vendredi 26 novembre 2021

Jean Baptiste Barbe facteur d'instruments à Berck

mise à jour le 11/7/2017 : relevés des employés 1926 et 1931, tombe JB Barbe
mise à jour le 1/5/2017 : photos d'un saxophone envoyées par un lecteur
mise à jour le 30/01/2017 : informations du Registre de Commerce et création de la société Barbe et Fils
mise  àjour le 26/11/2021 : photos d'une clarinette Barbe à Paris, merci à Vincent P.

Les instruments de musique signés J.B. BARBE à Berck refont régulièrement surface sur les sites d'enchères, mais jusqu'à présent on ignorait qui était derrière cette "marque", était-ce un revendeur ? un prête-nom ? L'achat récent d'un catalogue de ce fabriquant a déclenché une recherche plus conventionnelle. L'aide précieuse des archives municipales de la ville de Berck sur Mer a permis de connaître un peu mieux cette famille de facteurs d'instruments de musique à vent. Mais si on a eu quelques réponses sur leur généalogie et leurs histoires familiales, il reste encore beaucoup de questions. Les réponses seront ajoutées au fur et à mesure sur cette page.







Jean-Baptiste BARBE est né à Mandray (Vosges) le 26 mars 1873, fils de Jean-Baptiste, fermier, et Marie Claire SAINT-DIZIER, tous les deux originaires de ce département. A priori rien ne prédisposait ce cultivateur, profession qu’il déclare lors de son mariage, à devenir fabricant d’instruments de musique.
Cependant lors de sa conscription, en 1893, il se déclare musicien de profession. Il devient naturellement soldat musicien dans le 8e puis le 5e régiment d’artillerie. Il est libéré en septembre 1897 et l’année suivante il épouse, à Anould (88), Marie Mélanie JACQUEMIN, papetière, qui y est née en 1872. Ses deux enfants naissent à Saulcy sur Meurthe (88), Marcel en 1900 et Armand en 1904. Au recensement de 1901 à Saulcy, il déclare la profession d'ourdisseur chez Clétienne Frères. Sa fiche matricule mentionne un séjour à Rambervillers en 1905, dont le recensement de 1906 nous indique qu'il est chef de musique ; ainsi que son arrivée à Berck sur Mer le 19 août 1911, il y réside dans le Chalet Marie Joseph, rue de l’asile Maritime. C’est dans cet hôpital que son épouse meurt de la tuberculose, le 14 août 1914, Jean Baptiste est mobilisé depuis quelques jours dans le 11e régiment d’artillerie à pied à Grenoble. Après un séjour au 84e d’artillerie, le 24 février 1917 il est détaché, par le commandant du dépôt des métallurgistes, comme ouvrier militaire à la Maison Teste, cité Lemière, à Paris. Ensuite il est muté au 1er régiment de zouave le 1er juillet 1917, ce qui pourrait correspondre à une sanction disciplinaire, car son passage chez les zouaves n’est pas pris en compte dans ses années de campagne contre l’Allemagne. Démobilisé le 13 janvier 1919, il se retire à Berck, rue de Tours, et y épouse Eugénie BAZIN la même année. Dans cette commune il est mentionné comme luthier au recensement de 1921. Il y décède, le 27 novembre 1939, rue Rothschild.
Sa tombe existe toujours au cimetière communal, il est inhumé avec son beau-frère Julien Lefebvre (1873-1934).


à droite, le caveau Lefebvre/Barbe au cimetière de Berck




le catalogue de 1931
collection personnelle


La Manufacture Générale d’Instruments de musique a été fondée en 1900, indique ce catalogue, mais cette date ne correspond pas à la chronologie de son “fondateur” qui à cette époque était ourdisseur, puis chef de musique, dans les Vosges. Le registre du Commerce nous donne une autre date.





Aux Archives Départementales du Pas de Calais sont conservés les Registres du Commerce de Montreuil sur Mer, ville dont dépendait Berck. Sur la Déclaration aux fins d'immatriculation, on apprend que le commerce de Jean Baptiste, a été créé le 1er juillet 1912, il est immatriculé sous le n° 882, en date du 26 novembre 1920. Le RC a été créé en 1919, mais réellement appliqué à partir de 1920. Pour prouver son inscription il a fournit sa carte d'électeur, son livret de famille ainsi que sa feuille d'impôt et de patente. Il précise que c'est un commerce de vente et d'achats d'instruments de musique, situé rue de Tours à Berck. Une adjonction sur le registre même, non datée, précise : Fabrication ou vente des supports de saxophone dénommés "Saxo Jazz" et autres accessoires pour instruments de musique tels que ressorts, vis, pistons etc. avenue du Docteur Quettier.
La Déclaration aux fins de d'inscription modificative nous apprend la cessation de tout commerce à partir du 1er février 1932 et la radiation du registre du commerce, M. Barbe a fait l'objet d'un apport à la société Barbe et Fils à Berck Plage, rue des Pâtures.

