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jeudi 23 juillet 2026

Maxime Dumoulin et le folklore régional

 Maxime Dumoulin (1893-1972) est un compositeur lillois de musique classique amoureux fervent des Flandres françaises et belge, il évoque dans ses œuvres profanes les souvenirs de son enfance et de son adolescence, ses voyages à pieds à travers les villes flamandes dont il chante les beffrois, les canaux, les légendes.
Robert Guilloux, 2007 
 
Parmi ses souvenirs, j'en ai relevé deux en lien direct avec le folklore comme on disait à son époque. Le premier fait partie de la 11e suite pour piano composée vers 1959/60 qui évoque des souvenirs d'enfance et d'adolescence. Le n°2 s'intitule Cithare, elle fait référence à un souvenir très précis : Maxime Dumoulin tout enfant découvre dans le grenier de sa grand-mère une vieille cithare. N'ayant pas de clef pour l'accorder, il tente vainement d'en tirer quelques sons mélodieux. (R Guilloux)
Que faisait cette cithare dans le grenier de sa grand-mère, à Lille ? Il est très jeune, on est donc avant 1914. Qui était cette grand-mère ? Sa grand-mère paternelle, Angélique Vandewaele, est morte en 1859. Je pencherai plutôt pour sa grand-mère maternelle, Marie-Louise Duviviez, qu'il a pu connaître. Elle est morte en 1908, 64 rue Jean Sans Peur à Lille, Maxime a 14 ans. Et si cette cithare était une épinette du Nord ? peut-être bien une Coupleux, avec des chevilles de piano ? partition à venir
Cette suite s'achève avec Le Chant de la Nativité composée en 1954 et crée à Bourbourg pour la messe de Noël (voir ICI)
 
 
épinette Coupleux, collection Jean-Jacques Révillion

Le souvenir suivant : La saint Nicolas en Flandre fait partie d'une suite pour piano, la deuxième, composée peu après la seconde guerre mondiale, à Montmartre. Elle pourrait s'intituler le Poème de l'enfance ou l’Éveil. Elle comprend cinq pièces qui furent publiées séparément. La 1ère, Le Cortège, fait référence à "la voix cristalline du traditionnel carillon de Flandre et le son des cloches", la 2e Le sommeil de Jacob est une courte berceuse, la 3e, La Saint-Nicolas en Flandre, c'est l'époque où les enfants reçoivent leurs premiers jouets. Ce n'est pas le Père Noël qui leur apporte, mais le bon saint Nicolas particulièrement vénéré en pays flamand. Cette pièce aux harmonies un peu heurtées et à l'allure enjouée est une sorte de gigue (R. Guilloux). La pièce suivante, Dans l'église, M. Dumoulin se souvient de l'époque où il chantait à la maîtrise de Notre-Dame de la Treille. La dernière page de la suite, Holda, fait référence à la mythologie germanique
 
source BNF et bientôt sur Gallica
Christian Declerck
23 juillet 2026 

mercredi 17 juin 2026

Le tambour de collège

 Le garde champêtre et son tambour est une figure très connue des campagnes françaises, elle servait même de logo à notre fanzine régional Le Tambourineur.
Mais j'ai découvert l'existence d'un autre joueur de tambour qui pratiquait son instrument tous les jours, plusieurs fois par jour. 
 
source : Echo de Paris 1922, Gallica

A Dunkerque, il était également concierge du Collège Jean-Bart :
Nord Maritime du 21 octobre 1923 :  « Au collège Jean-Bart, on a remplacé les appels au tambour par l’appel plus moderne du timbre électrique. Eh bien ! ce petit évènement sans importance est une révolution ; et ce bouleversement d’une coutume ancestrale s’est produit à la rentrée, c’est à dire le 1er octobre 1923. Les anciens professeurs et les élèves de notre établissement universitaire n’en reviennent pas complètement. Aux heures du réveil, de la rentrée des classes, des repas ou du couvre-feu, ce ne sont plus les ra et les fla militaires du tambour que l’on entend. Mais la banale sonnerie électrique. Que voulez-vous, dit le très sympathique M. Gillet, surveillant général, avec une pointe de mélancolie, le tambour devenait quelque peu archaïque. Le tambour qui se tait, c’est quelque chose de l’âme du collège qui s’évanouit, la sonnette électrique c’est plus matériel et dénué de charme. On dira, c’est la rançon du progrès ! les très anciens élèves, en lisant ceci, reverront la figure du père Vandorme [Charles Vandoorine] et pareillement celle de sa femme [Marie-Thérèse Vanoosten], longtemps veuve, mais qui continua néanmoins, à battre le tambour à l’exemple de son mari. M. Henri Coolen, le concierge actuel y est, maintenant depuis vingt ans, il lui semble qu’il manque quelque chose à sa vie, à ses habitudes et c’est de ne plus pouvoir prendre les baguettes pour frapper sur la peau d’âne. Le tambour est conservé nous dit-il, pour le cas de panne. Je crois bien que sans se l’avouer, ce bon Coolen souhaite la panne. Pense-t-on ! voilà cent vingt années que la galerie des études, les couloirs, les escaliers, le préau, les classes résonnent des mêmes roulements et, comme les vieux instruments de musique, le tambour du Collège s’était imprégné de l’ambiance du lieu ; il fut quelque chose, en effet, pour les milliers et les milliers d’étudiants qui obéirent à ses ordres et qui en ont encore le son dans les oreilles. »
 
