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dimanche 24 mai 2026

Fête de la Nature à Coudekerque-Branche

 une courte vidéo avec des extraits des concerts du 3 septembre 1989

• Le trio Elise Wuillemin, Katrien Delavier et Gérald Ryckeboer
• Jean-François Dutertre et Jacques Mayoud du groupe Mélusine
• un groupe folklorique : Les Soleils boulonnais ?
• un quintet de cuivres (des Hauts de France ?)
 
Images : J. HUBERT
Son : Christian VERKINDT †
Générique : E. POIGNANT
Montage : M. WIERRE
Producteur : Communauté Urbaine de Dunkerque
 
merci à Laurent Rommelare qui l'a publiée sur le groupe FB Dunkerque et son Histoire
 

 

vendredi 27 septembre 2024

La chaine Youtube de Mélusine

mise en ligne le 26/9/24
mise à jour le  27/9/24 : ajout des fichiers mp3

Avec plein de pépites ultra rares dont une qui me touche particulièrement, le stage de Laon du 4 au 9 avril 1977

la chaîne Mélusine est ICI

le site indissociable ICI


j'avais déjà des problèmes avec ma vielle

  

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Des enregistrement de quelques "causeries" avec les intervenants (Henri Agnel, Julien Skowron et Yvon Guilcher) du stage de Laon d'avril 1978 :

Julien Skowron : Y a-t-il eu une musique instrumentale antérieurement aux sources qui nous sont parvenues ? ICI

Yvon Guilcher : Les sens du mots folkore et les sens du mots populaire ICI (le son est très mauvais, lors de l'enregistrement mes piles ont flanché, j'ai essayé de récupérer ce que j'ai pu en corrigeant la vitesse, la fin de la conférence n'est vraiment pas audible)

Henri Agnel : présentation des différentes percussions et des différents rythmes utilisés en musique ancienne, avec une intervention de John Wright, puis Jean-François Dutertre présente d'autres percussions : cuillère, bodhran et le chien de la vielle ICI

jeudi 21 mars 2024

L'épinette du Nord

mise en ligne le 14/9/2013
mise à jour le 21/3/2024 : ajout de 3 photos bas de page

l'épinette Coupleux de la collection de Jean-François Dutertre

Jean-François Dutertre a joué un rôle majeur dans l’épopée du revival folk en France, avec une poignée d’autres qui ont créé le Folk Club « Le Bourdon »  à Paris en 1969  avec, entre autres, Catherine Perrier, John Wright décédé le 4 septembre 2013, etc…
En 1974, dans la série « spécial instrumental », il sortait un premier disque chez le Chant du Monde  dédié à l’épinette des Vosges, où il faisait montre de ses talents d’instrumentiste et de chanteur, et développait une technique personnelle, au noteur et plectre (comme dans la tradition qu’il a recueillie auprès des derniers joueurs vosgiens), mais aussi aux doigts et en arpèges.
Ce disque a été à l’origine d’une redécouverte et d’un engouement pour l’épinette des Vosges un peu partout en France, et dans notre région du Nord-Pas de Calais.



Sur la couverture de la pochette, en photo, J.-F. Dutertre en action avec un instrument spécialement construit pour lui, et une photo d’une épinette ancienne*, double caisse, décrite comme « épinette du Val d’Ajol à la forme peu courante ».
Sauf que cette épinette compte sept cordes (l’épinette des Vosges en compte cinq), et que nous avons vu la même, dans les années 70, entre les mains d’un vieux monsieur de Fives-Lille, Albert Bulques, découvert par Michel Lebreton dont les parents tenaient un bistrot dans le quartier. M. Bulques fut l’un des points de départ de nos recherches sur l’épinette qu’on n’osait pas encore appeler « du Nord ». Et il prétendait s’être procuré l’instrument dans la région.

