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vendredi 20 mars 2026

Ensemble Beffrois

mise en ligne le 19/10/2009
mise à jour le 28/8/2024 : remplacement des photos
mise à jour le 20/3/2026 : ajout d'un concert à Denain 
 
 
Le groupe Vents Contraires, créé en 1988, donne son premier bal à Boulogne sur Mer en février 1990. Dans les années 1991/92 nous avons travaillé parallèlement sur un programme de concert basé sur des musiques jouées au XVIIIe siècle par des carillonneurs. Katrien nous déchiffrait les partitions à la flûte traversière et nous les adaptions ensuite à notre style et à nos instruments. Après la disparition de Katrien, on a demandé à Daniel Boulogne de nous accompagner à la viole de gambe. Le premier concert a lieu à Dunkerque en avril 1993. Voici le texte de présentation du groupe qui plus tard s’est appelé Ensemble Beffrois :

Saint-Omer 1780 : un gamin de 15 ans, Jean-Baptiste André Bonaventure Dupont*, est nommé carillonneur à l'Abbaye St-Bertin. Il est jeune, mais il a de qui tenir, son père est carillonneur à la cathédrale Notre-Dame et son grand-père exerça la même charge à l'Abbaye de Marchiennes. C'est à cette époque qu'il note sur un carnet les mélodies qu'il préfère : ariettes, motets, contredanses, matelottes, etc … en tout plus de 350 airs, reflet de la mode musicale de cette fin de siècle.

Mais était-il uniquement organiste-carillonneur ?

La présence de nombreuses musiques de danse nous fait supposer qu'il devait pratiquer aussi un autre instrument. Peut-être le violon, comme ses aînés Joannes De Gruyters** carillonneur à Anvers et surtout Nicolas François Lecat*** carillonneur à Dunkerque. Ce dernier reçoit 36 livres pour avoir joué du violon au bal que la Confrérie de Ste-Gertrude donne en l'honneur du couronnement de son Doyen en juillet 1781. Un sieur Cat, carillonneur à Dunkerque, est d’ailleurs mentionné comme souscripteur du recueil de 100 contredanses publié en 1767, à Gand, par Daubat-St-Flour**** maître à danser de cette ville. Ces indices découverts au cours de recherches que nous avons menées, nous ont incité à revisiter ces musiques abandonnées et à les confronter à nos acquis musicaux pour en révéler d'autres saveurs. Pour la préparation de ce concert, nous avons puisé dans les répertoires régionaux de carillonneurs : Dupont bien sûr mais aussi De Gruyters, ainsi que dans les compositions du maître à danser Daubat St-Flour. Nous avons retenu les mélodies sur les critères suivants :

• La danse : préférence est donnée aux contredanses et aux airs à sonorité "populaire" (absence de modulation et autres traits caractéristiques de la musique dite savante)

• Les instruments du groupe : les cornemuses et la vielle à roue nous imposent de choisir des airs supportant la présence d'un bourdon et ayant un ambitus relativement réduit, le tout dans une tonalité qui leur convient.

L'étape suivante, l'interprétation, n'obéit pas à des règles aussi précises mais au "feeling" (résultat d'une expérience acquise) des musiciens, chacun y amenant sa sensibilité en fonction de sa formation et de ses affinités musicales.
 
* Jean-Baptiste André Bonaventure Dupont
Né à St-Omer en 1765. Fils d’Aldébalde Dupont (1741-1808) carillonneur à la cathédrale Notre-Dame de St-Omer. Il fut carillonneur et organiste à l’abbaye St-Bertin vers 1780. Il a laissé un recueil manuscrit de plus de 350 mélodies.
** Joannes De Gruyters
Né à Ypres en 1709, il devient carillonneur à la cathédrale Notre-Dame d’Anvers en 1740. On possède de lui un recueil manuscrit de 194 mélodies daté de 1746.
*** Nicolas François Lecat
Né à Dunkerque en 1727, il fut d'abord horlogeur au beffroi puis carillonneur à l'église St Éloi. Il est le fils de François Baudouin Lecat, carillonneur et cabaretier (décédé à Dunkerque en 1775).
**** Robert Daubat St Flour
Né à St Flour (France) en 1714. Maître à danser à Gand de 1752 à 1782, il publia un recueil de 100 contredanses en 1767.


Le concert donné au musée des Beaux-Arts de Dunkerque
le 21 novembre 1998
 


01 Johannes De Gruyters : Menuet n° 70
02 Johannes De Gruyters : Contredanse n° 39
05 J.-B. A. B. Dupont : L'anglaise
06 Robert Daubat Saint-Flour : La Thérèse
09 Robert Daubat Saint-Flour : Le Tambour Anglais
11 Johannes De Gruyters : La marche des Béguines
12 Robert Daubat Saint-Flour : L'évaporée
14 J.-B. A. B. Dupont : Le polisson
15 Johannes De Gruyters : Bourrée n° 159
17 J.-B. A. B. Dupont : La Babet
18 J.-B. A. B. Dupont : Matelotte
20 Matelotte de Wandembrille

Daniel Boulogne : viole de gambe
Christian Declerck : violon, alto, recherches et commentaires
Patrice Gilbert : vielles à roue, épinettes du Nord
Gérald Ryckeboer : cornemuses, cistre, bouzouki, flûte


Téléchargez ici

179 téléchargements au 1/6/1013


Menuet n° 70
 
Un concert à Denain en 1998 ou 1999, je ne me souviens plus de tous les titres
Téléchargez ICI
meilleure qualité, enregistré sur MiniDisc 

dimanche 15 mars 2026

Charles Delabre, compositeur (1870-1938)

mise à jour du 15/03/2026, ajout d'une vidéo Ascendam superius 
mise à jour du 24/09/2025 ajout de la photo de la salle des fêtes et des infos sur éditeur A. L. Piot
mise à jour du 12/03/2023 ajout d'un lien vers concert BULCO
mise à jour du 24/02/2023 ajout d'une vidéo Vaines pensées
mise à jour du 06/07/2018 ajout d'une vidéo de Nadia Bendjaballah
mise à jour du 08/05/2018 ajout d'une vidéo de Youkali
mise à jour du 21/01/2017 ajout de la conférence/concert




Charles Delabre, vers 1925
collection personnelle


Charles Désiré Delabre, né à La Madeleine le 25 juillet 1870, est issu d'une famille d'artistes. Ses grands parents paternels, Hyacinthe Delabre et Annette Joséphine Bénard, sont comédiens dans des troupes de provinces puis à Paris, notamment au théâtre du Châtelet puis au théâtre de l'Ambigu. Son grand oncle, Henri Bénard (1810-1879), professeur d'ensemble au Conservatoire de Lille, est le chef d'orchestre du Grand Théâtre de Lille et chef de la musique des pompiers de la ville. Son père César Hyacinthe, né à Toulon, est d'abord comédien quand il s'installe à Lille vers 1866, il devient chef de  la musique du bataillon des canonniers sédentaires de Lille. C'est auprès de son père que Charles reçoit ses premières leçons de musique et d'harmonie.
Parallèlement à ses études musicales au Conservatoire de Lille, il débute comme chef d’orchestre dans les brasseries lilloises pour lesquelles il compose de nombreuses musiques de danses. En 1899, à Dunkerque, il épouse Hortense fille de l’entrepreneur maritime Victor LANGEVIN. Il termine ses études musicale au Conservatoire de Lille par un premier prix de piano en 1901 puis il s’installe définitivement à Malo les Bains au 10 de la rue de Bapaume.
 
Il participe à la vie musicale dunkerquoise et surtout malouine en organisant des concerts et en dirigeant pendant près de dix ans l’Association Symphonique et Orphéonique de Malo avant 1914. Mais il démissionne de son poste suite à des querelles au sein de la société. Il se consacre alors exclusivement à la composition et participe à de nombreux concours à Paris, Nantes (1904), Lille (1909), Nice (1923) et Bruxelles (1909) où il remporte des médailles d’argent ou de vermeil.

