mercredi 30 juillet 2014

Le dernier cornemuseux en Flandre

Hubert Boone, dans son dernier livre sur La tradition de la cornemuse en Belgique nous fait découvrir l'existence d'un tableau de Georges Dilly :

Au pays flamand, l'aveugle 
collection personnelle

Ce tableau est exposé au salon de 1909, mais il n'est pas parvenu à en retrouver le lieu de conservation, il nous est connu grâce à cette carte postale. En 1906 ce peintre a obtenu à Lille le prix WICAR pour son tableau "Dernière heure en Flandre" :

Dernière heure en Flandre
collection personnelle


Ce prix lui permet de séjourner à Rome durant quatre années, il est domicilié 7, via del Vantaggio. Il reçoit également une bourse de voyage de l'Etat avec laquelle il visitera la Belgique et la Hollande.

On connait de lui une autre représentation d'un musicien, un accordéoniste, exposée au salon de 1908 :

Au bord d'un quai en Flandre
collection personnelle

Peut-être s'agit-il du tableau conservé au musée de Philadelphie sous le titre "Le joueur d'accordéon", à moins que ce soit un autre tableau sur le même sujet.



Georges Hippolyte DILLY est né à Lille le 16 juin 1874 dans la rue de La Bassée. Il est le fils d'Emile Eugène, peintre décorateur et Mathilde Flore HENNION, tous les deux nés à Lille. Son grand-père, Jean Baptiste, était ouvrier aux tabacs, époux d'une journalière, Emélie Ghesquières. Le père de Georges, décorateur de plafonds (théâtre et châteaux), lui communique très tôt sa passion pour la peinture. Georges s'inscrit à l'école Catholique des Arts et Métiers, située au bout de la rue de La Bassée, puis son père le fait rentrer à l'atelier du peintre Pharaon De Winter à l'école des Beaux Arts de Lille, où il obtient le premier prix de dessin et le premier prix de peinture de sa promotion. Encouragé par son maître et soutenu par ses parents il part pour la capitale et entre à l'école Nationale de Paris. Sa fiche matricule militaire mentionne deux adresses : en 1897 il est 58, rue de Rennes, puis en 1898 4, rue de la Grande Chaumière. Son atelier de peinture, situé rue Denfert Rochereau, est accolé à celui du sculpteur Belmondo. En 1899 il s'inscrit au Salon des Artistes Français et y obtient une médaille d'or. Après de nombreux succès il se présente hors concours aux expositions internationales de Gand en 1906, Rome en 1907 et en 1910 à Londres et Tourcoing. Entre temps il est retourné à Lille, car il signale son déménagement à l'autorité militaire le 15 juillet 1899 au 24 rue des Ponts de Comines.
Ceci pour situer le contexte de cette période pendant laquelle le peintre s'est intéressé aux musiciens populaires. La suite est dans la petite biographie écrite par Marc Wallerand.
La date et le lieu de son décès sont inconnus, bien que plusieurs dates différentes circulent sur l'internet, les recherches sont en cours...

Ch'ti lo, ch'étot in fort (Marc Wallerand, artiste peintre)

Christian Declerck


source : Marc Wallerand, Georges Dilly, un peintre flamand, Chabeuil, 2003, 48 pages


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pour compléter : cette biographie, par Emile Langlade, parue dans les années 1920, où l'on apprend que Georges Dilly était aussi musicien.



lundi 21 juillet 2014

la Région Nord Pas-de-Calais présente au MuPop





"Le musée de Montluçon ouvre ses portes en 1959, dans l’enceinte du château des ducs de Bourbon dominant la ville. Généraliste, il présente l’histoire et l’ethnologie locale au travers de collections hétérogènes comptant quelques vielles. Ce « curieux instrument » est considéré comme un « élément de la culture populaire locale » par Jean Favière, le concepteur du musée, qui perçoit son fort potentiel identitaire. Durant les années 70/80 la collection de vielles enrichie par des dons, des dépôts et des acquisitions, prend une ampleur telle que le musée de Montluçon se transforme en musée de la vielle. En 1993, le musée fait l’acquisition d’une importante collection de cornemuses de Jean-Michel Renard, et marque une extension du champ musical traditionnel. En 1997, l’exposition de guitares électriques « Guitares, guitaristes, bassistes électriques » - une première en France - marque le virage vers les musiques contemporaines électro amplifiées. Le champ du musée s’étend désormais des musiques rurales du XIXe siècle au rock en passant par les fanfares, le musette, le swing, le jazz… : bref, les musiques populaires."







