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mardi 30 décembre 2025

Bertal, chanteur lillois

mise en ligne le 26/11/2017
mise à jour le 30/12/2025 : ajout d'un texte de Simons
 
toutes les illustrations
collection personnelle


Albert Demeulemeester, dit Bertal, est né à Lille le 27 mars 1897, dans la cour Decaluwé, située rue Mercier (à gauche, plan de Lille de 1898, source Gallica). Fils de Jules, vitrier né à Tournai et de Philomène ALEXANDRE originaire du Pas de Calais. Orphelin à 16 ans, on ne connait rien de sa jeunesse. Lors de sa conscription il est déjà artiste lyrique. Exempté de service militaire pour cause de bronchite, il se marie en 1918 avec Rosine MALAISSE, une belge de 21 ans son aînée. La presse commence à se faire écho de ses prestations d'artiste à la fin des années 1920. En 1929, lors d'un séjour à Petit Fort Philippe en compagnie de Léopold Simons, leurs épouses sont allées prendre un bain de mer, la marée montante emporte rapidement les deux femmes qui ne savent pas nager. Elles sont ramenées sur le sable par un passant, mais Mme Bertal ne pourra pas être ranimée. Le chanteur ne remariera pas, il se consacre à sa carrière et devient LE chanteur populaire lillois, interprète favori de Simons, Auguste Labbe et Pierre Manaut. C'est lui qui chante à Radio PTT Nord les succès que tous les lillois connaissent encore : Elle s'appelle Françoise, Si j'avos su j'aros resté garchon, Les camanettes, etc. A la fin des années 1930 il créé l'agence d'affaires artistiques Nord-Spectacles qui favorisera la carrière de nombreux artistes régionaux. Il décède subitement le 14 mars 1960, il a 62 ans, on annonçait son prochain spectacle à Marcq en Barœul à la salle Doumer le 20.


sources : Nord Matin et Voix du Nord
(Médiathèque Jean Lévy, Lille)


Simons publie la même année ces deux 45 tours, la réédition d'enregistrements des années 1930 de son ami Bertal.



Sur un disque de Bertal. — […] Une biographie fidèle de Bertal le restituerait infiniment moins que les quelques chansons qu'il avait amoureusement choisies. Bertal chanta. Voilà toute sa vie résumée en deux mots. Et il chanta à sa manière ; en marge, pourrait-on dire, de la mode. Par là, il créa un style qui ne devait rien à personne : le genre Bertal. Et cela est si vrai qu'il serait impossible de reprendre une de ses créations sans conserver l'empreinte qu'il y avait mise.
Bertal n'est plus. Et pourtant, grâce à ce disque, il restera dans nos mémoires tel qu'en son vivant : joyeux, gentil et chantant.   Simons
au verso des pochettes des disques

******
Le 26 mars 1960, son ami Simons lui rend hommage sur Radio Lille, dans son émission Acoutez l'Vaclette. Il évoque leur première rencontre pendant la guerre et les débuts de Bertal (merci à Yves Ledun pour le partage de ce document de la main de Simons).
Voici un extrait :
Je fis connaissance d’Albert (car entre nous, nous ne l’appelions pas Bertal) en 17, dans un café qui existe encore : à l’Alliance, 14 rue d’Arras. C’était pendant l’occupation. Il y avait derrière ce café, une petite salle avec une scène, et des jeunes gens y organisaient des concerts… disons clandestins - car les Allemands ne permettaient pas ces sortes de réunions. Il y avait là Marceau, Bibos, Rodolphe, Lucienne Valdor, Marcello et Bertal, parmi d’autres pour qui la carrière s’est arrêtée là. Je me rappelle, Albert était l’organisateur de ces programmes qui se déroulaient devant un public plus ou moins interlope dans lequel se cachaient des réfractaires, des brassards rouges en rupture de camp, des fraudeurs.
Bibos chantait des chansons dramatiques avec sa belle voix de basse. Sa veine comique lui vint plus tard. Marceau accompagnait à l’accordéon ; je m’essayai dans des chansonnettes et Bertal faisait le diseur. Son répertoire allait de Mayol à Dalbret en passant par Fragson (avec quelques tentatives vers Bérard).
Il était effroyablement maigre - plus que nous tous qui n’étions pourtant pas gros. Il avait déjà la jolie voix de ténor léger, que vous lui avez peut-être entendue, mais elle avait alors une fraîcheur, une douceur de voix d’enfant envoûtante. il affectionnait déjà les chansons qui parlaient des petits - Les roses blanches viendront plus tard - mais il avait alors une chansonnette de Mayol : « Encore », dans laquelle il mimait un tout petit enfant… c’était adorable.
[…]
Après la guerre donc, Bertal se remit à chanter. C’était sa vie. Nous avions formé alors une petite compagnie qui donnait des spectacles de music-hall auquel vinrent s’adjoindre René Rucart, Arlette Rucart, ses inséparables amis depuis lors. J’avais écrit pour eux une opérette en un acte avec des musiques de Marceau : JACK
[1931]
Albert tenait le rôle principal jouait alors la comédie avec un certain sens de la fantaisie. Combien de fois par la suite - quand avec Line Dariel, que je rencontrais en 29, je commençais à donner nos premières revues, à l’Alambra, nous donna-t-il la réplique, notamment dans
Zulma au tribunal, où il jouait l’interprète. D’ailleurs ces sketchs en patois lui donnèrent l’idée de mettre à son répertoire des petites chansons lilloises. Et justement (encore un vieux camarade disparu) Auguste Labbe (que l’on appelait César Latulupe) venait d’écrire une excellente chanson patoise sur les vieux airs lillois, arrangés par Absalon, Bertal la créa aussitôt, et, depuis ne la retira jamais de son répertoire. Nous en avons un enregistrement qu’il fit pour Drucbert il y a quelques semaines : Lillos rappelez vous.
 

C’est à ce moment là que la radio commençait sa miraculeuse aventure. Aventure dont on ne conçoit plus très bien aujourd’hui le miracle. Bertal avait senti tout de suite le prestigieux avantage de cette invention, et tout de suite il s’en servit. 
Ce fut alors la grande époque de Bertal. Le music-hall et le café concert étaient rois. Le cinéma ne faisait que balbutier. Le Rexy était encore l’Alhambra ; Le Ritz, le Casino. On jouait des revues qui duraient un mois. Bertal ne savait où donner de la voix. Tous les auteurs et compositeurs du Nord le voulaient comme interprète. Ce fut alors les créations de chansons de Manaut, comme « Les mots croisés » « Dans les lettres » « Elise » « N’laissez pas les enfants » « Quand on est un p’tit gars du Nord » « J’achèterai » (sur les débuts de la loterie nationale) « Une valse de rien du tout » « Tarragone » (dont Marceau avait fait la musique) et surtout « Françoise » L’éditeur de toutes ces chansons était notre ami Robert Solry.
Mais toujours Bertal conservait dans son tour de chant, qui se renouvelait constamment, conservait sa chanson fétiche « Les roses blanches ». Aujourd’hui, cette chanson est évidemment démodée. Le genre en est perdu. La jeunesse aurait une tendance à en sourire. Hé oui, comme on sourira dans 30 ans des chansons d’aujourd’hui - peut-être même plus tôt. Mais il faut bien convenir que Bertal disait cette rengaine avec une telle sincérité - il pleurait en la disant - que cette émotion gagnait le public et c’était avec des larmes qu’on applaudissait finalement. 
Nos chemins avaient un peu bifurqué dans des sens différents. Avec Dariel je jouais mes pièces, Bertal continuait ses concerts. De temps en temps, nous nous retrouvions dans un gala, quand en 36, je fis une chanson pour lui. Il devait la marquer de son style bon garçon, populaire, car quand Bertal avait créé une chanson il était difficile, sinon impossible de l’interpréter autrement. Cette chanson c’était « Les Cris de Lille » […]
  