Il laisse une œuvre considérable d'environ 90 compositions, des mélodies charmantes, des chœurs avec accompagnement d’orchestre et des pages musicales de circonstance : Cantate à Jean-Baptiste Trystram, La Cantate à la ville de Malo-les-Bains (1911), Ascendam Superius, marche malouine (1926), Casino polka (1900), Malo plage, mazurka (1900), Le Vivat de la Jeune France, pour ne citer que celles en relation avec sa ville adoptive.
Il n'est pas musicien de profession. Pendant 38 ans, il est chef de service chez Jokelson où il dirige les grues flottantes. Il a eu deux enfants, Raymond, né en 1900, ingénieur naval aux Chantiers de France et Louise, née en 1901.
Il décède le 28 juillet 1938 dans sa maison de la rue de Bapaume, il venait de fêter ses 68 ans.
Tous ses manuscrits, plus de 400 documents qui ont miraculeusement échappés aux bombardements, sont conservés dans une collection privée.


Christian Declerck



collection personnelle



collection personnelle




Casino polka,  interprétée par Emmanuelle Maggesi
le 21 juin 2015, à la Bibliothèque de l'Université de la Côte d'Opale
BULCO, à Dunkerque

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Conférence/concert Compositeurs et artistes dunkerquois au XIXe siècle
à l'auditorium Bizet, Dunkerque-Petite Synthe le 24 novembre 2016



y sont interprétées les œuvres de Charles Delabre :

- Romance pour cor en fa et piano, par Eric Lorillard et Alice Nenert
- Ascendam superius, par Alice Nenert

 
- Casino polka, par Thomas Malet
- Douce chanson, mélodie, par Alice Nenert
- Sancta Cæcilia, par Frédéric Daudin-Clavaud et Alice Nenert
- Mères, ne pleurez plus, élégie, par Emmanuelle Piot, Alice Nenert, Véronique Rousselle et Frédéric Daudin-Clavaud
 
 - Attente, de Paul Max et Charles Delabre, par Pascale Meesemaecker et Thomas Malet

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- Vaines pensées ©, mélodie de Charles Delabre, par Emmanuelle Piot, soprano et Thomas Malet, piano
en 2015 à la BULCO de Dunkerque, au cours d'un concert de la Fête de la Musique

Programme de l'apéro/concert :
- Sancta Cæcilia, méditation, de Charles Delabre, par Emmanuelle Maggesi (piano) et Frédéric Daudin-Clavaud (violon)
- Ave Maria, de Charles Delabre, par Pascale Meesemaecker (chant), Thomas Malet (piano) Frédéric Daudin-Clavaud
- La jeune malade, de Louis Manotte, par Pascale Meesemaecker et Thomas Malet
- Attente, de Paul Max et Charles Delabre, par Pascale Meesemaecker et Thomas Malet
- Offrande, de Paul Verlaine et Charles Delabre, par Pascale Meesemaecker et Thomas Malet
- Perseveranza, de Théophile Manotte, par Maëlan Tomasek (piano)
- Ascendam Superius, de Charles Delabre, par Emmanuelle Maggesi
- Casino Polka, de Charles Delabre, par Emmanuelle Maggesi
- Douce Chanson, de Charles Delabre, par Emmanuelle Maggesi
- Méditation extraite de la Légende de Sainte Ulphe, de Jules Collery, par Emmanuelle Maggesi et Frédéric Daudin-Clavaud
- Romance pour cor en la, de Charle Delabre, par Eric Lorillard
- Le Carillon de Dunkerque, paroles de Jean Marie Albert Pérot, musique de Louis Manotte, par Emmanuelle Piot et Thomas Malet
- Romance, de Victor Dourlen, par Emmanuelle Piot et Thomas Malet
- Vaines pensées, de Charles Delabre, par Emmanuelle Piot et Thomas Malet
- Mères ne pleurez plus, de Charles Delabre, par Emmanuelle Piot, Véronique Rousselle (violoncelle), Emmanuelle Maggesi et Frédéric Daudin-Clavaud

Les musiques de la conférence ICI

Le 24 novembre 2016, programme de la conférence
- Romance pour cor en fa et piano, de Charles Delabre, par Eric Lorillard et Alice Nenert
- La jeune malade, mélodie, de Louis Manotte, par Pascale Meesemaecker et Thomas Malet
- Romance, mélodie, de Charles Dourlen, par Emmanuelle Piot et Thomas Mallet 
- My faith and truth, extrait de Samson de Haendel, répertoire de Benoîte Louise Lavoie, par Pascale Meesemaecker + 3 élèves de la classe de chant et Thomas Malet
- Perdonate signor, extrait de Le Mariage secret de Cimarosa, répertoire de Henriette Méric-Lamande, par Emmanuelle Piot et Thomas Malet
- Ascendam Superius, Casino polka et Douce Chanson, pour piano de Charles Delabre, par Alice Nenert 
- Santa Cæcila, méditation de Charles Delabre pour violon et piano, par Frédéric Daudin-Clavaud et Alice Nenert
- Mères, ne pleurez plus, pour voix, violon, violoncelle et piano, de Charles Delabre, par Emmanuelle Piot, Frédéric Daudin-Clavaud, Véronique Rousselle et Thomas Malet
 
téléchargez ICI 
 
 
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En résidence-mission "musique" dans le cadre du Contrat Local d'Education Artistique mis en place par la CUD, Nadia Bendjabellah a souhaité travailler sur les musiques de compositeurs locaux. Elle a notamment sélectionné plusieurs compositions de Charles Delabre.



Foot Balle ©, polka-valse composée en 1901 à Lille
Extrait du concert donné par le quintette Youkali au Jazz-Club de Dunkerque le 20 avril 2018.

Youkali :

Adrien Alix, contrebasse
Nadia Bendjaballah, vibraphone
Alice Fagard, voix (qui n'intervient pas dans cet extrait)
X, violon alto
Sven Riondet, accordéon

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Jeunesse ©, valse lente op. 57 
Extrait de la sieste musicale donnée à la Médiathèque de Grande Synthe le 21 avril 2018

