mardi 15 septembre 2020

Atelier violon château Coquelle

mise en ligne le 1/7/2012
mise à jour le 15/9/2020 : ajout d'une vidéo

De mars 2003 à juin 2012, à Dunkerque-Rosendael au château Coquelle, j'ai animé un atelier violon populaire basé principalement sur le répertoire irlandais.

à l'estaminet de Steenwerck en mars 2010
photo Chloé Dehaene

Les violonistes qui ont participé durant ces 8 années : Claire Baladou et Hélène Baladou, Georgina Bénard, Bernard Brousse, Annie Byache, Laurent Claeys, Michel Corlay, Jeannette Coutou, Christian Declerck, Hélène Lavie, Bernard Lecocq, Véronique Malhomme, Pascale Mallet, Perrine Masson, et j'en oublie certainement.

Chaque morceau travaillé a été enregistré, les archives sont ici.

Un moment constitué en groupe, il a porté le nom de Coquelle Fiddles Band.



à l'église du Bizet à Armentières, janvier 2011
photo Fabrice Havret



atelier au château Coquelle
vidéo ASTV Grande Synthe








samedi 15 août 2020

Romainville et ses Fantoccini Français

Dunkerque le 21 décembre 1799 : le citoyen Romainville, artiste et directeur des Fantoccini français, sortant du Palais Egalité de Paris [ex Parlais Royal], tient un jeu propre à amuser les grandes personnes et les enfants. Il varie tous les jours son spectacle, tant par les comédies-vaudevilles que les métamorphoses, les changements à vue, les ombres chinoises, les jeux pyriques [sic] et l’optique théâtrale ; Les parents y pouvaient en toute sureté y amener leurs enfants, chez le citoyen Malbosc, rue Sébastien.[1]

La salle Malbosc, rue Saint Sébastien,
était l'ancienne salle de la confrérie des archers
source : Dunkerque en Flandre, Jacques Tillie

Cette simple mention dans une étude sur le théâtre à Dunkerque, nous ramène aux débuts des spectacles de marionnettes à fils en France. Le citoyen Romainville est très certainement l'époux de Sophie Walmont "attachée" au théâtre des marionnettes du Palais Royal, mentionnée dans le texte suivant : 

Pygmées François (spectacle des). Les succès obtenus par les Fantoccini français, marionnettes qu’un nommé Caron faisait voir sur le boulevard du Temple, engagèrent quelques spéculateurs à faire construire en 1785, au Palais-Royal, un théâtre qu’ils nommèrent les Pygmées français, et d’y faire jouer Caron et ses marionnettes. Ils inaugurèrent leur salle par le Nouveau Prométhée, prologue en un acte avec couplets, et par Arlequin protégé par Momus, vaudeville en trois actes. Les marionnettes qu’on y montrait n’avaient que douze ou quatorze pouces de hauteur, et, comme à l’ancienne Troupe Royale des Pygmées, un acteur placé dans la coulisse parlait et chantait pour elles. Malgré la gentillesse de ces petits comédiens et l’habileté de Caron qui les conduisait malgré les feux, cascades, bouquets, gerbes, fusées et illuminations pyrrhiques dont le spectacle était enjolivé, les Pygmées français n’obtinrent aucune réussite (1). (Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, par Thiéry, I, 284. Magnin, Histoire des Marionnettes, 180)
(1) Ce spectacle avait deux directeurs, l’un se nommait Jean François Spits, graveur de médailles et monnaies de France, et l’autre Baudin, facteur de clavecins. Des discussions d’intérêts s’élevèrent entre eux, et un procès s’engagea. L’une des pièces de la procédure nous fournit l’indication de presque tout le personnel attaché aux Pygmées français. Nous transcrivons ici leurs noms ; c’étaient : 
1° Jean François Féron, âgé de 33 ans, musicien ci-devant attaché au spectacle des Pygmées, et à présent attaché à celui d’Asthley, demeurant rue du Faubourg Sainte Anne, à l’hôtel des Charolois
2° François Gressier, âgé de 48 ans, musicien, demeurant place des Victoires
3° Pierre Marie Joseph Hurpy, âgé de 42 ans, machiniste, demeurant rue du Faubourg du Temple, acteur des Pygmées
4° demoiselle Marguerite Galimard, âgée de 25 ans, épouse du sieur Boudin, maître chandelier, actrice attachée au spectacle des Pygmées français, aux appointements de 700 livres, demeurant rue Montmartre
5° Pierre Hurpy fils, coiffeur et ci-devant acteur au spectacle des Pygmées, aux appointements de 600 livres, demeurant au Palais Royal
6° Pierre Gruier, âgé de 22 ans, musicien ci-devant attaché au théâtre des Pygmées, aux appointements de 600 livres, actuellement à celui de Beaujolais, demeurant rue Saint Denis
7° Pierre Siméon Caron, âgé de 28 ans, demeurant sous les arcades, acteur au théâtre des Pygmées, aux appointements de 600 livres et 3 louis de gratification
8° Sophie Walmont, âgée de 28 ans, épouse du sieur Jean de Romainville, acteur de province, elle attachée au théâtre des Pygmées français, aux appointements de 500 livres, demeurant rue Neuve Saint Sauveur
9° Pierre Louis Morin, âgé de 18 ans, musicien, demeurant au palais Royal, au théâtre des Ombres chinoises, ancien violon du spectacle des Pygmées, aux appointements de 600 livres
10° Laurent Saint Charles, musicien, âgé de 24 ans, demeurant au spectacle des Ombres chinoises, au Palais Royal, ancien premier violon du spectacle des Pygmées, aux appointements de 40 sols par jour
11° Jean Baptiste Fressancourt, âgé de 24 ans et demi, musicien, demeurant rue Coquillière, ancien joueur de clavecin au spectacle des Pygmées (archives des Comm. N°1264) [2]


