vendredi 6 février 2015

Epinette, les prémices régionales, 1900-1906

mise à jour le 8 février 2015

Quelques éléments découverts récemment éclairent la pratique régionale de cet instrument que l'on croyait uniquement familiale.

En 1900 est fondée à Roubaix la société Les Joyeux Epinettistes Roubaisiens, dirigée par A. Bruggeman.
Tout le long des années 1901 et 1902, la maison Coupleux de Tourcoing fait passer cette publicité dans Le Courrier de Tourcoing pour ses épinettes, qui ne sont pas encore du Nord.



L'épinette Coupleux est l'instrument le plus facile à jouer, en deux leçons sans être musicien on exécute n'importe quel morceau.
L'épinette Coupleux a en plus des autres une tablature spéciale qui la rend des plus simple à apprendre.
L'épinette Coupleux est la plus sonore, avec son accord de basse supplémentaire, elle produit un effet extraordinaire.
Leçons gratuites à tout acheteur / Exiger Coupleux, rue Carnot, Tourcoing sur la bande.



En 1900 la même maison Coupleux avait fait passer cette annonce pour ses mandolines, sans mention des épinettes.

Pour terminer avec Coupleux, j'ai relevé cet publicité parue dans l'Annuaire des artistes en 1903 :
Marchands d'instruments de musique. — Coupleux (Vve et fils), 3 rue Carnot, mandolines allemandes dites épinettes.
Cette publicité nationale, et même internationale puisque cette annuaire concerne les pays voisins, n'a paru qu'une seule année, la référence à l'Allemagne n''était sans doute pas une bonne idée de marketing, dans le contexte de l'époque.
La même année la fabrique A. Fontaine, de Paris, fait aussi paraître une publicité vantant ses épinettes dans cet annuaire.



Pendant ces années du début XXe, les épinettistes de Roubaix sont très actif. Les Epinettistes Réunis sont convoqués chez Arthur Walès, rue des longues Haies le vendredi 29 avril 1902 pour une répétition générales, où de nouveaux morceaux seront à l'étude pour le prochain festival.
La société des Joyeux Epinettistes Roubaisiens ne s'endort pas sur ses lauriers. Ses membres, ils sont 27, sont convoqués 118 rue Pierre de Roubaix, pour des répétions générales le 13 juillet 1902 et le 14 juillet, la réunion est fixée à 9 heures précises pour le cortège du 14 juillet.
Non seulement les épinettistes jouent à 30, mais en plus ils défilent en cortège… en jouant ?
En août 1902 on relève la participation des Joyeux Epinettistes Roubaisiens au Festival du quartier de La Croix Rouge à Tourcoing
En août 1903 la ville de Croix organise un Festival International de musique. Voici un extrait de l'article paru dans Le journal de Roubaix le 18 août : Le programme de la deuxième journée du festival international organisé à Croix était, comme nous l'avons dit, le même que celui de la première journée. De deux heures à trois heures les sociétés qui devaient participer au cortège se sont rendues aux lieux de réunion qui leur avaient été assignés. […] A quatre heures a eu lieu la revue par la Municipalité et la Commission à la Croix Blanche où s'était fait le rassemblement général : puis les 61 sociétés présentes se sont formées en cortège, dans l'ordre suivant, pour se rendre à la Grand Place […]  Les Joyeux Epinettistes Roubaisiens, symphonie, Roubaix […] Après une nouvelle exécution très brillante du morceau d'ensemble, a eu lieu la la dislocation du cortège et les sociétés ont gagné les kiosques des quartiers. Le prix d'éloignement est obtenu par la Fanfare de Rosendael (près de Dunkerque).
1904, même festival à Leers, toujours avec la participation des Joyeux Epinettistes Roubaisiens. En septembre 1904 les Epinettiste Roubaisiens (une autre société ?) participe au festival du quartier du Moulin à Roubaix. Le lendemain la presse mentionne le festival permanent d'Ostende où participent les  Joyeux Epinettistes Roubaisiens, sous la direction de M. Bruggeman. A partir de 1905 son directeur est remplacé par V. Hayart. Cette société disparait de l'annuaire des artistes après 1907. V. Hayart pourrait être Victor Oscar Hayart, né à Roubaix en 1879, fils de Louis, tisserand né à Dottignies, et Célina François, née à Braine le Comte.
Ensuite je n'ai plus relevé de mention de ces sociétés symphoniques d'épinettistes. Dernière mention d'épinettes, en 1906, dans le Journal de Roubaix du 20 octobre, parmi les bonnes adresses de Roubaix, un artisan propose : Découpage, épinettes (fournitures générales), à l'Artiste découpeur, 60 rue Pellart.

Christian Declerck

Sources : Le Courrier de Tourcoing, le Journal de Roubaix, l'Egalité de Roubaix-Tourcoing, L'Avenir de Roubaix-Tourcoing et l'Annuaire des Artistes
Les journaux sont en ligne sur le site de la bibliothèque de Roubaix, l'annuaire sur Gallica

*******

Relevé dans Le Progrès, journal paraissant à Ypres le 20 décembre 1903, au programme de la Société des Anciens Pompiers, à la Soirée Tabagie (!) du 22 décembre 1903. Dans le programme on annonce la présence de M. Marquette et son épinette.



*******

J'ajoute en complément cet extrait du catalogue de l'exposition "Epinettes des Vosges et d'Europe" organisée par le Foyer Rural de Socourt et la Fédération départementale des Foyers Ruraux des Vosges, paru en 1997. Le texte de Patrick Delaval est un résumé du livre "L'Epinette du Nord", publié par l'association Traces et le Centre Socio-éducatif d'Hazebrouck, catalogue de l'exposition qui a eu lieu du 30 avril au 25 mai de la même année. Il reste quelques exemplaires de ce catalogue disponibles au Centre Socio-Educatif.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire