vendredi 5 février 2016

Auguste Taccoen, compositeur "cassellois"

Pour présenter ce compositeur, donnons la parole à André Biebuyck, qui a rencontré des contemporains de Tac-Coen. Son article publié dans la revue Le Sud, n° 24, du 12 juin 1938, éditée à Ypres, comporte quelques erreurs rectifiées à la fin de cette page.


collection personnelle



Le lundi de Pâques est un grand jour de fête pour Cassel. Les géants, Reuze-Papa et Reuze-Maman, escortés de joyeux masques, parcourent les rues de leur bonne ville, et inlassable, la Musique joue le vieil air du Reuze cet air venu du fond des âges, qu'un vrai flamand ne peut entendre sans tressaillir. Sait-on que ce fut le compositeur Tac-Coen qui harmonisa et compléta l'air populaire primitif ? Il en écrivit les partitions destinées à la Musique Communale qui joua pour la première fois au Carnaval de 1882, l'air du Reuze tel qu'on l'entend aujourd'hui encore.
Tac-Coen, fut à Paris de 1875 à 1891, le compositeur à succès, le Christiné, le VIncent Scotto de l'époque.

Sa vie
Nous allons brièvement raconter sa vie. Le père de Tac-Coen, Constantin Fidèle Armand Taccoen, était Cassellois, issu d'une famille aisée de cultivateurs. En 1840, il épousait Fidélia Rency, dont le père, Francis Rency était fermier et éleveur de l'estaminet de l'Hoflandt, à Hazebrouck. Le jeune ménage s'en alla chercher fortune en ville et reprit à Lille, l'Auberge de la Tête d'Or, qui portait le n° 27 de la Grand'Place. La Tête d'Or était l'une des plus vieilles tavernes de Lille, déjà citée dans les comptes de la ville en 1381. Elle formait, vers la rue Esquermoise, le coin de la rue de Tenremonde qui, élargie, devint la rue Nationale. C'est là que, le 8 novembre 1841, à 5 heures du matin, naquit Auguste Alfred Taccoen. L'enfant fut élevé à Cassel par ses tantes paternelles, Rose et Pélagie, deux vieilles filles qui tenaient une épicerie au numéro 16 de la rue de Lille, devenue rue du Maréchal Foch.
Tout jeune, il s'inscrivit à la musique Communale dont il ne tarda pas à devenir l'un des bons éléments. Son premier professeur fut Louis Martin, qui était alors receveur buraliste. Lorsque Tac-Coen eut 15 ans, ses parents le rappelèrent à Lille. Il fut placé en apprentissage chez un commerçant ce qui ne l'empêcha pas de continuer ses études musicales, sous la direction de M. Dubaele, l'un des meilleurs professeurs de ce moment.
Quelques années plus tard, le jeune comptable eut l'idée de former une chorale composée des employés de la maison de commerce où il travaillait tant bien que mal. Cette fantaisie n'eut pas l'heur de plaire à son patron qui le pria poliment d'aller exercer ses talents ailleurs. Voilà, à 18 ans, le jeune homme sur le pavé.
Bravement, Tac-Coen, qui ne se sentait aucune disposition pour les affaires, chercha des engagements comme pianiste accompagnateur dans les cafés chantants. Le métier était d'un maigre rapport, et le jeune musicien mangea plus d'une fois de la vache enragée.
Il voyagea au Danemark, en Belgique, en Hollande. Dans ce dernier pays, il fit la connaissance de celle qui devait devenir sa femme, Eugénie Laroche, une jeune fille d'une grande beauté, qui mourut subitement un an à peine après son mariage à Paris, rue de l'Entrepôt, où le jeune ménage était venu se fixer. Tac-Coen se remit à voyager. Après de multiples pérégrinations, il se fixa à Nantes. Il s'y perfectionna dans l'art musical, étudia l'harmonie et se mit alors à écrire les airs qui chantaient en lui.

