mardi 27 janvier 2026

Bart en Klerktje

mise en ligne 29/12/2009
mise à jour 27/1/2026 : ajout de deux enregistrements, nouveau fichier
 
Bart en Klerktje – Brugge – 1981
Concert au théâtre de Bruges le 3 octobre 1981



02-De twaef glaezen (trad)
03-De schooiere (Joris Declercq/Willem Vermandere)
06-Klein wentje van Elverdinge (Willem Vermandere)
08-Vertrek naer Island (trad)
10-Drinke liedtje (trad)
11-Cécilia (trad)
13-De wonderbare genezing (Willem Vermandere)
15-Pot pourri (trad)
16-De barmhartige samaritaan (Rossey/Willem Vermandere)
18-Nee'w we goan nus vlams nie laot'n (Joris Declercq/Willem Vermandere)

Raymond Declerck, dit Kerktje : chant, harmonica
André Rouzet, dit Bart : chant, guitare
Photo : Christian Declerck

Klein wentje van Elverdinge


téléchargez  ici

162 téléchargements au 1/6/1013



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Dans les archives d'Het Reuzekoor il y a ces enregistrements de mon père :
• Duo a cappella Bart/Kerktje : Nee'w we goan nus vlams nie laot'n
• Solo a cappella Klerktje : Pot pourri, Jalousie, Pour Vivre, Romance de Maître Pathelin
téléchargez ICI nouveau fichier
 
 

vendredi 23 janvier 2026

Collectages en Flandre Française

mise en ligne le 6/1/2010
mise à jour le 23/1/2026
 
Troisième cassette des collectages mis en dépôt voir détails ici, celui du Collectif de chant flamand d'Hazebrouck, ce n’est sans doute qu'un extrait du collectage car les numéros de chansons annoncés vont de 1 à 15 et de 65 à 88. Ce collectage a été fait par Martial Waeghemaecker et André Marie Despringre.

Soit 39 chants, dont je ne me risque pas à vous donner les titres, si un flamandophone veux bien contribuer. On peut sans doute en trouver une partie au bas de la page.

téléchargez ici

402 téléchargements au 1/6/2013

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J’ajoute un enregistrement trouvé dans la discothèque de Klerktje décédé en 2005. C’est une cassette avec cette mention « collectage vlaemsch ». Elle contient une dizaine de chansons, les neuf premières sont interprétées par Andréa Lambrecht-Vansynghel (1914-2006), berguoise, mère de Marie-Christine Lambrecht, présidente de l’association Het Reuzekoor. Je n’ai pas encore pu identifier le chanteur de la 10e chanson. Merci à Edmonde Vanhille pour l'identification des titres.


01 En als ze moste dood gaen
02 En boven de lucht
03 Kleen kreukelgatje
04 'T was een kindje evaellen
05 Wien gaet er mei
06 Overal overael, waerdan de meisjes zyn
07 Ze 'n is niet ziek
08 Melle, Melle met je vuule dikke bille
09 Eenen fraeyen man
10 Den eersten maend van't jaer

téléchargez  ici

130 téléchargements au 1/6/2013

Une transcription/traduction et une étude sur la dernière chanson est disponible sur le blog de Philippe Simon

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J'ajoute les partitions de collectage publiées par Jean-Paul Sepieter dans Musique du peuple flamand. Collectage réalisé par le Collectif Chants de Flandre créé en 1978 lors de l'Université populaire flamande, dirigé par Martial Waeghemagher, avec le soutien d'André-Marie Despringre.
 
Tisje-Tasje, par André Debruyne, Abeele (B), collectage. M. Waeghemaker 1976
Myne man komt thuus, par Mme Justine Luyssen, Boeschepe, Le Key, coll. André Cheroutre, 1978
O ratten en muizen, par M. Faveeuw, Houtkerque, coll. Bachten de kupe, 1968 
Veulemoeye, par J. Luyssen, Boeschepe, Le Key, coll. André Cheroutre, 1978
't was een aapje, par M. Stoffaes, Eecke, coll. Vandenberghe, transcription Despringre
Den haring, par M. Debruyne, Abeele (B), coll. M. Waeghemaker, 1976
Metje Metje, par M. Debruyne, Abeele (B), coll. M. Waeghemaker, 1976
Speutevink, par Mme Justine Luyssen, Boeschepe, Le Key, coll. André Cheroutre, 1979
Liedeken van het Geitje, par Mme Justine Luyssen, Boeschepe, Le Key, coll. André Cheroutre, 1978
Den strond, par Mme Justine Luyssen, Boeschepe, Le Key, coll. André Cheroutre, 1978
Moeder duud open, par M. Debruyne, Abeele (B), coll. M. Waeghemaker, 1976
Mitje Kapoen, par M. Debruyne, Abeele (B), coll. M. Waeghemaker, 1976
Zim ma boema, par M. Debruyne, Abeele (B), coll. M. Waeghemaker, 1976 
Wy zyn allen muzikanten, par M. Debruyne, Abeele (B), coll. M. Waeghemaker 1976
Overal, par M. Debruyne, Abeele (B), coll. M. Waeghemaker 1976
Jan Smet, par M. Debruyne, Abeele (B), coll. M. Waeghemaker 1976 

 

jeudi 22 janvier 2026

le Géant du Nord

mise en ligne le 8/2/2022
mise à jour le  22/1/2026 : ajout d'infos sur la dédicataire

ou Le Carnaval de Dunkerque


C'est le titre d'une composition de Joseph Bernard WOETS, qui vient de faire l'objet d'un article dans une publication distribuée dans les boîtes aux lettres dunkerquoises ICI. J'y suis plusieurs fois cité, le journaliste m'avait contacté à propos du compositeur, que je connais bien, mais je n'avais pas vu la partition. Par chance au même moment elle était en vente chez un bouquiniste sur internet, la voici désormais dans ma collection, à côté des autres œuvres de ce compositeur dunkerquois méconnu.

La partition
Je connaissais le titre par une mention dans le Journal Général d'Annonces des Œuvres de Musique de 1827. Il n'y a pas d'exemplaire déposé au dépôt légal, elle est donc absente des collections de la BNF. C'est une série de huit variations sur un air bien connu, le Reuzelied, la chanson du géant de Cassel. La lithographie est censée évoquer Dunkerque, on y devine le beffroi et l'église Saint Eloi, que l'on reconnait grâce à son péristyle à la grecque, œuvre de l'architecte Victor Louis, construit en 1783. S'ajoutent quelques personnages costumés en arlequin, pierrot, polichinelle, etc. qui suggèrent la période du carnaval. Et l'on remarque un géant costumé à la turque, qui ne ressemble en rien au Reuze dunkerquois. Joseph Bernard n'a jamais vu le Reuze, il est né en 1783, 9 ans après sa dernière sortie. Le géant ne ressortira que bien plus tard, en 1840, pour des œuvres de bienfaisance.

