lundi 1 mai 2023

Collectages de l'asso Marie Grauette

mis en ligne le 29/9/2009
mise à jour le 22/7/2022, ajout de la photo de Ginette Delassus
mise à jour le 1/5/2023, ajout d'infos sur les Danès de Bollezeele et une version de Simons et Line Dariel

En janvier 1981 parait le numéro zéro de la "Circulaire musiques traditionnelles", qui allait devenir le fanzine "Le Tambourineur", lui même ancêtre de Trad Magazine†. Ce premier numéro contient le compte rendu d'une réunion qui s'est tenue le 19 avril 1980 au CSE d'Hazebrouck pour la mise en place de "points de collectages Nord-Pas de Calais".
Lors de cette réunion il a été décidé de créer 5 points de rassemblement de ces collectages.
- La Maison de danse à Lille
- L'école de musique de Calais
- La Ferme Nord à Zuydcoote
- Le collectif de chant flamand d'Hazebrouck
- Le Centre intercommunal d'aménagement et d'animation rural de Busnes (62)
Trois cassettes ont été enregistrées et diffusées dans ces cinq points
- le collectage fait par l'association Marie Grauette
- le collectage fait par le CIAAR de Busnes
- le collectage fait par le collectif chant Flamand
Je pense qu'il est temps de les diffuser avant qu'elles soient inaudibles.

Je commence par celui de l'association "Marie Grauette" qui contient :

01- La laine de nos moutons, chanson à filer la laine*
02- Alléluia, j'ai un p'tit coq dans mon panier, chanson de quête
03- Trimouzet, c'est le mai, mois de mai
04- Marianne s'en allait au moulin
05- J'ai tro belles paires d'maronnes
06- Mon père a fait bâtir maison
07- La ducasse de Douai
08- Martin et Martine (Cambrai)
09- La fille qui a du mal au... talon
10- Adieu Salins et Besançon
11- La chanson du marchand d'oignons
12- A la façon de Barbari
13- Ah ! Dites-moi qui vous a donné
14- Rossignolet
15- En revenant des noces
16- Ma mère m'envoie-t-au marché
17- Le garçon charpentier
18- Malborough s'en va en guerre
19- Le marchand d'oches**
20- J'ai perdu mon ombrelle
21- Je suis la petite aiguille
22- Les cordonniers sont pires que des évêques
23- Quand un cordier


Les chansons 1 à 18 sont chantées par Ginette DELASSUS, née Léontine LETURGIE (Saint Riquier (80) le 5 janvier 1907 - Lillers (62) le 24 avril 1985), mère de Roland et Alain DELASSUS. Enregistrement fait par Gaby Delassus le 21 mars 1976 rue Cantrainne à Lillers.
Les suivantes, 19 à 23, sont chantées par Mme GUILLEMANT, domiciliée à Gosnay (62)…
d'autres précisions à venir

Ginette avec Gaby Delassus
pendant l'enregistrement
source : répertoire des groupes folks 1985




J'ai tro belles paires d'maronnes

téléchargez ici

134 téléchargements au 1/6/2013


* La laine des moutons, une étude sur l'origine et le contexte de cette chanson sur le site de Coeremieu

**Le marchand d'oches a été écrite par le chansonnier tourquennois Jules Watteeuw (1849-1947), dit Le Broutteux. Il l'a publiée dans le premier numéro de son journal La Brouette Drolatique le 16 juillet 1881. Elle évoque un sujet, le travailleur immigré belge, qu'il devait bien connaître car son père était né à Ostende, en 1819, et son grand-père, qu'il n'a pas connu, à Moorsele.
J'ai retrouvé cette chanson dans un recueil manuscrit, ayant appartenu à Louis Danes puis à Joseph Danes de Bollezeele avec cinq couplets légèrement différents de la version originelle.
J'ai pu identifier ses deux propriétaires, le père, Louis (instituteur) est né à Bambecque en 1842, mort à Bollezeele en 1917, et le fils, Joseph (cirier, puis secrétaire de mairie) est né à Bollezeele en 1874, † après 1936.

collection personnelle




C'est une version totalement différente de celle de Debuire du Buc

Les Chansons du Nord, par L. Debuire du Buc,...


et une autre version par Simons et Line Dariel (merci Agnès)


Source


mercredi 15 mars 2023

Brule-Maison

une page de plus sur Brûle-Maison ! me direz-vous

oui, et non, j'ai rassemblé quelques images et infos moins connues et surtout je souhaite faire connaitre le travail de Philippe Boulfroy qui chante ses chansons en préparation d'un prochain album.

