dimanche 8 octobre 2023

Luthiers amateurs

mise en ligne le 17/12/2013
mise à jour le 11/11/2021 : ajout d'un violon T. Carey
mise à jour le 5/1/2022 : ajout de Jules Gantiez
mise à jour le 8/10/2023 : ajout d'infos sur T. Carey

La lutherie a toujours attiré les amateurs, et certains sont même devenus des professionels. Voici quatre exemples régionaux : Léon Vanstaevel à Ghyvelde, Yoska Pokker à Lens, Théophile Carey à Dunkerque et Jules Gantiez à Arras.


Léon Vanstaevel (1881-1973)


photo Laurent Claeys


Nord Matin en 1966 : "Ghyvelde : comment à 80 ans, on ajoute une corde à son… violon. Oh ce ne sont pas des Stradivarius, mais si l'amour et la minutie suffisaient à engendrer la qualité d'une œuvre, les deux violons de M. Vanstaevel seraient de pures merveilles. Qu'en sait-on d'ailleurs, puisque nul n'a jamais frotté l'archet sur leurs cordes ?
Né voici 85 ans à Ghyvelde, M. Vanstaevel est un vieillard sans histoire. Il n'a jamais habité une autre terre que celle de sa naissance et son village l'a vu successivement ouvrier agricole jusqu'à quatorze ans, puis accordéoniste. Cet instrument était alors peu répandu en Flandre française et Léon Vanstaevel se tailla rapidement une solide réputation d'animateur de bal. Il en devint assez riche pour s'offrir un café : "Au  Rosendaël" qu'il exploita jusqu'en 1932. Un fils, lui était né, Camille, qui reprit bientôt l'accordéon de papa et le "père Léon" chercha d'autres passe-temps.
C'est ainsi que notre homme s'amusa à fabriquer de toutes pièces une dizaine d'accordéons et quelques "grosses caisses" — "des Jazz-band" nous précise-t-il en clignant un œil malicieux. Il en fit cadeau à son fils.
Puis un beau jour, il eut l'idée de fabriquer un violon… avec des bâtons d'allumettes ! Nul ne peut préciser le sort de cet étrange instrument mais M. Vanstaevel avait ce jour là pris goût à la chose : il fabriquerait des violons.
Il y a cinq ans environ, sans plan, sans modèle, sans savoir jouer de cet instrument, il se mit à la tâche. Ses premiers essais furent des échecs quand il tenta de "former" le bois de la caisse… Et puis il découvrit qu'il fallait le tailler dans la masse, que certains bois possédaient les qualités nécessaires à certaines pièces, que les couches de vernis devaient se succéder de telle manière, etc… Fabriquer un violon n'est pas une mince affaire.
Et voici comment aujourd'hui, M. Vanstaevel peut nous faire admirer ses deux super-productions en panama, ébène, palissandre et érable ; deux violons qui rendent — ma foi — un son de violon tout à fait pur. Petit-être l'oreille d'un spécialiste pourrait-elle y déceler les éléments d'une flatteuse appréciation.
"Voyez-vous, déclare le bonhomme, c'est bien dommage que je ne sache pas en jouer. J'ai fait mes violons après avoir fabriqué même les outils nécessaires pour leur donner leurs qualités. Mais il est encore plus facile de les créer que d'en jouer ; c'est bien la première fois que je ne fais pas ce que je veux de mes dix doigts…" J. C.



Léon Gaston Vanstaevel est né le 26 juillet 1881 à Ghyvelde, il y a épousé Elodie Stéphanie Daeye le 3 janvier 1900, il est décédé à Hondschoote le 26 février 1973.

Merci à Laurent Claeys de m'avoir transmis cette info


*****

Yoska Pokker (1926-2009)




