Maxime Dumoulin (1893-1972) est un compositeur lillois de musique classique amoureux fervent des Flandres françaises et belge, il évoque dans ses œuvres profanes les souvenirs de son enfance et de son adolescence, ses voyages à pieds à travers les villes flamandes dont il chante les beffrois, les canaux, les légendes.
Robert Guilloux, 2007
Parmi ses souvenirs, j'en ai relevé deux en lien direct avec le folklore comme on disait à son époque.Le premierfait partie de la 11e suite pour piano composée vers 1959/60 qui évoque des souvenirs d'enfance et d'adolescence. Le n°2 s'intitule Cithare, elle fait référence à un souvenir très précis : Maxime Dumoulin tout enfant découvre dans le grenier de sa grand-mère une vieille cithare. N'ayant pas de clef pour l'accorder, il tente vainement d'en tirer quelques sons mélodieux. (R Guilloux)
Que faisait cette cithare dans le grenier de sa grand-mère, à Lille ? Il est très jeune, on est donc avant 1914. Qui était cette grand-mère ? Sa grand-mère paternelle, Angélique Vandewaele, est morte en 1859. Je pencherai plutôt pour sa grand-mère maternelle, Marie-Louise Duviviez, qu'il a pu connaître. Elle est morte en 1908, 64 rue Jean Sans Peur à Lille, Maxime a 14 ans. Et si cette cithare était une épinette du Nord ? peut-être bien une Coupleux, avec des chevilles de piano ? partition à venir
Cette suite s'achève avec Le Chant de la Nativité composée en 1954 et crée à Bourbourg pour la messe de Noël (voir ICI)
Le souvenir suivant: La saint Nicolas en Flandre fait partie d'une suite pour piano, la deuxième, composée peu après la seconde guerre mondiale, à Montmartre. Elle pourrait s'intituler le Poème de l'enfance ou l’Éveil. Elle comprend cinq pièces qui furent publiées séparément. La 1ère, Le Cortège, fait référence à "la voix cristalline du traditionnel carillon de Flandre et le son des cloches", la 2e Le sommeil de Jacob est une courte berceuse, la 3e, La Saint-Nicolas en Flandre, c'est l'époque où les enfants reçoivent leurs premiers jouets. Ce n'est pas le Père Noël qui leur apporte, mais le bon saint Nicolas particulièrement vénéré en pays flamand. Cette pièce aux harmonies un peu heurtées et à l'allure enjouée est une sorte de gigue (R. Guilloux). La pièce suivante, Dans l'église, M. Dumoulin se souvient de l'époque où il chantait à la maîtrise de Notre-Dame de la Treille. La dernière page de la suite, Holda, fait référence à la mythologie germanique
Dans
les archives de mon père, j'ai retrouvé cet entretien réalisé par Eric
Debril le 19 octobre 1986, pour la Radio Uylenspiegel, diffusé dans son
émission Slaet op den trommele. Il avait enregistré le concert de Joël en Klerktje au café/folk-club Au Bier Buck
tenu par Michel Nave†, à Coudekerque-Branche, je ne sais s'il a
interviewé mon père ce jour là ou après. Mais il a monté les deux
enregistrements pour le diffuser sur la radio. L'intégralité de
l'émission est ICI, j'en ai fait la transcription.
Horlepiep / Jan Pierewiet
Klein ventje van Elverdinge
- Eric Debril : On va reprendre l'interview de Raymond, Klerktje, en français cette fois ci. Alors ce soir c'est un spectacle de Joël [en Klerktje] au Bier Buck de Coudekerque-Branche. Je te demandais tout à l'heure en flamand,
quel était ton répertoire ?
-
Raymond Declerck : mon répertoire c'est surtout le répertoire d'Edmond
de Coussemaker, pas mal de chansons que d'autres groupes a repris avant
moi, mais il y a aussi beaucoup de chanson de Willem Vermandere
évidemment parce que par ici on est en Flandre Française, il n'y a plus
beaucoup d'auteurs-compositeurs, donc on est bien obligé de puiser dans
le répertoire de l'autre côté de la frontière, et puis on n'est quand
même pas si loin de Dunkerque.
- ED : surtout que c'est le même dialecte il n'y a pas de problème
-
RD : oh moi avec Willem je n'ai jamais de problème, pas plus avec
Willem qu'avec tous les gens qui habitent la frontière. On peut quand
même aller jusque Bruges, Ypres, sans avoir de problèmes, c'est toujours
le même dialecte que chez nous. Après quand s'en va plus loin, Anvers,
Courtrai, ça change un peu.
