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mercredi 5 août 2026

Chants et danses au camp de Boulogne (1803-1805)

Un texte relevé dans Napoléon au camp de Boulogne, par Fernand Nicolay (1905).  Je n'ai pas retrouvé ces chansons dans les recueils de Michel Lefèvre.
 
Le camp de Boulogne, source Gallica

 
Fils d’un boulonnais, propriétaire des terrains historiques illustrés par la présence de Bonaparte et de l’amiral Bruix, je possédais de nombreux documents inédits concernant le camp de Boulogne. De plus, durant de longues années passées précisément au plateau d’Odre dans la propriété paternelle, j'ai recueilli sur place, les témoignages circonstanciés, les souvenirs fidèles de plusieurs vieillards, qui avaient vu, approché et servi Napoléon, ou avaient conféré avec lui. Telles sont les particularités qui m’ont décidé à publier ce livre.  
 
 […]
LES DISTRACTIONS DE LA GRANDE ARMÉE
Jeux divers, chansons de route, refrains boulonnais, danses... — Bal improvisé. — Marche du camp de Boulogne par les musiques militaires.
 
Non seulement on jouait quelquefois la comédie au camp, mais on dansait, on se distrayait, on chantait, soit entre les manœuvres, soit après les travaux de fortification, soit dans les marches militaires ; « et les vieux briscards », aussi bien que les jeunes recrues, s’en donnaient à cœur joie. Commençons par citer, comme spécimens de Chansons de route, quelques couplets typiques, tout en regrettant de ne pouvoir donner que des fragments, ou des strophes tronquées. En les lisant, on aura raison de ne pas trop se souvenir des règles du Parnasse :
Air : La boulangère a des écus. 

D'Mont-Lambert, mais pas du Tape-Cul (hameau de la forêt de Boulogne)
On voit bien l’Angleterre,
Oui on la voit, car je l’ai vue
J'ai bien vu l’Angleterre, j’ai vu.
J’ai bien vu l’Angleterre.
 
D’l’Angleterre z’orons les écus
Qui ne nous cout’rons guère
Oui elle en a plus que d’obus :
Partons tous pour la guerre, partons,
Partons tous pour la guerre !.
D’Bonaparte on voit les soldats
Couvrir toutes les terres, etc. 
 
Et les chansons de route se poursuivaient en une sorte de « scie » musicale, où figurent, à la manière de monorimes, les noms caractéristiques des villages boulonnais, formant d’originales cadences :

Vont à Alincthun
Et à Olincthun ;
Sont à Raventhun
Et puis à Baincthun,
S’en vont à Paincthun
Et à Florincthun ;
Passent à Raventhun
Et à Tourlincthun;
Vont à Terlincthun
Et à Godincthun ;
Puis à Verlincthun,
Etc

Sur l’air de « Il pleut bergère » se chantait l’espèce de litanie suivante :

Maninghen
Echinghen, 
Bouquinghen
Wacquinghen, 
Lédinghen,
Hardinghen
Lattinghen,
Tardinghen

Puis encore, toujours comme cadence rythmant le pas :

Conteville
Et Wimille,
Menneville 
Billeauville,
Cuverville
Bournonville...

Ou bien enfin : 

Watrezelle
Framezelle, 
Haringzelle
Waringzelle,
Etc

Bellebrune 
Valembrune,
Lozembrune
Gastebrune..

N’oublions pas un amusant refrain où un calembour, très fameux dans la région, était mis en œuvre en ces termes :

Wimille, Wissant, Neuville (8,809 villes),
S’arment en guerre,
Contr' Angleterre etc...   

La suite ICI 

[…]

La DANSE

Enfin on dansait au camp de « droite » et au camp de « gauche », sur le plateau d’Odre, aussi bien qu’à Châtillon et ailleurs encore. Non seulement les chefs le permettaient, mais ils y incitaient les soldats pour les tenir en activité et aussi en belle humeur. Un bonnet de matelote, un madras noué « à la poissarde » sur la tête d’un jeune guerrier distinguaient les « dames » des cavaliers... : et ce devait être la seule distinction (?) de ces danseuses improvisées, dont la chorégraphie ne se signalait vraisemblablement ni par la légèreté, ni par la grâce... N’importe! les quadrilles n’en avaient que plus d’originalité, et les galops se déroulaient dans un tourbillon vertigineux […]
La suite ICI 
 
source Gallica

 

dimanche 31 mai 2026

Pierre Delannoy - Ensemble Re-naissance

Canchons d'ichi et d'achteure,
entre village et corons 

  J'ai retrouvé ce CD, coincé parmi d'autres dans ma discothèque, sa pochette en carton toute mince le rendait très discret.
 


01 El Lang' ed ches gins !
02 L'canchon d’fréquentache
03 L'canchon du bord d’ech flot
04 Marie Cheull' camanette 
05 Chtimi Blues
06 L'canchon d'ech Jonne Solant
07 L'canchon d'l'hiver qui vient
08 L'canchon d’ches Vogines (Trad Anglais du XVIe siècle)
09 Canchon d'artour ed pronne (Canchon à boire anglaise 1550)
10 L'canchon d’eul rosière : Blanképine (Trad français)
11 L'canchon sins berlurache ... Jé n’s’rai jamais...!
12 El canchon d’eul caf'tière
13 L'canchon d’ech viux coron : Acoute eul vint 
14 L'canchon d’ech mauvais gardinier
15 L'canchon d’après cheull' pleuve...
16 L'canchon d'Marie Grauette
17 Ballade d’ech viux mineur (The Working Man De Rita Mac Neil)
18 Canchonette 
 

Textes, musiques et arrangement sont, sauf mentions contraires, de Pierre Delannoy
accompagnement : Ensemble Re-naissance
Enregistré chez Georgina Bulot à Auchy au Bois
réalisé par Les Échos du Pas-de-Calais en 2008


à télécharger ICI 

L’Ensemble Re-naissance a été créé en 1953 par Yvette DUQUENNE, née ALBA (1923-/2019) à l’école Lafontaine d’Auchel, sous le nom de Chorale Travail et Joie (source VdN 2/3/2013 et 18/12/2013)

 

les membres de l'Ensemble Re-naissance



mercredi 6 mai 2026

Pépino, chanteur des rues

mise en ligne le 3/12/2010
mise à jour le 12/11/2023 : ajout d'un placard bilingue
mise à jour le 12/12/2025 : ajour d'un feuillet 1939 
mise à jour le 6/5/2026 : ajout d'un placard 1930 


Thomas Joseph BARAS, dit Pepino, né à Wavre (Belgique)
merci à la Bibliothèque Municipale de Valenciennes
qui m'a aidé à découvrir celui qui se cachait derrière ce pseudonyme.


collection personnelle

Fils de Jacques, cordonnier, né à Wavre et Marie Josèphe Wanesse, il est né le 2 décembre 1881 dans le quartier de la Basse Wavre.