Le Tambourineur, septembre 1981 : "M. Joseph Pokker, luthier en violon à Lens, en plein cœur du bassin minier. Un soir de semaine en 1980, il est 20h30, FR 3 est à Lens. Les jeux de 20 heures se terminent. "Yoska et ses tziganes" apparaissent à l'écran pour clore l'émission. On me racontera tout ça le lendemain (car je n'ai pas le courage de regarder ces Jeux de 20 heures). Il est, paraît-il, fabriquant de violons. Contacts divers pour retrouver sa trace, et me voilà, quelques jours plus tard, chez Monsieur et Madame Pokker, dans la première maison d'un coron, propre et aéré, des abords de Lens.
On se rend compte tout de suite de la passion de M. Pokker ; sur un mur la dizaine de violons aux différentes formes qu'il a réalisés ces derniers temps, dans un coin un petit orgue électrique, dans un autre, un piano droit, récente acquisition, sur un coin d'armoire, une caisse de violon en train de sécher et sur le bahut, un disque (le dernier) du groupe de M. Pokker. Car ils ont fait 4 disques 30 cm. Le répertoire va du folklore tzigane "arrangé", aux airs de variétés beaucoup plus occidentaux et modernes.
Mais reprenons la discussion avec M. et Mme Pokker. J'apprends qu'il est né en France, mais qu'il a passé 10 ans en Hongrie. Il y rencontre sa femme, hongroise de naissance. Tous deux parlent couramment le hongrois.
Dans sa jeunesse, M. Pokker commence à travailler le bois avec son père, menuisier-charpentier. Puis il fut mineur de fond et après 26 ans de service, "al' bowette et al' raval", il prend une retraite anticipée. Désormais un peu plus disponible, il va pouvoir se consacrer à la musique, au sein de sa formation qui joue dans les bals de la région, mais aussi chez lui, en commençant quelques réalisations. Les premiers instruments qu'il fabrique, vers 1970, seront des mandolines et des guitares… pour la famille.
Ses premiers violons sont fabriqués sans notion élémentaire de lutherie, mais témoignent déjà d'une habileté dans la fabrication. Ses premières éclisses sont formées de bouts de bois collés… l'un après l'autre. Il a même fabriqué un violon, avec au lieu d'éclisses, 600 allumettes alignées et collées ! Il a construit aussi une contrebasse en contreplaqué, avec Madame Pokker qui l'aide à courber les éclisses ! Mais de toute façon l'instrument résonne, et sert d'ailleurs toujours quand le groupe se produit en bal. Il va acquérir ensuite quelques ouvrages importants de lutherie (Tolbecque, Millant), qui vont définitivement le mettre sur la bonne voie.
Il entend parler bien sûr des ateliers de Mirecourt, et s'y rendra d'ailleurs 6 fois pour rencontrer M. Pajès, M. Miller (père et fils), M. Morizot (directeur de l'école de lutherie), avec qui il apprendra quelques trucs du métier, et pour y acheter du bois et des pièces de lutherie. De retour à Lens, c'est chaque fois l'occasion de fabriquer un autre instrument qui différera des autres soit par sa forme, soit par sa finition. Depuis il a participé au Salon du Mineur en 1979, en présentant sa fabrication et participera sûrement encore au prochain en 1982.
Hormis plusieurs violons de conception "classique", M. Pokker a produit un alto, quelques quintons (violon un peu plus gros et possède 5 cordes), une copie "de tête" d'une viole d'amour (10 cordes dont 5 sympathiques) aperçue dans un atelier en Bretagne, et plus récemment quelques violons à la table et à la touche marquetées dont un violon du type "Hardangerfelen" norvégien, à cordes sympathiques.
M. Pokker applique ses vernis au pinceau plutôt qu'au tampon. Cela donne peut-être une touche plus artisanale. De toute façon, le fait qu'il soit un bon "violoniste" est un gage de sérieux dans la fabrication, quand on sait, en plus, qu'il est très exigeant sur la sonorité d'un instrument.
[…]
Ah oui encore deux choses importantes pour les personnes intéressées par l'acquisition d'un instrument de M. Pokker : les prix pratiqués sont très abordables compte tenu du nombre d'heures passées, et les délais sont très convenables.
Gaby Delassus"
 



La Voix du Nord 20 janvier 2009 :
Joseph Pokker, dit « Yoska », s'est éteint à l'âge de 83 ans samedi, à Liévin. Avec sa disparition, s'est tue une voix du bassin minier. Celle de ce mineur devenu musicien qui aura partagé sa vie entre l'obscurité du fond et la lumière de la scène.
On l'appelait « l'homme aux doigts d'or » ou « le mineur devenu luthier ». Joseph Pokker était devenu célèbre dans la seconde moitié des années 1940, alors qu'il conduisait l'orchestre de Yoska et ses Tziganes. Ce nom ne dira sans doute rien aux plus jeunes. Mais ceux qui ont connu l'âge d'or des bals, l'ont forcément entendu jouer un jour.
Durant près d'un demi-siècle, mineur le jour, luthier la nuit, Yoska a couru la campagne, les noces, les communions, les fêtes locales... et les plateaux télés : des Jeux de 20 heures, en 1980, à Incroyable mais vrai aux côtés de Jacques Martin en 1983. Imaginez donc : un homme devenu figure locale, qui troquait sans cesse costume de scène et visage impeccable contre gueule noire et bleu de travail…
Joseph Pokker est né en 1926 à Lens. Mais était rapidement parti vivre une dizaine d'années en Hongrie, pays dont ses parents étaient originaires, avant de revenir, au milieu des années 1940. « À notre retour, après l'Armistice, la main d’œuvre, à nouveau, était recherchée , nous confiait le musicien en 1996. Il fallait relancer l'industrie charbonnière. Je suis entré aux mines de Lens, à la fosse 2. » Et c'est dans la musique que l'esprit de Joseph trouvera un échappatoire à ses douloureux souvenirs de guerre, ses blessures, et le dur labeur quotidien d'un mineur de fond. En compagnie de ses frères, Nicolas [1920-2003], le guitariste, et Jean [1927-2011], l'accordéoniste, Joseph le violoniste créera l'orchestre de Yoska et ses Tziganes. Dès lors, le groupe écumera toutes les scènes du bassin minier jusqu'au début des années 1990. « C'était quelqu'un de très généreux, se souvient son fils. Partout où on l'invitait, il venait, bénévolement. Jusque dans les maisons de retraite, au marché aux fleurs, aux enterrements des mineurs...  » Son dernier concert, Yoska l'avait donné en 2006 à Vimy. Depuis, il continuait à fabriquer des instruments, comme il en avait toujours faits. Des violons, contrebasses, vielles à roue ou mandolines, qu'il concevait avant d'exposer. Ses instruments qu'il taillait de ses mains d'orfèvre pour ses doigts d'or.
Romain Musart"


cithare en vente à Roubaix en 2005
photo personnelle

*****

Théophile Carey (1863-1923)