on les trouve ICI sur sa chaîne YouTube

La première

l'araignée


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Un article de Fernand Carton sur "Les portraits de Brule Maison"

dont celui-ci


le même Fernand Carton qui a publié cette étude "François Cottignies dit Brule-Maison, Chansons et Pasquilles, édition critique avec introduction, étude grammaticale et glossaire" dont on a 15 % en ligne sur Gallica. On y trouve cette belle image :



Sur Gallica on trouve quelques recueils posthumes, dont celui-ci

Source


mardi 14 mars 2023

Auguste Labbe, dit César Latulupe, 1867-1947

mise à jour le 14/3/2023 : ajout des paroles de L'diabolo (merci à Philippe Boulfroy)
mise à jour le 4/8/2022 : ajout des chansons publiées dans Le Réveil du Nord en 1923
mise à jour le 3/8/2021 : ajout tombe de Victor Absalon
mise à jour le 3/10/2019 : ajout du recueil de Chansons rosses
page mise en ligne le 8/8/2014

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à la demande d'Agnès, fidèle lectrice de ce blog.


Auguste Labbe
collection personnelle

Auguste Labbe est l'auteur de chansons restées dans la mémoire des Lillois : L'carette à quiensSi j'avos su j'aros resté garchon et aussi Les camanettes. Il est né le 10 mars 1867 à Lille, 21 rue des Robleds, dans le quartier Saint Sauveur. Il est le fils d'Auguste César, menuisier et Constance Henriette DUROT, cartonnière, tous les deux nés à Lille. Il fait son service militaire dans les services auxiliaires pour cause de faiblesse et sa fiche matricule nous apprend qu'il est toujours domicilié rue des Robleds en 1887, il est alors papetier ou relieur, comme il l'indique lors du mariage de son frère Henri en 1890.

signature d'A. Labbe sur son acte de mariage

Sur son acte de mariage de la même année on apprend qu'il a résidé quelques temps à Paris où il a sans doute connu sa première épouse. En 1900 il signale son déménagement à Paris, 121 rue de Vaugirard, mais revient à Lille en 1902. Il participe, en 1906 à Roubaix, au concours organisé par La Muse Nadaud,  En 1908 il emménage 4 rue Saint-Sauveur. Pendant l'occupation il écrit des chansons satiriques qui lui occasionnent quelques tracas avec la police allemande. En 1915, à la suite d'une dénonciation, il est arrêté pour s'être occupé de soldats français restés à Lille. Il est incarcéré à la Citadelle de Lille, au secret, puis traduit devant le conseil de guerre qui le condamne à neuf mois de prison. Il est emmené en captivité au bagne d'Aurath, puis il est transféré au camp d'Holzminden. Il est rapatrié à Lille en octobre 1917. Avant sa captivité il avait pris soin de mettre à l'abri ses textes chez des amis imprimeurs (Nuez et Carron) et en 1919 il publie 45 textes (chansons, pasquilles et sonnets) sous le titre A la guerre comme à la guerre, Les boches à Lille avec une préface de l'artiste peintre Joseph Chauleur (1878-1965).

collection personnelle
Il s'est marié quatre fois : en 1890 à Lille avec Mathilde DELEPLANQUE, en 1918 à Paris avec Angèle PLOVIER, puis avec Victoria CORROYER et en 1934 à Lille avec Hélène DELAFORTERIE. Il décède à Mons-en-Barœul le 20 mai 1947, huit jours avant le chansonnier tourquennois, Jules WATTEEUW. Je ne sais pas si les couples ont eut une descendance.
Sa vie de poète nous est peu connue. Sa première prestation, il a 24 ans, semble être sa participation à un concert de bienfaisance organisé par le Club des Dauphins Lillois, à la Scala de Lille en décembre 1891. On sait aussi qu'il a été plusieurs fois lauréat dans des concours et qu'il a écrit régulièrement des articles et des poèmes pour le journal La Vaclette et après la guerre dans le Réveil Illustré. En 1905 il participe à la création et anime le Caveau Lillois, association de chansonniers patoisants. En 1911 il participe à la revue Lille-Chansons, revue costumée des œuvres patoisantes des chansonniers lillois : Desrousseaux, Auguste Labbe, Emile Drumez, Henri Fournier, Delory, etc, etc. [sic] l'arrangement est de Félicien Drumez, l'ouverture et la musique de scène de Gustave Gabelles (1883-1969). Le lieu des représentations n'est pas indiquée sur le document que je possède, mais l'association organisatrice, L'Association Philanthropique du Nord, a son siège social sur la place du Théâtre. La première a lieu le 7 juillet 1911, le livret et les textes des chansons ont paru dans la revue Les Echos Sportifs et Mondains de septembre 1911.
Il semble avoir eu une production importante, car la revue Toudis mentionne quelques uns des titres de ses œuvres, parmi les 4.000 ! connues, que sont-elles devenues ?

