dimanche 28 septembre 2025

Pierre Lobert, premier pirate radio… du Nord

mise en ligne le 30/6/2017
mise à jour le 6/3/2023 : ajout d'un lien vers Phonobase
mise à jour le 28/9/2025 : ajout du minutage de l'émission + quelques photos et informations complémentaires


magasin Radio-Nord, rue Neuve devenue rue du Président Wilson
collection personnelle


En 1933, Pierre Lobert (1906-2002), radio électricien installé rue Neuve à Dunkerque, utilisait les interruptions d'antenne de Radio PTT Nord, entre 11h et midi, pour diffuser des disques. Cela a duré deux ans, avant que les PTT viennent interrompre la diffusion.

les baraquements sur la place du Palais de Justice, CP-photo Joseph Top
collection personnelle

Après la guerre, son magasin provisoire est installé place du Palais de Justice, dans la "cité commerciale". Mais c'est à Malo, place Delta, dans son appartement aménagé en studio (pour corriger l’acoustique des tentures noires avaient été mises en place par les pompes funèbres) que se fait le premier enregistrement du carnaval dunkerquois, d'après le témoignage de Jean Wispelaere qui y a participé (article VdN 2/3/1996). Il fait graver les disques 78 tours bien connus des collectionneurs, et des carnavaleux. Il est joué par l'orchestre dirigé par Alex GROUX (1903-1957), arrangement d'Albert Cousu, soliste Albert Truquet (1925-1983).


deux versions des enregistrements du Carnaval
à gauche celle de 1946
collection personnelle

à écouter sur Phono base ICI


réédité en 45 tours quelques années plus tard
le fichier mp3 ICI
collection personnelle


Vous retrouverez toutes ces infos, et d'autres dans l'émission d'Antoine Quaghebeur, diffusée sur Radio Uylenspiegel le 27 juin et disponible ICI

Sommaire de l'entretien avec Pierre Lobert
 

01'31 - Dès 1930, à la demande de René Louis Peulvey (1888-1976), industriel dunkerquois nommé directeur général, Pierre Lobert devient le délégué régional de Radio Luxembourg créée deux ans plus tôt. Il diffuse des émissions en direct, via une ligne téléphonique, depuis un café de la place Jean Bart. A partir de 1949, les émissions sont enregistrées sur disques 78 tours au cinéma le Palais Jean Bart, place de la République.
 

 
08'17 - 1948, les premiers essais de réception de la télévision à Dunkerque, sur un téléviseur construit par P. Lobert, avec l'aide du directeur des Chantiers de France et les pompiers de la ville pour installer un pylône en face de la salle des pompiers.
 
14'29 - 1949, le discours par le maire de Bergues, Henri Billiart, pour la remise de la croix de guerre à la ville.
 
27'00 - 1948 discussion avec le général Gilson à propos de l'avenir de la télévision en France.

32'04 - vers 1930 une radio-pirate dunkerquoise, 1ère saisie d'une radio pirate.
 
33'09 - juillet 1954, reportage sur le lancement du pétrolier Porthos, interview de M. Lefol, directeur des Chantiers de France. On peut entendre un extrait du pas redoublé Salut aux A.C.F., composé par René Cordier.
 
source : revue Entre Nous 1959


43'29 - 1950, des airs du carillon de Dunkerque, enregistrés à Calais, joués par le carillonneur de Calais Marcel Rouillard (?), diffusés depuis le beffroi de Dunkerque, pour les fêtes du tricentenaire de la naissance de Jean Bart

46'00 - Adalbert Carrière (1921-2012), carillonneur de Bergues et Dunkerque, joue sur le carillon de Dunkerque, la Cantate à Jean Bart +  le bruit en direct dans la cabine en 1992 enregistré par Antoine.
 
48'37 - 1946, premier enregistrement du carnaval dunkerquois (voir plus haut), le disque s'est vendu même au Canada.

54'37 - les meetings de Paul Raynaud, député de Dunkerque, et les perturbateurs communistes.
 