Nadia Bendjaballah, vibraphone
Adrien Alix, arrangement





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Inventaire des œuvres :
 À demain, op. 4, retraite pour Café et Théâtre Concert, manuscrit.
À la frontière, chant patriotique, à monsieur Paul Krüger, président de la république Transvaalienne, op. 27, manuscrit, (1900).
À Mourmelon, marche militaire pour orchestre op. 8, à leurs Majestés Impériales le Tzar et la Tzarine de Russie, Paris A. L. Piot, idem manuscrit.
Amours d'automne, romance pour violoncelle, manuscrit.
Les arrivistes, chanson, paroles de Jean Croisette, manuscrit, (1903). 
Ascendam Superius, marche malouine op. 67, (1926).
Attente !..., poésie de Paul Max, manuscrit. 
Avant l’exil, mélodie, Paris A. L. Piot* (1900). 
Ave Maria, avec accompagnement de violon - piano ou orgue, manuscrit. 
Ballet égyptien, suite d'orchestre, manuscrit (1910). interprétation par Nadia Bandjaballah
Cantate à Jean Baptiste Trystram, chœur à deux voix d'hommes, manuscrit (1910). 
Cantate à la ville de Malo les Bains, composée en l’honneur de son 20e anniversaire, juin 1911 pour 1 ou 2 voix, Dunkerque M. Bar, op. 48, (1911), idem manuscrit.
Casino polka pour piano, op.19, Paris, Vve A. L. Piot* (1900).
Chanson, op. 63. Chanson, op. 64. 
Chanson, op. 65, manuscrit, (1924). 
Chanson du bicycle, op. 74, manuscrit (1933). 
Chanson de la nuit, chœur, par A. Coulon, manuscrit. 
Clotaire, pour chœur et orchestre, manuscrit.
Constellation, valse op. 33, manuscrit (1901). 
Cortège des brahmanes, pour longues trompettes en ut, manuscrit (1911). 
Danse égyptienne pour piano, op. 26, dédiée à monsieur le docteur GEERAERT maire de Malo les Bains, Paris, A. L. Piot (1900). 
Déception, le Kaiser à son chancelier durant l’occupation allemande, satyre, op. 56, manuscrit (1915/1919). 
Désillusion, romance op. 37, manuscrit (1901). 
Douce chanson, mélodie pour piano, œuvre primée au concours des Rosati de Flandre en 1923, publié dans la Gazette Musicale de France de mai 1925, op. 12, + manuscrit. 
En avant !!!, marche militaire pour harmonie op. 44, manuscrit, (1903). 
En Bohème, fantaisie pour orchestre op. 6, manuscrit. 
Enigme !, romance, manuscrit.  
Exil de Manon, chanson op. 66, manuscrit. 
Fleur de mai, rêverie pour violon op. 11, à monsieur Alfred DUMONT, maire de Dunkerque, Paris, A. L. Piot (ca 1901). 
Foot balle, scène comique op. 36, répertoire de M. RAMAY, manuscrit (1901). 
Fragment d'airs dunkerquois, manuscrit. 
Il suffit d'être femme, chanson, op. 43, manuscrit. 
L'incomparable, polka pour trombone op. 32, musique de DELCOURT, arrgt. Ch. Delabre, manuscrit (1901). 
Invocation, pour piano ou orgue et violon, manuscrit. 
J'ai gagné le gros lot, chanson comique op. 2, manuscrit..
Jeunesse, valse lente op. 57. 
Lâcheté !…, chanson op. 31, paroles de Albert PENTEL, créé par Mlle GERY à l’Olympia, manuscrit (1901). 
La maîtresse, chanson op. 34, paroles de Jean CROISETTE, manuscrit (1901). 
Malo plage, mazurka op. 28, Lille, l’auteur + manuscrit (1900). 
Ma mie, mélodie, op. 23, à mon frère Jules DELABRE, professeur de musique, Paris, A. L. Piot (1900) + manuscrit (1899). 
Manger, boire et danser, charleston op. 70, manuscrit (1927).
Manon Lescaut de l’abbé Prévost, suite de mélodies, op. 21, Paris, A. L. Piot + manuscrit (1899). 
Marche guerrière, pour orchestre, manuscrit (1904). 
Marche des mutualistes, manuscrit (1904). 
Marche joyeuse des Flandres, op. 75, manuscrit (1933). 
Marche scandinave pour piano, à sa Majesté Royale Oscar II roi de Suède et de Norvège op. 25, Paris Vve A. L. Piot (1900) + manuscrit (1899). 
Marche solennelle pour piano, à son Excellence Monseigneur Guy de Lusignan prince de Chypre, de Jérusalem et d’Arménie op. 1, Paris A. L. Piot + manuscrit (1900). 
Mères !… ne pleurez plus, élégie, créée aux armées par M. ACCOLLET, op. 55, manuscrit (1918). 
Musical review, ouverture pour orchestre, manuscrit (1903). 
Nice joyeuse !…, chanson carnavalesque, manuscrit (1923). 
Offrande, op. 59, poésie de Paul Verlaine, manuscrit. 
Olympia marche, à M. et Mme Charles ERNST, directeur de l’Olympia de Lille, op. 29, manuscrit (1900). 
Pité pour l'infortune, chanson, parole de Jean Croisette, manuscrit (1903). 
Première étape, pas redoublé, op. 9. 
Prière d'enfant, mélodie pour violon et piano, op. 24, Paris, A. L. Piot* (1899) + manuscrit. 
La progéniture, chanson, manuscrit, (1903). Ré-fa-la, polka pour orchestre, manuscrit.
Romance sans paroles, pour cor en fa, à monsieur E. Léonard, 1er prix du conservatoire de Bruxelles, op. 2, manuscrit, (1903). 
Romance sans paroles, pour violon et piano. 
La route à suivre, op. 72, paroles de Ed. MARTIN, manuscrit, (1929). 
Sancta Cæcilia, méditation pour violon et piano, à Monsieur Lucien DEBAECKER, op. 3, Paris Vve A. L. Piot (1900). 
La santé, chanson, manuscrit (1903). 
Scènes égyptiennes, pour harmonies, op. 47. 
Sensitives, duo pour violon et violoncelle, à monsieur Charles ERNST, directeur de l’Olympia de Lille, manuscrit. 
Simple aveu, madrigal, op. 7, à monsieur Victor LANGEVIN, Paris, A. L. Piot* (1900). 
Soir d'été, bleuette pour piano, manuscrit. 
Souvenir d'Alsace, élégie pour ténor ou soprano, à monsieur BERTRAND officier de la Légion d’Honneur, directeur de l’Académie Nationale de Musique op. 22, Paris A. L. Piot (1900) + manuscrit. 
Souvenir de Bohème, pour orchestre symphonique, manuscrit. 
Sur le lac, rêverie pour piano, manuscrit. 
Vaines pensées, mélodie pour soprano, manuscrit. 
Vers l’Est, ébauche manuscrite 
Vers l'exil, romance, extrait de Manon Lescaut, manuscrit, (1902). 
La vie de famille, chanson, op. 41, manuscrit (1903). 
Violetta, valse lente, dédiée à Mlle Yvonne BUTAYE, édit. Association des Compositeurs du Nord et du Pas de Calais, 20 rue du Chaufour, Lille + manuscrit (1909).
Le vivat de la Jeune France, dédié à monsieur Ernest MARQUIS, président de l’association Chorale La Jeune France, op. 73, manuscrit (ca 1930). 
Vive la paix, chansonnette op. 68, manuscrit, (1926).
Vive le bon roi carnaval, chanson carnavalesque, manuscrit (1923). 
 
* A.-L. Piot : Louis François Aimé, artiste dramatique (1879), puis agent lyrique (1896) et éditeur de musique, est né à Graville l'Heure (76) le 2 avril 1851, † Paris 7e le 7 mars 1900, époux de Anne Joséphine Louise Leroux (1850-1918), il était domicilié 13 faubourg Saint Denis.


samedi 14 mars 2026

Ali Alo pour Maschero ou Macheraut ?

mise en ligne le 3/3/2025
mise à jour le 14/3/2026 : ajout d'infos supplémentaire 

 Mais qui était donc ce Maschero ?

source : Chants populaires flamands 
 

Je pense peut-être tenir une piste avec une famille MACHERAUT, domiciliée à Dunkerque fin XVIIIe / début XIXe siècles.

Nicolas MACHURO épouse Marie Madalene BOUDRY à Dunkerque en 1751, ils ne savent pas signer. Ils ont trois enfants : Nicolas, Alexis et Jean. Seul Jean Henri aura une descendance identifiée : Jean Henri Louis Laurent Eugène MACHERAUT, brouetteur, qui épouse Marie Jeanne HANQUET à Dunkerque en 1817, a priori sans descendance et Jean Joseph MACHERAUT, charron, né à Dunkerque le 8 février 1793, il épouse Jeanne RONÉE en 1819. Le couple aura 3 enfants : Jean Joseph Augustin, Elisabeth Françoise et Marie Pétronille. Jean Joseph, charron, meurt à Lille le 20 septembre 1850, il est employé au génie militaire, mais domicilié à Dunkerque. Son épouse meurt également à Lille en 1862, témoin : son beau fils Louis DEBEYRE.

Jean Joseph Augustin est nommé prêtre en 1842, vicaire à Tourcoing la même année, puis vicaire à Lille (St Maurice) en 1846, vicaire à Lille (St Etienne) en 1853. Il devient curé de Notre Dame au Bois, Overijse (B) et enfin curé à Aubers en 1867 où il termine sa vie dans le joli presbytère de la commune. Il y meurt le 12 juin 1881. Sa sœur Elisabeth née en 1821, meurt à Dunkerque en 1902, 11 rue des Bassins, elle a certainement entendu plusieurs fois la fameuse chanson.