*****

Le petit quinquin ou L'canchon dormoire, paroles et musique d'Alexandre Desrousseaux (version complète et originale ICI
On a retrouvé la poupée utilisée par Alexandre Desrousseaux lors de ses concerts. Elle était dans les réserves du musée de l'Hopice Comtesse, c'est ICI
VIDEO 


Elle s'appelle Françoise, paroles de Léopold Simons, musique de Marceau Verchueren et Edmond Pellemeulle VIDEO



Les camanettes, paroles d'Auguste Labbe, musique de Victor Absalon VIDEO



L'carette à quiens, paroles d'Auguste Labbe, musique de Victor Absalon VIDEO



Les cris de Lille, paroles de Léopold Simons, musique de Maurice Dehette et Robert Solry,
j'ajoute les paroles originales, car Bertal en a fait une réduction qui nous prive d'un couplet et d'autres cris de métiers. VIDEO

 


L'habit d'min vieux grand-père, paroles et musique d'Alexandre Desrousseaux VIDEO



Quand on est un p'tit gars du Nord, paroles et musique de Pierre Manaut VIDEO



Si j'avos su, j'aros resté garchon, paroles d'Auguste Labbe, musique de Victor Absalon VIDEO





vendredi 26 décembre 2025

Hommage à Auguste Labbe 1972

Encore un grand merci à Yves Ledun pour ce document exceptionnel.

Simons a lu ce discours en 1972, 25 ans ans après la mort du chansonnier, pour l'inauguration (par le maire Augustin LAURENT) du Foyer Social baptisé Foyer Auguste Labbe, devenu plus tard le restaurant du Foyer des Dintellières.

"Il y a 60 ans - en 1912 - pour la première fois je montais sur une scène [Léopold Simons a 12 ans]. C'était dans un concert organisé par l'Amicale Turgot, au Sud ; je levais le rideau avec un monologue que j'avais intitulé : Ma première pipe.
 
Mais ce n'est pas ce qui compte. En seconde partie, il y avait une vedette (on disait alors le grand numéro) et ce grand numéro, c'était César Latulupe ; c'est à dire Auguste Labbe. C'était un monsieur d'une quarantaine d'années, très élégant : redingote au revers fleuri, cravaté de blanc, coiffure et moustaches soignées [photo]. Et ce monsieur distingué chantait des chansons en patois de Lille. Ce fut pour moi une révélation. Dix ans plus tard - en 1922 - je devenais l'ami d'Auguste Labbe, et j'illustrais son premier Arména Drolatique (celui de 23). Et 50 ans plus tard encore, je parle de lui.
 
Ch'étot par un brun soir d'hiver
I' pleuvot, i'n' faijot point clair,
qu'Auguste Labbe est venu au monde, dans une pauvre chambre de la rue des Robleds, au dessus d'un estaminet à l'enseigne du Prophète. C'était le 10 mars 1867.
Vous allez voir, il y a des coïncidences qui sont prophétiques : on est dans le quartier le plus patoisant de Lille.  À tel point que qu'on dit encore : parler l' St. Sauveur. Desrousseaux est né tout à côté, au 120 de la rue St Sauveur. Comme lui, Auguste Labbe habitera dans la cour Jeannette à vaques, et peut-être a-t-il été inscrit par Desrousseaux lui-même qui est employé à l’État Civil depuis quelques temps.
Je sais qu'il est facile de trouver des rapports entre deux personnalités qui ont une même vocation ; mais tout de même, il y a des analogies curieuses. Le père de Desrousseaux était militaire, le père de Labbe était marin, tous deux de carrière. Et puis Alexandre et Auguste… voilà bien deux prénoms qui, en plus de leur initiale, sont curieusement concomitants. Bien sûr, ce ne sont pas ces similitudes qui me font rapprocher les deux chansonniers. Ce serait par trop superficiel ; non, ce sont leurs œuvres que j'unis dans une même admiration. Critère, peut-être aussi subjectif, mais que je vais tâcher de justifier.
D'abord, ils sont contemporains. A. Labbe a écrit le principal de son œuvre avant 14, c'est à dire du temps où le patois était encore une langue usuelle. Bien sûr, on va continuer à le parler mais il s'accordera de moins en moins aux nouveaux modes de vie. Les métiers vont se modifier, et les termes professionnels seront sans objet. Les jeux, les fêtes, les rites, les traditions vont faire place à d'autres pratiques pour lesquelles les anciennes expressions n'auront plus de sens. Alors, très vite, le patois - ou tout au moins son vocabulaire - ne va plus servir qu'à évoquer des faits et gestes périmés, et va tomber, avec eux, dans une sorte de folklore littéraire. Il n'en restera bientôt plus qu'un accent… que beaucoup confondront avec le dialecte… Un accent qui localisera tout au plus un argot sans racines.
Or Auguste Labbe est d'un temps patoisant et même patoiseur. Car non seulement on le parle, mais on le parle beaucoup. Quand le petit Auguste vient au monde, en 67, Louis Vermesse publie son dictionnaire du patois de la Flandre Wallonne. Pierre Legrand a sorti le sien quelque dix ans plus tôt. Desrousseaux vient de publier son quatrième recueil de chansons et pasquilles, etc. Et ça discute, et ça se chamaille ! Ces auteurs, tous philologues très savants s'envoient à travers la presse des lettres passionnées : Vermesse à Pierre Legrand, Pierre Legrand à Desrousseaux, Desrousseaux à Debuire du Buc. On s'en prend à Hécart sur l'élision de l'e muet ; il y a des dissensions sur le genre de séquoi… Emile Gachet et Le Glay ne sont pas d'accord. On réédite les vers patois de Marceline… Bref, le platiau est un sujet en vogue.
Auguste Labbe arrive donc au bon moment. Très tôt - il a 16 ans - il compose sa première chanson : L'rèfe du balyeux. Très vite, il participe à des réunions patoisantes avec Debuire du Buc ; et l'auteur de La Bière et du P'tit Franços lui donne le nom d'un de ses personnages : César Latulupe, que le jeune chansonnier conservera tout sa vie.
J'ai donc connu César (comme ses amis l'appelaient) et je pense qu'à travers lui j'ai connu Desrousseaux ; du moins la connaissance de leurs œuvres réciproques m'incite à le croire. Auguste Labbe était d'un naturel joyeux. C'était un homme - et l'espèce en est devenue rarissime - qui riait de bon cœur, et d'un rire sans dérision. Il était amusé et amuseur. Il avait une perspicacité intuitive qui décelait les défauts, les tares de ses contemporains, les ridicules et les abus d'une société qu'on aurait pu appeler de sommation. Mais il n'a guère le goût pour la polémique. Pour cela, il manque d'aigreur. Il préfère la facétie à la raillerie. Mais son ironie est parfois plus piquante que la critique. Oh ! il ne se prive pas de caricaturer ses concitoyens, mais comme il est plein de mansuétude pour leurs faiblesses, il semble s'attribuer leurs défauts ou leur ridicule, tout simplement en les chansonnant à la première personne. Ainsi s'octroie-t-il les déboires du balyeux de rues. Il est BIBI la Gouape :
J'ai l' cœur aussi blanc qu' les morues
J' vinds des confetti dins les rues.
… Il est le mari bonasse de Lodie :
Mais j'avos pas pus d'six s'maines de ménache
Qu'elle r'tournot déjà tout dins m' mason…
… Il est le soulaud qui supplie Cath'rine de lui servir un dernier verre. Il est l' ma-tante à biêtes qui pleure Finette 
qu'ches capons, ches vauriens ont mis 
Dins l' carette à quiens
Il se fait pluriel pour prendre la défense des ses semblables
Pou' l' mariache d'un gros bonnet
Monsieur l'Maire est toudis prêt 
I' fait l' service d' bonn' grâce
Pou' l' grand' classe
Mais pour nous, vettiez queue vice
Pasc' qu'on roul' point sus les sous
Ch't un adjoint qui fait l' service
Ch'est des ziqu's comm' nous (bis)
Mais je n'en finirais pas de citer ses chansons ; car une autre analogie avec Desrousseaux, c'est sa prodigieuse production. Ses œuvres se comptent par centaines… lui même n'a jamais su les dénombrer.
Une anecdote : un soir, je lui fredonnais :
Comm' l'asticot berloque devant eun' roche
Et ch même pichon s' torteinne devant l' brochet
Faut pas qu' l'un d' nous devant l'iau i' baloche
D'avoir Pêqué un verre au cabaret…
- J'ai déjà entendu cela quelques part, me fit-il. C'est de toi ? 
C'était une chanson qu'il avait faite sur les pêcheurs lillois quelque vingt ans plus tôt.
Il faut dire d'ailleurs qu'il avait cette manie d'agrémenter son tour de chant par des couplets de circonstances, sur le but de la réunion ou à l'occasion d'une présence… - Encore un point commun avec Derrousseaux - et naturellement, cette chanson n'avait de raison et de sens que cette seule fois là.
Pourtant cette facilité ne s'exprimait jamais au détriment de la forme. Il avait surtout le grand mérite de penser en patois (bien qu'il ne le parlât pas en tant qu'Auguste Labbe) et ce, au contraire de certains chansonniers qui traduisaient leurs idées du français au patois, avec beaucoup d'érudition certes, mais sans ces tournures de phrases qui sont l'essentiel, la phonétique, pour ne pas dire la syntaxe du patois authentique, celui qui vient du cœur "tout drot déhors".
Bientôt - en 92 - cette complaisance et cette facilité a créer de la joie vont trouver un terrain propice à se manifester. Avec quelques uns de ses semblables, et notamment Jean Hollain, dit Babenne (un ancien bleuet) typographe et cabaretier, il va créer le premier journal patois de Lille. C'est la Vaclette.
 
