La BNF conserve de nombreuses chansons petits formats, feuilles volantes, provenant du Dépôt Légal. J'avais consulté sur place celles concernant Eugène Gervais, le chansonnier dunkerquois, puis fait microfilmer dans les années 1980, puis numérisées plus récemment et après plusieurs déménagements j'avais égaré le fichier. Le voici enfin !
Il y a 24 chansons, dont certaines sont imprimées recto/verso, écrites par Eugène Gervais + une chanson de sa tante Milly Scint*, toutes publiées autour de 1906.
- Marie-toi à c't' heureou quand tu s'ras vieille
- Les jolies filles de Bourbourg
- Chère bonne amie
- La jolie et délicate boulevardière
- La pêche au peudre
- L'alcoolique, sur l'air Ma jolie
- Adieu Méchante, paroles d'Abel Gay et Eugène Gervais
- Titine ou la môme des lascars, paroles et musique d'Eugène Gervais
- Le refrain de la bande des pêcheurs, musique de Milly Scint
- Dunkerque Ah! mes amis ! ou le pays de cocagne
- Les héros du Iéna
- Le roman d'une petite cochère parisienne, sur l'air Je te l'ai refait
- Une nuit au cotche, sur l'air Pleure pas pour ça, chantée par Charles Deloode de Roubaix
*Milly Scint : c'est Maria Louisa FAGERSTRÖM. J'ai publié quelques infos au bas de cette page et dans cette notice que j'ai rédigée pour le Dictionnaire Biographique Dunkerquois, auquel je peux ajouter son décès au Kremlin Bicêtre le 19 janvier 1932, étant domiciliée à Paris 19e 36 rue Riquet.
Présentation du festival de Plozevet Mondial Folk par son président Pierrot Bosser, et quelques entretiens avec les groupes participants, puis Myrdhin nous présente les Rencontres Internationales de Harpes Celtiques de Dinan, il fête ses 30 ans de musique et c'est la 18e édition de ce festival. Juliette y anime un atelier de harpe celtique.
Dans un café de Bruille Saint Amand sur la place Roger Salengro, subsiste un orgue mécanique, presque mourant. Ce café s'appelle Le Mutilé, du surnom de son premier propriétaire, ancien combattant de 14-18. Mais cela pourrait s'appliquer aussi à l'orgue, désormais muet.
C'est un orgue Lemoine, Henri Lemoine dit Philippe Dernoncourt, le propriétaire actuel, mais je crois que le fabricant s'appelait Albert [voir plus bas ]. Le nom du café était à l'origine L'Excelsior, ce nom est resté gravé sur la façade qui rappelle étrangement la forme de l'orgue.
Il existe une vidéo réalisée vers 1990 où l'on peut l'entendre. Il est désaccordé mais son propriétaire n'avait pas les moyens de le faire réparer et entretenir.
François, un grand-oncle par alliance du gérant
actuel, a connu 1914-1918. Le mutilé, c’est lui. « Lorsqu’il est rentré de la guerre, il avait choisi de
recevoir une demi-pension et un tabac. Il a acheté l’orgue à cette époque. »
Un monument « qui fait partie des murs
et qu’on ne vendra jamais ». Le dernier Henry Lemoine de cette
taille, apparemment. C’est en tout cas ce qu’ont dit les « gens de Paris venus le répertorier »
à Philippe, il y a quelques années. (La Voix du Nord, 2018)
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Albert LEMOINE
Est né à Charenton le Pont le 24 février 1882, il épouse Renée JULIEN à Paris en 1909, à son mariage un des témoins est le Lillois Théodore LAIGRE (facteur d'orgues, compositeur de musique). Sur sa fiche matricule, en 1902, est mentionnée sa profession de facteur d'orgues. Vers 1906-1909 il est domicilié à Saint André les Lille. En 1904 il fonde la société DUSSAUX-LEMOINE, avec André DUSSAUX, qui sera dissoute en 1911. Vers 1910, il crée une Manufacture d'instruments de musique (orgues, orchestrions et pianos mécaniques) pour salles de danse, cafés, skatings, casinos-forains, à Lille 281 rue de Solférino. Il est mort à l'ennemi à Lihons (80) en 1916.
publicité 1913
Dans la collection de M. Lesieur, à Bernay, on peut voir (et peut-être écouter ?) un aérophone d'Albert Lemoine
Est né à Rouen le 16 juin 1873. En 1902 il est domicilié à Paris, 40 rue de Fécamp. En 1904, il s'installe à Saint André lez Lille, 22-24 rue d'Alsace Lorraine chez Albert Lemoine. Après son expérience d'association, il déménage en 1913 à Lille, 1 rue Chateaubriant où il crée les établissements DUSSAUX et Cie. En 1895 il épouse Angèle FOURNY dont il divorce en 1922. Angèle meurt à Darnétal en 1956, je ne sais ce qu'est devenu son ex-époux.
Paul Bocuse, grand collectionneur d'instruments mécaniques, possédait un orgue Dussaux et Cie qui était exposé dans la salle de son restaurant. On peut l'entendre dans ce vinyle enregistré dans les années 1970.
mise à jour le 19/9/2024 : ajout d'un lien et une vidéo
mise à jour le 10/3/2025 : article de la Voix du Nord + une vidéo
En faisant l'inventaire des cahiers de chansons de ma collection, je relève ce Salut aux ouvriers, paroles d'Henri Simoens, une des rares parmi les 165 chansons dont l'auteur soit mentionné. Des paroles fortes et toujours d'actualité, qui ont circulé aussi jusqu'en Bretagne. Chantée lors de la grève des sardinières de 1924. Elle a été collectée à Douarnenez et à Tréboul, voir ICI. "Recueillie et arrangée" par Gaston Blondelon* qui l'édite sous son nom chez Marcel Labbé. On la retrouve dans la dernière publication de l'association Emglev Bro Douarnenez.
