samedi 16 janvier 2021

Blanche-Petit à Valenciennes


musée de Champlitte (70)
source

Ce fabricant de pianos mécaniques a fait florès, à Valenciennes, au début du XXe siècle. Jean-Baptiste Blanche est né en Belgique, à Saint Gilles, le 25 février 1879. Il est le fils de Jules, carrossier, et Marie Bellens. En 1901, à Raismes, il épouse Pauline Petit, née à Hasnon le 27 janvier 1881, elle est la fille de Paul, marchand de pianos et Sophie Crudenaire. D'après des mentions sur les publicités, on sait que le couple a fondé leur société en 1899, avenue du Quesnoy n°1 et 4. Ils participent à de nombreux concours et y remportent des médailles : le bronze à Bruxelles (1910), l'argent au Mans (1911) et à Casablanca (1915), l'or à Dunkerque (1912), un diplôme d'honneur à Metz (1920) et Marseille (1922), les grands prix de Lille (1920), Obernai (1922) et Limoges (1922). En 1923, hors concours, il est membre du jury à Bayonne, puis président du jury au Mans en 1928. Mais en juillet 1929 une annonce signale la mise en vente, par J.-B Blanche, de deux immeubles à Valenciennes, l'un industriel et commercial et l'autre "maison de rentier", sans indication de leur emplacement, mais il s'agit certainement des deux maisons situées au 1 et 4 avenue de Verdun. Pauline meurt à Valenciennes en 1924, je n'ai pas encore retrouvé le décès de Jean-Baptiste. En 1926 il est fait mention d'un associé nommé R. Goffart, présenté comme successeur de J.-B. Blanche-Petit. Ce pourrait être René Goffart né à Valenciennes en 1895 qui est ébéniste lors de son mariage en 1919 avec Raymonde Vandevoir. Dès la réouverture du site des AdN j'irai vérifier.

vente à Chartres en 2015

Ses instruments sont décrits dans plusieurs réclames parues en 1914 et les marques sont déposées la même année au greffe du tribunal de commerce de Paris : le Paulinette "Orchest", 48 marteaux avec tambour, grosse caisse et cymbale ; pour les cafés où l'on ne danse pas le Solo Mio Mandolino qui donne l'illusion d'un orchestre de mandolines ; et les Pianos Orchestre à 88 et 66 marteaux, sans percussions. En 1919, il dépose les marques La Victoire et le Sam Su Fy orchestre. Je n'ai pas d'infos sur son parcours après l'arrêt de ses d'activités industrielles. 

Christian Declerck, 15 janvier 2021


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On peut entendre un de ses pianos dans la collection de Gérard Décoret sur ce site 

le bâtiment du 4 avenue de Verdun (ex avenue du Quesnoy)


Quelques réclames parues dans le Grand Echo du Nord

10 juin et 22 mai 1914


22 mai 1920

Annuaire Didot-Bottin 1926



celle que je préfère

30 juin 1920


jeudi 14 janvier 2021

Un chanteur flamand à Saint-Omer au XIVe siècle

A partir de 1314 la comtesse Mahaut d'Artois s'installe à Charenton le Pont, où elle fait agrandir le château : construction d'une grande salle et d'une tour crénelée. C'est de cette époque que date ce livre de compte rédigé par Hue de Thélu, conservé aux archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville. L'inventaire publié en 1878, a relevé divers joueurs d'instruments de musique :

1320 : Compte d'Hue de Thélu pour l'hôtel de la comtesse Mahaut du 7 août à la Toussaint

- a Simon le trompeur qui apporta lettres à madame du mariage Teri de Hensebergue le xxiiiime jour d'aoust à Saint-Omer … viii s.

- a Jehane qui geue des orgues … xvi s.

- a Perrot menestrel mons. de Boulogne qui geue du frestel … x s.

- a Terion menestrel de viele mons. de Chastillon … viii s.

Dans l'exposition "Musiques maestro !" présentée à Arras en 2011 était exposé ce parchemin des comptes et la notice précisait : le 9 septembre "à Saint-Omer à un chanteur qui chanta devant madame [la comtesse] en flament".