- ED : quels sont les thèmes abordés dans ces chansons de Willem Vermandere ? ce sont surtout des chansons actuelles je crois ?
- RD : oui, il y a pas mal de chansons actuelles, mais il y a aussi pas mal de chansons qu'il a repris dans des vieux livres de Djoos Utendoale, Westhoekse poëzie,
c'est à dire des poèmes qui avaient été écrits par Joris Declercq,
Djoos Utendoale étant Joris Declercq pour ceux qui ne le savent pas, et
donc Willem a mis ces poèmes en musique et ça a donné de très jolies
chansons.
Cécilia
Vertrek naer Island
Lat mie mar lopen
- ED : Raymond je pense que tu es de langue maternelle flamande
-
RD : et oui… quand je suis allé à l'école, je ne parlais quasiment pas
un mot de français, je ne parlais que le flamand et j'ai continué à
parler le flamand jusqu'à l'âge de vingt ans, tous mes voisins, toute ma
famille parlaient flamand, enfin tout le monde quoi.
- ED : tu es originaire de où ?
- RD : de Cappelle la Grande
- ED : une commune flamande, il y a encore beaucoup de flamands, je crois, à Cappelle
- RD : je crois qu'il y a en plus qu'à Coudekerque Branche
- ED : et pourquoi tu t'es mis à chanter et à chanter en flamand ?
-
RD : déjà à l'âge de vingt ans il fallait pas me pousser beaucoup pour
me faire sauter sur le podium et pousser la chansonnette, et puis je me
suis marié il y eu toute une période où je n'ai pratiquement plus
chanté, sauf à l'occasion de réunions de famille, mais en français
toujours, l'harmonica c'est pareil, j'ai commencé à jouer de l'harmonica
j'avais treize ans, je fauchais en douce l'harmonica de mon père, pour
m'entrainer un petit peu et là aussi l'harmonica j'ai laissé tomber
pendant pas mal d'années, et puis un beau jour Radio Uylenspiegel ça été
pour moi une révélation. La première émission de RU, ça devait être en
janvier 1978, j'ai entendu cette chanson de Willem Vermandere qui
terminait l'émission Nee’w! Me gaon nuus Vlams nie loat’n [paroles J. Declercq, musique W. Vermandere], c'était une révélation si je puis dire.
C'est
ça qui m'a fait une prise de conscience, ça c'est quand quand du
flamand tel que je le comprends moi, tel que je peux le faire, moi,
pourquoi j'essaierai pas aussi de chanter en flamand ? alors mon fils
qui en faisait partie à l'époque de RU, ça a même été le premier…
disons…
- ED : initiateur
-
RD : initiateur si on veut, mais le premier qui a eu des problèmes,
disons. Comme il a vu que cette chanson me plaisait beaucoup il m'a
offert le disque de Willem V. alors, évidemment, il n'y avait pas que Nee’w! Me gaon nuus Vlams nie loat’n
il y avait un tas d'autres chansons, et j'ai été un petit peu emballé
par ce disque et puis j'en ai acheté d'autres par la suite et j'ai fait
une petite sélection de chansons que j'ai mise à mon répertoire. C'est
comme ça que j'ai commencé.
Den hoven
Carillon de Dunkerque
Danse de l'ours / Ma seurtje / Lire boulire
Blanche en zijn peird
-
ED : tu disais Raymond que RU avait le détonateur de ta prise de
conscience flamande, mais y a-t-il eu autre chose qui t'a permis de
découvrir la Flandre ?
-
RD : oui, je peux même dire que j'ai découvert deux choses en même
temps. J'ai découvert le chant en flamand et j'ai découvert aussi le
chant choral, parce que j'ai fait partie d'Het Reuzekoor, je ne me
souviens plus exactement en quelle année c'était, à HR il y avait pas
mal de chant en flamand aussi.
- ED : et puis vous êtes sollicités de par et d'autre de la frontière pour faire des prestations
-
RD : ben oui, Joël et moi on n'a pas à se plaindre, on vadrouille des
deux côtés de la frontière sans aucun problème, d'ailleurs cette
frontière elle n'existe pas, elle n'est pas là quoi. C'est la Flandre
des deux côtés. Alors évidemment ça va quelques fois plus loin que la
frontière, jusqu'à Anvers, ou Courtrai, ou Bruges, c'est toujours
flamand, c'est pas un problème.
- ED : et le plus loin où tu t'es produit en dehors de la Flandre du sud, c'est où ?