[1]Le théâtre de Dunkerque depuis les origines jusqu’à nos jours par Albert Bril, BUF 1905 [Gallica]

[2]Les spectacles de la foire, théâtre, acteurs, sauteurs, etc. Emile Campardon, 1877 [Gallica]


Le Guide des amateurs et des étrangers  de 1787 nous donne quelques informations complémentaires :


Aa Palais Royal
Spectacle des Pygmées François, n° 105
Ce petit Théâtre réunit plusieurs objets qui, se variant à l'infini, le rendent agréable aux spectateurs. Il est placé au premier étage du n°105. La salle, propre et simple, n'a pour tout décors, qu'un petit ordre ionique à l'avant scène. Ce spectacle est composé,  1° de points de vues artistement faits, représentant les principales villes de l'Europe. Ces vues, disposées dans le genre théâtral, sont éclairées de manière que toute l'assemblée en jouit. 2° de feux, cascades, bouquets, gerbes, fusées et illuminations pirrhiques [sic] d'un genre nouveau et agréable. 3° des petits acteurs pantomimes, de douze à quatorze pouces de haut, bien faits et bien costumés, y représentent et jouent de petites pièces faites exprès. Ils sont si bien conduits et leurs gestes tellement d'accord avec les paroles déclamées dans les coulisses, qu'ils prêtent à l'illusion et font plaisir.
Spectacle des vrais Fantoccini Italiens n°53
Ce petit spectacle, sous la direction du sieur Castagna, Italien, est composé de petits Fantoccinis ou Marionnettes de dix-huit pouces de haut, qui exécutent des petites pièces et danses. On y entend du chant et des solo de mandoline dans les antractes. Les prix sont de 1 livre 16 sols aux loges, 1 livre 4 sols au parquet, et 12 sols derrière le parquet. La salle, proprement décorée, peut contenir trois cents personnes. Les décorations se changent à vue. On donne deux représentations par jour.