Les nombreux petits formats que l’on retrouve dans la région sont le témoignage de l’intense activité de ce chanteur ambulant. Quelques uns, provenant de Belgique - imprimés à Namur, Bruxelles ou Charleroi - semblent être antérieurs à son séjour dans la région.
Il s’installe à Valenciennes vers 1926 où il réside à cinq adresses différentes : rue Derrière la Tour, rue Gustave Crauk, cité Lebrun, avenue Sénateur Girard et boulevard Froissard. En 1928 il est à Béthune.

collection personnelle

Ses publications des années 1926/28 ne diffèrent pas de celles des autres chanteurs ambulants, les chansons sentimentales dominent ; il se fait une spécialité de chansons sur les belles-mères qui sont un vrai succès - plus d’un million d’exemplaires vendus affirme-t-il dans sa publicité - et, comme pour ses confrères, l’actualité est aussi une source d’inspiration : il a écrit des chansons sur le crime de Bohain, une octogénaire assassinée le 15 décembre 1926 et sur l’exécution de Nicolas Sacco et Bartolomeo Vanzetti le 23 août 1927. En 1931 il écrit une chanson sur la catastrophe du Saint-Philibert.

Collection personnelle

C'est peut-être lui que l'on retrouve quelques années plus tard à Paris où il chante et danse dans la revue du Casino de Paris La Joie de Paris avec la chanteuse et danseuse Gavel et surtout aux côtés de Joséphine Baker qui menait cette revue créée en 1932.


collection personnelle

On sait également qu’il a collaboré quelques temps avec l’accordéoniste et compositrice Paula Chabran (Marseille 24/10/1892 - Moissac 7/05/1981) pour qui il a écrit de nombreuses chansons dont le grand succès Madïana.

Paula Chabran et Charlys, son second auteur
collection personnelle

Un placard de chansons imprimé à La Louvière (B) chez Charlier-Wery, trouvé récemment, nous apprend qu'il exerçait toujours son métier au début de la seconde guerre mondiale.



Ces chansons étaient reprises et vendues par d'autres chanteurs ambulant comme ici à Lille vers 1910 à la Braderie
source : Le Nord Illustré


Listes de ses chansons
source : collection personnelle

À la mémoire de l'abbé Lemire (collection maison de l'Abbé Lemire, Hazebrouck)
Ah ! c' que j' voudrais être coq !
Ah ! les belles-mères !, air : Ah ! les grandes femmes
Ah ! les femmes d'aujourd'hui ! charles ton comique, paroles et musique de Pépino

Ah ! les fermiers, air : l'Amour est passé près de vous
Ah ! Nana !, sur un motif de l'opérette "La haut"
Amour ne dure qu'un temps (l'), air : Reviens
A Naples la jolie, fox-trot chanté,  air : Venise la jolie 
Au secours des enfants des villes, air : On n'a pas tous les jours vingt ans
Baisers d’une maman (les), air : Riquita
Bas de soie (les), air : Naïdja
Beaux Serments d'amour (les)
Belle-maman danse le charleston, air : Olga Olga
Belles mères (les), air : Le trompette en bois
Bengala, oriental fox-trot, paroles et musique de Pépino
Ca fait pleurer les mamans, air : Une chanson dans la nuit
Ça fait pleurer les pauvres mères, chanson humanitaire, créée par Gilberte Ballas, air L'étoile du marin 
Calvaire du mineur (le), air : La valse d'amour de Ch. Babin, paroles de Pépino et Gilberte Ballas (1930)
Ca va mal tout augmente ! air : Y a des loups
Calcutta, air : Bilbao
Gutenberg
Caroline de mange pas ça !
Ce sont des gueux !..., air : Dolorita
Célèbre fox-trot du baiser (le), air : les baisers
Célina, air connu, canchon in patois
Chochote
Deux mineurs égorgés dans la région de Lens, air : Si tu savais combien je t'aime (novembre 1927) collection Raymond Pouly, publiée dans Gauheria n°61
Devant les héros, air : La terre a parlé
Dis papa ?, air : Viens Maman
Djellaiah

Du talc dans la farine, air : Le temps des Cerises
Elle avait un p'tit grain de beauté, air : Elle avait une robe à carreau
En dansant le fox-trot, air : Tout en dansant le fox-trot
En dansant le Shimmy, air : Venez danser le Shimmy
Femmes et les fleurs (les), air : Les fleurs que nous aimons
Feummes d'ach'teur et leu pauv's hommes (les), air : Elle danse le charleston
Folie du jass-band (la)


collection personnelle

Une guérison qui tombe mal, air : Musique de chambre
Homme est un polichinelle (l'), air : Polichinelle
Horrible crime de Bohain, air : Y a des loups

Horrible tragédie de Saint-Thégonnec, air : Une chanson dans la nuit
I n' faut pas s'in faire su c' monde-ci, air : Elle avait une robe à carreau
Il a toudi s' bâton dins s' main, air : Sa p'tite valise à la main
Il faut payer, M'ssieurs les Prussiens !, air : Mam'zelle la Victoire
Il rigolait comme une baleine, musique de Pépino
J’ai enn’ femme qui s’ fout d’ mi !, air : très connu

J'aime mieux ça, air : Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine
J'ai rêvé une nuit, air : J'ai rêvé d'une fleur
Je n'ai qu'une maman
J'os' pas faire ça !, air : Olga Olga
L'amour, le mariage et l'divorce !, air : Noir et bleu
Ma belle gosse, air : O viens, ma gosse
Madame, n'allez plus chez l' guérisseur !
Madïana
Mais voilà ce n'est pas encore la mode, air : Gitana
Maman n'veut pas !, air : Lune d'amour
Manolita

