mardi 20 septembre 2022

Raymond Vanméerhaeghe, accordéoniste

mise en ligne le 19/3/2016
mise à jour le 20/9/2022 : ajout d'une photo

Il a 24 ans sur cette belle photo
et vient d'ouvrir son café 601 rue de Gand à Tourcoing.
photo R. Vermesse à Roubaix
collection personnelle



Dans les années '30 et '40 et même '50 il existait dans notre région de nombreux éditeurs/compositeurs de musique, principalement pour accordéon. J'en ai recensé plus d'une vingtaine répartis sur le Nord et le Pas de Calais dont quelques éditeurs plus importants comme Pierre Drucbert et Eden Edition à Lille et Enrico Basile à Cambrai, mais surtout plusieurs petits éditeurs qui n'éditaient qu'eux mêmes ou parfois un ami, mais toujours à tirage limité.
Raymond Vanméerhaeghe fait partie de ceux-là, j'ai pu le rencontrer [en 1986] et l'interroger sur sa vie de musicien, compositeur, éditeur et marchand d'instruments de musique.

un extrait de l'entretien à télécharger

Il est né le 6 avril 1914 à Mouvaux, fils d'un tisserand et d'une bobineuse, dans une famille sensible à la musique, son père jouait du diatonique, mais, dit-il : c'était pas un artiss'. A 9 ans il reçoit son premier instrument, un Scandalli chromatique d'occasion : Presque tout le monde jouait sur Scandalli, il n'y avait pas beaucoup de marchands, il suit des cours auprès de plusieurs professeurs mais  c'était pas des as, au bout de d'trois, quat' mois j'étais plus fort qu'eux. Il va voir Marceau Verschueren (le fameux V. Marceau, le virtuose du moment) mais il était trop occupé, il jouait tous les jours dans un grand café de la rue de Béthune et rue d'Angleterre avec Vancaillie, j'ai trouvé d'moi même parc' que j'étais doué, mais il a quand même étudié le solfège au Conservatoire de Tourcoing.
Son père lui achète plus tard (chez Vanhout à Menin) un accordéon spécial (18 kg) qui possède, en plus des six rangées de basses composées, trois rangées de basses chromatiques comme les accordéons classiques  qui permettaient, dans les concours, de jouer les morceaux classiques dont les partitions étaient écrites pour le piano.

Société des Accordéonistes Tourquennois
source : Ch. Verstraete, De l'accordéon au trombone


Il commence à composer et éditer en 1936. En 1938 il prend un café à Tourcoing, 601 rue de Gand ; il y joue de temps en temps. Mais la clientèle est difficile et n'aime pas la virtuosité : On pouvait jouer du classique mais du classique gai, la Cavalerie Légère par exemple, mais Chopin et toute la clique ça plaisait pas ça et il conclu on était des forts mais qui plaisaient pas aux gens.
Son café disparait dans l'explosion d'un V1 pendant la guerre. En 1946 il ouvre un magasin de musique, toujours à Tourcoing, 16 rue de Menin (commerce qu'il cèdera en 1973), à la même époque il joue à la Radio PTT Nord avec Jean Prez, Charles Verstraete et Léon Fermont (Les 4 de l'accordéon), il a aussi un orchestre de bal avec piano, batterie, saxo et trompette.

collection personnelle


Pour augmenter ses droits d'auteur il est allé chercher à la SACEM, les listes de chefs d'orchestre du Nord et il leur envoie ses partitions. Mais les échanges de listes entre les compositeurs ont noyé ces chefs d'orchestre sous des tonnes de papier qu'ils ne lisaient plus.
Il vend beaucoup d'accordéon grâce aux professeurs qui reçoivent une commission de 10% du prix de vente. Maintenant, dit-il, les profs achètent directement aux fabricants qui leur donnent 25%, les commerçants ayant une marge de 33%, ils ne peuvent pas lutter.
Il n'a pas connu de fabricant d'accordéons dans la Région, sauf Watterloos à Roubaix, 1 rue Delannoy, mais qui faisait venir les accordéons d'Italie et y mettait sa marque, STELLA et PIERFI, et aussi un réparateur, Gierlotka, d'abord à Fouquières les Lens puis à Saint Omer et un qui a bricolé du côté de Sin le Noble, mais il ne se souvient pas de son nom.