Si quelqu'un a une meilleure hypothèse ?

Christian Declerck
3 mars 2025


En complément : une publication sur le site EthnoDoc qui compile les émissions de Radio Uylenspiegel


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C. E. de Coussemaker a collecté cette chanson le 12 juin 1854, nous précise Michel Colleu dans la plaquette accompagnant le CD Chants des Marins de la Mer du Nord et de la Manche. Il ajoute que ce chant résonnera sur le port de Dunkerque jusqu'au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. En 1888, L. A. Smith le publie de nouveau dans The music of the waters, en remarquant "Tous les jours à Dunkerque, vous pouvez entendre cet "ali alo" chanté par des dizaines de dockers si vous passez le long des quais. Au début du XXe siècle, les accoreurs des chantiers dunkerquois l'utilisent encore "Au commandement, les ouvriers rythmaient leur travail avec une chanson, dont voici un échantillon : "Machero a perdu son chariot/Ali ali alo/Il boit du vin il do-on' de l'eau/Ali ali alo". En cadence, les coups de maillets pleuvaient, les accores tombaient par paires, une de chaque bord. Enfin dégagé, le navire glissait vers la mer, dans un nuage de fumée produit par la combustion du suif de la savate" (Souvenirs de G. de RAULIN* [et non G. de BAULIN], publiés dans le Yacht, [8 octobre] 1932), […].
 
 *G. de RAULIN, c'est le pseudonyme de Gustave Joseph Henri LANDRIEU, né à Dunkerque le 7 mai 1863, † Paris le 5 mars 1946. Commissaire principal de la Marine à Lorient puis à Nantes et enfin trésorier du 5e dépôt des équipages à Toulon. Il a publié plusieurs études biographiques et des romans sur des sujets maritimes ICI. Mais aussi les paroles de plusieurs chansons, dont la Cantate pour la célébration du siège de Dunkerque en 1793, édités chez Brasseur en 1893.
 
collection personnelle

 


dimanche 15 février 2026

Pierre Sonneville, alias Jacky Delson, compositeur, éditeur

 
en 1997

Sur les brocantes et marchés aux puces régionaux, je trouvais régulièrement des partitions éditées à Malo-les-Bains par un mystérieux Jacky Delson, que je n'arrivais pas à identifier. Les adresses ne correspondaient à rien dans les annuaires. Enfin un jour, sur un moteur de recherche je trouve ce commentaire sur un site (d'un ancien élève du collège d'Autun) maintenant disparu : Pierre Sonneville•, dit "BLAIR". On ne présente plus ce chef de musique émérite. Hélas pour lui, chargé des cours de solfège, il n'a jamais pu dépasser la première page du manuel. Grand adepte du magnétophone grâce auquel il s'évertuait vainement à faire aimer la musique classique. On raconte qu'il aurait composé la mélodie du succès international "un oranger sur le sol irlandais" (attribuée à Emile Stern). Selon d'autres sources, il composait des "twist" et des "madison" en se cachant sous le pseudonyme de "Jacky Delson" pour ne pas éveiller les soupçons de sa hiérarchie. Je contacte l'auteur [Bernard Mir] qui transmet mon message à Pierre Sonneville. Quelques mois plus tard, en 2006, j'ai pu échanger quelques mails avec ce compositeur : 
 
Mon père• était musicien amateur, violon et mandoline, ma mère a toujours rêvé de faire de la musique mais n'a pu réaliser son rêve donc tous deux ont reporté leur passion sur ma sœur et moi-même.  J'ai commencé par l'accordéon avec Abel LAMOTE comme professeur, j'étais très copain avec son frère Raymond LAMOTE, nous avions le même âge.  Puis ma sœur• et moi avons eu des cours par Mr Vandecastel
[Vandecasteele].  Ensuite j'ai étudié le saxophone au Conservatoire de Lille où j'ai obtenu un premier prix de solfège et deuxième prix de saxophone. La suite, service militaire en Allemagne où j'ai eu la chance d'avoir un sous-chef formidable qui m'a enseigné l'harmonie et encouragé à faire carrière, grâce a lui, concours de sous-chef réussi en 1950, me voilà donc affecté à Tunis au 4e régiment de Zouaves avec un patron d'une extrême gentillesse, c'est avec lui que j'ai "pondu" quelques "saucissons" comme on dit, son nom, Raymond RICHARD dit RICHARD de L'ILE•.
En 1957, affecté à l'EMP à Autun où je suis resté 11 ans. J’étais à Tunis lors des évènements pour l’indépendance, rien à voir avec le drame de l’Algérie,  les tunisiens manifestaient dans la rue et scandaient   « Ha-bib Bourguiba » sur l’air des lampions, c’est à dire deux longues syllabes  « Ha - - - Bib  - - - et trois courtes Bourguiba . . . ce rythme m’a inspiré et j’ai « pondu » un quatuor pour saxophone
[Andante et scherzo] en mettant en application ce que j’avais appris en harmonie et contrepoint, je dois vous dire que c’est la seule composition que je trouve intéressante, malheureusement égarée au cours de mes nombreux déménagements, avec ce quatuor j’ai obtenu le premier prix des Rosati de Flandres vers 1956/57. Après Autun j’ai été affecté à Djibouti, reçu au concours de chef de musique, affecté à Amiens, puis à Rennes et enfin en Allemagne à Rastatt, près de Baden Baden où j’ai terminé ma carrière en 1980. 
 
Avec ce message il joint une photo et une coupure de presse parue en 1938 : " Jeunes prodiges à Saint Pol sur Mer - Deux accordéonistes de 6 ans et demi et 11 ans. — Dimanche dernier a eu lieu à Avion un grand concours international d'accordéon qui groupait 1.000 exécutants. Au cours de ce festival, deux jeunes, tout jeunes, Saint-Polois ont reçu deux premiers prix. Nous avons voulu aller voir et entendre ces jeunes prodiges et, conduits par M. Vandecastel [Vandecasteele], fils du chef de la jeune société l'Etoile dont les deux enfants sont membres, nous nous sommes rendu dans la coquette maison blanche où ils habitent chez leurs parents. M. Sonneville est chauffeur aux Ponts et Chaussée. Dès le seuil, la musique d’accordéon nous parvient et nous voyons le petit Pierre Sonneville qui, courageusement, à l’heure où d’autres enfants dorment ou jouent sur la plage, s’appliquait à faire sortir de façon impeccable les gammes et les accords difficiles d’une méthode presque aussi lourde que son instrument. La petite Josiane arrive bientôt, mignonne petit fille aux boucles blondes frisées, la figure souriante et pétillante d’intelligence. Elle est un peu timide, elle a laissé sa langue dans sa chambre, mais dès que nous lui demandons un morceau elle a perdu toute réserve, et son instrument se met à jouer "Simone", une valse à variation qui lui a valu son prix. Certes son jeu n’a pas toute la précision, mais ses accords et la recherche des effets font honneur à son maître M. Dehon, professeur de musique. Comme beaucoup ont pu la voir au cours de ses sorties, malgré la petitesse de l’instrument dont elle se sert, elle doit lever la tête pour pouvoir lire sa partition. Nous lui demandons son âge. Elle est née à Rosendael, le 15 novembre 1931 et ne joue de l’accordéon que depuis [?], elle est titulaire d’un 1er prix avec médaille et distinction de la 4e division A (enfants de moins de 9 ans) elle est d’ailleurs la plus jeune [??]. Mais petit Pierre, nous regarde un peu jaloux d’être oublié pourtant il ne le mérite pas car ses mérites sont au moins aussi grands que ceux de sa sœur. Il a 11 ans, étant né le 7 août 1927, à Rosendael, voici un an au mois de mai qu’il s’adonne à l’accordéon, son jeu de basses et la sureté de son exécution sont en tout point remarquables. Il travaille sur un magnifique instrument italien qui prouve combien les parents aiment la musique et ont confiance en les talents de leurs enfants. Il ne faut oublier qu’un accordéon coûte autour de 6.000 francs. C’est une somme et quand il y a deux musiciens dans la maison… Pierre Sonneville a remporté, à Avion, deux prix de 4e division B (enfants de moins de 12 ans), deux premiers prix l’un d’exécution et l’autre de lecture à vue, tous les deux remis à l’unanimité des membres du jury. Nous demandons à Madame Sonneville si elle a encore d’autres enfants. Certes non, car il aurait encore des accordéonistes dans la maison, avoue-t-elle en riant. Comme nous apercevons un poste de TSF, dans un coin de la salle à manger, nous nous étonnons qu’elle ait encore le temps d’écouter la radio avec une telle famille de musiciens. « C’est pour changer, nous écoutons de l’orchestre symphonique », pas le chant car la petite Josiane chante aussi, ou plutôt elle ne chante que les notes… nous quittons cette jeune famille d’ « artistes » en herbe, enchanté de la petite aubade et de l’excellent accueil qui nous fut réservé. 