Dans ma collection :
- 14 juillet 1915, sonnet
- A l'increvable Franços-Joseph (1915)
- A l' poubelle les paillasses à boches (1915)
- A l' première hirondelle de r'tour à Lille (1915)
- Les Allemands sont amateurs… d'écus, sur l'air L'académie à moi, c'est ma maison (sd)
- Les All'mands à Lille, sur l'air Célina, Célina c'est comme ça que j' t'aime (1915)
- L'angelus du 75, sur l'air L'angelus de la mer (1915)
- Anniversaire du bombardement d'Lille, sonnet (1915)
- L'bailleu, sur l'air On dit que je suis sans malice ou Une fille comme il faut (1903)
- Les balafrés, parodie de Cyrano de Bergerac (1915)
- Baptême du petit Lydéric, musique de H. et G. Gadenne (1905)
- La bière,  air D'la braise, dédiée à M. Debuire Du Buc, parue dans la Vaclette du 19 juillet 1892
- Les bochartes, sur l'air Ah, mad'moiselle Rose, j'ai un petit objet à vous offrir (1915)
- Le boléro du balayeux dans la revue Lille-Chansons (1911)
- L'bombardement d' Lille par les Allemands (1914)
- Les Bords des élites, sur l'air Au temps des noisettes (1903), puis mis en musique par V. Absalon
- L'buveux et l'cabarétière, monologue (1903)
- Les camanettes, musique V. Absalon
- L' camp d'Holzminden, sonnet (1918)
- L'canon de l' Grand'Place, sur l'air Tout le long, le long du Missouri (1914)
- L'carette à quiens, musique V. Absalon
- Cha dot faire enn' séquoi tout d'même !!!, air : Ça vous fait tout de même quelque chose (1896)
- L'chenil des laichez-passer, sur l'air La mère Angot (1915)
- Cheull' qui n' dit rien, chanson lilloise, créée par Mme Castille du Caveau Lillois, air Bonjour mon ami Vincent, ou Cha n'est point bien d' dire du ma' des gins (Desrousseaux) (in Armena drolatique)
- Chin qu'on vo' pendant la guerre, sur l'air Vous voyez bien qu'elle est rosière (1914)
- Les commodités lilloises, sur l'air La chasse (1905)
- Consignation d' bicyclettes à Lille, sur l'air L'étoile d'Amour (1915
- L' crox-Rouge allemande et l' bos d' Boulonne, sur l'air Au bois de Boulogne (1915)
- L'déménag'mint du paufe, monologue (1903)
- L' démolition de l'façade du Café Jean, sur l'air Un bal à l'Hôtel de Ville (1915)
- L'diabolo, sur l'air En jouant du mirliti, en jouant du mirliton (sd) paru dans la revue L'vaclette ou  L' Nouvielle vaclette pour la chanson du mirliton voir ICI et ICI

collection
Philippe Boulfroy

- Dins les Dondaines, sur l'air A la Roquette (1903), publiée d'abord dans La Vaclette du 24 juillet 1892, puis mis en musique de V. Absalon
- L'éclipse, souvenir du 30 août 1905, sur l'air L'anatomie


collection personnelle


- L'étoffe, pasquille (1903)
- Eune avinche sur les dommach's de guerre, air : J'attend ! J'attends ! J'attends (Armena drolatique)
- Eun' bonne réplique, pasquille (1915)
- Eun' noce à Lille, monologue
- Faut pas s'en faire, musique de Jules Dupriez, de l'opérette L'étroit mousquetaire (1924)
- Les fiêtes de Lille pindant l'occupation allemande, sonnet (1915)
- Les floralies, sur l'air J'ai trouvé Paris
- Les fourneaux économiques et la guerre, sur l'air L'café (1915)
- Honni soit qui mal y pense sur l'air Il est tout mince (1905)
- I' fait noir à Lille, sur l'air Madelon
- Lamintations d'ma tante à quiens, sur l'air du Fiacre 113 (1903)
- Lettre ouverte à l'Imp'reur des Boches Guillaume II (1918)
- L'lard du Kronpriz, souvenir de l'Argonne, pasquille lilloise (1915)
- Un Lillois à Madagascar, sur l'air Un mariage à Pékin (1903)
- Lillos, rappelez-vous, musique V. Absalon et Robert Solry, du film En avant la musique
- Marche des Balyeux, musique de E. Carbonnel, parue dans La Vaclette du 6 décembre 1891