Collection Abel Laporte †


Théophile Amand Carey, Dunkerquois d'adoption, est né le 12 juillet 1863 à Arnèke, il est le fils de Jacques Winoc charpentier, scieur de long. Après avoir enseigné comme frère de la doctrine chrétienne pendant une dizaine d'années, il créé une entreprise de peinture, dont les bureaux se situaient au 20 de la place du Palais de Justice. C'est dans cette grande maison qu'il installera son atelier de lutherie. Il y exercera sa passion toute sa vie, de façon quasi clandestine, pour les nombreux amateurs dunkerquois. La qualité de son travail se distingue nettement de celle de la lutherie dite populaire, rien ne distingue ses violons de ceux réalisés par un professionnel, mais il aurait appris seul, à partir de quelques manuels nous a dit sa petite fille. En voici un exemple, croisé dans l'atelier d'un ami au début des années 2000.




Je remercie Hervé Castre de m'avoir contacté récemment. Il est en possession de ce violon qui appartenait à son père Daniel (1919-2008) qui a suivit les cours d'Arthur Dehon de 1932 à 1939. Ce violon avait été acheté 900 francs par son grand-père Gaston (1888-1966), batelier à Dunkerque, à Louis Dondeyne, professeur de violon et chef d'orchestre, comme le prouve le reçu conservé miraculeusement dans la famille. Daniel Castre n'a pas persévéré dans la pratique de la musique. Il s'est engagé dans l'armée de l'air où il a participé à la bataille de France en 1944 en qualité de pilote de reconnaissance.

Reçu de Monsieur Castre demeurant à Coudekerque-Branche
la somme de neuf cents francs, pour le règlement d'un violon
marqué Th Carey, luthier à Dunkerque plus un étui et un archet
Dunkerque le 9 avril 1932, L Dondeyne.
signature de L Dondeyne lors de son mariage en 1902


Théophile a réalisé aussi un violoncelle qui était joué par sa belle fille, Marie Barroy, épouse de Gérard Carey, lui-même excellent violoniste d'après le témoignage de leurs filles Geneviève et Françoise, toutes deux pianistes.
Au cours de la cérémonie du mariage religieux de sa fille Marie-Thérèse avec Daniel Florizoone, en 1921 à l'église Saint Jean Baptiste : se fit entendre un délicieux orchestre symphonique composé de nos meilleurs artistes dunkerquois : les violonistes MM. Louis et Fernand Dondeyne, Delhomme et Fonteyne : MM. Vermeulen et capitaine Leroy, altistes ; les violoncellistes, MM. Froment et Lemaire et le contrebassise, M. Arthur Dondeyne, accompagnés aux orgues par le jeune maître M. Emile Brande. Ce noyau d'artiste exécuta avec son habituelle maîtrise : la Marche des prêtres d'Athalie [de Mendelsohn] ; Quo Vadis, intermezzo pour violoncelle ; Cantabile de G. Sporeck ; Berceuse de [Théodore] Salomé ; terminant par la majestueuse Marche Nuptiale de Mendelsohn, tirée de Songe d'une nuit d'été. 
Louis Dondeyne est présent à ce concert on peut supposer qu'il y a joué avec le violon de Théophile Carey.
Théophile Carey décède le 9 mars 1923 à Dunkerque, il avait épousé Irma Lenys, originaire de Coudekerque-Village, à Dunkerque en 1891.

Christian Declerck

PS : Une découverte récente me permet d'ajouter un autre métier artistique au palmarès de Théophile. Il a été quelques temps artiste peintre et photographe si l'on en croit cette carte publicitaire :

collection personnelle




la place du Palais de Justice
emplacement de l'atelier de T. Carey

****

Ce magnifique violon de Théophile Carey a ressurgi récemment à Périgueux, chez le luthier Damien Florio. En provenance directe de la famille de Théophile, il a été acheté par la ville de Dunkerque en avril 2022. Il a intégré la réserve du Musée des Beaux-Arts de Dunkerque.