Michel Lebreton et Albert Bulques

Depuis, cet instrument (dont six exemplaires sont connus) a été clairement identifié comme étant fabriqué par la maison Coupleux, rue Carnot à Tourcoing, de par la ressemblance avec des instruments à simple caisse qui avaient conservé l’identification d’origine (bande de papier imprimée sous les frettes).
La preuve formelle fut apportée par les recherches d’Olivier Carpentier sur l’Aventure industrielle des frères Coupleux 1900-1935. En 2004, lors de l’exposition au centre d’histoire locale de Tourcoing était présentée une page d’un catalogue Coupleux de 1909 où l’épinette double caisse apparaissait  auprès d’une simple caisse, et de 3 autres modèles dont aucun n’est parvenu jusqu’à nous à ce jour.

Là où l’affaire se corse, c’est quand on s’intéresse à l’instrument sur lequel joue J.-F. Dutertre sur la photo en couverture, et dont il nous dit qu’il l’a utilisée pour le disque : « je me suis mis à l’école de ces instrumentistes [vosgiens], mais peu à peu j’ai élaboré mon propre style et cherché de nouvelles possibilités à l’instrument. Pour ce faire, j’ai fait construire par Robert Rongier un modèle spécial, agrandissement d’une épinette du Val d’Ajol à la forme peu courante  [on sait par des contacts directs avec Jean François qu’il s’agit de l’épinette Coupleux] […]  Une frette supplémentaire a été rajoutée au clavier traditionnel entre la huitième et neuvième case [comme sur les épinettes du Nord…]. Mon choix s’est porté sur un modèle à 5 cordes ».
On peut donc en conclure que le disque qui fait référence pour le renouveau de l’épinette en France a été essentiellement  réalisé que ce soit pour l’iconographie ou pour le contenu musical avec une épinette du Nord… Ca méritait d’être dit. **
Ce qui n’enlève rien au talent de Jean François Dutertre, ni au rôle qu’il a joué pour le renouveau de l’épinette (tout court …).


Jean-Jacques Révillion †

* voir planche n°25, octobre 1986, pp. 41 et 43 de L’Epinette du Nord, par Patrick Delaval, Hazebrouck, 1997, qui mentionne aussi l'épinette "des Vosges" qui est dans la collection de Jean Richie, joueuse de dulcimer renommée.

** la réponse de Jean-François Dutertre est ici

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The dulcimer book, Jean Ritchie, 1963

The museum [ATP, Paris] possessed one recording of an epinette playeyer, an old lady in the east of France, but that she could not play the disc for us for fear of wearing it out !
Le musée possédait un enregistrement [sur un disque souple] d'une joueuse d'épinette, une vieille dame de l'Est de la France, mais qu'elle ne pouvait pas nous faire écouter le disque de peur de l'user !


Dulcimer People, par Jean Ritchie's
Oak Publication, 1975


une autre version de la photo
avec l'épinette du Nord au centre

l'épinette Coupleux



il reste quelques exemplaires de ce livre,
en vente au Centre Socio-Educatif
place Georges Degroote, 
BP 10517, 59190 Hazebouck


jeudi 7 avril 2022

Gigue, revue de folk 1972-1976

L'Escargot Folk, n'en était encore qu'à ses balbutiements, une feuille ronéotée à publication irrégulière. Gigue apparaît en septembre 1972, soutenue par Jean-François Dutertre, rédacteur en chef, assisté de Claude Lefebvre. Le directeur de la publication est Jean Jacques Faugère, directeur de La Vieille Herbe, folk-club parisien. Y participent : Patrick Archaux et Jean Luc Seigneur pour la conception, Jean Marie Redon et Jean Loup Baly sont responsables de la diffusion. Je me suis abonné dès le n°3, au passage je remercie Christophe Plovier de m'avoir donné des copies des 2 premiers numéros.