Collection personnelle

- L'martiau, musique de Victor Absalon
- Mentalité Boche, sonnet (1914)
- Minteux !. minteux !… minteux !… (1914)
- Mintiries boches, sur l'air Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans (1915)
- L'molin à café de m' gra-mère, monologue (1903)
- L' Mont Blanc (sd)
- Musette, musique d'Auguste Paulvaiche
- Nos aéros à Lille…… et les boches, sur l'air Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine (1915)
- Notre réponse à Kleeberg (1915)
- Les nouviaux riches, sur l'air Froufrou, froufrou
- Nouviell's du front (sd)
- L'nouviell' "Kulture", sur l'air L'habit d'min vieux grand-père (1915)
- Ohé ! mirliton, musique de G. Gadenne
- La parate, sur l'air La r'traite in musique (1915)
- Passage d'une troupe de civils allemands à Lille le 9 août 1915
- L'patois d'Lille et l'argot parisien, sur l'air J'ai pas l'habitude de fumer
- Pendant le carême, monologue grivois (1903)
- Les pessimistes (1915)
- Pour les soldats morts pour la patrie, tombés sur les remparts de Lille les 11 - 12 octobre 1914
- L'punache, musique de V. Absalon
- L'queminch'mint d' la fin, sur l'air Quand on n' a pas d'cheveux (1915)
- La queue des sans toubac, sur l'air Le petit panier
- Les queues à Lille, sur l'air Elle avait une jambe de bois
- L'rassi, pasquille (1905)
- Les rêves d'un balyeux, air à Saint Lazare, d'Aristide Bruant, parue dans La Vaclette du 27 mars 1892
- Roman d'amour, musique de V. Absalon
- Si j'avos su, j'aros resté garchon !, musique de V. Absalon
- Siscat et sin z'oiseau, musique de V. Absalon
- Souv'nir de l' messe de Pâques in l'églche Saint-Pierre Saint-Paul, à Lille l' 4 avril 1915, pindant l'occupation all'mande
- Souvenir des pigeons de l'grand'place de Lille (1917)
- Les statues de Lille en goguette, musique de E. Carbonnel, dans la revue Lille-Chansons (1911)
- Au sujet d'l'heure légale d'hiver, air : L'Anatomie, ou musique de chambre (Armena drolatique)
- Tac au tac, sur l'air Le Pendu (1905)
- Le triomphe de la paix, sur l'air Quand Madelon
- Uch' que j' sus-t-ichi ? (après mon arrestation) écrite à la citadelle de Lille, château d'Anvers le 30 octobre 1915
- Un grand cambriolage à Lille, sonnet (1915)
- Un Lillos précoce, pasquille lilloise (sd)
- La vie au camp d'Holzminden, sur l'air L'habit d'min vieux grand-père (1917)
- La vie chère, sur l'air Quand on revient de permission
- L'viell' fille, air : La cocotte (1897)
- Vive l' brad'rie !, sur l'air Choisis Lison

Les textes datés de 1903 proviennent du recueil La muse patoise, édité par Joseph Hollain, imprimeur 3 rue des Brigittines à Lille, qui est également l'imprimeur du journal La Vaclette. Ce recueil est constitué de sept très petits formats (13,5 x 21 cm) simplement assemblés par un point de colle. On y trouve les premières éditions de L'carette à quiens sous le titre Lamintations d'ma tante à quiens et Dins les Dondaines et Les bords des élites qui se chantaient sur d'autres musiques.


collection personnelle


Auguste Labbe, à 30 ans
collection personnelle


Pendant l'année 1923, Auguste Labbe a publié une chronique d'actualité en chanson patoise sous le titre Muse Lilloise dans Le Réveil du Nord :