Spectacle de marionnettes à fils (XIXe ?)
source : Gallica

lundi 3 août 2020

Epinettes et Guimbardes et Lionel Rocheman

Je viens d'apprendre le décès de Lionel Rocheman et une bouffée de souvenirs est remontée. Fondateur du Hootenanny à l'American Center de Paris, il animait aussi, au début des années 1970, une émission à la télévision, Epinettes et guimbardes, où j'ai découvert la musique folk. J'enregistrais intégralement toutes les émissions sur K7 audio, mais quelques années plus tard, pour faire des économies, j'ai eu la mauvaise idée de les recopier en ne gardant que la musique, avec le résultat qu'on imagine et le temps n'a rien arrangé. Je pensais avoir jeté cette cassette mais je l'ai retrouvée il y a quelques mois au fond d'une caisse. La qualité ne s'est pas améliorée mais cela reste un témoignage de ce qu'on pouvait écouter à la télé française, et qui a sensibilisé de nombreux musiciens et chanteurs folk pendant la décennie '70.
C'est du "brut de décoffrage" et je n'ai pas gardé les noms des intervenants, on reconnait plusieurs fois Lionel Rocheman, Pat Wood et Kathy Lowe, Les Ménestriers, John Wright et bien d'autres que vous allez me nommer, merci d'avance.
le fichier de 90mn de musique est ICI

On trouve quelques extraits de cette émission sur Youtube, merci au fan club de Marcel Dadi








et sur l'INA, Maxime Leforestier


 


des extraits d'une conférence de François Gasnault sur l'œuvre de Lionel Rocheman





vous trouverez d'autres pages sur les liens de Lionel Rocheman  avec Dunkerque, sur ce blog

samedi 20 juin 2020

Actes de la journée d'étude, Arras 2016


chez l'éditeur l'Harmattan


Enfin publiées, les interventions de, presque, tous les intervenants de cette journée d'étude-atelier "Etudier, interpréter, valoriser les chansons anciennes" du 28 juin 2016, à l'Université d'Artois.
Il manque, hélas, deux textes, celui de Marlène Baly "La chanson traditionnelle : définition et passages dans le temps et dans les autres genres via la question des timbres" et celui de François Gasnault : "Chanson traditionnelle et milieux revivalistes : chronique discontinue d'une appropriation".

J'ai enregistré toutes les interventions de cette journée, les fichiers sont disponibles sur demande


Sommaire :

- présentation par Sophie-Anne Leterrier

- Claude Ribouillault : Anecdotique et daté : Universel et intemporel ? Chansons traditionnelles et chansonniers sur l'air de

- Michel Colleu : Trois siècles de compositions populaires d'un milieu social : les chants décrivant la vie des gens de mer

- Maxou Heintzen : La fin des complaintes criminelles

- Jean-Pierre Bertrand : Faut-il poursuivre le catalogage des répertoires chansonniers ?

- Hervé Dréan : Itinéraire d'un collecteur, notes personnelles et impressionistes

- Sophie-Anne Leterrier : Philippe Boulfroy, militant du picard et de sa tradition chansonnière

- Le duo Tintorèla (Florence de Fanti et Florence Launay)

- Sophie-Anne Leterrier : Choix de chansons en dialecte de Lille

- Brigitte Buffard-Moret : conclusion

plus d'infos sur les auteurs : ICI


cette publication est accompagnée d'un CD audio

01 - Chanson de Craonne
02 - Il pleut bergère (1915)
03 - Marmites
04 - La patache (Guadeloupe)
05 - Les matelots chauffeurs, de Yann Nibor
06 - Complainte de Nassandres (1898)
07 - Le crime de l'Immaculée (1899)
08 - La tuerie de Landreau (1913)
09 - C'est Monsieur de Chatelin 
10 - Vaillant dundee (1897)
11 - Bien le bonjour la compagnie
12 - Michel monta dans un pommier
13 - Su'l' bois, su'l' bois
14 - Mon paire me vòl maridar
15 - Que farà la molinièra ?
16 - Passat deman ieu me maridi
17 - Aval al fons del rivatel
18- A nou moéson, in na tüé in pourchiau
19 - Chez Joseph
20 - Ahite, ahite, toudi rade, rade
21 - 'Ch Cwincq
22 - El Clàron
23 - La comète de 1857, d'Alexandre Desrousseaux
24 - Les avantages d'être jeune fille, de Charles Decottignies
25 - La femme d'un colonneux
26 - Les Roubaignos sont toudis là, de Charles Bodart-Timal et Albert-Lucien Doyen