Jean Blanchard, diffuseur
vers 1972


Le folk c'est quoi ?, par Michel Hindenoch
Le folk ?, par Youra
Raccourci saisissant sur le folk en France, par Catherine Perrier
La fabrication de l'épinette des Vosges au Val d'Ajol, par Claude Lefebvre
Luthiers et fabricants
Accords élémentaires et claviers de l'épinette des Vosges et du dulcimer des Appalaches, par Jean François Dutertre
Tablatures et partitions
La saga d'Iklipothe Fotson, par Jean Loup Baly
L'authoharp, par Christi J. Gibbons





Le bluegrass, par Jean Marie Redon
Le collectage, par Robert Dubuc
Note sur un instrument ethnique
Tablature de guitares, par Steve Waring
Rabelais et la chanson traditionnelle, par Conrad Laforte
La saga d'Iklipothe Fotson, par Jean Loup Baly








Le violon cet inconnu, par Phil Fromont
Comment choisir un violon, par Phil Fromont et John Wright
Technique du violoneux de village, par Robert Dubuc
Rendes-vous avec Clifton Chénier, par Roger Mason
Technique de la prise de son, par Robert Dubuc
Saga d'Iklipothe Fotson, par Jean Loup Baly
Rabelais et la chanson traditionnelle, par Conrad Laforte
Chansons français (partitions)
Le folk et la chanson folklorique, par Yves Guilcher
Super-Croqui à la rescousse de la crème au chocolat, par Croqui
La vie des Folk-Clubs




Historique de la vielle à roue, par René Zosso
Entretien avec Maxime Boireaud
Réglage du coup de poignet, par Georges Simon
Appendices, par Jean François Dutertre
Chroniques de l'ethnomusicologue masqué
Le farfeluth, par Christian Gourhan
Le violon, mise en état par Phil Fromont et John Wright
Le pays des Bayous, par Mike Leadbitter
Tablature de guitare par Roger Mason
Tablature de banjo, par Dominique Maroutian
Le cassis, sa vie son œuvre
Chronique des Folk-Clubs
Dastum, entretien avec Michel Prémorvan





Entretien avec Stefan Grosman
Histoire de Gibson, par Julius Bellsone
L'épinette de Gérardmer, par Jean François Dutertre
L'épinette des Vosges, par Jean Loup Baly
Lettre à propos des fabricants de dulcimers
Musique populaire en Poitou par Michel Vallière








Les festivals de l'été
Tablature par Denis Gasser
Nouveaux horizons ?
Musique en Inde, par Tran Quang Haï
Le petit Chaperon Rouge, conte de Bruno de la Salle
La Cabrette, par Emmanuel Lazinier
Le dobro, par Stacy Philipps
Vielle, musique savante et musique populaire au XVIIIe siècle par René Zosso
Informations sur la vielle, notes de Michel Valière et Jean François Dutertre







Table ronde sur l'accordéon diatonique (avec Jean Loup Baly, Jean Blanchard, Gérard Dole et Marc Perrone)
Courir Mardi Gras, par Gérard Dole
Musique populaire au Chili (entretien avec Julio Salas)
La véritable légende de l'épinette des Vosges, par Jean Loup Baly
Tablatures de guitare, par Denis Gasser
Tribune libre : Stivell, le folk et l'exotisme, par Yvon Guilcher
La vie des Folk-Clubs






Entretien avec Marcel Dadi, par Claude Lefebvre
LE banjo 5 cordes, par C.-P. Heaton
Entretien avec Martin Carthy, par Gabriel Yacoub et P. Kerhervé
La musique Arabe
Légendes des photos du n°6, par Jean François Dutertre











Entretien avec Jean-Michel Guilcher
Entretien avec Donatien Laurent, recueilli par Yvon Guilcher
La vielle à roue, jeu du coup de poignet, par Jean François Dutertre
La cabrette par Bernard Blanc
Le banjo 5 cordes, par Dominique Maroutian
Entretien avec Robin et Barry Dransfield, recueilli par Gabriel Yacoub et Pierre Kerhervé
Tribune libre: réponse de Stivell à Yvon Guilcher





 








mardi 8 décembre 2020

Les épinettes des Vosges

mis en ligne le 17/11/2020

mise à jour le 8/12/2020 : ajout des liens vers les enquête Lemaire/Dutertre



Toutes les épinettes ne sont pas "du Nord", certaines, plus rares, sont originaires des Vosges.

