jeudi 20 juillet 2017

Epinette du Nord, encore

Les découvertes se succèdent. Récemment, Jean-Luc Matte nous a communiqué une page d'un Annuaire de la Facture instrumentale de 1921. 



Au paragraphe Epinettes, on trouve trois mentions d'épinettes du Nord. En plus de l'omniprésent Coupleux Frères, on relève deux facteurs, L. FILLET, 30 rue des Villegranges, à Paris (Les Lillas), déjà mentionné dans l'annuaire de 1913, et Gilbert RIBEAUCOURT à Somain, 32 rue Sadi-Carnot. Un troisième nom apparaît aussi, c'est P. DE RUYCK, 128 Grande Rue à Roubaix, il ne précise pas sa spécialité, mais un annuaire de 1925 nous confirme qu'il fabrique des épinettes du Nord, de même qu'en 1929, dans autre annuaire.



Pierre DE RUYCK

Né à Roubaix en 1879, Pierre Deruyck est connu comme marchand d'instruments de musique (puis de disques et de TSF) à Roubaix dès 1910. Il est le fils de Pierre Joseph, fileur, originaire de Gand et Charlotte Legrand, repasseuse née à Roubaix. Il fait des études musicales au Conservatoire de Roubaix et obtient un 2e prix de saxhorn en 1890, puis un 1er prix avec médaille l'année suivante. Vers 1900 il est nommé directeur de la Fanfare l'Espérance de Roubaix et en 1904 il devient directeur de la Fanfare Cycliste du Nord Touriste (Association départementale des cyclistes du Nord).

collection personnelle


Il se produira dans la région avec ses cyclistes musiciens, et même jusqu'à Dunkerque et Malo les Bains en 1904. En 1908 il sera remplacé par un autre Roubaisien (et futur Dunkerquois), Albert Cousu, mais c'est une autre histoire. Je n'ai pas encore trouvé la date de son décès, après 1932.


Charles Deruyck


Son frère Charles, né en 1887, est aussi musicien. Mais lui poursuit ses études au Conservatoire de Paris où il obtient un 1er prix de cornet à piston en 1909 et un 1er prix de trompette en 1910. Piston solo à la musique d'artillerie de Versailles, il est membre de la Société des Concerts du Conservatoire, il en devient sociétaire en mai 1938. Il décède à Nice en 1961.



Gilbert RIBEAUCOURT

Concernant Gilbert Ribeaucourt, la documentation est moins abondante.
Les recherches sont en cours… à suivre

Christian Declerck

mardi 11 juillet 2017

Jean Baptiste Barbe facteur d'instruments à Berck

mise à jour le 11/7/2017 : relevés des employés 1926 et 1931, tombe JB Barbe
mise à jour le 1/5/2017 : photos d'un saxophone envoyées par un lecteur
mise à jour le 30/01/2017 : informations du Registre de Commerce et création de la société Barbe et Fils

Les instruments de musique signés J.B. BARBE à Berck refont régulièrement surface sur les sites d'enchères, mais jusqu'à présent on ignorait qui était derrière cette "marque", était-ce un revendeur ? un prête-nom ? L'achat récent d'un catalogue de ce fabriquant a déclenché une recherche plus conventionnelle. L'aide précieuse des archives municipale de la ville de Berck sur Mer a permis de connaître un peu mieux cette famille de facteurs d'instruments de musique à vent. Mais si on a eu quelques réponses sur leur généalogie et leurs histoires familiales, il reste encore beaucoup de questions. Les réponses seront ajoutées au fur et à mesure sur cette page.







