mise à jour le 23/7/2025 : ajout d'infos sur sa mère
mise à jour le 13/12/2025 : ajout de liens, merci à Jean-Luc Vigneux
Je viens d'apprendre son décès et découvrir en même temps ses attaches avec notre région.
photo Edmond Olek
De son vrai nom Patrick CAÏAZZO, Patrick Denain est né à Mazingarbe (62) le 19 septembre 1950, il est décédé à Tocqueville les Murs (76) le 16 février 2025. Sa famille paternelle est originaire de Marseille, son arrière-arrière-grand-père Louis Caïazzo était un meunier des Abbruzzes. Sa mère, Louisette FARCY, est née à Lens en 1926. Elle est actrice lors de son premier mariage à La Madeleine en 1945 avec le comédien Albert Dinan, le couple divorce fin 1949. La famille maternelle est enracinée dans le Pas-de-Calais, autour d'Hesdin pour une branche et d'Arras pour l'autre. Patrick DENAIN a toujours été très attaché à sa région natale. Il enregistre son premier disque au studio du Bras d'Or à Boulogne sur Mer.
Avec son acolyte Serge Lelièvre, puis avec le groupe Marée de Paradis, il était un habitué du festival les Bordées Dunkerquoises, depuis le premier en 1989 quand c'était le festival de Chansons de Mer et Chants de Marins.
Un article publié en 2008 dans Trad Magazine nous le décrit : Natif du nord de la France, Patrick a toujours vécu dans un environnement artistique. Avec un père chanteur à l'époque des zazous et une mère comédienne au célèbre cabaret l'ABC, il est normal que toute sa vie soit imprégnée de chansons et de rencontres. […] Sa carrière a commencé dès l'âge de 14 ans à la terrasse des restaurants, où il interprétait Jacques Douai, Brassens, Brel… Présent sur les scènes de France et d'ailleurs depuis les années 70, Patrick a toujours cotoyé le dommaine des chansons et musiques traditionnelles, au sein des différents groupes comme Marie Brûlée et aujourd'hui Marée de Paradis […] (Gérard Viel).
J'ai choisi cet extrait de son premier disque : Chansons de marine et de mariniers, sorti en 1981. Le texte est d'André Devinck et la musique de Jacques Yvart : le Cabaret des Minteux.
Patrick Denain vient de disparaître et nous sommes tristes… Puits de science en matière de culture maritime comme en ce qui concerne la chanson réaliste, il est aussi l’interprète hors pair de ces répertoires, capable de nous emmener dans des récits incroyables tout comme d’embarquer un public entier en concert.
Un temps enseignant, il a assez vite pris des chemins buissonniers pour s’adonner à la chanson, à laquelle il a consacré sa vie. Il a une passion en particulier pour les répertoires qui parlent du peuple, celui des ports comme celui des rues, milieux interlopes qui évoluent à l’ombre des tavernes enfumées, des coins de trottoir qu’arpentent gagneuses et mauvais garçons dans des destins fragiles et souvent tragiques, menant des coups de surin au bagne. Autour de ces univers se constitue son oeuvre musicale. D’abord en solo : il chante ses propres compositions (notamment sur son Pas-de-Calais natal) et puise aussi dans les textes de Pierre Mac Orlan cette veine populaire qui lui tient tant à cœur. […]
A la lecture du blog, j’apprends le décès de Patrick Denain en février dernier les informations glanées à son sujet son fort instructives. Pour ma part (sans l’avoir rencontré) je le connaissais pour l’interprétation chantée, que je trouve poignante, d’un poème d’Achille Saletzki (1881-1904) « La mort du galibot »
Il évoque ses débuts de chanteur soliste, après les Bab's :
* Ses rencontres avec Michel Colleu et Bernard Cadoret, animateurs du Chasse-Marée
* Sa rencontre avec le capitaine Auguste Vandesande (1898-1984) à la bibliothèque de Vincennes, dont une partie des entretiens qu'il a eu avec lui, sont publiés sur le disque du groupe de chanteuses Les Pirates
* Son retour à Dunkerque en 1981
* Ses rencontres avec Stan Hugill (1906-1992) et Patrick Denain qui seront invités au premier festival de chants de marins à Dunkerque et la fondation du groupe Blootland
* mais aussi cette découverte chez Fursy Verdoy, armateur à Gravelines, dans une vieille malle, de la chanson Louis Tavernier.
Le nom du capitaine, écrit Van De Zande sur la pochette, est en fait Auguste VANDESANDE. Il est né à Coudekerque-Branche le 18 décembre 1898, et mort à Concarneau le 3 avril 1984. On sait qu'il fut lieutenant pour la compagnie Bordes à bord d'un quatre mats carré (lequel ?). Un rapport signale son action héroïque lors d'une attaque de sous-marin en 1917. ICI
dont une version réduite est visible sur le site l'INA
J'en
ai extrait le poème, Pâques d'eau et de ciel, mis en musique par Jacques Yvart et où j'ai
découvert avec surprise un discret accompagnement d'épinette du Nord.
