dimanche 24 janvier 2021

Les cornemuseux de la Saint-Druon

mis en ligne le 14/12/2009
mise à jour le 24/1/2021 : photo d'un des derniers bergers d'Artois à Rebreuve

Trad Magazine, n° 50, novembre 1996




Par Patrick Delaval

Un tableau
Ce tableau est un lavis coloré – tons bistre, gris-vert et rouge brique – rehaussé d’encre. Il porte en légende : « Procession de Saint-Druon, Patron des Bergers ». Il est signé et daté en bas à gauche : Ph.d.R. 1823. Ces initiales sont celles de Philibert Damiens Comte de Ranchicourt, né le 18 novembre 1781, décédé le 8 octobre 1825. Deux médailles l’avaient signalé lors des expositions de Douai en 1823 et 1825. Le château de Ranchicourt et le village ont été rattachés en 1791 à la commune de Rebreuve, située à quelques kilomètres de Bruay-Labuissière, sur la chaussée Brunehaut, ancienne voie romaine qui relie Arras à Thérouanne. Nous sommes donc en pleines collines d’Artois au début du XIXe siècle, et tous ceux qui ont collecté dans cette région comprendront l’importance de ce tableau : c’est la première fois qu’on découvre une preuve iconographique de la cornemuse dans le Pas-de-Calais pour cette période. La Piposo était attestée par de rares textes [1] citant l’Artois et le Boulonnais, et quelques mentions près de Lille… lire la suite ci-dessous
[1]
par exemple : dans le Lexique Saint-Polois d'Edmond EDMONT, Saint-Pol sur Ternoise, 1897 : "Piposo : substantif masculin, cornemuse, par extension joueur de cornemuse. A Ligny Saint Flochel : piposo : féminin, Ju d' pip' masculin."






Cliquez sur les images pour les agrandir


En écho : mai 1963 M. Hermant l'un des derniers bergers d'Artois, à Rebreuve
couverture de la revue des mineurs Bruits et Lumières n°20



samedi 23 janvier 2021

Quand Jérémie jouait de l'accordéon

Des Français, principalement des militaires, mais des réfugiés civils aussi, se trouvaient à Londres, pendant la guerre 39-45. Il y avait dans le nombre des Dunkerquois et des Dunkerquoises. Tous partagèrent avec la population londonienne les épreuves des attaques aériennes livrée par les Allemands et les difficultés qu'apporte la guerre dans la vie quotidienne. Mais il y avait, de temps à autre, de bons moments, notamment ceux que l'on passait dans les manifestations artistiques et dans les restaurants et cafés français de la capitale anglaise.

Jérémie joue chez Jacqueline


Marcelle Devynck, domiciliée à Saint-Pol-sur-Mer, a fait allusion dans un précédent article (La Voix du 26 mai) à un club où se retrouvaient le soir des Français et aussi des Canadiens francophones, à Londres. C'était Chez Jacqueline. Une ambiance chaleureuse y régnait. Les Dunkerquois affectionnaient cet endroit car l'un des leurs, Jérémie Barbry, y jouait de l'accordéon quand son service le lui permettait. Né en 1919 à Bray-Dunes, servant dans la Marine en Indochine, Jérémie avait participé à bord du croiseur La Motte-Picquet, à la bataille de Koh-Chang contre l'escadre siamoise, en janvier 1941, quand il rejoignit la France Libre en 1942. Chauffeur à l'Amirauté des FNFL à Londres, il était virtuose de l'accordéon, si bien qu'il joua dans les hôpitaux militaires pour distraire les soldats malades et blessés, donna des aubades au départ des bateaux partant en campagne et se fit entendre à plusieurs reprises à la BBC (*) ainsi que dans des concerts de la Croix-Rouge britannique et de la Fondation Saint-John des prisonniers de guerre.

Il tint aussi de petits rôles dans des spectacles de théâtre et de variétés. Ainsi, il joua au Théâtre Molière (association de théâtre français) dans l'Anglais tel qu'on le parle de Tristan Bernard et, pour l'Institut français du Royaume-Uni, dans Le Paquebot Tenacity de Charles Vildrac, avec des comédiens français dont Paul Bonifas, de la Comédie Française. Il fit de la figuration dans un film américain de la Warner Bros, Flight from Sin. et, le soir donc, il trouvait encore le temps de charmer à l'accordéon le public assemblé Chez Jacqueline.