Rares sont les représentations de ce musicien, je n'ai trouvé que ces deux cartes postales, photos prises au Collège de Saint Pol sur Ternoise, et ça tombe bien c'est dans le Pas-de-Calais !
 

collection personnelle
 
A Dunkerque il n'y avait pas de joueur de tambour pour les annonces, elles étaient lues par un clinqueur, une vieille tradition locale qui datait au moins du XVIIe siècle. voir ICI
 
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Edmond Leschevin* en a fait une chanson, mise en musique par Jacques Offenbach (source : Gallica)
 
 

* Joseph Jules Athénaïs Edmond Leschevin (1824-1908) était un employé du ministère de la Guerre, j'ai eu la surprise de découvrir que sa belle-mère était née à Dunkerque en 1788 ;-) 

mercredi 3 juin 2026

Quelques chansons

publiées dans l'éphémère rubrique "collectages"
de la revue Le Tambourineur en 1982

d'après une photo de Marc Paygnard

• Chanson du Bouhourdis (Picardie)
• En ar'vénant d'chés quamps (Lorgies)
• Il était un p'tit homme (Marœuil)
• Fait' me faire un' femme sans tiète (Nuncq-Hautecôte)
• Le carnaval de St Pol (Ternois)

les images des textes sont ICI 

mercredi 6 mai 2026

Les carillons du Nord/Pas-de-Calais en 1941

 En 1941, André Biébuyck publie une série d'articles dans le Grand Echo du Nord, sur les carillons de la France septentrionale (principalement le Nord et le Pas-de-Calais, mais il y ajoute Saint-Quentin).
Il nous décrit un état des lieux, ajoute un bref historique du carillon et ajoute quelques infos sur les carillonneurs, ce qui est rare, car ces descriptions oublient souvent le musicien.
Les carillons de Saint Amand les Eaux, Seclin, Lille, Arras, Roubaix, Saint Quentin, Béthune, Douai, Avesnes sur Helpe, Bailleul, Cambrai, Calais, Le Cateau, Bourbourg, Dunkerque, Bouchain, Calais et Bergues. 

le carillon de Bourbourg

 Les articles sont rassemblés ICI

samedi 14 mars 2026

Ali Alo pour Maschero ou Macheraut ?

mise en ligne le 3/3/2025
mise à jour le 14/3/2026 : ajout d'infos supplémentaire 

 Mais qui était donc ce Maschero ?

source : Chants populaires flamands 
 

Je pense peut-être tenir une piste avec une famille MACHERAUT, domiciliée à Dunkerque fin XVIIIe / début XIXe siècles.

Nicolas MACHURO épouse Marie Madalene BOUDRY à Dunkerque en 1751, ils ne savent pas signer. Ils ont trois enfants : Nicolas, Alexis et Jean. Seul Jean Henri aura une descendance identifiée : Jean Henri Louis Laurent Eugène MACHERAUT, brouetteur, qui épouse Marie Jeanne HANQUET à Dunkerque en 1817, a priori sans descendance et Jean Joseph MACHERAUT, charron, né à Dunkerque le 8 février 1793, il épouse Jeanne RONÉE en 1819. Le couple aura 3 enfants : Jean Joseph Augustin, Elisabeth Françoise et Marie Pétronille. Jean Joseph, charron, meurt à Lille le 20 septembre 1850, il est employé au génie militaire, mais domicilié à Dunkerque. Son épouse meurt également à Lille en 1862, témoin : son beau fils Louis DEBEYRE.