Source Gallica


jeudi 18 juin 2020

La machine infernale

publié le 22/5/2020
mis à jour le 28/5/2020, ajout de la description du double jazz-band et des infos généalogiques
mise à jour le 18/6/2020, ajout d'une photo de Paul Vandeputte


pour Thierry

C'est le nom que donne Charles Verstraete à un sytème de percussions avec commandes aux pieds utilisé dans la région du Nord autour de Roubaix et Tourcoing. Il nous en donne un témoignage vécu :



Riton Jazz, Arras
collection personnelle
Vers 1900, certains accordéonistes du Nord de la France se servaient d'une basse aux pieds, inventée en Belgique. Les accordéonistes de bals se faisant souvent accompagner par un batteur (grosse caisse, tambour et cymbales). Mais, estimant que deux hommes étaient encombrants dans les cafés et aussi plus chers, quelqu'un imagina le "jazz aux pieds" et quand l'accordéoniste était le patron, l'économie était substantielle.
Les premiers à construire ces jazz aux pieds furent Octave Créteur(1), 81 rue de l'Epeule et surtout Charles Blomme(2), tous les deux nés à Roubaix en 1885. […]
L'ampleur de la grosse caisse et du tambour ajoutait de la puissance au son. Sur les premiers modèles, les commandes étaient déclenchées par des ficelles. Par la suite, on adopta une soufflerie. L'engin était démontable pour permettre au musicien de se déplacer avec sa batterie, notamment lorsqu'il faisait une tournée. Puis vint l'électricité qui allégea l'ensemble en donnant cependant plus d'importance au ponton à commande sur lequel était installé l'artiste. Son genou droit actionnait le roulement de tambour, le gauche les castagnettes, les pieds donnant le coup de cymbales et déclenchant diverses combinaisons. Pour m'en être servi, je puis assurer qu'il fallait sortir autant de l'école de Joinville que du conservatoire de musique !
Mon père, qui débordait toujours d'initiatives et dont l'esprit inventif était toujours aiguisé, s'avisa de demander à Charles Blomme, un jazz pour deux accordéonistes avec, donc, deux pontons à commandes, agrémentés - et là était le génie - d'ampoules de couleurs variées, synchronisées avec les pédaliers et les roulements qui étaient reliés - mon père était un perfectionniste - aux éclairages de la vitrine du café. Ainsi, qu'on fut au pont Morel ou à la Fosse-aux-Chênes, la lumière était visible, signifiant qu'on jouait "chez Verstraete". Ce jazz, une machine infernale, fut le dernier chef-d'œuvre de Charles Blomme.
Raymond Verschuren, qui possédait aussi un jazz Blomme (classique) avec lequel, dans l'Oise, il faisait les bals ambulants dits "parquets", se vit offrir un jour par son fils André, la fameuse "machine infernale" rachetée à mon père. Au décès de Raymond, André la trouva dans l'héritage, avec le classique. Au cours d'une rencontre, à l'occasion d'une émission au Théâtre de l'Empire, à Paris, je suggérai à André d'en faire des reliques que Roubaix serait heureux d'accueillir. Avec Bruno Gaudichon, conservateur du Musée d'Art et d'Industrie, nous nous retrouvâmes à Creil, en 1995, pour récupérer ce don. […]

De l'Accordéon au trombone, Charles Verstraete, 2000




collection Charles Verstraete




(1) Octave Créteur : fils d'un tisserand et d'une bobineuse, il a exercé les professions de menuisier et cafetier. Sa fiche matricule nous donne plusieurs adresses, 1905 : 62 rue de l'Industrie ; 1911 : 112 rue de Soubise ; 1906, 106 rue des Longues Haies ; 1920 : 81 rue de l'Epeule (photo de son café sur le site de la médiathèque de Roubaix) ; 1928, Orroir (B), place de l'Enclus ; 1934, Mouscron (B), 164 chaussée de Lille ; en 1934 il est mentionné à Ostende. Il est mort à Mouscron en 1976.

