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mercredi 14 janvier 2026

Jean-Jacques Révillion - Elève toi donc belle

mise en ligne le 15/5/2016
mise à jour le 14/1/2026 : ajout des notices des chansons
 
« Elève toi donc Belle », Chants traditionnels du Nord de la France. 
Jean-Jacques Révillion †, Mabidon et autres compagnons



Ce CD autoproduit à 1000 exemplaires il y a plus de 10 ans (2005) étant désormais épuisé, j’ai proposé à Christian Declerck de le publier sur le blog Mémoire du folk en Nord Pas de Calais. Je n’envisage pas en effet de réédition, et on peut considérer qu’il fait désormais partie de l’histoire de la musique traditionnelle régionale.
Chanter a toujours été pour moi un plaisir et une pratique qui faisait partie de mon quotidien. Enfant, j’ai le souvenir des réunions de familles, mariages, banquets où à la fin du repas, un ancien se levait et entonnait « sa » chanson. Devenu louveteau, le chant faisait partie de la vie en camp, lors des randonnées ou veillées. Adolescent, quand j’ai commencé à jouer de la guitare avec les copains, j’ai chanté Brassens, Hugues Aufray, les yéyés, Graeme Alwright. Puis j’ai découvert le folksong, la guitare américaine.

Christophe à gauche
Au lycée, j’ai fait la rencontre de Christophe Declercq, qui passait ses vacances en Bretagne et m’a fait découvrir le folk français naissant, avec Alan Stivell et le folk-club parisien Le Bourdon.
En 1973, notre bac en poche, on a commencé à fréquenter les folk clubs qui démarraient sur Lille : Les Arts et Métiers, la MJC Marx Dormoy. On y a rencontré Michel Lebreton, Philippe Margat, avec qui on a fondé un groupe qui allait devenir MABIDON (1974).
C’est avec eux que j’ai commencé à chanter les chansons de la région, avec le « Canteloube », accessible dans toutes les bonnes bibliothèques, et qui mettait à notre disposition un répertoire du Nord Pas-de-Calais Picardie dans son anthologie des chansons populaires de France (où il omettait systématiquement de citer ses sources, pouvant laisser croire qu’il en était lui même le collecteur)
C’est à cette époque que des chansons comme Voici la Saint Jean ou La belle est en jardin d’amour ont intégré mon répertoire. Par la suite, l’orientation prise par MABIDON vers la pratique exclusive du bal folk, le manque de demande du public pour du concert, des problèmes de voix aussi, tout cela a abouti à une mise en sommeil de mes prestations de chanteur, à part quelques chansons à danser interprétées en bal.

avec le groupe Mabidon
En 1996, j’ai participé à l’aventure des Musiciens routiniers du Nord Pas de Calais, qui a regroupé, sous la houlette de Philippe Cheval et Patrice Heuguebart une quinzaine de musiciens pour un concert centré sur la musique régionale. J’y étais sollicité en tant que violoneux et chanteur, et j’y ai retrouvé le plaisir de chanter en public. La Bière, Le petit ramoneur viennent de cette expérience  qui a donné lieu à 3 ou 4 concerts, mais dont malheureusement il ne reste aucune trace enregistrée. [il reste celle d'avril 1999, ICI]
Mais ça m’a donné l’envie de continuer à travailler un répertoire de chants de nos régions septentrionales à partir des collectages réalisés du XIXe siècle à nos jours. Alexandre Desrousseaux, Durieux et Bruyelle sont devenus des livres de chevet, ainsi que les collectes de l’association Marie Grauette, du Boulonnais Michel Lefèvre, mes collectes personnelles, tout cela constitue un fonds important que quasi personne n’interprète.

avec Patrice Heuguebart
En 2000 et 2001 j’ai été invité par Bernard Boulanger pour présenter ce travail à la Fête de la Piposa, cette association de Sailly sur la Lys bien connue des amateurs de musique traditionnelle. A la descente de scène, on m’a dit « tu devrais en faire un disque », l’idée a fait son chemin, j’ai commencé à travailler à ce projet avec l’aide, pour les arrangements, de Stéphane Couturier et Julien Biget, j’ai sollicité mes potes musiciens de Mabidon, bien sûr, ainsi que Patrice Heuguebart. On a travaillé artisanalement, en prenant du temps, l’enregistrement s’est fait « à la maison » grâce au studio mobile et à la patience de Mike Varlet. La première séance d’enregistrement a eu lieu le 4 janvier 2003, la dernière le 5 juillet 2004, juste avant que MABIDON ne fête ses 30 ans d’existence à l’estaminet des Damoiselles.
Le concert pour la  sortie du CD « élève toi donc belle » a eu lieu le 1er avril 2005 lors de la fête de la Piposa.



