lundi 3 août 2020

Epinettes et Guimbardes et Lionel Rocheman

Je viens d'apprendre le décès de Lionel Rocheman et une bouffée de souvenirs est remontée. Fondateur du Hootenanny à l'American Center de Paris, il animait aussi, au début des années 1970, une émission à la télévision, Epinettes et guimbardes, où j'ai découvert la musique folk. J'enregistrais intégralement toutes les émissions sur K7 audio, mais quelques années plus tard, pour faire des économies, j'ai eu la mauvaise idée de les recopier en ne gardant que la musique, avec le résultat qu'on imagine et le temps n'a rien arrangé. Je pensais avoir jeté cette cassette mais je l'ai retrouvée il y a quelques mois au fond d'une caisse. La qualité ne s'est pas améliorée mais cela reste un témoignage de ce qu'on pouvait écouter à la télé française, et qui a sensibilisé de nombreux musiciens et chanteurs folk pendant la décennie '70.
C'est du "brut de décoffrage" et je n'ai pas gardé les noms des intervenants, on reconnait plusieurs fois Lionel Rocheman, Pat Wood et Kathy Lowe, Les Ménestriers, John Wright et bien d'autres que vous allez me nommer, merci d'avance.
le fichier de 90mn de musique est ICI

On trouve quelques extraits de cette émission sur Youtube, merci au fan club de Marcel Dadi








et sur l'INA, Maxime Leforestier


 


des extraits d'une conférence de François Gasnault sur l'œuvre de Lionel Rocheman





vous trouverez d'autres pages sur les liens de Lionel Rocheman  avec Dunkerque, sur ce blog

samedi 20 juin 2020

Actes de la journée d'étude, Arras 2016


chez l'éditeur l'Harmattan


Enfin publiées, les interventions de, presque, tous les intervenants de cette journée d'étude-atelier "Etudier, interpréter, valoriser les chansons anciennes" du 28 juin 2016, à l'Université d'Artois.
Il manque, hélas, deux textes, celui de Marlène Baly "La chanson traditionnelle : définition et passages dans le temps et dans les autres genres via la question des timbres" et celui de François Gasnault : "Chanson traditionnelle et milieux revivalistes : chronique discontinue d'une appropriation".

J'ai enregistré toutes les interventions de cette journée, les fichiers sont disponibles sur demande


Sommaire :

- présentation par Sophie-Anne Leterrier

- Claude Ribouillault : Anecdotique et daté : Universel et intemporel ? Chansons traditionnelles et chansonniers sur l'air de

- Michel Colleu : Trois siècles de compositions populaires d'un milieu social : les chants décrivant la vie des gens de mer

- Maxou Heintzen : La fin des complaintes criminelles

- Jean-Pierre Bertrand : Faut-il poursuivre le catalogage des répertoires chansonniers ?

- Hervé Dréan : Itinéraire d'un collecteur, notes personnelles et impressionistes

- Sophie-Anne Leterrier : Philippe Boulfroy, militant du picard et de sa tradition chansonnière

- Le duo Tintorèla (Florence de Fanti et Florence Launay)

- Sophie-Anne Leterrier : Choix de chansons en dialecte de Lille

- Brigitte Buffard-Moret : conclusion

plus d'infos sur les auteurs : ICI


cette publication est accompagnée d'un CD audio

01 - Chanson de Craonne
02 - Il pleut bergère (1915)
03 - Marmites
04 - La patache (Guadeloupe)
05 - Les matelots chauffeurs, de Yann Nibor
06 - Complainte de Nassandres (1898)
07 - Le crime de l'Immaculée (1899)
08 - La tuerie de Landreau (1913)
09 - C'est Monsieur de Chatelin 
10 - Vaillant dundee (1897)
11 - Bien le bonjour la compagnie
12 - Michel monta dans un pommier
13 - Su'l' bois, su'l' bois
14 - Mon paire me vòl maridar
15 - Que farà la molinièra ?
16 - Passat deman ieu me maridi
17 - Aval al fons del rivatel
18- A nou moéson, in na tüé in pourchiau
19 - Chez Joseph
20 - Ahite, ahite, toudi rade, rade
21 - 'Ch Cwincq
22 - El Clàron
23 - La comète de 1857, d'Alexandre Desrousseaux
24 - Les avantages d'être jeune fille, de Charles Decottignies
25 - La femme d'un colonneux
26 - Les Roubaignos sont toudis là, de Charles Bodart-Timal et Albert-Lucien Doyen