• Pierre Sonneville est né à Rosendael 7 rue Marceau, fils de Jules Désiré, serrurier puis chauffeur aux Ponts et Chaussées, originaire de Sains en Gohelle et Raymonde Fossaert née aux Moeres. En 1951 il épouse Renée Andrée Ségui née à Alger en 1930, décédée à La Turbie en 2011, Pierre est décédé en 2014 la date précise n'est pas connue de l'état civil de Rosendael.
• Sa sœur Josiane est née également à Rosendael, en 1931, elle est accordéoniste, mais on la retrouve à Malo les Bains sur un programme de 1943 où elle se produit dans un numéro de danse de claquettes et acrobaties lors d'un concert de bienfaisance pour l'entraide des prisonniers rapatriés. Elle décède à Saint Martin les Boulogne en 2018.
 
photo De Gryse à Rosendael

 
• Raymond RICHARD, alias Richard de L'Ile, c'est un chef de musique, né à Paris  en 1911, décédé en 2005, il a dirigé la batterie-fanfare de la Garde Républicaine en 1947, puis il est chef adjoint de la Musique de la Garde Républicaine de 1965 à 1969, il en est le chef de 1969 à 1972, il termine sa carrière musicale, à Bois Colombes où il dirige le Conservatoire Municipal. Mais la SACEM nous apprend qu'il a également composé sous le pseudonyme de Rey CHARRYS ! avant 1960. Ce compositeur est très présent sur l'internet, pour de nombreuses chansons populaires et musique de danse, par exemple : C'est Bibi, java, interprétée par Rey Charrys et son orchestre musette ; Personne, chantée par Rose Avril ;  La Java à Milo, jouée par Maurice ALEXANDER ; Ce qu'on écrit sur le sable, chantée par Jean LUMIÈRE ; Nid d'amour, valse musette, jouée par Adolphe DEPRINCE ; Ma Nénette, valse musette, jouée par Ferrari, etc.
 
 
Richard De L'Ile édité par Jacky Delson

Les Editions Jacky Delson ont publié de 1952 à 1968, environ 50 partitions, imprimées à 1000 exemplaires chacune. L'adresse indiquée : 36 rue François Tixier à Malo les Bains jusqu'en 1966 est celle des parents du compositeur, puis 29 rue Jean Jaurès à Sains en Gohelle, chez une tante.
 
Catalogue : 
A la manouba, rumba boléro. Amoroso, tango. Andante et Scherzo, pour quatuor de saxophone (1956). Amour, valse. Au fil de l'eau, valse musette. Amour tendre, slow rock, musique de Pierre Sonneville, créé par Arthur Briggs, Le Creusot, Edit. France Accordéon (1965). Baby, valse. Un baiser, une caresse, slow rock, musique de Jacky Delson, Le Creusot, Edit. France Accordéon (1965). Balade en Toscane, paso doble (1958). Le balochard, java. Barque fleurie, boléro (1958). Bigre, java. Biloute, madison. Blairos, cha cha. Carnaval de Dunkerque, recueilli par P. Sonneville, enregistré par Ernest Vernet et son orchestre. Ce n'était qu'un jeu, tango. C’est ma grand-mère, valse musette. Le chat de la reine, paso. Chérinette, valse à variations. Le chevelu, jerk, Le Creusot, Edit. France Accordéon (1966). Chez Amar, marche, musique de Richard de L’Ile et Jacky Delson. Ciel de feu, paso doble. Cœur frivole. Depuis longtemps, tango. Dis-moi, tango chanté. Douillette, valse à variations. El fulminante, tango. Épineuse, valse à variations. Esperandote, tango, une création d’Angelica, à la radio et à la télévision, Le Creusot, Edit. France Accordéon (1966). Extrême orient, samba. Francette, valse à variations. Gaga-zogène, fox New Orleans. Ile de rêve. Insouciance, valse à variations. Je rêve de toi, boléro. Je ris, valse. Joli boléro (1958). Joli nuage, boléro, musique de Pierre Sonneville. Joyeux musicien, (le) musique P. Sonneville. Lointain rivage, boléro (1958). Kis Kiss, letkiss, musique de Pierre Sonneville. Loco paso. Ma loute, tango (1965). Ma mie chérie, valse. Ma parole, cha cha cha. Ma petite femme, boléro (1958). Mam’zelle letkiss, letkiss. Mon pays lointain. Musi-musette, valse, musique de Jean De Wilde et Jacky Delson (1957). Ne dit rien, tango. Noix de coco, cha cha cha. Nounous, Nuevo cha cha cha, musique de Bernard Stork* et Jacky Delson. Nuit bleue, tango. Nuit exotique, boléro (1958), Oasis, boléro (1958). Octobre, valse. Of the king, madison. On attaque, un indicatif du tonnerre, musique de Pierre Sonneville. Pichounette, tango (1965). Petite Henriette, musique de Richard de L’Ile et Jacky Delson. Pleureuse, valse à variations. Plus jamais, tango. Pour t'aimer, boléro (1958). Pour un baiser, boléro, musique de Sonneville*. Prix orange, cha cha, paroles de Bernard Storck, musique de Bernard Stork et Jacky Delson. Quelqu'un m'a dit, boléro (1958). Reniflard (le), tango(1965). Rêve oriental, boléro(1958). Reviens chérie, rumba boléro. Reviens moi, tango. Rock-Folie, rock, musique de Jacky Delson, Le Creusot, Edit. France Accordéon(1965). Rosette amour adoré, valse. Sables d'or, valse à variations. Sans bavure, paso doble, musique de Pierre Sonneville. Sans espoir, boléro, musique de Pierre Sonneville. Sans rivale, rumba boléro. Sinovia, paso doble, musique de Richard de L’Ile et Jacky Delson. Sois pas méchant, boléro, musique de Pierre Sonneville. Songe d'amour, boléro (1958). Souris à l’amour, slow rock, musique de Pierre Sonneville. Souvenir d’un jour, tango. Stop musette, valse, musique de Besson. Suenos pasados, paso doble (1958). Sur les bords de la Saône, musique de Richard de L’Ile et Jacky Delson. Tant je vous aime, tango. Tchaô, paso doble, musique de Pierre Sonneville. The hippies. Ton pays lointain, boléro, musique de Pierre Sonneville. Totoche, java. Tu me dégoûtes, boléro (1958). Une femme, boléro. Vas-y Louis. Viejos amigos, musique de Jacky Delson et Richard de L’Ile(1958). Yé-la !, cha cha cha musique de Pierre Sonneville. Zouzou, java.