Ont participé à la réalisation de cet enregistrement :
- Jean-Jacques Révillion† (chant, violon, cistre, bouzouki, guimbarde)
- Julien Biget (guitare, bouzouki, arrangements)
- Philippe Cheval† (cornemuse)
- Stéphane Couturier (guitares, arrangements)
- Christophe Declercq† (violon)
- Didier Demarcq† (accordéons diatoniques)
- Charles Duytschaever (batterie)
- Patrice Heuguebart (accordéon chromatique)
- Benoit Laloyaux (conception graphique pochette et livret)
- Marc Lequenne† (aquarelle de couverture)
- Mike Varlet (prise de son et mixage)
- « Foon mastering center » (mastering)


Le 10 mai 2016
Jean-Jacques Révillion †

****

01 - La bière (Alexandre Desrousseaux)
- J.-J. Révillion : chant
- Patrice Heuguebart : accordéon chromatique
- Stéphane Couturier : guitare
- Charles Duytschaever : batterie
 Auteur de « l’canchon dormoire » (alias Le petit quinquin) devenu l’hymne régional des gens de ch’nord, Alexandre Desrousseau (1812-1892) était de son vivant une immense vedette en tant que chansonnier. Il a composé et écrit de nombreuses chansons où il traitait de la vie quotidienne des petites gens et des ouvriers Lillois, milieu dont il était issu. Il a écrit les paroles de cette chanson sur un air connu à l’époque (« Allons trotte, trotte Javotte ») comme cela se faisait fréquemment dans ce temps là . Son œuvre a été publiée en cinq volumes sous le titre « chansons et pasquilles lilloises » et a fait l’objet de multiples rééditions, témoignant de la popularité du personnage à une époque où les mass médias n’existaient pas. Cette chanson est un hymne à la gloire de la boisson préférée des chtimis, le jus d’houblon. Le rythme de marche originel un peu martial a été transformé en valse ma foi fort agréable à danser. 

02 - Un jour à la promenade (trad.)
- Julien Biget : bouzouki
- Stéphane Couturier : guitare
- JJ Révillion : chant 
Desrousseaux, homme du peuple, a aussi recueilli les chansons traditionnelles de la région de Lille. Il a publié ses recherches dans l’ouvrage « Mœurs populaires de la Flandre française » en 1889. Il y décrit une terre du Nord riche de traditions, avant l’ère industrielle et les deux conflits mondiaux du XXe  siècle qui ont tant remodelé notre région. Voici ce qu’il dit à propos de cette chanson : « cette ronde, qui est à peu près oubliée aujourd’hui, était très populaire à Lille au temps où l’industrie de la dentelle y était florissante. Il y a une quarantaine d’années, des filles et des garçons la chantaient tous les soirs, au printemps et en été, dans nos rues. »
 
03 - Le galion d'Espagne / En attendant mieux (trad./JJR)
- JJ Révillion : violon, chant.
- Julien Biget : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Cette chanson de corsaire provient d’un cahier de chant manuscrit daté de 1788, originaire de St Omer, et déposé à la bibliothèque de Boulogne-sur-Mer. C’est Michel Lefèvre, infatigable collecteur de chansons maritimes du Boulonnais, qui a retrouvé ce document. La mazurka qui suit a été composée pendant ma période de conscription, d’où le titre.

04 - Le petit ramoneur (trad.)
- JJ Révillion : chant.
- Patrice Heuguebart : accordéon chromatique. 
Collectée à Zérables (62) en 1983 par Gaby Delassus et Patrick Delaval auprès de Basile Lignier, cette chanson témoigne de l’activité de collectage déployée dans la région dans les années 1980. À notre surprise, nous avions alors découvert que la tradition orale, du moins dans le domaine de la chanson, ne s’était pas arrêtée au début du XXe siècle. Ces recherches ont fait l’objet d’une diffusion par l’association « Traces » dans une cassette et un livret publiés en 1986, et depuis longtemps épuisés. Cette chanson se rattache à la tradition des textes à double sens érotique.

05 - Elève toi donc belle (trad.)
- JJ Révillion : bouzouki, chant.
- Stéphane Couturier : guitare. 
Recueillie en Artois, elle a été publiée en 1868 par Achille Durieux (1826-1893), archéologue des beaux-arts, dans le second volume des « Chants et chansons populaires du Cambrésis ». Le premier volume était paru en 1864, et co-signé avec Adolphe Bruyelle (1811-1875), chercheur érudit demeurant lui aussi à Cambrai.
Suivant l’air du temps et la circulaire Fourtoul, de nombreux érudits se sont lancés en France, au XIXe, dans la collecte des chansons traditionnelles. Ils s’intéressaient surtout à l’aspect littéraire et musical. La fonction sociale de ce répertoire a été le plus souvent négligée, les informateurs sont rarement cités et les danses jamais notées. De vagues indications (rondes dansées, danse en rond…) sont parfois données, insuffisantes pour reconstituer le type de danse pratiqué. Ici Durieux parle d’une ronde, il s’agit donc bien d’une chanson à danser, comme en témoignent les paroles à répondre et le caractère de la mélodie.