J'ai pu consulter le contrat de création de la société Barbe et Fils, en date du 9 février 1932, avec effet au 1er janvier de la même année. L'article n°6 nous donne le détail de l'apport en matériel du père :
Le fonds de commerce de fabrication, ventes et réparation d'instruments de musique exploité à Berck, rue des Pâtures :
- un gros tour parallèlle [sic]
- une décolteuse [sic]
- un petit tour
- une perceuse
- un touret à polir
- une polisseuse
- une scie circulaire
- une meule double
- une petite meule d'affûtage
- 8 étaux
- 3 moteurs
- 3 petits moteurs
- une petite polisseuse
- une petite scie circulaire
- 10 m. de transmission
- 14 poulies en bois
- 100 m. de courroie
- 3 soufflets à pied
- une meule à eau
- 50 pinces genre américain
- 1 forge
- 2 établis simples
- 2 établis doubles
- 40 outils divers
- 200 limes diverses

Salle de nickelage :
- une dynamo
- un bain de nickelage
- un bain de dégraissage
- un bain de dénickelage
- 5 cuves de rinçage
- 2 chauffe-bain
- 3 tableaux de réglage

Bureau :
- un bureau plat avec tiroirs
- deux tables
- une machine Underwood n° 5
- des casiers

Marchandises :
- 10 cornets à piston
- 6 trompettes d'harmonie
- 8 bugles
- 3 altos
- 4 tambours
- 3 basses
- 2 trompettes
- 38 clairons
- 2 trompes de chasse
- 7 caisses
- des cymbales
- 96 pupitres
- accessoires et écouvillons
- accessoires de caisses
- 146 embouchures
- potences, boutures lentilles, boucles, broches, viroles
- 10 clarinettes
- 49 instruments divers
- 41 autres
- des pavillons
- des SaxosJaz [sic]
- des anches, des becs et ligatures, ressorts, diapasons, cordes, 10.750 tampons, des castagnettes, des sourdines
- 95 peaux de tambours et grosse-caisse
- des ressorts, des tubes, du laiton, des accessoires
- 32 sacs et étuis
- 5 phonos
le tout pour un total de 100.000 francs, y compris les éléments incorporels estimés à 1.000 francs.
Source : actes constitutifs de sociétés cote 6U-2/525 (année 1932)



les signatures du contrat
© Archives Départementales du Pas-de-Calais

Comme me le précise un lecteur (merci Jean-Jacques B.) ce matériel ne peut pas avoir été utilisé pour de la fabrication d'instruments, mais pour celle des supports de saxophone Saxo Jazz et des accessoires spécialisés, comme les boutons, la visserie, les ressorts et sans doute aussi des pistons, peut-être aussi pour l'embouchure Etoile du Nord

extrait du catalogue 1935
collection Jacques Cools†


Les photos, censées représenter les ateliers avant 1931, sont aussi incompatibles avec cet inventaire de 1932 qui ne décrit que 6 postes de travail, loin donc de la bonne trentaine d'ouvriers présents sur ces photos. En conclusion, il y a de forte probabilités que l'on ait pas fabriqué d'instruments à vent à Berck, sauf peut-être, d'après JJB, des clairons ou des trompettes de cavalerie comme le suggère la présence des pavillons. 

Le catalogue indique qu’il travaille avec ses fils. Le recensement de 1926 les mentionne tous les deux comme employés chez leur père. Marcel, l’aîné, est le directeur technique, à son décès à Berck en 1949, il est cafetier 20 rue Gabriel Péri. Armand est directeur commercial, il est mentionné comme tourneur à son mariage en 1928. En 1943 la famille se réfugie en Normandie, à La Couture-Boussey chez un ami. Après le décès d'Armand, à Paris en 1947, son épouse, Marie Joannès, confie la gérance à une personne qui conduira l'entreprise, devenue Barbe et Cie, à la faillite en 1953. Marie Joannès, décède à New York en 1996, dans le quartier de Manhattan auprès de sa fille Nicole qui a émigré au Etats-Unis à la fin des années 1960.

Les recensements de 1926 et 1931 nous ont livré quelques noms d'employés.
En 1926 un seul employé est mentionné : Paulin MAURICE, né à Rambervillers (Vosges) en 1887, déclare la profession de luthier lors de la naissance d'un enfant à Berck en 1914, peut-être est-il déjà employé chez Jean Baptiste Barbe, on ne le retrouve plus à Berck en 1931, il décède à Marquette les Lille en 1961.
En 1931 trois employés sont mentionnés : François MULLER, né à Paris, il a 25 ans, André DE BONNIERE, né à Berck, il a 20 ans, et un jeune apprenti de 14 ans, René PIERREPONT, né à Berck.





photos extraites du catalogue, qui ne semblent pas avoir été prises dans l'atelier à Berck
collection personnelle


Les collaborateurs :

Le directeur artistique est Adrien PELISSIER, ex-soliste de la musique de la Garde Républicaine et ses collaborateurs artistiques sont : 
- Gabriel DUSEIGNE, hors concours de l’école nationale de musique de Saint Omer, 1er prix du Conservatoire de Strasbourg, prix Luzan-Wolf et vice président, directeur de l’Harmonie du Touquet-Paris-Plage
- L. PERU, lauréat du Conservatoire de Paris en 1930
- Victor NYS, soliste de la musique de la Garde Républicaine, ex-professeur du Conservatoire de Roubaix
- Victor DUHAMEL, 1er prix du Conservatoire de Roubaix, soliste des Concerts classiques
- Gaston VASSOUT, 1er prix du Conservatoire, soliste des Concerts Parisiens.