58'06 - les résultats du tour de France affichés et diffusés sur la place Jean Bart sur la façade de l'Impeccable.

mercredi 24 septembre 2025

La maison de danse à Fives

2008

  


Christophe Declercq†, l'un des violoneux de Mabidon, au cours d'une tournée en Hongrie, y avait entendu parler des "maisons de danse", lieux de pratique de musiques et danses traditionnelles hongroises. A l'initiative de Mabidon démarrait sur cette idée, fin 1978, la première Maison de danse à la maison de quartier de Fives. Le matin, ateliers instruments et danses ; l'après midi, bal avec les musiciens présents. Pas de formateurs attitrés, pas de programmation de groupe, le principe étant le libre échange et la libre participation. […]

la suite dans l'article

Trad Magazine n°120, juilet/août 2008

"Deux jeunes musiciens rendent hommage à une belle aventure qui a fait danser le Nord dans les années 1980"

Aurélien Tanghe : guitare
Gabriel Lenoir : violon
 
01- En attendant le printemps (O. Marichez) / Papier veiné (C. Declerck) / La petite histoire du side-car de Thomas O'Malley (A. Duchêne) - scottisches
02 - La bêcheuse (F. Dubarre) - valse
03 - Neige (M. Debrock) - bourrée 3tps
04 - Klauwaerts (J.-J. Révillion) / La maison de danse (J.-J. Révillion) - polkas
05 - Rue du val fleuri (Pierre Sacépé) - mazurka
06 - Poule ou coq (C. Declercq) / Berry Tour (M. Lebreton) - Bourées 2tps
07 - Histoire de… (Didier Delehedde) / Carbure bémol (J. Leininger) - scotisches
08 - Valse du rubis (G. Lenoir) - valse
09 - RN 59 (F. Dubarre) - mazurka
10 - La bourrée du conscrit (J.-J. Révillion) - bourrée 3tps
11 - Adieu les gens (C. Declercq) / Valse à Sylvie (P. Goetgeluck) - valses
12 - L'apprenti (J. Biget) - scottisch
13 - Fishing in the rain (K. Delavier) / Heure d'été (C. Declerck) / Trip to Armbouts (E. Dantin) - jigs
14 - Chrysalide (A. Tanghe) - scottisch-valse
15 - Au pays des monts (D. Demarcq) - ballade

enregistré en 2007 à Mons en Barœul par Mike Varlet
édité par Dominique Bommel

Télécharger ICI avec le livret
 




mardi 16 septembre 2025

Simon Robino, luthier à Saint Pol sur Mer

mise en ligne le 9/4/2020
mise à jour le 16/9/2025 : ajout du décès de Simon
 
Un nom dans un annuaire, une profession musicale "accordeur de piano" et c'est le début d'une enquête.

Simon Robino arrive à Dunkerque précisément le 2 avril 1919, comme le mentionne sa fiche matricule. En 1922, il est domicilié 52 rue de Soubise puis le 6 février 1923 il emménage à Saint Pol sur Mer, 275 rue de la République, dans une maison située juste en face de l'église qui possède une grande cour avec plusieurs bâtiments, elle deviendra "la cour Robino". Il y demeure au moins jusqu'en 1939, comme le confirme les recensements : en 1926, il est luthier cour Robinot [sic] ; en 1931, cour Robino, il est accordeur de piano et son épouse marchande de musique ; en 1936, il est accordeur et Marie marchande foraine ; en 1939, dans l'annuaire Ravet et Anceau, il est classé dans les marchands d'instruments de musique. Sur le recensement de 1946, si la cour Robino est encore mentionnée, le couple n'y habite plus.

Cadastre 1900
source : Archives du Nord

Répertorié comme marchand d'instruments de musique, on ne savait pas beaucoup plus de son activité, jusqu'à ce qu'une entête de lettre commerciale, publiée sur un réseau social, nous précise qu'il est fabricant de pianos automatiques. 

collection Marie-Noëlle Buire

Continuant ainsi le métier de son père, installé à Manchester depuis la fin du siècle précédent.
Quelques recherches ont été mises en ligne ICI et ICI



Je peux ajouter quelques éléments généalogiques : Simon est né à Marseille le 4 octobre 1885, fils de Simon Magne et Toussainte Ceccaldi, on ne connait pas la date du décès du père (1929 d'après une généalogie en ligne), mais Toussainte est morte à Manchester en mars 1938. Elle était rentrée en France, à Marseille, sans doute pendant la guerre, car elle y est domicilié en 1919. Mention relevée sur l'acte de mariage de son fils à Boulogne sur Mer avec Marie Mélanie Guffroy le 5 février. La famille Robino est restée en Angleterre où sont décédés cinq des huit enfants. Simon décède accidentellement sur la route de Delettes à Thérouanne (62) le 13 novembre 1940 dans cette commune, son épouse est décédée ensuite. Je ne sais pas si le couple a eut des enfants, en tout cas ce n'est ni à Boulogne, ni à Dunkerque, ni à Saint Pol sur Mer.
(Merci à Julius pour sa ténacité)