06 - L'assassinat (Georges Brassens)
- JJ Révillion : cistre, chant.
- Julien Biget : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
On la croirait traditionnelle, cette complainte, colportée de ville en ville par les chanteurs de rue, pour émouvoir les foules, avec ses paroles édifiantes et sa fin morale. Mais c’est du Brassens pur jus, dont on reconnaît le coup de griffe final à la bien-pensance : « certains dévots depuis ce temps sont un peu mécontents. » Voici ce qu’en disait René Fallet, l’ami fidèle de Georges : « L’assassinat pourrait être daté de 1848 ou 1865. Georges Brassens a repris là un genre abandonné, celui de la complainte, ces complaintes que chantaient les colporteurs en désignant d’une baguette une série d’images plus ou moins d’Épinal illustrant leurs couplets. ». C’est ni plus ni moins que la description de Brûle-Maison, fameux chansonnier Lillois du XVIIIe siècle.

07 - Gambrinus (J.-J. R.)
- JJ Révillion : violon.
- Julien Biget : mélodéon.
- Christophe Declercq : violon. 
Du plus loin qu’il me souvienne, je nous revois, avec Christophe, en train de jouer ce morceau qui est sans doute la toute première mélodie qui me soit venue au bout de l’archet. Gambrinus est, selon la légende qui court dans nos contrées, un roi des temps anciens, inventeur de la boisson préférée des Chtis : la bière. Ce titre est aussi une référence aux Géants de nos villes de Flandres, autre emblème de notre région. Les villes d’Armentières (59) et de Béthune (62) ont choisi Gambrinus comme géant. Il est souvent représenté comme un barbu débonnaire, la chope à la main, chevauchant un tonneau de bière.

08 - Jésus s'habille en pauvre (trad.)
- JJ Révillion : violon, chant.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Chanson traditionnelle publiée par Joseph Canteloube dans son « anthologie des chants populaires français » à la rubrique « Picardie ». Canteloube (1879-1956), compositeur français ayant transcrit et « harmonisé » un grand nombre de chansons traditionnelles, prospecté en centre France, mais pas, à ma connaissance, dans les régions du Nord. Les chants de la région publiés dans son anthologie sont des repiquages de collectages plus anciens (cf le n°9). J’ignore à qui il a emprunté ce chant qui s’apparente aux chants de quête. 


09 - Voici la saint Jean (trad.)
- JJ Révillion : violon, chant.
- Julien Biget : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Publiée également par J. Canteloube, (mais empruntée, sans citer sa source, à Achille Durieux 1868) ce chant à danser du Cambrésis est la première chanson traditionnelle locale que j’aie apprise (si on excepte Le petit quinquin et la berceuse du n°11!), quand j’ai attrapé le virus de la musique traditionnelle vers 1973. Le « Canteloube » était en effet facilement accessible, on le trouvait dans toutes les bibliothèques des collèges et lycées de France. J’allais par la suite découvrir de Coussemaeker, Desrousseaux, Durieux et Bruyelle, etc. ainsi que les joies du collectage. L’arrangement originel à 2 violons (toujours avec Christophe) a été renouvelé par l’adjonction de Julien à la guitare et de Didier au diatonique pour une nouvelle version qui me plait décidément beaucoup.

10 - La belle est en jardin d'amour (trad.)
- JJ Révillion : chant. 
Toujours extrait de l’anthologie de Canteloube, une version picarde d’un thème très répandu dans toutes les régions francophones. J’en ai déjà entendu une version très proche collectée au Québec dans les années 1970. Je n’ai pas résisté à l’envie de la chanter a capella, ce qui était traditionnellement la manière la plus fréquente d’interpréter ce répertoire.

11 - Berceuse / Alfred le chien (trad/JJR)
- JJ Révillion : chant, violon.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Cette berceuse est la première chanson traditionnelle que j’aie jamais apprise. Je la tiens de tradition orale familiale, puisque c’est Marcel Balland, mon grand-père maternel qui me la chantait pour m’endormir, lorsque j’étais enfant. 
La scottische qui suit porte le nom du chien qui a suivi fidèlement Mabidon à ses débuts : il s’installait sous ma chaise à chacune de nos prestations, attendant sagement que son maître ait fini pour repartir avec lui. C’était un mélomane, il ne hurlait pas au loup quand je jouais du violon.

12 - Mon père m'envoie t'à l'herbe (trad.)
- JJ Révillion : chant, cistre.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Originaire de l’Artois et du Cambrésis, cette chanson a été publiée par A. Durieux en 1868. L’arrangement permet d’entendre sonner un instrument qui a été très répandu dans les régions du Nord au XVIe puis au XVIIIe siècle : il s’agit du cistre français, qu’on entend également sur « L’assassinat », au n°6. Cet instrument est de la même famille que la cetera corse, la guitare de fado et l’English guitar.