Christian Declerck



*****

Le Club Musical Berckois,
les débuts sous la direction de J.-B. Barbe

En 1913, l'Harmonie municipale de Berck cesse son activité. En septembre 1922 est fondé le Club Musical Berckois, qui donne son premier concert le 24 septembre, le chef de musique est Jean-Baptiste Barbe. Le 29 octobre, le Journal de Berck publie un article annonçant les but et composition de la Société, dont la devise est, Acta non verba. Le président, M. Gayet, lance un appel aux habitants de Berck qui possèdent des instruments inutilisés, il leur demande de les prêter à la Société pour les élèves qui n'ont pas les moyens d'en acheter.
Le 31 décembre, le Journal de Berck publie un compte-rendu élogieux d'un concert :  Le concert offert samedi dernier par le Club Musical Berckois à ses membres bienfaiteurs, donateurs et honoraires fut plus qu'un succès, ce fut un triomphe. Au premier coup de la baguette du chef, nous entendons un allegro militaire entraînant et nuancé en un fragment de Boccace, l'opéra de F. de Suppé; qui nous donne un avant-goût de ce que nous allons entendre dans Côte d'Azur, ouverture de concours. Ce morceau, d'une interprétation assez difficile, fut magistralement enlevé avec une sureté d'attaque, une observation des nuances et un ensemble qui sont tout à l'honneur des artistes musiciens dont est composée cette phalange. Et nous retrouverons, à chaque morceau exécuté par le Club la même maîtrise d'exécution avec de jolies variantes dans le sentiment des divers auteurs.
C'est une "Soirée près du lac", fantaisie mazurka de P. Leroux, si sentimentales, si expressive et si bien interprétée par le soliste M. Woussen, sous-chef, que nous retrouverons d'autre part. C'est le "Tour du Monde", grande valse de O. Métra, le célèbre auteur, hérissée de difficultés d'ensemble et de doigté et que les artistes du Club enlèveront comme en se jouant. Une polka à coups de langue pour deux pistons, que les solistes Patin et Pauchet jouèrent à la perfection, ravit l'auditoire. Et le concert finit sur un chant patriotique "Les Poilus Victorieux", marche triomphale chantée par les nombreux élèves du Club, accompagnés des musiciens ; le morceau d'un effet grandiose, laissa le public sous la meilleure impression.
Mais je viens vite aux acteurs de la partie vocale, chanteurs et solistes. Tout d'abord, Henriot, jeune débutant sur la scène, qui nous fit bien rire dans ses chansonnettes comiques et que je réentendrai avec plaisir. Mme Maurion, qui interpréta des œuvres desn grands maître avec un rare talent ; Arthur Deseur, un autre soliste du Club, dont la voix agréable et juste nous charma "Sans Lune Jolie", "Berceuse" et "Verdun on ne passe pas". Lui aussi est un débutant sur la scène. Et nous voici avec Bercko le monologuiste qui amuse beaucoup son auditoire avec son "Voyage à Berck", "Le Duel d'une souris et d'un éléphant", et l'autres bons mots ; il est d'une verve intarissable. Puis c'est Mme Sergent, cantatrice bien agréable, belle voix au timbre argentin, et si gracieuse en scène.
Le charme n'est pas rompu que M. Woussen, sous-chef, nous tient déjà en suspens avec son "Air Varié pour saxophone alto", de Wettge, et pendant dix minutes nous émerveille par la facilité avec laquelle il se joue de toutes les difficultés de l'œuvre et par le sentiment qu'il met dans l'exécution.
Et Charlet clôture la série en nous représentant un paysan picard très nature dans une chanson en patois qu'il dit très bien. Je m'en voudrais d'oublier Mme Bleusez, la charmante et éminente artiste qui tient le piano d'accompagnement, (rôle parfois si ingrat) avec une grande maîtrise.
Des bouquets furent offerts par les petites filles de MM. Gayet, Lambrecq et Patin à Mmes Maurion, Sergent et Bleusez, et cel fut du plus gracieux effet. Après la polka pour pistons, M. Gayet, président, prononça l'allocution suivante et fut vigoureusement applaudi.




Le Club Musical Berckois en déplacement à Calais, date ?
© Archives municipales de Berck sur Mer


Le Club Musical Berckois en 1935, directeur fondateur J. B. Barbe en 1922
© Archives municipales de Berck sur Mer





D’autres infos sur les instruments J.-B. Barbe iciici et ici
Des photos d'atelier similaires ou très ressemblantes, signalées par un lecteur ici et ici

Sources : état civil, registre matricule, recensements, le témoignage de Nicole Barbe.
Mes plus vifs remerciements aux archives municipales de Berck et particulièrement à Mme Le Louarn, qui a fait une grande partie des recherches généalogiques.
William Waterhouse, dans son New Langwill Index, paru en 1993, mentionne deux autres catalogues parus en 1929 et 1934 (cité par Jacques Cools dans la première partie de son Essai de classification alphabétique des facteurs, ouvriers, inventeurs, essayeurs, marchands… français, d'instruments de musique à vent, paru en 2000, n° spécial XI de la revue Larigot)


*****

Un lecteur anonyme m'a envoyé cette série de photos, qu'il en soit vivement remercié.







*******


Une clarinette Barbe et Cie, 36 rue de la Goutte d'Or à Paris








Photos de Vincent P.