*****

Jules Gantiez (1910-1984)





[…] Il voulait devenir menuisier comme son grand père maternel, la reconstruction d’Arras en décida autrement, il devint enduiseur-cimentier-coiffeur. En fait il construit des violons depuis sa jeunesse, à partir d’outils à main dont il a réalisé lui-même une grande partie. La guerre et la captivité qui s’en suivit ne l’empêchèrent pas de fabriquer un violon dans les camps de prisonniers, il y avait un atelier de menuiserie. Il apprit à jouer de ses instruments, en apprenant la musique, seul, ou avec l’aide d’une cousine. Il se souvient d’avoir jouer du violon et du piston, entre les deux guerres, à Bois Bernard, Quiéry la Motte, dans les bals ou dans les églises ; et dans la salle paroissiale de Saint Nicolas les Arras. Il eut la chance de pouvoir s’offrir un copie de Stradivarius de 1721, qu’il restaura et dont il se sert toujours. Il a un faible pour les valses de Strauss, pour Cavalerie Légère de Suppé. Il les joue sur ses propres instruments, car il a mis un point d’honneur à les rendre crédibles. Un de ses amis, M. Robbe, vient les essayer, les accorder, non sans admiration pour les résultats obtenus. […]
Daniel LHOPITAL
La Voix du Nord, 30 octobre 1981

Jules Gantiez est né à Saint Catherine, près d’Arras le 12 novembre 1910, il est décédé trois ans après la parution de cet article, le 17 mars 1984 à Saint Nicolas les Arras. Son père, François, représentant de commerce, est né à Reims, sa mère Emilie Delattre est née à Calais, ils résidaient à Arras au moment de la naissance de Jules.




Voir aussi la page consacrée à Emile Remès, luthier amateur lillois, découvert récemment.





vendredi 6 octobre 2023

Stage de danses flamandes 1992

Quelques images tournées par l'ASTV lors d'un stage de danses flamandes organisé en juin 1992 par les Meulenaers de Grande-Synthe, dans la maison de quartier de l'Aalbeck. On aperçoit quelques visages connus des associations Vierboot de Bray-Dunes et Danses temps là d'Uxem, le stage est animé par Renaat Van Craenenbroeck†, Katrien Van Craenenbroeck et l'accordéoniste Modeste Vercauteren†.




les animateurs

 
Nicole et Didier† Thévenon

Sandrine Pouwels et Mathilde Warlop


dimanche 1 octobre 2023

Chanson des matelots de Dunkerque

source


Une chanson dunkerquoise peu connue, chantée par Gérald Ryckeboer du groupe Blootland soutenu par les chœurs de Lireliet. Extrait du CD Terres-Neuvas et Islandais, chants de la grande pêche, Anthologie des chansons de mer - Chasse Marée / ArMen - volume 7


Oh la tonne va bien monter !

"Ce très beau texte, bien typique d'un chant de bord, a été publié en 1890 [sic, en fait 1859] - hélas sans mélodie, dans le Journal Illustré des Chansons Populaires, sous le titre Chanson des matelots de Dunkerque au retour de la pêche à la morue faite en Islande. Le collecteur, resté anonyme, précise que certains vers sont chantés par "un matelot seul", et que "les autres chantent le reste". Nous avons respecté cette indication en composant la mélodie manquante et en l'interprétant.
La chanson servait probablement aux opérations de déchargement portuaire. C'est aussi le cas d'un des chants à hisser "main sur main" de ce disque, faisant également allusion aux tonneaux, Montons la barrique à tafia.
Le texte, très marin, laisse penser que la chanson a pu être utilisée pour hisser durant la campagne de pêche. Flicoteau était un café célèbre du port de Dunkerque [et Fricoteau un cabaret renommé de Coudekerque Branche]"
Michel Colleu, extrait du livret du CD

Terre Neuvas et Islandais

Le texte original mentionne la pêche en Irlande, mais il s'agit très certainement d'une coquille, à ma connaissance les Dunkerquois ne sont jamais allé pêcher la morue en Irlande.

*****

Un documentaire sur les techniques de la pêche à la morue en 1950




dimanche 24 septembre 2023

Guillaume Le Blond, facteur d'instruments (1735-1796)

mise en ligne le 24/12/2021
mise à jour le 29/7/2022 : ajout de photos du cistre de Bruges
mise à jour le 9/9/2023 : ajout d'une photo du cistre de l'Hospice Comtesse
mise à jour le 24/9/2023 : ajout d'infos sur Pierre Glintz


musée de l'Hospice Comtesse, cistre 1777
expo Mondonville 2011
photo personnelle


Musée Gruuthuse, cistre 1777
photo personnelle

C'est par lui que tout a commencé. 

Patrick Delaval, chercheur et passionné de cistre, connaissait ce luthier dunkerquois par ses magnifiques instruments conservés dans plusieurs musées européens, mais la bibliographie était assez succincte sur les dates de naissance et décès, on savait seulement qu'il était actif à Dunkerque dans le dernier quart du XVIIIe siècle, grâce aux étiquettes de ses instruments. Patrick me demande si je peux aller à la bibliothèque de Dunkerque chercher des informations. Je n'ai rien trouvé à la bibliothèque, mais on me conseille d'aller à l'étage au dessus, aux Archives Municipales. Là non plus on ne connait pas ce luthier, heureusement l'archiviste, Jean-Luc Porhel, me suggère de chercher des mentions dans les registres, en commençant par la Capitation. Nous sommes en 1980 et c'est le début de recherches sur les musiciens à Dunkerque qui sont toujours en cours.