13 - Les trois demoiselles / La mandoline (trad./trad.)
- JJ Révillion : chant, violon.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
J’ai collecté cette chanson en 1978, à Verchocq (62) auprès de Léopoldine Hochart. Dotée d’une belle voix et d’une excellente mémoire, elle possédait un vaste répertoire de chansons réalistes et populaires de la fin XIXe début XXe qu’elle avait apprises de ses oncles et de sa grand-mère, ou sur « feuilles volantes » (ces petits formats qui servaient à la diffusion des tubes avant le développement des mass médias). Ce n’est qu’après avoir épuisé ses strates de souvenirs plus récents que sont remontées à la surface quelques chansons issues du fonds traditionnel, dont cette version des 3 jeunes filles aux souliers usés. Elle a été publiée dans la cassette de collectage de l’association « Traces », tout comme la scottische qui suit, collectée par Rémy Dubois auprès d’un des derniers violoneux de tradition wallons, Henri Schmitz. C’est un souvenir des échanges fructueux que nous avons eus avec nos amis belges, dans les années 75-80, époque où nous avons découvert un répertoire de violon traditionnel proche de chez nous, violoneux du Nord. Dans notre région, la pratique du violon traditionnel semble s’être arrêtée bien plus tôt dans le temps d’après les rares témoignages retrouvés (avant 14-18).
 
14 - La belle aperçoit une barque (trad.)
- JJ Révillion : chant.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
L’historien et folkloriste boulonnais Ernest Deseille a recueilli ce chant de marin et l’a transcrit dans un manuscrit intitulé « les gaités boulonnaises » rédigé vers 1880. La mélodie a été reprise du recueil de chant du Petit Journal paru en 1866. Le thème de cette chanson est très répandu dans toutes les régions francophones. Il constitue une allusion métaphorique de la conquête amoureuse. À la même époque coexistait un répertoire beaucoup plus explicite : il s’agit de cet immense répertoire de chansons paillardes que les folkloristes du XIXe siècle ont systématiquement censuré, mais auquel ils font régulièrement allusion dans leurs préfaces comme en témoigne cet extrait de Desrousseaux : « Nous avons gardé en portefeuille des chansons, des rondes, et des couplets très populaires chez nous (…) dont certains passages auraient dû être supprimés ».

15 - Le chemin d'Emblise / La rue de l'égalité (JJR/JJR)
- JJ Révillion : violon.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique. 
Un air en 6/8 pour faire danser les gens. Après différents essais en bal, nous avons trouvé que c’était le rondeau gascon qui convenait le mieux. J’espère que les gascons ne nous en voudront pas trop d’avoir importé en Septentrion une de leurs danses préférées. Mais la pratique du bal folk (qui fait fureur dans la région depuis des années !) réserve parfois des surprises : certains danseurs peu avertis sont en effet persuadés que « la » bourrée, et la Cochinchine sont des danses typiquement flamandes.

16 - Le voyage à Maurice (trad.)
- JJ Révillion : chant, bouzouki.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
C’est la seule chanson qui ne soit pas issue des régions Flandres-Artois-Hainaut-Cambrésis-Picardie. Elle a en effet été collectée en Normandie, à Granville en 1980, auprès d’un Terre-Neuvas et Cap-Hornier de Granville, le capitaine Marcel Touquerant. Le Chasse-Marée l’a publiée en CD dans le volume 14 de son Anthologie des chansons de mer. C’est là qu’elle m’est tombée dans l’oreille et que je l’ai adoptée. 

17 - Tiens tiens tiens voilà Jean qui vient (trad.)
- JJ Révillion : guimbarde.
Celle-là, je la dédie tout particulièrement à Roland et Marcelle Delassus, ainsi qu’à Marie Grauette, qui ont réalisé un gros travail de collectage en Artois dans les années 70-80. Cette chanson faisait partie du répertoire de mamie Ginette, la grand-mère de Roland. On peut la danser en polka.



Télécharger  350 téléchargements au 22/7/2026


lundi 29 décembre 2025

Didier Demarcq est décédé

publié le 19/12/2025
mise à jour le 29/12/2025 : ajout de photos, article VdN et programme Wazemmes l'Accordéon
 

J'ai relevé ce bel hommage sur FB, par Etienne Boulanger : 

