lundi 19 octobre 2009

Musiques des carillonneurs, les sources

Le manuscrit de André Jean Baptiste Bonaventure DUPONT, organiste, et carillonneur à l'abbaye de St Bertin à St-Omer en 1780-85

Ma découverte

En 1983, je fais des recherches dans le fichier manuel de la bibliothèque de Saint-Omer et je trouve la référence de ce manuscrit, je demande à le consulter. Puis je commande un microfilm, la bibliothèque ne pouvant pas le réaliser, le manuscrit est transféré au Archives du Pas de Calais.

Ce manuscrit avait été signalé par M Révillion dans le Bulletin Historique de la Société des Antiquaires de la Morinie en 1899. Il appartient à cette époque à l'organiste de la cathédrale Notre-Dame, M. Lucien Catouillard. Il passe dans la collection de M. Justin de Pas, historien local, ainsi que l'atteste la présence de l'ex libris sur le dernier plat du carnet. Il entre ensuite à la bibliothèque municipale de Saint-Omer sous la cote Ms 1691.
Ce document rare a été brièvement décrit dans le livre de Prosper VERHEYDEN, Beiarden in Frankrijk, publié à Anvers à 1924.

Un peu plus tard je fais la connaissance de Frank Deleu, producteur à la BRT 2, musicologue et carillonneur à Courtrai, Menin et Izegem.
Je le rencontre à Courtrai en janvier 1986, on échange nos informations sur Dupont (dont j'avais fait la généalogie) et son manuscrit, il m'apprend qu'il va publier une transcription très prochainement. Le premier tome est édité courant 1986 par une association de Courtrai. Le 2e tome paraît en 1988 et le 3e en 1990.

Musiques pour le carillon ?

Je doute fort qu'André Dupont ait joué ces mélodies au carillon car, d’après A. Dusautoir, dans son étude sur la Tour Saint-Bertin, parue vers 1930, l’instrument ne comprenait que 7 cloches : La tour renfermait sept cloches dans son beffroi. Cinq d’entre elles furent fondues, en 1470, sous l’Abbé Guillaume Fillastre par les fondeurs Hoerche de Bois-le-Duc. Elles portaient les noms de Willhelmine, Bertine, Charlotte, Marguerite et Benoite. Les deux autres fondues sous l’Abbé Vaast de Grenet, furent installées en 1586. L’une d’elles, Védastine, la plus forte de toutes, pesait 17.000 livres. Ces cloches formaient une échelle diatonique rigoureusement combinée. D’où s’échappait un harmonieux carillon.
Et même s’il mentionne également la présence, dans la tourelle située à l’intersection de la grande nef et du transept, d’un ensemble de treize cloches bénites par l’Abbé Vasast de Grenet en 1583 c'est trop peu pour jouer les mélodies contenues dans le manuscrit. De plus je doute que l’on ai laissé le carillonneur jouer des airs de contredanse dans une abbaye Bénédictine.
Mais peut-être les a-t-il jouées sur le carillon de la cathédrale où son père, Aldabalde Bonaventure Alexandre Joseph, était titulaire, ou plus simplement je crois qu'il pratiquait un autre instrument, le violon, comme son confrère Nicolas Lecat, à Dunkerque, qui jouait des contredanses dans les nombreux bals organisés par les confréries.

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Transcription de Frank Deleu publiée en trois volumes par De Gulden Sporen à Courtrai. Le manuscrit original est conservé à la bibliothèque municipale de Saint-Omer.


Fac similé publié en 1971 par Broekmans & Van Poppel à Amsterdam d'après l'original conservé à la bibliothèque du Koninklijk Vlaams Muziek Conservatorium à Anvers.
vous trouverez les transcriptions, et fichiers mp3 ici