-
RD : c'est la Flandre de l'extrême Nord, je ne sais pas si ça s'appelle
encore la Flandre, puisque c'était en Frise en septembre dernier avec
Gérald et Katrien.
- ED : et tu t'es produit dans quel cadre en Frise ?
-
RD : c'était les Eurolympiades, les jeux olympiques des peuples
minoritaires, alors il y avait une partie sports comme tout jeux
olympiques qui se respectent et une autre partie spectacle.
- ED : sinon dans la Flandre du sud tu te produis dans quel cadre ? les estaminets culturels flamands mais aussi ailleurs ?
-
RD : aussi ailleurs pour les festivités du 11 juillet bien sûr [fête
nationale de la Belgique Flamande], ça tous les ans on est pris, l'année
dernière on était à Furnes et Kockelaere, l'année dernière on était à
Anvers et Courtrai.
-
ED : et comment le groupe est perçu au niveau de la Flandre du Nord ?
en Flandre Belge ?, là-bas il y a beaucoup de sympathie ou avec un peu
d'amusement ? comment êtes-vous perçu là-bas ?
-
RD : pas du tout d'amusement, avec beaucoup de sympathie et un accueil
vraiment formidable, partout où l'on va, dans n'importe quelle ville
belge où j'ai chanté avec Joël et avec Bart au début, puisque j'ai
commencé avec Bart il ne faut pas l'oublier non plus. Mais partout on a
toujours été très très bien reçu. et pas du tout un public amusé, au
contraire, des gens vraiment concernés. Ils sont tous heureux de se
rendre compte que par ici on parle encore le flamand et on chante encore
le flamand surtout.
- ED : et penses-tu que tes prestations puisse faire connaître aux flamands du Nord que la Flandre Française existe ?
-
RD : en oui ! c'est pour ça qu'on y va d'ailleurs, c'est pas uniquement
pour le plaisir de chanter et boire un pintje ! c'est pour qu'ils se
rendent compte que ce côté ci de la frontière il y a encore des
flamands, beaucoup plus qu'ils le croient.
- ED : vous êtes un peu les ambassadeurs, les troubadours de la culture de la Flandre du sud alors ?
- RD : oui, troubadours c'est un mot qui a été repris sur une affiche à Wervik il y quelques années.
- ED : Raymond, Joël n'est pas présent ici tout de suite. Tu peux nous dire qui est Joël ?
-
RD : Joël c'est d'abord un excellent musicien, puisqu'il a fait 7
années à l'harmonie de Coudekerque Branche, alors la musique il en
connait un bout, moi je ne connais pas une note, mais lui il connait
pour moi. Et puis Joël est aussi pris dans l'engrenage, maintenant il
est mordu, comme moi je suis mordu, il ne parle pas le flamand, mais il
commence à très bien le comprendre
- ED : et je crois que pour le spectacle, Joël s'est électrifié au niveau de sa guitare, c'est bien ça ?
-
RD : c'est à dire que Joël, avant de m'accompagner, il a fait beaucoup
de groupe pour animer les bals et tout ça, dans la région, il a fait
partie de plusieurs orchestres et il avait évidemment sa guitare
électrique qu'il a toujours conservée, et puis un beau jour il s'est dit
pourquoi ne pas essayer la guitare électrique sur certaines chansons ?
et ma foi on s'est aperçu que ça marchait très bien, je prends l'exemple
de Cécilia, accompagné à la guitare électrique c'est quand même
différent.
- ED : est-ce que tu peux nous dire, Raymond, où est-ce que tu as rencontré Joël ?
-
RD : je l'ai rencontré le plus simplement du monde, parce que Joël
c'est quand même mon neveu, donc Joël je l'ai vu venir sur terre ! je le
connais depuis toujours. On a eu quelques fois l'occasion avec Joël et
avec Christian il y a de très nombreuses années, de faire quelques fois
des petites soirées musicales mais c'était en français à l'époque, soit
chez moi, soit chez sa maman qui est ma sœur.
- ED : une famille de musiciens ? alors
-
RD : toute la famille oui, puis que le frère de Joël est musicien, sa
sœur fait de la musique à l'Harmonie de Coudekerque, donc là c'est toute
la famille.
Le garde champêtre et son tambour est une figure très connue des campagnes françaises, elle servait même de logo à notre fanzine régional Le Tambourineur.