Cette Vaclette, symbole de la réunion amicale, va grouper tout ce que Lille possède de chansonniers patoisants : Jouvenet, Grimon-prez, Fournier, Desreumeaux, Drumez, Rohart, Aubert, quelques fois Desrousseaux qui a 72 ans et va décéder bientôt, et Inglebert qui fera l'éloge funèbre de l'auteur du P'tit Quinquin. La rédaction se tient à la buvette de l' Vaclette, 8 rue des Ponts de Comines [puis à l'angle de la rue des Brigittines]. Pour la petite histoire, l'estaminet de Jean Babenne exposait en permanence les choses les plus insolites, des collections de billets de mort, des affiches historiques, un tapis composé par Mme Hollain de 1831 pièces, la clé du cachot de la Bastille etc… Mais on y chantait surtout.
Durant des années, Auguste Labbe va tenir dans cet hebdomadaire, qui a une clientèle importante, la chronique de la semaine qu'il signera de son sobriquet : César Latulupe. Il y publie ses meilleures chansons et, en feuilletons, de ses pièces en un acte. Il est, en même temps, l'animateur de Sociétés chorales qui sont nombreuses à l'époque : Les Sans Soucis, la chorale Lilloise, les Folies Lyriques dont le répertoire est composé exclusivement de ses œuvres, etc. Il est le boute en train des ces soirées chantantes, de ces soirées de conscrits où l'on n'a nul besoin de pick up pour créer l'ambiance, ni de Sono pour susciter la joie. On se la fait soi-même.
Ce qui ajoute encore au talent d'auteur d'Auguste Labbe, ce sont ses dons d'interprète. Le patois étant surtout une langue orale, la diction et l'interprétation sont essentielles. Elles remplacent les subtilités d'une dialectique malgré tout assez rudimentaire. J'ai vu Jules Watteeuw, Jules Mousseron et Auguste Labbe dirent de leurs œuvres. C'étaient de remarquables diseurs. Ils avaient tous les trois cette élocution qui fait que le patois n'est pas un langage burlesque en soi, mais le parler sincère et convenable d'un certain milieu, parler qui peut susciter l'émotion et les larmes autant que le rire.
Auguste Labbe excellait d'ailleurs à tirer des larmes. De ce concert de 1912 dont je vous parlais, je me souviens d'une chanson sur un fait divers de la semaine…
Je n' sus point incore assez grand
Pou' pouvoir ouvrer pou' m' maman…
On pleurait beaucoup dans la salle. 
Oui, Labbe était un parfait comédien qui savait remplacer l'imitation par un simulacre plus vrai que la réalité. On peut d'ailleurs sentir ces dons d'observation dans ses innombrables pièces et vaudevilles : Mon onc' Gendarme, les Jaloux, l'Méd'cin d'Herbes, les Pinchonneux, au Violon, etc. etc.
En 1900, son recueil L'infant de Lille parait. On y trouve : A r'voir Auguste (ti un si bon garchon), les Bords des Elites (ch't un vrai paradis qu'un indrot comme cha), l'Revers de l'médalle, Les Lamintations d'ma-tante à Quiens (qui va devenir l'Carette à Quiens, que Line Dariel et Bertal remettront en vogue une quarantaine d'années plus tard, et Raoul de God. récemment).
Il est allé faire un court séjour à Paris, durant lequel il va figurer dans quelques concerts de chansonniers. Mais, bien qu'on lui prédise là-bas une belle carrière, Lille lui manque et il manque à Lille. Car je crois que, autant que Desrousseaux, il est le poète qui s'est le plus consacré à sa ville natale. Pas un quartier pas une rue, pas un coin qu'il n'ait mis en chansons : St Sauveur, bien sûr, les Dondaines, l'Gardin du réduit, la Deule, pour laquelle il parodie la Garonne de son ami Gustave Nadaud :
Mais la Deule elle a pas voulu -lanturlu-
Sortit eud sin lit sans êt' prop'
l'Madeleine, l' forbou d'Paris, Molins Lille… 
Ch'est là qu'un soir qui queyot d' l'iau
Et qu' j'étos perché jusqu'à m' piau
J'ai perdu chin qu' j'avos d' pus biau
A Molins Lille
etc… etc. Chaque coin a son couplet. Ch'est un vrai capelet.
 