Jean-Baptiste BARBE est né à Mandray (Vosges) le 26 mars 1873, fils de Jean-Baptiste, fermier, et Marie Claire SAINT-DIZIER, tous les deux originaires de ce département. A priori rien ne prédisposait ce cultivateur, profession qu’il déclare lors de son mariage, à devenir fabricant d’instruments de musique.
Cependant lors de sa conscription, en 1893, il se déclare musicien de profession. Il devient naturellement soldat musicien dans le 8e puis le 5e régiment d’artillerie. Il est libéré en septembre 1897 et l’année suivante il épouse, à Anould (88), Marie Mélanie JACQUEMIN, papetière, qui y est née en 1872. Ses deux enfants naissent à Saulcy sur Meurthe (88), Marcel en 1900 et Armand en 1904. Au recensement de 1901 à Saulcy, il déclare la profession d'ourdisseur chez Clétienne Frères. Sa fiche matricule mentionne un séjour à Rambervillers en 1905, dont le recensement de 1906 nous indique qu'il est chef de musique ; ainsi que son arrivée à Berck sur Mer le 19 août 1911, il y réside dans le Chalet Marie Joseph, rue de l’asile Maritime. C’est dans cet hôpital que son épouse meurt de la tuberculose, le 14 août 1914, Jean Baptiste est mobilisé depuis quelques jours dans le 11e régiment d’artillerie à pied à Grenoble. Après un séjour au 84e d’artillerie, le 24 février 1917 il est détaché, par le commandant du dépôt des métallurgistes, comme ouvrier militaire à la Maison Teste, cité Lemière, à Paris. Ensuite il est muté au 1er régiment de zouave le 1er juillet 1917, ce qui pourrait correspondre à une sanction disciplinaire, car son passage chez les zouaves n’est pas pris en compte dans ses années de campagne contre l’Allemagne. Démobilisé le 13 janvier 1919, il se retire à Berck, rue de Tours, et y épouse Eugénie BAZIN la même année. Dans cette commune il est mentionné comme luthier au recensement de 1921. Il y décède, le 27 novembre 1939, rue Rothschild.
Sa tombe existe toujours au cimetière communal, il inhumé avec son beau-frère Julien Lefebvre (1873-1934).


le caveau Lefebvre/Berbe au cimetière de Berck




le catalogue de 1931
collection personnelle


La Manufacture Générale d’Instruments de musique a été fondée en 1900, indique ce catalogue, mais cette date ne correspond pas à la chronologie de son “fondateur” qui à cette époque était ourdisseur, puis chef de musique, dans les Vosges. Le registre du Commerce nous donne une autre date.





Aux Archives Départementales du Pas de Calais sont conservés les Registres du Commerce de Montreuil sur Mer, ville dont dépendait Berck. Sur la Déclaration aux fins d'immatriculation, on apprend que le commerce de Jean Baptiste, a été créé le 1er juillet 1912, il est immatriculé sous le n° 882, en date du 26 novembre 1920. Le RC a été créé en 1919, mais réellement appliqué à partir de 1920. Pour prouver son inscription il a fournit sa carte d'électeur, son livret de famille ainsi que sa feuille d'impôt et de patente. Il précise que c'est un commerce de vente et d'achats d'instruments de musique, situé rue de Tours à Berck. Une adjonction sur le registre même, non datée, précise : Fabrication ou vente des supports de saxophone dénommés "Saxo Jazz" et autres accessoires pour instruments de musique tels que ressorts, vis, pistons etc. avenue du Docteur Quettier.
La Déclaration aux fins de d'inscription modificative nous apprend la cessation de tout commerce à partir du 1er février 1932 et la radiation du registre du commerce, M. Barbe a fait l'objet d'un apport à la société Barbe et Fils à Berck Plage, rue des Pâtures.

J'ai pu consulter le contrat de création de la société Barbe et Fils, en date du 9 février 1932, avec effet au 1er janvier de la même année. L'article n°6 nous donne le détail de l'apport en matériel du père :
Le fonds de commerce de fabrication, ventes et réparation d'instruments de musique exploité à Berck, rue des Pâtures :
- un gros tour parallèlle [sic]
- une décolteuse [sic]
- un petit tour
- une perceuse
- un touret à polir
- une polisseuse
- une scie circulaire
- une meule double
- une petite meule d'affûtage
- 8 étaux
- 3 moteurs
- 3 petits moteurs
- une petite polisseuse
- une petite scie circulaire
- 10 m. de transmission
- 14 poulies en bois
- 100 m. de courroie
- 3 soufflets à pied
- une meule à eau
- 50 pinces genre américain
- 1 forge
- 2 établis simples
- 2 établis doubles
- 40 outils divers
- 200 limes diverses