collection personnelle


Son œuvre
En 1872, le Grand Théâtre de Nantes donnait la première d'un opéra-comique de Tac-Coen : Jean Leduc dont l'action se déroule en Bretagne. En 1875, Tac-Coen venait se fixer définitivement à Paris. Il devait y triompher. Pendant quinze ans, il fut le compositeur à succès. Les paroliers se disputaient l'honneur d'être mis en musique par Taccoen, qui signait alors Tac-Coen, en deux mots, pour transformer un nom pourtant bien flamand.
Le nombre de chansons écrites [composées] par Tac-Coen, de 1875 à 1891, est prodigieux. On en compte plus de trois mille, sans compter plusieurs opérettes. Dans sa production, il aborda les genres les plus variés, en honneur au café-concert à cette époque. En 1870, les chansons patriotiques étaient au goût du jour. Notre auteur sacrifia à cet engoûment. On trouve dans son œuvre : Notre France, Au Drapeau de la France, Ne touchez pas au drapeau, Tenons-nous prêts, L'honneur du soldat (dédié au général Boulanger) et le célèbre Forgeron de la Paix qui eut un succès prodigieux et fut chanté dans tous les villages de France.
Citons aussi des chansonnettes militaires — du Polin d'avant la lettre — Un cuirassier sans sa cuirasse, Mon Tourlourou et La Belle Margoton […] [erreur du compositeur d'imprimerie] […] et dont le refrain est passé dans le répertoire des troupiers qui y ont adopté les paroles les plus… militaires.
Dans les chansons à boire, Versez les trois couleurs fut celle qui fit connaître Tac-Coen, et le lança. Il écrivit encore : Buvons à tous les vins de France, Le refrain du vendangeur, L'esprit du champagne, Le petit Bourguignon, Le vrai Picolo (créé par Paulus), Mon verre est vide (dont les paroles étaient de Jean Richepin) et aussi L'hymne à la bière, La bière de Flandre, paroles de Victor Venelle, directeur du Journal d'Hazebrouck.
Les chansons sentimentales de Tac-Coen sont nombreuses aussi. Il en est d'exquises : On t'attend à la maison, Pauvre Mimi, Le Noël de Jeanne, Bonjour Amour, N'y pensons plus.
Quant aux chansons comiques du compositeur, elles datent terriblement, et ne nous feraient même plus sourire aujourd'hui. Rien ne se démode comme le comique. Citons néanmoins : Le Roi des Gommeux, Pamela s'est pamée là, Koli-Kinkin.

Au pays flamand
Si Tac-coen connut les succès les plus flatteurs à Paris, il était resté dans le fond de son cœur, un vrai Cassellois. Il revenait volontiers dans la ville où s'écoula son enfance et chez ses parents d'Hazebrouck. Le répertoire de Tac-Coen fit fureur à Hazebrouck de 1880 à 1890. On retrouve dans tous les programmes de l'époque, les titres que nous citions plus haut. A l'Orphéon, on joua même plusieurs opérettes du compositeur. A Cassel, en temps de Carnaval, de joyeux masques interprétaient le soir, dans les cafés, de grandes scènes avec parlé, dont on se souvient encore : Les Infirmiers, Le Bataillon des Volontaires en jupons, Les Gamins de Paris.
Tac-Coen ne manquaient jamais de venir "faire le Mardi-Gras" à Cassel. M. Georges Lotthé, l'auteur des Ballades Flamandes qui fut très lié avec le maître, nous a conté en ces termes, cette amusante anecdote qui montre combien Tac-Coen aimait Cassel : "Tac-Coen était féru de la chanson du Reuze. Il en avait brodé les paroles d'une chansonnette : Madelinette est mariée. Il en avait fait coller la ritournelle sur les pupitres des musiciens qu'il dirigeait, en sa qualité de chef d'orchestre d'un grand café-concert de Paris. Un soir, un groupe de ses amis de Cassel, de gais lurons, viennent assister à une de ses soirées. Tac-Coen avertit aussitôt le directeur qu'un incident se produira dans la salle : il le prie de le laisser se dissiper sans intervenir, car il ne sera qu'un attrait de plus pour le public. Et, entre deux numéros, il ordonne à ses musiciens d'attaquer le fameux air du Reuze. Dès les premières mesures nos Cassellois se regardent : ils se lèvent et se mettent aussitôt à entonner leur chanson en flamand, trépigenent, gesticulent et dansent comme en plein carnaval. Je vous laisse à penser le succès qu'ils ont obtenu parmi les Parisiens et la joie de Tac-Coen".
M. Georges Lotthé se proposait d'écrire, en collaboration avec le compositeur, une opérette intitulée Jean Bart dont l'apothéose devait être la Rentrée du Reuze aux lueurs des torches de Bengale.
Tac-Coen fut chef d'orchestre successivement à la Scala, à l'Eldorado et à l'Eden Concert. A la fin de l'année 1891, il contractait une mauvaise grippe — l'influenza disait-on alors — et le 8 janvier 1892, il mourrait au premier étage du Café du 4 septembre, au n° 24 de la rue Monge où il habitait.
Dans quelques années, ce sera le centenaire de la naissance de Tac-Coen et le cinquantenaire de sa mort. Cassel n'oubliera pas cet anniversaire et saura le fêter comme il convient. Nous voulons espérer que sa ville d'adoption lui élèvera un monument et organisera un Festival Tac-Coen. Ce sera un hommage mérité rendu à la mémoire du compositeur.

André Biebuyck


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Le portrait en haut de cette page, le seul connu d'Auguste Taccoen, a été publié dans un opuscule consacré aux œuvres du compositeur vers 1900. Il contient également une très courte biographie qui nous apprend que Tac-Coen a bénéficié, à son arrivée à Paris, de l'aide d'Emile Duhem qui l'engagea comme pianiste accompagnateur. Tac-Coen a fait ses débuts de chef d'orchestre aux Folies-Belleville, dirigée par Cassonet. En juin 1878 il quitte son bâton de chef d'orchestre pour tenir un café-brasserie, rue Monge, Au Souvenir de l'Exposition. Le jour de l'inauguration, on sabla joyeusement un apéritif inédit, La Tacconnade.
J'ai relevé quelques erreurs dans le texte d'A Biébuyck. Les prénoms déclarés sur l'acte de naissance d'Auguste sont Pierre Joseph Auguste, il est né le 6 mai 1844. Le couple Taccoen/Laroche se marie en 1876 et son épouse, une artiste lyrique née à Luxeuil les Bains, décède neuf ans plus tard.