Pour illustrer l'élément humain de la partie orphéon, avec les chorales, les fanfares et les harmonies, le musée a choisi des photos issues de ma collection.

saxophoniste de l'harmonie d'Arras


l'harmonie de Brie sur Somme


trompettiste de l'harmonie de Fives-Lille


joueur de bugle de l'harmonie de Landrecies


chorale les XXX de Lille

mercredi 25 juin 2014

Coupleux, fabriquant d'épinettes

et d'autres instruments de musique.
Le magasin est fondé par Pierre Coupleux (1844-1900). A son décès il est repris par ses fils Paul (1875-1967), Eloi (1876-1957) et Léon (1878-1065).

collection personnelle

La découverte de cette photo nous apporte quelques informations sur ce magasin situé à Tourcoing.
Elle porte le tampon "troupe d'occupation du Maroc occidental" ce qui la situe avant 1914 et sans doute autour de 1908 date de la création de la Société Coupleux Frères, puisque l'intitulé de l'enseigne est encore P. Coupleux. C'est la vitrine du magasin situé 3 rue Carnot à Tourcoing reproduite dans le livre d'Olivier Carpentier : l'Aventure industrielle des frères Coupleux, 1900-1935.



extrait du livre d'Olivier Carpentier

C'est une belle photo bien détaillée, en agrandissant on distingue parfaitement les trois épinettes du Nord présentes dans la vitrine de droite :



et dans celle de gauche on remarque la présence de nombreuses flûtes en tout genre, fifres, picolos, etc, instruments populaires méconnus.




Une émission diffusée à la télévision sur la chaine Histoire, retrace l'aventure des frères Coupleux :





dimanche 11 mai 2014

Les souvenirs de Kerktje

L’ association SOS BLOOTLAND est heureuse de vous annoncer la sortie prochaine des Mémoires de Klerktje : Gedenkschrift van een Vlaming van Frankryk, Mémoires d’un Flamand de France






Cet ouvrage bilingue, version originale flamande et française, est agrémenté de nombreux témoignages et photographies.
Ce livre d'une centaine de pages, dont le tirage est limité à 300 exemplaires, sera vendu au prix de 5€.
Disponible vers la fin juin.

Vous pouvez d’ores et déjà le réserver auprès de :
SOS BLOOTLAND
9 rue Flaubert
59210 Coudekerque-Branche
03 28 64 95 79 ou 03 28 62 00 83

ou par mail à sosblootland@gmail,com

sos-blootland.com


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Suppléments

Antoine Quaghebeur m'a confié deux enregistrements qu'il a réalisés.
Le premier lors d'un petit concert à Koekelare en 1982, avec Joël.

01-présentation
02-Cecilia
03-De wonderbare genezing (Willem Vermandere)
04-présentation
05-pot pourri.mp3
06-De barmhartige samaritaan (Willem Vermandere)
07-présentation
08-Den oven
09-présentation
10-Neew me gaen nuus vlaemsch nie laeten (Willem Vermandere)

téléchargez ici

l'autre est un entretien en flamand, pour Radio Uylenspiegel en 1992, où l'on retrouve ce qui est publié ci-dessus.