2 janvier : L'jour de l'an
7 janvier : Si la Deule elle avot voulu, air : Si la Garonne elle avait voulu (Gustave Nadaud)
16 janvier : L'bedoulle à Lille, air : Le v'là l' petit' Violette (Desrousseaux)
23 janvier : A Guillaume II, à l'occasion de son anniversaire, souvenir des pigeons de l'Grand Place de Lille
30 janvier : L'ex-kaiser et s'femme, air : Elle me fait jamais des trucs comme ça, elle m'aime pas
6 février : Les corbelles à papier, air : Musique de chambre ou l'Anatomie
13 février : Ch'est carneval, musique de Jules Dupriez
27 février : Ch'est p't'êt' drôle… mais ch'est comm' cha !, air : [Ces dames ou] On devrait supprimer ça
6 mars : Compt' là d'ssus… te verras la Déesse, air : Mont' là d'ssus
13 mars : On dit… on dit…, air : Musique de chambre ou l'Anatomie
20 mars : L' manque d' courant, air : Ch'est bien triste, allez Célina, d'avoir un garchon si pana (Desrousseaux)
27 mars : Les nouviaux riches, musique de Jules Dupriez
3 avril : V'là les Pâques
6 avril : Les budgets du ménache, conseils à une aspirant du mariage
10 avril : La vie chère, air : Quand on revient de permission
17 avril : Nos coqu'leux, air : Le Broqu'let (Desrousseaux)
24 avril : L'ex-kronpriz devient maboul, air : C'était pas la peine assurément (La fille de Mme Angot)
1 mai : Les norriches
8 mai : In avant… mark !
15 mai : L' temps qui fait
29 mai : A part cha… tout marche à mervelle !, air : Elle est tellement innocente (La fille de Mme Angot)
6 juin : C'est-i' pour cha qu'j'ai fait la guerre ?, air : Vous voyez bien qu'elle est rosière
13 juin : Ah ! ch'est bien malheureux d'êr' riches, air : Elle est tellement innocente (La fille de Mme Angot)
19 juin : L'pain Chéron
3 juillet : L'Bruant, fable
10 juillet : L'chifflet des agents, air : Un bal de l'hôtel de ville
17 juillet : Mais qui fait caud !, air : Les bonnes gins de St Sauveur (Desrousseaux)
24 juillet : L'fiète d' Saint' Marthe, air : A Saint Lazare
31 juillet : L' nouviau théâte d' Lille
8 août : Portrait à dix sous, air : Les bonn's gins d' Saint Sauveur (Desrousseaux)
21 août : Les gosses de riches… à la mer
28 août : La foire de Lille, air : L'habit d'min vieux grand père (Desrousseaux)
4 septembre : Vive l'braderie, air : Choisis Lison
11 septembre : Il est minuit (ou Lille par nuit), air : de la chanson du même titre
20 septembre : Eun' nouvielle
28 septembre : L'grand concours des célébrités du Progrès du Nord, air : Mon homme
2 octobre : Eun' semaine d' pichon à Lille
9 octobre : Mais cha n'étot qu'un rêve, air : Le plus joli des rêves
13 novembre : La classe s'in va !
20 novembre : La galettera, air : La Violetera
4 décembre : L' Noël du gueux
26 décembre : Au p'tit Jésus





La BNF et la Bibliothèque de Lille possèdent : Les boulingers de Ronchin (1895), Les laitiers de Ronchin, Un drôle de ménage (1896), etc, et les recueils : L'infant d'Lille (1900), l'Armena drôlatique 1923 (1922) et les Boches à Lille cité plus haut.



Victor ABSALON, le compositeur


Victor Sylvain ABSALON
collection personnelle

Dans les années 1920, la musique de ses chansons est souvent composée par Victor ABSALON, violoncelliste, professeur de musique, né à Mons en 1886, fils de Florimond, ouvrier au chemin de fer et Rose SMELSER, ouvrière couturière. Suivant l'exemple de son oncle Mathieu ABSALON, ancien professeur de violoncelle à l'académie de Valenciennes, il étudie cet instrument à Bruxelles où il obtient un premier prix au Conservatoire. Il est domicilié à Tournai après 1911, puis on le retrouve à Lille vers 1924. En 1926 il est chef d'orchestre à l'ouverture de l'hôtel Carlton. A la fin des années '20 et au début des années '30, la radio de Lille PTT-Nord met fréquemment au programme des œuvres de ce compositeur et il est souvent sollicité pour jouer pendant les messes de mariage de la bourgeoisie lilloise et alentours. Compositeur habituel des chansons d'Auguste LABBE, en 1927 il compose la musique de la chanson D'siré ou t'as cassé l'cruche de la revue locale Ça… c'est Lille, écrite par Pierre MANAUT et André HORNEZ. En 1928 il est promu officier d'Académie, la presse nous apprend qu'il a été violoncelle solo à l'orchestre du Théâtre de la Monnaie et à l'orchestre Louis Ganne de Monte Carlo.
En 1928, il divorce de Marie VANDENBOSSCHE pour épouser une Coudekerquoise, Jeanne LEBECQUE à Lille en 1929, sa future épouse est alors domiciliée à Boulogne sur Mer, 37 rue Faidherbe. Il décède à Lille en 1962 et son épouse en 1984. Le couple est inhumé au cimetière de Coudekerque-Branche dans le caveau de la famille Lebecque.