Archives départementales du Pas-de-Calais, cote A 386
photo personnelle

Jules-Marie Richard dans son livre paru en 2014, page 91, Mahaut comtesse d'Artois et de Bourgogne (13021329) nous donne aussi cette mention, parmi celles de plusieurs ménestrels qui se produisent devant la comtesse, le chanteur est gratifié de 12 deniers soit un sol, les autres musiciens mentionnés plus haut sont nettement mieux rémunérés : entre 8 et 16 sols.

lundi 11 janvier 2021

orchestrion Simoens-Lorez à Roubaix

mis en ligne le 8/1/2021

mise à jour le 11/1/2021 : ajout de 2 photos


L'usine Simoëns-Lorez, à Roubaix

Après 1918, ils étaient partout, chaque café, chaque estaminet en possédait. Ils faisaient le bonheur du patron et des clients, et le malheur du voisinage qui se plaignait du tapage nocturne. On les appelait piano automatique ou orchestrion. Les moins luxueux ont été détruits dès l'arrivée du gramophone et surtout de la radio. Celui-ci était vendu par Marceau Simoëns et Victor Lorez, associés à Roubaix dans les années 1919/1922. Le Musée d'Histoire et de la Vie Quotidienne de Saint-Martin en Campagne (76) en conserve un rare exemplaire en état de fonctionnement.


orchestrion Simoens-Lorez
l'air serait La chanson des échos qui à l'origine est une mazurka…


Un grand merci à Bastien Pochard, du Musée de Saint Martin en Campagne pour ces photos de l'orchestrion.

© T. Dion, Musée d'Histoire de la vie quotidienne


© T. Dion, Musée d'Histoire de la vie quotidienne


Le programme :
- Le train roulait, schottisch
- Minette en fête, polka
- Gosse d'amour, mazurka
- Mignon, valse
- La lune blanche, fox-trot
- Eléonore, polka
- Est-ce bien toi, valse
- Les baisers, fox-trot

Victor Lorez est né à Dunkerque, dans la rue des Passerelles, le 30 juillet 1882, fils de Gervais et Philomène China, originaires de Roubaix. Victor a été conducteur de chevaux, mais vers 1920 il s'associe avec un voisin, Louis Marceau Simoëns, ancien apprêteur en tissus, né à Roubaix le 14 octobre 1882, fils de Théophile et Marie Meurisse, originaires de Tournai (B). Marceau a probablement repris la fabrique de pianos mécaniques de son beau-frère Liévin Bailleul (voir ci-dessous). Les associés installent leur usine 70 rue Chanzy à Roubaix. Victor meurt en 1951 et Marceau en 1960, tous les deux à Roubaix.


pianos automatiques Le Merveilleux


l'harmoniphone
Le Nord Maritime, 1921





La fabrique Liévin Bailleul, à Roubaix, puis Lille

source : Médiathèque de Roubaix
La sœur de Marceau Simoëns, Laure Constance née à Roubaix en 1870, épouse Liévin Augustin Balliu, dit Bailleul, à Roubaix en 1891. Né à Roubaix en 1869, il est le fils de Pierre et Pélagie Janssens, nés en Belgique. En 1893 il est cabaretier, à l'Internationale, boulevard de Belfort à Roubaix. Au nom du Parti Ouvrier, il porte les revendications prolétariennes des ouvriers roubaisiens au député Emile Moreau. En 1892, militant collectiviste, il a été élu conseiller municipal et, pendant quelques années il est adjoint au maire de Roubaix, Henri Carette. En 1903 il crée une entreprise de fabrication de pianos automatiques à Roubaix, 46 rue des Fabricants. En 1909 il démissionne du conseil municipal pour se consacrer à son entreprise, qu'il déménage à Lille 239 rue du Faubourg de Roubaix. En 1921 il est domicilié 23 place Rihour à Lille. Il meurt à Roubaix le 1er août 1947.