Certainement joué par André Rouzet car le groupe Marieke en Bart est crédité
au générique, et je reconnais son "style" d'improvisateur.
Jacques Yvart a aussi mis en musique un autre poème d'Emmanuel Looten : Trois bateaux enregistré sur l'album Autour de l'Océan (1987) qu'on peut écouter ICI
Un album auquel ont participé Katrien Delavier et Gérald Ryckeboer
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Emmanuel LOOTEN (1908-1974), poète né et mort à Bergues. Une exposition est en préparation pour 2028 pour son 120e anniversaire voir ICI
- Louis Tavernier (1867-1936) à bord de l'Aiglon en 1906 et capitaine de la Marie-Céline en 1913 et 1914
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projet non retenu de couverture du CD
Vœux fait par le capitaine Barbier et son équipage en mil sept cent soixante quatre
le 17 octobre dessiné par J. P. C. B.
aquarelle sur papier, signée Bommelaer (M.B.A. Dunkerque)
Commentaire prévu : Sur la mer qui déferle un dogre naviguant vent arrière a sa grande voile défoncée en lambeaux sur sa vergue, son hunier serré et son petit foc établi.
A l'aquarelle sur papier, spécialité de quelques peintres régionaux (Bommelaer à Dunkerque, Koerner à Honfleur). Les autres réalisateurs et les donateurs d'ex-voto semblent avoir préféré l'huile sur toile, matériau plus noble et moins périssable.
02 - Kapiteyn Bart
Chorale Her Reuzekoor dirigée par Maryse Collache†
Textes dits par Jacques Yvart
03 - Creule-Co (sur l'air de l'Enfant du cordonnier, musique de Christiné)
paroles de TAULIS*
Hélène Brésilion† : chant
Albert Creton† : piano
Roger Naert† : clarinette
Edmond Reynot† : trompette
Chorale des Restés Jeunes dirigée par Maryse Collache†
04 - Eul' plat'che récalcitrant ou l’arèque (musique Le Couteau de Théodore Botrel)
paroles de Jules Depersin, écrite pour la revue Le Peudre d’Or vers 1905
Albert Creton† : chant
Yves Leynaert : accordéon
05 - Joies et misères d'un peule ou Al travaille à la filature (paroles de Pito et Cie**) écrite pour la Mi-Carême de 1921 à Coudekerque-Branche
Marieke (Maryse Collache) : chant
Albert Creton† : chant
Bart : guitare
Robert Leroy : violon
une version solo de Marieke, non censurée et en public
06 - Pour vivre (texte d’André Devynck, musique Maryse Collache)
Marieke : chant
Bart : violon
Jean-Paul Dozier : violon
Christian Declerck : flûte à bec
07 - Reuzelied van Duynkerke ou Marche des Fifres du Reuze, composée par Adolphe Néerman en 1886 pour le cortège de la Mi-Carême
par les fifres de l’ensemble Les Kakestecks
08 - Longue la route (paroles et musique de Jacques Yvart)
J. Yvart : chant
Accompagnateurs non précisés
09 - Carnaval dunkerquois
Pot pourri d’airs et de chansons du Carnaval de Dunkerque
Arrangements et enchaînements de Roch Vandromme et Yves Autret
Par l’ensemble Les Kakestecks
Premier enregistrement de la courte série produite par Westhoek Éditions.
Enregistré en mai 1979 au théâtre de Dunkerque, le disque est sorti le 15 décembre de la même année.
de gauche à droite Edmond Reynot, Roger Naert, Albert Creton
Maryse Collache et Hélène Brésilion le jour de l'enregistrement au théâtre de Dunkerque
Hélène Brésilion née Haegaert (1903-1987) et Albert Creton (1930-2022)
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Avant d'être un disque ce fut une semaine culturelle, du 18 au 24 avril 1977, organisée "par des Dunkerquois et pour les Dunkerquois" à l'initiative de la chorale Het Reuzekoor, associant la Société Photographique, la chorale Josquin des Prés, le club du 3e âge des Glacis, le Cercle Michel de Swaen et Le Goéland des Flandres. Les artistes participants : le Picheloure Jazz Band, Los Carnavalitos, Pascal Boels, Marieke en Bart, l'atelier de danses folks de la MJC de Rosendael et le final au théâtre avec les Kakestecks.
