jeudi 24 septembre 2026

Folklore de Saint Amand les Eaux au XVIIIe siècle

 Extraits choisis dans Essais sur la ville de Saint Amand de Dom Floride Gosse* (1746-1806)
 

Quelques passages qui se rapportent à la pratique du violoneux qui joue "par cœur", à une danse qui rappelle la danse d'épée, à un charivari et à la danse populaire.
 
p. 306 "[…] une espèce de pyramide coupée perpendiculairement et appliquée contre une muraille à peu près comme ces buffets où les fleuristes arrangent des pots d’œillets choisis. C'étoit, disait-on, le mont Parnasse, au haut duquel on avoit placé en forme de girouette le cheval ailé que le peuple appeloit bonnement le cheval Bégace [sic]. Au degré supérieur étoit majestueusement assis un beau jeune homme ayant dans les mains un violon sans corde, et sur les épaules le manteau rouge d'un échevin du lieu, vieille démise d'un boucher de Tournai. Sur les autres degrés siégeoient en cascade les neuf doctes pucelles, qui étoient autant de jeunes filles habillées de papier doré, et parmi elles, à côté Erato, le petit dieu qui fait aimer, armé d'une arbalète couleur de rose. Dans les flancs du Parnasse étoient cachés tous les joueurs de violons de St.-Amand et des sept villages de sa dépendance, avec deux trompettes marines, deux contrebasses, quatre basses, huit hautbois et un flageolet. L'orchestre de l'Opéra n'est rien auprès, il lui faut des bougies et des livres, celui de St.-Amand jouoit par cœur et sans y voir goutte."
 
p. 311 "La jeunesse du hameau de la Croisette et de quelques hameaux voisins, venoit jadis, le jour du mardi gras, à Saint-Amand, partie à pied, partie à cheval. Douze seulement étoient à pied, couple par couple et habillés à peu près à la romaine : escarpins légers, bas de coton, vestes et culottes de basin blanc chamarrées de rubans bleus, rouges et jaunes, jupons de calemande rayée, cocarde à toutes les jointures, cheveux en catogan, sur le tout un bonnet de toile bleue brodé en laine rouge, et surmonté d'une touffe de plumes de coq, d'où vient le proverbe amandinois : pleume dé co su l' tiête d'un sot. 
Tel étoit le costume des fantassins ou plutôt des baladins, car leurs fonctions étoient de danser, une épée nue à la main, allant en avant et touchant en mesure les lames les uns des autres pour faire clic. Des violons marchaient à leur tête, jouant un air fait exprès pour cette sorte de danse, et qui commençoit par : mi, mi, mi, re, mi, fa, sol, fa, mi, re, si, ut, re, mi, re, mi, ut : ce que les enfants solfioient en chantant : teguin tin tin, teguin teguin teguin tin tin, teguin tin teguin."

P. 315 "C'étoit cependant un brave et honnête homme que le maître Morel ; excellent poète d'ailleurs, et qui, pour preuve de son bon caractère, n'exerça ses talents que dans les épithalames et les compliments annuels aux rois des archers ou en d'autres matières semblables. Il n'en étoit pas de même d'un autre homme à talents qui demeuroit aussi dans la rue des Anges, poète de par la nature, et menuisier de par l'indigence. Je parle du célèbre Dagobert, le même qui barbouilla l'âne rouge. Il avoit à lui seul le sel comique de Molière et le sel caustique de Boileau. Comédies, satyres, vaudevilles, tout étoit de son ressort. Je puis citer encore un couplet qu'il fit contre un de ses voisins, boucher sans pratiques et grand ivrogne, dont le nom ou plutôt le sobriquet étoit Plat-Capiau. 
Plat-Capiau, la vi' que tu mènes,
Ne peut point toujours durer, 
Un pot au d'jeûner, 
Un pot au déner, 
Un pot au r'chéner, 
Un pot au souper,
Plat-Capiau, la vi' que tu mènes-,
Ne peut point toujours durer.
Les élèves du maître Morel alloient presque chaque jour, au sortir de l'école, chanter ce couplet insultant jusque sous la montre de Plat-Capiau. Mais Plat-Capiau, qui étoit sensible, en faisoit quelquefois rentrer la moitié dans la poitrine du chanteur en lui appliquant sur le dos un grand coup de nerf de boeuf.  
Le chef-d'oeuvre de Dagobert est un vaudeville qu'il composa à l'occasion du mariage du maître Morel, veuf, avec la veuve d'un portier de l'abbaye appelée Marie-Barbe Chotin. Il avoit chez lui les débris d'un ancien orgue, basses, violons, bassons, flûtes, hautbois ; tous instruments muets et qui n'avoient été faits que pour figurer que comme ornements. Il les distribua, la veille des secondes noces du maître Morel, à une cinquantaine de polissons, avec des poëles à frire, des casseroles, des pelles à feu, des méquaines, des pinces, des morceaux de fer à tisonner, des soufflettes. Tout cela mêlé avec de véritables basses, de véritables violons et hautbois ; et, à la tête de ce terrible orchestre, il alla chanter son vaudeville à tous les coins de rue. Je ne m'en rappelle que le premier couplet. 
L' maît' Morel s'mari d'main
Avec Mari'-Barbe Chotin, 
Ces grison et grisonnette
Vont finir leus amourette ;
L' mail' Morel s'mari d'main'
Avec Mari'-Barbe Chotin.
 