Grand Hebomadaire Illustré
1/3/1914 
Mais Auguste Labbe a le goût de la société, du groupe. En 1905, en compagnie de Fournier, Hollain, Mareels, Tanche, Henno et Het, il fonde le Caveau Lillois qui va réunir, jusque aujourd'hui, tout ce que Lille compte d'amoureux du patois. Ma tâche est délicate, je voudrais bien les nommer tous, mais ils sont trop nombreux. Ce serait un palmarès qui risquerait d'être fastidieux. Je n'en citerai que quelques uns, outre ceux déjà nommés, et qui le connurent en tant que président : Dupont, Menez, Raes, Delacroix, Léonard, François, Flamencourt, Legru, Vanuxem, Leulieux, Piétin, Herreng qui fut, avec Mareels, le gérant de l'nouvielle Vaclette, après la première guerre. Et d'autres, et d'autres qui, avec Gabriel Mylle le président actuel, furent et sont les disciples et les admirateurs d'Auguste Labbe dont ils se sont fait un maître exemplaire.
Je souhaite que, dans trois ans, en 1975, le 70ème anniversaire de la fondation du Caveau Lillois serve de prétexte à de grandes manifestations en l'honneur du patois de Lille et de tous ses chansonniers.
Mais revenons à Auguste Labbe. Sa production permanente et son dévouement ne l'enrichissent pourtant pas, car s'il chante, c'est souvent - pour ne pas dire toujours -  au profit d'œuvres de solidarité et de bienfaisance. Et, il faut bien le dire, l'indigence est plus grande qu'aujourd'hui. "Faire le bien en s'amusant" est sa devise et celle du Caveau. Il est bien placé d'ailleurs pour découvrir les misères à soulager, puisqu'il est inspecteur à l’Assistance Publique, employé municipal comme Desrousseaux.
Cet homme au cœur tendre est pourtant courageux. Ce n'est pas incompatible, au contraire. A 13 ans, il a sauvé un enfant qui se noyait dans la Deule. A 24 ans, il se distingue dans un incendie où il échappe à la mort. L'année suivante - en 92 -  il sauve une jeune fille des mains d'un sadique et, quoique blessé, il le fait arrêter. En 95, il sauve un homme de la noyade. Il arrête des chevaux emballés… Bref il collectionne 13 diplômes. A 33 ans, il est membre de la Société des Sauveteurs du Nord qui le décore pour ses multiples actes de courage. Il est titulaire de la Médaille du Gouvernement.
Durant le guerre de 14-18 - il n'est plus mobilisable -  il aide et cache des soldats français. Arrêté, il est mis en cellule pendant 9 mois, puis dans un camp de prisonniers civils en Allemagne pendant 15 mois. En 1921 il reçoit la croix de guerre avec palme.
 
Il publie alors ses poèmes et chansons écrits sous l'occupation. C'est Les boches à Lille. Il se revanche à sa manière ; mais il faut bien le dire, ce n'est pas son fort. Il est plus à l'aise dans la chanson joyeuse et le vaudeville. Là, il s'en donne à cœur joie. Et c'est Les nouviaux riches qui raconte les mésaventures de, la Dubourdiau "à l'prononciature assez prononcée" qui sera jouée 20 fois au Théâtre. Puis c'est une opérette : L'étrot mousquetaire qui est jouée par le Caveau. Car naturellement tout cela est en patois.
En décembre 22, il sort son Arména drolatique dans lequel on peut lire un pastiche d'Edmond Rostand : Chambrecler, scène in vers juée par un mobilier et des pièches de ménache. Entre autres.
On ne peut parler d'un chansonnier sans donner un échantillon de sa manière. Je voudrais, pour vous reposer un instant de ma prose (si je suis un peu long, c'est de sa faute. Il en a tant fait !) vous dire trois couplets de l'une de ses chansons de cet arména. Cheull' qui n' dit rien [voir la suite dela chanson ICI]
Gustave Labbe va ainsi continuer à écrire pour le concert et pour le théâtre. Au Palais d'été, il donne une revue au titre fleuri : Lille à blanc. Et puis un vaudeville que va créer Line Dariel qui ne parle pas encore patois de ce qu'elle n'est pas encore Zulma.
Et c'est l'avènement de la Radio. Il a 60 ans, mais toujours jovial et entreprenant, il va assurer pour Léon Plouviet les premières émissions patoises de Radio PTT Nord, avant de me céder la place… "Elle est tout' caute" comme il me dit un soir de 1930. Toute chaude en effet, d'humanité et de bonne humeur.
Il va continuer jusqu’à la fin de sa vie les camanettaches de Flavie Boursiau qu'il tient depuis des années dans Le Réveil du Nord ; car il est aussi journaliste, et ses chroniques sont le reflet joyeux et perspicace du temps qui passe. 
Ses dernières années, il va les passer à parfaire ses meilleures chansons que Robert Solry, de l'Eden, va éditer avec des musiques arrangées par Victor Absalon, car elles ont été écrites généralement sur des airs empruntés comme c'était la coutume. Il va encore composer pour Bertal : Lillos rapp'lez-vous, une chanson pleine de nostalgie.
Ch'est bien vrai qu'ichi bas tout canche
Ch'est pu parel avec avant…
Mais tout cela sans acrimonié ni amertume. Ça n'était pas de son goût. 
Il meurt en 1947 - il y a 25 ans - et, par une curieuse coïcindence, au même moment que son vieil ami Jules Watteeuw. On peut dire qu'ils partirent ensemble, l'un et l'autre en bonne compagnie ; et sur la voie qui mène au paradis des chansonniers, ils ont dû bien s'amuser, l'broutteux et César Latulupe.
Voilà esquissées à grands traits, la vie et l'œuvre d'Auguste Labbe. Il y manque forcément bien des choses. Ses titres honorifiques sont nombreux. Monsieur le Maire les a rappelés tout à l'heure. Mais l'amitié lui a valu autant de bonheur que les honneurs. En effet, il connut l'estime et l'admiration de tous ses concitoyens, et notamment de ses pairs : Jules Watteeuw, Jules Mousseron, Gustave Charpentier, Gustave Nadaud, Jean de Misaine, Maxence Van der Meersch, etc. Les marques et les témoignages de cette estime et de cette notoriété sont exposées ici. Malgré leur apparence modeste, ils vous diront l'importance de l'œuvre d'Auguste Labbe, la variété de son talent, les actes de son courage, et les titres à la reconnaissance de ses concitoyens.
Si j'ai tenu à l'écart sa vie familiale, c'est sur le désir de son fils : Auguste Labbe, qui a conservé une véritable vénération pour son père, vénération qui se manifeste ici dans la conservation de ce patrimoine à la fois modeste et insigne. 
En résumé, César Latulupe fut un joyeux compagnon, un poète populaire, un cœur tendre et courageux. Bref, un Lillois qui honore Lille. De plus, il était modeste. Mais si la modestie donne plus de force au mérite ; encore faut-il qu'on le connaisse. C'est pourquoi je pense que le compliment (voyez, je ne dis pas l'apologie ni le panégérique) que je viens de faire n'était pas superflu pour justifier la cérémonie qui nous réunit ce matin.
Auguste Labbe aurait été fier de cet hommage que lui rend sa ville tant aimée. Il aurait été ému d'y voir participer de vieux camarades, disciples fidèles et amiteux, et d'y entendre évoquer les chansonniers disparus qui l'escortent dans notre mémoire. Mais - je sais - le témoignage de souvenir qui lui aurait été le plus à cœur, c'est de savoir que… longtemps, longtemps après qu'il a disparu, ses chansons courent encore dans les rues. Et que dans ce foyer qui portera son nom, sous son image immobile, de futurs vieux Lillois continueront de fredonner :
Admirez ches chucheusses de tablettes
Ch' l'ornemint d' tous nos vieux quartiers
sans même savoir que la chanson est de lui. Et c'est là, la plus belle des consécrations.
 