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* TAULIS : C'est Jean Denise qui mentionne dans son livre "Les enfants de Jean Bart" ce pseudonyme, mais n'en dit pas plus sur cet auteur mystérieux. J'ai récemment pu le démasquer. Tony Eugène Defaux n'a pas 20 ans quand il compose cette chanson. Il la chante à la fête des Sauveteurs, salle des sapeurs-pompiers, rue du Fort Louis en octobre 1925, son titre d'origine est Mon petit Creule-Co. Taulis est alors membre de la société La Dillettante, qui organise régulièrement des concerts pour ses membres et amis. Le Nord Maritime nous donne sa première prestation le 8 novembre 1924, en compagnie de MM. Brown, Vandezande, Goudela, etc. dans les salons du Café de l'Opéra, place du Théâtre. Il se produit avec les mêmes artistes à la fin du mois dans la salle de l'Avenir au Concert de St Eloi. L'année suivante un entrefilet du même journal nous apprend que Taulis, domicilié à Petite Synthe, 119 route de Fort-Mardyck, a recueilli 63,50 francs, produit de la vente de chansons au concert des Peseurs. Somme qu'il remet au journal et destinée à l'œuvre de l'arbre de Noël des hospices. Il recommence quelques jours plus tard, en précisant que les chansons sont de sa composition. Taulis chante régulièrement pour des œuvres de bienfaisance, ainsi que tous les artistes amateurs à cette époque d'après guerre. En 1926, à la fête de bienfaisance de St Pol sur Mer, les artistes qui se produisent sont accompagnés au piano par M. Charles Valentin, maire de Dunkerque, dont un jeune qui promet beaucoup, Taulis, qui se tailla un succès dans ses inénarrables chansons locales.
En mars 1927, Taulis fait alors son service militaire, et le Nord Maritime publie sa chanson Creule Co, en précisant sur l'air de Le Fils de Gniaf, composée par un jeune premier comique au 110e. [Le texte a été censuré juste avant l'impression, on a gratté les mots l'Impeccable et Goujon
dans le dernier couplet, le commerçant dunkerquois aurait pu ne pas
apprécier]. A la fin de cette année il participe, sous son patronyme
officiel, au concert de Sainte Cécile de La Jeune France et sa dernière
prestation est mentionnée en février 1928 pour la soirée bachique du
Cercle de La Jeune France où il se produit en duo avec M. Lemagnent.
Ensuite, plus de mention de cet artiste prometteur : que s'est-il passé ?
Le décès de son père en mai 1928 en est probablement la cause.
Tony
Eugène DEFAUX est né à Dunkerque le 5 juin 1906, 6 rue de Bourgogne.
Fils de Tony Ernest, employé de commerce et Eugénie Derreveau, nés à
Lille. A son décès le père est fondé de pouvoir de la fabrique de
chicorée Joseph Carlier. Tony fils se marie en 1929 avec Jeanne Rosselle
originaire de Mazingarbe, il ouvre un commerce de charcuterie à Petite
Synthe, au 125 route de Fort-Mardyck. Le couple a une fille, Josiane,
née à Dunkerque en 1931, décédée dans l'Indre et Loire en 2018. Taulis
est mort à Montpellier en 1990, ainsi que son épouse en 1997.
**Pito et Cie : d'après la notice sur le disque, sans doute rédigée par Jean Denise, ses auteurs seraient David et Pierre BRENNE [sic]. La découverte récente d'une carte postale photo représentant Les frères BREYNE, duettistes comiques, signée au verso David et Pierre BREYNE, permet de mieux situer ces artistes amateurs du début du XXe siècle. Ils sont tous les deux nés route de Bergues à Coudekerque-Branche, respectivement en 1885 et 1887, leurs parents sont ouvrier et ouvrière de filature. Le père est né à Wulveringhem et la mère à Petite-Synthe. Après 1918 ils ont vécu quelques années à Saint-Pol-sur-Mer, David meurt à l'hôpital de Roubaix en 1927, Pierre est mort en 1949. La fille de Pierre, Angèle née 1918, épouse Jacques COUROUBLE en 1939, elle est morte en 2002 à Grande-Synthe. Ils ont donné leur scène comique Zouave et conscrit (photo ci-dessous) au gala de l'Union Lyrique à la cité des jardins des cheminots de St Pol sur Mer en octobre 1924.
Collection personnelle
extrait de : Les Enfants de Jean Bart, par Jean Denise
Le dossier de presse annonce plus de 1.500 bateaux, 12.000 marins de 20 pays. 8 jours de fêtes à Brest du 11 au 14 juillet, puis à Douarnenez du 15 au 18 juillet, avec près de 1.500 musiciens. Blootland ne pouvait pas rater cet évènement. On y était, avec d'autres Dunkerquois.
Laurent Claeys et André Rouzet
à Douarnemez
Avant cela un concert de rodage est organisé à Godewaersvelde, le 12 juillet. Il a été filmé en vidéo par Max Deswarte, habitué de l'estaminet Het Blauwershof. J'ai retrouvé la cassette VHS il y a quelques années, je l'avais donnée à Archipop pour une numérisation et conservation, 5 ans plus tard… c'est fait. Voici un extrait de quelques minutes, la vidéo originale fait 1h 17mn.