 

mardi 27 janvier 2026

Bart en Klerktje

mise en ligne 29/12/2009
mise à jour 27/1/2026 : ajout de deux enregistrements, nouveau fichier
 
Bart en Klerktje – Brugge – 1981
Concert au théâtre de Bruges le 3 octobre 1981



02-De twaef glaezen (trad)
03-De schooiere (Joris Declercq/Willem Vermandere)
06-Klein wentje van Elverdinge (Willem Vermandere)
08-Vertrek naer Island (trad)
10-Drinke liedtje (trad)
11-Cécilia (trad)
13-De wonderbare genezing (Willem Vermandere)
15-Pot pourri (trad)
16-De barmhartige samaritaan (Rossey/Willem Vermandere)
18-Nee'w we goan nus vlams nie laot'n (Joris Declercq/Willem Vermandere)

Raymond Declerck, dit Kerktje : chant, harmonica
André Rouzet, dit Bart : chant, guitare
Photo : Christian Declerck

Klein wentje van Elverdinge


téléchargez  ici

162 téléchargements au 1/6/1013



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Dans les archives d'Het Reuzekoor il y a ces enregistrements de mon père :
• Duo a cappella Bart/Kerktje : Nee'w we goan nus vlams nie laot'n
• Solo a cappella Klerktje : Pot pourri, Jalousie, Pour Vivre, Romance de Maître Pathelin
téléchargez ICI nouveau fichier
 
 

samedi 20 décembre 2025

Inauguration du nouveau carillon en 2009

 20/9/2009

L'orchestre junior de Dunkerque et le maître carillonneur installé dans le beffroi ont joué deux morceaux... de concert

Concert.- Pouvait-on imaginer l'inauguration du carillon restauré sans musique ? Non, bien sûr. Juché à une bonne quarantaine de mètres de hauteur, le maître carillonneur Alfred Lesecq a officiellement fait résonner les premières notes, vendredi, à 18 h. Des notes entendues par les élus, les invités et les habitants rassemblés au pied du beffroi. Sur une estrade devant l'église Saint-Éloi, l'orchestre junior de Dunkerque, sous la conduite de Régis Kerckhove, a joué deux morceaux en même temps que le carillonneur et interprété, entre autres, une pièce créée pour la circonstance par Sébastien Rabiller, Rhapsodie pour Saint-Éloi.

Quatre ritournelles. - Le carillon sonne désormais tous les quarts d'heure de 8 h à 20 h en semaine, de 10 h à 20 h le dimanche : à l'heure La Cantate à Jean Bart ; au quart Ta lire, ta loure ; à la demie Le Carillon de Dunkerque ; à moins le quart L'Air du Reuze.

Un instrument plus étoffé. - Détruit dans un incendie au début de la Seconde Guerre mondiale, le carillon a bénéficié de nouvelles cloches (48) en 1962. Après le chantier de rénovation mené pendant le premier semestre de cette année, elles sont 50 : deux petites d'une douzaine de kilos ont été ajoutées. Leur poids total dépasse les 16 tonnes dont 5 pour le bourdon Jean Bart. Elles couvrent quatre octaves chromatiques. Le mécanisme qui les actionnait ne fonctionnait plus depuis 1997. Il a été remplacé.

Un partenariat. - On doit cette restauration du carillon à un partenariat entre la ville, la Fondation du patrimoine, la Fondation Total et le conseil général pour un coût total de près de 500 000 €. Mission réussie à en juger par les propos des réprésentants des trois premiers cités lors de la réception à la mairie. Pour Marianne Nouveau, adjointe à la Culture, « le carillon est le chant de l'âme de Dunkerque  », un atout touristique qui devrait renforcer l'attrait du grand public pour le beffroi, classé comme d'autres de la région au patrimoine mondial de l'Unesco en 2005. 

Laurent LEYS, VdN


 

vendredi 7 novembre 2025

Maurice Cornette, souvenirs d'un musicien

mise en ligne le 20/10/25
mise à jour le 6/11/25 : la vidéo ne l'affichait plus avec Firefox, j'ai ajouté un lien direct
mie à jour le 7/11/25 : ajout d'une photo et un recueil de partitions


En 1983, l'association Het Reuzekoor publie dans sa revue Plach'iou, un entretien avec Maurice Cornette, musicien coudekerquois né en 1895. Il a connu le Dunkerque d'avant les deux guerres, pratiqué toutes les musiques : harmonies, accompagnement de films muets, concerts dans les cafés du centre ville et de la plage, bals dans les même lieux et après les bandes de carnaval. Dans le même temps, il était professeur à l'école de musique de Coudekerque-Branche. Il nous livre un témoignage unique et très détaillé sur sa pratique, ses rencontres, et l'ambiance de cette "belle" époque.
 
L'article est intéressant, mais le plus intéressant c'est son entretien, enregistré sur cassette par Maryse Collache qui a été conservé par l'association. Ce qui permet de compléter le texte. On a en prime les interventions de sa fille Odette et de son beau-fils, Roger Deblock, qui complètent sa mémoire parfois défaillante.
Maurice nous parle de son apprentissage du solfège en 1906, avec un voisin, Lucien Dimanche (1880-1955), petit neveu de Stéphanie Dimanche, plus connue sous son surnom de Manootje. Il intègre rapidement la société des Amis Réunis de Coudekerque-Branche, concurrente de l'harmonie catholique (surnommée les Blincke Piche).
Puis ses qualités de bon musicien le font embaucher dans les cirques qui s'installent pour un mois chaque année en janvier sur la place Jean-Bart : Le cirque Palisse, le cirque Pourtier et le cirque De Jonghe. Il se fait donc remplacer chaque année de son emploi de trombone solo à l'orchestre du théâtre de Dunkerque pour jouer dans l'orchestre du cirque. Il est musicien au théâtre d'octobre à mars, sauf en janvier, ce qui lui fait un second emploi que lui reproche son chef de service (il est employé de la société du gaz). Il est membre des artistes musiciens de Dunkerque de 1921 à 1979.
Il accompagne tous les ans les conscrits après le conseil de révision, pour une tournée des bistrots, salles de bals et maisons closes de Dunkerque et sa région. Son expérience de musicien formé au cirque lui permet d'être embauché dans les cinémas, il faut s'adapter très vite au déroulé de l'action comme au cirque. Il débute au cinéma l'Aviation rue de la Gare à Coudekerque-Branche, puis au Palais Jean-Bart, place de la République à Dunkerque et aussi au Royal Cinéma, place Jean Bart.
L'hiver il joue dans l'orchestre du théâtre, mais aussi au café des Arcades puis l'été il joue dans l'orchestre du café Belle Vue sur la plage de Malo les Bains avec ses amis des Arcades : René Cordier, le pianiste et chef d'orchestre, Marcel Périn, au violoncelle, Arthur Dehon et Louis Dondeyne, aux violons, Fernand Canpon à la trompette et Maurice au trombone.
Il n'a pas joué dans les bandes de carnaval, mais surtout dans les bals, et principalement le grand bal masqué du théâtre. Dans les années 1970 il est sollicité par son petit-fils Michel Deblock pour apprendre le solfège à ses amis musiciens du carnaval qui viennent de former le groupe Les Kakesteks avec Roch Vandromme, mais c'est une autre histoire…

la vidéo que j'ai réalisée à partir de l'enregistrement est ICI



 
photo Jean-Charles Bayon (1980)
 
*****
 
Merci à Roch pour cette rare photo des Kakestecks prise à la patinoire de Dunkerque, à la fin des années 1970. 
On y voit : (1) "Moustique", [qui se souvient de son vrai nom ? il a tenu un café à Coudekerque Bche sur la place de la République] ; (2) Patrick Truquet ; (3) Gérard Truquet ; (4) Yves Autret ; (5) Gilles Allaert ; (7) Jean-Luc Thienpoent ; (8) Antoine Delbende ; (9) Yves Buffet ; (11) Stéphane Deconinck ; (12) Roch Vandromme ; (13) Maurice Cornette ; (14) Claude Devos ; (15) Yves Ardaens ; (16) Michel Deblock


