mardi 4 août 2015

Carnet de notes 1, 2 et 3

De novembre 2000 à décembre 2004, Thierry Legros, musicien, chercheur et collectionneur belge, a publié, avec l'aide de quelques amis, un trimestriel qui se proposait de faire circuler les découvertes, concernant les instruments de musique populaires, faites des deux côtés de la frontière.

Première livraison

Carnet de notes n°1
- Découverte d'un nouveau fabricant d'épinettes dans le Hainaut ?, par Thierry Legros
- Epinette du Nord, par Thierry Legros

Carnet de notes n°2
- Une troisième mention d'épinette du Nord, par Thierry Legros
- Pratique musicale dans le Borinage, par Thierry Legros

Carnet de notes n°3
- Accordéon Kormanchek, par Jean Jacques Révillion
- L'accordéon d'art populaire existe-t-il ?, par Jean Jacques Révillion





mardi 28 juillet 2015

Pierre Dezoteux, cordonnier poète (1742-1826)

Pour être consacré poète du peuple il faut avoir fait ses preuves d'ignorance, et n'être sorti de cette ignorance que par des efforts personnels, sans autre guide que la vocation, écrit Alphonse Viollet dans la préface des Poètes du peuple au XIXe, publié en 1841.


Pierre Jean François Marie Dezoteux est un des précurseurs, avec Louis Fayeulle de Boulogne sur Mer, de ces poètes ouvriers, ou artisans, qui apparaîtront tout au long du XIXe siècle.


Collection personnelle


Il est né le 4 octobre 1742 à Desvres, fils de Pierre, aussi cordonnier, et Marie Déjardin. Il publie son recueil de poësies en 1811, à compte d'auteur et par souscriptions. La liste impressionnante des 340 souscripteurs à la fin du volume, donne une idée de sa diffusion et du tirage qui devait être autour de 400 exemplaires. La grande majorité de ces souscripteurs sont domiciliés autour de Desvres : 225 à Boulogne sur Mer, 70 à Desvres même, puis dans les bourgs et villages d'alentour : Guines, Marquise, Montreuil, Macquinghem, Hucqueliers, Hesdin, Baincthun et Samer. Hors du Pas-de-Calais : un exemplaire à Abbeville, trois à Paris, un à Louhans,  Marseille, Clermont et  Strasbourg.
Il se marie deux fois : en 1774 avec Jeanne Marie Vasseur, qui lui donne une fille, et en 1781 avec Ursule Teillier. Il décède à Desvres le 26 mars 1826 en la maison du sieur Augustin Delamotte, cordonnier, il a 83 ans.
Une courte notice biographique est publiée quelques années après sa mort.

De son recueil de poésies j'ai extrait ces trois chansons patoises :
- Le sortilège, sur l'air Tout depuis que je su's varlet




- Dis-m' in peu, men cousin Cola, sur le même air



- Les amours et conclusions de mariage de Magritte et Jean-Franchois, sur l'air V'là d' s'aria, ma bonne mère




Bruno, lecteur fidèle du blog, a fait le rapprochement entre cette chanson et celle présente dans le collectage que l'association Traces a diffusé en 1986 et qui est disponible sur cette page.
Merci à Agnès pour les liens qu'elle m'a communiqués.
Ces deux amateurs de musiques, chansons et traditions de notre région ont fait une analyse très fine de cette chanson sur leur site.

Christian Declerck

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J'ai numérisé l'intégralité de ce petit volume


la première partie
la seconde

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Table et timbres relevés par Agnès Martel