13 partitions en libre accès sur Gallica ici
Un autre texte d'André Biebuyck ici

lundi 1 février 2016

Jehan Lanvin, musicien de bal en Artois

à Teneur (Pas de Calais)


photo Chantefoire

Article rédigé par Gaby Delassus en décembre 1982, après quelques enquêtes réalisées avec Patrick Delaval, et qui parut d’abord dans la revue créée par Roland Delassus « Le Tambourineur », qui préfigura la naissance de la revue « Trad Magazine ». Tous trois étaient musiciens et membres du « Collectif d’Expression Musicale CHANTEFOIRE ».


C’est pendant l’hiver 1981, au cours d’une enquête consacrée aux « traces d’existence d’une cornemuse régionale en Artois » (recherches d’écrits et de témoignages que nous effectuons Patrick Delaval et moi-même depuis près de deux ans, et dont nous vous rendrons compte un de ces jours ; rassurez-vous, et pour couper court à tout bruit « erronément optimiste », nous n’avons toujours pas retrouvé de bouts de tuyau pouvant être assimilés à la cornemuse).

Alors voilà, un soir au cours d’une visite chez un historien local, nous apprenons l’existence de Monsieur Jehan Lanvin, joueur d’accordéon diatonique. Monsieur Lanvin est né en 1906, il est célibataire et vit avec sa sœur, madame Yvonne Ducrocq.

Il a appris à jouer avec son père (qui jouait également l’accordéon diatonique). Mais aucun d’eux ne connaissait la musique. Jehan le fils, pour sa part, a beaucoup appris à la porte même des bals ; il écoutait puis, rentré chez lui, s’essayait à reproduire, « d’tête », les airs entendus, sur son premier accordéon hérité en 1917 (il a alors 11 ans) de son oncle, qui jouait en duo avec son frère (le père de Jehan).

Un peu plus tard, il achètera pour 150 F un autre accordéon, à Montreuil sur Mer. Puis ce sera l’acquisition en 1934 d’un accordéon « Maugein », de Tulle, reçu par la poste, avec en cadeau la partition de « La chanson des chômeurs » (déjà ?).

Les occasions de jouer étaient surtout les fêtes locales ou des environs (Anvin, Heuchin, etc…) ; mais de temps à autre, Monsieur Lanvin et la famille allait jouer sur les hauteurs, à la sortie du village, pour le plaisir, quand il faisait bon.

« Au carnaval j’ai fait un mariage là, on était à 25 pis on est arrivé à Anvin, j’ai joué la polka-marche et pis j’étais en tête et l’bal était plein, quand qu’i nous ont vu arriver, y a pu personne qui a dansé, on a fait l’tour du bal, on étot 25 à l’queue leu leu hein, et pis là alors ej’ jouais l’scottiche ».

Parmi les airs qu’on peut dater d’entre les deux guerres, et qui étaient très répandus de son « jeune temps » (« Le trompette en bois », « Le 14 juillet à Paris », la chanson « à Bourvil », « La Mère Angot », « Les fraises et les framboises », « Passes la main, tire mon machin », etc…) on trouve également dans le répertoire de Monsieur Lanvin des airs plus anciens qui, d’après lui, remontent au moins à la fin du siècle dernier, car son père les jouait avant lui (polkas, mazurkas, scottiches, le quadrille) et même quelques compositions de lui ou de son père (la valse polonaise, polkas, mazurkas, etc…).

Depuis un an, nous sommes retournés de nombreuses fois rendre visite à nos amis. Patrick a « réajusté » l’accord du Maugein, à la demande de Monsieur Lanvin, en respectant « l’ancien ton » de l’instrument ; nous lui avons fourni des copies des enregistrements ; nous avons dégusté la compote de pommes maison, apprécié « l’tabac d’planteur » et le jambon d’pays.

Samedi 11 décembre 1982, dans le cadre de la réunion à propos du collectage dans le Nord/Pas de calais à Hazebrouck, nous aurons l’occasion de vous présenter Jehan Lanvin dans un documentaire que nous avons réalisé avec l’aide du Syndicat Mixte d’Aménagement du Bas-Pays, de la Direction Départementale du Temps Libre et du Centre Départemental de Documentation Pédagogique du Pas de Calais.

Un peu plus tard, début 1983, une plaquette comportant des commentaires, et des partitions du répertoire de Monsieur Lanvin sera disponible. Ce qui nous semble le plus important dans tout cela, ce n’est pas seulement que des groupes vont pouvoir, s’ils le désirent, faire revivre ces morceaux en les rejouant dans les bals, mais c’est aussi le fait que Monsieur Lanvin se soit remis à jouer régulièrement.

Sa sœur et lui se sont acheté un petit magnétophone et depuis notre dernière visite, Monsieur Lanvin nous a enregistré 5 cassettes d’airs qu’il s’est remémoré. De bons rendez-vous encore en perspective. On vous tiendra au courant, bien entendu.


