale ; l'abbé de Bergues-St-Vinoc, curé primitif officia lui-même. Après la messe, on déjeûna en grand appareil chez le curé de Dunkerque, où étaient toutes les notabilités de la ville. Entre onze heures et midi, la Procession commença : des hommes habillés en diable fesaient la police, c'est-à-dire, qu'ils forçaient les curieux de se ranger et de livrer passage. A la tête marchaient les trois confréries de Dunkerque, Sainte-Barbe, Saint-Sébastien, Saint-Georges... Les confrères de Sainte-Barbe avaient un habit rouge, les paremens, la veste et la culotte noirs, ils portaient des flambeaux. Les confrères de Saint-Sébastien étaient en habit et culotte rouge, les paremens et la veste jaune; ils portaient aussi des flambeaux. Les confrères de Saint-Georges ont habit et culotte d'écarlate, les paremens et la veste de […] » 

(1) Voyez le 1er volume des Voyages et Réflexions du chevalier d’Ostalis


 la suite ici 


Dans la deuxième moitié du XIXe siècle le terme folie s’applique au Carnaval, comme en témoigne la partition au début de cette page. Il existe également un quadrille composé par Adolphe Néerman, nommé Jours de Folie, édité vers 1890

Collection personelle

dimanche 7 décembre 2014

Les violons d'Emile Remès au musée de Mirecourt.


photo Christian Declerck


Lors de ma visite fin aout 2014 à cette belle expo intitulée « la musique malgré tout » qui évoque la vie musicale (ou plutôt la survie…) à Mirecourt et sur le front durant la première guerre mondiale, je suis tombé en arrêt devant une série de 3 violons, un alto et un violoncelle, fabriqués entre 1914-1915 au camp de prisonnier de Friedrichsfeld, par un nommé Emile Remès, demeurant à Lille, rue de Bapaume.

catalogue de l'expo
disponible au Musée de Mirecourt

Dès que l’information arrive dans le Nord de la France, Christian Declerck se met en chasse, il établit une biographie de Remès (voir plus bas), retrace le parcours des instruments jusqu’à leur arrivée au musée de Mirecourt en 2012 suite à une donation, et l’idée d’une publication sur le blog s’impose rapidement. Il me confie la tache de parler de la lutherie de ces instruments.
Quand on les voit, ce sont de « vrais violons ». Je veux dire par là qu’on n’est pas face à des instruments « art brut », faits à la serpe, avec du bois de caisse, ressemblant de loin à leur modèle, le violon académique. Table et fond sont sculptés, avec des voutes harmonieuses, les dimensions sont respectées, les ouïes sont parfaitement dessinées, le renversement du manche existe. Pas de doute, on est dans la catégorie des « plus que parfaits », selon la classification proposées par Claude Ribouillault dans son article sur les violons art populaire dans la revue Modal consacrée à la lutherie populaire et intitulée « instruments de fortune » (FAMDT éditions 1998)
Je le cite : les violons « plus que parfaits sont « de vrais violons : côtes tenues avec précision, travail soigné, volutes élégantes ». Pour les instruments de Remés, seuls manquent « les bois nobles, et les filets incrustés » pour coller à la définition de Claude qui précise que « ces violons sont difficiles à discerner de ceux des luthiers patentés, avec quelques désobéissances qui mettent l’opus à l’oreille »  (fin de citation.)

Voici les dimensions des instruments du musée :

 - violon 2012.3.1 : L : 60,2, l :20,7, E : 3,5, poids : 440g.


 - violon 2012.3.2 : L : 61,3, l :21,2, E : 3,4, poids : 460g.


 - violon 2012.3.3 : L : 65,2, l :20,8, E : 3,5, poids : 460g


 - alto 2012.3.4 : L : 69,3,  l :23,9, E :3,6,  poids : 600g


 - violoncelle 2012.3.5 : L :118,5 l : 41,4, E :12,2, poids 3,310 Kg


Les bois employés sont les mêmes et contribuent à constituer un ensemble très homogène, en complément de la facture et de la « manière » identique qui témoignent un véritable savoir-faire et une maîtrise manuelle : n’oublions pas qu'Emile était ébéniste.