Le marché noir, air : Le plus beau tango du monde


collection personnelle

Marche des cocus (la), air : La Marche des Poilus
Marguerite, air : Arthémise
Maria ! Maria !, air : Olga ! Olga !
Le mineur est un héros, air : L'amour est passé près de vous

Moi j'ai une belle mère !, air : en plus petit
Mon p'tit, air : Du gris
Mon p'tit gars, air : Miralda
Ne pleure plus maman, chanson vécue, air : La valse d'amour 
Nos "honnêtes" cultivateurs, air : l'amour est passé près de chez vous
Much' tes guampes, Clémentine !, air : Valentine
N' vous mariez pas !
Naufrage du St-Philibert (le), air : Une Simple Poupée
Ne pleures pas, petit' maman, air : Sur le trottoir

N'oubliez pas nos captifs, air : Au bal de l'Amour
On n's'en fait pas !, air : avec le sourire
On s'fout d'nous
Ouïe ouïe ouïe, y a plus d'houille, air : Au-delà des nuages
Oui, mais... elle danse le charleston !, air : C’est si gentil, les hommes
Pensons à nos prisonniers, air : Au bal de l'Amour
P'tit's femmes de Valenciennes (les), air : Sur les bords de l'Atlantique
Petite maman que je t'aime, air : Dis-moi pourquoi je t'aime
Petite maman si tu savais ...
Petite mère chérie ...
Portrait d'une maman (le), air : Si tu savais combien je t'aime
Pour mon gosse, air : A Sorrente un soir
Pour plaire à Mélanie, air : L' jolie loucheuse
Pourquoi m'avoir tué mon homme ?, lettre de Mme Sacco au gouverneur Fuller air : Si tu savais combien je t'aime
Quelle misère ! quel bazar !, air : Bel ami

Qu'elle sale invention, les belles-mères ! [sic], air : Le trompette en bois
Quand ej' vos passer Maria, air : Soleil marocain
Quand le printemps chante, sur des motifs d'un fox-trot célèbre, musique de Pépino
Quand les roses sont mortes
Quelle misère ! quel bazart !!, air : Bel ami
Rendez-moi mon papa, air : Au-delà des nuages
Repentir, air : Souvenir
Rien à faire em' maman n' veut point, air : Boudou ba da bou
Reviens ... petite Mimi
Si té voulos dév'nir em' bonne amie !
Supplication, air : Primerose
Sur un air de black-bottom, musique de Pépino
Swing et Zazou !, air : Le chapeau de Zozo
Une Guérison qui tombe mal, air : Musique de Chambre
Valse des trottins (la)
Valsez ! trottins légers
Viens Nénette, air : Mimosette
Y a d' la baisse !, air : Y a trois filles à Saint Quentin


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Plusieurs feuilles volantes imprimées en Belgique sont conservées à l'Institut d'Histoire Ouvrière Economique et Sociale, voici le relevé des titres :

La Louvière : Impr. L. Charlier-Wery, les succès du jour de la revue jouée par Pépino et Berthe Ballas, les célèbres duettistes belges
- N'vous mariez pas ! / paroles de Pépino ; air : Faites-ça pour moi 
- L'amour au revolver / paroles de Pépino et Gilberte Ballas ; air : Tant qu'il y aura des coqs 
- Le portrait de maman / paroles de Pépino ; air : Si tu savais combien je t'aime
- Les oiseaux de nuit / paroles de Pépino et G. Ballas ; air : Gigolette-fox
- À Naples la jolie ! / paroles de Pépino ; air : Venise la jolie" ; 
- Bengala / paroles et musique de Pépino" ; 
- Ma Rose chérie / paroles de Pépino ; air : Ma Rose Marie 
- Ca fait pleurer les pauvres mères / paroles de Pépino ; air : L'étoile du matin
- Pour mon gosse / paroles de Pépino ; air : À Sorrente, un soir
- Carmencita / paroles de Pépino ; air : Alleluia
- Ah ! les femmes d'aujourd'hui / paroles et musique de Pépino
- Le charleston / paroles de Pépino ; air : C'est si gentil les hommes
- Les baisers d'une maman / paroles de Pépino ; air : Riquita
- C'est toujours l'ouvrier qui paye ! / paroles de Pépino ; air : Mon Paris

La Louvière : Impr. L. Charlier-Wery 
- L'horrible catastrophe d'Estinnes-au-Val ou Le coup de grisou d'Estinnes-au-Val / paroles de Pépino ; air : Nuit de Rio
- C'est toujours l'ouvrier qui paye ! / paroles de Pépino ; air : Mon Paris
- En dansant l'black-bottom / paroles de Pépino ; air : Elle a mis son smoking
- Sous le soleil du Maroc / paroles de Pépino
- Le charleston / paroles de Pépino
- Ton Paris / paroles de Pépino
- Mona delza / paroles de Pépino ; air : Primavera
- Gloire à Lindbergh / paroles de Pépino ; air : Mon Paris
- L'exilé et l'hirondelle ou Les deux amis / paroles de Pépino ; paroles et musique H. Simoens
- Nungesser : la fin d'un beau rêve / paroles de Pépino ; air : Rien qu'une nuit
- J'ai l'béguin pour Séraphine / paroles de Pépino ; air : Barcelona
- Les baisers d'une maman / paroles de Pépino ; air : Riquita
- C'est pour toi / paroles de Pépino ; air : Souviens-toi
- Marizita / paroles de Pépino ; air : Marquita

Sans lieu,  sans date
- Le Calvaire du Mineur / paroles de Pépino ; air : La valse d'amour
- Pardonne et souris-moi ! / paroles de Pépino ; musique de Omer Lambillotte
- Quand vient la vieillesse / paroles de Pépino ; air : Le temps des cerises
- Vive l'Exposition ! : Liège 1939 / paroles de Pépino ; air : Viva Mussolini
- La Détresse des chômeurs / paroles de Pépino ; air : Plaisir des bois
- L'image chère / paroles de Pépino ; air : Si tu savais combien je t'aime
- Sois heureuse petite mère ! / paroles de Pépino ; air : La valse d'amour
- Gosse de misère / paroles de Pépino