Et pour conlure, je crois que la manière la plus naturelle de témoigner de l'admiration et de la reconnaissance à un artiste comme Auguste Labbe, c'est encore de l'applaudir de tout cœur." 
 
******
en complément la page consacrée à ce chansonnier ICI


 

 

 

mardi 23 décembre 2025

l'Armena drolatique d'Auguste LABBE 1923

 Merci à Yves Ledun pour ce fascicule peu courant.


Volume 1 
- A propos d' l'armena
- Astrologie et prédictions pour l'année 1923
- M. Gaston Moithy, avocat, adjoint au Marie de Lille (ill. Simons)
- Auguste Labbe (César Latulupe) chansonnier-administrateur à l'Eldorado, Paris par F. Bossuyt
- L'billet du cinéma
- Beuscart, ses voitures d'enfants
- Les deux manmans, sonnet
- Bout d' vérité
- Henri Legrand, publiciste
- Un mon onque avot des doupes (autour d'un testamint)
- Les marchand d' pichon
- Cheull' qui n' dit rien, chanson lilloise, créée par Mme Castille du Caveau Lillois, air Bonjour mon ami Vincent, ou Cha n'est point bien d' dire du ma' des gins (Desrousseaux)
- L' Noé
- Simons, dessinateur humoristique, (ill. Simons) 
- L'un ch' n'est point l'aute
- Chambrecler, scène in vers avec prologue, à l'instar de Chantecler, juée par un mobilier et des pièches de ménache
- M. Auguste Broyant, ex-chef du service stanographique du Conseil Municipal de Lille
- A min payx !, extrait de l'Etrot Mousquetaire, opérette liilloise en 3 actes, d'Auguste Labbe, rôle de Pingris (Arsène Warnier du Caveau Lillois)
- L'affaire de l' rue du Vieux-Faubourg
- Manche uni, pasquille lilloise 
 
 
Volume 2
- Henri Soubricas, statuaire (ill. Simons)
- L'tro' du cadre
- L'malin gouré
- Mes tuluperies
- Edmond Jamois, artiste peintre (ill. Simons)
- Conviction
- L' marchand d' peunn's dierre frittes
- Les deux mendiants
- Etienne Dufaye, restaurant et Taverne Lilloise, rue de Béthune, 10-12 (ill. Simons)
- Eune avinche sur les dommach's de guerre, air : J'attend ! J'attends ! J'attends 
- L' petit D'ésiré, célébrité lilloise
- Nos nouviaux riches à la mer
- L'marchand d' petit bos cassé
- Homme et femme
- Nos barbiers
- Charles Caby, sculpteur, comm' sin père
- Chin qu'chest qu'un isoloir
- Affaire militaire
- Au sujet d'l'heure légale d'hiver, air : L'Anatomie, ou musique de chambre
- Barnabé (L'Wattmann)
- Intre femmes
- L' marchand d'cartons
- Mercredi à Lille
- Pour faire l'portrait d'un boche
- Intindu in face du nouviau Théâte
- Commérache
- Roman d'amour, parodie, air : Mon pauv' gosse 
- Pour coiffer Sainte Catherine, pasquille lilloise
- L' canarien
 

dimanche 20 octobre 2024

Félicien Drumez, chansonnier lillois

mise en ligne le 11/05/017
mise à jour le 20/10/2024 : ajout de deux enregistrements 78 tours
 

Toutes les illustrations : collection personnelle

publicité parue dans La Vaclette en 1891

Il est coiffeur lors de sa conscription en 1885, domicilié rue de la Quennette. Il est le fils d'André, originaire d'Avesnes le Sec et Marie Louise Duval, cabaretiers rue de la Vignette où il est né le 13 mars 1865. Première mention de son activité de chansonnier en juillet 1892, il se produit à Arras après la fête du Cyclist-Club artésien, où il a dit des chansonnettes en patois de Lille et des récits monologues très originaux. C'est sans doute à cette époque qu'il écrit Chon Minute, chansonnette comique en patois de Lille, la musique est d'Auguste Carbonnel, le petit format est édité à Lille par Charles Volcke.



En 1903 il participe à la Fête des trouvères à Lille. L'année suivante, une matinée de poésie est organisée au Grand Théâtre, par le poète Gustave Kahn. Au programme, des poètes de la région : Albert Samain, Auguste Angellier et Alexandre Desrousseaux et on apprend, dans l'article paru dans  la revue Gil-Blas, que Félicien est un élève de Desrousseaux. En 1905 il enregistre 17 faces de disques 78 tours pour la compagnie Odéon. Que sont devenus ces enregistrements ? je n'en ai pas encore trouvé la trace. Il y interprète des chansons et pasquilles de Desrousseaux : L'Histoire de P'tit Price et Marianne Tambour, la Femme du Coulonneux, Les Bonnes gens de Saint Sauveur, L'Agilité, Le Bonnet de coton, Le nouveau marié, L'Lillois trompette, Les Revenants, Lolotte, l'P'tit Quinquin, Min Cousin Myrtil, L'Habit d'min vieux Grand Père, Liquette ou Conseils à une jeune fille qui doit se marier ; d'Emile Hornez : Vivent les Saint Sauveurs ; de Fournier : Les Deux Bouchons et ses propres textes : La Force et l'adresse et Les Pataques. En 1906 il participe à la fête des Rosati de Flandre à Lille en compagnie qu'un autre chansonnier, Gustave Het, du Caveau Lillois. 




En 1911 il est promu officier d'académie, et la même année L'Association Philanthropique du Nord lui demande de créer la revue Lille-Chansons : Revue costumée des œuvres patoisantes des chansonniers lillois. Desrousseaux, Auguste Labbe, Emile Hornez, Henri Fournier, Delory, etc. etc. Félicien Drumez signe l'arrangement des 2 actes en 3 tableaux ; la musique d'ouverture et les musiques de scène sont composées par Gustave Gabelles. La première a lieu au théâtre le 7 juillet 1911.