Source Gallica


jeudi 18 juin 2020

La machine infernale

publié le 22/5/2020
mis à jour le 28/5/2020, ajout de la description du double jazz-band et des infos généalogiques
mise à jour le 18/6/2020, ajout d'une photo de Paul Vandeputte


pour Thierry

C'est le nom que donne Charles Verstraete à un sytème de percussions avec commandes aux pieds utilisé dans la région du Nord autour de Roubaix et Tourcoing. Il nous en donne un témoignage vécu :



Riton Jazz, Arras
collection personnelle
Vers 1900, certains accordéonistes du Nord de la France se servaient d'une basse aux pieds, inventée en Belgique. Les accordéonistes de bals se faisant souvent accompagner par un batteur (grosse caisse, tambour et cymbales). Mais, estimant que deux hommes étaient encombrants dans les cafés et aussi plus chers, quelqu'un imagina le "jazz aux pieds" et quand l'accordéoniste était le patron, l'économie était substantielle.
Les premiers à construire ces jazz aux pieds furent Octave Créteur(1), 81 rue de l'Epeule et surtout Charles Blomme(2), tous les deux nés à Roubaix en 1885. […]
L'ampleur de la grosse caisse et du tambour ajoutait de la puissance au son. Sur les premiers modèles, les commandes étaient déclenchées par des ficelles. Par la suite, on adopta une soufflerie. L'engin était démontable pour permettre au musicien de se déplacer avec sa batterie, notamment lorsqu'il faisait une tournée. Puis vint l'électricité qui allégea l'ensemble en donnant cependant plus d'importance au ponton à commande sur lequel était installé l'artiste. Son genou droit actionnait le roulement de tambour, le gauche les castagnettes, les pieds donnant le coup de cymbales et déclenchant diverses combinaisons. Pour m'en être servi, je puis assurer qu'il fallait sortir autant de l'école de Joinville que du conservatoire de musique !
Mon père, qui débordait toujours d'initiatives et dont l'esprit inventif était toujours aiguisé, s'avisa de demander à Charles Blomme, un jazz pour deux accordéonistes avec, donc, deux pontons à commandes, agrémentés - et là était le génie - d'ampoules de couleurs variées, synchronisées avec les pédaliers et les roulements qui étaient reliés - mon père était un perfectionniste - aux éclairages de la vitrine du café. Ainsi, qu'on fut au pont Morel ou à la Fosse-aux-Chênes, la lumière était visible, signifiant qu'on jouait "chez Verstraete". Ce jazz, une machine infernale, fut le dernier chef-d'œuvre de Charles Blomme.
Raymond Verschuren, qui possédait aussi un jazz Blomme (classique) avec lequel, dans l'Oise, il faisait les bals ambulants dits "parquets", se vit offrir un jour par son fils André, la fameuse "machine infernale" rachetée à mon père. Au décès de Raymond, André la trouva dans l'héritage, avec le classique. Au cours d'une rencontre, à l'occasion d'une émission au Théâtre de l'Empire, à Paris, je suggérai à André d'en faire des reliques que Roubaix serait heureux d'accueillir. Avec Bruno Gaudichon, conservateur du Musée d'Art et d'Industrie, nous nous retrouvâmes à Creil, en 1995, pour récupérer ce don. […]

De l'Accordéon au trombone, Charles Verstraete, 2000




collection Charles Verstraete




(1) Octave Créteur : fils d'un tisserand et d'une bobineuse, il a exercé les professions de menuisier et cafetier. Sa fiche matricule nous donne plusieurs adresses, 1905 : 62 rue de l'Industrie ; 1911 : 112 rue de Soubise ; 1906, 106 rue des Longues Haies ; 1920 : 81 rue de l'Epeule (photo de son café sur le site de la médiathèque de Roubaix) ; 1928, Orroir (B), place de l'Enclus ; 1934, Mouscron (B), 164 chaussée de Lille ; en 1934 il est mentionné à Ostende. Il est mort à Mouscron en 1976.