Entretien Raymond  DECLERCK et Antoine QUAGHEBEUR en Mai 1992 à Coudekerque Branche, rue Jean Morel                                                  

Thèmes abordés dans la chronologie de la K7
-        Les premiers souvenirs à 5 ans
-        La seconde guerre mondiale, le travail comme manœuvre pour les allemands à la construction des blockhaus (anecdote du 14/7)
-        Le repas du maire avec la serpillière oubliée dans le pot au feu
-        L’enfant de chœur  il raconte qu’il avait fauché les restes des cierges pour les donner à ses camarades afin d’illuminer les betteraves de la Saint Martin et il s’était fait prendre par le curé
-        L’après guerre avec le mariage en 1947. Le premier appartement au dessus d’un café avec une seule pièce pour le couple.  Après  c’est un baraquement, le couple disposera de 2 pièces.
-        Pas de musiciens lors des mariages. Chacun y allait de sa chansonnette (airs du temps)
-        Le travail se trouvait facilement dans le bâtiment
-        Retour sur la seconde guerre mondiale et un tout premier travail à la Coop,  avec ses chais. Il raconte une anecdote avec le vin d’Anjou spécial pour l’occupant.
-        Un moment Raymond travaille à la ferme, il peut manger le midi dans le local des allemands et il en profite pour « bien manger »
-        En 1944 c’est la fuite par le fameux champ de betteraves puis un accueil chaleureux à Bollezeele par les fermiers. Après il partira avec la famille à Bauvin  durant 8 mois. Le travail est dur et il n’y a pas beaucoup à manger.
-        Au retour d’exode, il ne restait que les murs de leur maison à Cappelle. Puis la vie a repris.
-        Raymond se souvient de sa première chanson Besame Mucho dans un café. Il était juché sur le billard. C’est à ce moment qu’il a rencontré Marthe.
-        S’ensuit une longue période sans activité musicale, toute consacrée au travail et à la famille.
-        Il a renoué avec le chant et le flamand en côtoyant la chorale Het reuzekoor.
-        Un souvenir lui revient : les premières vacances en Vespa dans un terrain de camping à Rouen sous la pluie puis la visite des châteaux de la Loire toujours sous la pluie.
-        Premier récital avec  BART à Poperinge.
-        Audition de la première émission de Radio Uylenspiegel  sur l’incitation de son fils (Christian) qui lui a dit d’aller du côté de Rexpoede et d’écouter la radio FM sur 101/102  mhz. Il a ainsi réentendu le flamand.  Il a réappris sa langue maternelle avec Keuntje  (Pierre Vandevoorde)
-        Klerktje chante avec Bart un répertoire de chansons flamandes traditionnelles et quelques chansons de Willem Vermandere dont Nee we gaan nus Vlamshe nie laat .
-        Enfin création d’une association SOS BLOOTLAND  et avec l’impulsion de Jacques Yvart  de BLOOTLAND, groupe de chants de marins de nos côtes.


le début




téléchargez ou écoutez l'intégralité ici



jeudi 8 mai 2014

Catalogue du Musée de l'Orgue Mécanique de Coxyde

Le musée de l'orgue à Coxyde a été inauguré à Pâques 1974. Il était dirigé par M. et Mme Daniël Dagraed. Après dix ans d'existence le conservateur a pris sa retraite et a vendu ses instruments.



En 1985 les instruments sont rachetés et forment le musée de l'Orgue de Bruges mais en 1990 :