Salle de nickelage :
- une dynamo
- un bain de nickelage
- un bain de dégraissage
- un bain de dénickelage
- 5 cuves de rinçage
- 2 chauffe-bain
- 3 tableaux de réglage

Bureau :
- un bureau plat avec tiroirs
- deux tables
- une machine Underwood n° 5
- des casiers

Marchandises :
- 10 cornets à piston
- 6 trompettes d'harmonie
- 8 bugles
- 3 altos
- 4 tambours
- 3 basses
- 2 trompettes
- 38 clairons
- 2 trompes de chasse
- 7 caisses
- des cymbales
- 96 pupitres
- accessoires et écouvillons
- accessoires de caisses
- 146 embouchures
- potences, boutures lentilles, boucles, broches, viroles
- 10 clarinettes
- 49 instruments divers
- 41 autres
- des pavillons
- des SaxosJaz [sic]
- des anches, des becs et ligatures, ressorts, diapasons, cordes, 10.750 tampons, des castagnettes, des sourdines
- 95 peaux de tambours et grosse-caisse
- des ressorts, des tubes, du laiton, des accessoires
- 32 sacs et étuis
- 5 phonos
le tout pour un total de 100.000 francs, y compris les éléments incorporels estimés à 1.000 francs.
Source : actes constitutifs de sociétés cote 6U-2/525 (année 1932)



les signatures du contrat
© Archives Départementales du Pas-de-Calais

Comme me le précise un lecteur (merci Jean-Jacques B.) ce matériel ne peut pas avoir été utilisé pour de la fabrication d'instruments, mais pour celle des supports de saxophone Saxo Jazz et des accessoires spécialisés, comme les boutons, la visserie, les ressorts et sans doute aussi des pistons, peut-être aussi pour l'embouchure Etoile du Nord. Les photos, censées représenter les ateliers avant 1931, sont aussi incompatibles avec cet inventaire de 1932 qui ne décrit que 6 postes de travail, loin donc de la bonne trentaine d'ouvriers présents sur ces photos. En conclusion, il y a de forte probabilités que l'on ait pas fabriqué d'instruments à vent à Berck, sauf peut-être, d'après JJB, des clairons ou des trompettes de cavalerie comme le suggère la présence des pavillons. 

Le catalogue indique qu’il travaille avec ses fils. Le recensement de 1926 les mentionne tous les deux comme employés chez leur père. Marcel, l’aîné, est le directeur technique, à son décès à Berck en 1949, il est cafetier 20 rue Gabriel Péri. Armand est directeur commercial, il est mentionné comme tourneur à son mariage en 1928. En 1943 la famille se réfugie en Normandie, à La Couture-Boussey chez un ami. Après le décès d'Armand, à Paris en 1947, son épouse, Marie Joannès, confie la gérance à une personne qui conduira l'entreprise, devenue Barbe et Cie, à la faillite en 1953. Marie Joannès, décède à New York en 1996, dans le quartier de Manhattan auprès de sa fille Nicole qui a émigré au Etats-Unis à la fin des années 1960.

Les recensements de 1926 et 1931 nous ont livré quelques noms d'employés.
En 1926 un seul employé est mentionné : Paulin MAURICE, né à Rambervillers (Vosges) en 1887, déclare la profession de luthier lors de la naissance d'un enfant à Berck en 1914, peut-être est-il déjà employé chez Jean Baptiste Barbe, on ne le retrouve plus à Berck en 1931, il décède à Marquette les Lille en 1961.
En 1931 trois employés sont mentionnés : François MULLER, né à Paris, il a 25 ans, André DE BONNIERE, né à Berck, il a 20 ans, et un jeune apprenti de 14 ans, René PIERREPONT, né à Berck.





photos extraites du catalogue, qui ne semblent pas avoir étée prises dans l'atelier à Berck
collection personnelle


Les collaborateurs :