Vient de paraître : L'épinette des Hautes-Vosges, tradition - légendes - anthologies

par Jean-François Dutertre† et Christophe Toussaint



C’est en dépoussiérant des archives datant de 1957, que Jean-François Dutertre a remarqué que les épinettes des Hautes-Vosges n’avaient pas toujours été aussi rudimentaires que ce que le folklore local nous a laissé croire. Ses découvertes méritaient une actualisation des connaissances. Enquêtant à distance, Jean-François a sollicité la collaboration de Christophe Toussaint, facteur d’épinettes vosgien.
Ce dernier s’est pris au jeu et a apporté quelques planches à l’édifice, en présentant la vie et la production des « épinettiers » vosgiens les plus féconds du siècle passé.
Alors qu’une seul étude avait été jusqu’à présent effectuée en Suède, Norvège et Belgique, Christophe Toussaint a apporté sa contribution en modélisant les gammes utilisées sur des instruments à la fois aussi semblables et diversifiés que le sont nos Épinettes des Vosges.

Sommaire

•Préface par Valérie Klein, conservatrice du musée de la lutherie et de l'archèterie, Mirecourt
• L'énigme de l'épinette des Hautes-Vosges, par Jean-François Dutertre
• Anthologie de l'épinette, par Christophe Toussaint
• Biographies de luthiers vosgiens prolifiques au XXe siècle par Christophe Toussaint
    - Henri Poussier 1888-1964
    - Jules Vançon 1895-1979
    - Marcel Gaspard 1907-1982
    - Louis Georgel 1919-2005

à commander chez Gérard Louis éditeur

Louis Georgel, facteur d'épinette : ICI et ICI

Les liens mentionnés dans le texte :
Conférence de Patrick Gassamnn, sur les modes de diffusion du bois de résonance en Europe centrale pendant le 18e siècle

L'enquête de Jean François Dutertre est transférée aux Archives Départementales des Vosges : mais les fichiers ne sont plus consultables en ligne, on y trouve ce commentaire de J.-F. Dutertre : Les originaux de ces enregistrements ont été perdus. Une copie en a été retrouvée sur une bande magnétique en novembre 2015. Mme Gravier a été enregistrée quelques mois avant son décès survenu le 14 novembre 1970. Elle était née le 18 juin 1898. À l'époque de l'enregistrement, elle venait de perdre son mari. En deuil, elle avait décidé de ne plus jouer. Devant notre déconvenue, elle a accepté de nous donner une "leçon d'épinette". Pour compenser l'interdit qu'elle s'imposait, elle nous a permis de copier une bande magnétique dans laquelle elle s'était enregistrée elle-même. Jean-François Dutertre.

l'inventaire est ICI

on y trouve aussi le Fonds Dominique Lemaire 48 photographies de joueurs et luthiers

dont celle de Jules Vançon



vendredi 10 mars 2017

Jean François Dutertre est décédé








"Un mot de Franck Tenaille :


Encore un "ancien" du folk qui se fait la malle. Un chouette serviteur des musiques trad' sur des tas de registres (écrits, musicien, institutions...), pudique et connaisseur. Pour moi plus de 40 ans de dialogue et d'amitié.

Ci-joint un papier a chaud de Dominique Maroutian sur le bonhomme.


Grande tristesse "Amis vieux folkeux"

Jean-François Dutertre est décédé ce matin. Je pleure un ami de toujours, rencontré il y a plus de cinquante ans à l'époque du Hootenanny de Lionel Rocheman. Admirateur de Tom Paxton, Pete Seeger, et de ... Jacques Douai, à ses débuts, il chantait en s'accompagnant à la guitare. Puis avec Ben et Jean Loup Baly†, ses amis de lycée, il a fondé le groupe "les Escholiers". Avec John et Catherine il fut l'un des membres fondateurs du Bourdon et le rédacteur en chef de l'éphémère revue "Gigue". Fin musicien et chanteur il a fait connaître l'épinette instrument qu'il affectionnait particulièrement. Il m'avait confié que c'était moi qui lui avais fait découvrir cet instrument, ce que j'avais oublié au fil du temps, aujourd'hui j'en suis fier. 