Au programme : P'tit Price et Marianne Tambour (Derousseaux), Les Vinaigrettes (Desrousseaux), Violette (Desrousseaux), Manicour (Desrousseaux), Le Café (Desrousseaux), L'Habit d' min Grand Père (Desrousseaux), Les Statues de Lille en Goguette (Auguste Labbe), Le Vieux Cabaret (Desrousseaux), Vivent les Saint-Sauveur (Emile Hornez), Le Boléro du Balyeux (Auguste Labbe), Les Infants d' Saint Sauveur (Desrousseaux), L' Gardien du Palais des Beaux-Arts (Auguste Labbe), Les Amours d'un Marchand de Fagots [?], L'Plaisi du Carnaval (Delory), L' Quartier de l' Plachette (Desrousseaux). Casse Bras (Desrousseaux), Le Petit Quinquin (Desrousseaux).
Les interprètes : Mlle Irma Haelterman, cantatrice (La ville de Lille), Mme Castille (Magrite, La Dentellière), Mlle Suzanne Castille (Rosette), M. Félicien Drumez (Le Commissionnaire), M. Auguste Labbe (Le Gardien du Palais des Beaux-Arts, Le Balayeur de rues), M. Bertingle (Le Voyageur, le Compère), M. Arthur Courouble (Louis Brimbeux, Le père Casse-Bras), Ferdinand Castille (L'Habit d' min vieux Grand Père), la Société chorale et lyrique Les Sans Soucis, directeur M. Bélière.

En 1912 la Revue Septentrionale mentionne sa participation à la Fête des Trouvères à Lille. En avril 1926 il est promu officier de l'Instruction Publique. A partir de 1928 il participe aux débuts de Radio PTT Nord. Dernière mention dans la presse en 1931, sa participation à un concert de l'association de Radiophonie du Nord diffusé par la radio lilloise. En 1887 il a épousé Julia Canyn, sage femme, née à Lille qui décède en 1933, 69 rue Meurein. Je n'ai pas trouvé de descendance ni la date de son décès.

Christian Declerck

Sources : Véloce-Sport, La Revue Septentrionale, Gil Blas, Le Journal Officiel, Les Echos Sportifs et Mondains, L'Egalité de Roubaix-Tourcoing, Ouest-Eclair, L'Vaclette, l'état civil et les registres matricules.



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Publié ce jour par Phonobase : 
J'ai le plaisir de vous annoncer l'apparition de Félicien Drumez sur la phonobase ! Vous pouvez l'entendre sans publicité ici dans deux titres gravés en 1905 sur disque : ICI
D'après les ressources discographiques disponibles, il existerait 18 titres en tout, interprétés par Drumez pour le même label, tous en 1905... mais on risque de passer du temps avant d'en retrouver un autre... j'ai adapté la transcription des textes de mon mieux, à partir des sources imprimées de Gallica : toute correction est la bienvenue !
Henri Chamoux
 
Liquette, ou conseils à une jeune fille qui doit se marier, chanson lilloise de Desrousseaux, par son élève Drumez, disque Odéon 
                    
Les revenants, pasquille lilloise de Desrousseaux, par son élève Drumez, disque Odéon 
 
 
 
Ces enregistrements, avec ceux de M. Bramay, sont les plus anciens connus en langue picarde.
 
 

 
 

mardi 14 mars 2023

Auguste Labbe, dit César Latulupe, 1867-1947

mise à jour le 14/3/2023 : ajout des paroles de L'diabolo (merci à Philippe Boulfroy)
mise à jour le 4/8/2022 : ajout des chansons publiées dans Le Réveil du Nord en 1923
mise à jour le 3/8/2021 : ajout tombe de Victor Absalon
mise à jour le 3/10/2019 : ajout du recueil de Chansons rosses
page mise en ligne le 8/8/2014

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à la demande d'Agnès, fidèle lectrice de ce blog.


Auguste Labbe
collection personnelle

Auguste Labbe est l'auteur de chansons restées dans la mémoire des Lillois : L'carette à quiens, Si j'avos su j'aros resté garchon et aussi Les camanettes. Il est né le 10 mars 1867 à Lille, 21 rue des Robleds, dans le quartier Saint Sauveur. Il est le fils d'Auguste César, menuisier et Constance Henriette DUROT, cartonnière, tous les deux nés à Lille. Il fait son service militaire dans les services auxiliaires pour cause de faiblesse et sa fiche matricule nous apprend qu'il est toujours domicilié rue des Robleds en 1887, il est alors papetier ou relieur, comme il l'indique lors du mariage de son frère Henri en 1890.

signature d'A. Labbe sur son acte de mariage

Sur son acte de mariage de la même année on apprend qu'il a résidé quelques temps à Paris où il a sans doute connu sa première épouse. En 1900 il signale son déménagement à Paris, 121 rue de Vaugirard, mais revient à Lille en 1902. Il participe, en 1906 à Roubaix, au concours organisé par La Muse Nadaud,  En 1908 il emménage 4 rue Saint-Sauveur. Pendant l'occupation il écrit des chansons satiriques qui lui occasionnent quelques tracas avec la police allemande. En 1915, à la suite d'une dénonciation, il est arrêté pour s'être occupé de soldats français restés à Lille. Il est incarcéré à la Citadelle de Lille, au secret, puis traduit devant le conseil de guerre qui le condamne à neuf mois de prison. Il est emmené en captivité au bagne d'Aurath, puis il est transféré au camp d'Holzminden. Il est rapatrié à Lille en octobre 1917. Avant sa captivité il avait pris soin de mettre à l'abri ses textes chez des amis imprimeurs (Nuez et Carron) et en 1919 il publie 45 textes (chansons, pasquilles et sonnets) sous le titre A la guerre comme à la guerre, Les boches à Lille avec une préface de l'artiste peintre Joseph Chauleur (1878-1965).

collection personnelle
Il s'est marié quatre fois : en 1890 à Lille avec Mathilde DELEPLANQUE, en 1918 à Paris avec Angèle PLOVIER, puis avec Victoria CORROYER et en 1934 à Lille avec Hélène DELAFORTERIE. Il décède à Mons-en-Barœul le 20 mai 1947, huit jours avant le chansonnier tourquennois, Jules WATTEEUW. Je ne sais pas si les couples ont eut une descendance.
Sa vie de poète nous est peu connue. Sa première prestation, il a 24 ans, semble être sa participation à un concert de bienfaisance organisé par le Club des Dauphins Lillois, à la Scala de Lille en décembre 1891. On sait aussi qu'il a été plusieurs fois lauréat dans des concours et qu'il a écrit régulièrement des articles et des poèmes pour le journal La Vaclette et après la guerre dans le Réveil Illustré. En 1905 il participe à la création et anime le Caveau Lillois, association de chansonniers patoisants. En 1911 il participe à la revue Lille-Chansons, revue costumée des œuvres patoisantes des chansonniers lillois : Desrousseaux, Auguste Labbe, Emile Drumez, Henri Fournier, Delory, etc, etc. [sic] l'arrangement est de Félicien Drumez, l'ouverture et la musique de scène de Gustave Gabelles (1883-1969). Le lieu des représentations n'est pas indiquée sur le document que je possède, mais l'association organisatrice, L'Association Philanthropique du Nord, a son siège social sur la place du Théâtre. La première a lieu le 7 juillet 1911, le livret et les textes des chansons ont paru dans la revue Les Echos Sportifs et Mondains de septembre 1911.
Il semble avoir eu une production importante, car la revue Toudis mentionne quelques uns des titres de ses œuvres, parmi les 4.000 ! connues, que sont-elles devenues ?