Jérémie Barbry et son orchestre
à Londres

Jérémie rencontra en Angleterre une charmante Dunkerquoise qui avait fui l'enfer de mai-juin 1940 sur l'Emile-Deschamps, navire qui sauta sur une mine près de Margate, le 4 juin. La jeune fille fut parmi les rescapés recueillis par un navire anglais. A sa sortie de l'hôpital, elle travailla dans une manufacture d'équipement pour l'armée.

Jérémie et Marie-Jeanne Fichaux décidèrent de se marier à Londres. Ils passèrent leur lune de miel à Manchester en même temps qu'un autre couple franco-anglais celui-ci. Les photos des jeunes mariés parurent dans les journaux anglais. La famille s'agrandit de deux petites Dunkerquoises nées sur le sol anglais en 1943 et 1944, puis un garçon né, lui, après la guerre et le retour à Dunkerque.

Le papa travailla aux Messageries Maritimes jusqu'à son départ en préretraite en 1976. Hélas, il décéda en 1977. Les "vieux dunkerquois" n'ont pas oublié que dans les années 50-60, Jérémie joua de l'accordéon Aux Loisirs, établissement que sa famille exploitait place Voltaire à Rosendael. La piste de danse n'était jamais déserte le dimanche, dans ce café-dancing populaire que Jérémie animait avec une simplicité qui lui valait l'amitié de toute la clientèle.

Serge Blanckaert
La Voix du Nord, 7 juillet 1996



(*) Jérémie a rapporté les disques 78 tours de sa prestation en 1943, gravés par la BBC, j'ai eu copie de ces enregistrements inédits par René Steylaers, historien dunkerquois.

au programme :

de l'accordéon (je recherche l'origine des javas)
- Dansons la java
- La java des gens du Nord
- Marche des accordéonistes Lyonnais
- Paris reine du monde
- Sous les ponts de Paris

et deux chansons de marins
- Pique la baleine
- Hardi les gars, vire au guindeau



mercredi 20 janvier 2021

Répertoires des groupes folks

Septembre 1980, le festival Pulsar, à Vierzon, accuse un déficit de 1.640.000 francs. Partenaire de l'organisation, la revue L'Escargot Folk ne s'en remettra pas et disparait, et avec elle la possibilité de diffuser dans son calendrier, les concerts et autres manifestations folks en pleine effervescence dans notre région.

illustration : Patrick Delaval


Janvier 1981, les 170 exemplaires ronéotés du n°0 de la "circulaire musiques traditionnelles" sont diffusés dans la région et alentours : Depuis qu'on en parle, il fallait bien que quelqu'un se décide, alors voilà la première "circulaire" sur les musiques "marginales" Pas-de-Calais Nord. Le but est de faire circuler un maximum d'informations concernant les groupes ou les musiciens individuels, tant sur leurs activités, leurs projets, les problèmes qu'ils rencontrent parfois lors de leurs passages en public, que sur les possibilités de collectages, ou de consultation des collectages réalisés dans la région, la publicité des différents stages organisés dans le coin (et ailleurs), les problèmes de lutherie, d'achat ou de vente d'instruments (petites annonces), les références de disques intéressants, les spectacles à ne pas manquer, etc. […]

Comme j'espère bien ne pas continuer ça tout seul, vos articles, annonces de stages, injures, suggestions, critiques de disques, informations, petites annonces, dates de concerts, tuyaux divers, etc. ainsi que votre participation aux frais sont à envoyer à Roland Delassus, rue de l'Eclème, 62350, ROBECQ.