Christian Declerck, 8 janvier 2021




Le Grand Echo du Nord


Le Pompon, roi des pianos automatiques
Le Grand Echo du Nord 1921


dimanche 3 janvier 2021

La fête des rois en Flandre

mise à jour 25 octobre 2018 : deux photos signée Biebuyck 
mise à jour 16 décembre 2018 : photos de 1951, 1991 et 2009
mise à jour 14 janvier 2019 : deux vidéos
mise à jour 1 novembre 2020 : lien Rois Mages
mise à jour 2 janvier 2021 : Méteren 1947






filmés par Antoine Quaghebeur le 6 janvier 2019 à Saint Jans Cappel





un entretien avec les mêmes Rois et le témoignage de Maria Lapanne
qui a appris la chanson en suivant son père Maurice,
un des rois mages de Saint Jans Cappel, dans les années 1960.


 le fichier son est ICI




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Article paru dans Le Nord Illustré du 15 janvier 1910


"C’est une fête particulièrement populaire dans notre région où, malgré quarante ans de République, on tire encore les rois… Nous disons "malgré quarante ans de République" car sous l’Empire les billets du roi étaient jugés suspects, s’il faut en croire les très curieux "billets de l’Empereur" qu’il nous a été donné de voir récemment dans la collection de M. Pierre Decroix. On goûtera donc ce récit d’une des formes pittoresques sous lesquelles se présente la fête des rois en Flandre. Il est écrit par M. André Biébuyck, fils du distingué maire de Vieux-Berquin, et par conséquent bien placé pour connaître cette région fertile en vieilles coutumes.

Les Rois Mages à Meteren

Elles s’en vont, elles disparaissent, les bonnes vieilles coutumes qui firent la joie de nos pères. Le progrès les chasse, et bientôt elles n’existeront plus même à l’état de souvenir. En certains coins de Flandre pourtant, où la langue française n’a pas encore réussi à s’implanter complètement, il en subsiste quelques unes, derniers vestiges d’une époque moins prosaïque que la nôtre.
L’une d’entre elles se pratique encore annuellement lors de la fête de l’Epiphanie.
Ce jour là, le jour des Rois, s’en vont dans certains villages du canton de Bailleul, des jeunes gens aux costumes inattendus. Tout de blanc habillés, pantalon et chemise constellés d’étoiles de papier multicolores, coiffés d’un chapeau décoré de même et autour duquel pendent des dentelles, ce sont les "Rois Mages" qui s’en vont de porte en porte chanter l’antique complainte de l’Etoile de Bethléem. L’un d’eux tient au bout d’un bâton une roue ornée de fleurs et de rubans, qu’il fait tourner, à la grande joie des gamins qui les accompagnent. On les accueille avec plaisir les "Sterreken", et il n’est pas de maison, où ils ne reçoivent du pain, des gâteaux ou quelques sous. Ce qu’ils racontent, c’est l’histoire de la nativité et de l’arrivée à Bethléem des Mages conduits par l’étoile miraculeuse.

Avec l’étoile arrivèrent trois rois
De terres étrangères, de très loin

La traduction ne pourrait rendre que très imparfaitement la charmante simplicité de cette chanson. Certains couplets sont d’une naïveté délicieuse. Dans la crèche, la Vierge avec l’Enfant Jésus et Saint-Joseph sont mourants de faim alors…

Marie va dans la boulangerie
Achète un petit pain et le partage en trois

Et cela se chante sur un vieil air, composé en même temps que les paroles par quelque Liedzanger inconnu.

Aussi la traduction française ne s’adapte-t-elle que très imparfaitement à cette mélodie qu’il faut avoir entendu avec les accentuations rudes et gutturales d’une langue germanique pour en goûter tout le charme étrange.
Combien d’années encore verrons-nous les "Rois Mages" Le français gagne de jour en jour. Le flamand s’en va et avec lui les vieux usages qui y étaient trop intimement liés pour pouvoir vivre sans lui.
Si vous voulez voir les "Sterreken" allez à Meteren en Flandre le jour des rois."

Texte et photographie d’André Biébuyck

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J'ajoute ces deux photos signée Biébuyck, parues dans La France à Table, juillet 1951.