Le compositeur

Joseph Bernard WOETS (1783-1878) est le fils de Guillaume, maître de clavecin et organiste de l'église Saint Eloi, qui lui donne ses premières leçons de musique et de piano. Par sa mère, Thérèse Sabrié dite Naudy, il est le cousin de Bernard Coppens d'Hondschoote, époux de Marie de Lamartine, sœur du poète. En 1800, il est admis au Conservatoire de Paris où il reçoit les lecons de piano de François Adrien Boïeldieu et d'harmonie par Henri Montan Berton. En 1801, à 17 ans, il interprète une sonate de sa composition dont les idées neuves et la délicatesse de l'exécution le font remarquer de ses concitoyens. De 1806 à 1808, il agrémente des compositions les séances publiques de la nouvelle Société d'amateurs des sciences et des arts de Lille. Après ses études, il enseigne le piano à Rouen, puis à Gand où il épouse, en 1818, Flavienne Gras, sœur de Victor, premier violon à l'Opéra et futur époux de Julie Dorus, célèbre cantatrice du milieu du XIXe siècle.  En 1819, il revient à Paris et donne plusieurs concerts, notamment le 1er avril 1823 où il crée son 3e concerto pour piano opus 40. Il a parmi ses élèves parisiens la jeune Maria Garcia qui deviendra la grande cantatrice Maria Malibran. Les critiques de ses concerts sont louangeuses : Il est du petit nombre de ceux qui ont fait ressortir leur nom du groupe des artistes, la hardiesse et le fini de son exécution l'ont toujours rapproché de Kalkbrenner [source]. En 1835, il a déjà publié 98 ouvrages. C'est à cette époque qu'il s'établit à Tours pour enseigner la musique au Collège royal. Il anime la vie musicale de la ville durant plus de quarante ans, continuant de composer et donner de nombreux concerts. Son épouse étant décédée peu après son arrivée, il se remarie en 1840 avec Laure Foissey, de Watten, professeur de piano et petite fille de l'ancien chef d'orchestre du théâtre de Dunkerque, Jean Baptiste Ponsignon. Il a laissé de nombreuses compositions dont plusieurs concertos pour piano-forte, des sonates, beaucoup de rondeaux, fantaisies, divertissements, airs variés et de nombreuses romances ; plus de 80 partitions de ses œuvres sont conservées à la Bibliothèque Nationale de France.
 
La dédicataire 
Le compositeur a dédié sa composition à Mademoiselle Octavie PLACE. Sur les sites de généalogie on trouve plusieurs personnes portant ce prénom avec ce nom, mais peu ayant vécu avant 1850, et je n'en ai trouvé qu'une pour le début du XIXe siècle. La seule qui correspond aux critères : être parisienne, née bien avant 1827 et dans un milieu bourgeois : c'est Philippine Octavie PLACÉ, qui est née à Paris, paroisse Saint Sulpice le 30 octobre 1808. Son père Jean-Louis Samuel Henri est professeur de dessin, mais sa mère Louise SÉJEAN, gérante d'un institution d'éducation de jeunes filles, est très intéressante, elle est la fille de l'organiste renommé Nicolas SÉJEAN 1745-1819. Organiste de la Chapelle du Roi, de la Chapelle Royale et de St Sulpice, neveu du compositeur et organiste Nicolas FORQUERAY, il fait l'objet d'une importante notice dans la base Musefrem. Ce qui confirme mon hypothèse sur la personnalité de la dédicataire. Octavie meurt l'année suivante de la parution de la partition, le 29 novembre 1828. Elle est inhumée au cimetière de Montparnasse,  le 1er décembre.
 
 Christian Declerck

Merci à Roch Vandromme pour le déchiffrage, et à Christophe Plovier pour le scan du journal gratuit

Musiques pour des marionnettes

 En 1984 nous avons été sollicité pour enregistrer les musiques qui sont diffusées en intermède pendant les spectacles de marionnettes du Théâtre Louis Richard à Roubaix. Nous les avons aussi jouées en direct lors d'un ou deux spectacles à Lille la même année.
Plus tard, Gérald m'avait donné une copie sur CD des enregistrements sans les titres, je les ai réécoutés récemment, il y a quelques pépites… à vous de les découvrir.
Musiques pour :  Till Uylenspiegel ; Le Noël du Brouteux ; L'Île au trésor ; et un spectacle nommé Découverte.
 
Katrien Delavier †
Gérald Ryckeboer
Christian Declerck 
 


 La photo est extraite du livre Marionnettes traditionnelles en Flandre française de langue picarde, par Andrée Leroux et Alain Guillemin, publié par Westhoek/les Éditions des Beffrois en 1984. Voir aussi ICI
 
 les fichiers sont ICI nouveau fichier avec quelques titres ajoutés
 
vous y trouverez Le Noël du Broutteux, chanté, extrait des œuvres complètes de Jules Watteeuw, tome III, paroles page 101, musique page 187.
 

 
 
et aussi cette chanson, Slaet on den trommele, chantée par Gérald qui  l'a trouvée dans le livre de Jean-Paul Sepieter, Musique du peuple flamand, page 100, sans mention de la source.
 

 
Grâce à un site russe (!) j'ai pu trouver une autre version dans le livre de Charles De Coster, la légende de Till Ulenspiegel, avec des paroles différentes et mais sans la musique. 
 


 
les musiciens à Coudekerque-Branche, en 1990

mercredi 21 janvier 2026

Bio de l'auteur

mise en ligne le 8/8/2025
mise à jour le 16/12/2025 #6
mise à jour le 21/1/2026  #7 et mise à jour de pages précédentes

1975, le glanage à Killem avec Annick Baudry†

Les pages publiées à part ne sont pas envoyées aux abonnés, vous les avez peut-être ratées

* La MJC de Rosendael

* Le folkeux

* L'artisan relieur

* Le chercheur

* Le collectionneur

* Le blogueur 

* Expo et concerts

samedi 17 janvier 2026

Collectages de "Traces" - 1986

publié le 3/9/2009
mise à jour le 25/11/2021 : ajout d'une vidéo
mise à jour 17/1/2026 : ajout des notices complètes 


A l'exception d'un seul (le n° 3), ces enregistrements ont tous été réalisés à l'occasion de ce qu'il est convenu d'appeler des "collectages" et donc par des amateurs en matière de prise de son. Effectués la plupart du temps dans des conditions difficiles, ils peuvent être de qualité discutable ; mais il faut se souvenir qu'il s'agit bien de "sauvetages", de témoignages irremplaçables d'un passé révolu.
Il n'y a pas eu dans le Nord de "quadrillage", de systématisation de la recherche. Les rencontres sont simplement dues au hasard, ou déterminées par la zone de résidence du collecteur. Cette cassette est de plus le résultat de deux démarches de collectage, semblables mais décalées dans le temps et l'espace. La première se situe dans les années 1973 / 76 et se compose d'enregistrements réalisés dans les Ardennes Belges par Rémy DUBOIS et Colette ROBERT. La seconde, plus tardive, est centrée sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais, avec à l'origine des associations comme Mabidon et Marie Grauette créées en 1975 / 76 puis Chantefoire (1978) et la Piposa (1984).
La première de ces démarches ayant presque servi de modèle à la seconde. Enfin vint TRACES pour réunir ces documents.
D'autres recherches menées en Flandre et en Hainaut ont déjà été publiées par différents organismes. Quant au grand trou laissé sur la carte par le sud du département du Nord, certains collectages récents figureront peut-être dans une seconde publication. Pour l'instant, nous voudrions que ces premiers documents, en plus des musiques qu'ils proposent, puissent refléter un aspect des difficultés du collectage, à plus forte raison dans le Nord où les sources sont à la fois si diverses et si éparpillées ; sans compter la prise de conscience qui fut plus tardive que partout ailleurs.
Nous avons tenté de vous livrer ces musiques telles que nous les avons trouvées. Sans y toucher, ou presque ; en conservant les hésitations, les pendules, les chants d'oiseaux, les rires et les bruits de mobylettes.
Et entre ce que nous ressentons à l'écoute de ces musiciens, et les courants toujours variables de l'engouement pour la musique traditionnelle, plusieurs solutions de présentation étaient possibles. Pour cette première édition, nous avons préféré rassembler le maximum d'images, qui puissent être les plus fidèles possibles de notre réalité. Ces témoignages sont en effet considérés par leurs découvreurs comme réellement représentatifs de ce que nous constations être notre musique.
Ces musiciens habitent une vaste région comprise entre la Manche et l'Allemagne, et sur laquelle il est bien difficile de mettre un terme générique. Une sorte de "melting pot", carrefour de plusieurs civilisations, mélange de plusieurs peuples, creuset d'où surgit régulièrement quelque chose de neuf.
Les musiques proviennent donc des Ardennes Belges (provinces de Liège et du Luxembourg) pour la Belgique, et de Flandre, d'Artois et du Bassin minier pour le Nord de la France. Les musiques d'ailleurs y sont également présentes : Pologne, Roumanie, Portugal.
 