Le cahier appartenait au couple dunkerquois Georges Marcotte (1888-1946) et Emma Vanlerberghe (née en 1888). Il est né à Dunkerque, comme son père Pierre ; sa mère, Mérantine Défossez, est picarde, née à Vitry en Artois. Son épouse est une Flamande, née à Quaedypre, dont les parents sont originaires de Bergues et Bailleul. Je ne sais rien de lui que ses professions, il était caporal tambour au 110e RI à son mariage puis chef de manutention de la maison Coquelle-Gourdin, son domicile, 26 rue Saint Charles et ce cahier de chansons rédigé et illustré avec soin.
collection personnelle
L'auteur de ce chant, Henri Simoens, était chansonnier et cabaretier à Roubaix. Né à Courtrai en 1841, il exerce aussi les métiers de fileur, teinturier et apprêteur, il épouse Clémentine Vantomme à Courtrai en 1869. En février 1903 le Journal de Roubaix publie : On nous prie de demander aux poètes et chansonniers de Roubaix et de Tourcoing de vouloir bien se réunir, jeudi prochain 19 février, à huit heures, chez M. Désiré Bourgois, à l'estaminet Au Petit chansonnier, 78 rue de la Perche. Cette réunion a pour but d'organiser une soirée au bénéfice de M. Henri Simoens le chansonnier populaire devenu aveugle et actuellement, en traitement à Gand, à l'Institut de l'Enfant Jésus. Cette fête de bienfaisance est un succès si l'on en croit le compte rendu paru quelques jours plus tard :
Egalité de Roubaix Tourcoing 7/2/1903 source : médiathèque de Roubaix
Il meurt à Roubaix le 12 février 1907 : Mort d’un chansonnier - Le chansonnier patoisant Henri Simoens vient de mourrir à l’âge de 65 ans. Il a composé surtout des chansons locales dans lesquelles vibrait souvent la note patriotique. Ancien élève de notre Académie de musique, il fonda en 1874 l’Union Ouvrière et devint, en 1881, président des chansonniers roubaisiens et membre de la société des auteurs et compositeurs. Henri Simoens avait été longtemps ouvrier teinturier dans la maison de M. Emile Roussel, rue de l’Epeule. (Journal de Roubaix du 15 février 1907)
Le Journal de Roubaix 14/4/1881 source : médiathèque de Roubaix
* Gaston Blondelon, ce compositeur non identifié par la BNF, est très probablement Gaston Jules qui est né à Paris dans le 17e arrondissement le 15 mai 1886. Il est employé de commerce lors de sa conscription, il devient soldat musicien au 103e RI le 11 octobre 1908. On relève plusieurs adresses à Paris sur sa fiche matricule : 1906, 14 rue d'Aubervilliers, 1910, 5 rue Bellot et 1913, 40 rue de Provence. Il est mort le 13 octobre 1916 à Dreux, 8 rue Desmousseaux.
S’il y a bien un homme qui incarne la culture populaire lilloise au XXe siècle, c’est SIMONS. Quarante-cinq ans après sa mort, il laisse encore des souvenirs enjoués à des générations. Artiste complet aux multiples talents (auteur, comédien, metteur en scène, parolier, cinéaste, dessinateur, illustrateur, peintre...), son œuvre met en scène le « Peuple lillois » entre les années 1920 et 1970. En créant pour la scène le duo Alphonse et Zulma s’exprimant en patois de Lille, il a fait vivre l’âme du Nord avec humour et tendresse pour ses personnages.
Après avoir entretenu sa mémoire pendant plus de 30 ans, l’association Toudis Simons a fait don à la bibliothèque classée de Lille de toutes les archives de Léopold Simons qu’elle possédait. A cette occasion, la revue nord’ et la bibliothèque s’associent pour rappeler l’importance de cet auteur et faire découvrir aux nouvelles générations les différentes facettes de cet écrivain hors normes.
Une exposition : Pièces remarquables du fonds Simons est présentée à la médiathèque Jean Lévy du 14 décembre 2024 au 15 mars 2025. La revue nord’ publie un dossier : Simons (1901 -1979) - textes et images, où elle révèle son travail d’illustrateur et revisite son œuvre écrite aussi en français.
L’inauguration de l’exposition et la présentation au public de la revue aura lieu le samedi 14 décembre à la médiathèque Jean Lévy de 15h à 18h30.
Contacts presse :
Bibliothèque municipale de Lille : Stéphanie Herault et Jean-Jacques Vandewalle
La revue nord' publie un n° spécial Simons : 15 €, frais de port compris, par chèque chez Yves Ledun, 39 rue Nicolas Leblanc - 59000 Lille
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Clôture en fanfare de l'exposition "Pièces remarquables du fonds Simons" le 14 mars à la Bibliothèque municipale de Lille Pour une après-midi à l’humour bien de chez nous.
Pour célébrer Simons, artiste populaire du XX° siècle, la Médiathèque Jean Levy, à l'occasion de la fin de l'exposition qui lui est consacrée à travers ses archives, propose le vendredi 14 mars après-midi plusieurs animations pour mettre en avant son humour à travers textes et chansons de l'auteur, mais aussi de ses contemporains et avec un chanteur humouriste d'aujourd'hui.