jeudi 25 novembre 2021

Collectages de "Traces" - 1986

publié le 3/9/2009
mise à jour le 25/11/2021 : ajout d'une vidéo


A l'exception d'un seul (le n° 3), ces enregistrements ont tous été réalisés à l'occasion de ce qu'il est convenu d'appeler des "collectages" et donc par des amateurs en matière de prise de son. Effectués la plupart du temps dans des conditions difficiles, ils peuvent être de qualité discutable ; mais il faut se souvenir qu'il s'agit bien de "sauvetages", de témoignages irremplaçables d'un passé révolu.
Il n'y a pas eu dans le Nord de "quadrillage", de systématisation de la recherche. Les rencontres sont simplement dues au hasard, ou déterminées par la zone de résidence du collecteur. Cette cassette est de plus le résultat de deux démarches de collectage, semblables mais décalées dans le temps et l'espace. La première se situe dans les années 1973 / 76 et se compose d'enregistrements réalisés dans les Ardennes Belges par Rémy DUBOIS et Colette ROBERT. La seconde, plus tardive, est centrée sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais, avec à l'origine des associations comme Mabidon et Marie Grauette créées en 1975 / 76 puis Chantefoire (1978) et la Piposa (1984).
La première de ces démarches ayant presque servi de modèle à la seconde. Enfin vint TRACES pour réunir ces documents.
D'autres recherches menées en Flandre et en Hainaut ont déjà été publiées par différents organismes. Quant au grand trou laissé sur la carte par le sud du département du Nord, certains collectages récents figureront peut-être dans une seconde publication. Pour l'instant, nous voudrions que ces premiers documents, en plus des musiques qu'ils proposent, puissent refléter un aspect des difficultés du collectage, à plus forte raison dans le Nord où les sources sont à la fois si diverses et si éparpillées ; sans compter la prise de conscience qui fut plus tardive que partout ailleurs.
Nous avons tenté de vous livrer ces musiques telles que nous les avons trouvées. Sans y toucher, ou presque ; en conservant les hésitations, les pendules, les chants d'oiseaux, les rires et les bruits de mobylettes.
Et entre ce que nous ressentons à l'écoute de ces musiciens, et les courants toujours variables de l'engouement pour la musique traditionnelle, plusieurs solutions de présentation étaient possibles. Pour cette première édition, nous avons préféré rassembler le maximum d'images, qui puissent être les plus fidèles possibles de notre réalité. Ces témoignages sont en effet considérés par leurs découvreurs comme réellement représentatifs de ce que nous constations être notre musique.
Ces musiciens habitent une vaste région comprise entre la Manche et l'Allemagne, et sur laquelle il est bien difficile de mettre un terme générique. Une sorte de "melting pot", carrefour de plusieurs civilisations, mélange de plusieurs peuples, creuset d'où surgit régulièrement quelque chose de neuf.
Les musiques proviennent donc des Ardennes Belges (provinces de Liège et du Luxembourg) pour la Belgique, et de Flandre, d'Artois et du Bassin minier pour le Nord de la France. Les musiques d'ailleurs y sont également présentes : Pologne, Roumanie, Portugal.

contenu :
1 Henri SCHMITZ, violon : Maclotte / Scottich "La mandoline" / Maclotte "La Falize"
2 Basile LIGNIER, chant : Le ramoneur ed'cheminées
3 Valentin KLOPOCK, dudy et Ignace KRCZEZINSKI, violon : Deux Okrangwè
4 Jehan LANVIN, acc. diatonique : Deux parties de quadrille
5 Léopoldine HOCHART, chant : Trois demoiselles…/ Trois jeunes filles…
6 Robert LAPOTRE, épinette: Deux airs
7 Raymond DECLERCK, harmonica : Il a perdu son Katchoula (voir la vidéo plus bas)
8 Mr BEKER, chant et rommelpot : Chant de quête
9 Elisabeth MELCHIOR, acc. diat. : Scottich / Polka / Valse
10 Victor BETREMIEUX, mandoline : Feux d'artifice
11 Constant CHARNEUX, violon à buzette et Mme GENOTTE, acc. chromatique : Valse (allemande de Burnontige) / Maclotte / Scottich
12 Alfred EURIN, chant : Quand j'allos m'ner m'vaqu' al pâture
13 Achille MATTO, saxophone : Amoureuse
14 Jean CORNU, acc. diatonique : Valse tyrolienne / Marche
15 Toussaint CARON, chant : Ech' tiot bossu
16 Marcel LEEUWERCK, épinette : La maladie d'amour
17 Désiré EVRARD, harmonica : Valse
18 Mr VINCENT, acc. diatonique : Deux valses
19 Marie-Thérèse MENÉ, chant : Les surnoms du Fort Ph'lippe


Les enquêtes et enregistrements ont été réalisés par :
Rémy DUBOIS et Colette ROBERT (n° 1, 8, 9, 11, 13 et 18) ; Jean-Jacques REVILLION (n° 5, 15 et 16) ; Gaby DELASSUS et Patrick DELAVAL (n° 2 et 4) ; Patrick DELAVAL et Jean-Marc KLAJNY (n° 3) ; Christian EVRARD (n° 10, 12 et 17) ; Gaby DELASSUS et Roland DELASSUS (n° 6) ; Christian DECLERCK (n° 7 et 19).

Photo de la couverture : Musiciens pour rire, TENEUR, Pas-de-Calais. (Prêt de Mr Lanvin).

pour télécharger c'est ICI

168 téléchargements au 1/6/2013

*****

Quelques informations complémentaires sur le violoneux wallon Constant Charneux, transmis par Agnès et Bruno :

- Deux photos ici et ici : la première photo est en fait la photo qui a servi à illustrer la pochette du LP Champs 73 , ainsi que de l'affiche de Champs 74, avec au programme sa participation "s'il n'est pas trop fatigué"
En fouinant un peu, j'ai trouvé sur le blog de son petit neveu, écrivain, un enregistrement : la maclotte de Bastogne au violon busette très certainement 
Et autrement, un lien qui atteste de la présence d'autres violons à busette dans la région de Liège.