 
Cette association regroupe les collecteurs et chercheurs de la région NORD / PAS-DE-CALAIS, ainsi que de BELGIQUE et des PAYS-BAS, qui ont désiré mettre en commun leurs travaux sur les musiques et danses traditionnelles.
Fondé en Janvier 1984, ce collectif international se compose à ce jour d'environ 25 membres, qui travaillent ensemble sur de multiples orientations, telles que l'Accordéon diatonique et chromatiques, le Cistre renaissance, les Luthiers du Nord, la Piposa, les chanteurs, l'épinette du Nord, le Cythre au XVIIème, les musiques de l'immigration, les Violoneux, les manuscrits, la danse, l'iconographie, les musiques mécaniques, etc.
Si les sujets de recherche sont aussi nombreux, c'est que les régions septentrionales sont le théâtre d'énormément d'échanges culturels, et ce à toutes les époques. Notre rôle est de sauver de l'oubli ce très riche passé musical ; car si peu de choses ont été publiées jusqu'ici, comparativement  à l'importance du sujet.
En plus de communications techniques et d'une exposition, déjà disponible, sur les pratiques et les axes du collectage, les membres de TRACES préparent plusieurs ouvrages, dont le premier à paraître devrait être consacré aux Épinettes fabriquées et jouées dans le Nord de la France.
Pour l'heure, le livret (et la cassette) que vous avez entre les mains est notre première publication. Ces documents dormaient depuis des années dans nos archives personnelles. Ils sont désormais votre propriété et nos amis musiciens sont maintenant les vôtres.
 

contenu :
1 Henri SCHMITZ, Maclotte / Scottich "La mandoline" / Maclotte "La Falize"
Violon. CHAMPS (B). Enregistré en 1974.
En 1976, paraissait le disque "Maclottes et Passepîds". Réalisé par Claude Flagel, ce disque fut pour les jeunes musiciens d'alors, en plus d'une découverte, une part supplémentaire de répertoire. Et parmi les danses wallonnes qu'on y trouvait, figuraient des airs empruntés aux répertoires de Henri SCHMITZ et Elisabeth MELCHIOR, musiciens de tradition de Wallonie. Les voici réunis aujourd'hui sur cet enregistrement. C'est le père de Henri SCHMITZ qui apprit le violon à son fils, et ce dès l'âge de dix ans. Ce dernier descend ensuite travailler à LIEGE vers l'âge de 18 ans. A cette époque, il joue déjà, dans les bistrots bien sûr, mais aussi dans les cinémas, en accompagnement direct de l'image. La guerre 40 survient et son violon, celui de son grand-père, disparaît. S'ajoute à cela l'affaiblissement du rôle social du musicien, et Henri SCHMITZ cessera de jouer. C'est le "revival" folk qui le rebranchera, du festival de CHAMPS jusqu'aux U.S.A. Né le 10 août 1904, ardoisier de son métier, Henri SCHMITZ est décédé le 4 octobre 1977. Dernier témoin d'une tradition ancestrale, il représentait la fin de trois générations de ménétriers. Son père avait d'ailleurs connu Constant CHARNEUX (voir n°11), et l'on discerne une filiation entre eux deux, un style commun et des constantes dans le répertoire.
 
2 Basile LIGNIER, Le ramoneur ed'cheminées
Chant. ZERABLES (62). Enregistré le 9 décembre 1983.
C'est suite à des informations émanant de Mr EURIN (voir n°12) que nous nous sommes rendus dans cette petite région particulièrement préservée du Pas-de-Calais, la vallée de la Course. Alfred parlait de vielles et de cornemuses et si l'on en croit sa chanson, cette vallée a du abriter des joueurs de PIPASSA. C'est l'une des micro-régions du Nord/Pas-de-Calais qui devrait apporter le plus de révélations dans les années à venir, si les enquêtes se poursuivent.Une brève rencontre avec Mr Basile LIGNIER nous a permis d'enregistrer deux chansons à caractère érotique, dont la présente version du "ramoneur  ed' cheminées", provenant sans doute du cahier de chansons du grand-père de Basile. Les chansons axées sur le thème érotique du Ramoneur sont nombreuses, et certaines sont assez anciennes. Ainsi Nicollé des Celliers d'HESDIN (de Beauvais, en fait) qui compose vers 1530 une chanson rustique "Ramonez ma cheminée". Vers 1540, on note aussi une "Fantaisie érotique sur le cri du ramoneur" de Pierre de VILLIERS (voir G. DOTTIN, la chanson française de la Renaissance, p. 42 et 48).
 
3 Valentin KLOPOCK, dudy et Ignace KRCZEZINSKI, violon : Deux Okrangwè
Dudy Poznanskie et violon. OIGNIES (62). Enregistrés en 1960. 
Copie communiquée en 1983 par Théodore KLOPOCKI. Les deux airs présentés ici sont extraits d'une bande magnétique réalisée en 1960 par le propre fils du cornemuseux. Théodore KLOPOCKI disposait à l'époque d'un matériel d'enregistrement semi-professionnel, et si l'on tient compte de la date de la prise de son, et du milieu social où eut lieu ce "collectage avant la lettre", on peut qualifier cet enregistrement (tout du moins à l'écoute de la bande mère) de tout à fait exceptionnel, tant par la qualité que par la rareté d'un tel document. Le duo traditionnel DUDY / SKRZYPCE (cornemuse / violon) y est ici pleinement mis en valeur par la virtuosité des instrumentistes et par le contexte : une fête de famille. Manifestation d'une culture transplantée, cette musique appartient à la communauté polonaise installée dans le Nord / Pas-de-Calais depuis les années 20. La pratique de cette cornemuse n'a disparu que depuis peu de temps, car les derniers joueurs de DUDY, qui furent nombreux dans le bassin minier, exerçaient encore vers 1972. En l'attente d'un ouvrage complet sur le sujet, on peut tout de même avancer que les deux danses choisies pour cette cassette doivent être des OKRAGLY (prononcer Okrangwè), nom donné en Grande Pologne à l'OBEREK. La cornemuse est du type BOCK (pied simple à perce cylindrique et anche simple), de petit format type Poznanskie (région de POZNAN) et équipée d'un soufflet à bourdon deux fois replié sur lui-même. Quant au violon, il se joue à l'octave supérieure grâce à un capodastre de fortune placé au niveau du talon. La tenue de l'archet se fait à pleine main. Notons enfin que les similitudes avec certaines danses du centre de la France sont frappantes. 
 