Roch m'a aussi confié ce recueil manuscrit de musique, rédigé par Maurice Cornette pour ses "élèves", on y retrouve sans doute les airs qu'il jouait dans les cafés et les bals avant guerre, mais aussi et surtout quelques airs du carnaval dunkerquois.
- Le Moulin de Suzette, one step
- La Caissière du grand café, scottisch
- Frou Frou, valse
- Le Téméraire, marche
- Rose Marie, marche
- Indicatif,  marche
- Marie je t'aime, Et quand on s'aime, marche
- Trinck, Trinck, Brederlein Trinck, valse
- Le Corso blanc, scottish ou polka
- La Valse brune
- Quelques airs dunkerquois : On dit qu'Dunkerque est mort, Ah ! ce qu'il a l'air bête, Met ton p'tit cul sur la glace, Manotje, Pêcheurs d'Islande
- Quelques airs connus : Y'a des loups, Toutes les f...., N'achète plus d'allumettes, J'aime le jambon et la saucisse
- Les Pierrots, marche
- 14 juillet, marche
- Le Frisé, marche
- Ouiche Ouiche, marche
- La Petite Tonkinoise, scottisch
- Caroline, one step
- Tant qu'il y aura des coqs dans un village, il y aura des poules à surveiller, one step
- Dans les jardins de l'Alhambra, scottisch
- Le Petit chapeau tyrolien, one step
- Trou la la itou !




mercredi 5 novembre 2025

Le répertoire du carnaval à Dunkerque


photo Bernard Cartiaux

Le répertoire du carnaval et sa transmission
mémoire de fifre

Intervention à la journée d’étude participative du vendredi 24 novembre 2023 au MTVS de Fourmies, colloque sur les appropriations créatives concernant les MUSIQUES POPULAIRES DES HAUTS-DE-FRANCE, journée organisée par Sophie-Anne Leterrier de l’Université d’Artois, dans le cadre de l'expo Musiques en pièces

programme

Le carnaval de Dunkerque est une fête traditionnelle, depuis longtemps très enracinée, aujourd’hui très médiatisée, qui ne cesse d’évoluer, de se transformer, par les appropriations créatives aussi bien collectives qu’individuelles, propres à ce type de manifestations traditionnelles non strictement codifiées.

Ce carnaval recouvre la traditionnelle Bande des pêcheurs (vischerbende), ses répertoires fifres et fanfare (cuivres), les chansons qui y sont chantées et le parler Dunkerquois qui donne une saveur particulière à ses chansons.

Son enracinement – Sa malléabilité

Rapide historique.
Du carnaval au XVIIe et au XVIIIe siècle, on ne sait quasiment rien si ce n’est qu’il était déja très prisé. Au XVIIIe siècle, l’évocation des discussions des autorités diverses pour savoir quoi faire pendant les périodes de guerre ou de troubles comme pendant la Révolution, nous montre clairement que la détermination des Dunkerquois à faire, en toutes circonstances, le carnaval, pèse lourd dans les diverses prises de décisions (J. Denise, Carnaval Dunkerquois, page 18 et 19) Comme à cette période le carnaval en soi n’est pas documenté, a fortiori, nous ne savons presque rien des pratiques et n’avons aucun document graphique ni partition musicale.
C’est au XIXe siècle que nait l’intérêt porté à ce genre de manifestations. La documentation sur le sujet s’enrichit donc énormément. Nous en retiendrons que dans la première moitié du siècle, c’est la vischerbende qui prend le dessus et devient la figure de proue du carnaval.
Dans la deuxième moitié, la langue flamande perdant du terrain, le carnaval change de langue. On assiste donc à la création progressive d’un nouveau répertoire en français.
Au XXe siècle, il y a une interruption pendant la guerre1914-18, puis un redémarrage progressif. En 1927, la bande prend un nouveau visage avec l’adjonction de la fanfare à la traditionnelle clique de fifres et tambours qui, depuis le début, menait la “troupe”. Cette nouveauté fait suite à plusieurs tentatives en ce sens, qui furent diversement appréciées. La “ bande” se passe depuis lors en deux moments dictincts : la marche avec les fifres, le chahut avec les cuivres.
 
Arrêt durant la guerre de 39-45.
En 1946, redémarrage, grâce à un groupe d’inconditionnels qui parcourra, en chantant, les rues de la ville en ruines !
 
Notre Carnaval à Nous
Dans les années 70, dans une période qu’on qualifiera de favorable, (régionalisme, défense des langues et patrimoines locaux), nous nous réapproprions à notre tour, le carnaval. Le carnaval, tel qu’il était dans les années 60, était extrêmement bon-enfant, toutes classes d’âge confondues. Les enfants faisaient la ronde à deux pas de la musique, sans danger !
Le répertoire musical était limité au répertoire ancien, sans nouvelles créations, les musiciens nous jouaient en nouveautés, des airs à la mode, sans paroles dunkerquoises (ex : le P’tit chapeau tyrolien, le Travail c’est la santé, Yellow Submarine, etc.)
 
Il était temps de faire bouger un peu les choses !
En 1974, se créent les Kakestecks, fanfare indépendante, que je m’empresse de rejoindre. Les instrumentistes, pour la plupart novices, qui la composent, n’ont d’autre but que de prolonger la fête, en créant d’abord une après-bande à Dunkerque et une avant-bande à Malo, puis les avant et (ou) après-bandes à Dunkerque, Malo, Rosendael...
Peu de temps après, en 1977, à l’initiative de Jean DENISE, avec Jean Chatroussat, Jean Wispelaere, Serge Blanckaert, et moi même, est effectué un travail de recherche et de collectage pour l’ouvrage Les enfants de Jean Bart, édité par Les Corsaires Dunkerquois.
Dans la foulée, Jean Denise crée sa propre maison d’édition, Westhoek Éditions, pour promouvoir des ouvrages à vocation régionale, et édite en 1979, le disque “Dunkerque en Flandre” avec le Pot-pourri du carnaval dunkerquois par les Kakestecks.
Nous (les Kakestecks) profitons de ce qui a été retrouvé pour élargir les répertoires anciens et par les avant et après-bandes, nous réintroduisons les mélodies et airs divers qui nous plaisent.
Derrière nous se regroupent des carnavaleux fervents qui sont de plus en plus nombreux et qui deviennent les Indépendants (par opposition aux associations philanthropiques et carnavalesques).
Dans les années 80, dans un esprit similaire, mais d’avantage tournés vers les “chapelles”, se créent Les Prouts, qui vont formidablement renouveler le répertoire chanté.
Pour compléter le tout, il faut noter aussi, à partir de ces années, le changement qui s’est opéré au sein même de la fanfare “officielle” où, grâce à des “chefs de bandes”, notamment Christophe Denys à Dunkerque, le répertoire s’est considérablement enrichi. Très à l’écoute de ce qui se passait, soucieux de ne jouer que du répertoire à texte dunkerquois, il a porté de nombreuses créations nouvelles dans le répertoire de la bande. Ce phénomène toucha également et très vite les autres musiques, celle de Saint-Pol-sur-Mer en tout premier lieu.
 
En 1991 – Guerre du Golfe et annulation du Carnaval
La “Bande Annulée.”
La mouvance indépendante (Kakestecks et Indépendants), très vite rejointe par des musiciens “officiels” et des “chefs de bandes”, organise de bout en bout un carnaval non officiel, très bien relayé par La Voix du Nord, et prouve ainsi l’indépendance des Dunkerquois et leur attachement à cette fête. Un précédent est créé ! En 2022, pour cause de Covid, une interdiction préfectorale (suivant celle de 2021) est décrétée. Les carnavaleux encore une fois, outrepassent l’interdit. En ces deux occasions particulières on peut encore parler de réappropriation collective, tout se passant sans le concours des municipalités et même en opposition à leurs décisions !
 