POESIES de M. P. DEZOTEUX
cordonnier à Desvre. Boulogne, Leroy-Berger, 1811
Page Genre Titre Timbre indiqué Référence du timbre
(p5) Poème L’auteur aux amateurs de la poësie
p7 Poème Discours moral et familier
p18 Poème Le curé préchant (anecdote)
p19 Poème Jugement d’un bailli de village
p21 Poème Vers adressés à M. D’Ordre
p22 Chanson Chanson bacchique L'amour dans le coeur d'un français non trouvé
p25 Poème Le bûcheron
p28 Chanson Couplets sur ma perruque Air de la pipe de tabac Clé du caveau (1811) n°108 (Contre les chagrins de la vie) La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson... Voir aussi pipe de tabac
p30 Poème A Maître Dezoteux sur sa perruque, par Tripier, apprenti cordonnier
p32 Poème Réponse à M. Triper, apprenti cordonnier, qui me reproche, dans une note à la suite des vers ci-dessus, de ne plus rimer depuis que je porte perruque
p33 Poème Discours sur la destruction des temples
p39 Poème Naïveté d’une villageoise
p40 Poème Couplet fait en 1795
p41 Poème Début d’un curé
p44 Chanson Couplets Air du pas redoublé de l’infanterie Clé du caveau (1811 1ère édition) n°756 La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson...  Voir aussi 756
p47 Poème Le diable dans l’église (anecdote)
p49 Chanson Le chemin du ciel La fête des bonnes gens  Clé du caveau (1811 1ère édition) n° 315 (l’amitié vive et pure)La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson... Voir aussi Fete des bonnes gens 
p52 Poème L’huissier en renom
p53 Poème Vers à M. D’Ordre
p55 Poème Réponse de Monsieur D’Ordre
p56 Poème Epître aux Boulonnais
p58 Poème Vers adressés à un meunier de mes amis la veille de sa fête
p59 Chanson Stances sur la mort de M. Leuliette Je l’ai planté, je l’ai vu naître Clé du caveau (1811 1ère édition) n°261La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson...
p61 Poème A M. Dezoteux par Mademoiselle G. Noel de Desvres
p63 Poème Réponse à Mademoiselle Noel
p64 Chanson Réflexions d’une bergère de l’Ene Je suis né, natif de Ferrare  Clé du Caveau (1811 1ère édition) n°280 (air de Calpigi) La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson... Voir aussi Calpigi
p68 Chanson A Maître Dezoteux pour seconde sommation par Triper, apprentif cordonnier O Mahomet, ton paradis de femmes ! renvoi à Il faut aimer, c’est la loi de Cythère - Clé du Caveau (1811 1ère édition) n° 224 La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson... Voir aussi Mahomet
p70 Chanson Réponse à Monsieur Tripier Air du menuet d’Exaudet Repris sous le titre De ce vin le venin Clé du caveau (1811 1ère édition)n°752 La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson...Voir aussi 752
p72 Chanson Complainte sur la mort de Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime évêque de Boulogne, décédé le 8 octobre 1789 Grand Saint Hubert des Ardennes non trouvé
p76 Poème Vers adressés à l’auteur par M. D’Ordre, fils
p77 Couplets La Marche du Roi de Prusse Clé du caveau (1811 1ère édition) n° 687 (A pied comme à cheval) La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson...
p79 Chanson Couplets sur l’ancien Roi de Naples Air du menuet d’Exaudet Repris sous le titre De ce vin le venin Clé du caveau (1811 1ère édition)n°752 La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson...Voir aussi 752
p81 Poème Vers adressés à sa Majesté l’Empereur à son passage à Boulogne
p83 Chanson A Mademoiselle Noël pour se fête Avec les jeux dans le village Clé du Caveau (1811 1ère édition) n°53 La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson... Voir aussi village
p84 Chanson Le Sortilège Chanson patoise Tout depuis que je su’s varlet non trouvé
p88 Poème Réponse à un anonyme, qui dans ses vers mis la phrase latine suivante : Sutor non ultra crepidum
p89 Poème Epître à Desvres et à Pierre Dezoteux, son poëte, par Monsieur Wyant
p91 Chanson Stances sur la croix qui a été replacée au clocher de l’église Accourez, ô troupes fidèles ! non trouvé
p94 Chanson Stances présentées à M. Lefevre, curé de Desvres, la veille de sa fête O filii et filioe Clé du Caveau (1811 1ère édition) n°412 La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson... Voir aussi O filii
p96 Poème (acrostiche) Anniversaire de la bataille d’Austerlitz
p97 Poème Le bedeau anecdote
p99 Poème Mort et résurrection de l’église de Desvres
p102 Chanson La vertu récompensée J’aime la jeune Sophie  ?   voir 27 : Boire pour oublier l'infidèle ?
p105 Poème (acrostiche) Vers adressés à Mademoiselle**** en lui envoyant un cantique de ma composition, en cent trente-deux stances sur la passion du Sauveur
p106 Chanson Réponse de la demoiselle Charmante boulangère non trouvé
p107 Chanson A mon cousin le jour de son mariage Pauvre Jacques Repris sous le titre Pauvre Jacques quand j’étais près de toi Clé du Caveau (1811 1ère édition) n° 444La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson.... Voir aussi Romance 1789 ▶ chansons historiques de France 17 : Pauvre Jacques fin XVIIIe siècle - YouTube
p109 Chanson Couplets Je suis né, natif de Ferrare  Clé du Caveau (1811 1ère édition) n°280 (air de Calpigi) La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson... Voir aussi Calpigi
p112 Poème (acrostiche) Acrostiche adressé à Monsieur, Madame et Mademoiselle D’Ordre
p113 Chanson Dialogue entre Monsieur Dimanche et le citoyen Decadi Air du pas redoublé de l’infanterie Clé du caveau (1811 1ère édition) n°756 La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson...  Voir aussi 756
p116 Poème Vers adressés à l’auteur par Monsieur Hédouin
p117 Poème Les quatre gascons
p119 Chanson Les folies atroces de la France dans le tems de la révolution Air de Joconde Clé du caveau (1811 1ère édition)  n°659 (Vous voyez bien ce bouquet-ci ? )La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson... Voir aussi Joconde
p124 Poème A Mademoiselle Noel
p125 Chanson Couplet à ma commère dans le temps de la révolution Air du menuet d’Exaudet Repris sous le titre De ce vin le venin Clé du caveau (1811 1ère édition)n°752 La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson...Voir aussi 752
p127 Poème (acrostiche) A Monsieur D’Ordre la veille de sa fête
p128 Chanson Vertus et propriétés d’une fontaine située dans la forêt de Desvres Il pleut, bergères Clé du Caveau (1811 1ère édition) n°233La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson...
p132 Chanson Couplet à Monsieur Duwiquet demeurant à Paris Air du menuet d’Exaudet Repris sous le titre De ce vin le venin Clé du caveau (1811 1ère édition)n°752 La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson...Voir aussi 752
p134 Poème (acrostiche) A la jeune Joséphine, pour son amant
p135 Chanson patoise Tout depuis que je su’s varlet non trouvé
p137 Poème Aux détracteurs de Maître Dezoteux, par Monsieur *****
p138 Chanson Couplet à Monsieur D’ordre Air du menuet d’Exaudet Repris sous le titre De ce vin le venin Clé du caveau (1811 1ère édition)n°752 La clé du Caveau, à l'usage de tous les chanson...Voir aussi 752
p140 Poème (acrostiche) Vers adressés à Monsieur Debove, qui momentanément fut instituteur à Desvres
p141 Poème L’évêque et le curé, anecdote
p143 Chanson Chanson patoise. Les amours et conclusions du mariage de Magritte et Jean-Franchois V’là d’s’aria, ma bonne mère non trouvé
p148 Poème La bigote scandalisée, anectote
p149 Poème Le saint à la crème
p150 Poème Anecdote
p151 Poème Le singe, anecdote
p153 Poème Stances sur la naissance du Roi de Rome
(p156) Enigmes, charades et logogriphes par P Dezoteux
p186 Erratum
p187 Mots des énigmes
p188 Mots des logogriphes
p191 Mots des charades
p194 Table
p199 Liste des souscripteurs pour les oeuvres de P Dezoteux par ordre d’inscription