*****

J'ai retrouvé  cette interprétation familiale de Il a perdu son katchoula


plus d'infos ICI

dimanche 21 novembre 2021

Blootland : les prémices

publié le 21/4/2020
mise à jour le 21/11, 2021 : ajout de 2 albums associés et un lien vers une référence


sortie du port de Dunkerque, vers 1830
Jean Bruno Gassies, gravé par Sigismond Himely


Dans les archives de mon père (plus de 200 cassettes audio) j'ai trouvé un projet de disque "maritime" qui devait être produit par Jean Denise et Westhoek Editions, probablement au début des années 1980. C'est une répétition enregistrée chez Daniel Deweppe, comme le précise l'inventaire rédigé par Raymond, à laquelle ont participé : Kristien Dehollander, Alfred Den Ouden, André Rouzet (Bart), Raymond Declerck (Kerktje), Gérald Ryckeboer et des musiciens dont Alfred, à l'accordéon et au concertina, et Kristien au violon.
On peut supposer que la collection du Chasse-Marée (voir plus bas) publiée à partir de 1981 est parvenue aux oreilles de Jean Denise et lui a donné l'idée de réaliser un album spécifique à la Flandre, mais ce projet n'a pas eu de suite. Quelques temps plus tard un autre projet se concrétisait autour de Jacques Yvart, Raymond Declerck et Gérald Ryckeboer qui éditent en 1988 le 1er album Chant des populations maritimes des côtes de Flandre (voir Blootland). Le second album devait être co-produit par l'association Le Chassse-Marée et le groupe SOS Blootland, mais une modification des "bases de négociation" faites à l'origine par Michel Colleu, a fait capoter le projet commun.
Néanmoins il reste cet enregistrement, certes imparfait, qui nous donne une version inédite, il me semble, de Kapitein Bart, et des interprétations naturelles "comme à la maison".


quelques extraits



01 - De Twaelf Glaezen
02 - De Twaelf Glaezen 2e version
03 -Vertrek Naer Island
04 - Reys Naer Island
05 - Het Afzyn
06 - Het Afscheyd
07 - Kapitein Bart
08 - Zondagmorgen toen kregen we de loods aan boord
09 - Les Babordais
10 - Instrumentaux (? / Madlot gort met stroop)
11 - Kapitein Bart, autre mélodie
12 - Me moeder kocht een haering
13 - Douwe Jongens Douwe
14 - Ali alo

Téléchargez ICI


*******

On redécouvrait les chants de marins



Le Chasse Marée à Douarnenez publie, de 1981 à 1985, ses magnifiques albums de la collection Anthologie des chansons de mer :

- vol 1 Chants de marins traditionnels des côtes de France
- vol 2 Danses et complaintes des côtes de France (où l'on retrouve deux plages concernant la Flandre française)
- vol 3 Chants de bord des baleiniers et long-courriers
- vol 4 Ballades, complaintes et shanties des matelots anglais
- vol 5 Chants des clippers

En Belgique, la BRT publie en 1984 l'album Island, appelé plus tard Islandsuite, enregistré entre novembre 1983 et janvier 1984, auquel participe le couple den Ouden/De Hollander



Wannes Van de Velde, chant
Paul Rans, chant
Dirk Van Esbroeck, hautbois, chant
Alfred den Ouden, chant
Kristien De Hollander, chant
Piet Sercu, accordéons, cromorne, cornemuse, percussion et chant
Mimi Van dÿck, flûte à bec, cromorne
Rita Mosselmans, vielle à roue
Paul Bess, piano, synthétiseur, clavecin, harmonium
Wim Bulens, basse électrique, guitare électrique
Guido Van Hellemont, guitare
Frans Jeven, contrebasse
Hubert Boone, violon
Peter Swaan, alto
Erna Gyselinck, violoncelle
Paul Everaert, basson
Sus Herbosch, zink (?)
Bob d'Haen, altpommer
Bruno Boey, altbazuin (buccin alto)
Koen Becu, tenorbazuin (buccin ténor)
Piet Becu, basbazuin (buccin basse)
Firmin Timmermans, percussion


Téléchargez ICI

On peux faire aussi le rapprochement avec le disque publié par la BRT en 1987, où l'on retrouve le couple den Ouden/De Hollander, sur le même thème des chansons maritimes What Lijdt den zeeman al verdriet



Wannes Van de Velde, chant
Paul Rans, chant
Dirk Van Esbroeck, chant, guitare, hautbois, mandoline
Alfred den Ouden, chant, guitare
Kriestien De Hollander, chant, violon
Juan Masondo, bouzouki, guitare
Mimi Van Dÿck, flûte à bec, chant
Rita Mosselmans, vieille à roue, chant
Paul Bessemans, claviers, chant
Diet Sercu, Accordéon, douçaine, chant
Frans Ieven, basse, chant


Téléchargez ICI


Le titre du dernier album étant repris d'une étude de C. A. DAVIDS, de 1980, éditée par Martinus Nijhoff à La Haye.



qui mentionne ce recueil publié vers 1750 à Amsterdam et conservé à la Bibliothèque Royale de La Haye

De groote nieuwe Hollandsche boots-gezel, ofte Bataviers helden-stuk, zynde een groot deel vermeerderd en dat met de vermakelykste melodye en min-gezangen












jeudi 11 novembre 2021

Luthiers amateurs

mise en ligne le 17/12/2013
mise à jour le 11/11/2021 : ajout d'un violon T. Carey

La lutherie a toujours attiré les amateurs, et certains sont même devenus des professionels. Voici trois exemples régionaux : Léon Vanstaevel à Ghyvelde, Yoska Pokker à Lens et Amand Carey à Dunkerque.