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Une autre image, capture d'écran de la télévision, de mauvaise qualité hélas, lors d'une série de diffusion de documents des années 1960 sur la télé régionale France3



les même rois mages que l'on retrouve en situation sur la route de Bailleul, en direction d'un lieu-dit prédestiné

collection Stéphane Verstaevel



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En 1991, Stéphane Deheegher, Alain et Claude Belpalme, "les derniers rois mages de Flandre flançaise" avaient repris le flambeau en 1985

Le Nouveau Nord, décembre 1991


En 2000, César Storet et ses amis de l'association De Katjebei relancent la tradition autour de Saint Jans Cappel

François, Florent et César
La Voix du Nord 29 décembre 2009


Une étude sur les chant des Rois Mages par Florimond Van Duyse (en néerlandais)

la tradition est aussi présente en Flandre Belge

source

collection personnelle

et à Bruxelles





cette année pas de quête pour les rois mages
la Voix du Nord, 3/1/2021

vendredi 1 janvier 2021

Adolphe Deprince, 1901-1995



Adolphe 9 ans
source : Charles Verstraete
Né "par accident" le 17 décembre 1901, à Malines (Belgique) chez sa grand-mère maternelle, il rentre à Roubaix dès janvier 1902. Il découvre l'accordéon auprès de son père, Emile né à Roubaix en 1872, qui joue du diatonique dans la Société des Joyeux Accordéonistes Roubaisiens. Adolphe en devient membre dès 1907. Son père l'encourage à apprendre le solfège et le piano au Conservatoire de Roubaix. En 1913 il apprend l'accordéon chromatique auprès de Lorion Perrin, dit P'tit Lorion. En 1921, pendant son service militaire au 110e RI, à Dunkerque, le chef de musique, le capitaine Eugène Hénon, découvre qu'il joue de l'accordéon et lui demande de jouer, lors d'un concert sur le kiosque d'Arras, la partie de flûte de la polka le Merle Blanc, mais le général Lacappelle n'apprécie pas l'instrument, il doit reprendre son saxophone. En 1924 à Calais, il épouse Adèle, fille de l'accordéoniste François Reubrecht et gérant du Café Moderne, rue des Thermes (voir plus bas) où il joue régulièrement. En 1932 il monte à Paris, invité par Fernando, accordéoniste chez Bousca, qui lui trouve du travail à Pigalle, à la Cigale en face du Cirque Médrano. Il n'y joue qu'une fois, le patron voulait un accordéoniste chanteur. Il trouve ensuite du travail aux Cascades, près du métro Anvers, c'est là qu'il compose pour la première fois, la mazurka Cascades. Puis il est demandé par les radios et fait ses premiers disques pour Parlophone, avec Fredo Gardoni son ami, qu'il remplace parfois dans le studio sans être mentionné sur les étiquettes "Un jour le directeur de Parlophone me fait écouter un disque de Gardoni, il me dit : voilà c'est comme ça qu'il faut jouer… et je ne pouvais pas lui dire que c'était moi qui l'avais fait". Il accompagne les innombrables chanteurs et chanteuses qui enregistrent chez Pathé Marconi, "quand il y a de l'accordéon, c'est moi" et joue aussi pour le cinéma, notamment dans La Belle Equipe, avec son ami d'enfance Marceau Verschueren, qui vient le rejoindre à Paris. Pendant l'occupation il joue dans les boîtes de nuit, de la musique à la demande. A la Libération il joue pour le grand bal sur la place de l'Hôtel de Ville puis il reprend le travail dans la brasserie Le Louis XIV, à la Porte Saint Martin, puis joue dans les guinguettes sur les bords de la Marne, Chez Max. La fin des brasseries avec orchestre et bal permanent après guerre, l'oblige à se reconvertir, il part sur les routes avec son orchestre pour proposer des bals. En 1948, il a l'idée de créer un numéro avec ses amis Louis Péguri, Médard Ferrero, V. Marceau et Deprince, ce sera Les Mousquetaires de l'Accordéon, avec un programme de musique classique : l'Ouverture de Sémiramis de Rossini, La Toccata de Vidor, etc. En 1970, après un infarctus, il est obliger d'arrêter les tournées, il se consacre alors aux concours d'accordéon. Le décès de son épouse en 1976 marque la fin de sa pratique musicale. Il meurt vingt ans plus tard le 26 novembre 1995 à Montreuil sous Bois.
Christian Declerck
31 décembre 2020


Adolphe (x) et ses parents, 58 rue de l'épeule
avec la casquette : P'tit Lorion
source : Charles Verstraete


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Adolphe Deprince, pionnier de « l'accordéon-musique », vient de mourir après avoir tout joué, des bals au music-hall, en passant par le cinéma. L'accordéon perd son Deprince.