Dans ma collection :
- 14 juillet 1915, sonnet
- A l'increvable Franços-Joseph (1915)
- A l' poubelle les paillasses à boches (1915)
- A l' première hirondelle de r'tour à Lille (1915)
- Les Allemands sont amateurs… d'écus, sur l'air L'académie à moi, c'est ma maison (sd)
- Les All'mands à Lille, sur l'air Célina, Célina c'est comme ça que j' t'aime (1915)
- L'angelus du 75, sur l'air L'angelus de la mer (1915)
- Anniversaire du bombardement d'Lille, sonnet (1915)
- L'bailleu, sur l'air On dit que je suis sans malice ou Une fille comme il faut (1903)
- Les balafrés, parodie de Cyrano de Bergerac (1915)
- Baptême du petit Lydéric, musique de H. et G. Gadenne (1905)
- La bière,  air D'la braise, dédiée à M. Debuire Du Buc, parue dans la Vaclette du 19 juillet 1892
- Les bochartes, sur l'air Ah, mad'moiselle Rose, j'ai un petit objet à vous offrir (1915)
- Le boléro du balayeux dans la revue Lille-Chansons (1911)
- L'bombardement d' Lille par les Allemands (1914)
- Les Bords des élites, sur l'air Au temps des noisettes (1903), puis mis en musique par V. Absalon
- L'buveux et l'cabarétière, monologue (1903)
- Les camanettes, musique V. Absalon
- L' camp d'Holzminden, sonnet (1918)
- L'canon de l' Grand'Place, sur l'air Tout le long, le long du Missouri (1914)
- L'carette à quiens, musique V. Absalon
- Cha dot faire enn' séquoi tout d'même !!!, air : Ça vous fait tout de même quelque chose (1896)
- L'chenil des laichez-passer, sur l'air La mère Angot (1915)
- Cheull' qui n' dit rien, chanson lilloise, créée par Mme Castille du Caveau Lillois, air Bonjour mon ami Vincent, ou Cha n'est point bien d' dire du ma' des gins (Desrousseaux) (in Armena drolatique)
- Chin qu'on vo' pendant la guerre, sur l'air Vous voyez bien qu'elle est rosière (1914)
- Les commodités lilloises, sur l'air La chasse (1905)
- Consignation d' bicyclettes à Lille, sur l'air L'étoile d'Amour (1915
- L' crox-Rouge allemande et l' bos d' Boulonne, sur l'air Au bois de Boulogne (1915)
- L'déménag'mint du paufe, monologue (1903)
- L' démolition de l'façade du Café Jean, sur l'air Un bal à l'Hôtel de Ville (1915)
- L'diabolo, sur l'air En jouant du mirliti, en jouant du mirliton (sd) paru dans la revue L'vaclette ou  L' Nouvielle vaclette pour la chanson du mirliton voir ICI et ICI

collection
Philippe Boulfroy

- Dins les Dondaines, sur l'air A la Roquette (1903), publiée d'abord dans La Vaclette du 24 juillet 1892, puis mis en musique de V. Absalon
- L'éclipse, souvenir du 30 août 1905, sur l'air L'anatomie


collection personnelle


- L'étoffe, pasquille (1903)
- Eune avinche sur les dommach's de guerre, air : J'attend ! J'attends ! J'attends (Armena drolatique)
- Eun' bonne réplique, pasquille (1915)
- Eun' noce à Lille, monologue
- Faut pas s'en faire, musique de Jules Dupriez, de l'opérette L'étroit mousquetaire (1924)
- Les fiêtes de Lille pindant l'occupation allemande, sonnet (1915)
- Les floralies, sur l'air J'ai trouvé Paris
- Les fourneaux économiques et la guerre, sur l'air L'café (1915)
- Honni soit qui mal y pense sur l'air Il est tout mince (1905)
- I' fait noir à Lille, sur l'air Madelon
- Lamintations d'ma tante à quiens, sur l'air du Fiacre 113 (1903)
- Lettre ouverte à l'Imp'reur des Boches Guillaume II (1918)
- L'lard du Kronpriz, souvenir de l'Argonne, pasquille lilloise (1915)
- Un Lillois à Madagascar, sur l'air Un mariage à Pékin (1903)
- Lillos, rappelez-vous, musique V. Absalon et Robert Solry, du film En avant la musique
- Marche des Balyeux, musique de E. Carbonnel, parue dans La Vaclette du 6 décembre 1891

Collection personnelle

- L'martiau, musique de Victor Absalon
- Mentalité Boche, sonnet (1914)
- Minteux !. minteux !… minteux !… (1914)
- Mintiries boches, sur l'air Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans (1915)
- L'molin à café de m' gra-mère, monologue (1903)
- L' Mont Blanc (sd)
- Musette, musique d'Auguste Paulvaiche
- Nos aéros à Lille…… et les boches, sur l'air Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine (1915)
- Notre réponse à Kleeberg (1915)
- Les nouviaux riches, sur l'air Froufrou, froufrou
- Nouviell's du front (sd)
- L'nouviell' "Kulture", sur l'air L'habit d'min vieux grand-père (1915)
- Ohé ! mirliton, musique de G. Gadenne
- La parate, sur l'air La r'traite in musique (1915)
- Passage d'une troupe de civils allemands à Lille le 9 août 1915
- L'patois d'Lille et l'argot parisien, sur l'air J'ai pas l'habitude de fumer
- Pendant le carême, monologue grivois (1903)
- Les pessimistes (1915)
- Pour les soldats morts pour la patrie, tombés sur les remparts de Lille les 11 - 12 octobre 1914
- L'punache, musique de V. Absalon
- L'queminch'mint d' la fin, sur l'air Quand on n' a pas d'cheveux (1915)
- La queue des sans toubac, sur l'air Le petit panier
- Les queues à Lille, sur l'air Elle avait une jambe de bois
- L'rassi, pasquille (1905)
- Les rêves d'un balyeux, air à Saint Lazare, d'Aristide Bruant, parue dans La Vaclette du 27 mars 1892
- Roman d'amour, musique de V. Absalon
- Si j'avos su, j'aros resté garchon !, musique de V. Absalon
- Siscat et sin z'oiseau, musique de V. Absalon
- Souv'nir de l' messe de Pâques in l'églche Saint-Pierre Saint-Paul, à Lille l' 4 avril 1915, pindant l'occupation all'mande
- Souvenir des pigeons de l'grand'place de Lille (1917)
- Les statues de Lille en goguette, musique de E. Carbonnel, dans la revue Lille-Chansons (1911)
- Au sujet d'l'heure légale d'hiver, air : L'Anatomie, ou musique de chambre (Armena drolatique)
- Tac au tac, sur l'air Le Pendu (1905)
- Le triomphe de la paix, sur l'air Quand Madelon
- Uch' que j' sus-t-ichi ? (après mon arrestation) écrite à la citadelle de Lille, château d'Anvers le 30 octobre 1915
- Un grand cambriolage à Lille, sonnet (1915)
- Un Lillos précoce, pasquille lilloise (sd)
- La vie au camp d'Holzminden, sur l'air L'habit d'min vieux grand-père (1917)
- La vie chère, sur l'air Quand on revient de permission
- L'viell' fille, air : La cocotte (1897)
- Vive l' brad'rie !, sur l'air Choisis Lison