Mais j'ai découvert l'existence d'un autre joueur de tambour qui pratiquait son instrument tous les jours, plusieurs fois par jour.
source : Echo de Paris 1922, Gallica
A Dunkerque, il était également concierge du Collège Jean-Bart :
Nord Maritime du 21 octobre 1923 :
« Au collège Jean-Bart, on a remplacé les
appels au tambour par l’appel plus moderne du timbre électrique. Eh bien !
ce petit évènement sans importance est une révolution ; et ce
bouleversement d’une coutume ancestrale s’est produit à la rentrée, c’est à
dire le 1er octobre 1923. Les anciens professeurs et les élèves de
notre établissement universitaire n’en reviennent pas complètement. Aux heures
du réveil, de la rentrée des classes, des repas ou du couvre-feu, ce ne sont
plus les ra et les fla militaires du tambour que l’on entend.
Mais la banale sonnerie électrique. Que voulez-vous, dit le très sympathique M.
Gillet, surveillant général, avec une pointe de mélancolie, le tambour devenait
quelque peu archaïque. Le tambour qui se tait, c’est quelque chose de l’âme du
collège qui s’évanouit, la sonnette électrique c’est plus matériel et dénué de
charme. On dira, c’est la rançon du progrès ! les très anciens élèves, en
lisant ceci, reverront la figure du père Vandorme [Charles Vandoorine] et pareillement
celle de sa femme [Marie-Thérèse Vanoosten], longtemps veuve, mais qui continua néanmoins, à battre le
tambour à l’exemple de son mari. M. Henri Coolen, le concierge actuel y est,
maintenant depuis vingt ans, il lui semble qu’il manque quelque chose à sa vie,
à ses habitudes et c’est de ne plus pouvoir prendre les baguettes pour frapper
sur la peau d’âne. Le tambour est conservé nous dit-il, pour le cas de panne.
Je crois bien que sans se l’avouer, ce bon Coolen souhaite la panne.
Pense-t-on ! voilà cent vingt années que la galerie des études, les
couloirs, les escaliers, le préau, les classes résonnent des mêmes roulements
et, comme les vieux instruments de musique, le tambour du Collège s’était
imprégné de l’ambiance du lieu ; il fut quelque chose, en effet, pour les
milliers et les milliers d’étudiants qui obéirent à ses ordres et qui en ont
encore le son dans les oreilles. »
Rares sont les représentations de ce musicien, je n'ai trouvé que ces deux cartes postales, photos prises au Collège de Saint Pol sur Ternoise, et ça tombe bien c'est dans le Pas-de-Calais !
collection personnelle
A Dunkerque il n'y avait pas de joueur de tambour pour les annonces, elles étaient lues par un clinqueur, une vieille tradition locale qui datait au moins du XVIIe siècle. voir ICI
*****
Edmond Leschevin* en a fait une chanson, mise en musique par Jacques Offenbach (source : Gallica)
* Joseph Jules Athénaïs Edmond Leschevin (1824-1908) était un employé du ministère de la Guerre, j'ai eu la surprise de découvrir que sa belle-mère était née à Dunkerque en 1788 ;-)
mise à jour le 6/6/2026 : la vidéo d’Éléonore LOUIS
Depuis plus de 15 ans que ce blog a été créé, je remarque de nombreuses visites, certaines uniques et brèves, mais d'autres fréquentes et approfondies. Quelques fois je lis des commentaires de remerciements ou des demandes précises, auxquelles je réponds quand elles ne sont pas anonymes, mais je ne connaissais pas l'usage qui est fait de toutes ces données. La conversation récente avec un ami, m'en a fait découvrir un, original, inclus dans un projet artistique. Un récent contact avec une artiste, Éléonore LOUIS, a abouti sur une vidéo, élément d'un spectacle en devenir.
CD
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Une expérience de création artistique :
Les Vieux d’La Veille, est un groupe crée en 2019. Il se compose de 8 membres (guitare, basse, batterie, section cuivre et accordéon). L’objectif était de participer à la Kingstar Académie, radio-crochet carnavalesque organisé par l’association les Kikeun Reusche. Pour l’occasion, nous avons décidé de créer un répertoire de reprises de chansons qui sont à l’origine de celles du carnaval de Dunkerque. Notre but était de surprendre et de faire découvrir aux gens des chansons dont ils connaissent parfois l’air mais pas les paroles originales.
Pour élaborer ce répertoire, nous avons bien sûr effectué des recherches sur le blog Mémoire du folk en Nord Pas de Calais. Nous y avons trouvé, entre autre, Allt Vad du Vill, qui a un lien avec la célèbre chanson dunkerquoise As-tu connu Manoot’je que nous avons décidé de reprendre et de faire connaître au grand public.
Au cours de ces recherches, nous avons également trouvé le texte de « l’Oncle Co » d’Eugène Gervais que nous avons également repris en nous inspirant de l’interprétation de William Schotte.