Guillaume Le Blond est né en Normandie, à côté du Hâvre, à Saint Laurent de Brèvedent le 27 novembre 1735, fils de Jacques et Catherine Le Petit. C'est sa présence comme témoin au décès, à Dunkerque le 17 février 1792, de son neveu Jean Jacques Leblonc [sic] qui m'a donné un début de piste pour localiser son baptême. Jacques est le fils du petit frère de Guillaume, Jacques Philippe, laboureur, né en 1745 au même village et qui, en 1783, est le parrain d'un enfant de Léopold Coffe (1750-1809), luthier à Dunkerque.


l'église de Saint Laurent de Brèvedent

Guillaume arrive à Dunkerque en 1764. Il se marie le 25 juin 1765 avec Marie Bernardine Colinion, née à Saint Omer en 1735. Il est alors domicilié rue Notre Dame. En 1769 il est au n°1 de la rue des Vieux Quartiers (actuelle rue Poincaré) cette maison a pu être située précisément grâce au recensement réalisé pour loger les troupes en 1772. Elle fait partie de la rangée de maisons accolées à l'église Saint Eloi, c'est la première, située sur l'angle sud de la façade.



Dans les registres de la Capitation, j'ai relevé les différents domiciles de Guillaume Le Blond de 1765 à 1795 : rue Notre Dame (1765-1769), 1 rue des Vieux Quartiers (1770-1772), à Rouen en 1773, rue du Quai (1774), rue de l'Eglise (1775-1778), rue Saint Eloi (1779-1789), rue Royale (1789-1790), marché aux Pommes (1790), rue de la Liberté (ex rue des Capucins (1795) et enfin à La Branche de Coudekerque lors de son décès le 30 mai 1796. Son épouse meurt en 1808, 9 place Jean Bart (ex place Dauphine).


d'après le plan de 1785
source : Gallica


Sa résidence à Rouen est attestée par trois documents. Un cistre conservé au Musée de Leipzig, porte une étiquette manuscrite : "fait par Le Blond à Rouen 1773". Une mention sur une partition d'un dépôt de musique et surtout un certificat de bonne vie et mœurs délivré par le magistrat de Dunkerque en juillet 1772 : Messieurs les maire et eschevins de la ville et terri­toire de Dunkerque. Supplie humblement Guillaume Leblond maître luthier demeurant en cette ville, disant que depuis en­viron huit ans il a fixé sa résidence en cette ville où pendant ce temps il y a exercé sa profession à la satisfaction du public et de ses supérieurs par la bonne conduite, que comme dans la vue d’un plus grand avantage dans l’exercice de sa proffession il desiroit changer de résidence pour la fixer dans celle de Rouen, dans cette circonstance pour d’autant plus surement y parvenir et faire librement son voyage il desireroit aussi a cet effet obtenir de votre authorité un certificat de bonne vie et mœurs, c’est le sujet de la présente requête. Accordé le 9 juillet 1772. Cette tentative de déménagement s'est vite terminée par un retour à Dunkerque, en 1774 il est mentionné rue du Quai dans le registre des Capitations. 

J'ai trouvé son acte de décès très récemment dans le premier registre des décès de Coudekerque-Branche, appelée à l'époque La Branche de Coudekerque, à noter que je suis pas le premier à l'identifier, car dans la marge du registre une mention manuscrite précise ses prénom et patronyme exacts :

Acte n°30, Guillaume Le Blond, du 12 prairial de l'an 4 (31 mai 1796) (source)

l’an quatrième de la république françoise une et indivisible le douze prairial neuf heures de matin sur la déclaration qu’il nous a été fait par Louis Wagois frippier en commune de dunkerque agé de soixante cinq an et marie anne Catoen agée de quarante cinq an résidant en la commune de Dunkerque du décès de gilome Leblon décédé en cette commune de la Branche de Coudekerque le jour d’hier sept heure de soir. nous françois Simon Boiberque agent municipal de la ditte commune nous nous sommes transporté au domicile du dit le Blond ou nous etant assuré de son décès les dit déclarant nous ont dit qu’il se nomais gillome Leblond, rentier de profession, agé de soixante ans, natif de duavre époux de Bernardinne Collignon et ont les dit déclarants signé avec nous le jour, mois et ans que dessus