 P. 338 "rue de Valenciennes. Sale et tortueuse, elle n'est remarquable tout au plus que par la naissance de Tonus Broutin, assez bon violon, surtout pour faire danser un menuet ou la matelotte. Il donnoit des leçons en ville à un patar le jeton."

*Antoine Alexandre Joseph né à Saint Amand les Eaux le 29 février 1744, décédé à Prague (Bohême le 15 février 1797, prieur de l'Abbaye dominicaine d'Arrouaise, qui tenait ses informations de son frère Théodore Pierre Benoit Gosse, né à Saint-Amand, le 9 novembre 1746, prêtre, résida en cette ville de 1773 à 1794, rédigeant pendant toute cette époque les registres qui tenaient lieu de l'Etat-civil. Il remplit aussi les fonctions d’écolâtre, de clerc, de grand chantre et de receveur de la paroisse de Saint-Martin. Il émigra lors de la Révolution. De retour en 1802, il vint s'établir à Tournai, et fut nommé curé de Taintignies où il mourut le 9 avril 1806 à Willemeau (B)

lundi 21 septembre 2026

Paddy KEENAN 1950-2026

mise en ligne le 16/09/2026
mise à jour le 21/09/2026 : ajout de quelques modifications par Gaby
 
 Le décès récent de ce monument de la musique irlandaise, rappelle à Gaby quelques souvenirs de ses passages dans notre région.

 


Paddy Keenan nous a quitté ce mercredi 9 septembre 2026

Paddy s'est éteint paisiblement, entouré de sa famille, à Shangarry dans le comté de Tipperary. Il a rejoint son père Johnny Keenan, sa mère Mary Bravender Keenan, son frère Johnny et sa sœur Eileen Keenan Noonan. Il laisse dans le deuil sa famille, Anne O'Doherty, Marjolaine Keenan, Eimhim Keenan, Sabrina Keenan et Luke Keenan, ainsi que ses frères et sœurs, ses nièces et neveux, ses proches, ses voisins et ses amis.
Il nous laisse dans la tristesse et dans la peine, mais il nous reste l’heureux souvenir d’un gars tellement réservé, simple, amical, calme, absolument pas présomptueux, un musicien hors pair, qui commence à jouer du tin-whistle à 6 ans, et de l’uilleann pipes à 9 ans, il a perpétué la tradition familiale, de son père et de son grand-père.
 
famille d'irish travellers anonyme

Originaires de Trim (comté de Meath), après une vie de « travellers », John Keenan et Mary Bravender, et leurs enfants, Paddy et Johnny, banjoïste, se sont sédentarisé. Paddy a alors 4 ou 5 ans, la famille Keenan vient s’installer dans un coin de campagne, à Ballyfermot, ils ont comme voisins la famille Furey, Ted le père, fiddler, sa femme et leurs 4 fils, Finbar, Paul, Eddie et George. Avec leur ami Davey Arthur, ils formeront plus tard le groupe éponyme « The Fureys and Davey Arthur ». Les Keenan et les Furey sont de fidèles amis, Paddy jouera pour la première fois en public à 14 ans, au Gaiety Theatre de Dublin, près de Grafton Street et de St-Stephen’s Green.
L'Irish Traditional Music Archive a publié un communiqué qualifiant Paddy Keenan de « l'un des musiciens traditionnels les plus célèbres de tous les temps », saluant sa virtuosité et son jeu énergique.
 
Ma chance d’avoir approché Paddy Keenan
 
J’ai vécu toute l’année 1975 en Irlande, principalement à Dublin, et ce sont mes amis Joël Bastard (de Bretagne, qui vivait à Dublin), Triona Ni Dhomnhaill et son frère Eamon O’Dhomnhaill, Helen Bygrove, Davy Spillane, Liam Weldon, qui m’ont fait rencontrer et mieux connaître Paddy puis le Bothy Band. Je l'ai entendu pour la première fois dès mon arrivée début janvier 1975, au pub « O’Donoghue’s », Merrion Row, à Dublin. Puis toutes les occasions furent bonnes pour aller l’entendre, le découvrir et l’apprécier. Je ne me passerai jamais de cette musique merveilleuse, de ce timbre d’une beauté sublime, d’une mélancolie envoûtante, qui illuminait et embellissait tout.
 