4 Jehan LANVIN, Deux parties de quadrille
Accordéon diatonique. TENEUR (62). Enregistré le 15 septembre 1982, lors du tournage vidéo.
G.D. : "C'est pendant l'hiver 1981 que nous avons pu rencontrer pour la première fois Jehan LANVIN. Il est né en 1906 dans une famille d'accordéoneux, est célibataire et vit avec sa sœur, Mme Yvonne DUCROCQ. Il a appris à jouer avec son père. Aucun d'eux ne connaissait la musique. Jehan le fils a, pour sa part, beaucoup appris à la porte même des bals ; il écoutait puis, rentré chez lui, s'essayait à reproduire, "d'tête", les airs entendus, sur son premier accordéon hérité en 1917 (il a alors 11 ans) de son oncle. Un peu plus tard, il achètera pour 150 F un autre accordéon à MONTREUIL sur MER, et enfin en 1937, un "MAUGEIN" de Tulle, reçu par la poste avec en cadeau la partition de "La chanson des chômeurs". Les occasions de jouer étaient surtout les fêtes locales ou des environs (Anvin, Heuchin, etc…) ; mais de temps en temps, Mr LANVIN et la famille allaient jouer sur les hauteurs, à la sortie du village ; pour le plaisir, quand il faisait bon. "Au carnaval j'ai fait un mariage là, on était à 25, pis on est arrivé à ANVIN, j'ai joué la Polka-marche et pis j'étais en tête et l'bal était plein, quand qu'ils nous ont vu arriver, ya pu personne qui a dansé, on a fait l'tour du bal, on éto à 25 à l'queue leu leu hein, et pis alors ej'jouais la "Scottische". Parmi des airs qu'on peut dater d'entre les deux guerres, et qui étaient très répandus de son "jeune temps", on trouve également dans le répertoire de Mr LANVIN des airs plus anciens qui, selon lui, remontent au moins à la fin du siècle dernier, car son père les jouait avant lui : polkas, mazurkas, schottisches, quadrille, et même quelques compositions de lui-même ou de son père (la valse polonaise, polkas, mazurkas, etc.). Depuis 1981, nous sommes retournés bien souvent rendre visite à nos amis. Nous avons "réajusté" l'accord du Maugein, en respectant, à la demande de Mr LANVIN, "l'ancien ton" de l'instrument ; nous lui avons fourni des copies d'enregistrements ; nous avons dégusté la compote de pommes maison, apprécié "l'tabac d'planteur" et le jambon de pays. Ce qui nous semble plus important dans tout cela, c'est aussi le fait que Mr LANVIN se soit depuis remis à jouer régulièrement." 

 

5 Léopoldine HOCHART,  Trois demoiselles […]/ Trois jeunes filles […]
Chant. VERCHOCQ (62). Enregistrée en septembre 1978.
J.J.R. : "Mme HOCHART fait partie d'une famille de chanteurs et musiciens. Elle chante depuis son plus jeune âge et bon nombre de titres de son répertoire ont été appris auprès de ses oncles et de sa grand-mère. D'autres ont été appris sur partition, ces "feuilles volantes" qui servaient à la diffusion des tubes avant le microsillon, la radio et la télé. Léopoldine HOCHART est dotée d'une excellente mémoire, et son répertoire est essentiellement constitué de chansons réalistes du début du siècle ou plus tardives. Elle connaît aussi quelques comptines, et deux chansons sur le thème des "Trois jeunes filles qui ont tant dansé qu'elles ont usé leurs souliers". Comme souvent, ce fonds traditionnel était relégué au plus profond de sa mémoire, et n'apparaîtra qu'après qu'elle ait "puisé" son répertoire habituel, plus récent. D'où la nécessité de ne pas s'arrêter trop vite dans un collectage sous prétexte que le répertoire est moderne ; les phénomènes de mémorisation sont agencés de telle sorte qu'il faut percer une à une les strates de souvenirs pour parvenir aux chansons traditionnelles (à condition, bien sûr, que l'informateur ait été baigné dans ce répertoire durant son enfance)."

 

6 Robert LAPOTRE, Deux airs
Epinette. FESTUBERT (62). Enregistré le 7 août 1981.
Les joueurs d'épinette étaient, semble-t-il, très nombreux dans le Nord, si l'on en juge par les instruments retrouvés, bien souvent usagés. Mais il est rare de rencontrer quelqu'un pratiquant toujours cet instrument. Pour la plupart de ces musiciens, et comme le confirment les méthodes de l'époque, le répertoire se composait essentiellement d'airs à la mode, de pièces extraites d'opérettes ou du répertoire lyrique, de valses de Vienne, etc. On retrouve fréquemment des titres tels que "Les millions d'Arlequin", "La sérénade de Tosselli", "Les Saltimbanques" ou "Je t'ai donné mon cœur ». C’est le cas du père de Mr Lapôtre, qui, né en 1895, jouait déjà très jeune (dès l'âge de 7 ans). A 12 ans, sa mère lui achètera, à LILLE, sa première épinette, alors qu'il travaille déjà "au fond". Une COUPLEUX sur laquelle, en plus du répertoire cité plus haut, il jouait pour faire danser, au point d'être invité dans les mariages. C'est avec cet instrument que Robert LAPOTRE, fils du précédent, joue ici deux airs que nous n'avons pas complètement identifiés (encore que les paroles de la première parlent de "la ruelle de nos amours"). Précisons que Mr LAPOTRE accorde son épinette en Do majeur, l'accord parfait comme il le dit lui-même. Un ouvrage important sur les épinettes du Nord est en préparation et apportera bientôt des informations supplémentaires concernant l'histoire de cet instrument populaire, sa facture et sa pratique.
 

7 Raymond DECLERCK, Il a perdu son Katchoula (voir la vidéo plus bas)
Harmonica. DUNKERQUE (59). Enregistré le 26 mai 1985.
Raymond DECLERCK est né en 1925 à Cappelle la Grande. Il joue de l'HARMONICA et chante depuis son enfance. Sans discontinuer, il anime toujours les réunions de famille. Dans sa jeunesse, il a participé à de nombreux "CROCHETS" (concours de chant), et depuis le début de sa retraite, il a commencé une "carrière" de chanteur flamand, sa langue maternelle. "Il a perdu son Katchoula" est une mélodie roumaine que jouait son père Marcel, lui aussi harmoniciste. Il l'avait apprise durant la guerre des Dardanelles, entre 1915 et 1918. 
 
8 Mr BEKER, Chant de quête
Chant et rommelpot. SOIRON (B). Enregistré entre 1973 et 1976.
Un "ROMMELPOT" se fabriquait avec une vessie de cochon et un pot à beurre. On ne racontera pas une nouvelle fois comment cet instrument fonctionne, toujours est-il que ce procédé de construction était encore connu au temps de la jeunesse de Mr BEKER. Au moment de l'enregistrement, il est agriculteur à AUBEL. Du point de vue linguistique, la région d'AUBEL (voir carte, n° 21)  est une zone frontalière, où l'on parle à la fois le français et le flamand. Le patois d'AUBEL qu'on entendra ici est un mélange de ces deux langues. Il s'agit d'un chant de quête, que les enfants chantaient à l’Épiphanie en s'accompagnant du rommelpot, tandis que les gens leur donnaient des "friandises" (bouts de lard, de pain, de fromage).
 
9 Elisabeth MELCHIOR, Scottisch / Polka / Valse
Accordéon diatonique. WALQUES (B). Enregistrée vers 1974.
Tout comme pour Henri SCHMITZ, cet enregistrement se situe à l'époque des premiers stages en Belgique, de la découverte de ces musiciens, et parfois même de leur participation à ces stages. Leur implication dans le renouveau Folk débouchera même sur certains voyages, jusque dans le Wisconsin ! La pratique de leur instrument avait pourtant été interrompue pendant de longues années ; dans le cas de Mme MELCHIOR, ce n'est qu'à l'époque de l'enquête de Françoise LEMPEREUR dans le pays de MALMEDY qu'elle s'était remise au diatonique. Mme MELCHIOR avait elle aussi appris de son grand-père ; lui aussi était ménétrier professionnel. Et comme dit Rémy DUBOIS : "Il y a chez les vieux musiciens ce "truc en plus" que tu ne pourras jamais leur piquer". 
 