Gaby Delassus, Patrick Delaval
musiciens et membres
du Collectif d’Expression Musicale Chantefoire





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Jehan Charlemagne Lanvin est né à Teneur le 24 janvier 1906, fils de Félix Lucien (1873-1941) et Jeanne Portemont (1880-1941). Au décès de son oncle François, en 1917, il hérite de son l'accordéon. Jehan décède en 1992, comme l'indique sa tombe qui est au cimetière de Teneur, sa sœur Yvonne est décédée à Campagne les Hesdin le 24 janvier 1998, veuve depuis 1980 d'Alfred Charlemagne Ducrocq.
En complément :
- Un enregistrement de J. Lanvin publié par Traces ici
- Une mazurka jouée par J. Lanvin, interprétée par le groupe Chantefoire ici
- Un article publié dans la revue Tutti ici

Christian Declerck
merci à Alain Basset pour ces données généalogiques



lundi 25 janvier 2016

Une conférence qui dérape

Mise à jour du 25 janvier 2016

On nous annonce que M. TOP donnera une série de conférences sur la musique flamande, dont une intitulée "la musique folklorique : une imposture ?" qui aura lieu le 24 mai à 19h à l'hôtel de ville de Cassel.
Nous ne manquerons pas d'en faire un compte rendu détaillé.