Le répertoire du groupe reprend des chants de la bande ainsi que des chansons carnavalesques (comme celles des groupes : Les Prouts,de Chapelle en Chapelle ou d’Ah ! C’est Hervé). On y trouvera la Mattchiche, l’Amour c’est comme de la salade, Funiculi funicula, les Craquelots mais aussi des chants militaires (Le gars Pierre).
Hier au soir (air du carillon d’Avesnes-sur-Helpe/chanson collectée à Maubeuge/M. Liénard)
voir dans les commentaires
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Bonjour Christian,
Het afzyn… la chanson de Marieke, que j'avais découverte par hasard sur Youtube, était pour moi comme un coup de foudre puis... impossible de la retrouver sur la toile ... je l'avais
perdue. Plus tard, en décembre 2024, tu m'as gentiment accueillie
chez toi, à Dunkerque pour mes recherches de programme musical flamand.
Grâce à toi, j'avais retrouvé, idem, une page au hasard dans le recueil de Coussemaker, la chanson...
L'idée
de mettre des images "vivantes" sur Het Afzyn a été long car le
tournage a nécessité de tourner sur 3 sites : Dunkerque, Saint Omer et Ambleteuse et
la météo a été un peu compliqué mais voilà ... c'est dans la boîte :-) Je viens de mettre en ligne le clip sur Youtube.
Merci encore d'avoir partagé tes connaissances, sans toi, ce projet aurait été différent, c'est certain. Encore un grand merci. N'hésite pas à partager cette création sur les réseaux qui
nous emmènera, j'espère, plus loin sur scène pour partager notre
programme avec un public large. A ce sujet, si tu as des adresses à
nous communiquer qui seraient susceptibles de nous accueillir en
concert, c'est le bienvenu et restons ouvertes à toutes propositions. Au plaisir de te revoir
mise à jour du 15/03/2026, ajout d'une vidéo Ascendam superius
mise à jour du 24/09/2025 ajout de la photo de la salle des fêtes et des infos sur éditeur A. L. Piot
mise à jour du 12/03/2023 ajout d'un lien vers concert BULCO
mise à jour du 24/02/2023 ajout d'une vidéo Vaines pensées
mise à jour du 06/07/2018 ajout d'une vidéo de Nadia Bendjaballah mise à jour du 08/05/2018 ajout d'une vidéo de Youkali mise à jour du 21/01/2017 ajout de la conférence/concert
Charles Delabre, vers 1925
collection personnelle
Charles Désiré Delabre, né à La Madeleine le 25 juillet 1870, est issu d'une famille d'artistes. Ses grands parents paternels, Hyacinthe Delabre et Annette Joséphine Bénard, sont comédiens dans des troupes de provinces puis à Paris, notamment au théâtre du Châtelet puis au théâtre de l'Ambigu. Son grand oncle, Henri Bénard (1810-1879), professeur d'ensemble au Conservatoire de Lille, est le chef d'orchestre du Grand Théâtre de Lille et chef de la musique des pompiers de la ville. Son père César Hyacinthe, né à Toulon, est d'abord comédien quand il s'installe à Lille vers 1866, il devient chef de la musique du bataillon des
canonniers sédentaires de Lille. C'est auprès de son père que Charles reçoit ses premières leçons de musique et d'harmonie. Parallèlement à ses études musicales au Conservatoire de Lille, il débute comme chef d’orchestre dans les brasseries lilloises pour lesquelles il compose de nombreuses musiques de danses. En 1899, à Dunkerque, il
épouse Hortense fille de l’entrepreneur maritime Victor LANGEVIN. Il termine ses études musicale au Conservatoire de Lille par un premier prix de piano en 1901 puis il s’installe définitivement à Malo les Bains au 10 de la rue de Bapaume.