photo CD

Aucun instrument n’est vernis, les tables sont en pin, d’une seule pièce, pour les violons et l'alto, en 2 parties pour le violoncelle.  les éclisses sont en pin également, les fonds sont en hêtre, d’une seule pièce pour les violons et l'alto, en 2 parties pour le violoncelle. Les manches, les volutes, les cordiers, les chevilles sont en hêtre également, encore que sur une photo fournie par Christian qui a pu photographier les instruments en gros plan à Nieuport, il me semble reconnaître du charme, ou de l’orme. 

photo CD

Quoi qu’il en soit, on est dans un grand classique des instruments de fortune : le luthier amateur fait avec ce qu’il a sous la main. L’histoire raconte que le pin utilisé par E Remès était destiné à l’origine à la fabrication de marchepieds pour les wagons de chemins de der.
Je signale une particularité pour les éclisses du violoncelle : celles-ci sont constituées de 5 bandes de pin disposées longitudinalement.

photo CD

Pas de filets incrustés, donc (pas même dessinés), les bois sont débités sur dosse (visible notamment sur les tables), les chevilles sont remarquablement taillées, ce qui est rare sur des instruments art populaire, où elles sont en génaral taillées à l’opinel, et non tournées, comme ici. Les ouies sont également remarquablement et finement dessinées (comme des vraies…), ce qui est aussi rarissime sur ce type de lutherie, et témoigne encore de la maîtrise gestuelle de E Remés, et aussi l’accès à un outillage adapté et en bon état.

photo CD

Les instruments, agés de 100 ans, sont dans un état de conservation remarquable, et ne portent pas les stigmates d’instruments ayant « fait carrière » et ayant beaucoup joué : ils ont semblent-ils leurs chevilles d’origine (aucune n’a été remplacée par des chevilles plus académiques en ébène ou en poirier noirci), elles sont encore bien ajustée, les tables ne sont pas encrassées par la colophane , alors qu’aucun instrument n’a été vernis, les ouïes sont intactes. A croire que Remés a ramené l’ensemble lors de sa libération (dans quelles circonstances ?) et que les instruments ont été précieusement conservés et entretenus comme en témoignent les chevalets du luthier Lillois DEMEY, témoignage d’un remontage postérieur. (Marcel Demey, longtemps ouvrier de la maison Hel, ne s’est installé à son compte qu’en 1943)
Il est intéressant de relever que les instruments comportent tous une étiquette avec la mention « en captivité 1914-1915 » avec son nom et son  adresse  rue de Bapaume à  Lille. Mais d’autres dates son parfois  notées à l’intérieur (notamment 1910 et 1912 sur le violon 2012.3.1)



photos Musée de Mirecourt

On sait également que d’autres instrument de E Remès ont pu circuler, et n’ont pas été conservés dans ce remarquable ensemble, l’un d’entre eux ayant été acquis dans une brocante en Belgique par Aaron Blomme*, violoniste belge, qui l’a fait remettre en état. Bref, tous les espoirs sont permis de voir apparaître un jour d’autres instruments d’Emile Remès, j’en connais au moins deux que cette pensée fait saliver, n’est-ce pas Christian ?

Le 6 décembre 2014 
Jean Jacques Révillion.

* compositeur, avec Joris Devos d'un remarquable concerto

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Corneille, dit Émile, REMÈS



De ce luthier amateur, à part ses instruments, on ne connaissait que son nom et une adresse à Lille. La recherche ne fut facilitée que par la rareté de son patronyme, au moins pour reconstituer les familles Remés domiciliées dans la région lilloise autour de 1900. Malgré ces généalogies, la découverte de sa fiche matricule ne fut pas aisée. Car non seulement il a lui-même changé de prénom, mais le recensement militaire lui en avait attribué un autre. Sur la table annuelle de 1897 il est inscrit comme Camille Remès sous le n° 5.004. Son prénom de naissance est Cornélius, francisé en Corneille ce qui peut prêter à confusion à la lecture.