Ça a toujours été la plus belle pour moi.
Je me souviens de cette affiche sur le tableau d'affichage au lycée à Paul Hazard, avec le grand Didier Demarcq dessus,  "l'Argentin de Wazemmes" pour la petite histoire... prêt à enflammer le Relax !
Didier c'était une légende pour moi, la classe et un son unique au diato avec Mabidon, et pas peu fier qu'il soit un copain de mon Papa, avec les Routiniers et cette belle bande. Didier c'était l'un des grands qu'on croisait à la fête de la Piposa, à la fête à Smitlap et toutes ces fêtes et grands messes folk où j'ai grandi à faire des bêtises et courir derrière des bouchons, avant de me passionner de folk de cornemuse et d'accordéon... mais qui n'oubliait jamais de faire la bise aux petits et de leur faire une petite blague.
Didier c'était un super prof d'accordéon, c'est ma Maman qui en parlait souvent, des moments qu'ils était venu passer pour partager sa passion à la Piposa, et j'aurais bien aimé apprendre avec lui, même si je n'ai pas pu, il donnait des cours à Cric Crac il parait... et jamais je n'aurai cru animer un jour cet atelier qu'il a créé...
Non content de faire swinguer les mazurkas et les scottishes et de "commettre" de magnifiques compositions, on disait qu'il était apiculteur, ou prof de physique ? et qu'il jouait dans les cafés à Lille, à Wazemmes, avec du jazz, du musette... au diato ! mais personne fait ça ! On avait même la chance de croiser la route de la Bande à Paulo avec Galimède ou Vivement Demain à la Piposa, aux Damoiselles, chez Cheval ou dans d'autres fêtes de la famille du folk !
Aussi quand j'ai fini par avoir de vraies discussions avec ce 'grand', je me souviens lors d'un bal à Sainte Marie Cappel, j'étais bien surpris de voir que Didier suivait mon parcours, même qu'il disait du bien de nous avec les Pantouflards ! Je me souviens de sa réaction quand j'ai décidé de raccorder mon 3 rangs avec un vibrato de la mort... pas étonnant qu'il fut le premier à m'encourager dans ma passion du musette ( dont il n’était pas pour rien c'est le moins qu'on puisse dire ) et à me donner ces noms Vacher, Murena, Colombo, Privat, Desaunay comme autant de sésames qui allaient m'accompagner des années durant jusqu'à creuser mon parcours et mon identité musicales.
Quelques années après en reprenant la discussion lors d'une fête Folkamusette à Merville, Didier m'invite à faire un essai avec la Bande à Paulo, avec les vedettes, avec mes idoles !
Ayant eu la chance de trouver un CD live de Vivement de Demain récupéré sous le manteau, Les classiques forcément je les connais déjà par cœur, et cette belle bande avec le Gérard Buisine si impressionnant m'accueille à bras ouvert. Cette belle famille du swing musette Lillois s'ouvre moi et verra mes premiers solos, la naissance de ce projet un peu fou du Beau Milo entre autres, toujours dans la bienveillance.
On partage la place de l'accordéon avec Didier, un joyeux bordel que la collision de nos triolets et tremolos, et nous avons autant de plaisir à parler d'accordéon autour d'une mousse et échanger sur ce bien vaste sujet. C’était le début d'une belle amitié et je suis très fier d'avoir pu passer autant de temps avec Didier, la musique bien sûr mais aussi les blagues, les fous rires, et les moments conviviaux et fêtes familiales.
Alors si quelques années plus tard je me suis retrouvé aussi en haut de l'affiche, si j'ai moi aussi suivi la route des cafés concerts, si j'ai pu devenir prof d'accordéon, accordéoniste de bals et de bistrots, et trouver ma voie pour quitter ce rôle de jeune homme timide et effacé, c'est pour beaucoup grâce à Didier et à sa générosité.
Merci pour tout mon ami je me sens bien triste et bête de ne pas avoir pu te dire tout ça. J'ai même eu la chance d'avoir un duo à la cabrette avec toi : "Osso Bucco", musiques auvergnate (ça ne s'invente pas !) alors j'avais donné ce nom aussi à une de mes javas que sans trop savoir pourquoi je n'ai jamais su jouer sans penser à toi, comme si je l'avais composée pour toi et pourtant je ne suis pas sûr de te l'avoir jouée.
Bon voyage Didier on n'oubliera pas tous ces bons moments, tous tes bons mots, ton humour et ton sens du partage qui illuminait tout ce que tu faisais et tous ceux que tu rencontrais, comme tous les bons souvenirs illuminent nos cœurs. J'entends déjà le bœuf là haut avec tes copains de Mabidon qui t'ont tant manqués, comme tu nous manques déjà tellement.
Tout mon soutien et mon amitié à Cécile, Marius, Théo, Simon, Véro, toute la famille Demarcq.
 
la Voix du Nord 24/12/25
 
******
Un album référencé avec deux de ses compositions ICI 
 
Mabidon 1988

 

MJC de Rosendael 1992

MJC de Rosendael 1992

 voir aussi Petites histoires d'accordéon... diatonique by Laurence Deydier

 


 Octobre, valse de Didier

quelques photos glanées sur FB

 
avec Serge Desaunay


et un extrait du programme de Wazemmes l'Accordéon de 2008, et la 1ère sortie du géant Cordéoneux auquel participait l'atelier dirigé par Didier, merci Agnès
 