Léon Vanstaevel (1881-1973)


photo Laurent Claeys


Le Nord Matin en 1966 : "Ghyvelde : comment à 80 ans, on ajoute une corde à son… violon. Oh ce ne sont pas des Stradivarius, mais si l'amour et la minutie suffisaient à engendrer la qualité d'une œuvre, les deux violons de M. Vanstaevel seraient de pures merveilles. Qu'en sait-on d'ailleurs, puisque nul n'a jamais frotté l'archet sur leurs cordes ?
Né voici 85 ans à Ghyvelde, M. Vanstaevel est un vieillard sans histoire. Il n'a jamais habité une autre terre que celle de sa naissance et son village l'a vu successivement ouvrier agricole jusqu'à quatorze ans, puis accordéoniste. Cet instrument était alors peu répandu en Flandre française et Léon Vanstaevel se tailla rapidement une solide réputation d'animateur de bal. Il en devint assez riche pour s'offrir un café : "Au  Rosendaël" qu'il exploita jusqu'en 1932. Un fils, lui était né, Camille, qui reprit bientôt l'accordéon de papa et le "père Léon" chercha d'autres passe-temps.
C'est ainsi que notre homme s'amusa à fabriquer de toutes pièces une dizaine d'accordéons et quelques "grosses caisses" — "des Jazz-band" nous précise-t-il en clignant un œil malicieux. Il en fit cadeau à son fils.
Puis un beau jour, il eut l'idée de fabriquer un violon… avec des bâtons d'allumettes ! Nul ne peut préciser le sort de cet étrange instrument mais M. Vanstaevel avait ce jour là pris goût à la chose : il fabriquerait des violons.
Il y a cinq ans environ, sans plan, sans modèle, sans savoir jouer de cet instrument, il se mit à la tâche. Ses premiers essais furent des échecs quand il tenta de "former" le bois de la caisse… Et puis il découvrit qu'il fallait le tailler dans la masse, que certains bois possédaient les qualités nécessaires à certaines pièces, que les couches de vernis devaient se succéder de telle manière, etc… Fabriquer un violon n'est pas une mince affaire.
Et voici comment aujourd'hui, M. Vanstaevel peut nous faire admirer ses deux super-productions en panama, ébène, palissandre et érable ; deux violons qui rendent — ma foi — un son de violon tout à fait pur. Petit-être l'oreille d'un spécialiste pourrait-elle y déceler les éléments d'une flatteuse appréciation.
"Voyez-vous, déclare le bonhomme, c'est bien dommage que je ne sache pas en jouer. J'ai fait mes violons après avoir fabriqué même les outils nécessaires pour leur donner leurs qualités. Mais il est encore plus facile de les créer que d'en jouer ; c'est bien la première fois que je ne fais pas ce que je veux de mes dix doigts…" J. C.



Léon Gaston Vanstaevel est né le 26 juillet 1881 à Ghyvelde, il y a épousé Elodie Stéphanie Daeye le 3 janvier 1900, il est décédé à Hondschoote le 26 février 1973.

Merci à Laurent Claeys de m'avoir transmis cette info


*****

Yoska Pokker (1926-2009)




Le Tambourineur, septembre 1981 : "M. Joseph Pokker, luthier en violon à Lens, en plein cœur du bassin minier. Un soir de semaine en 1980, il est 20h30, FR 3 est à Lens. Les jeux de 20 heures se terminent. "Yoska et ses tziganes" apparaissent à l'écran pour clore l'émission. On me racontera tout ça le lendemain (car je n'ai pas le courage de regarder ces Jeux de 20 heures). Il est, paraît-il, fabriquant de violons. Contacts divers pour retrouver sa trace, et me voilà, quelques jours plus tard, chez Monsieur et Madame Pokker, dans la première maison d'un coron, propre et aéré, des abords de Lens.
On se rend compte tout de suite de la passion de M. Pokker ; sur un mur la dizaine de violons aux différentes formes qu'il a réalisés ces derniers temps, dans un coin un petit orgue électrique, dans un autre, un piano droit, récente acquisition, sur un coin d'armoire, une caisse de violon en train de sécher et sur le bahut, un disque (le dernier) du groupe de M. Pokker. Car ils ont fait 4 disques 30 cm. Le répertoire va du folklore tzigane "arrangé", aux airs de variétés beaucoup plus occidentaux et modernes.
Mais reprenons la discussion avec M. et Mme Pokker. J'apprends qu'il est né en France, mais qu'il a passé 10 ans en Hongrie. Il y rencontre sa femme, hongroise de naissance. Tous deux parlent couramment le hongrois.
Dans sa jeunesse, M. Pokker commence à travailler le bois avec son père, menuisier-charpentier. Puis il fut mineur de fond et après 26 ans de service, "al' bowette et al' raval", il prend une retraite anticipée. Désormais un peu plus disponible, il va pouvoir se consacrer à la musique, au sein de sa formation qui joue dans les bals de la région, mais aussi chez lui, en commençant quelques réalisations. Les premiers instruments qu'il fabrique, vers 1970, seront des mandolines et des guitares… pour la famille.
Ses premiers violons sont fabriqués sans notion élémentaire de lutherie, mais témoignent déjà d'une habileté dans la fabrication. Ses premières éclisses sont formées de bouts de bois collés… l'un après l'autre. Il a même fabriqué un violon, avec au lieu d'éclisses, 600 allumettes alignées et collées ! Il a construit aussi une contrebasse en contreplaqué, avec Madame Pokker qui l'aide à courber les éclisses ! Mais de toute façon l'instrument résonne, et sert d'ailleurs toujours quand le groupe se produit en bal. Il va acquérir ensuite quelques ouvrages importants de lutherie (Tolbecque, Millant), qui vont définitivement le mettre sur la bonne voie.
Il entend parler bien sûr des ateliers de Mirecourt, et s'y rendra d'ailleurs 6 fois pour rencontrer M. Pajès, M. Miller (père et fils), M. Morizot (directeur de l'école de lutherie), avec qui il apprendra quelques trucs du métier, et pour y acheter du bois et des pièces de lutherie. De retour à Lens, c'est chaque fois l'occasion de fabriquer un autre instrument qui différera des autres soit par sa forme, soit par sa finition. Depuis il a participé au Salon du Mineur en 1979, en présentant sa fabrication et participera sûrement encore au prochain en 1982.
Hormis plusieurs violons de conception "classique", M. Pokker a produit un alto, quelques quintons (violon un peu plus gros et possède 5 cordes), une copie "de tête" d'une viole d'amour (10 cordes dont 5 sympathiques) aperçue dans un atelier en Bretagne, et plus récemment quelques violons à la table et à la touche marquetées dont un violon du type "Hardangerfelen" norvégien, à cordes sympathiques.
M. Pokker applique ses vernis au pinceau plutôt qu'au tampon. Cela donne peut-être une touche plus artisanale. De toute façon, le fait qu'il soit un bon "violoniste" est un gage de sérieux dans la fabrication, quand on sait, en plus, qu'il est très exigeant sur la sonorité d'un instrument.
[…]
Ah oui encore deux choses importantes pour les personnes intéressées par l'acquisition d'un instrument de M. Pokker : les prix pratiqués sont très abordables compte tenu du nombre d'heures passées, et les délais sont très convenables.
Gaby Delassus"