(2) Charles Blomme : ses parents sont Belges, son père est né à Bruges, il sera soigneur dans une filature comme lui, c'est la profession que l'on relève sur ses deux actes de mariages en 1904 et en 1912 et les naissances de ses quatre enfants jusqu'en 1914. Sa fiche matricule n'existant pas (il est de nationalité belge), c'est dans les divers actes de naissances et mariages que j'ai relevé ses adresses à Roubaix, ainsi que ses professions : 1905, rue d’Alger ; 1907, rue du Vieux Hutin ; 1914, rue de Beaurewaert ; 1919, 5 boulevard de Belfort, luthier ; 1926, Roubaix, ouvrier luthier ; 1930, 185 rue de Cartigny musicien.  Il meurt à Herseaux (B) en 1970. Son  deuxième fils, Charles (1907-1972) se déclare violoniste lors de son mariage, il est alors domicilié à Colmar. J'ai relevé que sa seconde épouse, Clémence Platteau est décédée en 2017 à Wattrelos, elle aurait pu apporter son témoignage.


*****

Le jazz-band Blomme du Musée de Roubaix

1. Présentation historique
Le projet de restauration du jazz-band a été lié à l'origine au don de l'instrument au musée de Roubaix en 1993. Le donateur, accordéoniste professionnel, avait en effet exprimé le souhait que la fonction sonore du jazz-band puisse être rétablie en vue de le faire rejouer dans le cadre de manifestations culturelles, renouant ainsi avec la tradition locale d'animation des cafés de Roubaix au début du siècle. Il faut savoir, en effet, que les jazz-bands à cette époque contribuaient largement à l'animation des cafés, établissements très populaires fréquentés par la classe ouvrière, l'histoire des cafés dans les villes du nord étant elle-même très liée à l'essor de l'industrie textile. A ce titre il constitue un témoignage exemplaire d'un type de vie sociale très représentative du contexte économique de la région. Le jazz-band donné au musée faisait lui-même partie du mobilier d'un café de Roubaix, le café Verstraete ; l'intérêt qu'il représente sur le plan sociologique et le fait qu'il a été produit par une fabrique locale justifiait pleinement sa présentation et sa mise en valeur dans les collections du musée.
Le jazz-band provient de la fabrique Blomme, comme l'indique une inscription sur la peau de la grosse caisse. Cette fabrique, qui était située rue de Lannoy à Roubaix, a dû produire un certain nombre d'instruments comparables à celui-ci, mais nous n'en connaissons actuellement qu'un très petit nombre d'exemplaires. Nous manquons également d'informations concernant sa date de fabrication. Le style du décor ainsi qu'une photographie ancienne du jazz-band devant la fabrique Blomme permettent de situer sa construction aux alentours de 1914.