Oui, triste nouvelle. 
Didier était un passeur, débordant d'énergie et de conviction pour partager et transmettre  son amour de la musique et du diatonique.
Formateur à Cric-Crac, il avait également mis en place, parallèlement, un cours de diatonique pour adultes dans le cadre de Wazemmes l'accordéon. L'association organisatrice du festival était alors présidée par Denis Cacheux, un autre passeur. C'était en 2004. 
Avec des hauts et des bas, le cours a regroupé plusieurs dizaines d'élèves, réunis tous les 15 jours. Didier avait à cœur de favoriser les rencontres, les découvertes, et les occasions de faire jouer les apprenti(e)s-accordéonistes que nous étions. 
Toujours encourageant, il nous a fait rencontrer les "grands" de Cric-Crac ("ceusses à Didier"), organisait notre participation au festival de Wazemmes Accordéon, l'animation aux terrasses des cafés du quartier, la présence musicale au carnaval...
Bon vivant, enthousiaste, Didier appréciait et défendait les temps de convivialité des ateliers. Pot de nouvelle année au Centre social de la Busette à Lille où nous avions trouvé refuge, et surtout "déplacement de fin d'année" en juin, dans le Ternois, où nous étions accueillis dans le jardin de Marie-Ange et d'Emile, le doyen des élèves-accordéonistes, pour partager musique et barbecue...
Pour tous ces souvenirs humains et musicaux, MERCI Didier !
Agnès de Coérémieu
 
 
Agnès et Didier devant le géant (2007)

 

 

mercredi 9 octobre 2024

Mabidon : 40 ans !

mise en ligne le 4/11/2014
mise à jour le 21/9/2016 : ajout de photos 1976 et 1980
mise à jour le 9/10/2024 : ajout d'une photo 1988


C'est chez Fabien Dubarre, à l'estaminet des Damoiselles(notre Olympia à nous...) que nous avons souhaité fêter les 40 années d'activité du groupe.

Venez donc nous rejoindre le dimanche 23 Novembre,

avec MABIDON en duo, MABIDON avec les anciens qui voudront bien nous rejoindre, et puis les groupes amis (quoique plus jeunes...) que sont SMITLAP et SHILLELAGH.

Cette manifestation s'inscrit dans le cadre du Folk Club des Damoiselles, selon la formule habituelle des ''Pas de Saisons''.

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La p'tit' histoire de Mabidon


Mabidon en 1974
collection JJ Révillion


En 1973, bidouillant déjà de la guitare comme tout le monde, Christophe Declercq et Jean Jacques Revillion se mettent au folk (comme on disait à l'époque), fallait bien retrouver nos racines dans ce monde en pleine mutation idéologique. Au folk club des Arts et Métiers, ils font la connaissance de Michel Lebreton, Philippe Margat et Michel Desprez. Ca y est, la « Mandragore » est née,… non, ils vont plutôt s’appeler Mabidon, ça fait bien folk aussi. 
Et les voilà en concert aux Arts et Métiers, avec la Grande Folque, un groupe de Valenciennes, en première partie de Gabriel Yacoub qui venait de sortir l'album Pierre de Grenoble... L’aventure continue au folk club de la MJC Marx Dormoy où, tous les mercredis, c’est la découverte des meilleurs groupes de l’époque. Là, les rencontres se multiplient, les hootenannies vibrent de tous les instruments et les danseurs virvoltent. Rencontre de Jean Marie Befve et Kéké St Pol lors d'un concert avec Alfred Den Ouden au café Le Saint Sébastien de Stenvoorde, puis celle de Didier Demarcq avec Galimède lors de la Fête à la brocante du Vieux Lille, et celle de Jean Pierre Goudrand avec sa cornemuse écossais et d’autres encore.
Après une mémorable virée dans les Cévennes durant l'été 1974, une première formule se stabilise à cinq, dans une version présentant des concerts, celle qu'on retrouve sur la première affiche du groupe. Fin 1976, suite à un stage en Belgique, le groupe ressent une impérieuse envie de réapprendre et de diffuser les danses liées à cette musique traditionnelle. 
Mabidon programme alors un rendez vous mensuel, « la Maison de danse », à la MJC de Fives, ateliers de danses avec Michèle Coupez et Marie Aude Pradeau et ateliers d'instruments. Chacun ramène les nouveaux doigtés et nouvelles techniques de jeu ou encore les nouvelles danses apprises dans les stages. Ces rencontres dureront une dizaine d’années toujours dans la convivialité, la bonne humeur et l’échange. C'est à cette époque, toujours en 76, que le groupe s'ouvre et accueille tous les copains intéressés par le projet "bal folk" : Philippe Cheval, Didier Demarcq, Jean Daniel Escande, Bébert Riff, Fabienne Kotlarczik, Dominique Binault, Marie Pascale Révillion, etc, dans une formule "à géométrie variable" d'une douzaine de membres. Cette formule tourne dans la région : ateliers danse et instrument l’après midi, concert et bals au soir. Rentrée vers 4/5h du mat' après une plâtrée de pâtes !


Jean-Louis, Michel, Christian, Jean-Jacques, Philippe et Christophe


Jean-Jacques et Michel

fête privée, MJC Rosendael 31/1/1976
Photos Jean-Marie Dewitte dit Félix ou Benoit Lemiègre, collection Christian Declerck

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à la Maison de Danses de Fives en 1980
photos Christian Declerck

Il y aura des départs au fur et à mesure des années, puis l'arrivée en 1983 de Jacques Le Gorrec [ex vielleux de Katepouch] qui amène sa vielle à roue, son jeu percutant et sa virtuosité. D’emblée il oriente le groupe vers le répertoire Berry/Bourbonnais. Le groupe reprend alors un coup de jeunesse avec un nouveau son, un tempo rocky et une cadence d’enfer. Un passage de quelques années dans le groupe qui a bien marqué le monde trad. Il est remplacé quelques temps par Lucette Spinoit, une amie belge, après son départ.
 