Le directeur artistique est Adrien PELISSIER, ex-soliste de la musique de la Garde Républicaine et ses collaborateurs artistiques sont : 
- Gabriel DUSEIGNE, hors concours de l’école nationale de musique de Saint Omer, 1er prix du Conservatoire de Strasbourg, prix Luzan-Wolf et vice président, directeur de l’Harmonie du Touquet-Paris-Plage
- L. PERU, lauréat du Conservatoire de Paris en 1930
- Victor NYS, soliste de la musique de la Garde Républicaine, ex-professeur du Conservatoire de Roubaix
- Victor DUHAMEL, 1er prix du Conservatoire de Roubaix, soliste des Concerts classiques
- Gaston VASSOUT, 1er prix du Conservatoire, soliste des Concerts Parisiens.

Christian Declerck



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Le Club Musical Berckois,
les débuts sous la direction de J.-B. Barbe

En 1913, l'Harmonie municipale de Berck cesse son activité. En septembre 1922 est fondé le Club Musical Berckois, qui donne son premier concert le 24 septembre, le chef de musique est Jean-Baptiste Barbe. Le 29 octobre, le Journal de Berck publie un article annonçant les but et composition de la Société, dont la devise est, Acta non verba. Le président, M. Gayet, lance un appel aux habitants de Berck qui possèdent des instruments inutilisés, il leur demande de les prêter à la Société pour les élèves qui n'ont pas les moyens d'en acheter.
Le 31 décembre, le Journal de Berck publie un compte-rendu élogieux d'un concert :  Le concert offert samedi dernier par le Club Musical Berckois à ses membres bienfaiteurs, donateurs et honoraires fut plus qu'un succès, ce fut un triomphe. Au premier coup de la baguette du chef, nous entendons un allegro militaire entraînant et nuancé en un fragment de Boccace, l'opéra de F. de Suppé; qui nous donne un avant-goût de ce que nous allons entendre dans Côte d'Azur, ouverture de concours. Ce morceau, d'une interprétation assez difficile, fut magistralement enlevé avec une sureté d'attaque, une observation des nuances et un ensemble qui sont tout à l'honneur des artistes musiciens dont est composée cette phalange. Et nous retrouverons, à chaque morceau exécuté par le Club la même maîtrise d'exécution avec de jolies variantes dans le sentiment des divers auteurs.
C'est une "Soirée près du lac", fantaisie mazurka de P. Leroux, si sentimentales, si expressive et si bien interprétée par le soliste M. Woussen, sous-chef, que nous retrouverons d'autre part. C'est le "Tour du Monde", grande valse de O. Métra, le célèbre auteur, hérissée de difficultés d'ensemble et de doigté et que les artistes du Club enlèveront comme en se jouant. Une polka à coups de langue pour deux pistons, que les solistes Patin et Pauchet jouèrent à la perfection, ravit l'auditoire. Et le concert finit sur un chant patriotique "Les Poilus Victorieux", marche triomphale chantée par les nombreux élèves du Club, accompagnés des musiciens ; le morceau d'un effet grandiose, laissa le public sous la meilleure impression.
Mais je viens vite aux acteurs de la partie vocale, chanteurs et solistes. Tout d'abord, Henriot, jeune débutant sur la scène, qui nous fit bien rire dans ses chansonnettes comiques et que je réentendrai avec plaisir. Mme Maurion, qui interpréta des œuvres desn grands maître avec un rare talent ; Arthur Deseur, un autre soliste du Club, dont la voix agréable et juste nous charma "Sans Lune Jolie", "Berceuse" et "Verdun on ne passe pas". Lui aussi est un débutant sur la scène. Et nous voici avec Bercko le monologuiste qui amuse beaucoup son auditoire avec son "Voyage à Berck", "Le Duel d'une souris et d'un éléphant", et l'autres bons mots ; il est d'une verve intarissable. Puis c'est Mme Sergent, cantatrice bien agréable, belle voix au timbre argentin, et si gracieuse en scène.
Le charme n'est pas rompu que M. Woussen, sous-chef, nous tient déjà en suspens avec son "Air Varié pour saxophone alto", de Wettge, et pendant dix minutes nous émerveille par la facilité avec laquelle il se joue de toutes les difficultés de l'œuvre et par le sentiment qu'il met dans l'exécution.
Et Charlet clôture la série en nous représentant un paysan picard très nature dans une chanson en patois qu'il dit très bien. Je m'en voudrais d'oublier Mme Bleusez, la charmante et éminente artiste qui tient le piano d'accompagnement, (rôle parfois si ingrat) avec une grande maîtrise.
Des bouquets furent offerts par les petites filles de MM. Gayet, Lambrecq et Patin à Mmes Maurion, Sergent et Bleusez, et cel fut du plus gracieux effet. Après la polka pour pistons, M. Gayet, président, prononça l'allocution suivante et fut vigoureusement applaudi.