samedi 25 juillet 2015

Julien Tiersot et Laurent Grillet



Deux précurseurs de passage à Lille

source Gallica


Julien Tiersot, ethnomusicologue


Le 15 décembre 1901, à l'invitation de la Société des Concerts du Conservatoire, Julien Tiersot donne une conférence/concert sur "la chanson populaire en France avec le concours d'Eléonore Blanc et d'un chœur de douze demoiselles du cours de chant du Conservatoire de Lille. Toute fois, malgré la prise en compte progressive du patrimoine régional par les élites culturelles, ce genre d'initiative est sans doute prématuré. Le public ne répond pas à l'appel des organisateurs, et c'est devant une salle bien peu garnie que Julien Tiersot déclama lui-même Le Pauvre Laboureur et dirige sa Légende Synphonique Sire Halewyn, écrite d'après un chant populaire flamand."
source : La symphonie dans la cité, Lille au XIXe siècle, Guy Gosselin, p. 288










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Laurent GRILLET, vielleux de la Société des instruments anciens

En mars 1896, la société des Concerts des Ecoles Libres organise, dans la salle de la Société Industrielle de Lille, un concert peu ordinaire par les quatre artistes de cette Société crée l'année précédente :  Jules Delsart sur la viole de gamme, Louis Van Waefelghem sur la viole d'amour, Louis Diemer au clavecin et Laurent Grillet à la vielle à roue.
Un article de Jean François Chassaing, paru dans Trad magazine en 2003 (n°90), nous présente Laurent Grillet, musicien au carrefour de la musique savante et de la musique populaire.