tambourineuse à Hangest-en-Santerre (80)
L'Illustration 1916

C'est le début d'une aventure qui va durer presque huit ans. Pour le numéro suivant, cette revue porte le titre Le Tambourineur, mais c'est une tambourineuse qui ait en couverture. Je ne vais pas vous raconter l'histoire de la revue, ce serait à d'autres de le faire, s'ils en ont envie les pages du blog leur sont ouvertes. Dans ce deuxième numéro, dont le tirage a doublé, Roland remercie Catherine Claeys qui a "marrainé" la revue, elle accompagnera le mouvement régional de très près. La même année, Le Tambourineur diffuse la première synthèse d'un fichier réalisé à l'origine, à partir de 1976, par le Syndicat Mixte d'Aménagement du Bas-Pays, à Busnes. La suite du texte est dans le document ci-dessous qui contient les coordonnées d'environ 60 groupes de musique qui touchent un public estimé à environ 100.000 personnes. Dans ce Fichier Régional des groupes de musique traditionnelle et ancienne on trouve Acanthe (page 20) - Acid'folkloric (14) - Alfred et Kristien Den Ouden (8) - Arkansas Traveler (23) - Les Arlequins (13) - Bagad de Boulogne (22) - Béchamel (12) - La Bistouille (8) - La Bistouille Folk (9) - Bloody Harlan Blues Band (22) - Les Broutteux (12) - Cantroeuil (15) - Carabistouille (17) - Ceilidh (22) - Chant, Contes et Danses (16) - Chantefoire (14) - Les Compagnons d'Artois (12) - Cornafous (16) - La Cour des Miracles (21) - Country Way (22) - Degarouche (23) - De Kreupelaer (10) - Doucemelle (16) - Drie Vlaemsche Geuzen (10) - L'Ensemble Baroque des Flandres (18) - Ensemble Dulciane (20) - L'Ensemble d'Instruments Anciens des Flandres (18) - L'Ensemble d'Instruments Anciens du Conservatoire de Douai (19) - Ensemble Vocal des Flandres (17) - E Saquant Beyaus (7) - Escavecheux (14) - Estampie (18) - Estudiantina (19) - Fanfare Echo (19) - La Franciade (19) - La Gayolle (8) - Groupe instrumental du Foyer Socio-Educatif du Collège de Cassel (11) - Gwenael (9) - Haeghedoorn (10) - Le Hibou (13) - Hiccup (20) - Hoflandt (8) - Jean Chabot-Beton (9) - Katepouch (11) - Levure (7) - Lysaa (21) - Los Awatiñas de Bolivia (17) - Mabidon (15) - Marieke en Bart (11) - Les Musiqueux (15) - L'Orchestre de Chambre Sinfonietta (18) - Pain de Sucre (21) - La Perdriole (7) - La Peronnelle (12) - La Piposa (13) - Saltarello (18) - Sonora (19) - Sprinkhanders (10) - Staminet Folk (15) - Villanelles (14) - Wassingue (13)





En 1985 une mise à jour conséquente est diffusée qui recense plus de 80 groupes 

les formations musicales :
L'Antiquaille - Les Agréments - Arnitoile - Rinaldo Albérico - Bagad de Lille - Bart en Klertje - Bayou St Flo - Berwette - La Bésicle - Le Carillon Ambulant - Cassigoutte - Chantefoire - Clin d'œil - La Compagnie de la Marelle - Catherine Delavier et Gérald Ryckeboer - Divroet - L'Ensemble Hortus Musarum - L'Ensemble Vocal des Flandres - Ephélide - Escavèche - Estaminet - Estampie - Fanir - La Franciade - Galimède - La Galipote - Patrice Gilbert et Jacques Leininger - La Gohelle - Haghedoorn - Houblon Fou - Image - Kiproko - Kelinvor - Kronenbourion en Noz - Klakkebusse - Mabidon - Les Macloteux - Marieke en Bart - Nos Aoutres - Phil Oger - Peut qu'manquer - Quatuor Fanfare - Qwertuyiop - Les frères Ribouillaut - Saltarello - Saltarel' Folk - Sinfonietta - Smitlap - Sonora - Un An dans les Bois - Dominique et Christian Vasseur - De Vlaemsches Teuters Mans - De Voorvegters - Vie et Traditions d'Artois - Yoska Pokker - Zjamoel

les spectacles de danses :
Amicale Laîque de Fruges - Amicale des Provencaux, Langudociens et Catalans du Nord - De Belle Duveltjes - Celtia - Cercle Celtique de Boulogne - Cercle Celtique de Lille - Coulce Amère - Folk-Loos - Groupe Folklorique du Courgain maritime - Guizar Vro - Les Jouveignes - Les Leus d'Onnezies - Sumadija - Ballet Ukrainien Tanecz - Association Toinot Arbeau 

les chorales :
Het Reuzekoor - Millenium

ateliers d'instruments et de danses
Atelier d'accordéon diatonique à Maubeuge - Association Citrouille - Centre de Formation pour Adules de l'école Nationale de Musique de Calais - Folk Club Rue du Sabot - Maison de Dnase de Fives - La Piposa 

associations de recherche
Centre Culturel de Flandre - Association Marie-Louise Cachi-Veux - Traces

etc.