Le Club Musical Berckois en déplacement à Calais, date ?
© Archives municipales de Berck sur Mer


Le Club Musical Berckois en 1935, directeur fondateur J. B. Barbe en 1922
© Archives municipales de Berck sur Mer





D’autres infos sur les instruments J.-B. Barbe iciici et ici
Des photos d'atelier similaires ou très ressemblantes, signalées par un lecteur ici et ici

Sources : état civil, registre matricule, recensements, le témoignage de Nicole Barbe.
Mes plus vifs remerciements aux archives municipales de Berck et particulièrement à Mme Le Louarn, qui a fait une grande partie des recherches généalogiques.
William Waterhouse, dans son New Langwill Index, paru en 1993, mentionne deux autres catalogues parus en 1929 et 1934 (cité par Jacques Cools dans la première partie de son Essai de classification alphabétique des facteurs, ouvriers, inventeurs, essayeurs, marchands… français, d'instruments de musique à vent, paru en 2000, n° spécial XI de la revue Larigot)


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Un lecteur anonyme m'a envoyé cette série de photos, qu'il en soit vivement remercié.







mercredi 5 juillet 2017

Roll & Swing au MUPOP

La naissance de la batterie en France


Exposition temporaire au MUPOP de Montluçon du 1er juillet au 31 décembre 2017
Quelques illustrations du Nord et du Pas de Calais, provenant de ma collection, prêtées pour l'occasion.

"Une batterie Jazz Idéal de Charles Blomme conçue à Roubaix peu après la Première Guerre Mondiale. Vertical et électrifié, mesurant près de 2 mètres, ce Jazz-band est exposé pour la première fois (prêt du Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix)."

Toutes les infos ICI
















- Joseph Agostini et ses fils Dante et Louis, à Dechy
- J. Gonsard et son élève H. Allard, à Denain
- Louis Blin à Lens
- Emile Debail à Lewarde
- Henri Debail et son fils, à Masny
- Joseph Huyghe à Calonne-Ricouart
- Orchestre A. Leduc à Roubaix
- Bruno Nicoli à Douai
- Marceau Roget à Hénin-Liétard
- Trio Jazz de Tourcoing
- The Wossen Jazz à Arras



vendredi 30 juin 2017

Pierre Lobert, premier pirate radio… du Nord

et peut-être de France ?



magasin Radio-Nord, rue Neuve devenue rue du Président Wilson
collection particulière


En 1933, Pierre Lobert (1906-2002), radio électricien installé rue Neuve à Dunkerque, utilisait les interruptions d'antenne de Radio PTT Nord, entre 11h et midi, pour diffuser des disques. Cela a duré deux ans, avant que les PTT viennent interrompre la diffusion.

les baraquements sur la place du Palais de Justice, CP-photo Joseph Top
collection personnelle

Après la guerre, son magasin provisoire est installé place du Palais de Justice, dans la "cité commerciale". C'est là qu'il enregistre en 1946, le carnaval dunkerquois et fait graver les disques 78 tours bien connus des collectionneurs, et des carnavaleux.


deux versions des enregistrements du Carnaval
collection personnelle


Vous retrouverez toutes ces infos, et d'autres dans l'émission d'Antoine Quaghebeur, diffusée sur Radio Uylenspiegel le 27 juin et disponible ICI