(2) Charles Blomme : ses parents sont Belges, son père est né à Bruges, il sera soigneur dans une filature comme lui, c'est la profession que l'on relève sur ses deux actes de mariages en 1904 et en 1912 et les naissances de ses quatre enfants jusqu'en 1914. Sa fiche matricule n'existant pas (il est de nationalité belge), c'est dans les divers actes de naissances et mariages que j'ai relevé ses adresses à Roubaix, ainsi que ses professions : 1905, rue d’Alger ; 1907, rue du Vieux Hutin ; 1914, rue de Beaurewaert ; 1919, 5 boulevard de Belfort, luthier ; 1926, Roubaix, ouvrier luthier ; 1930, 185 rue de Cartigny musicien.  Il meurt à Herseaux (B) en 1970. Son  deuxième fils, Charles (1907-1972) se déclare violoniste lors de son mariage, il est alors domicilié à Colmar. J'ai relevé que sa seconde épouse, Clémence Platteau est décédée en 2017 à Wattrelos, elle aurait pu apporter son témoignage.


*****

Le jazz-band Blomme du Musée de Roubaix

1. Présentation historique
Le projet de restauration du jazz-band a été lié à l'origine au don de l'instrument au musée de Roubaix en 1993. Le donateur, accordéoniste professionnel, avait en effet exprimé le souhait que la fonction sonore du jazz-band puisse être rétablie en vue de le faire rejouer dans le cadre de manifestations culturelles, renouant ainsi avec la tradition locale d'animation des cafés de Roubaix au début du siècle. Il faut savoir, en effet, que les jazz-bands à cette époque contribuaient largement à l'animation des cafés, établissements très populaires fréquentés par la classe ouvrière, l'histoire des cafés dans les villes du nord étant elle-même très liée à l'essor de l'industrie textile. A ce titre il constitue un témoignage exemplaire d'un type de vie sociale très représentative du contexte économique de la région. Le jazz-band donné au musée faisait lui-même partie du mobilier d'un café de Roubaix, le café Verstraete ; l'intérêt qu'il représente sur le plan sociologique et le fait qu'il a été produit par une fabrique locale justifiait pleinement sa présentation et sa mise en valeur dans les collections du musée.
Le jazz-band provient de la fabrique Blomme, comme l'indique une inscription sur la peau de la grosse caisse. Cette fabrique, qui était située rue de Lannoy à Roubaix, a dû produire un certain nombre d'instruments comparables à celui-ci, mais nous n'en connaissons actuellement qu'un très petit nombre d'exemplaires. Nous manquons également d'informations concernant sa date de fabrication. Le style du décor ainsi qu'une photographie ancienne du jazz-band devant la fabrique Blomme permettent de situer sa construction aux alentours de 1914.