10 Victor BETREMIEUX, Feux d'artifice
Mandoline. BIACHE St VAAST (62). Enregistré le 23 novembre 1983.
Difficile de réunir des témoignages de musiciens du Nord sans y inclure un petit air de mandoline. Cet instrument très à la mode au début du XXe siècle est encore très pratiqué au sein des orchestres polonais. Certains ensembles sont d'ailleurs exclusivement composés de mandolinistes. Au contraire, l'air que nous interprète ici Mr BETREMIEUX ("feux d'artifice", sans doute) appartient au répertoire français. Mr BETREMIEUX joue également du BANJO mais préfère sa mandoline. Il est né en 1913, et bien qu'il connaisse la musique et s'en soit servi comme système de mémorisation, il a appris ce morceau d'oreille d'après un chant. 
 
11 Constant CHARNEUX, violon à buzette et Mme GENOTTE, acc. chromatique : Valse (allemande de Burnontige) / Maclotte / Scottich
Hemroulle (B) et Jupille (B), enregistrés en 1973
Mr CHARNEUX, ouvrier agricole de profession, était violonneux. Il animait les bals, d'abord au violon puis plus tard avec sa "sirène d'amour", autrement dit son violon à pavillon. Constant CHARNEUX était né en 1884, et son père était également ménétrier ; or, c'est pratiquement dans cette même région des Ardennes qu'exerça le ménétrier et maître à danser Jean Guillaume HOUSSA, originaire de SOY (voir carte, n° 20). Son cahier, partiellement daté de 1848, est conservé au musée d'Arlon.  Mr CHARNEUX est décédé en 1975, à l'âge de 91 ans, mais il avait beaucoup voyagé, et vers la fin de sa vie, il avait rencontré Mr et Mme GENOTTE qui s'occupaient d'un groupe folklorique près de LIÈGE. Leur répertoire s'inspirera alors pour une petite partie de celui de Constant, qui jouera d'ailleurs avec eux dans l'animation musicale du groupe. Lors de cet enregistrement, Mme GENOTTE était âgée de 70 ans et on l'entend ici à l'accordéon chromatique.
 

12 Alfred EURIN, Quand j'allos m'ner m'vaqu' al pâture
Chant. HAMBLIN LES PRES (62). Enregistré le 7 décembre 1983.
C. E. : "Alfred EURIN, 77 ans, a appris cette chanson de Jules LIGNIER, son auteur avec qui il fut berger à Bezinghem, près de Montreuil sur mer. Il se souvient des nombreux musiciens de sa région, de "Baudet" le joueur de tambour et sa grelottière, d'un vielleux à Preures, des joueurs de piston et d'accordéon, des violoneux "des bas", Léon VALOIS et Jules LIGNIER. Ce dernier semble avoir été un musicien réputé : chansons, violon, accordéon, et bricoleur d'instruments, telle une certaine "Flahute" aménagée d'une vessie de porc" On notera l'allusion, dans le 10e couplet, à la PIPASSA, cornemuse régionale qui n'a pas encore été retrouvée. Mais le fait que ce chant ait été composé par Jules LIGNIER rend cette référence encore plus actuelle. Dans le Nord / Pas-de-Calais, le patois variant constamment d'un village à l'autre, il nous est souvent très difficile, même étant originaires de la région, de comprendre absolument tout ce que disent les vieilles personnes.
 
13 Achille MATTO, Amoureuse
Saxophone. XHORIS (B). Enregistré entre 1973 et 76.
Dans sa jeunesse, Mr MATTO avait appris la clarinette ; mais très vite, il abandonnera cet instrument pour se mettre au SAXOPHONE, plus adapté à la musique des années 20 (fox-trot, etc.). Son grand-père jouait déjà (de l'accordéon) et c'est de lui qu'il apprendra quelques danses de bal, y compris ce qu'on appelle les "petites danses", AMOUREUSES, MACLOTTES, PASSEPIEDS, etc., suites de danses qui, à un moment donné du bal, étaient dansées par les vieux en costume. C'est cette atmosphère et cette époque que Mr Achille MATTO évoque ici avec nostalgie, entre deux reprises d'une "Amoureuse";
 

14 Jean CORNU, Valse tyrolienne / Marche
Accordéon diatonique. FRUGES (62). Enregistré le 30 octobre 1983.
L'enregistrement présent a été réalisé presque au pied levé, pendant le concert donné au théâtre d'ARRAS en octobre 1983, lors des rencontres de collecteurs. Instant mémorable, car Jean ne nous avait pas donné confirmation de sa participation, ce qui explique le caractère un peu improvisé de la prise de son. Mr CORNU, né en 1925 à Créquy, est normalement batteur dans une petite formation locale. S'il jouait du diatonique, c'était juste pour s'amuser. Et pourtant, son jeu illustre bien la virtuosité des accordéonistes du Nord, alors que lui ne joue en fait que sur un tout petit 2 rangs "Gallota". Son père qui était colporteur jouait lui aussi du diatonique, mais à une rangée, tandis que Jean joue presque constamment en "croisé". Nous nous étions rencontrés par hasard en octobre 82, lors d'un bal folk, et depuis, Mr CORNU a participé à diverses animations, au Festival International d'accordéon de la COURNEUVE (juin 83), à une télé (FR3, mars 84) et à ce concert d'ARRAS dont sont extraites la Valse tyrolienne (de sa composition) et la marche qu'on entend ici. C'est Daniel OGER qui l'accompagne à la guitare.
 
15 Toussaint CARON, Ech' tiot bossu
Chant. CANTIN (59). Enregistré le 12 juin 1983.
J.J.R. : "Lors de ce banquet, Toussaint CARON était âgé de 58 ans. A chaque mariage ou occasion du même genre, il gratifie l'assemblée de son "tube", le "p'tiot bossu", chanson qu'il a apprise de Nicolas PUVOST, ouvrier verrier à ANICHE, qui lui-même la tenait de tradition familiale. Toussaint fait partie de cette catégorie de chanteurs au répertoire très restreint, une ou deux chansons dont ils sont les détenteurs et interprètes exclusifs : personne d'autre n'aurait l'idée de la chanter à leur place parmi l'auditoire qui, bien souvent, connaît les paroles par cœur. Et on leur réclame ce truc là (et pas un autre) dans les occasions qui s'y prêtent. C'est une tradition encore vivace dans les familles de la région, mais il est rare que le "tube" en question soit une authentique chanson traditionnelle, comme c'est le cas ici. (De plus, il ne s'agit même pas d'une chanson paillarde.)". Le procédé de cette chanson consiste, entre autres, à modifier la syntaxe et la conjugaison afin que la rime en "U" soit conservée. Quant à la formule mélodique à la quarte descendante, on la multiplie ou on l'abrège autant de fois qu'il est nécessaire pour pouvoir caser toute la phrase. La moyenne est de 2 fois, mais ce système varie de 1 à 5 fois. Le refrain, repris en cœur, autorise bien sûr une autre fin de phrase.
 

16 Marcel LEEUWERCK, La maladie d'amour
Epinette. BAILLEUL (59). Enregistré le 9 avril 1983.
J.J.R. : "Marcel LEEUWERCK est âgé de 72 ans lors de notre rencontre. C'est un flamand du Westhoek. Il nomme son instrument "épinet" et ne lui connaît pas d'autre appellation ; il joue avec un noteur et un plectre, en trémolo. Les cordes sont des câbles de frein de vélo, qu'il détord pour en obtenir les brins les plus fins ; les cordes sont sous-tendues, ce qui donne un son assez caractéristique. Le premier instrument qu'il ait possédé (vers l'âge de 12-13 ans) avait une caisse chantournée et était, nous dit-il, "très bien faite". Cette épinette a été perdue lors de sa captivité en Allemagne. Les trois instruments qu'il possède actuellement sont de facture rudimentaire (contreplaqué) et comportent un clavier diatonique avec deux degrés supplémentaires (FA dièse et DO dièse). Ils sont munis de trois chanterelles. Une seule des trois épinettes possède deux bourdons". La fonction première de l'épinette est ici parfaitement évidente : instrument populaire par excellence sur lequel même les chansons les plus récentes peuvent être interprétées, comme cette "Maladie d'amour" bien connue.
 