Il participe à la
vie musicale dunkerquoise et surtout malouine en organisant des concerts et en dirigeant pendant près de dix ans l’Association Symphonique et Orphéonique de Malo avant 1914. Mais il démissionne de son poste suite à des querelles au sein de la société. Il se consacre alors
exclusivement à la composition et participe à de nombreux concours à Paris,
Nantes (1904), Lille (1909), Nice (1923) et Bruxelles (1909) où il remporte des
médailles d’argent ou de vermeil. Il laisse une œuvre considérable d'environ 90 compositions, des mélodies charmantes, des chœurs
avec accompagnement d’orchestre et des pages musicales de circonstance : Cantate à Jean-Baptiste Trystram, La Cantate
à la ville de Malo-les-Bains (1911), Ascendam Superius, marche malouine (1926),
Casino polka (1900), Malo plage, mazurka (1900), Le Vivat de la Jeune France, pour
ne citer que celles en relation avec sa ville adoptive. Il n'est pas musicien de profession. Pendant 38 ans, il est chef de service chez Jokelson où il dirige les grues flottantes. Il a eu deux enfants, Raymond, né en 1900, ingénieur naval aux Chantiers de France et Louise, née en 1901. Il décède le 28 juillet 1938 dans sa maison de la rue de Bapaume, il venait de fêter ses 68 ans. Tous ses manuscrits, plus de 400 documents qui ont miraculeusement échappés aux bombardements, sont conservés dans une collection privée. Christian Declerck
le 21 juin 2015, à la Bibliothèque de l'Université de la Côte d'Opale
BULCO, à Dunkerque ******* Conférence/concert Compositeurs et artistes dunkerquois au XIXe siècle à l'auditorium Bizet, Dunkerque-Petite Synthe le 24 novembre 2016
y sont interprétées les œuvres de Charles Delabre :
- Romance pour cor en fa et piano, par Eric Lorillard et Alice Nenert
- Ascendam superius, par Alice Nenert
- Casino polka, par Thomas Malet
- Douce chanson, mélodie, par Alice Nenert
- Sancta Cæcilia, par Frédéric Daudin-Clavaud et Alice Nenert
- Mères, ne pleurez plus, élégie, par Emmanuelle Piot, Alice Nenert, Véronique Rousselle et Frédéric Daudin-Clavaud
- Attente, de Paul Max et Charles Delabre, par Pascale Meesemaecker et Thomas Malet
- Romance pour cor en faet piano, de Charles Delabre, par Eric Lorillard et Alice Nenert
- La jeune malade, mélodie, de Louis Manotte, par Pascale Meesemaecker et Thomas Malet
- Romance, mélodie, de Charles Dourlen, par Emmanuelle Piot et Thomas Mallet
- My faith and truth, extrait de Samson de Haendel, répertoire de Benoîte Louise Lavoie, par Pascale Meesemaecker + 3 élèves de la classe de chant et Thomas Malet
- Perdonate signor, extrait de Le Mariage secret de Cimarosa, répertoire de Henriette Méric-Lamande, par Emmanuelle Piot et Thomas Malet
- Ascendam Superius, Casino polka et Douce Chanson, pour piano de Charles Delabre, par Alice Nenert
- Santa Cæcila, méditation de Charles Delabre pour violon et piano, par Frédéric Daudin-Clavaud et Alice Nenert
- Mères, ne pleurez plus, pour voix, violon, violoncelle et piano, de Charles Delabre, par Emmanuelle Piot, Frédéric Daudin-Clavaud, Véronique Rousselle et Thomas Malet
En résidence-mission "musique" dans le cadre du Contrat Local d'Education Artistique mis en place par la CUD, Nadia Bendjabellah a souhaité travailler sur les musiques de compositeurs locaux. Elle a notamment sélectionné plusieurs compositions de Charles Delabre.
Ave Maria, avec accompagnement de violon - piano ou orgue, manuscrit.
Ballet égyptien, suite d'orchestre, manuscrit (1910). interprétation par Nadia Bandjaballah
Cantate à Jean Baptiste Trystram, chœur à deux voix d'hommes, manuscrit (1910).
Cantate à la ville de Malo les Bains, composée en l’honneur de son 20e anniversaire, juin 1911 pour 1 ou 2 voix, Dunkerque M. Bar, op. 48, (1911), idem manuscrit.
Casino polka pour piano, op.19, Paris, Vve A. L. Piot* (1900).
Chanson, op. 63. Chanson, op. 64.
Chanson, op. 65, manuscrit, (1924).
Chanson du bicycle, op. 74, manuscrit (1933).
Chanson de la nuit, chœur, par A. Coulon, manuscrit.
Clotaire, pour chœur et orchestre, manuscrit. Constellation, valse op. 33, manuscrit (1901).
Cortège des brahmanes, pour longues trompettes en ut, manuscrit (1911).
Danse égyptienne pour piano, op. 26, dédiée à monsieur le docteur GEERAERT maire de Malo les Bains, Paris, A. L. Piot (1900).
Déception, le Kaiser à son chancelier durant l’occupation allemande, satyre, op. 56, manuscrit (1915/1919).
Désillusion, romance op. 37, manuscrit (1901).
Douce chanson, mélodie pour piano, œuvre primée au concours des Rosati de Flandre en 1923, publié dans la Gazette Musicale de France de mai 1925, op. 12, + manuscrit.