2. Description

Le jazz-band se compose d'un corps central et de deux estrades placées de chaque côté. Le corps central présente une structure en bois peint de forme pyramidale couronnée d'une lyre décorative. Plusieurs éléments acoustiques de type percussions occupent des différents niveaux : sur la partie inférieure un woodblock encadré de deux soufflet comportant chacun six grelots. Au-dessus une grosse caisse caisse dont la peau, côté face, est recouverte d'un décor peint représentant une figure féminine jouant de la harpe et entourée de l'inscription "Charles Blomme - constructeur - Roubaix". Sur l'un des deux batteurs en bois, au revers de la grosse caisse, sont fixés quatre disques métalliques rappelant ceux des tambourins à sonnailles et un grelot. Au-dessus de la grosse caisse une cymbale ornée au centre d'un gros cabochon en verre facetté de couleur rouge évoquant un rubis. La cymbale est encadrée de deux castagnettes. Au niveau supérieur, une caisse claire surmontée d'un triangle suspendu à un crochet en métal fixé au sommet de la lyre complète cet ensemble qui repose sur un socle en bois peint sur lequel figure l'inscription "jazz-band idéal accordéoniste". Ce socle contient un dispositif pneumatique comprenant des tuyaux en caoutchouc reliés aux soufflets des différents éléments acoustiques, ainsi qu'un système électrique permettant l'allumage intermittent des ampoules placées à divers endroits du jazz-band : quatre ampoules à l'intérieur de la grosse caisse, une ampoule située à l'intérieur du cabochon de la cymbale, douze ampoules décoratives de couleur rouge disposées sur le pourtour du jazz-band.
Les estrades sont également en bois peint et comportent à l'avant une série de douze pédales rondes disposées sur deux rangées (une rangée de sept pédales au bord, une rangée de cinq pédales plus en retrait). Sur chaque côté des estrades, à l'avant, se dressent deux montants comportant un bouton contact électrique à chaque extrémité sur leur face interne. Les quatre boutons, avaient tous disparus et ont du être refaits. Douze soufflets sont placés à l'intérieur de chacune des estrades ainsi que des contacts électriques. Sur ces estrades s'installaient deux accordéonistes qui, tout en jouant, actionnaient la soufflerie en appuyant avec les pieds sur les pédales du plancher, mettant ainsi en marche simultanément les dispositifs acoustique et électrique du jazz-band. Le frappement de la grosse caisse entraînaient automatiquement l'éclairage de celle-ci et l'impulsion donnée avec les genoux sur les deux boutons contacts des montants latéraux permettait d'obtenir un effet acoustique particulier, différent de celui obtenu par les soufflets (roulement répétitif sur le woodblock et la caisse claire). Chaque estrade est reliée à la partie acoustique du jazz-band par douze tuyaux en caoutchouc assurant la transmission pneumatique et par des branchements électriques. Notons que deux circuits électriques distincts sont intégrés dans le jazz-band : l'un fonctionne avec le courant normal et permet les différents effets lumineux, le second correspond aux contacts genoux et fonctionne avec un courant à basse tension obtenu grâce à deux transformateurs.
Il convient de souligner que ce jazz-band n'entre pas dans la catégorie des instruments de musique mécanique automatiques comme la plupart des jazz-bands connus puisqu'il fonctionne uniquement par l'intervention des musiciens accordéonistes pour lesquels il fait office d'accompagnement et constitue en quelque sorte un petit orchestre intégré. […]

extrait de :
La restauration des jazz-bands du musée d'art et d'industrie de Roubaix. par Claire Combe et Douglas Heffer
in :


merci à Philippe Nasse qui m'a transmis ce document


****
Agnès, lectrice fidèle, m'a signalé cette photo publiée dans le livre d'Hubert Boone L'Accordéon et la basse aux pieds en Belgique, éditions Peeters, Louvain, 1993. On y voit  Paul Vandeputte, de Moorsele (Flandre Occidentale), photographié en 1988 avec son accordéon bisonore Callewaert et son Jazz Band Idéal, fabriqué par Charles Blomme à Roubaix.






lundi 15 juin 2020

Accordéonistes populaires en Flandre

André Decreus (Winnezeele 1907-1987), l'accordéoniste collecté par André-Marie Despringre en 1976, animait aussi les quêtes de conscrits à Steenvoorde, une photo de 1932 en témoigne. C'est cette photo qui m'a rappelé une série de coupures de presse que j'avais rassemblées à la fin des années 1980. Plusieurs d'entre elles montrent un musicien qui accompagne les jeunes gens et c'est toujours un accordéoniste, parfois accompagné d'un tambour ou d'un clairon.
Voici une quinzaine de musiciens populaires actifs autour de Dunkerque. S'ils n'avaient pas accompagné les conscrits et s'ils n'avaient pas été photographiés, on ignorerait tout de leur présence et de leurs activités. C'est une chance que ces photos aient été publiées dans la Voix du Nord, avec tous les noms des personnages. Je ne sais pas si ailleurs, dans la Région, on a fait la même démarche. Les plus anciennes photos datent de 1929 (Armbouts-Cappel et Esquelbecq), la plus récente de 1954 (Uxem). L'orthographe des patronymes n'est pas garantie - les typographes de presse écorchent souvent les noms de famille -  sauf pour les musiciens, que j'ai pu identifier grâce à ce site.

