mardi 28 octobre 2014

La chanson de Lorette, de Vimy, de Verdun… de Craonne

Vient de paraître
une enquête sur la chanson de Craonne par Guy Marival





Guy Marival vient de publier aux éditions “Regain de lecture”, un passionnant bouquin intitulé “la chanson de Craonne,  enquête sur une chanson mythique”.
Ca se lit comme un polar ! Guy Marival, historien, chargé de mission auprès du Conseil Général de l’Aisne pour le chemin des Dames, auteur de nombreux articles sur cette chanson, y raconte son cheminement, ses découvertes, son enquête, et y tord le cou à pas mal de fausses vérités (prétendument recueillie en 1917 par Paul Vaillant Couturier, hymne des mutins de 17, interdite par la censure, etc.)
Il en recense 17 (décidément...) versions retrouvées dans les cahiers de chansons de soldats, ou dans les collectages réalisés par les folkeux des années 70 (Eric Montbel, Michel Colleu,...), ou encore imprimées (même par les Allemands...), elle a été chantée et notée bien avant Craonne, à Lorette (la plus ancienne version, celle que j’ai eu la chance de retrouver et qui est sur ce blog, date de septembre 1915), à Verdun,  dans la Somme, en Champagne...
A chaque fois, les paroles se modifient “c’est à Lorette” ou “c’est à Verdun” “c’est à Vimy”, mais toujours “sur le plateau qu’il faut laisser sa peau”.
En tous cas, son verdict est le suivant : pour lui, c’est un des derniers exemples de “chanson de tradition populaire”, qui s’est diffusé sans médias, par le bouche à oreille, dont le ou les auteurs n’ont jamais été connus (à ce jour).
Je cite Guy Marival : le fait est qu’elle s’est répandue rapidement et  quasiment à l’identique. Sans partition de référence, sans la notoriété d’un interprète, sans matraquage médiatique. Cela tient du miracle !.
Inutile de vous dire que j’ai adoré, et dévoré ces 200 pages consacrées à une chanson, et je tente de vous faire part de mon enthousiasme.

J.-J. Révillion

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et




"Un film de Michel Collon & Denise Vindevogel. (Belgique, 2014)
En cette année anniversaire, les médias racontent « comment » a eu lieu la Première Guerre mondiale (dix millions de morts), mais jamais pourquoi. « Morts pour la patrie », proclament tous nos monuments officiels.

Mensonge ! 14-18, c’était déjà une guerre du fric. Non seulement chez les « méchants » (Allemagne, Autriche), mais aussi chez les « gentils (France, Angleterre, Belgique…), le véritable enjeu était : quelle puissance dominera le monde et contrôlera ses richesses ?"

2 commentaires:

  1. Un livre incontestablement intéressant.
    JF "Maxou" Heintzen évoquait en parlant de la chanson (Tradmag n°135-Janv 2014) le sentiment d'être "confus de l'avoir folklorisée, confite dans le respect mortifère de la version unique".
    La partie du livre qui recense les différentes versions, courriers interceptés, carnets de chansons ou feuillets, n'est pas la moins touchante, et livre des petits morceaux d'histoires individuelles et d'humanité face à l'effarante boucherie.
    L'histoire, les recherches continueront sans doute à en livrer d'autres versions. Ainsi, L'Historial de la Grande Guerre de Peronne présente dans le catalogue de l'exposition Entendre la Guerre" un feuillet issu des collections de Th Legros. Sous le titre de "La relève dans les boyaux", la chanson situe le lieu à Merkem (à côté d'Ypres), dans le boyau.
    Une version qui aurait incontestablement pu prendre place dans le travail discographique de Paul Rans et Claude Flagel, Drie Oorlogstafereien/Trois Tableaux de Guerre/Three Scenes of war et De la Seine à l'Escaut (Frea records).
    Agnès Martel

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    1. merci pour ton commentaire Agnès
      et aussi pour ton texte excellent, sur le même sujet, publié sur ton site
      http://coeremieu.duo.free.fr/coeremieu.duo/La_Boite_a_Musiques/Entrees/2014/11/7_Ce_quon_ndit_pas.html

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