2. Description

Le jazz-band se compose d'un corps central et de deux estrades placées de chaque côté. Le corps central présente une structure en bois peint de forme pyramidale couronnée d'une lyre décorative. Plusieurs éléments acoustiques de type percussions occupent des différents niveaux : sur la partie inférieure un woodblock encadré de deux soufflet comportant chacun six grelots. Au-dessus une grosse caisse caisse dont la peau, côté face, est recouverte d'un décor peint représentant une figure féminine jouant de la harpe et entourée de l'inscription "Charles Blomme - constructeur - Roubaix". Sur l'un des deux batteurs en bois, au revers de la grosse caisse, sont fixés quatre disques métalliques rappelant ceux des tambourins à sonnailles et un grelot. Au-dessus de la grosse caisse une cymbale ornée au centre d'un gros cabochon en verre facetté de couleur rouge évoquant un rubis. La cymbale est encadrée de deux castagnettes. Au niveau supérieur, une caisse claire surmontée d'un triangle suspendu à un crochet en métal fixé au sommet de la lyre complète cet ensemble qui repose sur un socle en bois peint sur lequel figure l'inscription "jazz-band idéal accordéoniste". Ce socle contient un dispositif pneumatique comprenant des tuyaux en caoutchouc reliés aux soufflets des différents éléments acoustiques, ainsi qu'un système électrique permettant l'allumage intermittent des ampoules placées à divers endroits du jazz-band : quatre ampoules à l'intérieur de la grosse caisse, une ampoule située à l'intérieur du cabochon de la cymbale, douze ampoules décoratives de couleur rouge disposées sur le pourtour du jazz-band.
Les estrades sont également en bois peint et comportent à l'avant une série de douze pédales rondes disposées sur deux rangées (une rangée de sept pédales au bord, une rangée de cinq pédales plus en retrait). Sur chaque côté des estrades, à l'avant, se dressent deux montants comportant un bouton contact électrique à chaque extrémité sur leur face interne. Les quatre boutons, avaient tous disparus et ont du être refaits. Douze soufflets sont placés à l'intérieur de chacune des estrades ainsi que des contacts électriques. Sur ces estrades s'installaient deux accordéonistes qui, tout en jouant, actionnaient la soufflerie en appuyant avec les pieds sur les pédales du plancher, mettant ainsi en marche simultanément les dispositifs acoustique et électrique du jazz-band. Le frappement de la grosse caisse entraînaient automatiquement l'éclairage de celle-ci et l'impulsion donnée avec les genoux sur les deux boutons contacts des montants latéraux permettait d'obtenir un effet acoustique particulier, différent de celui obtenu par les soufflets (roulement répétitif sur le woodblock et la caisse claire). Chaque estrade est reliée à la partie acoustique du jazz-band par douze tuyaux en caoutchouc assurant la transmission pneumatique et par des branchements électriques. Notons que deux circuits électriques distincts sont intégrés dans le jazz-band : l'un fonctionne avec le courant normal et permet les différents effets lumineux, le second correspond aux contacts genoux et fonctionne avec un courant à basse tension obtenu grâce à deux transformateurs.
Il convient de souligner que ce jazz-band n'entre pas dans la catégorie des instruments de musique mécanique automatiques comme la plupart des jazz-bands connus puisqu'il fonctionne uniquement par l'intervention des musiciens accordéonistes pour lesquels il fait office d'accompagnement et constitue en quelque sorte un petit orchestre intégré. […]

extrait de :
La restauration des jazz-bands du musée d'art et d'industrie de Roubaix. par Claire Combe et Douglas Heffer
in :


merci à Philippe Nasse qui m'a transmis ce document


****
Agnès, lectrice fidèle, m'a signalé cette photo publiée dans le livre d'Hubert Boone L'Accordéon et la basse aux pieds en Belgique, éditions Peeters, Louvain, 1993. On y voit  Paul Vandeputte, de Moorsele (Flandre Occidentale), photographié en 1988 avec son accordéon bisonore Callewaert et son Jazz Band Idéal, fabriqué par Charles Blomme à Roubaix.






lundi 15 juin 2020

Accordéonistes populaires en Flandre

André Decreus (Winnezeele 1907-1987), l'accordéoniste collecté par André-Marie Despringre en 1976, animait aussi les quêtes de conscrits à Steenvoorde, une photo de 1932 en témoigne. C'est cette photo qui m'a rappelé une série de coupures de presse que j'avais rassemblées à la fin des années 1980. Plusieurs d'entre elles montrent un musicien qui accompagne les jeunes gens et c'est toujours un accordéoniste, parfois accompagné d'un tambour ou d'un clairon.
Voici une quinzaine de musiciens populaires actifs autour de Dunkerque. S'ils n'avaient pas accompagné les conscrits et s'ils n'avaient pas été photographiés, on ignorerait tout de leur présence et de leurs activités. C'est une chance que ces photos aient été publiées dans la Voix du Nord, avec tous les noms des personnages. Je ne sais pas si ailleurs, dans la Région, on a fait la même démarche. Les plus anciennes photos datent de 1929 (Armbouts-Cappel et Esquelbecq), la plus récente de 1954 (Uxem). L'orthographe des patronymes n'est pas garantie - les typographes de presse écorchent souvent les noms de famille -  sauf pour les musiciens, que j'ai pu identifier grâce à ce site.