Emile REMÈS est né à Anvers en 1875, par hasard car ses parents, Henri Remès et Célestine Claessens, qui se sont mariés à Lille en octobre 1872, ont leur premier enfant, Joséphine Françoise, à Lille neuf mois plus tard. Henri est ébéniste, fabriquant de meubles, établi rue d’Alger, dans la cour Duyck depuis 1864. Né à Malines en 1849, il est le fils de François (Anvers 1828 - Lille 1898), contremaître de filature, et Anne Catherine Dieltjens (Malines 1830 - Lille 1888). Emile se déclare menuisier en fauteuil lors de son mariage à Lille en 1900 avec Marthe Lannoye, tailleuse née à Lille en 1875.
En 1897, lors de sa conscription, il est domicilié 92 rue de Flandre. En 1900 c’est au 4 rue Mongolfier qu’il demeure, il déménage le 7 juillet 1904 pour le 6 rue de Chevreuil puis le 12 octobre 1913 il s’établit 6 rue de Bapaume. C’est l’adresse qu’il mentionnera sur les instruments qu’il fabriquera quelques mois plus tard en Allemagne.
Son père obtient la naturalisation française en 1894. Il part donc effectuer son service militaire en 1898 au 15e régiment d'artillerie où il est 2e canonnier servant. Il est mis en disponibilité en 1899. Rappelé en 1914, il est affecté au 1er rgt d'artillerie où il arrive le 2 août. Il est fait prisonnier au siège de Maubeuge le 7 septembre 1914. Interné au camp de Friedrieschsfeld le 2 juin 1917, il ne sera rapatrié que le 14 décembre 1918. Sa fiche matricule mentionne un dernier déménagement le 11 novembre 1921, il s’établit au 109 rue d'Arras, toujours à Lille. Son décès n’a pas encore été retrouvé.

Julien Vanstaurts, professeur au Conservatoire de Lille de 1920 à 1955
photo : collection particulière

Selon sa belle fille, Lucie Vanderstrale, le violoniste lillois Julien Vanstaurts (1880-1955) est l’ami d’Emile Remès, qui est aussi musicien amateur. A son retour de captivité, il confie cinq instruments au violoniste qui les conserve au grenier de son domicile, rue de Paris à Lille. A sa mort en 1955, ils sont conservés à Poitiers chez le petit-fils de ce dernier, puis chez sa belle-fille Lucie. Les instruments ont intégré les collections du musée de Mirecourt en 2012.

Christian Declerck

Sources :
Etat civil de Lille et Anvers
Registre matricule de Lille
Julien Vanstaurts, Emile Remès et les instruments de guerre, note rédigée par Anne-Sophie Trivelin-Benoit, chargée des collections du Musée de la Lutherie et del’Archèterie Française à Mirecourt

lundi 17 novembre 2014

L'original Verc'ruys

Longtemps j'ai cherché qui pouvait être ce personnage extravagant qui se cachait derrière ce pseudonyme.

collection personnelle


Georges Vercruysse (ou Vercruyse selon l'état civil) est né à Wasquehal en 1887, il est le fils d'Adolphe, journalier, et Prudence Deletrée, tous deux nés en Belgique. Le couple arrive un peu avant 1880 à Croix. En 1881 y naît leur premier enfant Elisa. Suivront Auguste, en 1883 dans la même commune, puis Louise qui voit le jour à Everbecq (Belgique), lieu de naissance de sa mère, en 1884.
Au recensement de 1906, Georges est employé comme horticulteur à la société Haute-Croix. Il est domicilié chez ses parents 70 rue du Noir Bonnet. Son frère Adolphe, né en 1889, exerce la même profession.
A part la publication de ces monologues, on ne sait pas grand chose de la "carrière" de ce comique local. La revue Les Spectacles le mentionne en 1926, il passe au Casino de Lille, il est qualifié de "comique populaire" et en 1929 dans la salle de l'Union de Lille, au music-hall, on le dit "roi des comiques".


collection personnelle

Quelques années auparavant il s'était fait remarquer, et photographier, lors de son mariage avec Madeleine Fauvergue, originaire de Borre. Le cortège de noce se déplaçait en brouettes, le marié et les témoins transportant leur épouses sur ces larges brouettes utilisées autour de Lille et popularisées par Jules Watteeuw, alias Le Broutteux, à Tourcoing où elles servaient aux tisserands à transporter leur pièces de tissus. Peut-être que Georges utilisait aussi des brouettes dans son métier d'horticulteur.
Je n'ai pas connaissance d'une descendance et son décès n'est pas mentionné en marge de son acte de naissance, la recherche continue.