Il a travaillé avec de nombreuses figures du folk : Emmanuelle Parrenin, Claude Lefebvre, Dominique Regeff, John Wright, Catherine Perrier, Jean Blanchard, René Zosso, ... j'en oublie. Sa rencontre avec Yvon Guilcher allait donner naissance au groupe « Mélusine" qui a marqué l’histoire du folk français. mais aussi …

Aujourd'hui, je pleure un ami. 

Salut l'artiste.

Dominique Maroutian"

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Réactions sur le groupe Tradonord :

bonjour 
je me doute que tous ceux et toutes celles qui l'ont rencontré, connu, nous sommes tous et toutes dans l'émotion partagée et à la lecture de tous ces petits mots, que de bons souvenirs qui remontent à la surface.
Pour ce qui me concerne modestement, je garde en mémoire ma première entrée dans ce "temple" du boulevard Raspail, un certain mardi soir de novembre 1968, à ma libération du service militaire. 
Un ami m'avait fortement conseillé de me rendre dès que je le pourrai au Centre Américain ("American Center for Students and Artists") et ce soir-là chez Lionel Rocheman, premier émerveillement de voir et entendre tous ceux et celles qui ont jeté les premières pierres conviviales de cet immense engouement, Jean-François, Yvon, Jean-Loup, Dominique, Ben, John, Catherine, Roger, Claude, Pierre, Alan, Steve,Emmanuelle, Gabriel, etc... Ce gros "noyau" qu'on pouvait retrouver presque chaque mardi au Centre, et après le Hootenanny, non loin, en face, au Raspail Vert. Il est temps de ré-écouter ces vynils de rêve de Mélusine, avec ces voix chaudes et si douces, et qui allaient si bien ensemble, au revoir cher ami à l'éternel sourire si amical
G. D.

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Triste aussi je suis ! Et c'est pas peu dire. Je lui dois mon entrée dans la musique trad, à Gérardmer où il m'a fait découvrir l'épinette. Pédagogue extrêmement rigoureux, musicien sensible, personnage engagé et d'une grande humanité, il a ré-inventé, avec quelques autres, la pratique de l'épinette, développé un jeu innovant sur l'instrument pour accompagner le chant. Avec Mélusine et en soliste, il est venu maintes fois nous voir dans le Nord. Beaucoup sur cette liste l'ont croisé.
Je retiens de lui l'exigence de la transmission, l'attention portée au respect des droits des musiciens et quelques instants de musiques partagées, lors de rencontres d'Epinettistes, dans des stages, ou sur "le Maure Sarrasin", où il m'avait fait l'honneur et le plaisir de m'inviter à l'épauler.
Il y aurait tant de choses à dire, de souvenirs à évoquer, d'hommages à rédiger... Mais aujourd'hui, j'en reste là, pour me replonger dans mes albums, photos et anciennes revues.
Pensées pour Claire, sa compagne qui a si bien gravé ses anges musiciens, et ses filles.
J. L.

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Pour le Collectif de Musiciens Professionnels des Musiques et Danses Traditionnelles