L'Indicateur des Flandres du 20 janvier 2016




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Damien Top, musicologue et ténor, l'annonçait déjà dans l'article de la Voix du Nord qui présentait sa conférence "la vie musicale à Wormhout au XIXe siècle" le 22 juin 2012 "l'atmosphère musicale […] y était bien différente de celle des musiques traditionnelles et du folklore artificiellement réinventé au milieu du XIXe siècle"
Je savais déjà qu'il  défendait une position selon laquelle Edmond de Coussemaker n'appréciait pas la musique folklorique, il l'avait démontrée dans sa conférence de Bailleul, que vous pouvez réécouter sur ce blog. J'étais prévenu, mais Damien Top alla largement au delà ce soir là et en rentrant  j'ai tout de suite écrit une réponse que j'ai envoyée à l'organisateur de la conférence, le Comité Flamand de France, pour lui demander de la publier dans son bulletin, avec une éventuelle réponse de Damien Top.
Ce texte a été diffusé aux membres du Conseil d'Administration du Comité Flamand, en attendant une réponse.
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La réponse n'étant jamais venue, je mets ce texte à la disposition de tous
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Répondant au souhait de Damien Top qui a constaté, au cours de sa conférence donnée à Wormhout sur l'analyse du fonds des partitions de la famille Blanckaert, n'avoir pas trouvé de traces de chants ou de musique populaire dans ce répertoire d'une famille bourgeoise, et son souhait d'entreprendre des recherches sur le bien-fondé du principe de la spontanéité de la création de la musique populaire qu'a voulu démontrer Edmond de Coussemaker, je souhaite ici commenter ses propos en apportant quelques élements critiques personnels et d’autres provenant de travaux de chercheurs qui ont publié des résultats d'investigations scientifiques en ce domaine passionnant
Cette dernière conférence s’est déroulée parfaitement. A partir de quelques partitions provenant d’un fond fragmentaire d’une famille wormhoutoise du XIXe siècle, il a laissé entrevoir l’environnement musical de la bourgeoisie de l’époque. Quand, à dix minutes de la fin, il nous présente une partition d’Alfred R…, qu’il idendifie comme étant Alfred Roland, le chef d’un chœur de 40 montagnards béarnais, célèbre chorale de Bagnères de Bigorre, qui a sillonné la France et l’Europe au milieu du XIXe siècle.
quadrille d'Alphonse Leduc, collection personnelle
Et là, Damien Top digresse, après avoir affirmé que : “les montagnards portaient un costume (béret bleu, blouse serrée à la ceinture, pantalon blanc) qui sera à l’origine du costume traditionnel basque, [mais où a-t-il trouvé cela ?] qu’ils chantent un répertoire pyrénéen fabriqué de toute pièce”, il en déduit là l’origine de l’invention du folklore. Il aurait pu s’arrêter là, mais il poursuit en s’attaquant à Edmond de Coussemaker et à l’influence des frères Grimm qui est à l’origine de son collectage de chansons en Flandre Française, puis il enchaîne : “On vit actuellement sur ces théories du peuple qui crée spontanément sa musique et qui la transmet intacte de génération en génération, ce sont des théories qui ont été un petit peu contestée à la fin du XIXe siècle par Meyer, un autre penseur allemand et sa théorie de la réception, lui considérait en fait que le peuple reçoit les œuvres de compositeurs savants ou des œuvres déjà écrites, qu’il les transforme un peu à sa façon et les véhicule de cette manière. Il y a donc un nouveau regard à porter sur toute la tradition folkloriste telle qu’on l’entend dans les différents festivals aujourd’hui. Un travail d’examen un peu scientifique à faire là dessus. Le président du CFF va presque s’aveugler sur certaines chansons qu’il va collecter, parce qu’il veut à tout prix prouver que les poètes naturels sont des poètes sans le savoir, que leurs mélodies étaient le résultat d’inspiration spontanée ainsi qu’il l’écrit dans la préface de son recueil. Mais de nombreux airs qu’il a collectés sont finalement devenus populaires par adoption et on peut, dans certains cas, retrouver un compositeur qui est à l’origine de cet air qui a été transformé et adapté avec des textes différents, en flamand par exemple. Donc qui ont uneorigine identifiable pour certains parfois. Ça peut être une antienne grégorienne ou aussi un auteur patenté. Ainsi sous les paroles flamandes, le fredon “Ton humeur bonne Catherine”, c’est tout simplement un air de Déon qui écrit ça en 1712, on trouve aussi “Een fraeye man”, c’est une contredanse parisienne “Marie trempe ton pain” qui date du tout début XIXe. Cette idéologie qui est issue [d’un mouvement] allemand, qui voulait faire la distinction entre la nature, la culture, un art populaire et un art savant, tout appelle une réévaluation de toutes ces collectes.” Et il termine en disant : “J’aurais bien aimé trouver quelques collectages en flamand dans tout ce fond de partitions.”
Tout ceci appelle plusieurs remarques :
- Alfred Roland n’a jamais présenté sa chorale comme étant un chœur pyrénéen traditionnel, il était de notoriété publique qu’il composait lui-même tous les chants. A. Roland est issu du mouvement orphéoniste impulsé par le parisien Guillaume Louis Bocquillon (alias Wilhem) dans les années 1830. Et si les chants d’A. Roland ont été adoptés ensuite par les Bigourdans, cela n’en fait pas pour autant des chants traditionnels. Est-ce que le Petit Quinquin est une chanson traditionnelle ? non, c’est surtout une chanson populaire.
- l’invention du folklore : oui, il y a des folklores qui ont été inventés de toutes pièces, voir le livre de Eric Hobsbawm, Terence Ranger, l’Invention de la tradition, mais, peut-on généraliser pour autant  et affirmer que tout a été inventé ?
le peuple ne crée pas spontanément : je suis d’accord avec Damien Top le peuple ne crée pas, de même que la bourgeoisie ou toute autre communauté, c’est bien un individu qui crée, qui est à l’origine. Patrice Coirault l’a très bien démontré dans son livre : Recherches sur notre ancienne chanson populaire traditionnelle, à propos de la formule “le peuple ne crée pas” en 1933. Yvon Guilcher trace les grands traits de cette théorie dépassée dans une émission diffusée sur France Culture en 1990 : “On la trouve dans Gaston Paris, Joseph Bédier, Anatole Loquin, qui affirment qu’il n’y a pas de culture populaire, il n’y a que la culture savante dégradée en se popularisant, tout ce qu’on trouve n’est que le reflet de la société dominante. La résurgence de ces théories [dans les années 1990] vient des enseignements d’universitaires peu familiers des enquêtes de terrain.” Une autre théorie, diffusée par Davenson, “postule que de tout temps il y a eu un va et vient entre l’élite et le peuple, pourquoi pas ?, mais comment concrètement ? Quand on parle des milieux traditionnels, il ne faut jamais oublier qu’ils sont plusieurs, ils sont très différents, les problématiques de la Basse Bretagne ne sont pas du tout celles de la Provence, c’est même le contraire. Il faut d’abord les décrire, pour les expliquer il faut les comprendre, il faut observer. On a affaire à des universitaires qui raisonnent. Ce qui leur paraît logique est asséné comme étant vrai. Le va et vient entre l’élite et le peuple ? : Davenson établit bien le "va" pas le "vient", il montre tout ce que le peuple a emprunté à l’élite pas l’inverse. De plus tout ce qui chez Davenson est connaissance et description vient de Patrice Coirault [en oubliant souvent de le citer] Tout ce qui est de Davenson est spéculation gratuite. On ne peut pas parler de chanson folklorique si on n’a pas rencontré de chanteurs traditionnels, si on n’a pas fait d’enquête.
les erreurs de Charles Edmond de Coussemaker : comme l’écrit Conrad Laforte, dans Poétique de la chanson traditionnelle française, 1976 : “le fait de trouver quelques chansons littéraires dans un recueil n’infère pas qu’il soit complètement littéraire […] ces erreurs involontaires peuvent contribuer à discréditer le folkore auprès de certains lettrés disposés à généraliser, mais pour nous [ces erreurs] nous rassurent puisqu’elles ne dépassent pas le dixième des chansons recueillies malgré les fumisteries intentionnelles.”
- quant à l’absence de partition folklorique ou de collectage dans le fond Blanckaert, elle ne m’étonne pas, c’est le contraire qui m’aurait surpris. Pensez-vous qu’un bourgeois mélomane du XIXe va s’intéresser à ce que chante sa cuisinière ou son jardinier ? n’est pas de Coussemaker qui veut.
En résumé, partir d’une observation, ajouter quelques erreurs d’un collecteur et en tirer une théorie générale sur la chanson traditionnelle, voire l’étendre à toute la pratique des musiques folk actuelles, me semble quelque peu exagéré. Certes le débat n'est pas nouveau, mais s'il avait le grand intérêt de nous obliger à mieux connaître la situation réelle de la musique en Flandre, nous y gagnerions tous. Le Comité flamand aurait joué son rôle de société que depuis le XIXe siècle on appelle "savante", c'est-à-dire de personnes dont le but est d'apporter de l'information nouvelle et fiable afin d'éviter les jugements à l'emporte-pièce et même parfois les exploitations fallacieuses.
Christian Declerck
merci à Jean-Pierre et Michel pour leurs conseils avisés
et à Patrice pour ses encouragements