Jean Joseph Augustin est nommé prêtre en 1842, vicaire à Tourcoing la même année, puis vicaire à Lille (St Maurice) en 1846, vicaire à Lille (St Etienne) en 1853. Il devient curé de Notre Dame au Bois, Overijse (B) et enfin curé à Aubers en 1867 où il termine sa vie dans le joli presbytère de la commune. Il y meurt le 12 juin 1881. Sa sœur Elisabeth née en 1821, meurt à Dunkerque en 1902, 11 rue des Bassins, elle a certainement entendu plusieurs fois la fameuse chanson.

Si quelqu'un a une meilleure hypothèse ?

Christian Declerck
3 mars 2025


En complément : une publication sur le site EthnoDoc qui compile les émissions de Radio Uylenspiegel


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C. E. de Coussemaker a collecté cette chanson le 12 juin 1854, nous précise Michel Colleu dans la plaquette accompagnant le CD Chants des Marins de la Mer du Nord et de la Manche. Il ajoute que ce chant résonnera sur le port de Dunkerque jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. En 1888, L. A. Smith le publie de nouveau dans The music of the waters, en remarquant "Tous les jours à Dunkerque, vous pouvez entendre cet "ali alo" chanté par des dizaines de dockers si vous passez le long des quais. Au début du XXe siècle, les accoreurs des chantiers dunkerquois l'utilisent encore "Au commandement, les ouvriers rythmaient leur travail avec une chanson, dont voici un échantillon : "Machero a perdu son chariot/Ali ali alo/Il boit du vin il do-on' de l'eau/Ali ali alo". En cadence, les coups de maillets pleuvaient, les accores tombaient par paires, une de chaque bord. Enfin dégagé, le navire glissait vers la mer, dans un nuage de fumée produit par la combustion du suif de la savate" (Souvenirs de G. de RAULIN* [et non G. de BAULIN], publiés dans le Yacht, [8 octobre] 1932), […].
 
 *G. de RAULIN, c'est le pseudonyme de Gustave Joseph Henri LANDRIEU, né à Dunkerque le 7 mai 1863, † Paris le 5 mars 1946. Commissaire principal de la Marine à Lorient puis à Nantes et enfin trésorier du 5e dépôt des équipages à Toulon. Il a publié plusieurs études biographiques et des romans sur des sujets maritimes ICI. Mais aussi les paroles de plusieurs chansons, dont la Cantate pour la célébration du siège de Dunkerque en 1793, édités chez Brasseur en 1893.
 
collection personnelle

 


mercredi 4 mars 2026

Lou et Claude Flagel

mise en ligne le 20/2/2026
mise à jour le 3/3/2026 : ajout d'infos généalogiques 

Lui jouait de la vielle à roue et enquêtait sur le patrimoine musical. Elle dansait au sein de l’ensemble Rondinella. Ensemble, ils ont créé le label « Fonti Musicali » dédié aux traditions musicales du monde entier. Vincent Flagel revient sur le parcours de ses parents.

sur Modal Media 

Lou et Claude Flagel
ICI 

 source ensemble Rondinella :

 



 les autres pages sur Claude Flagel sur le blog

 

Quelques infos généalogiques 

Claude FLAGEL est né Claude JOUVIN, fils d’Émilienne, à Paris 8e, le 1er juillet 1932. Il est reconnu par son père Raymond FLAGEL le 13 août de la même année.  Il est légitimé par le mariage de ses parents à Pontoise le 29 avril 1933. Raymond est né à Pontoise, fils de Georges, employé de haras originaire de Lainville en Vexin (Yvelines) et de Lucienne AVISSE, née à Pontoise. Émilienne est une vraie parisienne, dactylographe de profession, son père, Eugène (1882-1951), est mécanicien et sa mère, Germaine TECQMENNE (1886-1983), est plumassière.
Avant de connaitre Louise, Claude FLAGEL a épousé Andrée POTACHE à Saint-Ouen en 1954. Andrée, née en 1932, est la fille d'un acrobate et d'une artiste de music-hall comme le mentionne le recensement de 1936. Son père, Auguste (1892-1978), est aussi qualifié de voyageur [de commerce] et de camelot sur sa fiche matricule. Il déserte plusieurs fois, repris il passe en conseil de guerre. On sait qu'il est exclu de l'armée en 1919 après une condamnation pour vol, il est amnistié en 1920. Il meurt à Orléans en 1978. Sa mère, Anne-Marie VEILLET est née à Paris en 1890, ses parents sont Bretons,  son père des Côtes d'Armor et sa mère du Morbihan. Elle est mentionnée sur les registres des étrangers à Anvers en 1930, probablement pour son métier d'artiste, elle meurt à Paris en 1941.
 