Marianne Cotoon [Cattoen ?]  : Louis Wagon : Boibergue

Cette commune comprenait le territoire de Malo-les-Bains (appelée Visschermoere), celui de Rosendael et encerclait la ville de Dunkerque jusqu'à Petite Synthe. Si l'acte mentionne qu'il est domicilié à la Branche de Coudekerque, la localisation précise n'est pas aisée. Mais on sait que le hameau de Visschermoere, comptait peu d'habitants, seulement quelques maisons de pêcheur en bordure de plage ; que Rosendael avait souffert du siège de 1793 par le Duc d'York et était quasiment rasée. D'après Léonce Baron, la partie la plus peuplée, appelée Section B, se trouvait autour du cabaret Le Petit Steendam, au bord du canal de Furnes, c'est dans ce cabaret que se tenait les réunions du conseil municipal et il servait donc de mairie. On peut supposer que la maison de Guillaume Leblond se trouvait dans cette section, avec un accès facile à la ville par le pont de Furnes. La recherche future permettra peut-être de trouver un document plus précis.


extrait du cadastre de 1810
source : Archives départementales du Nord

Activités para musicales

Guillaume Le Blond tenait un dépôt de musique (à Dunkerque et Rouen) mentionné sur plusieurs partitions qui sont parvenues jusqu'à nous : Premier recueil d'ariettes, menuets et allemandes, arrangés pour le cistre ou guitare allemande, dédié à Madame la comtesse d'Aigremont, par M. Pollet, maître de musique à Lille en Flandre. Deuxième recueil d'ariettes, menuets et allemandes arrangés pour le cistre ou guitare allemande dédié à Madame la comtesse de Nicolson, par M. Pollet maître de musique [dépot à Rouen chez Mr Le Blond luthier]. Premier recueil d'ariettes des plus jolis opéras, avec accompagnement de cistre ou guitare allemande, arrangé par M. Pollet, maître de cistre. Six sonates des meilleurs auteurs arrangés pour le cistre ou guitarre allemande avec accompagnement de violon, dédié à M.*, par M. Pollet, maître de cistre à Paris.

L'esprit des journaux
françois et étranger 1775

Les comptes de l'église Saint Eloi contiennent plusieurs mentions de ses travaux sur les instruments de l'orchestre : en 1777, réparation d'un serpent et une basse pour 15 livres et 10 sols ; en 1781, raccommodage de deux serpents pour 7 livres ; en 1783, il vend un archet pour le violoncelle, 7 livres ; en 1785, 68 livres et 10 sols pour avoir monté et mis en état la contrebasse ; 1786, 36 livres pour avoir verni la contrebasse ; en 1789, 55 livres 9 sols pour la livraison de cordes pour la contrebasse depuis le 23 décembre 1787 jusqu'au 25 décembre 1789 ; idem en 1792, 51 livres et la dernière livraison de cordes pour la contrebasse et de papier rayé, 52 livres en 1793.


Les instruments 

Patrick Delaval a réalisé un inventaire des instruments fabriqués par Guillaume Le Blond conservés dans les musées et quelques collections privées :
- 1772 : un violoncelle fait à Dunkerque conservé par M. Deporre à Gand (R. Vannes)
- 1772 : un cistre fait à Dunkerque, conservé au musée de Leipzig, (catalogue du musée)
- 1773 : un cistre fait à Rouen, conservé au musée de Leipzig, (catalogue du musée)
- 1774 : un cistre-luth fait à Dunkerque conservé au Musée de la Musique à Paris
- vers 1775 : un cistre, attribué à Le Blond, conservé au musée de Leipzig, (catalogue du musée)
- 1777 : un cistre fait à Dunkerque conservé au Musée Instrumental de Bruxelles
- 1777 : un cistre fait à Dunkerque conservé à Bruxelles
- 1777, un cistre fait à Dunkerque par Le Blond, conservé au Musée de l'Hospice Comtesse à Lille
- 1777 : deux cistres fait à Dunkerque conservés au musée de Berlin
- 1777 : un cistre fait à Dunkerque conservé au Musée Gruuthuse à Bruges
- 1779 : deux cistres faits à Dunkerque conservés au Musée Instrumental de Bruxelles
- vers 1780, un cistre théorbé, attribué à Le Blond, conservé au musée de Leipzig, (catalogue du musée)
- vers 1780, un cistre conservé à Amsterdam au Rijksmuseum 
- 1789 : un cistre fait à Dunkerque mentionné par Stainer (1896)
- 1789 : un cistre fait à Dunkerque, propriété de R et M. Milland à Paris (R. Vannes)
- 1789 : un pardessus de viole fait à Dunkerque, conservé au musée de Berlin
- 1789 : un piano table fait à Londres, conservé au musée de Berlin
- 1792 : un piano table fait à Dunkerque, conservé au Musée Gruuthuse à Bruges
- sans date, un cistre vu en vente vers 1995 par M. Bissonnet, antiquaire à Paris
- sans date, un cistre fait par Le Blond conservé au musée de Stockholm
- sans date, une guitare marquetée, faite à Dunkerque, de la collection de César Snoeck à Renaix, achetée par le musée du Tsar à Moscou ?
- des violons, mentionnés, sans date ni localisation, par René Vannes

Christian Declerck
24 décembre 2021


*****


Dunkerque 3/11/1789


Complément sur son lien avec Pierre Glintz, ébéniste et sculpteur à Dunkerque avant 1800