"récital" à Loon-Plage, avril 1988 (VdN)

En 1987, le groupe se stabilise à nouveau à cinq en accueillant Stéphane Couturier à la guitare. C'est la formule qui aura la plus grande longévité, avec Christophe au violon, Philippe aux cornemuses, Didier aux diatos, Jean Jacques au cistre, au violon et au chant. Avec Stéphane, l’harmonie et la précision sont maintenant de rigueur. Le groupe acquière une musicalité avec un son plus posé. On l’écoute aussi bien qu’on danse. Puis Philippe et Stéphane décident d'arrêter le groupe en 2004. On accueille durant une année Florentin Desaunay (flûtes, clarinette) avant qu'il ne quitte la région. 
Le groupe continue tant bien que mal à jouer à trois. Christophe nous quitte en 2012 empêché par la maladie. Depuis, le duo Didier (le tire/pousse) et Jean Jacques (la gratouille) continue l’aventure MABIDON.



1974-2014 : 40 ans. Quel chemin parcouru, et quel beau résultat, avec tous les copains musiciens de la région. Des années durant lesquelles le groupe aura contribué à la diffusion et à la renaissance d'un mouvement autour des musiques traditionnelles dans la région Nord Pas de Calais, par les recherches entreprises, par la participation de ses membres à de multiples groupes régionaux (Quatuor Fanfare, Klauwaerts, Mouchafou, Envoyez les violons, Chti Bayou, 3 pieds 6 pouces, Cric Crac Cie, etc.) par la transmission auprès des élèves de la Piposa, de Cric Crac Cie, et d'ailleurs, par des enregistrements de vinyls de cassettes et de CD, par l'animation de multiples bals folks et la rencontre d'un public qui traverse les générations.

Jean Jacques Révillion †


2009, en bal


samedi 11 mai 2024

Chansons boulonnaises de Michel Lefèvre

mise en ligne le 24/1/2012
mise à jour le 11/5/2024 : commentaire sur le collectage

Concert en hommage à Michel Lefèvre à Boulogne sur Mer

Michel Lefèvre 1932-2014
Photo : Guy DROLLET (VdN)





le concert du 21 janvier 2012
à la salle des Pipots à Boulogne sur Mer


En attendant mieux (intro) et Le Galion d'Espagne par Jean-Jacques Révillion
Lettre à Mme R... par le groupe Amuséon
Lé lulut par Marc Gosselin
La tempête dans nos mers par les Soleils Boulonnais
A nou moézon, in a tué él pourchiaux par le groupe Achteure
Le roi Léopold par la Maisnie Nostrée
L'tien d'mer et Les Kippers par Les Bons Z'enfants d'Etaples
Ne vous faîtes pas marin par Patrick Denain
En revenant de la pêche d'Islande par l'ensemble des chanteurs.

autres vidéos de ptitorf


entretien avec Michel Lefèvre
(La Voix du Nord 21.01.2012)


Michel Lefèvre sort un nouvel ouvrage sur les chansons boulonnaises du XXe siècle, à 79 printemps, il a, en quelques décennies, recueilli plus de 500 chansons.

Aux Pipots, un grand concert est organisé en hommage à Michel Lefèvre, auteur d'une quinzaine d'ouvrages sur le patrimoine culturel boulonnais (patois, musique...). Rencontre avec ce grand passionné, qui vient de publier un nouveau recueil consacré aux chansons boulonnaises du XXe siècle.

Vous n'aviez pas encore abordé les chansons de cette période ?
« Pas directement, non. Auparavant, j'ai fait un premier volume sur les chansons du XIIIe au XIXe siècle dans le Boulonnais, puis plusieurs autres par thème : les chansons de la ville et de la campagne, celles de la mer et de la marine celles du camp de Boulogne les chansons légères... Et puis les cantiques et les hymnes. »

Le XXe siècle est-il aussi riche que les précédents ?
Oui, c'est une période peut-être même encore plus riche, car, au cours des siècles précédents, des choses ont disparu et il n'est resté que le folklore. Tandis que pour le XXe siècle, on n'a pas encore fait le tri. Mon livre - de 188 pages - contient 180 chansons en français ou en patois, presque toutes accompagnées de leur partition. »

Ces textes ont-ils des caractéristiques différentes des siècles passés ?
« Non, on reprend un peu les mêmes thèmes : ils parlent beaucoup d'amour et de guerre (les deux conflits mondiaux), et puis de sujets variés comme des chansons de marins, la vie de tous les jours, le travail d'un cordier... Il y en a aussi, plutôt récentes, dédiées à des sports et clubs sportifs : aviron, football, etc. »