Chers, chères,
En ce 10 mars 2017, nous apprenons avec une infinie tristesse le décès de notre ami Jean-François Dutertre. C'est une figure majeure du renouveau des musiques traditionnelles qui s'en va. Son engagement au long cours, au service de la professionnalisation et de la structuration du secteur des musiques traditionnelles, en faisait une personnalité ô combien précieuse pour les musiciens, professionnels ou non de nos musiques. On se souviendra que dés 1972 dans la Revue « Gigue » qu'il contribua à créer, il abordait déjà ces questions. Au sein du groupe Mélusine avec Jean-Loup Baly et Yvon Guilcher, il défendit une esthétique exigeante de réinterprétation du répertoire des musiques et chansons traditionnelles, de même que dans son travail en solo sur la chanson ou dans celui de valorisation de l'épinette des Vosges qu'il initia. En prenant en 1992 la direction du centre d'infos des musiques traditionnelles (CIMT), il créa un véritable réseau national d'informations dans ce secteur, renseignant inlassablement les uns et les autres. A l'Adami, au delà de ses fonctions officielles, il fut un défenseur actif des musiques traditionnelles.
Nous n'oublions pas que c'est grâce à lui que le CPMDT a créé en 2007 en partenariat avec l'Adami les bourses de compagnonnage, un dispositif unique de formation professionnelle dans notre esthétique. Nous rappellerons également qu'il fit prendre conscience à un grand nombre d'entre nous de l'importance de la syndicalisation, notamment à travers son action au sein du SFA. Enfin tout récemment encore, sa parole juste et équitable était écoutée avec attention au CA de la Famdt. Nous garderons de lui le souvenir d'un homme généreux, militant et bienveillant. Nous nous joignons à la douleur de ses proches et de ses amis par un salut musical et fraternel.
Pour le Cpmdt, JF Vrod.

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Hommages Sur le site de l'IRMA Centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles


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écouter d'anciens albums ici
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un texte qu'il nous avait envoyé en novembre 2016
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vendredi 18 novembre 2016

Mise au point à propos de l’épinette Robert Rongier


Sur une page du site Mémoire du folk en Nord Pas de Calais, Jean-Jacques Révillion consacre un petit article à l’épinette fabriquée par Robert Rongier, celle que j’ai utilisée pour enregistrer l’album Spécial Instrumental ­– L’épinette des Vosges. Il écrit à la fin : « On peut donc en conclure que le disque qui fait référence pour le renouveau de l’épinette en France a été réalisé que ce soit pour l’iconographie que pour le contenu musical avec une épinette du Nord… ». J’apprécie l’humour, mais je ne partage pas cette opinion.

Jean-Jacques Révillion s’appuie sur le fait que l’épinette qui a servi de modèle à Robert Rongier est un modèle Coupleux à double caisse – ce qui est exact, mais nécessite une mise au point. Tout d’abord, à la date de parution de cet album (en 1972), la tradition de l’épinette du Nord est quasiment inconnue. Je sais qu’elle a existé par un témoignage écrit de la grand-mère de Bernadette Mona (lettre du 6 mars 1972 dont un extrait figure à la page 117 de L’Épinette du Nord, Association Traces, Centre socio éducatif, Hazebrouck, 1997), mais je n’ai pas connaissance de sa persistance ni des éléments de cette tradition. En 1971, j’achète à Alain Vian, marchand d’instruments anciens à Paris et expert agréé, une petite épinette munie d’une double caisse qu’il me présente comme une épinette des Vosges. À l’époque, je n’ai pas de raison de mettre en doute son avis – ceci d’autant plus qu’un instrument quasiment identique figure en photo page 13 dans l’ouvrage de Jean Ritchie, The Dulcimer Book. Là-aussi, l’instrument est qualifié d’épinette des Vosges. Aujourd’hui, nous savons grâce aux recherches des membres de l’association Traces que nous sommes en présence d’une erreur d’attribution : il s’agit bien d’un instrument originaire du Nord fabriqué par la maison Coupleux.