Christian Declerck







collection personnelle


Tous ses monologues sont en patois, ils circulaient dans toute la région. On en a collecté dans le Pas de Calais, voir ici

Les titres dans ma collection :
- Berlique ! berloque !
- L'braïou
- Ch' n'est pos des trucs à faire
- Copé in morceaux
- J'ai rêvé qu' j'étos mort
- J' suis bin malate
- L'perroquet du p'tit d'Justin
- Quand in a inne belle-mère
- Rosalie

et ce monologue transcrit dans un cahier de chant ayant appartenu à Albert Dryburgh, domicilié à Rosendael, 103 quai Vauban.

Les 40 sous du Bon Di
collection personnelle



il a aussi écrit une chanson à la gloire des habitants de Wasquehal : Vive les Waquehaleux


collection personnelle



mardi 4 novembre 2014

Mabidon : 40 ans !


C'est chez Fabien Dubarre, à l'estaminet des Damoiselles(notre Olympia à nous...) que nous avons souhaité fêter les 40 années d'activité du groupe.

Venez donc nous rejoindre le dimanche 23 Novembre,

avec MABIDON en duo, MABIDON avec les anciens qui voudront bien nous rejoindre, et puis les groupes amis (quoique plus jeunes...) que sont SMITLAP et SHILLELAGH.

Cette manifestation s'inscrit dans le cadre du Folk Club des Damoiselles, selon la formule habituelle des ''Pas de Saisons''.

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La p'tit' histoire de Mabidon


Mabidon en 1974
collection JJ Révillion


En 1973, bidouillant déjà de la guitare comme tout le monde, Christophe Declercq et Jean Jacques Revillion se mettent au folk (comme on disait à l'époque), fallait bien retrouver nos racines dans ce monde en pleine mutation idéologique. Au folk club des Arts et Métiers, ils font la connaissance de Michel Lebreton, Philippe Margat et Michel Desprez. Ca y est, la « Mandragore » est née,… non, ils vont plutôt s’appeler Mabidon, ça fait bien folk aussi. 
Et les voilà en concert aux Arts et Métiers, avec la Grande Folque, un groupe de Valenciennes, en première partie de Gabriel Yacoub qui venait de sortir l'album Pierre de Grenoble... L’aventure continue au folk club de la MJC Marx Dormoy où, tous les mercredis, c’est la découverte des meilleurs groupes de l’époque. Là, les rencontres se multiplient, les hootenannies vibrent de tous les instruments et les danseurs virvoltent. Rencontre de Jean Marie Befve et Kéké St Pol lors d'un concert avec Alfred Den Ouden au café Le Saint Sébastien de Stenvoorde, puis celle de Didier Demarcq avec Galimède lors de la Fête à la brocante du Vieux Lille, et celle de Jean Pierre Goudrand avec sa cornemuse écossais et d’autres encore.
Après une mémorable virée dans les Cévennes durant l'été 1974, une première formule se stabilise à cinq, dans une version présentant des concerts, celle qu'on retrouve sur la première affiche du groupe. Fin 1976, suite à un stage en Belgique, le groupe ressent une impérieuse envie de réapprendre et de diffuser les danses liées à cette musique traditionnelle. 
Mabidon programme alors un rendez vous mensuel, « la Maison de danse », à la MJC de Fives, ateliers de danses avec Michèle Coupez et Marie Aude Pradeau et ateliers d'instruments. Chacun ramène les nouveaux doigtés et nouvelles techniques de jeu ou encore les nouvelles danses apprises dans les stages. Ces rencontres dureront une dizaine d’années toujours dans la convivialité, la bonne humeur et l’échange. C'est à cette époque, toujours en 76, que le groupe s'ouvre et accueille tous les copains intéressés par le projet "bal folk" : Philippe Cheval, Didier Demarcq, Jean Daniel Escande, Bébert Riff, Fabienne Kotlarczik, Dominique Binault, Marie Pascale Révillion, etc, dans une formule "à géométrie variable" d'une douzaine de membres. Cette formule tourne dans la région : ateliers danse et instrument l’après midi, concert et bals au soir. Rentrée vers 4/5h du mat' après une plâtrée de pâtes ! 