Paul Laby, l'orchestre musette Rozanes
Claude Brely de Radio PTT Nord et l'orchetre musette Harry
l'ensemble Raymond Mahieu
collection personnelle


Après toutes ces années de travail, il est assez amer et regrette sa carrière : J'ai choisi le commerce, mais c'est pas ce que je devais faire, j'aurai dû faire des disques, aller à Paris, ça passait à la radio, comme Marceau, comme Baseli, comme Vertraete, comme toutes les vedettes de cette époque qui venaient toutes, ou presque, du Nord de la France.
Maintenant, à Paris y z'attendent pus après les typ's du Nord. avant c'était dans l'Nord qu'y avait les plus forts, maintenant ici y en a pus… si… des bricoleux.

Raymond Vanméerhaeghe, alias RAY-DELL, est décédé en 1993 à Tourcoing


Christian Declerck
article publié dans Le Tambourineur en février 1986

mercredi 14 septembre 2022

De la chanson flamande en France, par Louis de Backer

Dans son livre Les Flamands de France : études sur leur langue, leur littérature et leurs monuments,  Gand 1851, Louis de Backer consacre un chapitre à la littérature chantée.




suite




Chants mentionnés : Goedroen ; Halewyn ; Elei ! Alooi ! (chant des bouviers de Cassel) ; In den hemel is een dans, Reinaert die vos ; Daer was een sneewit vogeltje ; 'S avonds hebben wy geld by hooper ; Daer kwaemen drie koningen met een sterre ; Den zondag, de zondag 't is dag van Heere ; Die zeigt : Wy zyn van Reuzen gekomen ; Wy willen van de kerel zinghen ; 't Is van dage sint Anna-dag ; Kermes-kalf heeft een kroontjen op zyn heeft.

*****

Louis de Backer (Saint-Omer 1814 - Paris 1896), archéologue, philosophe, il devient, après des études de droit, avocat à Saint-Omer, puis juge de paix à Bergues. Inspecteur des monuments historiques du département du Nord et correspondant du ministère, il est chargé par Fortoul le 19 novembre 1852 d’une mission « gratuite » en Allemagne afin de rechercher l’origine commune des chants populaires de ce pays avec ceux du Nord de France. Il envoie des chants en réponse à la circulaire Fortoul en 1854.

jeudi 8 septembre 2022

Chants des peuples

Qu’elle soit festive ou spirituelle, engagée ou légère, la musique et tout particulièrement le chant sont des media particulièrement forts d’identification et d’expression de l’appartenance à une communauté, qu’elle soit occasionnelle ou établie comme telle.

Cette exposition vous invite à découvrir une sélection de documents reflétant la variété des fonds de l’Université catholique de Lille, des chants du peuple de Dieu aux chants populaires du Nord.

Cette exposition virtuelle a été réalisée par la Bibliothèque Universitaire Vauban – Université Catholique de Lille dans le cadre des manifestations de la Nuit des Bibliothèques 2021 (8 au 10 octobre 2021) dédié au thème de la musique.


c'est par ICI

Sommaire

Chants sacrés
• Aux origines de la musique occidentale écrite : la musique sacrée
• Normalisation de la musique sacrée et de la notation musicale
• Chant grégorien et plain-chant : une tradition qui perdure
• La tentative de renouveau du chant grégorien au XIXe siècle

Processions et fêtes
• Les processions religieuses
• Les fêtes populaires en chanson
• La musique investit la rue
• Les concours de musique

Chansons populaires et ouvrières du Nord
• Le(s) Patois du Nord : de l’oral à l’écrit grâce aux chansons populaires
• Quand et où naissent ces chansons
• Chansons à texte ou canchons légères ?
• Des auteurs reconnus et même populaires

+ une importante bibliographie


dimanche 4 septembre 2022

Estaminet Folk 1998

 Une pépite vidéo trouvée par hasard sur la chaîne Youtube de Bernard Kaczmareck




Patrick Plouchard : bodhran
Jean François Ostrowski : batterie
François Robert : basse
Bernard Kaczmareck : accordéon
José Barrois : guitare
Daniel Oger : banjo ténor



Estaminet 1993

jeudi 1 septembre 2022

Mœurs populaires de la Flandre Française

Par Alexandre Desrousseaux, en deux tomes de 334 et 384 pages, édité en 1889, à Lille chez L. Quarré

collection personnelle

Ce livre très intéressant est introuvable sur l'internet, au moins en consultation numérisée. On le trouve chez divers bouquinistes, et il existe des rééditions, en 1972 et 1999.