épinette Coupleux de la collection de Jean François Dutertre
photo Dominique Lemaire


Ces faits étant établis, il est nécessaire de revenir sur la genèse et la structure de l’épinette de Robert Rongier. Quand on l’observe attentivement, on remarque que, si la double caisse (le résonateur) est bien copiée sur l’épinette Coupleux, la caisse principale en diffère en de nombreux points. La forme de la tête n’est pas la même ; de plus elle est munie de mécaniques de banjo (à la place des mécaniques de mandoline utilisées par les épinettes des Vosges), et non de clés en fer. Elle possède cinq cordes comme la majorité des épinettes des Vosges. Le frettage reprend celui des Vosges, augmenté d’un demi-ton placé à un autre endroit que celui de l’épinette Coupleux. La double caisse de l’épinette Coupleux est plus longue que la caisse principale, ce qui n’est pas le cas de l’épinette Rongier. Enfin, la taille est radicalement différente : l’épinette Coupleux fait au total 65, 5 cm de long, l’épinette Rongier 83 cm.




épinette faite par Robert Rongier
photos Dominique Lemaire


La raison de toutes ces différences réside dans les consignes que j’avais données à Robert Rongier, notamment dans le fait que, pour la caisse principale, il devait prendre modèle sur les grandes épinettes de Gérardmer. J’avais été séduit par la forme élégante de la double caisse de l’épinette Coupleux, et surtout cela me permettait de résoudre le problème délicat de l’équilibre de l’instrument. Avec l’ajout de la double caisse, plus besoin de support, il devenait possible de jouer sur les genoux comme le dulcimer. Mais je lui avais demandé de réaliser l’instrument en agrandissant aux alentours des 7/5 l’épinette Coupleux. Là-aussi, la raison est musicale. Les petites épinettes sont, la plupart du temps, accordées avec les chanterelles donnant un sol à vide, les bourdons majoritairement accordés sol-mi-do. Les mélodies sont donc jouées en tonalité de do majeur. Cette tonalité n’était pas pratique pour le mariage avec d’autres instruments (joués dans le style « folk » de l’époque) ou la voix. Dès le début des premières reconstructions d’épinettes des Vosges dans le « mouvement folk, » nous avions choisi les grands modèles type Gérardmer permettant un accord dans la tonalité passe-partout de sol majeur, augmentée de tous les accords modaux inspirés de ceux du dulcimer. Pour finir, j’avais aussi demandé à Robert Rongier de munir l’épinette d’un large frettage permettant de dédoubler les chanterelles pour réaliser des accords et jouer en arpèges.

Robert Rongier

Pour toutes les raisons que je viens d’énumérer, ma position est de considérer que l’épinette conçue sur ma demande et mes instructions par Robert Rongier est un hybride entre la tradition du Nord et celle des Hautes-Vosges. Ce nouveau modèle connut un succès immédiat. Robert Rongier reçut des commandes de nombreux musiciens et groupes parmi les plus connus à l’époque, comme La Bamboche, Malicorne, Le Grand Rouge, Dominique Maroutian, Emmanuelle Parrenin…

D’autres luthiers reprirent le modèle. Parmi ces derniers Pierre Kerhervé, à qui Michel Colleu demanda une touche chromatique, à la place de l’habituelle touche diatonique, selon le modèle du citera hongrois (une touche diatonique avec au-dessus une touche avec seulement les demi-tons chromatiques). Mais il se trompa en poursuivant les tons diatoniques dans la touche chromatique. Il obtint ainsi un modèle inédit de frettage dont les joueurs exploitèrent aussitôt les nouvelles possibilités qu’il offrait. Finalement un nouveau modèle d’épinette chromatique à double caisse s’est imposé parmi de nombreux luthiers et joueurs (aussi bien des Vosges que du Nord ou de Belgique, par exemple), reprenant les innovations de Robert Rongier et celle de Pierre Kerhervé. C’est ce modèle qu’un luthier comme Christophe Toussaint a nommé « épinette artésienne ». On comprend après avoir lu ce que je viens d’écrire que je ne suis pas d’accord avec cette appellation. Ceci d’autant plus que le dépouillement de l’enquête menée en 1957 par les ATP, enfin rendues possibles, croisé avec ma propre enquête, permet de mettre en lumière l’existence d’une tradition d’épinette chromatique aux alentours de Gérardmer…




épinette chromatique faite par Rémi Dubois
photo Jean François Dutertre, pour son prochain album…