Guillaume Le Blond est témoin à son premier mariage le 3 novembre 1789, un petit détail qui laisse supposer une relation professionnelle entre ces deux artisans du bois. Pierre (Petter) Glintz est né à Klagenfurt (Autriche actuelle) alors en Carinthie, le 19 mars 1746, fils de Pierre aussi ébéniste. Je ne sais quand il arrive à Dunkerque, il épouse Marie Jeanne Blanckaert (61 ans) en 1789, son épouse meurt avant 1795. L'année suivante il épouse une jeune femme de 28 ans, il en a 50, Isabelle Decoopman, originaire de Zegerscappel. Elle lui donnera 5 enfants dont l'aîné Pierre Joseph, sera le seul survivant. Né à Dunkerque en 1797, il sera facteur de pianos chez Pleyel et Wolff, comme nous l'indique la mention lors de l'attribution de la médaille de Ste Hélène en 1872 (il a été blessé à la bataille de Waterloo en 1815). Les naissances de ses frères et sœurs à Lille (1800, 1802) puis à Paris (1804) nous indiquent le parcours de son père pendant ces années troublées. Son père meurt en 1820 à Paris, 18 rue des Billettes, sa mère est morte à Villers-Cotterêts en 1830. Le fils se marie deux fois et sa première épouse, Jeanne Bisson (née à Châteauroux), lui donne trois enfants : Pierre (1819-1835), Clara (1821-1874) et Alexis (1828-1907), il meurt dans le 11e arrondissement de Paris, 9 rue de Charonne, en 1881.
 

*****

les instruments de Guillaume Le Blond

Photo © Claude Thériez
Musée de l'Hospice Comtesse/Ville de Lille



Musée de Leipzig


Musée de Stockholm

Rijksmuseum Amsterdam


cistre-luth
Musée de la musique à Paris


Musée Gruuthuse, Bruges, vers 1930
encadré : le piano G. Le Blond
C. P. collection personnelle

piano table ou square-piano
Musée Gruuthuse à Bruges
source : catalogue du musée
et photo personnelle

*****

Cistre Le Blond 1777, musée Gruuthuse
photos personnelles










dimanche 10 septembre 2023

Les fêtes de Lille en 1729

Le jeudi 29 septembre 1729 et les jours suivants, des fêtes sont données pour la naissance du dauphin le 4 septembre.

François-Casimir Pourchez, libraire et relieur, rue des Jésuites à Lille, [réalisa et] offrit un manuscrit au Magistrat de Lille. Refusé par ce dernier, ce manuscrit connut des propriétaires divers, dont le libraire L. Quarré-Reybourbon qui l’acheta à la fin du XIXe siècle et en fit l’objet d’une communication le 29 mars 1894 à la réunion des sociétés des Beaux-arts des départements 

La description de Louis Quarré-Reybourdon


ICI


Parmi ces aquarelles, deux nous intéressent plus particulièrement :


le bal au Gouvernement pour la riche bourgeoisie


et celle-ci


Façade du Griffon d'Or sur la Grand Place, décorée
par M. D'aubigny, fermier des vins et des bières de la ville
pour donner Concert pendant le feu d'artifice



On y trouve aussi mention d'un chant, avec notes, sur l'air du carillon du beffroi de la ville dont certains vers sont d'une crudité qui serait choquante à notre époque, dont nous ne reproduisons que quelques vers bachiques :
Viens-t-en, Pierrot, bon drille
Viens-t-en au cabaret,
Il nous faut, ventrebille,
Enivrer tout à fait

J'ai fait ces photos lors de l'exposition Mondonville et la musique à Lille de la Médiathèque Jean Lévy au printemps 2011.

*****
J'aime croire que parmi les musiciens représentés sur ces illustrations, on peut apercevoir un des membres de la famille Hanot. Ils sont présents à Lille à la même époque. 
Le père, Charles, joueur de violon à Dunkerque en 1710, puis musicien à Lille en 1754. Le fils aîné François Charles, maître de danse et compositeur, né à Dunkerque en 1697, il épouse Marie Hélène Alexandre à Lille en 1724, mort à Tournai en 1770 (voir plus bas) ; Charles Joseph, joueur de violon, maître de danse et hautbois assermenté de la ville de Lille, né à Lille en 1708, il épouse Jeanne Catherine Didier à Lille en 1728, il meurt à Lille en 1787.