Autour d'un clavecin, par Adolphe Brisson




vendredi 10 juillet 2015

Chansons roubaisiennes

collection Médiathèque de Roubaix


La médiathèque de Roubaix a mis en ligne 320 chansons populaires éditées sous forme de feuilles volantes


c'est ici

et plus de 180 documents sonores dont des 78 tours de Jules Watteeuw


Jules Watteeuw par Alfred Desplanques
collection personnelle


c'est ici 

les autres collections en ligne sont ici

lundi 6 juillet 2015

André d'Ivry, chansonnier, poète (1890-1965)

André d'Ivry par Léopold Simons
collection personnelle

Depuis longtemps je conserve dans ma collection quelques petits format de ce chansonnier, édités à Béthune vers 1920, sans être parvenu à l'identifier. Récemment j'ai pu me procurer un exemplaire de l'autobiographie qu'il a publiée en 1951, Toute ma vie en chanson, 1.000 exemplaires, hors commerce, réservés aux amis de l'auteur.
Grace à cet ouvrage j'ai pu enfin identifier ce personnage hors du commun. Pourtant  il n'y dévoile pas son identité véritable, mais il lâche ici et là une information qui en la recoupant avec une autre, puis avec une troisième, m'ont permis de dévoiler le mystère.



André Alexis Girond est né à Ivry sur Seine le 28 octobre 1890, dans le quartier du port. Son père, Louis Alexis, est maréchal-ferrant aux entrepôts d'Ivry, c'est aussi un militant de gauche. Socialiste, syndicaliste, libre penseur et, précise son fils, franc-maçon*. Il a deux frères, André et Louis et deux sœurs, Gabrielle et Simone. Il fait le désespoir de son père qui espérait en faire un ouvrier modèle.
Très attiré par les poètes qu'il découvre dans la bibliothèque paternelle, surtout par les œuvres de Monthéus, il écrit des poèmes et des chansons qu'il interprète à la Société lyrique d'amateur, la Fauvette Ivryenne. Lassé d'un travail harassant, il quitte l'usine où il est pilonnier (il assiste les forgerons au marteau-pilon) pour partir à l'aventure. Direction Paris, les cafés concerts, il débute au Concert Brunin, puis chante au Divan Japonais et même chez le Bruyant Alexandre, un imitateur d'Aristide Bruant. Il est apprécié et trouve de nombreux contrats dans ces établissements très nombreux à cette époque. Un contrat plus important l'entraîne par chez nous, à Valenciennes, mais quelques jours après son arrivée le café chantant est fermé par décision de justice. Il se retrouve à la rue et sans le sou et se fait recruter pour la Légion étrangère. On est en 1908. Il y passe cinq années qui le marquent profondément. A son retour il rentre à Paris et va se présenter à la Muse Rouge où il rencontre Monthéus. Il a un bon emploi et en 1914 il se marie avec Marguerite Minart, enceinte de trois mois. Quelques mois plus tard il est dénoncé à son employeur comme révolutionnaire, forcé à démissionner, et ne pouvant pas trouver d'autre travail à Paris, il décide de rejoindre la famille de son épouse, née à Lens. Il se fait embaucher à la mine de Bruay, comme remblayeur au puits n°5 bis.
Après quelques mois à la mine il trouve, grâce à un beau frère caporal des pompiers, un petit café dont le fond est à vendre, rue Sadi-Carnot. Avant d'emménager, il organise chez son beau frère, aussi cabaretier et mineur, une soirée chantante avec trois ou quatre amateurs de la ville. Ils sont surveillés par le brigadier de police Floctel, qui note tout ce qu'il interprète.
Quelques temps plus tard il répond à une annonce parue dans le Petit Béthunois "recherche un jeune homme, 25 ans environ, bonne instruction, pour être employé au Tribunal civil de Béthune".
Je lui laisse la parole :