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sa participation au catalogue de l'exposition Les Musiciens des rues de Paris 

ICI

 
Des productions de Claude Flagel

 

 


 






jeudi 5 février 2026

La fête des rois en Flandre

mise à jour 25 octobre 2018 : deux photos signée Biebuyck 
mise à jour 16 décembre 2018 : photos de 1951, 1991 et 2009
mise à jour 14 janvier 2019 : deux vidéos
mise à jour 1 novembre 2020 : lien Rois Mages
mise à jour 2 janvier 2021 : Méteren 1947
mise à jour 9 janvier 2025 : à Dunkerque
mise à jour 5 février 2026 : en Flandre, 1978



filmés par Antoine Quaghebeur le 6 janvier 2019 à Saint Jans Cappel





un entretien avec les mêmes Rois et le témoignage de Maria Lapanne
qui a appris la chanson en suivant son père Maurice,
un des rois mages de Saint Jans Cappel, dans les années 1960.


 le fichier son est ICI




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Article paru dans Le Nord Illustré du 15 janvier 1910


"C’est une fête particulièrement populaire dans notre région où, malgré quarante ans de République, on tire encore les rois… Nous disons "malgré quarante ans de République" car sous l’Empire les billets du roi étaient jugés suspects, s’il faut en croire les très curieux "billets de l’Empereur" qu’il nous a été donné de voir récemment dans la collection de M. Pierre Decroix. On goûtera donc ce récit d’une des formes pittoresques sous lesquelles se présente la fête des rois en Flandre. Il est écrit par M. André Biébuyck, fils du distingué maire de Vieux-Berquin, et par conséquent bien placé pour connaître cette région fertile en vieilles coutumes.

Les Rois Mages à Meteren
Elles s’en vont, elles disparaissent, les bonnes vieilles coutumes qui firent la joie de nos pères. Le progrès les chasse, et bientôt elles n’existeront plus même à l’état de souvenir. En certains coins de Flandre pourtant, où la langue française n’a pas encore réussi à s’implanter complètement, il en subsiste quelques unes, derniers vestiges d’une époque moins prosaïque que la nôtre.
L’une d’entre elles se pratique encore annuellement lors de la fête de l’Epiphanie.
Ce jour là, le jour des Rois, s’en vont dans certains villages du canton de Bailleul, des jeunes gens aux costumes inattendus. Tout de blanc habillés, pantalon et chemise constellés d’étoiles de papier multicolores, coiffés d’un chapeau décoré de même et autour duquel pendent des dentelles, ce sont les "Rois Mages" qui s’en vont de porte en porte chanter l’antique complainte de l’Etoile de Bethléem. L’un d’eux tient au bout d’un bâton une roue ornée de fleurs et de rubans, qu’il fait tourner, à la grande joie des gamins qui les accompagnent. On les accueille avec plaisir les "Sterreken", et il n’est pas de maison, où ils ne reçoivent du pain, des gâteaux ou quelques sous. Ce qu’ils racontent, c’est l’histoire de la nativité et de l’arrivée à Bethléem des Mages conduits par l’étoile miraculeuse.

Avec l’étoile arrivèrent trois rois
De terres étrangères, de très loin

La traduction ne pourrait rendre que très imparfaitement la charmante simplicité de cette chanson. Certains couplets sont d’une naïveté délicieuse. Dans la crèche, la Vierge avec l’Enfant Jésus et Saint-Joseph sont mourants de faim alors…

Marie va dans la boulangerie
Achète un petit pain et le partage en trois

Et cela se chante sur un vieil air, composé en même temps que les paroles par quelque Liedzanger inconnu.
 

Aussi la traduction française ne s’adapte-t-elle que très imparfaitement à cette mélodie qu’il faut avoir entendu avec les accentuations rudes et gutturales d’une langue germanique pour en goûter tout le charme étrange.
Combien d’années encore verrons-nous les "Rois Mages" Le français gagne de jour en jour. Le flamand s’en va et avec lui les vieux usages qui y étaient trop intimement liés pour pouvoir vivre sans lui. Si vous voulez voir les "Sterreken" allez à Meteren en Flandre le jour des rois."