En avant !!!, marche militaire pour harmonie op. 44, manuscrit, (1903).
En Bohème, fantaisie pour orchestre op. 6, manuscrit.
Enigme !, romance, manuscrit.
Exil de Manon, chanson op. 66, manuscrit.
Fleur de mai, rêverie pour violon op. 11, à monsieur Alfred DUMONT, maire de Dunkerque, Paris, A. L. Piot (ca 1901).
Foot balle, scène comique op. 36, répertoire de M. RAMAY, manuscrit (1901).
Fragment d'airs dunkerquois, manuscrit.
Il suffit d'être femme, chanson, op. 43, manuscrit.
L'incomparable, polka pour trombone op. 32, musique de DELCOURT, arrgt. Ch. Delabre, manuscrit (1901).
Invocation, pour piano ou orgue et violon, manuscrit.
J'ai gagné le gros lot, chanson comique op. 2, manuscrit..
Jeunesse, valse lente op. 57.
Lâcheté !…, chanson op. 31, paroles de Albert PENTEL, créé par Mlle GERY à l’Olympia, manuscrit (1901).
La maîtresse, chanson op. 34, paroles de Jean CROISETTE, manuscrit (1901).
Malo plage, mazurka op. 28, Lille, l’auteur + manuscrit (1900).
Ma mie, mélodie, op. 23, à mon frère Jules DELABRE, professeur de musique, Paris, A. L. Piot (1900) + manuscrit (1899).
Manger, boire et danser, charleston op. 70, manuscrit (1927).
Manon Lescaut de l’abbé Prévost, suite de mélodies, op. 21, Paris, A. L. Piot + manuscrit (1899).
Marche guerrière, pour orchestre, manuscrit (1904).
Marche des mutualistes, manuscrit (1904).
Marche joyeuse des Flandres, op. 75, manuscrit (1933).
Marche scandinave pour piano, à sa Majesté Royale Oscar II roi de Suède et de Norvège op. 25, Paris Vve A. L. Piot (1900) + manuscrit (1899).
Marche solennelle pour piano, à son Excellence Monseigneur Guy de Lusignan prince de Chypre, de Jérusalem et d’Arménie op. 1, Paris A. L. Piot + manuscrit (1900).
Mères !… ne pleurez plus, élégie, créée aux armées par M. ACCOLLET, op. 55, manuscrit (1918).
Musical review, ouverture pour orchestre, manuscrit (1903).
Offrande, op. 59, poésie de Paul Verlaine, manuscrit.
Olympia marche, à M. et Mme Charles ERNST, directeur de l’Olympia de Lille, op. 29, manuscrit (1900).
Pité pour l'infortune, chanson, parole de Jean Croisette, manuscrit (1903).
Première étape, pas redoublé, op. 9.
Prière d'enfant, mélodie pour violon et piano, op. 24, Paris, A. L. Piot* (1899) + manuscrit.
La progéniture, chanson, manuscrit, (1903). Ré-fa-la, polka pour orchestre, manuscrit. Romance sans paroles, pour cor en fa, à monsieur E. Léonard, 1er prix du conservatoire de Bruxelles, op. 2, manuscrit, (1903).
Romance sans paroles, pour violon et piano.
La route à suivre, op. 72, paroles de Ed. MARTIN, manuscrit, (1929).
Sancta Cæcilia, méditation pour violon et piano, à Monsieur Lucien DEBAECKER, op. 3, Paris Vve A. L. Piot (1900).
La santé, chanson, manuscrit (1903).
Scènes égyptiennes, pour harmonies, op. 47.
Sensitives, duo pour violon et violoncelle, à monsieur Charles ERNST, directeur de l’Olympia de Lille, manuscrit.
Simple aveu, madrigal, op. 7, à monsieur Victor LANGEVIN, Paris, A. L. Piot* (1900).
Soir d'été, bleuette pour piano, manuscrit.
Souvenir d'Alsace, élégie pour ténor ou soprano, à monsieur BERTRAND officier de la Légion d’Honneur, directeur de l’Académie Nationale de Musique op. 22, Paris A. L. Piot (1900) + manuscrit.
Souvenir de Bohème, pour orchestre symphonique, manuscrit.
Sur le lac, rêverie pour piano, manuscrit.
Vaines pensées, mélodie pour soprano, manuscrit.
Vers l’Est, ébauche manuscrite
Vers l'exil, romance, extrait de Manon Lescaut, manuscrit, (1902).
La vie de famille, chanson, op. 41, manuscrit (1903).