Les textes datés de 1903 proviennent du recueil La muse patoise, édité par Joseph Hollain, imprimeur 3 rue des Brigittines à Lille, qui est également l'imprimeur du journal La Vaclette. Ce recueil est constitué de sept très petits formats (13,5 x 21 cm) simplement assemblés par un point de colle. On y trouve les premières éditions de L'carette à quiens sous le titre Lamintations d'ma tante à quiens et Dins les Dondaines et Les bords des élites qui se chantaient sur d'autres musiques.


collection personnelle


Auguste Labbe, à 30 ans
collection personnelle


Pendant l'année 1923, Auguste Labbe a publié une chronique d'actualité en chanson patoise sous le titre Muse Lilloise dans Le Réveil du Nord :

2 janvier : L'jour de l'an
7 janvier : Si la Deule elle avot voulu, air : Si la Garonne elle avait voulu (Gustave Nadaud)
16 janvier : L'bedoulle à Lille, air : Le v'là l' petit' Violette (Desrousseaux)
23 janvier : A Guillaume II, à l'occasion de son anniversaire, souvenir des pigeons de l'Grand Place de Lille
30 janvier : L'ex-kaiser et s'femme, air : Elle me fait jamais des trucs comme ça, elle m'aime pas
6 février : Les corbelles à papier, air : Musique de chambre ou l'Anatomie
13 février : Ch'est carneval, musique de Jules Dupriez
27 février : Ch'est p't'êt' drôle… mais ch'est comm' cha !, air : [Ces dames ou] On devrait supprimer ça
6 mars : Compt' là d'ssus… te verras la Déesse, air : Mont' là d'ssus
13 mars : On dit… on dit…, air : Musique de chambre ou l'Anatomie
20 mars : L' manque d' courant, air : Ch'est bien triste, allez Célina, d'avoir un garchon si pana (Desrousseaux)
27 mars : Les nouviaux riches, musique de Jules Dupriez
3 avril : V'là les Pâques
6 avril : Les budgets du ménache, conseils à une aspirant du mariage
10 avril : La vie chère, air : Quand on revient de permission
17 avril : Nos coqu'leux, air : Le Broqu'let (Desrousseaux)
24 avril : L'ex-kronpriz devient maboul, air : C'était pas la peine assurément (La fille de Mme Angot)
1 mai : Les norriches
8 mai : In avant… mark !
15 mai : L' temps qui fait
29 mai : A part cha… tout marche à mervelle !, air : Elle est tellement innocente (La fille de Mme Angot)
6 juin : C'est-i' pour cha qu'j'ai fait la guerre ?, air : Vous voyez bien qu'elle est rosière
13 juin : Ah ! ch'est bien malheureux d'êr' riches, air : Elle est tellement innocente (La fille de Mme Angot)
19 juin : L'pain Chéron
3 juillet : L'Bruant, fable
10 juillet : L'chifflet des agents, air : Un bal de l'hôtel de ville
17 juillet : Mais qui fait caud !, air : Les bonnes gins de St Sauveur (Desrousseaux)
24 juillet : L'fiète d' Saint' Marthe, air : A Saint Lazare
31 juillet : L' nouviau théâte d' Lille
8 août : Portrait à dix sous, air : Les bonn's gins d' Saint Sauveur (Desrousseaux)
21 août : Les gosses de riches… à la mer
28 août : La foire de Lille, air : L'habit d'min vieux grand père (Desrousseaux)
4 septembre : Vive l'braderie, air : Choisis Lison
11 septembre : Il est minuit (ou Lille par nuit), air : de la chanson du même titre
20 septembre : Eun' nouvielle
28 septembre : L'grand concours des célébrités du Progrès du Nord, air : Mon homme
2 octobre : Eun' semaine d' pichon à Lille
9 octobre : Mais cha n'étot qu'un rêve, air : Le plus joli des rêves
13 novembre : La classe s'in va !
20 novembre : La galettera, air : La Violetera
4 décembre : L' Noël du gueux
26 décembre : Au p'tit Jésus





La BNF et la Bibliothèque de Lille possèdent : Les boulingers de Ronchin (1895), Les laitiers de Ronchin, Un drôle de ménage (1896), etc, et les recueils : L'infant d'Lille (1900), l'Armena drôlatique 1923 (1922) et les Boches à Lille cité plus haut.



Victor ABSALON, le compositeur


Victor Sylvain ABSALON
collection personnelle

Dans les années 1920, la musique de ses chansons est souvent composée par Victor ABSALON, violoncelliste, professeur de musique, né à Mons en 1886, fils de Florimond, ouvrier au chemin de fer et Rose SMELSER, ouvrière couturière. Suivant l'exemple de son oncle Mathieu ABSALON, ancien professeur de violoncelle à l'académie de Valenciennes, il étudie cet instrument à Bruxelles où il obtient un premier prix au Conservatoire. Il est domicilié à Tournai après 1911, puis on le retrouve à Lille vers 1924. En 1926 il est chef d'orchestre à l'ouverture de l'hôtel Carlton. A la fin des années '20 et au début des années '30, la radio de Lille PTT-Nord met fréquemment au programme des œuvres de ce compositeur et il est souvent sollicité pour jouer pendant les messes de mariage de la bourgeoisie lilloise et alentours. Compositeur habituel des chansons d'Auguste LABBE, en 1927 il compose la musique de la chanson D'siré ou t'as cassé l'cruche de la revue locale Ça… c'est Lille, écrite par Pierre MANAUT et André HORNEZ. En 1928 il est promu officier d'Académie, la presse nous apprend qu'il a été violoncelle solo à l'orchestre du Théâtre de la Monnaie et à l'orchestre Louis Ganne de Monte Carlo.
En 1928, il divorce de Marie VANDENBOSSCHE pour épouser une Coudekerquoise, Jeanne LEBECQUE à Lille en 1929, sa future épouse est alors domiciliée à Boulogne sur Mer, 37 rue Faidherbe. Il décède à Lille en 1962 et son épouse en 1984. Le couple est inhumé au cimetière de Coudekerque-Branche dans le caveau de la famille Lebecque.

Christian Declerck

Sources : revue Toudis, n° 6, août 1998,  Bulletin des réfugiés du département du Nord, Journal de Roubaix, L'Egalité de Roubaix-Tourcoing, Le Grand Echo du Nord  et collection personnelle.


la tombe de Victor Absalon
et Jeanne Lebecque



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Annexes

une des premières chansons d'Auguste Labbe, datée de 1894

A Molins-Lille : chanson-type en patois de Lille / par Auguste Labbe...
source : Gallica


D'autres chansons publiées pendant la Grande Guerre dans le Bulletin des réfugiés du département du Nord :

L'quinze août à Cambrai, sur l'air de Martin Martine 

Bulletin des réfugiés du département du Nord : paraissant deux fois par semaine...
source : Gallica


L'timbre rabais

Bulletin des réfugiés du département du Nord : paraissant deux fois par semaine...
source : Gallica


Point méchante

Bulletin des réfugiés du département du Nord : paraissant deux fois par semaine...
source : Gallica



Une interprétation par Bertal de deux chansons d'Auguste Labbe et Victor Absalon : Les camanettes et L'carette à Quiens

Les deux chansons en entier sont ici



Albert Demeulemeester, 
dit Bertal (1897-1960)
collection personnelle