Charleroi (18, av. de Waterloo) : Impr. Édouard François
- En parlant l'anglais ou Englisch cocufing ? / paroles de Pépino ; air La Baya
- Tous en grève / paroles de Pépino ; air La marche des hommes bleus
- Comme au temps des All'mands / paroles de Pépino ; air Reviens vers le bonheur

Liège : [Maison Joseph Halleux]
- Les femmes et la mode / chanson satirique de Pépino ; air : Celle que j'aime est parmi vous
- Ah ! les Belles-mères !" / paroles de Pépino ; air : Al ! les grandes femmes
- Maman n'veut pas ! / chansonnette de Pépino ; air : Lune d'amour

La Louvière : Impr. L. Charlier-Wery, les gais refrains de Pépino
- Du talc dans la farine / air : Le temps des cerises
- Au secours des enfants des villes / air : On n'a pas tous les jours vingt ans
- N'oublions pas nos captifs / air : Au bal de l'amour
- Ah ! les fermiers / air : L'amour est passé près de vous
- Une guérison qui tombe mal / air : Musique de chambre
- Quelle misère ! Quel bazar ! / air : Bel ami
- Swing et zazou / air : Le chapeau de Zozo
- J'aime mieux ça / air : Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine
- Rendez-moi mon papa : lettre au bon Dieu d'un enfant dont le père est mort au champ d'honneur / air : Au-delà des nuages
- Le mineur est un héros / air : L'amour est passé près de vous

La Louvière : Impr. L. Charlier-Wery les derniers succès de Pépino
- Dans la rue des radis / paroles de Pépino ; air : Sous les ponts de Paris
- Le marché noir / paroles de Pépino ; air : Le plus beau tango du monde
- Les plaisirs du ravitaillement / paroles de Pépino ; air : L'amour est passé près de vous
- Au secours des enfants des villes / paroles de Pépino ; air : On n'a pas tous les jours vingt ans
- N'oublions pas nos captifs / paroles de Pépino ; air : Au bal de l'amour
- Ah ! les fermiers / paroles de Pépino ; air : L'amour est passé près de vous
- Une guérison qui tombe mal ! / paroles de Pépino ; air : Musique de chambre
- Quelle misère ! Quel bazar ! / paroles de Pépino ; air : Bel ami
- Swing et zazou / paroles de Pépino ; air : Le chapeau de Zozo
- Rendez-moi mon papa : lettre au bon Dieu d'un enfant dont le père est mort au champ d'honneur / paroles de Pépino ; air : Au-delà des nuages
- Le mineur est un héros / paroles de Pépino ; air : L'amour est passé près de vous

La Louvière : Impr. L. Charlier-Wery, les dernières créations de Pépino
- Ouïe, ouïe, ouïe, y a plus d'houille / paroles de Pépino ; air : Au-delà des nuages
- Pensons à nos prisonniers / paroles de Pépino ; air : Au bal de l'amour
- Nos "honnêtes" cultivateurs / paroles de Pépino ; air : L'amour est passé près de vous
- J'ai rêvé... une nuit / paroles de Pépino ; air : J'ai rêvé d'une fleur
- Une guérison qui tombe mal ! / paroles de Pépino ; air : Musique de chambre
- Quelle misère ! Quel bazar ! / paroles de Pépino ; air : Bel ami
- Rendez-moi mon papa : lettre au bon Dieu d'un enfant dont le père est mort au champ d'honneur / paroles de Pépino ; air : Au-delà des nuages
- Le mineur est un héros / paroles de Pépino ; air : L'amour est passé près de vous
- Le calvaire du mineur / paroles de Pépino ; air : La valse d'amour
- J'aime mieux ça / paroles de Pépino ; air : Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine
 
 
 
******* 
 

Collection association Ritournelles et Manivelles, merci à Arnaud pour le partage, 
 
une autre version datée de 1930 par cette chanson sur la première catastrophe de Marcinelle partagée par Anaud, même collection. 
 
 
 

Bruxelles (64, rue des Capucins) : Maison Florent Fiocchi
- L'enfant du chômeur / paroles et musique de Pépino" 

+ même éditeur, collection association Ritournelles et Manivelles, merci à Arnaud pour le partage et Jean-François "Maxou" Heintzen pour le lien
- C'est un enfant d'Espagne, chanson humanitaire / Een Kind uit Spanje, air : l'amour a passé près de vous
- L'empoisonneuse de Liège / De Gifmengster van Luik, air : Bohémienne aux grand yeux noirs

Nouvelle adresse : Braine Lalleud, chaussée d'Alsemberg, avec Lyda HUBER
Les chansons du poilu français 
- La ligne Maginot, air La Madelon
- Staline a bouffé tout l'gâteau !, air L'amour a passé près de vous
- Varsovie la martyre !, air Bohémienne aux grands yeux noirs, paroles du Sergent Polart
collection association Ritournelles et Manivelles, merci à Arnaud pour le partage 
 
 

dimanche 1 mars 2026

Hommage à Edmond de Coussemaker, 2003

mise en ligne le 10/7/2016
mise à jour le 1/3/2026 : tous les fichiers à télécharger 
 


Le 16 mai 2003, Patrice Heuguebart, alors directeur du Centre Socio-Culturel d'Hazebrouck, avait organisé une soirée cabaret en hommage à Edmond de Coussemaker. Il avait invité plusieurs groupes à interpréter les chants collectés par l'illustre Bailleulois. Des groupes constitué ou reconstitué, voire formé pour l'occasion, et un chanteur soliste, Jean-Jacques Révillion, qui m'a proposé de mettre en ligne l'enregistrement de cette soirée réalisé par Patrick Bollier.