On peut télécharger toutes les mélodies de ce recueil sous format midi et pdf sur le site de l'AEPEM :

ICI


A.E.P.E.M.


mercredi 24 août 2022

Ballades Flamandes, par Georges Lotthé


"Voici, dit M. G. Blachon, dans l'excellente préface qu'il consacre au livre nouveau de M. Lotthé, une série de croquis finement troussés, où les trais caractéristiques de la vie familiale dans la Flandre, sont observés, notés, pris sur le vif avec une exactitude parfaite, souvent caustique et malicieuse, toujours souriante. La physionomie traditionnelle de l'intimité sociale et familiale flamande est peinte ici de main de maître, avec une virtuosité d'artiste qui attrape la ressemblance à merveille. Il faut remonter jusqu'aux Téniers pour trouver un terme de comparaison. Depuis ces grands peintres, aucun artiste n'avait fait preuve d'une vision aussi pénétrante, ni d'un don d'expression aussi finement réaliste, pour représenter la plantureuse rusticité flamande".

Tous nos types populaires défilent : les buveuses de café, les coqueleux, les joueurs de boules, les tireurs à la perche, les mangeurs de frites, les dentellières… et tous, peints en hautes couleurs, reflètent cet optimisme fait d'énergie et de joie de vivre "qui permet à l'étonnante race flamande de narguer sans rancune l'envie et les procédés odieux de ses détracteurs".

Des "sagas et complaintes" terminent le volume et, dans un lyrisme ingénue et profondément expressif, on retrouve ici toute la poésie mystique de nos Flandres rêveuses, aux légendes de bravoures, d'amour, de mélancolie…
L. B.

Le Grand Echo du Nord, 1er août 1926


Sommaire :

I. - Préface par Georges Blachon

II. - Ballades des buveuses de café, pour les coqueleux, du joueur de boules, du tireur à la perche, du samedi, du dimanche, des mangeurs de frites, de la bonne bière*, pour la Bazenne, pour la cueillette du houblon, des Kerles*, du tisseur à la main, de la dentellière, de la pêcheuse de crevettes*, des pêcheurs d'Islande*, de la tripée, de la Saint Martin*, de la Saint Eloi, pour le soir des Rois, pour le soir des crêpes, de Papa-Reuze, de Reuze-Maman*, de Gargantua Galaffre*, de Francisco Piccolissimo, du Comte de Flêtre*, des jeûneurs de Carême*

III. - Sagas et Complaintes :
Hallewyn et le petit enfant*
Hallewyn et la fille du roi*
Jeanne
Le messager d'amour
La nonette
Les deux enfants de Roi
Sous le tilleul
La fille du Roi
Les deux rivaux
Noël Flamands*

IV. - Notes et éclaircissements

* textes publiés dans La Revue du Nord entre 1893 et 1896
La Belle Hélène non repris dans l'édition de 1926





Georges Lotthé (1858 - ~1940 ?) : est né à Bailleul, fils de Charles, tailleur d'habits, et de Celine Dedrye, Dunkerquoise. Il n'a aucun lien familial avec Ernest Lotthé, également auteur de plusieurs publications sur la Flandre. Agent voyer à Steenvoorde puis à Armentières, il fait valoir ses droits à la retraite en 1918, après 41 ans de services. Sa seconde épouse, Pauline Faleur, directrice d'école, prend sa retraite en 1924, à La Capelle, en Thiérache, elle meurt en 1960 à l'hospice du Nouvion en Thiérache.

George Blachon (1857 - 1940) : « Héritier de négriers bordelais et membre du corps préfectoral, un temps collaborateur du ministre Leygues. Une plume acerbe et des saillies exaltées lui ont acquis une certaine réputation, auprès du grand public depuis Pourquoi j’aime la Flandre (1922) et auprès des initiés à l’époque des pseudonymes dans Le Beffroi de Flandre (1919-1928) et dans Le Mercure de Flandre (1923-1931). Le cas de Georges Blachon, fiévreux amant d’une Flandre découverte sur le tard, est exemplaire d’un phénomène connu : hier comme aujourd’hui, plus récente et brutale est la conversion, plus grande est la tentation d’une radicalité violente. A n’en pas douter, cet admirateur de Gobineau est la pierre angulaire de l’activisme identitaire flamand, sans laquelle les édifices idéologiques les moins recommandables de Flandre française n’auraient certainement pas été si rapidement et fermement ancrés dans l’esprit d’hommes influents de la région. » source , extrait de l’éditorial du numéro 113 du Bulletin du Comité Flamand de France (fév. 2018, pp. 2-3) rédigé par Christian Ghillebaert