Texte et photographie d’André Biébuyck

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J'ajoute ces deux photos signée Biébuyck, parues dans La France à Table, juillet 1951.


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Une autre image, capture d'écran de la télévision, de mauvaise qualité hélas, lors d'une série de diffusion de documents des années 1960 sur la télé régionale France3



les même rois mages que l'on retrouve en situation sur la route de Bailleul, en direction d'un lieu-dit prédestiné

collection Stéphane Verstaevel

Le CNRS a mis en ligne récemment un film réalisé le 6 janvier 1978 par Jean Dominique Lajoux, "en Flandre" sans donner la localisation. Mentionnés : Alphonse Dormieu et Jean-Marie et Christian Plamon. Merci à Agnès qui m'a transmis le lien : ICI
 

J'ajoute ces deux photos extraites du documentaire, non localisées et non datées.
 

  
 
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En 1991, Stéphane Deheegher, Alain et Claude Belpalme, "les derniers rois mages de Flandre flançaise" avaient repris le flambeau en 1985

Le Nouveau Nord, décembre 1991


En 2000, César Storet et ses amis de l'association De Katjebei relancent la tradition autour de Saint Jans Cappel

François, Florent et César
La Voix du Nord 29 décembre 2009


 
toujours présents en 2020
 
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Une étude sur les chant des Rois Mages par Florimond Van Duyse (en néerlandais)

la tradition est aussi présente en Flandre Belge

source

collection personnelle

et à Bruxelles



les trois rois en 1910

cette année pas de quête pour les rois mages
la Voix du Nord, 3/1/2021

 
vu par Simons

 
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C'est aussi le temps de la galette
 
à Dunkerque, deux témoignages :
Jan des Dunes, dans le Nord Maritime du 9 janvier 1922, nous dit que le Koeningkoeke était offert gracieusement par le boulanger à sa clientèle régulière.


autre témoignage dunkerquois : l'arrivée des galettes feuilletées parisiennes en janvier 1922 et leur diffusion grâce à une "femme légère". Merci à Colette pour ce partage



mercredi 30 juillet 2025

Bibliothèque de l'AEPEM

 La bibliothèque de l'Association d'Etudes, de Promotion et d'Enseignement des Musiques traditionelles des pays de France
présentation dans MODAL
Cet article se penche plus particulièrement sur la bibliothèque musicale qui propose actuellement en libre accès sur le site de l’AEPEM plus de 10 500 mélodies issues des collectes des XIXe et XXe siècles.
 
Le SITE avec mode d'emploi

 

 


 

Flandre-Hainaut-Artois-Picardie

 

mercredi 21 mai 2025

Paul Balardy, éditeur à Dunkerque

 On croise très souvent ses recueils de chansons-marches pour les soldats sur les sites d'enchères et chez les bouquinistes. Longtemps je n'avais pas réussi à l'identifier, je savais seulement qu'il s'agissait d'un aumônier militaire, grâce à la correspondance avec l'abbé Lecointe qui m'avait contacté pour des travaux de généalogie et qui, pour me remercier, m'avait donné un ou deux de ces recueils avec cette information.
 
collection personnelle


Je supposais l'avoir reconnu, grâce au dépouillement des fiches matricules, comme étant Jean DEWAVRIN, les dates de sa présence à Dunkerque collait avec celles des publications, jusqu'à ce que, récemment, je tombe enfin sur une preuve irréfutable. Un entrefilet paru dans La Croix du Nord (1934) en réponse à une demande qui donne les nom et adresse de cet éditeur discret : 18 rue Emmery c'est l'adresse du Foyer du Soldat, aumônerie militaire dunkerquoise.
 
source Gallica

Jean Marie Anselme Joseph DEWAVRIN est né à Tourcoing le 4 août 1897, fils de Henri, négociant en laine et trésorier de la Chambre de Commerce, descendant d'une "dynastie" de négociant en tissus. Sa mère, Marie POLLET également issue d'une famille de négociant/fabricant de Tourcoing. En passant je découvre que le cousin de son père est Joseph Anselme Justin DEWAVRIN, alias Joseph NIRVASSED, le compositeur (plus d'info ICI).
La fiche matricule de Jean ne nous donne pas d'information sur sa formation et son parcours ecclésiastique, peut être y en a-t-il aux archives diocésaines à Lille, mais cette partie du personnage intéressera peut-être plus les historiens. On y apprend quand même qu'il habite Le Tréport quand il est recensé pour la conscription en 1917, puis après son service militaire dans l'artillerie, il se retire 6 rue du Regard à Paris en 1919, puis à Issy les Moulineaux l'année suivante. Il revient la même année à Tourcoing chez ses parents et enfin il déclare son arrivée à Dunkerque en avril 1933. Mais on sait par la presse qu'il y est déjà présent depuis au moins novembre 1927, Le Nord Maritime annonce qu'il donne une messe de départ à la chapelle Notre Dame des Dunes, dont témoigne cette photo :
 