Le programme de la soirée :

Bruynzand
- Airs du carnaval de Bailleul
- Chanson accompagnée à la vielle à roue
- Les carillons d'Esquelbecq et de Dunkerque
- 'T godsdeel of den rommelpot
- Zoete Mariton / Maclotte d'Habiémont
- Kermislied / En's avonds
télécharger

De Kreupelaer (Claude et Marc Debrock, Yves Fauvel)
- De Kreupelaer
- Un chant flamand
- Air de la Renaissance / Sint Martin / De Boer / Klompendans
- Motet d'Adam de la Halle
- Le Frère nourricier / Chant des rois mages
- Suite de danses
télécharger

Haeghedoorn
- Mavrouve_Racheltje
- Pierlala
- Ik zag Celilia komen / ? / ?
- Jan mijnen mam / Ma Seurtje
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Hopland
- Blanchefleur
- Instrumental Vielle à roue et rommelpot
- Sint Anna feest / Ma Seurtje / Tjanne / Zoete Mariton
- Instrumental flûte et violon
- Herdekens lied
- Drink ik a pintje
télécharger

Jean Jacques Révillion
- Carillon d'Esquelbecq / Dragon pour boire / Carillon de Dunkerque / Suite d'airs du Carnaval de Dunkerque
- Les 12 mois de l'année
- Ali alo pour Maschero
- Sinte Anna begeertje
télécharger

Smitlap
- Kapiteyn Bart / ? / ?
- Sint Anna feest / Carillon de Douai
- Instrumental, suite de scottisches
télécharger

Snote Neuze
- Chant des rois mages
- Chant des rois mages
- Pot pourri flamand
télécharger


mercredi 14 janvier 2026

Jean-Jacques Révillion - Elève toi donc belle

mise en ligne le 15/5/2016
mise à jour le 14/1/2026 : ajout des notices des chansons
 
« Elève toi donc Belle », Chants traditionnels du Nord de la France. 
Jean-Jacques Révillion †, Mabidon et autres compagnons



Ce CD autoproduit à 1000 exemplaires il y a plus de 10 ans (2005) étant désormais épuisé, j’ai proposé à Christian Declerck de le publier sur le blog Mémoire du folk en Nord Pas de Calais. Je n’envisage pas en effet de réédition, et on peut considérer qu’il fait désormais partie de l’histoire de la musique traditionnelle régionale.
Chanter a toujours été pour moi un plaisir et une pratique qui faisait partie de mon quotidien. Enfant, j’ai le souvenir des réunions de familles, mariages, banquets où à la fin du repas, un ancien se levait et entonnait « sa » chanson. Devenu louveteau, le chant faisait partie de la vie en camp, lors des randonnées ou veillées. Adolescent, quand j’ai commencé à jouer de la guitare avec les copains, j’ai chanté Brassens, Hugues Aufray, les yéyés, Graeme Alwright. Puis j’ai découvert le folksong, la guitare américaine.

Christophe à gauche
Au lycée, j’ai fait la rencontre de Christophe Declercq, qui passait ses vacances en Bretagne et m’a fait découvrir le folk français naissant, avec Alan Stivell et le folk-club parisien Le Bourdon.
En 1973, notre bac en poche, on a commencé à fréquenter les folk clubs qui démarraient sur Lille : Les Arts et Métiers, la MJC Marx Dormoy. On y a rencontré Michel Lebreton, Philippe Margat, avec qui on a fondé un groupe qui allait devenir MABIDON (1974).
C’est avec eux que j’ai commencé à chanter les chansons de la région, avec le « Canteloube », accessible dans toutes les bonnes bibliothèques, et qui mettait à notre disposition un répertoire du Nord Pas-de-Calais Picardie dans son anthologie des chansons populaires de France (où il omettait systématiquement de citer ses sources, pouvant laisser croire qu’il en était lui même le collecteur)
C’est à cette époque que des chansons comme Voici la Saint Jean ou La belle est en jardin d’amour ont intégré mon répertoire. Par la suite, l’orientation prise par MABIDON vers la pratique exclusive du bal folk, le manque de demande du public pour du concert, des problèmes de voix aussi, tout cela a abouti à une mise en sommeil de mes prestations de chanteur, à part quelques chansons à danser interprétées en bal.

avec le groupe Mabidon
En 1996, j’ai participé à l’aventure des Musiciens routiniers du Nord Pas de Calais, qui a regroupé, sous la houlette de Philippe Cheval et Patrice Heuguebart une quinzaine de musiciens pour un concert centré sur la musique régionale. J’y étais sollicité en tant que violoneux et chanteur, et j’y ai retrouvé le plaisir de chanter en public. La Bière, Le petit ramoneur viennent de cette expérience  qui a donné lieu à 3 ou 4 concerts, mais dont malheureusement il ne reste aucune trace enregistrée. [il reste celle d'avril 1999, ICI]
Mais ça m’a donné l’envie de continuer à travailler un répertoire de chants de nos régions septentrionales à partir des collectages réalisés du XIXe siècle à nos jours. Alexandre Desrousseaux, Durieux et Bruyelle sont devenus des livres de chevet, ainsi que les collectes de l’association Marie Grauette, du Boulonnais Michel Lefèvre, mes collectes personnelles, tout cela constitue un fonds important que quasi personne n’interprète.

avec Patrice Heuguebart
En 2000 et 2001 j’ai été invité par Bernard Boulanger pour présenter ce travail à la Fête de la Piposa, cette association de Sailly sur la Lys bien connue des amateurs de musique traditionnelle. A la descente de scène, on m’a dit « tu devrais en faire un disque », l’idée a fait son chemin, j’ai commencé à travailler à ce projet avec l’aide, pour les arrangements, de Stéphane Couturier et Julien Biget, j’ai sollicité mes potes musiciens de Mabidon, bien sûr, ainsi que Patrice Heuguebart. On a travaillé artisanalement, en prenant du temps, l’enregistrement s’est fait « à la maison » grâce au studio mobile et à la patience de Mike Varlet. La première séance d’enregistrement a eu lieu le 4 janvier 2003, la dernière le 5 juillet 2004, juste avant que MABIDON ne fête ses 30 ans d’existence à l’estaminet des Damoiselles.
Le concert pour la  sortie du CD « élève toi donc belle » a eu lieu le 1er avril 2005 lors de la fête de la Piposa.