"Il n'y a pas que notre patrimoine économique qui f... le camp, la Culture est aussi, de plus en plus souvent, hélas! sur la pente savonneuse du bradage. Et pas seulement les oeuvres de nos «grandes pointures» puisqu'on vient d'apprendre qu'il y a une très grande probabilité de voir passer le charmant musée de l'Orgue de Bruges, reflet d'une certaine culture populaire, entre les mains de mystérieux collectionneurs japonais. Il est vrai que le mal était fait: depuis quelques mois, les quelque cent vingt jolies pièces étaient déjà la propriété d'un collectionneur suisse qui cumule, curieusement, les talents de magicien et de propriétaire de galerie! Mais le musée n'avait pas encore quitté la Venise du Nord alors qu'avec les acquéreurs potentiels, il en ira tout autrement... Pour une poignée de vingt millions! Une déception pour Francine Van Gilbergen, la conservatrice du musée depuis sa création à Bruges en 1985. D'abord, parce qu'elle sera contrainte de se séparer d'un job qu'elle appréciait mais aussi, sinon surtout, parce que cette vente verra partir des petits joyaux qu'on avait fini par identifier à la vie brugeoise, même s'ils venaient d'un peu partout. L'histoire du musée de l'Orgue brugeois commença, en fait, il y a près de trente ans à Coxyde. Chez un ferrailleur, M. Daniel Dagraed, spécialisé dans la démolition de vieilles voitures... Un beau jour, un camion en très piteux état lui arriva du Tournaisis avec à son bord un orgue tout aussi décati, à tel point que le vendeur lui en fit don. Un hobby était né et Daniel-le-ferrailleur se mit en chasse d'autres orgues de foire. Une passion facile à nourrir car à l'époque, l'on n'avait pas encore la fièvre des collections et de respect du passé d'aujourd'hui. Le résultat? Une superbe collection de 118 pièces qui couvre ce qu'il est convenu d'appeler l'âge d'or de la musique mécanique entre 1840 et 1940. Avec des boîtes à musique, des pianos mécaniques, des orgues de barbarie, des orchestrions, des phonographes, même... Beaucoup d'orgues encore en ordre de marche apportèrent un plus supplémentaire à la collection. Ainsi valorisée, celle-ci n'attendait plus qu'un écrin. Et le fondateur de la collection souhaitait passer la main pour des raisons de santé. Les autorités de Coxyde eussent aimé le garder chez eux et la ville de Gand était aussi candidate mais finalement la collection mit le cap sur le Zand brugeois. 

Du côté d'Appenzell 
Là, au Sablon local, tout ce patrimoine fut repris et mis en exergue par le Internationale Boekhandel (la Librairie internationale) largement implantée au Littoral qui voulait de la sorte contribuer au maintien du patrimoine régional. Sis au coeur de la cité de Breydel, le nouveau musée vit défiler bon an mal an plus de vingt mille visiteurs, ce qui est loin d'être négligeable pour une institution privée qui n'a jamais reçu de subsides officiels, malgré la promesse verbale de Patrick Dewael, ministre de la Culture au sein de l'Exécutif flamand! Il était même tellement intéressant qu'il fut convoité ensuite par divers candidats dont certains d'au-delà de nos frontières. Et ce qui devait arriver, arriva : après un passage de propriété par l'Agence et Messagerie de la Presse et un collectionneur de Saint-Nicolas-Waes, c'est un fan helvète qui décrocha la timbale ou plutôt les orgues en acquérant à son tour le musée. Celui-ci, bien qu'habitant à Appenzell, adorait beaucoup la collection mais il semble que le cri des sirènes japonaises l'ait déterminé à passer lui aussi à l'acte. Semble : le mot n'est pas trop fort pour Francine Vangilbergen qui nous a avoué qu'elle ne connaissait ni le nom du propriétaire actuel, ni ceux des acheteurs potentiels. Un petit air de mystère plane donc au-dessus de la vente qui n'est pas encore conclue, quoi qu'on ait pu en lire dans la presse flamande. Mais elle semble inéluctable.

CHRISTIAN LAPORTE." in Le Soir

Si vous voulez voir ces instruments il ne reste que ce catalogue édité à l'époque :





le n° 20 du catalogue
orgue Mortier "Le Chat Noir" à Anvers - 1920

mardi 6 mai 2014

De Voorvegters en concert

à Boeschepe en juin 1982, enregistré et numérisé par Antoine Quaghebeur





01 - Valse sans nom
02 - Jenny Lind polka
03 - Anne Marie
04 - Scottish du Petit Saint-Eloi
05 - La gigue
06 - Polka Stap
07 - Ondanksvalse
08 - De kollom
09 - Overlandscottish
10 - Bourrée
11 - Rondeaux
12 - Jan Pirrewitt
13 - Jan Smet
14 - Présentations

Michel Lombard : flûtes à bec soprano et sopranino, cromorne ténor, tin whistle
Daniel Deweppe : guitare acoustique, mandoloncelle, mandoline, dulcimer
Bernard Rooses : accordéons diatoniques en do/sol et en fa/do
Jacques Buttin : clarinette

télécharger ici

rappel : leur LP