Quid de leurs auteurs ?
« Au XXe siècle, beaucoup de compositeurs ou des écrivains ou n'importe qui ont écrit des chansons alors qu'avant, elles étaient surtout le fait de paroliers - souvent des gens du peuple - qui écrivaient une chanson ou deux, souvent sur des musiques existantes. »

Des chansons vous ont-elles particulièrement séduit, amusé... ?
« J'ai notamment choisi des textes de Jean Jarrett ou d'Hagneré, un Etaplois qui a écrit des chansons très bien faites et pleines de vie.
L'une d'elle est pleine d'amour filial pour la nourrice qui l'a élevé une autre parle du calfatage des bateaux... Il y a aussi des petits airs qui n'ont l'air de rien et sont amusants, notamment sur la guerre (Mon petit Fridolin, Les requis, Les restaurants boulonnais, A patates, ou Sa mèche qui volait, sur Hitler). Le recueil contient également quelques textes de moi : sur la marine, la Route du poisson, les sentiments d'un chômeur, deux amants qui se baladent la nuit... Ou encore des chansons d'un jeune musicien, comme Marc Gosselin du Petit Orphéon. »

Comment avez-vous récolté les chansons ?
« Souvent directement auprès des compositeurs, sauf pour ce qui concerne la guerre où j'ai davantage réalisé un travail de collectage traditionnel certaines m'ont été chantées, d'autres me sont remontées par le bouche à oreille. J'en ai retrouvé d'autres sur des cahiers de chansons trouvés sur des brocantes ou chez des gens. Dans une maison de retraite, une dame de 90 ans passés m'en a chanté 2 ou 3, comme O Yes !, sur les relations entre les soldats anglais et les Boulonnaises durant la guerre 14-18. »

Un concert en votre honneur a lieu aujourd'hui. Content d'inspirer de jeunes musiciens ?
« Bien sûr, et fier ! Et ils ne sont pas que Boulonnais certains sont du Nord, de Fécamp, de la Somme... Certaines chansons de mes recueils ont d'ailleurs été vendues un peu partout dans le monde (...) ! »

Emmanuelle DUPEUX


Bibliographie de Michel Lefèvre :

- Chansons, hymnes et danses du Boulonnais, du XIIIe siècle aux années 1930, 314 pages, chez l'auteur, 1989
- Chansons et revues du Boulonnais, période contemporaine, 260 pages, chez l'auteur, 1990
- Chants et chansons du Boulonnais, du XIIIe au XIXe siècle, 150 pages, Association Achteure, 2006
- Chantons le Boulonnais, chansons populaires des villes, des campagnes, de l'enfance, 152 pages, Les Echos du Pas-de-Calais, 2007
- Chansons légères, des rues, des fêtes, du carnaval, des géants du Boulonnais, 74 pages, chez l'auteur, 2008

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En 1998, Michel Lefévre a participé au colloque sur la Chanson Maritime qui se tenait à L'Aiguillon sur Mer. Les actes ont été publiés en 2010 chez l'HarmattanDans son intervention - la chanson boulonnaise et la marine, sauvetage d’un répertoire - Michel Lefèvre retrace l’historique de ses recherches et collectages qu’il a fait dans la région boulonnaise depuis les années 1970. Une chanson, Au cours de cette terrible guerre, chantée par Marie-Antoinette Lamour, dite Nénette, épouse Lebas (1926-2007) et Thérèse Lamour, épouse Roux (née en 1929), enregistrée à Etaples en 1988, est présente sur le CD audio.

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Evocation de Michel Lefèvre par ses amis, entretien d'Antoine Quaghebeur pour Radio Uylenspiegel
L'Heure Maritime en mars 2019
"Une émission en hommage à Michel Lefèvre, amoureux du répertoire chanté du boulonnais et promoteur de la tradition populaire sous ses différentes formes"
Parmi les invités : Stéphane Thiriat, Jean-Pierre Ramet, Marie-Claude Bontemps et Eliane Laplace


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Les collectages de Michel Lefèvre
Bien avant son décès, Michel Lefèvre avait songé à faire numériser sa collection de cassette de collectage. Après un premier contact avec l'Echo Rural qui avait un projet de mise en ligne de ces collectages, mais qui n'a pas abouti, il a pris contact avec Patrick et Marie-Christine Bollier, à Armentières. Les K7 (deux caisses) sont du “brut de collectage” avec digression, bruit de fond, etc… ils ont trié, daté et identifié chaque interprète et plagé le tout sur une trentaine de CD audio. Cela serait impossible à faire maintenant, sans les souvenirs de Michel Lefèvre. C'est un vrai sauvetage qu'ils ont réalisés. Le travail accompli est impressionnant, il ne suffisait pas de numériser, mais pour identifier et dater ces enregistrements 6 mois de travail, avec de nombreux aller retour Armentières/Boulogne sur Mer pour interroger Michel, ont été nécessaire.
Les cassettes originales de collectage ont été déposées à la Bibliothèque Municipale de Boulogne sur Mer, avec logiquement les 30 CD que Michel avait eu des Bollier. Mais aux dernières nouvelles il semble que les CD n'y sont pas… que sont-ils devenus ?