Christian Declerck

Sources : revue Toudis, n° 6, août 1998,  Bulletin des réfugiés du département du Nord, Journal de Roubaix, L'Egalité de Roubaix-Tourcoing, Le Grand Echo du Nord  et collection personnelle.


la tombe de Victor Absalon
et Jeanne Lebecque



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Annexes

une des premières chansons d'Auguste Labbe, datée de 1894

A Molins-Lille : chanson-type en patois de Lille / par Auguste Labbe...
source : Gallica


D'autres chansons publiées pendant la Grande Guerre dans le Bulletin des réfugiés du département du Nord :

L'quinze août à Cambrai, sur l'air de Martin Martine 

Bulletin des réfugiés du département du Nord : paraissant deux fois par semaine...
source : Gallica


L'timbre rabais

Bulletin des réfugiés du département du Nord : paraissant deux fois par semaine...
source : Gallica


Point méchante

Bulletin des réfugiés du département du Nord : paraissant deux fois par semaine...
source : Gallica



Une interprétation par Bertal de deux chansons d'Auguste Labbe et Victor Absalon : Les camanettes et L'carette à Quiens

Les deux chansons en entier sont ici



Albert Demeulemeester, 
dit Bertal (1897-1960)
collection personnelle


lundi 13 mars 2023

Pierre Dezoteux, cordonnier poète (1742-1826)

mise à jour le 13/03/2023 : nouveaux liens vers les fichiers sur Calameo et publications de DEBACQ et FAYEUL
mise en ligne le 28/17/2015

Pour être consacré poète du peuple Il faut avoir fait ses preuves d'ignorance, et n'être sorti de cette ignorance que par des efforts personnels, sans autre guide que la vocation, écrit Alphonse Violet dans la préface des Poètes du peuple au XIXe, publié en 1841.

Pierre François Marie Dezoteux est un de ces précurseurs, avec Louis Fayeule à Boulogne sur Mer et Pierre-Marie Debacq à Calais, de ces poètes ouvriers, ou artisans, qui apparaîtront tout au long du XIXe siècle.



Collection personnelle


Il est né le 4 octobre 1742 à Desvres, fils de Pierre, aussi cordonnier, et Marie Déjardin. Il publie son recueil de poësies en 1811, à compte d'auteur et par souscriptions. La liste impressionnante des 340 souscripteurs à la fin du volume, donne une idée de sa diffusion et du tirage qui devait être autour de 400 exemplaires. La grande majorité de ces souscripteurs sont domiciliés autour de Desvres : 225 à Boulogne sur Mer, 70 à Desvres même, puis dans les bourgs et villages d'alentour : Guines, Marquise, Montreuil, Macquinghem, Hucqueliers, Hesdin, Baincthun et Samer. Hors du Pas-de-Calais : un exemplaire à Abbeville, trois à Paris, un à Louhans, Marseille, Clermont et Strasbourg.
Il se marie deux fois : en 1774 avec Jeanne Marie Vasseur, qui lui donne une fille et en 1781 avec Ursule Teillier. Il décède à Desvres le 26 mars 1826 en la maison du sieur Augustin Delamotte, cordonnier, il a 83 ans.
Une courte notice biographique est publiée quelques années après sa mort.



De son recueil de poésies, j'ai extrait ces trois chansons patoises :

- Le sortilège, sur l'air Tout depuis que je su's varlet






- Dis-m' in peu, men cousin Cola, sur le même air





- Les amours et conclusions de mariage de Magritte et Jean François, sur l'air V'là d' s'aria, ma bonne mère

  




Bruno, lecteur fidèle du blog, a fait le rapprochement entre cette chanson et celle présente dans le collectage que l'association Traces a diffusé en 1986 et qui est disponible sur cette page. Il a également fait le lien avec la chanson J'ai tro belles paires d'maronnes, collectée par l'association Marie Grauette, que l'on peut trouver ici.
Merci à Agnès pour les liens qu'elle m'a communiqué.
Ces deux amateurs de musique, chansons et traditions de notre région ont fait une analyse très fine de cette chanson sur leur site.

Christian Declerck


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J'ai numérisé l'intégralité de ce petit volume devenu assez rare


