samedi 2 février 2019

Léopold SIMONS (1901-1979) radio et télévision

Galène ou lampes ?...  Simons nous répond...

Nous avons déjà vu les intéressantes réponses faites à nos questions par M. le préfet Hudelo, puis par MM. Chdtelet, Hector Franchomme, Delepoulle, Alfred Descamps, Frady, Théodore. La T.S.F. qui a conquis les gens sérieux doit bien avoir aussi le sourire des artistes...
Notre ami Simons — qui nous avait déjà conté, dans un monologue patoisant que Line Dariel a rendu célèbre, « Les pérégrinations d'un galéneux » — va nous dire ça.

Ici, notre habituelle question, que Simons ne nous laisse même pas le temps de débiter.
— In v'là eun' question. Si j' fais de l' T. S. F. ! Ben, j' comprinds ! Commint qu' j'aros écrit « L' Martyre du poss' à galène », si j' n'avos point intindu m’ femme braire tous les soirs. Et pourquoi que m'femme elle brairot si ch' n'est pour min poss' à galène, hein ?

Seconde question : L'appareil. Simple galène ordinaire ?
— Extraordinaire, au contraire ! L' montache est tout simple — ch'est Marceau, l'accordéonisse, qui m' l' monté — mais le ch'nu, ch'est l' caisse.  Te n'd'vin'ros jamais ch' que ch'est. Cache un p'tit peu pour vir..  J' te l' donne in chint... Te peux minger des fiques, va !... Ch'est eun' caisse à saurets !

Simons a des idées définitives sur la « grande musique », ainsi qu'en témoigne la réponse imprévue qu'il nous sort maintenant :
— Non, j' n'aime point les grands morciaux quand je n' vos point 1' chef et s' baguette — ch'est toudis ch' qu'y a d' pus drôle ! — cha m' fait l'effet d'un' cigarette fumée dins l' noir. Ch' que j'acoute avec plaiji, ch'est l'jass-band in graphophohe et pis l'Broutteux, César [Latulupe], Line Dariel et min chochon Bertal (mets aussi Manaut, y s'ra fin contint d' vir eun' fos sin nom dins l' journal).

Alors, une fidélité éternelle au poste à galène ?...
— Non, ch' qui m' gêne dins s' posse à galène, c'est l's' acouteurs. Après ça toudis su' s'tiête, ch'est canulant ! Et pis, des fos, on l's' oublie... Tiens, y a tros quat’ mos j'acoutos un concert, quand tout d'un cop j' vos l' lait qui s'infuit su l' fu ! Je m’ lève pou' l' rattraper et naturellemint j' pinse pas à min casque, j'intralne m' caisse à saurets qui saque l' robinét uch' que j'avos accroché min fil de tierre ! T'aros vu ch' t'inondation ! Y a eu jusqu'à des champignons aux pieds dé l' tape ! […]



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Line Dariel et Simons au micro de Radio Lille


Il faudrait un livre pour donner le détail de toutes les prestations de Line Dariel et Simons à la radio et à la télévision.
En 1931, il se fait remarquer par la diffusion d'une fausse actualité, Le mystère de la Porte de Paris, qui fait croire aux auditeurs à une attaque du studio de Radio-P.T.T.-Nord.

Ouest Eclair 23 mai 1931 (Gallica)

De 1935 à 1939, Simons anime la demie heure patoisante. De 1945 à 1946, Nord Magazine hebdo, qui devient de 1946 à 1947 Radio Lille Hebdo et puis de 1947 à 1949 La Ducasse Radiophonique. La liste est longue jusqu'en 1970.





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La télévision l'intéresse dès 1939, puisqu'on a diffusé ses sketchs à l'exposition du Progrès Social, en circuit fermé évidemment, mais dès l'inauguration de Télé Lille, en mai 1950, il est présent et y restera fidèle jusqu'en 1971.



Son émission la plus régulière et la plus suivie est certainement le Magazine du Mineur, de 1959 à 1971.



octobre 1959




Les autres pages sur Simons
Les débuts de Simons
Les débuts de Line Dariel
Le théâtre de Simons
Le cinéma et Simons
Simons l'illustrateur
Simons, le peintre

Sources : Simons 1901-1979, Lille, 1999. Revue Toudis 2009. Revue Pays du Nord. Documents personnels : partitions, livres, almanach, programmes, affiche, journaux et revues.


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