Une autre édition a été publiée quelques années plus tard… je l'ai prêtée et ne l'ai jamais revue, si quelqu'un la possède, je suis preneur.


samedi 16 janvier 2021

Blanche-Petit à Valenciennes


musée de Champlitte (70)
source

Ce fabricant de pianos mécaniques a fait florès, à Valenciennes, au début du XXe siècle. Jean-Baptiste Blanche est né en Belgique, à Saint Gilles, le 25 février 1879. Il est le fils de Jules, carrossier, et Marie Bellens. En 1901, à Raismes, il épouse Pauline Petit, née à Hasnon le 27 janvier 1881, elle est la fille de Paul, marchand de pianos et Sophie Crudenaire. D'après des mentions sur les publicités, on sait que le couple a fondé leur société en 1899, avenue du Quesnoy n°1 et 4. Ils participent à de nombreux concours et y remportent des médailles : le bronze à Bruxelles (1910), l'argent au Mans (1911) et à Casablanca (1915), l'or à Dunkerque (1912), un diplôme d'honneur à Metz (1920) et Marseille (1922), les grands prix de Lille (1920), Obernai (1922) et Limoges (1922). En 1923, hors concours, il est membre du jury à Bayonne, puis président du jury au Mans en 1928. Mais en juillet 1929 une annonce signale la mise en vente, par J.-B Blanche, de deux immeubles à Valenciennes, l'un industriel et commercial et l'autre "maison de rentier", sans indication de leur emplacement, mais il s'agit certainement des deux maisons situées au 1 et 4 avenue de Verdun. Pauline meurt à Valenciennes en 1924, je n'ai pas encore retrouvé le décès de Jean-Baptiste. En 1926 il est fait mention d'un associé nommé R. Goffart, présenté comme successeur de J.-B. Blanche-Petit. Ce pourrait être René Goffart né à Valenciennes en 1895 qui est ébéniste lors de son mariage en 1919 avec Raymonde Vandevoir. Dès la réouverture du site des AdN j'irai vérifier.

vente à Chartres en 2015

Ses instruments sont décrits dans plusieurs réclames parues en 1914 et les marques sont déposées la même année au greffe du tribunal de commerce de Paris : le Paulinette "Orchest", 48 marteaux avec tambour, grosse caisse et cymbale ; pour les cafés où l'on ne danse pas le Solo Mio Mandolino qui donne l'illusion d'un orchestre de mandolines ; et les Pianos Orchestre à 88 et 66 marteaux, sans percussions. En 1919, il dépose les marques La Victoire et le Sam Su Fy orchestre. Je n'ai pas d'infos sur son parcours après l'arrêt de ses d'activités industrielles. 

Christian Declerck, 15 janvier 2021


*****

On peut entendre un de ses pianos dans la collection de Gérard Décoret sur ce site 

le bâtiment du 4 avenue de Verdun (ex avenue du Quesnoy)


Quelques réclames parues dans le Grand Echo du Nord

10 juin et 22 mai 1914


22 mai 1920

Annuaire Didot-Bottin 1926



celle que je préfère

30 juin 1920


jeudi 14 janvier 2021

Un chanteur flamand à Saint-Omer au XIVe siècle

A partir de 1314 la comtesse Mahaut d'Artois s'installe à Charenton le Pont, où elle fait agrandir le château : construction d'une grande salle et d'une tour crénelée. C'est de cette époque que date ce livre de compte rédigé par Hue de Thélu, conservé aux archives départementales du Pas-de-Calais à Dainville. L'inventaire publié en 1878, a relevé divers joueurs d'instruments de musique :

1320 : Compte d'Hue de Thélu pour l'hôtel de la comtesse Mahaut du 7 août à la Toussaint

- a Simon le trompeur qui apporta lettres à madame du mariage Teri de Hensebergue le xxiiiime jour d'aoust à Saint-Omer … viii s.

- a Jehane qui geue des orgues … xvi s.

- a Perrot menestrel mons. de Boulogne qui geue du frestel … x s.

- a Terion menestrel de viele mons. de Chastillon … viii s.