au centre : probablement l'aumônier J. Dewavrin
 
 
source : Le Nord Maritime Retronews

 
Pourquoi avoir publié ces recueils ? L'éditeur le précise dans une préface : Il y a deux ans, de même que les années précédentes, notre Régiment se rendait au Camp de Sissonne, par la route. Une fois de plus mes camarades et moi-même nous constations la pauvreté du répertoire des chansons de notre Compagnie et des Compagnies voisines. Les hommes connaissaient exactement deux chansons et trois demi-chansons (en ce sens que pour ces dernières ils ne connaissaient que le refrain)… Et la route à parcourir en cinq jours était de 130 kilomètres [en réalité 230 km]. Au Camp de Sissonne, il nous vint à l'idée de nous informer auprès des hommes des quatre autres régiments pour voir si le répertoire était un peu plus varié. Hélas ! nous trouvions semblables pauvreté partout ; chez eux comme chez nous, la plupart ignoraient même, totalement, les paroles de La Madelon. Alors nous avons pensé qu'il y avait quelque chose à faire, et, à nos heures de temps libre, depuis dix-huit mois, aidé de plusieurs Sous-Officiers, nous avons parcouru à peu près tout le répertoire français, pour sélectionner un ensemble de Refrains et de Chansons très agréables dont la cadence soit généralement bien adaptée à la marche […] Nous remercions très cordialement les Éditeurs, Compositeurs et Paroliers qui ont bien voulu : "Pour rendre Service à l'armée", nous céder les droits de reproduction des ces Chansons.
Par ailleurs on apprend : " S'il n'a pas publié des chants d'inspiration religieuse ou du moins des mélodies classiques dans le genre, comme le Credo du paysan, le Repos du paysan, l’Angélus de la mer, ou même le Minuit, chrétiens, c'est que le droit de reproduction lui a été rigoureusement refusé. La Revue des Lectures, 1934.
La presse se fait largement écho de ses publications, par exemple
 
source Gallica

Il y publie quelques uns de ses textes co-écrits avec Lucien PRÉVOT dit PLÉBUS (1874-1955) et Charles JARDIN (1884-1950) pour la musique :
 
Dernières nouvelles du Quartier, paroles de Balardy, air Tout l'pays l'a su, musique de Ch. Borel-Clerc.
La marche des chasseurs, paroles de Lucien Plébus et P. Balardy, musique de Charles Jardin.
Marche funèbre pour les funérailles du père Cent, paroles de L. Plébus et P. Balardy, musique de Ch. Jardin. 
Pour une rose, paroles de L. Plébus et P. Balardy, musique de Ch. Jardin.

Il est en relation avec plusieurs compositeurs et auteurs régionaux, j'ai relevé :  Henri Dallenne (Haubourdin), Urbain Lecomte (Nieppe), Eddy Jura, Pierre Manaut, V. Marceau, Edmond Pellemeulle (Lille) et Jean Ernst (Roubaix).
Ensuite l'abbé Dewavrin réside 10 rue de Juvisy à Draveil (mention sur une réédition non datée de son premier recueil). En 1946 il est nommé co-secrétaire, avec l'abbé Georges Chassagne, de la Centrale Catholique de la Radio et du Cinéma, où il côtoie parfois les "vedettes" comme Jean Marais, ici dans Cinémonde en 1953. Il meurt en 1984 à Pont Saint-Esprit.
 
Christian Declerck
21 mai 2025
 

source Gallica

 
Marche funèbre du père Cent (coll. perso.)

collection personnelle

 illustration dans les 30 chansons-marches

bois gravé de l'abbé Paul Pruvost 1889-1968

 
pour le folklore, j'ajoute mon "Père Cent" posté à Dakar Marine en 1972, je n'en ai pas trouvé du 110e RI à Dunkerque.
 

 et cette photo de la cérémonie du père Cent des musiciens du 110e RI de Dunkerque en 1923