17 Désiré EVRARD, Valse
Harmonica. LILLERS (62). Enregistré en décembre 1985.
C.E. : "Désiré EVRARD, 75 ans, passe toute sa jeunesse à MERVILLE (Nord). Durant cette période, son père, joueur d'accordéon diatonique, l'initie à cet instrument. Il en joue jusqu'à la guerre. Son répertoire : les vieux airs de son père, valses, polkas, schottisches, mazurkas et les airs à la mode qu'il joue tous d'oreille et pour le plaisir. Il est très connu pour son caractère de boute-en-train et de bon danseur. Parallèlement, il joue de l'HARMONICA -ici du HOHNER chromatique- et de quelle façon ! Il anime encore le club des aînés. Il a appris cette valse en captivité pendant la guerre et … sur partition ! mais ne se souvient plus du titre."  Il s'agit peut-être du collectage le plus inattendu de cette cassette, car cette valse jouée ici par Mr EVRARD, hormis le fait qu'elle ait été enregistrée très récemment, était déjà bien connue des amateurs de bal folk dans le Nord, par une version quasiment identique apprise de nos amis du Centre.
 
18 Mr VINCENT, Deux valses
Accordéon. DEIGNE-REMOUCHAMPS (B). Enregistré entre 1973 et 76.
Mr VINCENT jouait de l'accordéon diatonique à Deigné mais n'a jamais fait de bal au sens professionnel du terme. Lorsque les "pros" venaient, que ce soit l'accordéoniste de métier ou l'orchestre de cuivres, lui ne jouait pas. Par contre, il animait les "bals de village", ces petites réunions entre soi, à dix personnes, dans l'arrière salle du café. Il jouait sur un SOPRANI trois rangées diatoniques à basses chromatiques. Il est plus que probable que la seconde des deux valses qu'on entend ici soit d'origine portugaise.
 
19 Marie-Thérèse MENÉ, Les surnoms du Fort Ph'lippe
Chant. GRAND FORT PHILIPPE (59). Enregistrée le 10 janvier 1986.
C'est l'enregistrement le plus récent de ce recueil, preuve s'il en fallait de l'intérêt et de la nécessité du collectage aujourd'hui. Mme MENÉ interprète une chanson "sur l'air de…" et le "timbre" est celui du Mirliton que chantait Maurice CHEVALIER. Les paroles, d'un auteur inconnu, sont consacrées aux surnoms que se donnaient les habitants de Grand Fort Philippe, un port de pêche autrefois très actif près de GRAVELINES. Mme MENÉ n'est d'ailleurs pas épargnée par cette tradition des surnoms, car celui de sa propre famille, c'est BOSSU. Mme MENÉ a elle-même composé nombre de chansons en patois pour les carnavals (elles ont été relevées par Mr DUPAS, qui réalise un ouvrage sur le sujet). Et laissons à Marie-Thérèse MENÉ le soin de conclure : "Pourtant c'est ça qui fait l'charme ed'nous pays, ca prouve in tout cas qu'ou z'avons ben d'l'esprit."

Les enquêtes et enregistrements ont été réalisés par :
Rémy DUBOIS et Colette ROBERT (n° 1, 8, 9, 11, 13 et 18) ; Jean-Jacques REVILLION† (n° 5, 15 et 16) ; Gaby DELASSUS et Patrick DELAVAL (n° 2 et 4) ; Patrick DELAVAL et Jean-Marc KLAJNY (n° 3) ; Christian EVRARD† (n° 10, 12 et 17) ; Gaby DELASSUS et Roland DELASSUS (n° 6) ; Christian DECLERCK (n° 7 et 19).

Photo de la couverture : Musiciens pour rire, TENEUR, Pas-de-Calais. (Prêt de Mr Lanvin).

pour télécharger c'est ICI

168 téléchargements au 1/6/2013

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Quelques informations complémentaires sur le violoneux wallon Constant Charneux, transmis par Agnès et Bruno :

- Deux photos ici et ici : la première photo est en fait la photo qui a servi à illustrer la pochette du LP Champs 73 , ainsi que de l'affiche de Champs 74, avec au programme sa participation "s'il n'est pas trop fatigué"
En fouinant un peu, j'ai trouvé sur le blog de son petit neveu, écrivain, un enregistrement : la maclotte de Bastogne au violon busette très certainement 
Et autrement, un lien qui atteste de la présence d'autres violons à busette dans la région de Liège.


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J'ai retrouvé  cette interprétation familiale de Il a perdu son katchoula par Raymond, Michèle et Christian Declerck.


plus d'infos ICI



Maurits Cornelis Escher


mercredi 14 janvier 2026

Jean-Jacques Révillion - Elève toi donc belle

mise en ligne le 15/5/2016
mise à jour le 14/1/2016 : ajout des notices des chansons
 
« Elève toi donc Belle », Chants traditionnels du Nord de la France. 
Jean-Jacques Révillion †, Mabidon et autres compagnons



Ce CD autoproduit à 1000 exemplaires il y a plus de 10 ans (2005) étant désormais épuisé, j’ai proposé à Christian Declerck de le publier sur le blog Mémoire du folk en Nord Pas de Calais. Je n’envisage pas en effet de réédition, et on peut considérer qu’il fait désormais partie de l’histoire de la musique traditionnelle régionale.
Chanter a toujours été pour moi un plaisir et une pratique qui faisait partie de mon quotidien. Enfant, j’ai le souvenir des réunions de familles, mariages, banquets où à la fin du repas, un ancien se levait et entonnait « sa » chanson. Devenu louveteau, le chant faisait partie de la vie en camp, lors des randonnées ou veillées. Adolescent, quand j’ai commencé à jouer de la guitare avec les copains, j’ai chanté Brassens, Hugues Aufray, les yéyés, Graeme Alwright. Puis j’ai découvert le folksong, la guitare américaine.

Christophe à gauche
Au lycée, j’ai fait la rencontre de Christophe Declercq, qui passait ses vacances en Bretagne et m’a fait découvrir le folk français naissant, avec Alan Stivell et le folkclub parisien Le Bourdon.
En 1973, notre bac en poche, on a commencé à fréquenter les folk clubs qui démarraient sur Lille : Les Arts et Métiers, la MJC Marx Dormoy. On y a rencontré Michel Lebreton, Philippe Margat, avec qui on a fondé un groupe qui allait devenir MABIDON (1974).
C’est avec eux que j’ai commencé à chanter les chansons de la région, avec le « Canteloube », accessible dans toutes les bonnes bibliothèques, et qui mettait à notre disposition un répertoire du Nord Pas-de-Calais Picardie dans son anthologie des chansons populaires de France (où il omettait systématiquement de citer ses sources, pouvant laisser croire qu’il en était lui même le collecteur…)
C’est à cette époque que des  chansons comme Voici la Saint Jean ou La belle est en jardin d’amour ont intégré mon répertoire. Par la suite, l’orientation prise par MABIDON vers la pratique exclusive du bal folk, le manque de demande du public pour du concert, des problèmes de voix aussi, tout cela a abouti à une mise en sommeil de mes prestations de chanteur, à part quelques chansons à danser interprétées en bal.