Sommaire de l'entretien avec Pierre Lobert

- Dès 1936, à la demande de René Louis Peulvey, industriel dunkerquois nommé directeur général, Pierre Lobert (1906-?) devient le délégué régional de Radio Luxembourg créée deux ans plus tôt. Il diffuse des émissions en direct, via une ligne téléphonique, depuis un café de la place Jean Bart. A partir de 1949, les émissions sont enregistrées sur disques 78 tours.
- 1948-49, les premiers essais de réception de la télévision.
- 1949, le discours par le maire de Bergues, Henri Billiart, pour la remise de la croix de guerre à la ville.
- discussion avec le général Gilson à propos de l'avenir de la télévision en France.
- une radio-pirate dunkerquoise.
- 1954, reportage sur le lancement du pétrolier Porthos, interview de M. Lefol, directeur des Chantiers de France.
- 1962, des airs du carillon de Dunkerque, enregistrés à Calais, diffusés depuis le beffroi de Dunkerque.
- Adalbert Carrière (1921-2012), carillonneur de Bergues et Dunkerque, joue sur le carillon de Dunkerque en 1992.
- 1946, premier enregistrement du carnaval dunkerquois.
- les meetings de Paul Raynaud, député de Dunkerque, et les perturbateurs communistes.
- les résultats du tour de France affichés et diffusés sur la place Jean Bart.

vendredi 16 juin 2017

Soirée violon au CSE d'Hazebrouck



Patrice Heuguebart, Jean-Pierre Allossery, Jean-Jacques Révillion


Dans les années 1990, le Centre Socio-Educatif d'Hazebouck organise plusieurs expositions sur des thématiques autour de la musique folk et ses instruments. Le nouveau et dynamique directeur de l'époque, Patrice Heuguebart, propose de découvrir des aspects moins connus de l'épinette du Nord,  l'accordéon, la vielle à roue, la cornemuse, la danse, etc… et du violon. En complément de ces expos, une soirée permet d'écouter des musiciens, principalement régionaux, qui en invitent parfois d'autres.
J'ai fait numériser la cassette VHS de la soirée consacrée au violon en avril 1999. La qualité est plus que moyenne, le montage d'époque nous prive de moments forts, mais c'est un témoignage important du dynamisme musical de notre région.





Dans l'ordre d'apparition à l'écran :
- Jean-Jacques Révillion, au violon et au chant
- Jacques Leininger, Marc Debrock et Dominique Binauld, aux violons
- Jean-François Vrod au violon
- Elise Wuillemin et Christian Declerck, harpe celtique et violon
- Vincent Leutreau et Julien Biget, violon et guitare
- Christophe Declercq, Jean-François Vrod et Jean-Pierre Champeval, aux violons
- Christophe Declercq au violon
- Le Quatuor Fanfare (Declercq, Leininger, Debrocq, Binauld) aux violons, alto et violoncelle
- L'orchestre des 22 violons, devenu Envoyez les violons, créé pour l'occasion et qui continue son chemin depuis.
et en final, tous sont rejoints par Fabien Dubarre et Philippe Cheval aux cornemuses



vous pouvez accéder directement à chaque partie du concert dans la description



jeudi 11 mai 2017

Félicien Drumez, chansonnier lillois


Toutes les illustrations : collection personnelle

publicité parue dans La Vaclette en 1891


Il est coiffeur lors sa conscription en 1885, domicilié rue de la Quennette. Il est le fils d'André, originaire d'Avesnes le Sec et Marie Louise Duval, cabaretiers rue de la Vignette où il est né le 13 mars 1865. Première mention de son activité de chansonnier en juillet 1892, il se produit à Arras après la fête du Cyclist-Club artésien, où il a dit des chansonnettes en patois de Lille et des récits monologues très originaux. C'est sans doute à cette époque qu'il écrit Chon Minute, chansonnette comique en patois de Lille, la musique est d'Auguste Carbonnel, le petit format est édité à Lille par Charles Volcke.