Quand on lui demandait le secret de sa longévité, ses yeux se mettaient à pétiller: « J'ai toujours joué assis, jamais debout ». Adolphe Deprince, pionnier de « l'accordéon-musique », vient de mourir à son domicile de Montreuil-sous-Bois à 94 ans. Né en 1901, il est élevé à Roubaix où son père tient un café et dirige la clique municipale des accordéonistes. Très tôt, il lui met un accordéon entre les mains, mais l'encourage à prendre aussi des leçons de piano et de solfège. Il se lie avec un autre jeune prodige, Victor [sic] Marceau, l'ami de toute une vie. Dès les années 20, Deprince est musicien professionnel dans les brasseries : on ne vient pas pour danser mais pour écouter de la musique légère, voire des transcriptions classiques, à choisir sur un programme. A la fin des années 20, Deprince a déjà une belle réputation dans tout le Nord, Victor [re sic] Marceau le fait monter à Paris. Il est l'accordéoniste attitré de Pathé : quand les autres travaillent à l'oreille, «à la feuille», lui peut déchiffrer une partition à vue. Il accompagne les grands interprètes de chez Pathé. Sans parler des films : dans la Belle Équipe c'est lui qui joue lorsque Gabin chante Quand on s'promène au bord de l'eau.

Deprince s'installe à demeure au Balthazar, une brasserie près de la République. La radio le rend populaire, il signe une floppée de disques. Il distribue gratuitement ses compositions aux orchestres de bal en se payant sur les droits d'auteur. Evoquant les partitions de celui qu'il appelle le « Paganini de l'instrument », Marcel Azzola dit qu'elles sont peu jouées car sous leurs airs légers, elles exigent des doigts aguerris. En 1945, c'est Adolphe Deprince qui anime le bal de la Libération, place de l'Hôtel-de-Ville. La France est avide de fête. Avec son orchestre, il va sillonner le pays pour faire danser. Mais en même temps, il continue de défendre « l'accordéon musique » aux côtés de V. Marceau et d'un autre grand accordéoniste et pédagogue Médard Ferrerro : ils lancent un quatuor les Mousquetaires de l'accordéon qui impose dans les music-hall et en attraction des grands cinémas l'idée que l'accordéon peut être un instrument noble. Adolphe Deprince a arrêté les bals au début des années 70. Il continuait de présider les jurys de concours d'accordéon, capable de s'émerveiller des qualités de jeunes recrues, mais aussi de disqualifier le travail bâclé ou le manque de sentiment : «Il faut le dire, le plus important, c'est là», disait-il en se frappant le coeur. Avec Deprince, on est loin du folklore de l'instrument, les guinches à marlous, à putes, ou du milieu : acharné au travail, exigeant envers lui-même, ce vrai musicien a toujours été attaché à faire ressortir les qualités musicales de son instrument ; Jean Wiéner ou Georges Auric ne s'y trompaient pas qui le faisaient travailler pour leurs musiques de films.

Hélène HAZERA

Libération, décembre 1995



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Entretien avec Hélène Hazera 

France-Culture, 18 janvier1992

Avec Marcel Azzola et Yvette Horner

On y entend : Joyeux Canari (1951) ; Railway, valse (1938) ; Réveillon Java (1937) ; Après l'orage, polka (1951) ; Edelweiss, valse ; L'amour des hommes, par Fréhel ; Quand on s'promène au bord de l'eau, par Jean Gabin ; Jocelyne, fox-trot ; Ah ! Retrouver Paname, par Jeanne Chacun (1945) ; L'Ouverture de Sémiramis de Rossini, par Les Mousquetaires de l'Accordéon (enregistrement de travail) et Princesse Musette.

téléchargez ICI


une rencontre avec son ami Marcel Azzola (1992)





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un document rare, vers 1925

le Café Moderne à Calais
avec François Reubrecht fils à l'accordéon,
et au jazz, Adèle Reubrecht, épouse d'Adolphe
collection personnelle


Quelques exemples de ses compositions







Deprince et son orchestre, avec sa nièce Simone Bultiauw
source : Charles Verstraete