Nous nous arrêtons un peu ici sur ce modeste compositeur flamand, parce que son œuvre témoigne de l'activité qui régnait en province, aux environs de 1740, dans le domaine de la musique instrumentale. François Hanot ou Annotte naquit à Dunkerque, le 10 juillet 1697, de Charles et de Marie Gallot, et non pas en 1720, ainsi que le prétend Fétis (1). Son acte de baptême, que nous reproduisons ci-dessous, lève toute incertitude sur le lieu de sa naissance, quoique l'acte de mariage de son frère cadet, Charles Joseph, le déclare, par erreur, natif de Lille, paroisse Saint-Élienne (2). Charles-Joseph était bien originaire de Lille, où il naquit le 22 avril 1708 ; en 1736, Charles-Joseph, qui exerçait la profession de « joueur de violon » et de « maître de danse », pouvait se prévaloir d'un emploi municipal, car il était « hautbois sermenté de la ville ». Il écrivit même des ballets destinés au théâtre de Lille, et, d'après L. Lefebvre, il joua probablement, avec son frère François, au concert de cette ville. Nous trouvons François Hanot installé à Lille en 1724, où, le 29 octobre de cette année, il épouse, en l'église Saint-Maurice, Marie-Hélène Alexandre (3). Mais, avant cette époque, il avait voyagé tant en France que dans les Pays-Bas, et avait enseigné le violon et la danse, à Mons et à Rouen. C'est ce qui résulte d'une délibération des Consaux de Tournai, en date du 30 janvier 1742, et aux termes de laquelle François Hanot se trouvait sollicité par plusieurs personnes de Tournai de venir fixer sa résidence dans celle ville « pour y fournir et instruire la jeunesse ainsi qu'il se flatte de l'avoir fait, tant en la dilte ville de Lille qu'avant, à Mons et à Rouen ». Ce document nous apprend, en outre, qu'il était à ce moment là « maître de danse et de violon, élably en la ville de Lille, pensionné entre autres des dames de Marquette pour y enseigner à danser aux demoiselles pensionnaires (4) ».

On rapprochera cette assertion du fait que, de 1718 à 1720, l'état des acteurs qui interprétèrent l'opéra français au théâtre de Lille mentionne, parmi les « choristes de la danse », un certain Hanot qui, vraisemblablement, se confond avec notre musicien. La délibération que nous visons plus haut dit encore que François Hanot est « maître des ballets qui se font dans les tragédies des collèges des RR. PP. Jésuites et Augustins » de Lille.

Hanot professait donc, dans diverses maisons d'éducation, le violon, la danse et les belles manières ; il trouvait, cependant, le temps de composer pour son instrument, car, vers 1740, il publiait à Lille son premier œuvre, Sei Sonate a flauto traversa o violino solo e basse continua, qu'il dédie à Louis, baron de Roll, d'Emmenholtz, etc., officier au régiment de Witmer. 

Alors que ni son père ni son frère cadet ne sollicitèrent le titre de « bourgeois », François Hanot acheta la bourgeoisie, le 7 avril 1744, ainsi qu'en témoigne le Registre aux Bourgeois de Lille , bien qu'à cette époque il fût fixé à Tournai. Faisant droit à sa requête de 1742, la ville de Tournai, en effet, lui accordait une pension de 200 florins au lieu de celle de 300 florins qu'il demandait ; il pouvait alors s'intituler : « Pensionné de la ville et cité de Tournay. » C'est là le titre qu'il prend sur son œuvre II, Six Sonates pour un violon seul ou flûte traversière avec la basse continue, qu'il met au jour en 1745, après avoir reçu, le 1er juillet, un privilège de douze ans pour des « Sonates, trios et autres pièces de musique instrumentale ». Hanot dédiait son nouvel ouvrage au comte de Saint-Génois, qui appartenait à une ancienne famille de Tournai, et qui, de 1721 à 1749, remplit diverses charges dans la magistrature de cette ville. En 1745, Saint-Génois était « Grand Prévôt de la ville et cité de Tournai » […]


(1). Son nom admet les orthographes les plus diverses, entre autres celles de Hannot et Hanno. — Voici son acte de baptême :

« L'an de grâce 1697, le dixième jour du mois de juillet, je soussigné, prêtre vicaire de cette paroisse de Dunkerque, ay baptisé François, fils légitime de Charles Annotte et de Marie Gallot, né ce matin à 5 heures. A été parrain François Louart, et marraine Marie Gallo qui n'a sçu écrire. » Signatures. [Extrait du Regislre des Actes de baptêmes de la Paroisse de Dunkerque, pendant l'année 1691.)

D'après L. Lefebvre, qui avait bien voulu nous communiquer d'intéressants renseignements sur les Hanot, le père de François-Charles était natif de Rivière, diocèse d'Arras, et sa mère, Marie Galot ou Gallot, native de Tiembronne, diocèse de Boulogne

(2). Cet acte, qui porte la date du 20 mai 1731, porte que François llauot est né à Lille, paroisse Saint-Etienne.

(3). Mariage Hanot François et Alexandre Marie-Hélène, 29 oct. 1724 [Etat civil de Lille].

(4). Registre des délibérations des Consaux. N° 259, f° 18vo. Délibération du 30 janvier 1742 (Arch. de la ville de Tournai). Le pensionnat des dames de Marquette se trouvait dans l'abbaye cistercienne de Marquette, à une lieue de Lille, abbaye fondée, en 1226, par la comtesse Jeanne de Flaxidxe ; il disparu lors de la Révolution.


L’école française de violon de Lully à Viotti, Lionel de La Laurencie, 1933 ; page 151



source