Ont participé à la réalisation de cet enregistrement :
- Jean-Jacques Révillion† (chant, violon, cistre, bouzouki, guimbarde)
- Julien Biget (guitare, bouzouki, arrangements)
- Philippe Cheval† (cornemuse)
- Stéphane Couturier (guitares, arrangements)
- Christophe Declercq† (violon)
- Didier Demarcq† (accordéons diatoniques)
- Charles Duytschaever (batterie)
- Patrice Heuguebart (accordéon chromatique)
- Benoit Laloyaux (conception graphique pochette et livret)
- Marc Lequenne† (aquarelle de couverture)
- Mike Varlet (prise de son et mixage)
- « Foon mastering center » (mastering)


Le 10 mai 2016
Jean-Jacques Révillion †

****

01 - La bière (Alexandre Desrousseaux)
- J.-J. Révillion : chant
- Patrice Heuguebart : accordéon chromatique
- Stéphane Couturier : guitare
- Charles Duytschaever : batterie
 Auteur de « l’canchon dormoire » (alias Le petit quinquin) devenu l’hymne régional des gens de ch’nord, Alexandre Desrousseau (1812-1892) était de son vivant une immense vedette en tant que chansonnier. Il a composé et écrit de nombreuses chansons où il traitait de la vie quotidienne des petites gens et des ouvriers Lillois, milieu dont il était issu. Il a écrit les paroles de cette chanson sur un air connu à l’époque (« Allons trotte, trotte Javotte ») comme cela se faisait fréquemment dans ce temps là . Son œuvre a été publiée en cinq volumes sous le titre « chansons et pasquilles lilloises » et a fait l’objet de multiples rééditions, témoignant de la popularité du personnage à une époque où les mass médias n’existaient pas. Cette chanson est un hymne à la gloire de la boisson préférée des chtimis, le jus d’houblon. Le rythme de marche originel un peu martial a été transformé en valse ma foi fort agréable à danser. 

02 - Un jour à la promenade (trad.)
- Julien Biget : bouzouki
- Stéphane Couturier : guitare
- JJ Révillion : chant 
Desrousseaux, homme du peuple, a aussi recueilli les chansons traditionnelles de la région de Lille. Il a publié ses recherches dans l’ouvrage « Mœurs populaires de la Flandre française » en 1889. Il y décrit une terre du Nord riche de traditions, avant l’ère industrielle et les deux conflits mondiaux du XXe  siècle qui ont tant remodelé notre région. Voici ce qu’il dit à propos de cette chanson : « cette ronde, qui est à peu près oubliée aujourd’hui, était très populaire à Lille au temps où l’industrie de la dentelle y était florissante. Il y a une quarantaine d’années, des filles et des garçons la chantaient tous les soirs, au printemps et en été, dans nos rues. »
 
03 - Le galion d'Espagne / En attendant mieux (trad./JJR)
- JJ Révillion : violon, chant.
- Julien Biget : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Cette chanson de corsaire provient d’un cahier de chant manuscrit daté de 1788, originaire de St Omer, et déposé à la bibliothèque de Boulogne-sur-Mer. C’est Michel Lefèvre, infatigable collecteur de chansons maritimes du Boulonnais, qui a retrouvé ce document. La mazurka qui suit a été composée pendant ma période de conscription, d’où le titre.

04 - Le petit ramoneur (trad.)
- JJ Révillion : chant.
- Patrice Heuguebart : accordéon chromatique. 
Collectée à Zérables (62) en 1983 par Gaby Delassus et Patrick Delaval auprès de Basile Lignier, cette chanson témoigne de l’activité de collectage déployée dans la région dans les années 1980. À notre surprise, nous avions alors découvert que la tradition orale, du moins dans le domaine de la chanson, ne s’était pas arrêtée au début du XXe siècle. Ces recherches ont fait l’objet d’une diffusion par l’association « Traces » dans une cassette et un livret publiés en 1986, et depuis longtemps épuisés. Cette chanson se rattache à la tradition des textes à double sens érotique.

05 - Elève toi donc belle (trad.)
- JJ Révillion : bouzouki, chant.
- Stéphane Couturier : guitare. 
Recueillie en Artois, elle a été publiée en 1868 par Achille Durieux (1826-1893), archéologue des beaux-arts, dans le second volume des « Chants et chansons populaires du Cambrésis ». Le premier volume était paru en 1864, et co-signé avec Adolphe Bruyelle (1811-1875), chercheur érudit demeurant lui aussi à Cambrai.
Suivant l’air du temps et la circulaire Fourtoul, de nombreux érudits se sont lancés en France, au XIXe, dans la collecte des chansons traditionnelles. Ils s’intéressaient surtout à l’aspect littéraire et musical. La fonction sociale de ce répertoire a été le plus souvent négligée, les informateurs sont rarement cités et les danses jamais notées. De vagues indications (rondes dansées, danse en rond…) sont parfois données, insuffisantes pour reconstituer le type de danse pratiqué. Ici Durieux parle d’une ronde, il s’agit donc bien d’une chanson à danser, comme en témoignent les paroles à répondre et le caractère de la mélodie.

06 - L'assassinat (Georges Brassens)
- JJ Révillion : cistre, chant.
- Julien Biget : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
On la croirait traditionnelle, cette complainte, colportée de ville en ville par les chanteurs de rue, pour émouvoir les foules, avec ses paroles édifiantes et sa fin morale. Mais c’est du Brassens pur jus, dont on reconnaît le coup de griffe final à la bien-pensance : « certains dévots depuis ce temps sont un peu mécontents. » Voici ce qu’en disait René Fallet, l’ami fidèle de Georges : « L’assassinat pourrait être daté de 1848 ou 1865. Georges Brassens a repris là un genre abandonné, celui de la complainte, ces complaintes que chantaient les colporteurs en désignant d’une baguette une série d’images plus ou moins d’Épinal illustrant leurs couplets. ». C’est ni plus ni moins que la description de Brûle-Maison, fameux chansonnier Lillois du XVIIIe siècle.

07 - Gambrinus (J.-J. R.)
- JJ Révillion : violon.
- Julien Biget : mélodéon.
- Christophe Declercq : violon. 
Du plus loin qu’il me souvienne, je nous revois, avec Christophe, en train de jouer ce morceau qui est sans doute la toute première mélodie qui me soit venue au bout de l’archet. Gambrinus est, selon la légende qui court dans nos contrées, un roi des temps anciens, inventeur de la boisson préférée des Chtis : la bière. Ce titre est aussi une référence aux Géants de nos villes de Flandres, autre emblème de notre région. Les villes d’Armentières (59) et de Béthune (62) ont choisi Gambrinus comme géant. Il est souvent représenté comme un barbu débonnaire, la chope à la main, chevauchant un tonneau de bière.