Violetta, valse lente, dédiée à Mlle Yvonne BUTAYE, édit. Association des Compositeurs du Nord et du Pas de Calais, 20 rue du Chaufour, Lille + manuscrit (1909).
Le vivat de la Jeune France, dédié à monsieur Ernest MARQUIS, président de l’association Chorale La Jeune France, op. 73, manuscrit (ca 1930).
Vive la paix, chansonnette op. 68, manuscrit, (1926). Vive le bon roi carnaval, chanson carnavalesque, manuscrit (1923).
* A.-L. Piot : Louis François Aimé, artiste dramatique (1879), puis agent lyrique (1896) et éditeur de musique, est né à Graville l'Heure (76) le 2 avril 1851, † Paris 7e le 7 mars 1900, époux de Anne Joséphine Louise Leroux (1850-1918), il était domicilié 13 faubourg Saint Denis.
mise à jour le 14/3/2026 : ajout d'infos supplémentaire
Mais qui était donc ce Maschero ?
source : Chants populaires flamands
Je pense peut-être tenir une piste avec une famille MACHERAUT, domiciliée à Dunkerque fin XVIIIe / début XIXe siècles.
Nicolas MACHURO épouse Marie Madalene BOUDRY à Dunkerque en 1751, ils ne savent pas signer. Ils ont trois enfants : Nicolas, Alexis et Jean. Seul Jean Henri aura une descendance identifiée : Jean Henri Louis Laurent Eugène MACHERAUT, brouetteur, qui épouse Marie Jeanne HANQUET à Dunkerque en 1817, a priori sans descendance et Jean Joseph MACHERAUT, charron, né à Dunkerque le 8 février 1793, il épouse Jeanne RONÉE en 1819. Le couple aura 3 enfants : Jean Joseph Augustin, Elisabeth Françoise et Marie Pétronille. Jean Joseph, charron, meurt à Lille le 20 septembre 1850, il est employé au génie militaire, mais domicilié à Dunkerque. Son épouse meurt également à Lille en 1862, témoin : son beau fils Louis DEBEYRE.
Jean Joseph Augustin est nommé prêtre en 1842, vicaire à Tourcoing la même année, puis vicaire à Lille (St Maurice) en 1846, vicaire à Lille (St Etienne) en 1853. Il devient curé de Notre Dame au Bois, Overijse (B) et enfin curé à Aubers en 1867 où il termine sa vie dans le joli presbytère de la commune. Il y meurt le 12 juin 1881. Sa sœur Elisabeth née en 1821, meurt à Dunkerque en 1902, 11 rue des Bassins, elle a certainement entendu plusieurs fois la fameuse chanson.
Si quelqu'un a une meilleure hypothèse ?
Christian Declerck
3 mars 2025
En complément : une publication sur le site EthnoDoc qui compile les émissions de Radio Uylenspiegel
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C. E. de Coussemaker a collecté cette chanson le 12 juin 1854, nous
précise Michel Colleu dans la plaquette accompagnant le CD Chants des
Marins de la Mer du Nord et de la Manche. Il ajoute que ce chant résonnera sur le port de Dunkerque jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. En 1888, L. A. Smith le publie de nouveau dans The music of the waters, en remarquant "Tous les jours à Dunkerque, vous pouvez entendre cet "ali alo" chanté par des dizaines de dockers si vous passez le long des quais. Au début du XXe siècle, les accoreurs des chantiers dunkerquois l'utilisent encore "Au commandement, les ouvriers rythmaient leur travail avec une chanson, dont voici un échantillon : "Machero a perdu son chariot/Ali ali alo/Il boit du vin il do-on' de l'eau/Ali ali alo". En cadence, les coups de maillets pleuvaient, les accores tombaient par paires, une de chaque bord. Enfin dégagé, le navire glissait vers la mer, dans un nuage de fumée produit par la combustion du suif de la savate" (Souvenirs de G. de RAULIN* [et non G. de BAULIN], publiés dans le Yacht, [8 octobre] 1932), […].
*G. de RAULIN, c'est le pseudonyme de Gustave Joseph Henri LANDRIEU, né à Dunkerque le 7 mai 1863, † Paris le 5 mars 1946. Commissaire principal de la Marine à Lorient puis à Nantes et enfin trésorier du 5e dépôt des équipages à Toulon. Il a publié plusieurs études biographiques et des romans sur des sujets maritimes ICI. Mais aussi les paroles de plusieurs chansons, dont la Cantate pour la célébration du siège de Dunkerque en 1793, édités chez Brasseur en 1893.