Adrien Delpouve au diatonique
Looberghe, 1935


Looberghe 1936. L'accordéoniste Adrien Delpouve, (Looberghe 1903 - Rosendael 1977) était ouvrier agricole. Au 1er rang il est entouré, à gauche d'André Vangrévelynge et droite de Maurice Becuwe. Au 2e rang, de gauche à droite : Roger Rauwel, René Mallevaeye, Paul Faveuw et Kicken. Au 3e rang, Robitaille, André Vanbeke, Raymon Woisselin et André Dugandin. Informations données par Roger Rauwel. VdN 2/4/1989
En 1935, sur la première photo, on trouve de gauche à droite, au 1er rang assis, Maurice Becuwe, Henri Mormentyn et Ernest Allaert. Au second rang, debout, André Godart, Paul Vannobel, Georges Wattez, Adrien Delpouve, Léon Vanacker et Robert Lapière. Informations données par Henri Mormentyn. VdN 25/1/1989



Armbouts-Cappel, 1929. L'accordéoniste est Henri Allentin (Bierne 1897 - Dunkerque 1982), il est le fils de René, ouvrier agricole et Hélène Baert, servante de ferme. 
Il est entouré de : en haut, de gauche à droite, Simon Best, Marcel Perquy, Etienne Verrons, Arthur Desmidt, X, Gaston Beyaert. Assis, de gauche à droite, Gaston Bertheloot, garde champêtre, Maurice Bentein, clairon et Henri Allentin. Informations données par Mme Veuve Germaine Desmidt. VdN 30/11/1989







Esquelbecq 1929. L'accordéoniste est Lucien Plancke (Bissezeele 1911 - Lille 1986), fils de Rémi, ouvrier agricole et Gabrielle Cousin. Sont autour de lui, de gauche à droite : debout, Charles Loos, Raphaël, Beck, Maurice Vandersluys, André Beun et rémi Courtois. Assis : André Joos, René Cailleau, André Vanhens et Joseph Vandevoorde. Informations données par Rémi Courtois. VdN 13/1/1990








Téteghem 1931. Je n'ai pas pu identifier avec certitude l'accordéoniste Maurice Verbecke (un homonyme est né à Coudekerque Branche en 1906). Les conscrits, assis : Lucien ?,  Raymond Dufour, Emile Bonte et Henri Bouve. Debout : Edouard Defever, Joseph Fleurgek, Maurice Lahaye, Gérye Thérie et Marcel Marie. Informations données par Mme Marguerite Defever. VdN 28/7/1987









Merckeghem 1932. Je ne sais rien de l'accordéoniste Gaston Duval. On y voit, de gauche à droite, debout : Moïse Canoen, Marcel Vanhacker, André Truant, Etienne Lescieux, Raymond Révillon ; assis : Daniel Denecker, Daniel Bataille, Hubert Baudewyn et Martial Erkembout. Informations données par Mme Vantorre. VdN 2/2/1988









Pitgam 1932. Le jeune accordéoniste, Joseph Beugnez (Pitgam 1914 - Cappelle-la-Grande 1977) est ouvrier industriel à son mariage en 1938 avec Hélène Boudens. Son père est ouvrier agricole et sa mère est servante lors de leur mariage.
Sont identifiés de gauche à droite : en haut, Wayenburgh, René Duvin, Marcel Bajeman, Victor Clayssen, René Vandapel, Marcel Boudins, X ; au milieu, Marcel Achte, Donat Caloone, ROger Lefever, Daniel du frêne, Anguste Vanuxem ; en bas, Aimé Mallevay, Joseph Janssen, Daniel Dalannoye et Georges Boudin. Informations données par René Duvin,, VdN 12/9/1992






Warhem 1933. Félix Declerck (Warhem 1905-1953) est ouvrier agricole, fils de Jules, maçon et Zélie Lesage. Les conscrits : en haut, Maurice Brunel, Jean Brygo, André Allewyn, Urbain Harrau et Marcel Vanpeperstraete. Au Milieu : Abel OUsteland, Maurice Ryckenbusch, Daniel Duhayon, Raymond Devos et André Deblokc à la grosse caisse. En bas le tambour André Bollengier. Informations données par André Deblock. VdN 6/1/1988








Les Moeres 1934. Un autre accordéoniste, Lucien Dewilde, non identifié, avec les conscrits, debout : Raymond Berteloot, Jules Paris, Marcel Six, Jean Patfoort, Edouard Blondez, André Vandevoorde, Octave Geeraert. Assis : André Odaer. Informations données par Mme Neely Blondez. VdN 5/5/1988