08 - Jésus s'habille en pauvre (trad.)
- JJ Révillion : violon, chant.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Chanson traditionnelle publiée par Joseph Canteloube dans son « anthologie des chants populaires français » à la rubrique « Picardie ». Canteloube (1879-1956), compositeur français ayant transcrit et « harmonisé » un grand nombre de chansons traditionnelles, prospecté en centre France, mais pas, à ma connaissance, dans les régions du Nord. Les chants de la région publiés dans son anthologie sont des repiquages de collectages plus anciens (cf le n°9). J’ignore à qui il a emprunté ce chant qui s’apparente aux chants de quête. 


09 - Voici la saint Jean (trad.)
- JJ Révillion : violon, chant.
- Julien Biget : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Publiée également par J. Canteloube, (mais empruntée, sans citer sa source, à Achille Durieux 1868) ce chant à danser du Cambrésis est la première chanson traditionnelle locale que j’aie apprise (si on excepte Le petit quinquin et la berceuse du n°11!), quand j’ai attrapé le virus de la musique traditionnelle vers 1973. Le « Canteloube » était en effet facilement accessible, on le trouvait dans toutes les bibliothèques des collèges et lycées de France. J’allais par la suite découvrir de Coussemaeker, Desrousseaux, Durieux et Bruyelle, etc. ainsi que les joies du collectage. L’arrangement originel à 2 violons (toujours avec Christophe) a été renouvelé par l’adjonction de Julien à la guitare et de Didier au diatonique pour une nouvelle version qui me plait décidément beaucoup.

10 - La belle est en jardin d'amour (trad.)
- JJ Révillion : chant. 
Toujours extrait de l’anthologie de Canteloube, une version picarde d’un thème très répandu dans toutes les régions francophones. J’en ai déjà entendu une version très proche collectée au Québec dans les années 1970. Je n’ai pas résisté à l’envie de la chanter a capella, ce qui était traditionnellement la manière la plus fréquente d’interpréter ce répertoire.

11 - Berceuse / Alfred le chien (trad/JJR)
- JJ Révillion : chant, violon.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Cette berceuse est la première chanson traditionnelle que j’aie jamais apprise. Je la tiens de tradition orale familiale, puisque c’est Marcel Balland, mon grand-père maternel qui me la chantait pour m’endormir, lorsque j’étais enfant. 
La scottische qui suit porte le nom du chien qui a suivi fidèlement Mabidon à ses débuts : il s’installait sous ma chaise à chacune de nos prestations, attendant sagement que son maître ait fini pour repartir avec lui. C’était un mélomane, il ne hurlait pas au loup quand je jouais du violon.

12 - Mon père m'envoie t'à l'herbe (trad.)
- JJ Révillion : chant, cistre.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Originaire de l’Artois et du Cambrésis, cette chanson a été publiée par A. Durieux en 1868. L’arrangement permet d’entendre sonner un instrument qui a été très répandu dans les régions du Nord au XVIe puis au XVIIIe siècle : il s’agit du cistre français, qu’on entend également sur « L’assassinat », au n°6. Cet instrument est de la même famille que la cetera corse, la guitare de fado et l’English guitar.

13 - Les trois demoiselles / La mandoline (trad./trad.)
- JJ Révillion : chant, violon.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
J’ai collecté cette chanson en 1978, à Verchocq (62) auprès de Léopoldine Hochart. Dotée d’une belle voix et d’une excellente mémoire, elle possédait un vaste répertoire de chansons réalistes et populaires de la fin XIXe début XXe qu’elle avait apprises de ses oncles et de sa grand-mère, ou sur « feuilles volantes » (ces petits formats qui servaient à la diffusion des tubes avant le développement des mass médias). Ce n’est qu’après avoir épuisé ses strates de souvenirs plus récents que sont remontées à la surface quelques chansons issues du fonds traditionnel, dont cette version des 3 jeunes filles aux souliers usés. Elle a été publiée dans la cassette de collectage de l’association « Traces », tout comme la scottische qui suit, collectée par Rémy Dubois auprès d’un des derniers violoneux de tradition wallons, Henri Schmitz. C’est un souvenir des échanges fructueux que nous avons eus avec nos amis belges, dans les années 75-80, époque où nous avons découvert un répertoire de violon traditionnel proche de chez nous, violoneux du Nord. Dans notre région, la pratique du violon traditionnel semble s’être arrêtée bien plus tôt dans le temps d’après les rares témoignages retrouvés (avant 14-18).
 
14 - La belle aperçoit une barque (trad.)
- JJ Révillion : chant.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
L’historien et folkloriste boulonnais Ernest Deseille a recueilli ce chant de marin et l’a transcrit dans un manuscrit intitulé « les gaités boulonnaises » rédigé vers 1880. La mélodie a été reprise du recueil de chant du Petit Journal paru en 1866. Le thème de cette chanson est très répandu dans toutes les régions francophones. Il constitue une allusion métaphorique de la conquête amoureuse. À la même époque coexistait un répertoire beaucoup plus explicite : il s’agit de cet immense répertoire de chansons paillardes que les folkloristes du XIXe siècle ont systématiquement censuré, mais auquel ils font régulièrement allusion dans leurs préfaces comme en témoigne cet extrait de Desrousseaux : « Nous avons gardé en portefeuille des chansons, des rondes, et des couplets très populaires chez nous (…) dont certains passages auraient dû être supprimés ».

15 - Le chemin d'Emblise / La rue de l'égalité (JJR/JJR)
- JJ Révillion : violon.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique. 
Un air en 6/8 pour faire danser les gens. Après différents essais en bal, nous avons trouvé que c’était le rondeau gascon qui convenait le mieux. J’espère que les gascons ne nous en voudront pas trop d’avoir importé en Septentrion une de leurs danses préférées. Mais la pratique du bal folk (qui fait fureur dans la région depuis des années !) réserve parfois des surprises : certains danseurs peu avertis sont en effet persuadés que « la » bourrée, et la Cochinchine sont des danses typiquement flamandes.