Adrien Delpouve au diatonique
Looberghe, 1935


Looberghe 1936. L'accordéoniste Adrien Delpouve, (Looberghe 1903 - Rosendael 1977) était ouvrier agricole. Au 1er rang il est entouré, à gauche d'André Vangrévelynge et droite de Maurice Becuwe. Au 2e rang, de gauche à droite : Roger Rauwel, René Mallevaeye, Paul Faveuw et Kicken. Au 3e rang, Robitaille, André Vanbeke, Raymon Woisselin et André Dugandin. Informations données par Roger Rauwel. VdN 2/4/1989
En 1935, sur la première photo, on trouve de gauche à droite, au 1er rang assis, Maurice Becuwe, Henri Mormentyn et Ernest Allaert. Au second rang, debout, André Godart, Paul Vannobel, Georges Wattez, Adrien Delpouve, Léon Vanacker et Robert Lapière. Informations données par Henri Mormentyn. VdN 25/1/1989



Armbouts-Cappel, 1929. L'accordéoniste est Henri Allentin (Bierne 1897 - Dunkerque 1982), il est le fils de René, ouvrier agricole et Hélène Baert, servante de ferme. 
Il est entouré de : en haut, de gauche à droite, Simon Best, Marcel Perquy, Etienne Verrons, Arthur Desmidt, X, Gaston Beyaert. Assis, de gauche à droite, Gaston Bertheloot, garde champêtre, Maurice Bentein, clairon et Henri Allentin. Informations données par Mme Veuve Germaine Desmidt. VdN 30/11/1989







Esquelbecq 1929. L'accordéoniste est Lucien Plancke (Bissezeele 1911 - Lille 1986), fils de Rémi, ouvrier agricole et Gabrielle Cousin. Sont autour de lui, de gauche à droite : debout, Charles Loos, Raphaël, Beck, Maurice Vandersluys, André Beun et rémi Courtois. Assis : André Joos, René Cailleau, André Vanhens et Joseph Vandevoorde. Informations données par Rémi Courtois. VdN 13/1/1990








Téteghem 1931. Je n'ai pas pu identifier avec certitude l'accordéoniste Maurice Verbecke (un homonyme est né à Coudekerque Branche en 1906). Les conscrits, assis : Lucien ?,  Raymond Dufour, Emile Bonte et Henri Bouve. Debout : Edouard Defever, Joseph Fleurgek, Maurice Lahaye, Gérye Thérie et Marcel Marie. Informations données par Mme Marguerite Defever. VdN 28/7/1987









Merckeghem 1932. Je ne sais rien de l'accordéoniste Gaston Duval. On y voit, de gauche à droite, debout : Moïse Canoen, Marcel Vanhacker, André Truant, Etienne Lescieux, Raymond Révillon ; assis : Daniel Denecker, Daniel Bataille, Hubert Baudewyn et Martial Erkembout. Informations données par Mme Vantorre. VdN 2/2/1988









Pitgam 1932. Le jeune accordéoniste, Joseph Beugnez (Pitgam 1914 - Cappelle-la-Grande 1977) est ouvrier industriel à son mariage en 1938 avec Hélène Boudens. Son père est ouvrier agricole et sa mère est servante lors de leur mariage.
Sont identifiés de gauche à droite : en haut, Wayenburgh, René Duvin, Marcel Bajeman, Victor Clayssen, René Vandapel, Marcel Boudins, X ; au milieu, Marcel Achte, Donat Caloone, ROger Lefever, Daniel du frêne, Anguste Vanuxem ; en bas, Aimé Mallevay, Joseph Janssen, Daniel Dalannoye et Georges Boudin. Informations données par René Duvin,, VdN 12/9/1992






Warhem 1933. Félix Declerck (Warhem 1905-1953) est ouvrier agricole, fils de Jules, maçon et Zélie Lesage. Les conscrits : en haut, Maurice Brunel, Jean Brygo, André Allewyn, Urbain Harrau et Marcel Vanpeperstraete. Au Milieu : Abel OUsteland, Maurice Ryckenbusch, Daniel Duhayon, Raymond Devos et André Deblokc à la grosse caisse. En bas le tambour André Bollengier. Informations données par André Deblock. VdN 6/1/1988








Les Moeres 1934. Un autre accordéoniste, Lucien Dewilde, non identifié, avec les conscrits, debout : Raymond Berteloot, Jules Paris, Marcel Six, Jean Patfoort, Edouard Blondez, André Vandevoorde, Octave Geeraert. Assis : André Odaer. Informations données par Mme Neely Blondez. VdN 5/5/1988