à la Maison de Danses de Fives en 1980
photos Christian Declerck

Il y aura des départs au fur et à mesure des années, puis l'arrivée en 1983 de Jacques Legorec qui amène sa vielle à roue, son jeu percutant et sa virtuosité. D’emblée il oriente le groupe vers le répertoire Berry/Bourbonnais. Le groupe reprend alors un coup de jeunesse avec un nouveau son, un tempo rocky et une cadence d’enfer. Un passage de quelques années dans le groupe qui a bien marqué le monde trad. Il est remplacé quelques temps par Lucette Spinoit, une amie belge, après son départ.
En 1987, le groupe se stabilise à nouveau à cinq en accueillant Stéphane Couturier à la guitare. C'est la formule qui aura la plus grande longévité, avec Christophe au violon, Philippe aux cornemuses, Didier aux diatos, Jean Jacques au cistre, au violon et au chant. Avec Stéphane, l’harmonie et la précision sont maintenant de rigueur. Le groupe acquière une musicalité avec un son plus posé. On l’écoute aussi bien qu’on danse. Puis Philippe et Stéphane décident d'arrêter le groupe en 2004. On accueille durant une année Florentin Desaunay (flûtes, clarinette) avant qu'il ne quitte la région. 
Le groupe continue tant bien que mal à jouer à trois. Christophe nous quitte en 2012 empêché par la maladie. Depuis, le duo Didier (le tire/pousse) et Jean Jacques (la gratouille) continue l’aventure MABIDON.

1974-2014 : 40 ans. Quel chemin parcouru, et quel beau résultat, avec tous les copains musiciens de la région. Des années durant lesquelles le groupe aura contribué à la diffusion et à la renaissance d'un mouvement autour des musiques traditionnelles dans la région Nord Pas de Calais, par les recherches entreprises, par la participation de ses membres à de multiples groupes régionaux (Quatuor Fanfare, Klauwaerts, Mouchafou, Envoyez les violons, Chti Bayou, 3 pieds 6 pouces, Cric Crac Cie, etc.) par la transmission auprès des élèves de la Piposa, de Cric Crac Cie, et d'ailleurs, par des enregistrements de vinyls de cassettes et de CD, par l'animation de multiples bals folks et la rencontre d'un public qui traverse les générations.

Jean Jacques Révillion

samedi 1 novembre 2014

d'Absinthe et de Bergamote

C'est le titre d'une cassette, sous-titrée Regards chansons 1880-1920, éditée en 1987 par le duo de chanteurs Nadine Pouilly et Denis Cacheux de la Compagnie Tant qu'à faire basée à Lille.



- Le couteau, Théodore Botrel
- La Charlotte* (extrait), Jehan Rictus
- Ce bon bougre de métayer, Gaston Couté / Théodore Botrel
- A Montmertre, Aristide Bruant
- Filles d'ouvriers, Jules Jouy / Gustave Goublier
- Paméla aussi, Edmond Bouchaud dit Dufleuve / Charles Jardin
- Demain dès l'aube, Victor Hugo / Henri Tachan
- Y a qu' les riches, Félix Mortreuil / Paul Briollet / Charles Raiter dit Del-Raiter
- Le grand frisé, Emile Ronn / Léon Daniderff
- Les rafles, Gaston Monthéus / Raoul Chantegrelet / Pierre Doubis
- C' qu'on n'disait pas**, Jules Combes / Raoul Chantegrelet
- Les grimaces, Xavier Privas


musiciens :

Thierry Barroit, saxos, flûte, clarinette
Denis Cacheux, accordéon, piano
Hugues Martel, percussions
Jean Millot, piano
Jean Christophe Tant, guitare
William Schotte, violoncelle
Michel Vandenberghe, basse
Jean-René Vankeisbelk, cornet