La Voix du Nord 20 janvier 2009 :
Joseph Pokker, dit « Yoska », s'est éteint à l'âge de 83 ans samedi, à Liévin. Avec sa disparition, s'est tue une voix du bassin minier. Celle de ce mineur devenu musicien qui aura partagé sa vie entre l'obscurité du fond et la lumière de la scène.
On l'appelait « l'homme aux doigts d'or » ou « le mineur devenu luthier ». Joseph Pokker était devenu célèbre dans la seconde moitié des années 1940, alors qu'il conduisait l'orchestre de Yoska et ses Tziganes. Ce nom ne dira sans doute rien aux plus jeunes. Mais ceux qui ont connu l'âge d'or des bals, l'ont forcément entendu jouer un jour.
Durant près d'un demi-siècle, mineur le jour, luthier la nuit, Yoska a couru la campagne, les noces, les communions, les fêtes locales... et les plateaux télés : des Jeux de 20 heures, en 1980, à Incroyable mais vrai aux côtés de Jacques Martin en 1983. Imaginez donc : un homme devenu figure locale, qui troquait sans cesse costume de scène et visage impeccable contre gueule noire et bleu de travail…
Joseph Pokker est né en 1926 à Lens. Mais était rapidement parti vivre une dizaine d'années en Hongrie, pays dont ses parents étaient originaires, avant de revenir, au milieu des années 1940. « À notre retour, après l'Armistice, la main d'oeuvre, à nouveau, était recherchée , nous confiait le musicien en 1996. Il fallait relancer l'industrie charbonnière. Je suis entré aux mines de Lens, à la fosse 2. » Et c'est dans la musique que l'esprit de Joseph trouvera un échappatoire à ses douloureux souvenirs de guerre, ses blessures, et le dur labeur quotidien d'un mineur de fond. En compagnie de ses frères, Nicolas, le guitariste, et Jean, l'accordéoniste, Joseph le violoniste créera l'orchestre de Yoska et ses Tziganes. Dès lors, le groupe écumera toutes les scènes du bassin minier jusqu'au début des années 1990. « C'était quelqu'un de très généreux, se souvient son fils. Partout où on l'invitait, il venait, bénévolement. Jusque dans les maisons de retraite, au marché aux fleurs, aux enterrements des mineurs...  » Son dernier concert, Yoska l'avait donné en 2006 à Vimy. Depuis, il continuait à fabriquer des instruments, comme il en avait toujours faits. Des violons, contrebasses, vielles à roue ou mandolines, qu'il concevait avant d'exposer. Ses instruments qu'il taillait de ses mains d'orfèvre pour ses doigts d'or.
Romain Musart"


cithare en vente à Roubaix en 2005
photo personnelle

*****

Théophile Carey (1863-1923)


Collection Abel Laporte


Théophile Amand Carey, Dunkerquois d'adoption, est né le 12 juillet 1863 à Arnèke, il est le fils de Jacques Winoc charpentier, scieur de long. Après avoir enseigné comme frère de la doctrine chrétienne pendant une dizaine d'années, il créé une entreprise de peinture, dont les bureaux se situaient au 20 de la place du Palais de Justice. C'est dans cette grande maison qu'il installera son atelier de lutherie. Il y exercera sa passion toute sa vie, de façon quasi clandestine, pour les nombreux amateurs dunkerquois. La qualité de son travail se distingue nettement de celle de la lutherie dite populaire, rien ne distingue ses violons de ceux réalisés par un professionnel, mais il aurait appris seul, à partir de quelques manuels nous a dit sa petite fille. En voici un exemple, croisé dans l'atelier d'un ami :