Wormhout 1934. Julien Dequidt (Wormhout 1904-1972) ouvrier maçon, fils d'Amand, ouvrier agricole, et Lucie Vanyper, journalière. Assis : Alexis Hamez, André Vannobel, l'accordéoniste Julien Dequidt, Gabriel Pierens et Michel Dequidt. Au milieu, André Vasseur, Paul Winckel, alfred Brement, André Mouchie, Gérard Verriele, André Clep, Auguste Timperman, Jean Dehaene. A l'arrière : Lucien Pissonnier, Henri Ladeyn, Abel Deram, Jean Carton, Jacques Outterleys et Augsute Joos.
Le journaliste ajoute des détails sur le déroulement : Ce conseil de révision eut lieu à la mairie de Wormhout, au mois de mai 1934. C'était un vendredi après-midi, le lendemain de l'ascension. Durant deux jours, les conscrits semèrent la joie dans notre chef-lieu de canton, rendant visite à tous les estaminets de l'agglomération et des quartiers éloignés, tels que le Rieveld, la Belle-Vue, etc. Chaque soir, l'on se retrouvait chez Henri et Marguerite Callens pour "casser une bonne croûte". Le dimanche, ce fut le bal des pompiers donné à l'occasion de la fête de Jeanne-d'Arc et qui fut surtout animé par ceux de la classe 34. Informations données par Michel Dequidt. Photo prise par Alfred Christiaens. VdN 3/11/1985




Hondschoote 1939. Roger Synave, accordéoniste non identifié, avec les conscrits : debouts, Louis Vandevelde, Etienne Govaere, Georges Debeer, Roger Brygo, Sylvain Vandenbilcke, Roger Vanhove, Maurice Packier, Hilaire Dequecker et le garde champêtre Julien Flamey. accroupis : Paul Machelier, Alphone Devos, Roger Synave, Julien Baret et André Bollengier. Informations données par ROger Brygo. VdN 16/3/1988









Uxem 1949. L'accordéoniste est Maurice Constant, non identifié. Debout : Simon Baudoin, Henri Marcotte, Michel Vanlanschoote, Lucien Constant, Mme Marthe Duhayon, propriétaire du café Au rendez-vous des chasseurs", René Thooris. accroupis : Jean Constant, Manuel Beeckaert, Omer Vandamme et André Fleurinck. Informations données par Henri Marcotte. VdN 13/5/1989









Merckeghem 1952. Au centre l'accordéoniste Maxime Degraeve, non identifié. En haut le garde champêtre Rapahël Vandersluys, Gérard Leurs, Pierre Devulder, André Bardoula, Daniel Vermeersch. Assis, Léon Lignie et Claude Degraeve. Informations données par Mme Vantorre. VdN 1/3/1988










Uxem 1954. Marcel Hoedt (Uxem 1938 - Téteghem 1972 ?) Un jeune accordéoniste entouré de trois conscrits : Henri Lihouck, Michel Heysen et Claude Vannobel et le garde champêtre Lucien Balden. Informations données par Colombe Vannobel. VdN 3/10/1989










J'ajoute cette photo de Quaedypre, où l'accordéoniste n'est pas nommé dans l'article.
1er rang, debout : Roger Vandaele, Henri Dewaele, Aimé Dumon, Albert Desudde, Firmin Laforce, Marcel Gournay, Jean Capèle, Roger Delater et le garde champêtre Ernest Desudde.
2e rang : Célestin Derudder, Lucien Christiaens, Maurice Ryckebusch, Marcel Mabesoone et Jean Tellier.
3e rang : Michel Debreu, André Smagghe, Léonard Renou, Lucien Laforce et Michel Laforce

Quaedypre 1932

Evidemment, ailleurs dans la région, les conscrits déambulaient parfois en compagnie de musiciens. Mais le plus souvent ce sont des musiciens de l'harmonie municipale. J'ai plusieurs photos qui en témoignent, mais, quand elles sont localisées, grâce au nom du photographe, on ne saura sans doute jamais qui sont les conscrits ni les musiciens.

un exemple à Quarouble
collection personnelle


à Dorignies
collection personnelle


bien sûr, à ces photos
il manque les couleurs
collection personnelle




jeudi 4 juin 2020

La vie musicale populaire en Flandre française

Documents recueillis par André-Marie Despringre et publiés en 1983



La musique des rites calendaires
 Les douze jours
1 - Driekoningenlied / Cantique des rois mages (GO)
2 - Driekoningenlied / Cantique des rois mages (BA)
3 - 'T is nieuwjaaravond / C'est la veillée du nouvel an (Ste Marie CA)
4 - 'T vandage dertienavond / C'est aujourd'hui la veillée de l'Epiphanie (BA)
5 - Op de markt / Sur le marché (ME)