avec le groupe Mabidon
En 1996, j’ai participé à l’aventure des Musiciens routiniers du Nord Pas de Calais, qui a regroupé, sous la houlette de Philippe Cheval et Patrice Heuguebart une quinzaine de musiciens pour un concert centré sur la musique régionale. J’y étais sollicité en tant que violoneux et chanteur, et j’y ai retrouvé le plaisir de chanter en public. La Bière, Le petit ramoneur viennent de cette expérience  qui a donné lieu à 3 ou 4 concerts, mais dont malheureusement il ne reste aucune trace enregistrée…
Mais ça m’a donné l’envie de continuer à travailler un répertoire de chants de nos régions septentrionales à partir des collectages réalisés du XIXe siècle à nos jours. Alexandre Desrousseaux, Durieux et Bruyelle sont devenus des livres de chevet, ainsi que les collectes de l’association Marie Grauette, du Boulonnais Michel Lefèvre, mes collectes personnelles, tout cela constitue un fonds important que quasi personne n’interprète…

avec Patrice Heuguebart
En 2000 et 2001 j’ai été invité par Bernard Boulanger pour présenter ce travail à la Fête de la Piposa, cette association de Sailly sur la Lys bien connue des amateurs de musique traditionnelle. A la descente de scène, on m’a dit « tu devrais en faire un disque », l’idée a fait son chemin, j’ai commencé à travailler à ce projet avec l’aide, pour les arrangements, de Stéphane Couturier et Julien Biget, j’ai sollicité mes potes musiciens de Mabidon, bien sûr, ainsi que Patrice Heuguebart. On a travaillé artisanalement, en prenant du temps, l’enregistrement s’est fait « à la maison » grâce au studio mobile et à la patience de Mike Varlet. La première séance d’enregistrement a eu lieu le 4 janvier 2003, la dernière le 5 juillet 2004, juste avant que MABIDON ne fête ses 30 ans d’existence à l’estaminet des Damoiselles.
Le concert pour la  sortie du CD « élève toi donc belle » a eu lieu le 1er avril 2005 lors de la fête de la Piposa.



Ont participé à la réalisation de cet enregistrement :
- Jean-Jacques Révillion† (chant, violon, cistre, bouzouki, guimbarde)
- Julien Biget (guitare, bouzouki, arrangements)
- Philippe Cheval† (cornemuse)
- Stéphane Couturier (guitares, arrangements)
- Christophe Declercq† (violon)
- Didier Demarcq (accordéons diatoniques)
- Charles Duytschaever (batterie)
- Patrice Heuguebart (accordéon chromatique)
- Benoit Laloyaux (conception graphique pochette et livret)
- Marc Lequenne† (aquarelle de couverture)
- Mike Varlet (prise de son et mixage)
- « Foon mastering center » (mastering)


Le 10 mai 2016
Jean-Jacques Révillion †

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01 - La bière (Alexandre Desrousseaux)
- J.-J. Révillion : chant
- Patrice Heuguebart : accordéon chromatique
- Stéphane Couturier : guitare
- Charles Duytschaever : batterie
 Auteur de « l’canchon dormoire » (alias Le petit quinquin) devenu l’hymne régional des gens de ch’nord, Alexandre Desrousseau (1812-1892) était de son vivant une immense vedette en tant que chansonnier. Il a composé et écrit de nombreuses chansons où il traitait de la vie quotidienne des petites gens et des ouvriers Lillois, milieu dont il était issu. Il a écrit les paroles de cette chanson sur un air connu à l’époque (« Allons trotte, trotte Javotte ») comme cela se faisait fréquemment dans ce temps là . Son œuvre a été publiée en cinq volumes sous le titre « chansons et pasquilles lilloises » et a fait l’objet de multiples rééditions, témoignant de la popularité du personnage à une époque où les mass médias n’existaient pas. Cette chanson est un hymne à la gloire de la boisson préférée des chtimis, le jus d’houblon. Le rythme de marche originel un peu martial a été transformé en valse ma foi fort agréable à danser. 

02 - Un jour à la promenade (trad.)

- Julien Biget : bouzouki

- Stéphane Couturier : guitare

- JJ Révillion : chant 

Desrousseaux, homme du peuple, a aussi recueilli les chansons traditionnelles de la région de Lille. Il a publié ses recherches dans l’ouvrage « Mœurs populaires de la Flandre française » en 1889. Il y décrit une terre du Nord riche de traditions, avant l’ère industrielle et les deux conflits mondiaux du XXe  siècle qui ont tant remodelé notre région. Voici ce qu’il dit à propos de cette chanson : « cette ronde, qui est à peu près oubliée aujourd’hui, était très populaire à Lille au temps où l’industrie de la dentelle y était florissante. Il y a une quarantaine d’années, des filles et des garçons la chantaient tous les soirs, au printemps et en été, dans nos rues. »
 
03 - Le galion d'Espagne / En attendant mieux (trad./JJR)

- JJ Révillion : violon, chant.

- Julien Biget : guitare.

- Christophe Declercq : violon.

- Didier Demarcq : accordéon diatonique.

Cette chanson de corsaire provient d’un cahier de chant manuscrit daté de 1788, originaire de St Omer, et déposé à la bibliothèque de Boulogne-sur-Mer. C’est Michel Lefèvre, infatigable collecteur de chansons maritimes du Boulonnais, qui a retrouvé ce document. La mazurka qui suit a été composée pendant ma période de conscription, d’où le titre.


04 - Le petit ramoneur (trad.)
- JJ Révillion : chant.
- Patrice Heuguebart : accordéon chromatique. 
Collectée à Zérables (62) en 1983 par Gaby Delassus et Patrick Delaval auprès de Basile Lignier, cette chanson témoigne de l’activité de collectage déployée dans la région dans les années 1980. À notre surprise, nous avions alors découvert que la tradition orale, du moins dans le domaine de la chanson, ne s’était pas arrêtée au début du XXe siècle. Ces recherches ont fait l’objet d’une diffusion par l’association « Traces » dans une cassette et un livret publiés en 1986, et depuis longtemps épuisés. Cette chanson se rattache à la tradition des textes à double sens érotique.

05 - Elève toi donc belle (trad.)
- JJ Révillion : bouzouki, chant.
- Stéphane Couturier : guitare. 
Recueillie en Artois, elle a été publiée en 1868 par Achille Durieux (1826-1893), archéologue des beaux-arts, dans le second volume des « Chants et chansons populaires du Cambrésis ». Le premier volume était paru en 1864, et co-signé avec Adolphe Bruyelle (1811-1875), chercheur érudit demeurant lui aussi à Cambrai.
Suivant l’air du temps et la circulaire Fourtoul, de nombreux érudits se sont lancés en France, au XIXe, dans la collecte des chansons traditionnelles. Ils s’intéressaient surtout à l’aspect littéraire et musical. La fonction sociale de ce répertoire a été le plus souvent négligée, les informateurs sont rarement cités et les danses jamais notées. De vagues indications (rondes dansées, danse en rond…) sont parfois données, insuffisantes pour reconstituer le type de danse pratiqué. Ici Durieux parle d’une ronde, il s’agit donc bien d’une chanson à danser, comme en témoignent les paroles à répondre et le caractère de la mélodie.

06 - L'assassinat (Georges Brassens)
- JJ Révillion : cistre, chant.
- Julien Biget : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
On la croirait traditionnelle, cette complainte, colportée de ville en ville par les chanteurs de rue, pour émouvoir les foules, avec ses paroles édifiantes et sa fin morale. Mais c’est du Brassens pur jus, dont on reconnaît le coup de griffe final à la bien-pensance : « certains dévots depuis ce temps sont un peu mécontents. » Voici ce qu’en disait René Fallet, l’ami fidèle de Georges : « L’assassinat pourrait être daté de 1848 ou 1865. Georges Brassens a repris là un genre abandonné, celui de la complainte, ces complaintes que chantaient les colporteurs en désignant d’une baguette une série d’images plus ou moins d’Épinal illustrant leurs couplets. ». C’est ni plus ni moins que la description de Brûle-Maison, fameux chansonnier Lillois du XVIIIe siècle.