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et les Montagnards sont toujours là !



lundi 21 décembre 2015

Un fabricant d'accordéons à Lens

On trouve régulièrement sur des sites spécialisés ou sur des documents (photos ou partitions) des accordéons de la marque France-Accordéons : Roberti ou Bellini, avec l'adresse 111 boulevard Beaumarchais à Paris.
Ces instruments étaient fabriqués (peut-être seulement assemblés) dans des ateliers situés à Lens, 64 rue de Lille.

Henri Robert Lévi, né à Paris en 1896, est le fils de Léon, voyageur de commerce parisien, et Albertine Normandel, fleuriste d'origine normande. Il s'inscrit au registre du commerce de Béthune en mars 1924 comme fabriquant d'instruments de musique et de… machine à laver. Son domicile est alors 32 rue de Paris à Montreuil sous Bois, et son adresse lensoise, 64 rue de Lille est mentionnée comme succursale. En 1935 il fait une modification de domiciliation, son adresse personnelle devient celle de Lens et la succursale est à Paris, 111 boulevard Beaumarchais. Il demande sa radiation du registre du commerce en février 1949. Il décède à Coimbra (Portugal) en 1956.

collection personnelle

On retrouve ces accordéons entre les mains de nombreux accordéonistes de la région et de toute la France. André Verschuren a débuté sur un Roberti de France-Accordéons. L'accordéoniste et compositeur dunkerquois Julien Christiaens jouait également sur un Roberti.

collection personnelle


Parmi les plaques photographiques dénichées à Harnes, il y a ces deux belles photos avec le jeune Simon Druelle et son accordéon Roberti flambant neuf : le Jaz Populaire Vendinois (1928-1937), de Vendin le Vieil et une école de musique non identifiée.


collection personnelle

collection personnelle


mercredi 2 décembre 2015

Houzet-Lefelle, Armentières

Quelques informations sur les épinettes Houzet

le magasin rue Marle ?
collection personnelle


Anatole Houzet est né à La Chapelle d'Armentières en 1875, fils de Charles Henri, tisseur, et Marie Joseph Parmentier. Engagé volontaire en 1894, il devient soldat musicien 5 mois plus tard. Il est libéré en 1897. En 1900 il obtient le 1er prix de hautbois, et en 1902 le 1er prix d'harmonie, au Conservatoire de Lille. Il épouse Augusta Lefelle en 1903, à Armentières. En octobre 1906 il est nommé, par le préfet, professeur de hautbois à l'école nationale de musique de sa ville.
D'après le témoignage de son fils Michel, le couple ouvre leur magasin de musique à Armentières, rue Marle (actuelle rue Ernest Deceuninck) vers 1907-1908. Ce serait à cette époque qu'ont été fabriquées, par qui ?, les épinettes récupérées 70 ans plus tard. Michel Houzet, né en 1905, était trop jeune pour se souvenir des ventes d'épinettes, par contre il se souvient parfaitement que le magasin n'en vendait plus après la guerre. Après 1920 le magasin déménage 28 rue de Lille, succédant sans doute à M. Knorr qui était au n° 34. Anatole décède en 1934, son épouse en 1956.

Christian Declerck

modèle d'épinette Houzet
collection particulière
dessin : Patrick Delaval


deux rescapées du p'tit lot d'épinettes
collection particulière



un entretien avec Michel Houzet enregistré le 15 avril 1987.




samedi 10 octobre 2015

Traces





Trace existait avant sa création.
Celles et ceux qui décidèrent, en 1984, de fonder cette association de chercheurs, travaillaient déjà à la recherche, au collectage, à l'apprentissage des instruments de musique et d'autres choses encore. Ils avaient plus ou moins la trentaine, du boulot, ainsi qu'une passion pour la musique et tout ce qui s'y rattache. Presque tous étaient musiciens ou danseurs, et le sont toujours (à mettre au féminin bien sûr).
Les premières années furent consacrées à une sorte de débroussaillage ; l'idée de départ était de mettre à plat et en commun tout ce que nous avions trouvé à droite et à gauche, dans cette grande région très peuplée qu'est le Nord de la France - Et peut-être de trouver un fil conducteur. Or, nous ne nous attendions pas à découvrir autant de choses. Et depuis, suite à trente années d'existence présenter TRACES et ses acteurs n'est pas une mince affaire…

Une question qui se pose : d'où nous est venue cette envie de savoir ? Cela reste à creuser, mais il est certain que les recherches menées en France, un peu partout en Europe et en Belgique nous ont servi de modèles. En tout cas il y eut très vite le désir de communiquer et de mettre en commun ce qui pouvait déjà l'être, comme par exemple cette vingtaine d'enregistrements de collectage, réalisés en Flandres, en Artois, en Wallonie à partir des années 60/70. Réunis sous le titre "Musiciens et Chanteurs" sur une cassette audio (à l'époque on disait K7) les pièces proviennent donc de France et de Belgique, ce qui en soi est déjà novateur, mais illustrent aussi des musiques provenant de Pologne. Roumanie et Portugal. C'est bien cela, la région Nord/Pas-de-Calais : une terre de passages, de mélanges, de fusions. De virtuoses aussi.