 Le Carnaval de Cassel (1976
6 - Tintamarre de carnaval
7 - Rythmes du réveil
8 - Chant du Reuze (harmonie municipale)
9 - Chant du Reuze (CA + HA)
10 - Lundi gras (harmonie)
11 - Vlaamse pot pourri (BO)

La musique d'agrément
12 - Vlaamse pot pourri (BO)
13 - Vlaamse pot pourri (BO)
14 - Vlaamse pot pourri (BO)
15 - 'T oude wuvege had een man / La vieille femme avait un mari (EE)
16 - 'K heb ik zo vele lieven / J'ai tant d'amoureux (EE)
17 - Dans maar vrouwtje / Danse petite dame (EE)
18 - 'K en hebben geen belde noch geen stoel / Je n'ai plus de lit ni de poële (EE)
19 - Alsik ik van Brussel kermisse / Ah moi qui vient de la kermesse de Bruxelles (HA)
20 - Sarelke, Sarelke, 'k heb het ik gezeid / Charles, petit Charles, je l'ai bien dit* (WI+ME)

La musique des rites saisonniers
 La cueillette du houblon
21 - En 't is al af, en d'hommel is af / Tout est cueilli, le houblon est cueilli (BO)
22 - En 't is al af / Tout est cueilli (ME)
23 - De snuifdoze en den kaffiepot / La boîte à prise et la cafetière (GO)
24 - Viva den kaffiepot / Vive la cafetière (ME)

 La moisson
25 - Keriole / Kyriole (appel) (ZE)

La musique du travail et de ses saints patrons
 La garde des vaches
26 - Peene Peene maai Lammens Koetjes / Et d'une pour Noord Peene (ZE)
27 - Drie koetjes de poten ebroken / Une vache vient de se casser les pattes (ZE)
28 - Je koe en zijn aan de schijte / Tes vaches ont la va-vite (HA)

 Saint Eloi
29 - Hooe Strooï de boer is in de rooi / Hooi Strooi est en peine pour trouver de l'argent (BO)

 A la ferme
30 - En 't van morgen vroeg op te staan / Demain il s'agit de se lever tôt (HO)

 Dans les rues
31 - Vershe plattjes / Des poissons frais (DU)
32 - Scharesliep, scharesliep / Le rémouleur (BO)
33 - Scharenlijpers, sharen messens om slijpen / Des ciseaux, des couteaux à aiguiser (BO)

 Le tissage
34 - Kadieke, kaddjakke (ME)
35 - 'T is van ikketak tiktaktierre / C'est le rikketakke (BO)
36 - O mijn god hierboven / Ô mon Dieu, d'ici en haut (GO)

 Sainte Anne
37 - En nuzen wagen is geladen / Et le chariot était chargé (BO)

La musique des rites calendaires
 Carnaval de Bailleul (1976)
38 - Lied van Gargantua / Chanson de Gargantua (BA)
39 - Musique de Bailleul

La musique d'agrément (suite) 
40 - Ah çà bonjour, mijn liefste dochter Katrien / Ah ça bonjour, ma fille préférée Catherine (GO)
41 - 'T was een keer een boer / Il y avait une fois un paysan (ES)
42 - En'k gingen lestmaal ann het jagen uit / Et dernièrement j'allais chasser (BA)
43 - Pierlala was naar Godsvelde gegaen / Pierlala était à Godewaersvelde (ME)
44 - Uit den oosten, uit des westen / En provenance d'est et d'ouest (EE)


les chanteurs :
BA, Bailleul : M. Dormieux - l'Harmonie Municipale - E. Schercousse
BO, Boeschèpe : M. Debruyne
CA, Cassel : H. Sansen (aussi HA) - Harmonie municipale
DU, Dunkerque : P. Jacquemet - Mme Renaud
EE, Eecke : M. Kerkhove
ES, Esquelbecq : V. Walline
GO, Godewaersvelde : A. Dagobert - A. Deturck - L. Dupont
HA, Hazebrouck : A. Davion
HO, Houtkerke : J. Bourry
ME, Meteren : D. Falghen
Ste Marie CA, Sainte Marie Cappel : E. Van Hee (aussi HA)
WI, Winnezeele : André Decreus (1907-1987) accordéoniste
ZE, Zermezeele : H. Bauden