07 - Gambrinus (J.-J. R.)
- JJ Révillion : violon.
- Julien Biget : mélodéon.
- Christophe Declercq : violon. 
Du plus loin qu’il me souvienne, je nous revois, avec Christophe, en train de jouer ce morceau qui est sans doute la toute première mélodie qui me soit venue au bout de l’archet. Gambrinus est, selon la légende qui court dans nos contrées, un roi des temps anciens, inventeur de la boisson préférée des Chtis : la bière. Ce titre est aussi une référence aux Géants de nos villes de Flandres, autre emblème de notre région. Les villes d’Armentières (59) et de Béthune (62) ont choisi Gambrinus comme géant. Il est souvent représenté comme un barbu débonnaire, la chope à la main, chevauchant un tonneau de bière.

08 - Jésus s'habille en pauvre (trad.)
- JJ Révillion : violon, chant.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Chanson traditionnelle publiée par Joseph Canteloube dans son « anthologie des chants populaires français » à la rubrique « Picardie ». Canteloube (1879-1956), compositeur français ayant transcrit et « harmonisé » un grand nombre de chansons traditionnelles, prospecté en centre France, mais pas, à ma connaissance, dans les régions du Nord. Les chants de la région publiés dans son anthologie sont des repiquages de collectages plus anciens (cf le n°9). J’ignore à qui il a emprunté ce chant qui s’apparente aux chants de quête. 


09 - Voici la saint Jean (trad.)
- JJ Révillion : violon, chant.
- Julien Biget : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Publiée également par J. Canteloube, (mais empruntée, sans citer sa source, à Achille Durieux 1868) ce chant à danser du Cambrésis est la première chanson traditionnelle locale que j’aie apprise (si on excepte Le petit quinquin et la berceuse du n°11!), quand j’ai attrapé le virus de la musique traditionnelle vers 1973. Le « Canteloube » était en effet facilement accessible, on le trouvait dans toutes les bibliothèques des collèges et lycées de France. J’allais par la suite découvrir de Coussemaeker, Desrousseaux, Durieux et Bruyelle, etc. ainsi que les joies du collectage. L’arrangement originel à 2 violons (toujours avec Christophe) a été renouvelé par l’adjonction de Julien à la guitare et de Didier au diatonique pour une nouvelle version qui me plait décidément beaucoup.

10 - La belle est en jardin d'amour (trad.)
- JJ Révillion : chant. 
Toujours extrait de l’anthologie de Canteloube, une version picarde d’un thème très répandu dans toutes les régions francophones. J’en ai déjà entendu une version très proche collectée au Québec dans les années 1970. Je n’ai pas résisté à l’envie de la chanter a capella, ce qui était traditionnellement la manière la plus fréquente d’interpréter ce répertoire.

11 - Berceuse / Alfred le chien (trad/JJR)
- JJ Révillion : chant, violon.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Cette berceuse est la première chanson traditionnelle que j’aie jamais apprise. Je la tiens de tradition orale familiale, puisque c’est Marcel Balland, mon grand-père maternel qui me la chantait pour m’endormir, lorsque j’étais enfant. 
La scottische qui suit porte le nom du chien qui a suivi fidèlement Mabidon à ses débuts : il s’installait sous ma chaise à chacune de nos prestations, attendant sagement que son maître ait fini pour repartir avec lui. C’était un mélomane, il ne hurlait pas au loup quand je jouais du violon.

12 - Mon père m'envoie t'à l'herbe (trad.)
- JJ Révillion : chant, cistre.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
Originaire de l’Artois et du Cambrésis, cette chanson a été publiée par A. Durieux en 1868. L’arrangement permet d’entendre sonner un instrument qui a été très répandu dans les régions du Nord au XVIe puis au XVIIIe siècle : il s’agit du cistre français, qu’on entend également sur « L’assassinat », au n°6. Cet instrument est de la même famille que la cetera corse, la guitare de fado et l’English guitar.

13 - Les trois demoiselles / La mandoline (trad./trad.)
- JJ Révillion : chant, violon.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
J’ai collecté cette chanson en 1978, à Verchocq (62) auprès de Léopoldine Hochart. Dotée d’une belle voix et d’une excellente mémoire, elle possédait un vaste répertoire de chansons réalistes et populaires de la fin XIXe début XXe qu’elle avait apprises de ses oncles et de sa grand-mère, ou sur « feuilles volantes » (ces petits formats qui servaient à la diffusion des tubes avant le développement des mass médias). Ce n’est qu’après avoir épuisé ses strates de souvenirs plus récents que sont remontées à la surface quelques chansons issues du fonds traditionnel, dont cette version des 3 jeunes filles aux souliers usés. Elle a été publiée dans la cassette de collectage de l’association « Traces », tout comme la scottische qui suit, collectée par Rémy Dubois auprès d’un des derniers violoneux de tradition wallons, Henri Schmitz. C’est un souvenir des échanges fructueux que nous avons eus avec nos amis belges, dans les années 75-80, époque où nous avons découvert un répertoire de violon traditionnel proche de chez nous, violoneux du Nord. Dans notre région, la pratique du violon traditionnel semble s’être arrêtée bien plus tôt dans le temps d’après les rares témoignages retrouvés (avant 14-18).
 
14 - La belle aperçoit une barque (trad.)
- JJ Révillion : chant.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
L’historien et folkloriste boulonnais Ernest Deseille a recueilli ce chant de marin et l’a transcrit dans un manuscrit intitulé « les gaités boulonnaises » rédigé vers 1880. La mélodie a été reprise du recueil de chant du Petit Journal paru en 1866. Le thème de cette chanson est très répandu dans toutes les régions francophones. Il constitue une allusion métaphorique de la conquête amoureuse. À la même époque coexistait un répertoire beaucoup plus explicite : il s’agit de cet immense répertoire de chansons paillardes que les folkloristes du XIXe siècle ont systématiquement censuré, mais auquel ils font régulièrement allusion dans leurs préfaces comme en témoigne cet extrait de Desrousseaux : « Nous avons gardé en portefeuille des chansons, des rondes, et des couplets très populaires chez nous (…) dont certains passages auraient dû être supprimés ».

15 - Le chemin d'Emblise / La rue de l'égalité (JJR/JJR)
- JJ Révillion : violon.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique. 
Un air en 6/8 pour faire danser les gens. Après différents essais en bal, nous avons trouvé que c’était le rondeau gascon qui convenait le mieux. J’espère que les gascons ne nous en voudront pas trop d’avoir importé en Septentrion une de leurs danses préférées. Mais la pratique du bal folk (qui fait fureur dans la région depuis des années !) réserve parfois des surprises : certains danseurs peu avertis sont en effet persuadés que « la » bourrée, et la Cochinchine sont des danses typiquement flamandes.

16 - Le voyage à Maurice (trad.)
- JJ Révillion : chant, bouzouki.
- Philippe Cheval : cornemuse.
- Stéphane Couturier : guitare.
- Christophe Declercq : violon.
- Didier Demarcq : accordéon diatonique.
C’est la seule chanson qui ne soit pas issue des régions Flandres-Artois-Hainaut-Cambrésis-Picardie. Elle a en effet été collectée en Normandie, à Granville en 1980, auprès d’un Terre-Neuvas et Cap-Hornier de Granville, le capitaine Marcel Touquerant. Le Chasse-Marée l’a publiée en CD dans le volume 14 de son Anthologie des chansons de mer. C’est là qu’elle m’est tombée dans l’oreille et que je l’ai adoptée. 

17 - Tiens tiens tiens voilà Jean qui vient (trad.)
- JJ Révillion : guimbarde.
Celle-là, je la dédie tout particulièrement à Roland et Marcelle Delassus, ainsi qu’à Marie Grauette, qui ont réalisé un gros travail de collectage en Artois dans les années 70-80. Cette chanson faisait partie du répertoire de mamie Ginette, la grand-mère de Roland. On peut la danser en polka.



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