Filles d'ouvriers, extrait



Téléchargez ici

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* à propos de la Charlotte, dont le titre complet est La Charlotte prie Notre-Dame durant la nuit de réveillon, je peux apporter quelques informations complémentaires sur le père "inconnu" de son auteur Jehan Rictus, alias Gabriel Randon.
Gabriel Randon de Saint Amand est né à Boulogne sur Mer le 21 septembre 1867,  fils naturel de Domitille Camille Gabrielle Adine Randon de Saint Amand, artiste dramatique et lyrique née à Port Louis dans le Morbihan en 1846. Dans une lettre publiée en 1910, Jehan Rictus révèle le nom de son père biologique, Mandé Delplanque qu'il dit être professeur de gymnastique.
Alexandre Mandé Delplanque, né à Boulogne sur Mer en 1821, est le fils de Louis Marie Clément (maître de danse, né à Wimille) et Jeanne Thérèse Collette Bollengier (née à Hondschoote). Il était professeur de danse et de maintien, avec son père, rue des Vieillards, et faisait paraître régulièrement dans les Almanachs de la ville, cette annonce : Professeur dans les principaux pensionnats de Boulogne. Maître de danse breveté, élève de feu le célèbre M. Coulon, professeur de la première classe de l'Académie Royale de Paris. A l'honneur d'informer les familles anglaises qu'il donne des leçons en ville, et que son Académie, ci-devant rue des Pipots, est maintenant dans sa belle salle de bals et de concerts, rue des Vieillards, n° 15, les mardis, jeudis et samedis, de trois à cinq heures ; et aussi cours de polka. 
La nouvelle méthode de M. Delplanque, par exercices raisonnés sur les principes naturels, suivant les bases de l'anatomie, donne en peu de temps, à ses élèves, l'avantage de danser avec grâce, d'avoir une belle tenue en marchant, et de pouvoir se bien présenter en société, avec aisance et sans affectation. Il donne également des leçons de révérence de cour.
Il avait trois frères, aussi professeurs de danse : Louis Marie (1812-1882), Sulpice Hugues (1818-1896) et Hildevert Charles né en 1827.
Alexandre Mandé est mort à Boulogne sur Mer le 12 août 1887 rue Saint Louis.


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** à propos de C' qu'on n'disait pas, nous recherchons toute information sur cette chanson dont nous n'avons trouvé aucune trace sur les sites officiels : Gallica, Catalogue Collectif de la BNF, etc.


mardi 28 octobre 2014

La chanson de Lorette, de Vimy, de Verdun… de Craonne

Vient de paraître
une enquête sur la chanson de Craonne par Guy Marival





Guy Marival vient de publier aux éditions “Regain de lecture”, un passionnant bouquin intitulé “la chanson de Craonne,  enquête sur une chanson mythique”.
Ca se lit comme un polar! Guy Marival, historien, chargé de mission auprès du Conseil Général de l’Aisne pour le chemin des Dames, auteur de nombreux articles sur cette chanson, y raconte son cheminement, ses découvertes, son enquête, et y tord le cou à pas mal de fausses vérités (prétendument recueillie en 1917 par Paul Vaillant Couturier, hymne des mutins de 17, interdite par la censure, etc.)
Il en recense 17 (décidément...)  versions retrouvées dans les cahiers de chansons de soldats, ou dans les collectages réalisés par les folkeux des années 70 (Eric Montbel, Michel Colleu,...), ou encore imprimées (même par les Allemands...), elle a été chantée et notée bien avant Craonne, à Lorette (la plus ancienne version, celle que j’ai eu la chance de retrouver et qui est sur ce blog, date de septembre 1915), à Verdun,  dans la Somme, en Champagne...
A chaque fois, les paroles se modifient “c’est à Lorette” ou “c’est à Verdun” “c’est à Vimy”, mais toujours “sur le plateau qu’il faut laisser sa peau”.
En tous cas, son verdict est le suivant : pour lui, c’est un des derniers exemples de “chanson de tradition populaire”, qui s’est diffusé sans médias, par le bouche à oreille, dont le ou les auteurs n’ont jamais été connus (à ce jour)
Je cite Guy Marival : ”le fait est qu’elle s’est répandue rapidement et  quasiment à l’identique. Sans partition de référence, sans la notoriété d’un interprète, sans matraquage médiatique. Cela tient du miracle!”.
Inutile de vous dire que j’ai adoré, et dévoré ces 200 pages consacrées à une chanson, et je tente de vous faire part de mon enthousiasme.

J.-J. Révillion

à commander ici


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d'autres pages sur le même sujet ici et ici

en complément



et




"Un film de Michel Collon & Denise Vindevogel. (Belgique, 2014)
En cette année anniversaire, les médias racontent « comment » a eu lieu la Première Guerre mondiale (dix millions de morts), mais jamais pourquoi. « Morts pour la patrie », proclament tous nos monuments officiels.

Mensonge ! 14-18, c’était déjà une guerre du fric. Non seulement chez les « méchants » (Allemagne, Autriche), mais aussi chez les « gentils (France, Angleterre, Belgique…), le véritable enjeu était : quelle puissance dominera le monde et contrôlera ses richesses ?"