Un texte relevé dans Napoléon au camp de Boulogne, par Fernand Nicolay (1905). Je n'ai pas retrouvé ces chansons dans les recueils de Michel Lefèvre.
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| Le camp de Boulogne, source Gallica |
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LES DISTRACTIONS DE LA GRANDE ARMÉE
Jeux divers, chansons de route, refrains boulonnais, danses... — Bal improvisé. — Marche du camp de Boulogne par les musiques militaires.
Non seulement on jouait quelquefois la comédie au camp, mais on dansait, on se distrayait, on chantait, soit entre les manœuvres, soit après les travaux de fortification, soit dans les marches militaires ; « et les vieux briscards », aussi bien que les jeunes recrues, s’en donnaient à cœur joie. Commençons par citer, comme spécimens de Chansons de route, quelques couplets typiques, tout en regrettant de ne pouvoir donner que des fragments, ou des strophes tronquées. En les lisant, on aura raison de ne pas trop se souvenir des règles du Parnasse :
Air : La boulangère a des écus.
D'Mont-Lambert, mais pas du Tape-Cul (hameau de la forêt de Boulogne)
On voit bien l’Angleterre,
Oui on la voit, car je l’ai vue
J'ai bien vu l’Angleterre, j’ai vu.
J’ai bien vu l’Angleterre.
D’l’Angleterre z’orons les écus
Qui ne nous cout’rons guère
Oui elle en a plus que d’obus :
Partons tous pour la guerre, partons,
Partons tous pour la guerre !.
D’Bonaparte on voit les soldats
Couvrir toutes les terres, etc.
Et les chansons de route se poursuivaient en une sorte de « scie » musicale, où figurent, à la manière de monorimes, les noms caractéristiques des villages boulonnais, formant d’originales cadences :
Vont à Alincthun
Et à Olincthun ;
Sont à Raventhun
Et puis à Baincthun,
S’en vont à Paincthun
Et à Florincthun ;
Passent à Raventhun
Et à Tourlincthun;
Vont à Terlincthun
Et à Godincthun ;
Puis à Verlincthun,
Etc
Sur l’air de « Il pleut bergère » se chantait l’espèce de litanie suivante :
Maninghen
Echinghen,
Bouquinghen
Wacquinghen,
Lédinghen,
Hardinghen
Lattinghen,
Tardinghen
Puis encore, toujours comme cadence rythmant le pas :
Conteville
Et Wimille,
Menneville
Billeauville,
Cuverville
Bournonville...
Ou bien enfin :
Watrezelle
Framezelle,
Haringzelle
Waringzelle,
Etc
Bellebrune
Valembrune,
Lozembrune
Gastebrune..
N’oublions pas un amusant refrain où un calembour, très fameux dans la région, était mis en œuvre en ces termes :
Wimille, Wissant, Neuville (8,809 villes),
S’arment en guerre,
Contr' Angleterre etc...
La suite ICI
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La DANSE
Enfin on dansait au camp de « droite » et au camp de « gauche », sur le plateau d’Odre, aussi bien qu’à Châtillon et ailleurs encore. Non seulement les chefs le permettaient, mais ils y incitaient les soldats pour les tenir en activité et aussi en belle humeur. Un bonnet de matelote, un madras noué « à la poissarde » sur la tête d’un jeune guerrier distinguaient les « dames » des cavaliers... : et ce devait être la seule distinction (?) de ces danseuses improvisées, dont la chorégraphie ne se signalait vraisemblablement ni par la légèreté, ni par la grâce... N’importe! les quadrilles n’en avaient que plus d’originalité, et les galops se déroulaient dans un tourbillon vertigineux […]
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| source Gallica |
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