Wormhout 1934. Julien Dequidt (Wormhout 1904-1972) ouvrier maçon, fils d'Amand, ouvrier agricole, et Lucie Vanyper, journalière. Assis : Alexis Hamez, André Vannobel, l'accordéoniste Julien Dequidt, Gabriel Pierens et Michel Dequidt. Au milieu, André Vasseur, Paul Winckel, alfred Brement, André Mouchie, Gérard Verriele, André Clep, Auguste Timperman, Jean Dehaene. A l'arrière : Lucien Pissonnier, Henri Ladeyn, Abel Deram, Jean Carton, Jacques Outterleys et Augsute Joos.
Le journaliste ajoute des détails sur le déroulement : Ce conseil de révision eut lieu à la mairie de Wormhout, au mois de mai 1934. C'était un vendredi après-midi, le lendemain de l'ascension. Durant deux jours, les conscrits semèrent la joie dans notre chef-lieu de canton, rendant visite à tous les estaminets de l'agglomération et des quartiers éloignés, tels que le Rieveld, la Belle-Vue, etc. Chaque soir, l'on se retrouvait chez Henri et Marguerite Callens pour "casser une bonne croûte". Le dimanche, ce fut le bal des pompiers donné à l'occasion de la fête de Jeanne-d'Arc et qui fut surtout animé par ceux de la classe 34. Informations données par Michel Dequidt. Photo prise par Alfred Christiaens. VdN 3/11/1985




Hondschoote 1939. Roger Synave, accordéoniste non identifié, avec les conscrits : debouts, Louis Vandevelde, Etienne Govaere, Georges Debeer, Roger Brygo, Sylvain Vandenbilcke, Roger Vanhove, Maurice Packier, Hilaire Dequecker et le garde champêtre Julien Flamey. accroupis : Paul Machelier, Alphone Devos, Roger Synave, Julien Baret et André Bollengier. Informations données par ROger Brygo. VdN 16/3/1988









Uxem 1949. L'accordéoniste est Maurice Constant, non identifié. Debout : Simon Baudoin, Henri Marcotte, Michel Vanlanschoote, Lucien Constant, Mme Marthe Duhayon, propriétaire du café Au rendez-vous des chasseurs", René Thooris. accroupis : Jean Constant, Manuel Beeckaert, Omer Vandamme et André Fleurinck. Informations données par Henri Marcotte. VdN 13/5/1989









Merckeghem 1952. Au centre l'accordéoniste Maxime Degraeve, non identifié. En haut le garde champêtre Rapahël Vandersluys, Gérard Leurs, Pierre Devulder, André Bardoula, Daniel Vermeersch. Assis, Léon Lignie et Claude Degraeve. Informations données par Mme Vantorre. VdN 1/3/1988










Uxem 1954. Marcel Hoedt (Uxem 1938 - Téteghem 1972 ?) Un jeune accordéoniste entouré de trois conscrits : Henri Lihouck, Michel Heysen et Claude Vannobel et le garde champêtre Lucien Balden. Informations données par Colombe Vannobel. VdN 3/10/1989










J'ajoute cette photo de Quaedypre, où l'accordéoniste n'est pas nommé dans l'article.
1er rang, debout : Roger Vandaele, Henri Dewaele, Aimé Dumon, Albert Desudde, Firmin Laforce, Marcel Gournay, Jean Capèle, Roger Delater et le garde champêtre Ernest Desudde.
2e rang : Célestin Derudder, Lucien Christiaens, Maurice Ryckebusch, Marcel Mabesoone et Jean Tellier.
3e rang : Michel Debreu, André Smagghe, Léonard Renou, Lucien Laforce et Michel Laforce

Quaedypre 1932

Evidemment, ailleurs dans la région, les conscrits déambulaient parfois en compagnie de musiciens. Mais le plus souvent ce sont des musiciens de l'harmonie municipale. J'ai plusieurs photos qui en témoignent, mais, quand elles sont localisées, grâce au nom du photographe, on ne saura sans doute jamais qui sont les conscrits ni les musiciens.

un exemple à Quarouble
collection personnelle


à Dorignies
collection personnelle


bien sûr, à ces photos
il manque les couleurs
collection personnelle