La suite est une longue série de colloques, conférence, manifestations et fêtes, bourses aux instruments, et dépannages… Les recherches ne se limitent pas à la région et dépassent même les frontières. Plusieurs expositions iconographiques et photos sont élaborées, en fonction des découvertes, des demandes et parfois aussi des problèmes rencontrés, par exemple en ce qui concerne les problèmes photographiques. On parle aussi de la restauration d'instruments de musique, émissions hebdomadaires de radio, d'interventions télé, de bourses aux instruments (Cassel Cornemuses, 16 édition en 2014).
Les collecteurs, rats d'archives, collectionneurs, journalistes vont déployer leurs talents, tout comme les enseignants, danseurs, médecins, luthiers. Epaulés par les rédacteurs (chef), tourneurs de haute précision, artisans, documentalistes, formateurs, secrétaires. Sans oublier les danseurs(ses), informaticiens, chercheurs, animateurs, et ceux dont j'ai oublié le métier.
Chacun à sa façon va contribuer à la sauvegarde du patrimoine : création et circulation des exposé, archivages des documents, enquêtes photographiques, concerts et bals, dépiautages d'archives, traductions… Il y aura ainsi les enquêtes en musées, instrumentaux ou autres, qui elles aussi dépasseront les frontières. L'une d'elles à Dunkerque, à la fin des années 80, révélera l'existence de ce magnifique Hommel de 1,64 m, conservé là depuis 1840.

Citons également plusieurs collaborations à certains projets régionaux avec l'ASSECARM, l'IMTAC, l'ARM, des institutions musicales aux sigles rébarbatifs mais familiers à l'époque, la participation au bicentenaire de 1789, les collaborations aux réalisations des films Germinal et Le brasier (1989).
Les découvertes furent souvent surprenantes, voire inattendues. Ainsi ces épinettes dites vosgiennes. Certes elles le sont, mais le Nord disposait lui aussi de ses centres de fabrication : l'agglomération lilloise, les Flandres, et le Cambrésis. Le dernier inventaire (2012° fait état de 150 instruments identifiés et localisés (dont 3 aux USA !). La facture de cistres au XVIIIe siècle à Lille, Dunkerque ou encore Arras, qui s'avère l'une des plus raffinée qui soit. La rencontre de M. Lanvin, joueur de diatonique, et puis plus tard de M. Cornu. (Des vidéos seront réalisées).

Il faudrait parler des trouvailles moins spectaculaires mais tout aussi fondamentales. Il est très possible de consulter tout ce qui a pu être écrit à ce sujet à travers les nombreuses articles parus dans Tutti, Modal, et surtout dans Le Tambourineur à partir de 1981 (78 numéros) et par la suite TRAD magazine (fin 88). D'autres textes ont été publiés dans le magazine interne à l'association TRAC'mad (12 numéros de 1991 à 93), et enfin le périodique belge Carnet de notes à compter de l'an 2000 (18 numéros à ce jour). Actuellement, c'est le site dunkerquois Mémoire du folk 59/62 qu'il faut absolument consulter.

A partir de 1997, le dynamique Centre Socio-Educatif d'Hazebrouck et son festival Folk en mai y ajoute l'idée d'une exposition thématique consacrée aux musiques traditionnelles. Mais à l'inverse des précédentes expos de TRACES qui étaient purement iconographiques, il s'agit cette fois de réunir des instruments "en chair et en os" dans une présentation "qualité musée". Pari tenu. Cette première sera consacrée aux épinette du Nord. Un gros succès, qui sera accompagné de la sortie du livre du même nom (désormais une référence : 160 pages, une centaine de photos, des plans et illustrations. Un additif de 32s pages a été publié dix ans plus tard. Cette réussite sera suivie des accordéons, khans et autres harmoniflûtes (1998), violons et autres cordes frottées en 1999, une collection privée multi-ethnique en 2000 ; puis les cornemuses l'année suivante, guitares et cistres en 2002, musique flamandes pour l'année 2003, suivie un an plus tard de violons spéciaux, et de vielles à roue en 2005, etc… par leur régularité, leur éclectisme, les participations des collections privées et des musées nationaux, ces manifestations n'ont pas d'équivalent.