La cour Robino a perdu sa dénomination, mais elle existe toujours.





les voisins de la cour Robino
vers 1910



dimanche 14 septembre 2025

Musiciens et galériens à Dunkerque

source : Gallica
 
 
  1712 : Nous étions sur notre galère, qui était La Commandante, presque toujours chargés de fatigue extraordinaire, à cause que notre commandant, qui était très magnifique, y entretenait un belle symphonie de douze joueurs d’instruments, tous galériens, distingués par des habits rouges et des bonnets de velours à la polaque, galonnées d’or et leurs habits galonnés de jaune, qui était sa livrée. Le chef de cette symphonie, et qui l’avait formée, était un nommé GONDI, un des vingt-quatre symphonistes du Roi, qui, par débauche ou libertinage, avait été chassé de la Cour et, s’étant enrôlé dans les troupes, en avait déserté. Ayant été repris, il fut condamné aux galères et mené sur la Commandante de celles de Dunkerque. C’était un des plus habiles musiciens de France, et il jouait de toutes sortes d’instruments. La symphonie nous attirait donc beaucoup de visites fatigantes.
 
Grâce au témoignage de Jean Marteilhe nous connaissons précisément la vie quotidienne des galériens sous Louis XIV. Condamné à Lille en 1701, il arrive à Dunkerque en 1702. Les galères sont stationnées dans le nouveau bassin de la Marine, à côté de l'arsenal, sur ce tableau on aperçoit les 6 galères dunkerquoises rangées au fond du bassin.
 
source : Musée Portuaire

1702, c'est aussi l'année du mariage à Paris le 4 novembre, de Jean Louis de GUILLAUME de FONTAINE, commissaire et contrôleur de la marine et des galères au département des Flandres et de Picardie avec une comédienne, Manon DANCOURT, fille de Florent d'Ancourt, dramaturge et comédien de la Comédie Française. Manon, de son vrai nom Marie Anne Armande CARTON, suit son époux à Dunkerque en 1702 où ils demeurent quelques années*.
Apparemment deux évènements qui n'ont pas de lien mais ces personnages ont pu se croiser aux cours des fêtes données par le Commissaire de la marine, comme nous le précise Jean Marteilhe "C'est lorsqu'il se trouve en ville des étrangers de distinction. Quelquefois le gouverneur leur donne le plaisir de monter sur les galères pour y voir faire l'exercice, dont je viens de parler. D'autres fois c'est l'intendant, ou le commissaire de la marine ; mais très souvent ce sont les capitaines et lieutenants des galères, qui donnent ces fêtes à leurs amis, en les régalant de collations, et, même de repas splendides sur leurs galères. 
 
* Dictionnaire des comédiens, Henri Lyonnet, 1900


vendredi 5 septembre 2025

Dunkerque 1900

mis en ligne le 21/10/2017
mise à jour le 23/1/2022, ajout d'une version dansable du Quadrille
mise à jour le 5/9/2025, ajout d'infos et de photos

C'est le titre d'un album 33 tours produit et édité par l'association Het Reuzekoor de Dunkerque en 1986. Il a obtenu le Grand Prix du disque (patrimoine) de l'Académie Charles Cros la même année.









Albert Creton et Maryse Collache



Face A
- Dunkerque-Plage, valse de Richard Palmer
- Geestelyk-Meylied, chanson extraite du recueil d'Edmond de Coussemaker
- Cantique Notre Dame des Dunes, Ave Maris Stella, chant de l'abbé Bourlet* (1885)
- Souvenir de Dunkerque, mazurka de Joséphine Dubouchet
- Allons pêcheurs, chant trad… source inconnue

Face B
- Kermesse, paroles d'André Devinck†, musique de Maryse Collache†
- Ali alo, chant extrait du recueil d'Edmond de Coussemaker
- Vers la fin de la crise économique, paroles d'Eugène Gervais, sur l'air Riquita
- Dunkerque-Quadrille, musique de Raymond Maximilien de Bertrand (1840-1879) (on m'a signalé que l'interprétation était trop lente pour la danse, voici une version dansable ICI)