Je me présente et suis agréé quoiqu'âgé de 24 ans seulement. Mais au lieu de travailler au greffe, je suis affecté au premier cabinet, à la disposition de M. Riccardi, juge d'instruction.
Me voici donc en même temps secrétaire d'instruction et cabaretier […] Un matin, j'ouvre le courrier puisque cela était dans mes attributions : quelle tuile !!! quelle tuile me tomba sur le crâne !!!. Une demande d'enquête était adressée au parquet contre M. X. (moi-même) pour propagande anarchiste, par la chanson.
Le juge d'instruction était chargé d'éclaircir cette affaire par le Procureur de la République. C'était donc grave… très grave. C'était le résultat de la goguette organisée par moi et donnée chez mon beau-frère, quelques jours auparavant.
Me voici donc en fait, chargé de faire une enquête sur moi-même, c'est à dire contre un anarchiste certainement dangereux. Quand M. Riccardi arriva au bureau, je le mis naturellement au courant de cette affaire… baroque. Je n'eus aucun mal à lui démontrer que personne n'était moins anarchiste que moi. Ancien militaire, engagé, marié et bientôt père. Membre du Parti socialiste depuis sa fondation. Je lui fis lire les œuvres interprétées le soir de la goguette en question, et cet homme qui avait le courage de ses opinions me pria de l'accompagner à la sous-préfecture où il demanda une audience immédiate à M. Bonnefoy-Sibour, alors sous-préfet. Il lui conta mon histoire de soirée chantante et l'enquête qui devait s'ensuivre. Cette "salade" se termina à la grande confusion de brigadier Floctel, qui ne savait certainement ce que pouvait être un anarchiste, mais connaissait beaucoup de curés de la ville.

Arrive la déclaration de guerre, il est incorporé au 1er régiment de zouaves, il participe aux combats de Bapaume, blessé grièvement le 26 juin 1915 près d'Arras il est transporté à Valognes (Manche) puis à Rennes où il est, mal, opéré à la main gauche qui restera atrophiée. Convalescence à Béthune, puis il est affecté aux services auxiliaires. Après son retour à Béthune il fonde la société d'artistes amateurs la Fauvette Béthunoise.
La suite de sa biographie est assez imprécise, on apprend qu'il est un temps, dans les années 1930, prestidigitateur dans un théâtre forain, Le Magic Hall Salon Pietro, qu'il obtient, en 1936, le premier prix au concours du Syndicat International des Artistes Prestidigitateurs. La suite est fragmentaire, il omet par exemple de mentionner son second mariage en 1942 avec Suzy Vernay, née en 1908. Il décède à Epinay sur Orge (Essonne) le 1er avril 1965, il est alors domicilié à Paris, 25 rue Béranger.




Collection personnelle

Son fils né à Béthune en 1914, prénommé André comme son père, chansonnier sous le pseudonyme André Flandres, écrit des chansons populaires mises en musique par le compositeur René de Buxeuil. Il meurt à Paris le 3 octobre 1979.

Christian Declerck

* il était grand maître de l'ordre de Saint Sauveur de Mont Réal

Son livre donne les textes (complets ou un extrait) de plus de 130 poèmes et chansons, sans musique. Ci-dessous les petits formats que je possède ; certains contiennent une musique, composée par André d'Ivry ou par Pierre Monté.





Collection personnelle





mercredi 24 juin 2015

Emile Duhem, chansonnier "parisien" 1843-1918

La bibliothèque Nationale conserve plusieurs chansons en patois de Lille de ce chansonnier.








Emile Joseph Duhem est né à Wattignies le 5 mars 1843, fils de Michel, boulanger, né Wez-Velvain (Belgique) et Joséphine Montaigne née à Wattignies. On ne sait rien de ses activités lilloises, à part ces quelques chansons de carnaval. Il meurt à Aulnay-sous-Bois le 26 avril 1918, dans la villa Chansonia qu'il avait rachetée à Ernest Pacra en 1883.


Le mariage : chanson nouvelle en patois de Lille, chantée par la Société des Bons (dit des Vas-y-voir), située rue Saint-Sauveur, au Vert-Galant / [signé : Duhem]


Vive Lille ! !... revue humoristique : à mes amis A. Briffaut et E. Lépine / paroles de É. Duhem et L. Broutin ; musique de Emile Duhem



Mais il est surtout connu pour son importante production de plus de 1.500 chansons de café-concert recensées par la BNF

un exemple, au hasard…