Il a réalisé aussi un violoncelle qui était joué par sa belle fille, Marie Barroy, épouse de Gérard Carey, lui-même excellent violoniste d'après le témoignage de leurs filles Geneviève et Françoise, toutes deux pianistes.
Au cours de la cérmonie du mariage religieux de sa fille Marie-Thérèse avec Daniel Florizoone, en 1921 à l'église Saint Jean Baptiste : se fit entendre un délicieux orchestre symphonique composé de nos meilleurs artistes dunkerquois : les violonistes MM. Louis et Fernand Dondeyne, Delhomme et Fonteyne : MM. Vermeulen et capitaine Leroy, altistes ; les violoncellistes, MM. Froment et Lemaire et le contrebassise, M. Arthur Dondeyne, accompagnés aux orgues par le jeune maître M. Emile Brande. Ce noyau d'artiste exécuta avec son habituelle maîtrise : la Marche des prêtres d'Athalie [de Mendelsohn] ; Quo Vadis, intermezzo pour violoncelle ; Cantabile de G. Sporeck ; Berceuse de [Théodore] Salomé ; terminant par la majestueuse Marche Nuptiale de Mendelsohn, tirée de Songe d'une nuit d'été. 
Il décède le 9 mars 1923 à Dunkerque, il avait épousé Irma Lenys, originaire de Coudekerque-Village, à Dunkerque en 1891.

Christian Declerck

PS : Une découverte récente me permet d'ajouter un autre métier artistique au palmarès de Théophile. Il a été quelques temps artiste peintre et photographe si l'on en croit cette carte publicitaire :

collection personnelle



la place du Palais de Justice
emplacement de l'atelier de T. Carey

**

Ce magnifique violon de Théophile Carey a ressurgi récemment à Périgueux, chez le luthier Damien Florio, il retourne dans sa ville de naissance prochainement.





*****



Voir aussi la page consacrée à Emile Remès, luthier amateur lillois, découvert récemment.





Les défricheurs du folk par Péroline Barbet

publié le 9/9/2021
mise à jour le 11/11/2021 : ajout de Grand Mère Funibus

Contretemps - les podcasts de la FAMDT



Ils sont passés, souvent, dans notre région ou bien nous les avons croisés en stages et écoutés en concerts et leurs souvenirs sont les nôtres.

Quatre émissions en ligne :

- Catherine Perrier, la fondatrice du Bourdon

- Emmanuelle Parennin

- Yvon Guilcher, du groupe Mélusine

- Grand Mère Funibus Folk

c'est ICI


Merci à Péroline Barbet pour ces témoignages précieux

****

à propos de GMFF, un "nouveau" disque est sorti l'an dernier





« Grand Mère Funibus Folk » SORT UN NOUVEAU DISQUE ! Enfin une bonne nouvelle, à partager sans modération, et que me communique notre cher ami Jacques Benhaïm dit Ben.
Non, le groupe phare des débuts du « folk à la française » n’est pas retourné en studio... Ben a sélectionné le meilleur des inédits d’époque du groupe (en concert, principalement) pour en tirer une très intéressante compilation sur ce CD autoproduit.
Et décidément, Ben nous gâte juste avant les fêtes, puisqu’il a également édité un disque attendu depuis près... de 5 décennies : celui de son groupe « Grelot Bayou Folk », qui sort donc son premier opus, près d’un demi-siècle après que celui-ci ait été enregistré.
Ben, qui n’est pas très présent sur la Toile, se fera un plaisir de vous expédier ces petits trésors, si vous lui envoyez un chèque par courrier.
Prix d’un disque : 18€ (15€ + 3€ de frais de port).
Les deux disques : 33€ (dont 3€ de frais de port).
À envoyer à Benhaïm / Métairie Basse / 46330 Sauliac-sur-Célé





dimanche 7 novembre 2021

Recueil amusant arrageois

Les Archives Départementales du Pas de Calais conservent un petit carnet intitulé : Recueil amusant ou recueil de chansons, vaudevilles, odes, romances, brunettes, rondeaux, etc. A Arras, 1769. 

cote Ms Barbier C11

Il porte cet exlibris manuscrit :

J'appartiens à Marie Elisabeth Joseph Weigel, rue de Baudimont, Hôtel de Carnin

De plaire, à ma chère maîtresse

Pour moi est un sort bien charmant

et plus fidèle qu'un amant

J'ai plus de droit à sa tendresse


Lu de ma maîtresse avec zèle

J'aime mon Être tel qu'il est

Si jamais elle me perdoit

Je perdrois encore qu'elle


Perdu, si vous me retrouvez,

Menez-moi vers celle que j'aime

Si l'on m'avoit donné des pieds

J'y retournois de moi même


Voudrois-je être à d'autres ? oh non !

De peur d'un nouvel esclavage

Je veux que toujours son nom

Brille à ma première page.


registre des baptêmes Arras,
paroisse non indiquée, vue 386
source Filæ


Marie Elisabeth Joseph est née à Arras le 26 mars 1731, baptisée le 27, elle est la fille de Jean Weigel procureur du Conseil d'Artois et de Marie Elisabeth Decatoire, le parrain est le sieur Dorlet, procureur au dit Conseil et la marraine Mlle Marie Decq, qui ne sait pas écrire. 

Elisabeth avait déjà remarquée par Victor Advielle, bibliothécaire arrageois de la fin du XIXe siècle. Dans la revue Le cabinet historique de l'Artois et de la Picardie, 1891 il avait posé cette question : 6- Que sait-on de Clabault, généalogiste du roi, de mademoiselle Elisabeth Weigel, femme poète, de L.-C. Caignez, auteur de mélodrames, qui à la fin du XVIIIe siècle, furent à la tête de la société littéraire d'Arras ?, question qu'il avait posée dix ans auparavant dans un journal d'Arras et restées sans réponse.

Peut-on en conclure que ces chansons, etc… ont été écrites par Mlle Elisabeth ?