Dans l'exposition "Musiques maestro !" présentée à Arras en 2011 était exposé ce parchemin des comptes et la notice précisait : le 9 septembre "à Saint-Omer à un chanteur qui chanta devant madame [la comtesse] en flament".


Archives départementales du Pas-de-Calais, cote A 386
photo personnelle

Jules-Marie Richard dans son livre paru en 2014, page 91, Mahaut comtesse d'Artois et de Bourgogne (13021329) nous donne aussi cette mention, parmi celles de plusieurs ménestrels qui se produisent devant la comtesse, le chanteur est gratifié de 12 deniers soit un sol, les autres musiciens mentionnés plus haut sont nettement mieux rémunérés : entre 8 et 16 sols.

lundi 11 janvier 2021

orchestrion Simoens-Lorez à Roubaix

mis en ligne le 8/1/2021

mise à jour le 11/1/2021 : ajout de 2 photos


L'usine Simoëns-Lorez, à Roubaix

Après 1918, ils étaient partout, chaque café, chaque estaminet en possédait. Ils faisaient le bonheur du patron et des clients, et le malheur du voisinage qui se plaignait du tapage nocturne. On les appelait piano automatique ou orchestrion. Les moins luxueux ont été détruits dès l'arrivée du gramophone et surtout de la radio. Celui-ci était vendu par Marceau Simoëns et Victor Lorez, associés à Roubaix dans les années 1919/1922. Le Musée d'Histoire et de la Vie Quotidienne de Saint-Martin en Campagne (76) en conserve un rare exemplaire en état de fonctionnement.


orchestrion Simoens-Lorez
l'air serait La chanson des échos qui à l'origine est une mazurka…


Un grand merci à Bastien Pochard, du Musée de Saint Martin en Campagne pour ces photos de l'orchestrion.

© T. Dion, Musée d'Histoire de la vie quotidienne


© T. Dion, Musée d'Histoire de la vie quotidienne


Le programme :
- Le train roulait, schottisch
- Minette en fête, polka
- Gosse d'amour, mazurka
- Mignon, valse
- La lune blanche, fox-trot
- Eléonore, polka
- Est-ce bien toi, valse
- Les baisers, fox-trot

Victor Lorez est né à Dunkerque, dans la rue des Passerelles, le 30 juillet 1882, fils de Gervais et Philomène China, originaires de Roubaix. Victor a été conducteur de chevaux, mais vers 1920 il s'associe avec un voisin, Louis Marceau Simoëns, ancien apprêteur en tissus, né à Roubaix le 14 octobre 1882, fils de Théophile et Marie Meurisse, originaires de Tournai (B). Marceau a probablement repris la fabrique de pianos mécaniques de son beau-frère Liévin Bailleul (voir ci-dessous). Les associés installent leur usine 70 rue Chanzy à Roubaix. Victor meurt en 1951 et Marceau en 1960, tous les deux à Roubaix.


pianos automatiques Le Merveilleux


l'harmoniphone
Le Nord Maritime, 1921





La fabrique Liévin Bailleul, à Roubaix, puis Lille

source : Médiathèque de Roubaix
La sœur de Marceau Simoëns, Laure Constance née à Roubaix en 1870, épouse Liévin Augustin Balliu, dit Bailleul, à Roubaix en 1891. Né à Roubaix en 1869, il est le fils de Pierre et Pélagie Janssens, nés en Belgique. En 1893 il est cabaretier, à l'Internationale, boulevard de Belfort à Roubaix. Au nom du Parti Ouvrier, il porte les revendications prolétariennes des ouvriers roubaisiens au député Emile Moreau. En 1892, militant collectiviste, il a été élu conseiller municipal et, pendant quelques années il est adjoint au maire de Roubaix, Henri Carette. En 1903 il crée une entreprise de fabrication de pianos automatiques à Roubaix, 46 rue des Fabricants. En 1909 il démissionne du conseil municipal pour se consacrer à son entreprise, qu'il déménage à Lille 239 rue du Faubourg de Roubaix. En 1921 il est domicilié 23 place Rihour à Lille. Il meurt à Roubaix le 1er août 1947.

Christian Declerck, 8 janvier 2021




Le Grand Echo du Nord


Le Pompon, roi des pianos automatiques
Le Grand Echo du Nord 1921