TRACES et la cornemuse

Ce fut le sujet de prédilection. Les anciens Pays-Bas regorgeaient de cornemuses de toutes sortes, et dès le XIIIe siècle, les œuvres d'art fourmillent d'illustrations, souvent d'une grande précision, ce qui permit en Belgique des reconstitutions très fidèles. Une autre forme de cornemuse fut pratiquée dans ce pays, mais cette fois des instruments furent retrouvés, ainsi que des témoignages et photos. Ces cornemuses étaient très proches de celles rencontrées dans le centre de la France, c'est à dire le petit bourdon situé à côté du chalumeau. En 1983 parût l'ouvrage d'Hubert Boone, une référence dans ce domaine, qui fit le point sur les recherches en Belgique. Et puis Rémy Dubois, l'inspirateur, celui qui a donné à tous l'envie d'en jouer.

Côté français, nous savions par d'anciens textes que l'instrument était encore pratiqué en XXe par les bergers, dans le Boulonnais et ailleurs. des enquêtes ont démarré en 1981 à Valhuon et environs, là où se déroulaient des mâtines de bergers. Sans résultat probants. Ce qui n'a pas empêché ceux qui voulaient souffler de souffler, la création de La Piposa (1984) en est l'illustration.
Et puis il y eut les cornemuses d'étude, la "Méthode de Boul'", la collaboration aux travaux de J.-L. Matte, des questions à propos du boitier "Lobidel" et de la cornemuse Petyt. (Cette dernière fut exposée à Hazebrouck en 2000). Citons en outre une série d'articles dans la série Piposo story.
En marge on découvre en 1983 une tradition de cornemuse polonaise dans le bassin minier ; un livre de 140 pages accompagné d'une K7 audio de 45 minutes est achevé en 1986 (mais nécessite aujourd'hui une réécriture et des additifs avant publication).
La trouvaille la plus récente s'est faites à Rebreuve Ranchicourt en 1995 : une tradition relative à Saint Druon, immortalisée par un artiste local qui observa et illustra les cornemuseux présents (voir Trad magazine n°50), une reconstitution in situ eu lieu l'année suivante avec des nombreux coups de main dont la Piposa, les moutons et les porteurs de la statue. Une copie gravée du dessin a été diffusée en 2007. Enfin ceux qui le désirent peuvent se rendre à Carvin (62), il paraît que l'église conserve dix tableaux retraçant la vie de ce Saint. Peut-être y voit-on la ¨Piposo" ?

En trois décennies, TRACES est maintenant à la fois jeune et mature. Préservation, classement, recoupement, publications n'ont jusqu'ici pas posé de gros problèmes. Par contre, en ce qui concerne les archives, les membres de l'association sont à la fois nombreux, mais aussi assez éloignés les uns des autres. Difficile dans cette circonstance d'imaginer un lieu qui soit accessible à tous. Les documents, enregistrements, instruments, etc… sont donc conservés par les membres eux-mêmes. Certains dossiers ont toutefois été déposés au siège de l'association. mais reste à savoir ce que les années à venir nous réservent. Comme nouvelles découvertes bien sûr, mais aussi comme relève.

Les membres de TRACES, plus d'une centaine de personnes je pense, se reconnaîtront dans ces quelques lignes. Ils se connaissent tous et n'ont pas besoin d'être cités. Ce serait trop long. Leurs noms et parcours sont sur [ce blog], une merveille de la technologie.

Pour TRACES, le président

Texte extrait du remarquable livret accompagnant le double CD "Cornemuse Picarde"

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Complément sur l'origine de la création de ce "Collectif de recherches sur les musique et danses traditionnelles des régions septentrionales".
TRACES est le résultat d'une prise de conscience et d'une sollicitation de membres de la fédération des Musiciens Routiniers rencontrés lors des Rencontres d'Arras en 1983. Deux réunions de réflexions ont eu lieu. La première à Arras pendant les Rencontres le 31 octobre 1983, à laquelle ont assisté André Ricros et Olivier Durif (membres des Musiciens Routiniers), puis une seconde à Boeschepe à l'estaminet De Vierpot, le 17 décembre 1983.
L'assemblée générale constitutive s'est tenue à Boeschepe le 21 janvier 1984. Sont présents à cette AG : Christophe Declercq, Patrick Delaval, Hélène Casteleyn, Camille Duhamel, Christian Evrard, Philippe Oger, Alain Delpierre, Patricia Gringoire, Jacqueline Ivain, Eric Hurtrez, Pierre Talaga, Sylvie Mohr, Monique Pirez, Gaby Delassus, Christine Pruvot, Christian Declerck, Jacques Leininger, Carine Thomas, Michel Lebreton, Bernard Boulanger, Luc Allemersch, Marc Debrock, Dominique Binault, Martial Waeghemacker, Roland Delassus, Marie Wojkiewicz, Daniel Bailleul, Jean Claude Chauveau, Marie France Chauveau. Excusés, Marie Aude Pradeau, Loïc Louchez, Patrice Gilbert, Corinne Polanski, Rémy Dubois, Nicole Fontaine, Lucette Spinoit, Félicie Verbruggen, Martin Swart, Jean Jacques Révillion, Martine Beuraert, Gérald Ryckeboer, Michèle Coupez.

Le 21 décembre 1983 sortait le film de Bernard Favre et Bertrand Tavernier La Trace.

Pour TRACES, le secrétaire perpétuel…