Le Répertoire
En quoi consiste le répertoire chanté ? Comme nous l’avons vu, le répertoire initial était en Flamand. Nous en avons quelques traces dans l’ouvrage d’Edmond De Coussemaker, “Chants populaires des Flamands de France” (1853). On notera la stricte séparation des répertoires : le carnaval et les chansons maritimes. En ce qui concerne les chansons de carnaval, il s’agit de chansons comiques et de genre, une dizaine si on compte en plus de celles qui sont clairement répertoriées, celles notées en 1857 dans un fascicule carnavalesque, (probablement rédigé par Alfred Morel), édité pour une bonne oeuvre et pour remettre en tête des Dunkerquois, quelques chansons en Flamand. Ce répertoire chanté était évidemment joué par les fifres. Seuls l’air du Reuze et celui du Carillon de Dunkerque, sont encore joués. Restaient, il y a quelque temps, quelques bribes d’autres chansons en flamand, mais elles ont disparu ces dernières années. On notera l’inventivité collective: ainsi “kom nie mee na boven” (en Flamand, “viens avec moi là-haut”) devient “comme elle est belle la bande”!
Entre la fin du second empire et la première guerre se crée donc tout un nouveau répertoire en Français, répertoire chanté et joué en période de carnaval (mais pas nécessairement dans la bande elle-même). La fanfare municipale participe aux festivités, (tout comme le carillonneur) mais n’est pas directement en lien avec la bande.
Elle joue un répertoire dit “de carnaval “. Ce nouveau répertoire est constitué de :
- Créations anonymes ou collectives, sur base d’airs militaires ou autres.
- Créations dues à des chansonniers dunkerquois (H. Bertrand, le plus connu, et bien d’autres)
- Airs à la mode dans la France de l’époque (Vincent Scotto et autres).
A partir de 1927, le répertoire se scinde plus clairement avec l’adjonction définitive de la fanfare à la bande elle-même. Il en résulte :
- un répertoire de fifre (qui semble être un peu réduit ), pour la marche.
- un répertoire de cuivre pour le “chahut” ou “Tiens bon d’sus”.
Et parfois un air lent, joué par la fanfare (Donne un zô, Manotje, éventuellement, Elle travaille à la Filature. )
Une bonne partie de ces répertoires existe toujours et constituait l’essentiel de l’héritage qui nous est parvenu après la seconde guerre mondiale.
Depuis les années 80, comme je l’ai déjà mentionné, la tradition de la chanson dunkerquoise est remise à l’honneur en premier lieu par les Prouts. Elle poursuit l’oeuvre des chansonniers, qui avait déjà elle-même trouvé des successeurs : on se souvient de Jean Chatroussat, Jean Wispelaere, Jean Jaecques avec leurs petits carnets de chansons !
Il est important de noter que pour avoir sa place au carnaval, toute chanson se doit (à quelques exceptions près) d’avoir un texte avec un minimum de “parler” dunkerquois.
Le premier auditoire des Prouts fut celui des “chapelles”, puis des cafés. Mais c’est avant tout par le disque qu’ils se font connaître. Et aussi par la scène.
Les disques de carnaval existaient depuis la 2e guerre mondiale, mais il ne s’agissait alors que de disques d’ambiance, où se jouaient des pots pourris, plutôt dans l’esprit des bals, avec chanteurs à la voix d’opérette, n’ayant pas d’accent dunkerquois, et avec un tempo accéléré.
Les Prouts interprètent des chansons de leur cru, sur des musiques souvent originales mais aussi sur des airs connus de leur choix. Leurs sujets prêtent souvent à rire et les paroles sont d'un dunkerquois à toute épreuve, j'entends par là le langage et les tournures ! Certaines de ces chansons sont rentrées dans le répertoire de la bande bien que n’étant pas forcément créées pour cela. D’autres chansons ont aussi été créées par des auteurs anonymes ou clairement identifiés, enrichissant ainsi énormément le répertoire global du carnaval.
 
Thèmes généraux des chansons du carnaval actuel
Bien que la bande soit nommée “des pêcheurs” on ne peut pas dire que la vie de marin ou la pêche soient de fait un sujet central. Dans le vieux répertoire, comme dans l’actuel, les thèmes comiques sont toujours de mise avec bien sûr les railleries sur les femmes, (ou certaines fois des versions inversées), sur le mariage, l’amour, etc. Des figures locales, bien sûr, peuvent être évoquées/célébrées et puis des chansons (comme souvent) sur tout et n’importe quoi 
 
Thème de la pêche à Islande
Bien que le carnaval originel et la pêche à Islande n’aient pas de véritable lien entre eux, la croyance quasi générale est que la fête pour-boire (foye) que faisaient les pêcheurs à Islande avant l’embarquement, est à l’origine de la Bande des pêcheurs. Le répertoire ancien du carnaval est sur ce sujet quasi inexistant sauf : Donne un Zô , Ah! c’ qu’elle est courue, voire Rose la poissonnière. Donc, logiquement, ce sujet est désormais présent de manière allusive ou vraiment traité par quelques chansons (“depuis 3 jours”, ”dans ta tête, tu fais encore la bande”). Il n’en reste pas moins relativement discret.
La bande devient un sujet : avant on se contentait de la chercher, maintenant “à DK on fait la vichersbende […]”
 
On la décrit dans les chansons :
- ”l’avant bande” : le matin avec les Kakestecks
- “tiens bon la bande” : dans la pagaille des rangs
- ”le fatigant”, le cazin qui veut y mettre de l’ordre
- ”le rigaudon final”
- ”l’après bande” : de l’incompréhension de certaines femmes devant le bien-être de leurs hommes partis faire la fête !
S’il fait très très froid en Citadelle, ça donne “quand la pisse elle gèle”
Au carnaval tout est permis… nous donne une idée de ce qu’un masque pourrait faire...
On peut dire que c’est un sujet vraiment nouveau du répertoire.
 
L’émulation est générale. Après le mouvement de réappropriation de la fin des années 70, jusqu’à la fin des années 90 (avec le temps fort du carnaval annulé de 1991 comme nouveau déclic), le nombre des petits groupes de musiciens et chanteurs n’a cessé d’augmenter, les créations de nouvelles chansons de même. Ce mouvement ne semble pas faiblir pour le moment, même si, en ce qui concerne les nouveaux morceaux, rien n’émerge vraiment. Les Prouts restent la référence principale.
 
En conclusion, on peut dire que vraisemblablement, le répertoire global du carnaval n’a jamais été aussi riche qu’aujourd’hui. Et ce, comme je viens de le dire, grâce aux nombreux paroliers, musiciens qui rivalisent d’inventivité, tout en restant dans une grande tradition qu’on qualifiera de dunkerquoise !
En ce qui concerne l’avenir de cette fête, les interrogations sont nombreuses. La municipalité vend le carnaval comme un des grands atouts de la ville, en mettant en avant la grande convivialité qui y règne (et qui est bien réelle d’ailleurs). Il en résulte un grand afflux de touristes qui viennent “consommer” la fête sans en rien connaitre. On note également que les nouveaux habitants de l’agglomération s’y intègrent facilement mais en ignorent généralement les fondamentaux, à savoir les chants, la “tournure d’esprit” et le parler dunkerquois (qui subsiste principalement à cette occasion ).
D’autre part, aucune contrainte n’est imposée aux commerçants, notamment les cafetiers, qui diffusent des musiques d’ambiance (non dunkerquoises) à des puissances sonores qu’aucun groupe musical ne saurait couvrir. Ceci nuit énormément à l’ambiance et au caractère de cette fête. Il ne faudrait pas, comme ça commence à se produire, que le carnaval à Dunkerque même, soit privé des Dunkerquois, qui se réfugient déjà dans les multiples bandes environnantes…
 
Roch Vandromme
Novembre 2023
 
 
aquarelle de René Cotinot (1888-1978), 1927 (extrait)