16 - Le voyage à Maurice (trad.)
- JJ Révillion : chant, bouzouki.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
C’est la seule chanson qui ne soit pas issue des régions Flandres-Artois-Hainaut-Cambrésis-Picardie. Elle a en effet été collectée en Normandie, à Granville en 1980, auprès d’un Terre-Neuvas et Cap-Hornier de Granville, le capitaine Marcel Touquerant. Le Chasse-Marée l’a publiée en CD dans le volume 14 de son Anthologie des chansons de mer. C’est là qu’elle m’est tombée dans l’oreille et que je l’ai adoptée. 

17 - Tiens tiens tiens voilà Jean qui vient (trad.)
- JJ Révillion : guimbarde.
Celle-là, je la dédie tout particulièrement à Roland et Marcelle Delassus, ainsi qu’à Marie Grauette, qui ont réalisé un gros travail de collectage en Artois dans les années 70-80. Cette chanson faisait partie du répertoire de mamie Ginette, la grand-mère de Roland. On peut la danser en polka.



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vendredi 5 décembre 2025

Alexandre Desrousseaux

Mise en ligne le 24/1/2010
mise à jour le 5/12/2025 ajout de liens sur le texte de la revue 1932
 
 
En 1982 la ville de Lille fête le cinquantenaire de son beffroi. A cette occasion elle publie un disque hors commerce produit par les éditions Déesse – Septentrion.
Avec les interventions de René Pillot (directeur du théâtre La Fontaine), Nellie Laurence (chanteuse), Cyril Robichez (directeur du Théâtre Populaire des Flandres), André Georgian (chanteur), Jean-Louis Martin-Barbaz (directeur du Centre Dramatique National Nord Pas-de-Calais), Marief Guittier (du théâtre de la Salamandre), Jean-Pierre Heymann, Jean-Claude Casadesus, Liliane Ledun, Gilles Defacque, Daniel Hanivel, Henri Gallois, Robert Lefebvre.


Cliquez pour agrandir

On y trouve deux plages en rapport avec le thème de ce blog :
- Jacques Lannoy (carillonneur de Douai) joue sur le carillon ambulant régional Le Petit Quinquin d’Alexandre Desrousseaux
- un extrait du spectacle "La Revue" par la Compagnie Jean-Marc Chotteau qui chante La Bière d’A. Desrousseaux, accompagné par Laurent Claeys (violon), Eric Dehenne (piano) et Patrice Heuguebart (accordéon).

pour les représentations, Laurent est remplacé par Gérald Ryckeboer
La Revue a été diffusée sur FR3 Nord-Picardie, le 31/8/1983

source : Le Progrès de Cornouaille

Les premières pages de La Revue ou 1932 sont disponible  ICI
 
source : Gallica

source : archives municipales de Lille

Le p'tit quinquin et La bière


.o0o.

On m'a demandé de mettre la totalité du disque

01-Le petit quinquin
Jacques Lannoy joue sur le carillon ambulant régional le petit quinquin de Alexandre Desrousseaux

02-La légende de Lydéric et Phynaert
La légende de Lydéric et Phynaert contée par René Pillot Directeur du Théâtre La Fontaine, Centre Dramatique National, Nord Pas-de-Calais, de l'Enfance et de la Jeunesse

03-Ville de Lille
Nellie Laurence chante Ville de Lille - Michel Robakowski - J.C. Daigle - arrangement J. Buisine

04-Le plat pays
Cyril Robichez dit Plat Pays de Jacques Brel

05-La bière
Extrait du spectacle La Revue par la Cie Jean-Marc Chotteau qui chante La Bière d'Alexandre Desrousseaux - Laurent Claeys (violon) - Eric Dehenne (piano) - Patrice Heuguebart (accordéon)

06-Le temps des cerises
Jean-Louis Martin-Barbaz, Directeur du Centre Dramatique national Nord Pas-de-Calais dit Le temps des cerises de Jean-Baptiste Clément

07-Entendre une chanson
Le Centre d'Animation Culturelle l'Esplanade à Tourcoing, sous la direction de Patrick Dréan, propose André Gorgian accompagné par Yves Caudron dans Entendre une chanson de Brule-Maison, musique André Gorgian

08-Le vivat flamand
Tertous et Compagnie jouent et chantent le Vivat Flamand

09-L'Internationale
Version de Didier Debril du Groupe de Création des Musiques Contemporaines de Lille - Programme de synthèse de la voix chantée par ordinateur à l'Ircam (X. Rodet et M. Bennet)

10-Contre
Marief Guittier de la Salamandre, Théâtre Nationale de la Région Nord Pas-de-Calais. Contre d'Henri Michaux

11-La complainte du bel éclusier
Théâtre de Villeneuve d'Ascq (La Rose des Vents) - Le Théâtre de la Planchette) Pierre-Etienne Heymann dit La Complainte du bel éclusier de Louis Foucher (extrait)

12-La symphonie fantastique (valse)
L'Orchestre National de Lille et son Directeur Jean-Claude Casadesus ont choisi un extrait de la valse du 2e mouvement de la Symphonie Fantastique d'Hector Berlioz

13-Mon enfance captive
Liliane Ledun dit Mon enfance captive d'Albert Samain

14-Sonnet
Gilles Defacque du Théâtre du Prato dit Sonnet de Simons

15-La Scarpe
Le Centre d'Animation Culturelle de Douai - Direction Roland Poquet, présente La Scarpe de Marcelline Desbordes-Valmore

16-Ouverture du roi d'Ys
L'orchestre de l'Opéra du Nord sous la direction de son chef Henri Gallois : L'ouverture du Roi d'Ys, d'Edouard Lalo

17-Toi Flandre
Robert Lefebvre dit Toi Flandre d'Emmanuel Looten

18-Prélude n°2 sur les résonances des cloches
Jacques Lannoy, maître carillonneur, professeur de l'Ecole Française de Carillon de Douai et Tourcoing interprète sur le carillon ambulant de Douai-Nord Pas-de-Calais Prélude n°2 sur les Raisonnances [sic] des cloches de Robert Lannoy (1915-1979, ancien Directeur du Conservatoire de Lille)


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