Vous pouvez écouter ces collectages sur le site RADdO-Ethnodoc
ou me demander les fichiers







* à propos de cette chanson j'ai relevé cet article de 1911 du Nord Maritime :
« Manifestation mouvementée à Bergues – L’ex-équipe des « p’tits pois » réclame… La manifestation d’hier  – l’usine envahie. – l’Internationale et Chorle’t’che. - Depuis deux ans, existe à Bierne, près de Bergues, le long de la Colme, une fabrique de conserves. En ce moment de la saison l’usine embauche une centaine de femmes et enfants, pour l’écossage des petits pois. D’habitude, la direction de « La Semeuse » employait des gens du pays et complétait son chiffre nécessaire par des belges ; mais cette année, on embauche que des ouvrières du pays voisin. D’où, grand émoi parmi les journalières berguoises qui, d’un commun accord, décidèrent de manifester. Aussitôt dit, aussitôt fait. Drapeau tricolore en tête, une centaine de femmes et d’enfants, quittèrent Bergues vers 5 heures, et se rendirent à l’usine. En voyant à travers la grille, travailler les ouvrières belges, la colère déborda. D’une poussée, la grille fut ouverte et les manifestantes pénétrèrent dans la cour de l’usine. Prises de peur, les ouvrières belges s’enfuirent à travers champs et les nouvelles venues occupèrent les hangars, où, sur les claies étaient étendus des monts de petits pois. Une manifestante se détacha du groupe et là, le drapeau, sur la hanche, attendit les évènements. « J’y suis, j’y reste » avait-elle l’air de dire, imitant Mac-Mahon à Malakoff. Le directeur de l’usine téléphona à Bergues […] accompagné de quatre gendarmes à cheval arrivaient. Malgré l’arrivée des gendarmes le groupe de manifestantes ne bougea pas de la cour de l’usine et la maréchaussée attendit avec patience le bon vouloir des ouvrières. A tort ou à raison, le brigadier de gendarmerie voulut arrêter M. Arthur Barbier, de Bierne, qu’il accusait d’avoir provoqué le mouvement. Celui-ci, qui est chef de bande et embauche des ouvrières pour faire travailler en moisson, répondit que ce qui se passait ne le regardait pas. Il n’en fut pas moins appréhendé. Les choses se gâtèrent : une trentaine de femmes se détachèrent du groupe et, avec force horions, forcèrent les gendarmes à lâcher leur prisionnier.
Voulant éviter une bagarre, vu la surexitation extrême de quelques unes des manifestantes, le brigadier et ses hommes se contentèrent de barrer l’entrée de l’usine et stoïques, reçurent sans sourciller, une avalanche d’interpellations plus ou moins choisies. C’est grâce à leur sang froid que l’on n’eut pas à déplorer d’incident plus graves. Une demi-heure après les manifestantes quittèrent l’usine et reconduisirent Barbier à son domicile, à Bierne. Elles retournèrent ensuite devant l’usine, puis, le drapeau en tête, femmes et enfants prirent le chemin de Bergues, en entonnant l’Internationale. Sans doute, l’hymne révolutionnaire n’était pas encore assez connu, ni assez local, car bientôt, toutes en chœur, en suivant les bords verdoyants de la Colme attaquèrent avec ensemble un air flamand : « Chorle’t’che, Chorle’t’che… ». C’est en chantant que la colonne entra à Bergues, où de nombreux curieux attendaient au Pont Saint-Jean, cette arrivée sensationnelle. Il est vrai qu’à Bergues on n’est pas habitué à des manifestations de ce genre. Et puis ce n’était pas banal ! […] »

jeudi 28 mai 2020

Radio Uylenspiegel, les débuts il y a plus de 40 ans






Retrouvez l'ambiance et les témoins de la fin des années 70 avec les fondateurs 
de Radio Uylenspiegel Folk Radio 
et des extraits des premières émissions,
un plaidoyer pour la langue et la culture  de Flandres.

Agréable écoute

Antoine


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