La première partie


La seconde partie

En prime une table des matières avec la liste des timbres retrouvés par Agnès Martel





samedi 18 février 2023

Si j’ai bonne mémoire

mise en ligne : 11/6/2021
mise à jour : 18/2/2023, ajout d'une photo de 1958

Maurice Vanwaelfelghem fils
1920-1986
photo : Desreumaux, Malo-les-Bains


Je suis né à Dunkerque le 21 décembre 1920. Mon père [Maurice également, alias Scarly] jouant du piano dans les bals régionaux et chantant dans les concerts, ce qui se faisait beaucoup à l’époque (il était comique-troupier), je fus amené très vite à étudier la musique (saxo et piano) et, dès l’âge de 13 ans, je l’accompagnais au piano dans son répertoire ainsi que ses copains chanteurs eux aussi. J’appris très jeune l’accompagnement ce qui n’est pas toujours drôle, c’est à cause de cela que j’ai en tête pas mal de chansons et musique. En 1939, ayant appris qu’une musique militaire se formait au 8e génie de Versailles, je m’engageai pour 3 ans comme saxophoniste dans l’intention de me rapprocher de Paris et de préparer le concours de sous-chef de musique. Nous étions en juillet 1939 et en fait de musique je me suis bien vite retrouvé dans une compagnie devant assister aux cours de Radio et chauffeur poids lourds. Nous fûmes ensuite affectés dans une Compagnie de Transmission Divisionnaire et nous partîmes vers l’Est. Le 10 mai 1940 nous étions près de Rethel dans les Ardennes. Je fus fait prisonnier près de Saulieu et par petites étapes (à pieds) je me retrouvai à La Fère dans l’Aisne. Là ayant appris que les Allemands cherchaient 10 boulangers pour mettre en marche l’intendance de La Fère, je me présentai bien que ne connaissant rien du métier de boulanger. Je me disais que sur les dix prisonniers recrutés il y en aurait bien quelques uns qui connaîtraient le métier et cela marcha. Il faut dire que les gars de mon âge, c’est à dire nés en décembre 1920, n’ont pas été mobilisé. J’étais donc dans le pétrin, c’est le cas de le dire, à cause de la musique qui m’avait fait prendre un engagement de trois ans. Deux mois avant la déclaration de guerre. Mais encore une fois la musique me tira d’affaires car l’intendance était en dehors de la ville et les prisonniers, pour qui nous faisions le pain, étaient dans la caserne de La Fère, en ville. Ces prisonniers ayant monté, pour la fin de l’année 1940, un spectacle il leur fallait un pianiste. Aussitôt je fis mes offres de service, ce qui me permit d’obtenir des Allemands un laissez-passer permanent afin d’assister aux répétitions. C’est d’ailleurs ce même laissez-passer qui, en janvier 1941, me servit pour m’évader. Je rejoignais Dunkerque le plus vite possible, et, après deux semaines de planque, je rentrai chez moi. Je repris la vie normale de l’époque avec ce qu’elle comportait c’est à dire : bombardements anglais et restrictions. La semaine je conduisais (je n’étais donc pas déclaré puisque prisonnier évadé) et le dimanche c’était le café-concert pour Français et Allemands, les dancings étant interdits par les occupants. J’accompagnai une jeune chanteuse dunkerquoise qui avait à son répertoire Le Rêve passe, repris en chœur par tous les Français présents, de quoi se retrouver en prison. La direction faisait venir, les dimanches et jours de fête 2 ou 3 artistes professionnels, qu’elle choisissait parmi ceux proposés par l’agence de spectacles BERTAL de Lille. Pendant trois ans j’ai donc accompagné pas mal d’artistes, dont une certaine Jacqueline RAY [Jacqueline ENTE, qui deviendra Line RENAUD], toute jeune et bien mignonne mais très bien gardée par sa Tata qui ne la quittait pas d’une semelle. Je crois avoir aussi accompagné SIM qui devait débuter à l’époque. En septembre 1944 deuxième évacuation de la poche de Dunkerque tenue par les Allemands. Je me rendis à Lille pour essayer de trouver du travail dans la musique et tout naturellement je m’adressai à l’agence BERTAL qui maintenant me connaissait bien surtout comme pianiste accompagnateur. Une chance, 2 jours plus tard j’étais convoqué à l’Agence. Une troupe de Paris cherchait un pianiste le sien venant d’être victime d’une appendicite. Je partis donc avec cette Troupe pour finir la tournée et revins avec elle à Paris. Je trouvais à me loger Passage de l’Industrie, pas pour longtemps car au café Batifol où je me rendais régulièrement, je fus bien vite engagé pour une autre Revue mais là c’était pour le midi de la France [sur son agenda de 1947 on retrouve les dates et lieux, en tout plus de 70 prestations du 10 janvier au 8 avril]. J’étais seul comme pianiste et à chaque représentation des musiciens locaux m’attendaient ce qui m’obligeait à des répétitions presque quotidiennes. Puis ce fut le départ pour une troisième revue mais là dans le Nord, toujours comme pianiste [une trentaine de dates du 3 mai au 7 juin]. Le Directeur ayant appris, je ne sais comment, que j’étais aussi chauffeur, il me demanda de conduire le camion car toutes ces tournées se faisaient en camion avec les bagages dans le fond, les artistes s’installant tant bien que mal car, à cette époque, il n’était pas question de cars. Et ainsi, chauffeur le jour, pianiste le soir, j’achevai cette tournée à Lille presque le jour de l’Armistice. Comme il n’était pas question de rentrer à Dunkerque tout de suite, je travaillais à Lille dans différents dancings et music-halls
et je devenais l’accompagnateur de BERTAL qui était un chanteur très populaire dans la région du Nord. Fin juin 1945, retour à Dunkerque. J’obtins une place de chauffeur aux Ponts et Chaussées – Service Maritime (Parc Autos), place que j’ai gardée pendant 35 ans. Naturellement il n’était pas question, pour moi, d’abandonner la musique, bien au contraire. Les Allemands étaient partis, la danse reprenait ses droits. Un jour la musique me fit rencontrer celle qui devait devenir ma compagne des bons et mauvais jours. Cela se passait dans un crochet radiophonique, très en vogue à l’époque. Une jeune fille, dont les parents étaient de passage à Dunkerque avec leur péniche, se présenta et je l’accompagnai, elle avait d’ailleurs une très jolie voix. Évidemment elle ne fut pas crochetée mais le pianiste lui le fut et voilà 39 ans que cela dure. De notre union naquit d’ailleurs trois enfants, aujourd’hui mariés et qui nous ont donné des petits enfants. Pendant toutes ces années, je fus très content de faire de la musique, samedis et dimanches, soit dans les bals, les kermesses, les banquets, etc. Elle contribua à élever nos trois enfants. J’ai donc arrêté la musique à la venue du Rock, dans les années 1960. Maintenant à la retraite, j’assiste mes petits enfants qui tous font des études musicales. C’est là l’histoire toute simple de ma vie dans laquelle, vous avez pu le constater, la musique a joué un très grand rôle. Elle m’a souvent permis de me tirer d’embarras.