En 1903 il participe à la Fête des trouvères à Lille. L'année suivante, une matinée de poésie est organisée au Grand Théâtre, par le poète Gustave Kahn. Au programme, des poètes de la région : Albert Samain, Auguste Angellier et Alexandre Desrousseaux et on apprend, dans l'article paru dans  la revue Gil-Blas, que Félicien est un élève de Desrousseaux. En 1905 il enregistre 17 faces de disques 78 tours pour la compagnie Odéon. Que sont devenus ces enregistrements ? je n'en ai pas encore trouvé la trace. Il y interprète des chansons et pasquilles de Desrousseaux : L'Histoire de P'tit Price et Marianne Tambour, la Femme du Coulonneux, Les Bonnes gens de Saint Sauveur, L'Agilité, Le Bonnet de coton, Le nouveau marié, L'Lillois trompette, Les Revenants, Lolotte, l'P'tit Quinquin, Min Cousin Myrtil, L'Habit d'min vieux Grand Père, Liquette ou Conseils à une jeune fille qui doit se marier ; d'Emile Hornez : Vivent les Saint Sauveurs ; de Fournier : Les Deux Bouchons et ses propres textes : La Force et l'adresse et Les Pataques. En 1906 il participe à la fête des Rosati de Flandre à Lille en compagnie qu'un autre chansonnier, Gustave Het, du Caveau Lillois. 




En 1911 il est promu officier d'académie, et la même année L'Association Philanthropique du Nord lui demande de créer la revue Lille-Chansons : Revue costumée des œuvres patoisantes des chansonniers lillois. Desrousseaux, Auguste Labbe, Emile Hornez, Henri Fournier, Delory, etc. etc. Félicien Drumez signe l'arrangement des 2 actes en 3 tableaux ; la musique d'ouverture et les musiques de scène sont composées par Gustave Gabelles. La première a lieu au théâtre le 7 juillet 1911.



Au programme : P'tit Price et Marianne Tambour (Derousseaux), Les Vinaigrettes (Desrousseaux), Violette (Desrousseaux), Manicour (Desrousseaux), Le Café (Desrousseaux), L'Habit d' min Grand Père (Desrousseaux), Les Statues de Lille en Goguette (Auguste Labbe), Le Vieux Cabaret (Desrousseaux), Vivent les Saint-Sauveur (Emile Hornez), Le Boléro du Balyeux (Auguste Labbe), Les Infants d' Saint Sauveur (Desrousseaux), L' Gardien du Palais des Beaux-Arts (Auguste Labbe), Les Amours d'un Marchand de Fagots [?], L'Plaisi du Carnaval (Delory), L' Quartier de l' Plachette (Desrousseaux). Casse Bras (Desrousseaux), Le Petit Quinquin (Desrousseaux).
Les interprètes : Mlle Irma Haelterman, cantatrice (La ville de Lille), Mme Castille (Magrite, La Dentellière), Mlle Suzanne Castille (Rosette), M. Félicien Drumez (Le Commissionnaire), M. Auguste Labbe (Le Gardien du Palais des Beaux-Arts, Le Balayeur de rues), M. Bertingle (Le Voyageur, le Compère), M. Arthur Courouble (Louis Brimbeux, Le père Casse-Bras), Ferdinand Castille (L'Habit d' min vieux Grand Père), la Société chorale et lyrique Les Sans Soucis, directeur M. Bélière.

En 1912 la Revue Septentrionale mentionne sa participation à la Fête des Trouvères à Lille. En avril 1926 il est promu officier de l'Instruction Publique. A partir de 1928 il participe aux débuts de Radio PTT Nord. Dernière mention dans la presse en 1931, sa participation à un concert de l'association de Radiophonie du Nord diffusé par la radio lilloise. En 1887 il a épousé Julia Canyn, sage femme, née à Lille, je n'ai pas trouvé de descendance ni la date de son décès.

Christian Declerck

Sources : Véloce-Sport, La Revue Septentrionale, Gil Blas, Le Journal Officiel, Les Echos Sportifs et Mondains, L'Egalité de Roubaix-Tourcoing, Ouest-Eclair, L'Vaclette, l'état civil et les registres matricules.