Les musiciens :
- Marieke†, chant, claviers
- Albert Creton†, piano, orgue et arrangements
- Didier Declercq, trompette
- Régis Kerkhove, tuba
- Catherine Delavier†, flûte, harpe celtique
- Stéphane Couturier, clarinette
- Jean-Paul Dozier, violon
- Gérald Ryckeboer, musette du Northumberland
- la chorale Het Reuzekoor
- la chorale les Bazennes des Glacis
- Christian Verkyndt
- Bruno Degunst

maquette de Jean Marie Byache et Claude Collache
photo de couverture, Bernard Cartiaux

télécharger ICI

ou l'écouter sur cette vidéo, illustrée de plus de 500 photos de Dunkerque avant 1940




le cantique et les 16 couplets
collection personnelle


*Charles Jules BOURLET, abbé, professeur de poésie au Collège Notre-Dame des Dunes, né à Comines en 1849, † à Bousbecque en 1902. Plus d'infos ICI
 
*****


Compléments d'infos


Cette partition était conservée dans les archives de la Société Dunkerquoise d'Histoire et d'Archéologie, elle est, depuis sa découverte, "égarée"… C'est la maquette d'un projet d'édition, Raymond Maximilien de Bertrand (1840-1879) est le fils de l'historien et folkloriste dunkerquois Raymond de Bertrand (1802-1864). On connait deux autres de ses compositions, conservées à la BNF, éditées en 1869 et 1870. Négociant, il était domicilié à Brest de 1866 à 1875. En 1864, à Nantes, il avait épousé Marie Amélie LAPIERRE originaire de Saint-Junien (87).

heureusement une copie a été conservée



Souvenir de Dunkerque, mazurka
Joséphine Coralie Dubouchet (1868-1926) est la sœur de Louis (1845-1946), marchand de musique et compositeur. Elle aurait fait ses études musicales à Bruxelles et était domiciliée à Malo-Terminus. Elle a composé cette mazurka lors de l'inauguration de l'Hôtel de ville en 1901.
Par son époux, Auguste Fiquet (1872-1929) elle a un lien avec l'oncle de Maryse Collache-Rouzet, époux d'Yvonne Vanlancker-Rouzet (1913-2008), voir tableau généalogique ci-dessous.

Collection personnelle



mardi 2 septembre 2025

Edmond de Coussemaker, compositeur

 C'est un aspect méconnu, voire oublié, du collecteur flamand.


Ces œuvres remises au jour il y a quelques années par le ténor D. Top, lors d'une conférence (ICI) et par la publication d'un CD, édité par le Comité Flamand de France à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance le 10 avril 1853, avec la participation de Maryse Collache (soprano) et Eric Hénon (piano)
Le CD est toujours disponible sur les sites de vente en ligne (ICI), avec une nouvelle jaquette, mais sans le livret qui comporte pourtant des informations intéressantes.


En complément, j'ai pu identifier quelques dédicataires :

Ma Vocation, paroles de Pierre-Jean de Béranger
dédiée à Mlle Emilie Pinquet
Emilie Pinquet (1807-1900) est la fille de Philippe (1780-1862) brasseur de Douai
 
La Captive,  poésie de Victor Hugo
dédiée à son ami Charles Choulet
C. Choulet (1805-1870) est un compositeur et chef d'orchestre né à Lille et mort à Douai

collection personnelle

Amour et Patrie, paroles de Paul de Kock
dédiées à Mme Morel-Agie
Albertine Sophie Agie (1808-1833) est l'épouse de Jean-Baptiste Morel (1806-1868) président du tribunal de Dunkerque
 
La Rêverie, paroles de Pierre-Jean de Béranger
dédiée à son ami Auguste Duhamel
 
L'éducation des demoiselles, paroles de Pierre-Jean de Béranger
dédiée à son ami Numa Grar
Louis Numa Grar (1807-1857) est raffineur de sucre à Valenciennes. Son père Alexandre (1767-1841) est juge au tribunal civil de cette ville
 
Les Rossignols, paroles de Pierre-Jean de Béranger
dédiée à Mlle Emilie Pinquet, voir ci-dessus
 
Celle que j'aime, paroles de ***
dédiées à son ami Auguste Duhamel

Adieux de l'Hôtesse arabe, poésie de Victor Hugo
dédiée à son ami Charles Cousin

Le Sénateur, paroles de Pierre-Jean de Béranger
dédiée à son ami Auguste Duhamel

Il n'est plus là, paroles de Paul de Kock
dédiée à Mlle Adèle Debuscher

Le Retour, paroles de Paul de Kock
dédiée à Mlle Céline Devinck

L'aveugle, paroles de Mme Amable Tastu
dédiée à Mme Herbout, née Gobrecht
Marie Reine Sophie Gobrecht (1803-1883), née à Cassel, est l'épouse de Joseph Herbout (1797-1880), né à Watten, il est avocat à Saint Omer
 
collection personnelle



extrait du livret