Maurice VANWAELFELGHEM

St Pol sur Mer, le 12 novembre 1984

 


Quelques orchestres dunkerquois auxquels ont participé Maurice père et fils


Maurice père et son frère Paul
à Saint Pol sur Mer, en 1926


orchestres d'Edmond Bertein
1952 et 1954

avril 1957, sortie du disque
En direct du carnaval de Dunkerque


orchestre "Jazz" vers 1950/60
avec Albert Bertein, André Ranson et Roger Naert

Mes remerciement à Annick Lefebvre-Vanwaelfelghem, fille de Maurice, qui m'a permis de reproduire ces documents familiaux et de les diffuser.

mardi 7 février 2023

Ernest Hamy, quelques chansons boulonnaises

Publiées dans la Revue des Traditions Populaires 

La chanson de Renaud, version du Boulonnais, (1888, p 195, 196)

Le premier mois de l'année, chanson énumérative du Haut-Boulonnais (1892, p. 34, 35, 36)

A propos d'une chanson de papa Nicolas (1895)

La chanson de Bricou, variante boulonnaise en 1863 (1895, p. 662)

Rou piou piou, vieille paysannerie boulonnaise en 1863 (1896, p. 32 et p. 112)

Les amours de Colin et Marie Jacqueline, vers 1825-1830, (chanson patoise attribuée à Dezoteux) (1903, p. 471, 472, 473, 474)


Ernest Hamy (1842-1908)
source : Gallica


"Passionné pour l'ethnographie, Ernest Hamy n'en dédaignait pas les humbles aspects. A une époque où, dans les milieux scientifiques, presque personne ne s'intéressait au Folklore, à ces traditions, ces contes, ces cantilènes naïves où palpite, pour qui sait écouter, ce qu'il y a parfois de plus intime et de plus révélateur dans l'âme populaire, Hamy notait soigneusement les chansons de son Boulonnais, que quelques privilégiés lui ont entendu chanter avec tant de verve et d'une voix si juste dans ses dernières années. Plus tard, il contribue à la fondation de la Société des traditions populaires, il en est deux fois le président (1887-1895) ; il collabore à sa Revue, il lui procure l'hospitalité du Palais du Trocadéro, et il prononce au 100e dîner de Ma mère l'Oye un discours d'un humour savoureux. Dans ses instructions aux explorateurs, il réserve au Folklore la place qui lui est due ; grâce à lui grossit lentement ce merveilleux trésor de légendes voyageuses qui décèle parfois entre les races les plus éloignées des rapports abolis et des parentés insoupçonnées."

Revue des Traditions Populaires janvier 1911


Pour la biographie voir cette notice parue dans Les comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1911

La généalogie

Merci à Benoit SANTINI d'avoir éveillé ma curiosité