lundi 5 avril 2010

Dudy Poznanskie



Boleslaw Novak - Wesele Polskie

01-Wesele polskie (dokosciota)
02-Wesele polskie (od kosciota)
03-Kakalinka
04-Hej nasze dudy


Ce 45 tours est sorti en février 1961, c’est la seule production des Polonais du Nord-Pas-de-Calais qui contient un enregistrement de joueur de cornemuse polonaise, la dudy. Cette information est extraite du livre Francis Dudzinski Ballade musicale dans la communauté polonaise du Nord Pas-de-Calais , et le musicien serait Drozinski de Bruay-en-Artois. Cette affirmation est contredite dans le commentaire ci-dessous, il s'agirait de Joseph Malyga.


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La qualité du repiquage est très mauvaise, mais en cherchant sur la toile vous allez peut-être en trouver un exemplaire en meilleur état.


Il y a un autre enregistrement de dudy dans les collectages publiés par l’association Traces qui se trouve ici


De nombreux joueurs de cornemuses polonais étaient actifs dans le bassin minier, Patrick Delaval a fait des recherches sur ce sujet au début des années 1980, le résultat a été déposé à la bibliothèque de l’association « Domaines Musique » à Lille.
Voici les noms de joueurs de cornemuse qu’il a retrouvés : Dudziak (Auchy-les-Mines), Wojciekowki (Avion), Skowronski, Szczypura et Galewski (Barlin), Malecki (Béthune), Rapioch (Bully-les-Mines), Sekula et Wojdowski (Calonne-Ricouart), Marcinkowski et Gesdwa (Divion), Figurski (Houdain), Kozlowski et Krzyzaniak (Lens), Krszeczinski (Libercourt), Lewandowicz (Liévin), Zietek (Maisnil-les-Ruitz), Roszak et Bolek (Marles-les-Mines), Majchrzak (Nœux-les-Mines), Klopocki (Oignies)





Adalbert et Valentin Klopocki




Ignace Krczezinski à droite







En novembre 1993, dans la revue de l’association Traces, Patrick Delaval écrit :
" En septembre dernier, à la braderie de Lille, Jean-Jacques Révilllion a découvert une cornemuse polonaise. Elle est de type Dudy Poznanskie (région de Poznan), ce qui porte à six le nombre d’instruments de ce type retrouvés dans la région depuis 1983. Rappelons que ces cornemuses furent jouées (et souvent même fabriquées) à partir des années 1920 par les Polonais du bassin minier du Nord Pas-de-Calais. Les derniers en jouaient encore en 1972.

photo et collection JJ Révillion

Les recherches commencées il y a maintenant pile dix ans ont permis de retrouver des Dudy certes, mais aussi de nombreux témoignages, des photographies, de rarissimes enregistrements, cartes postales, disque…
Une bourse du Ministère de la culture a favorisé la réalisation d’un dossier sur le sujet. Achevé en décembre 1986, ce texte de 140 pages, abondamment illustré et accompagné d’une cassette audio, a besoin d’être mis à jour et corrigé en fonction des remarques formulées par tous ceux qui ont pu en consulter une copie. Après quoi, peut-être sera-t-il un jour publié, qui sait…
En attendant, Francis Dudzinski a eu besoin d’informations sur cette tradition pour son livre « Ballade musicale dans la communauté polonaise du Nord Pas-de-Calais ». Vous y trouverez donc quelques illustrations aux pages 25, 27, 67 et 68, ainsi que du texte ; mais la découverte de Jean-Jacques est pour moi l’occasion de préciser que les textes qui accompagnent mes documents ont été quelque peu, disons, « remaniés » et pâtissent désormais de certaines erreurs dont je ne suis en aucun cas responsable, n’ayant pas été contacté avant la parution.
Alors à toute fin utile pour ceux qui ont ce livre, je n’ai jamais dit « Le Nord Pas-de-Calais va alors compter deux types de joueurs de cornemuse : les Polonais et les Flamands, enfin jusqu’aux années 70 » (page 25) ? Jamais je ne me serai permis de confondre survivance et résurgence. Autre bourde (même page) : « Le violon est alors accordé spécialement pour le Dudy – un octave au dessus, mais il est vrai qu’à l’époque, les cordes en boyau, bien plus souples, se prêtaient bien à cela… »
Les lecteurs violonistes ont dû éclater de rire, mais ça m’ennuierait qu’ils le fassent à mes dépens.
Page 27, la légende de la photo de gauche indique « corde pincée ». Cela ne veut strictement rien dire. La véritable vérité vraie la voici : la position haute de la main gauche sur le manche du violon s’explique par la présence d’un capodastre de fortune, morceau de ficelle ou autre noué autour du manche, au niveau du talon (voir illustration du tableau de G. Gala).




Cet aménagement permet de jouer une quinte au dessus de l’accord habituel du violon sans devoir utiliser la 5e position. Le violoniste jouait alors dans une tonalité située une octave au dessus de ces cornemuses, qui montaient en SI. Au niveau du nœud, les cordes étaient séparées de la touche par un crin de balai (ou autre) faisant office de sillet.
Ce bidouillage génial n’est pas nécessaire pour les grande Koziol du Lubuska (région de Pologne située entre Poznan et Berlin) ni pour les grandes Duda tchèques, qui sonnent en MI, soit une quinte plus bas. Par contre, Joseph Rezny le signale dans le sud/sud-ouest de la Bohême, en accompagnement des petites Dudky gonflées à la bouche.
Voilà pour cette petite mise au point. Ceci dit le bouquin de F. Dudzinski n’est pas mal du tout "

*****

J’ajoute une information, en chinant du côté de Harnes (Pas-de-Calais) en octobre 1996 j’ai trouvé sur l’étal d’un marché aux puces, un chalumeau de cornemuse dont voici la photo.



La vendeuse m’a dit qu’il avait appartenu à son grand-père un nommé Rokicki, mort en 1941 dans la région de Harnes, elle n’en savait pas plus, sinon que cet objet a longtemps été exposé sur la cheminée de la maison familiale. Grace au livre d’Alexandre Buchner, Les instruments de musique populaires (Gründ, 1969), j’ai pu identifier une cornemuse polonaise dite « de berger », sans bourdon, appelée sieseñki.