Paddy et Davy Spillane

Autre souvenir impérissable, il m’arrivait de chanter et jouer au dulcimer quelques ballades traditionnelles françaises avec Helen Bygrove (chanteuse et guitariste), et parfois le « jeune » Davy Spillane (16 ans) nous rejoignait avec son uilleann pipes (il aimait s’accorder sur « La Fille de Lyon »), et aussi Liam Weldon au bodhran. Il nous est arrivé de jouer dans « Dandelion Market » à Dublin, et sur l’idée de Liam, on a même fait la manche, et ramassé pas mal, assez pour se payer à manger et aller au pub !
J’avais des « petits boulots » à Dublin (comme « plongeur » dans quelques restaurants et « laveur » dans une entreprise de nettoyage) et j’ai eu cette chance de me trouver avec Paddy dans pas mal de sessions, dans des pubs ou chez des particuliers, à l’issue desquelles, il est arrivé parfois que Paddy dorme dans mon fourgon, un Peugeot J7 aménagé. Le matin je partais au boulot, Paddy dormait encore, et il venait un peu plus tard me rendre les clés du fourgon à mon patron.
En 1976, Francis Senet, directeur de la MJC Marx Dormoy de Lille, est chargé de la programmation du premier « Festival de la Côte d’Opale » organisé par l’Office Culturel Régional Nord Pas de Calais, et qui aura lieu à Montreuil sur Mer, dans l’enceinte des vestiges du château. Il me demande de concevoir l’affiche d’une soirée « celtique ». Je lui suggère de programmer Alan Stivell, Dan Ar Braz et en invité d’honneur « The Bothy Band ». J’ai le plaisir d’emmener le groupe dans un restaurant de la ville, et je découvre le nouveau venu, Kevin Burke, qui succède à Tommy Peoples, qui remplaçait déjà Paddy Glackin. Les autres membres sont toujours ceux que j’ai découvert à Dublin quand ils se sont regroupés pour former le « Bothy Band » en 1975, Paddy bien sûr, Triona Ni Dhomnhaill, son frère Michael, Matt Molloy et Donal Lunny. Le temps est exécrable, il pleut « à verse » mais le public est là, fervent, passionné. Les années suivantes, Francis Senet programmera à nouveau le groupe à Marx Dormoy, ainsi que Planxty, Seamus Ennis et tant d’autres.
L’été 1977, je retourne en Irlande pour un mois de vacances avec Bernard Boulanger, Yves et Catherine Duez. On retrouve mon ami Joel Bastard au pub « The Four Seasons » où jouent les frères John et James Kelly, fiddlers (ce sont les fils de John Kelly de Dublin) rencontrés au Festival de Lorient, la semaine précédente. Joël téléphone à Paddy, et celui-ci nous invite chez lui, on ne se fait pas prier, et nous passons une super soirée privilégiée.
 


Ronan, Paddy, Gaby, Sylvia, 
Christian Legay, Lillers 17 avril 2017
 
Les années passent, et en 2017, j’ai repris contact avec Paddy Keenan pour lui proposer de venir chez moi, à Lillers, dans le Pas de Calais, pour y assurer deux concerts, l’un dans une grande salle, le « Palace » et l’autre dans l’estaminet de Christian et Marie Legay, « L’Abattoir ». Il accepta, il vint avec son ami breton Ronan Pelenn au bouzouki, et ce furent deux concerts inoubliables, évidemment.  Trois cent personnes au Palace !
 
Paddy, Gérald Ryckeboer et Agnès Chamley
Lillers 2017 
 
Le lendemain un repas entre amis avec Paddy et Ronan, à Robecq, chez Roland et Marcelle Delassus, avec Patrice et Marie Heuguebart, Bernard et Joseph Boulanger. J’ai suggéré à Paddy ce lieu paradisiaque pour y créer sa fondation, il me répondit « trouve-moi l’argent » Ah ces irlandais !
Comme tous ceux et toutes celles qui l’ont approché, ou eu la chance de le côtoyer, quand on a eu la chance de le rencontrer, de le connaître, personne n’oubliera jamais Paddy Keenan.
Je réécoute quelques superbes interprétations de ces morceaux de bravoure que sont « The Belfast hornpipe », « The Ace and Deuce of Piping », 
« Craig’s pipes » et tant d’autres. 


Repose en paix, cher ami Paddy et comme disait Woody « So long, it’s been good to know you ».
Gaby Delassus (Lillers, France) 
16/9/2026
 
un hommage sur MODAL-MEDIA
 
quelques photos, collection Gaby Delassus
 
à l'estaminet de l'Abattoir à Lillers
 
Paddy, son père John et son frère Johnny

The Bothy Band avec Tommy Peoples

Film Traveller, Paddy, Mark Wahberg, Bill Paxton

le projet de re-formation de Bothy Band, 3 concerts

 



 

jeudi 10 septembre 2026

Rum par Rum, 2005

collection personnelle

 
Ce coffret publié en 2005, reprend les 4 albums de ce groupe devenu mythique. Je ne peux pas vous les mettre ici, évidemment, mais ces deux CD et un DVD sont complétés par des textes : la présentation par Dree PEREMANS†, musicien de jazz et producteur à la BRT, et surtout un long entretien avec les membres fondateurs qui nous détaillent la création du groupe et leur propre cheminement vers cette musique.
 
Parfois, ça arrive tout simplement : les choses se croisent, les gens se rencontrent, et il se produit quelque chose qu'il est impossible de reconstituer par la suite. Pourquoi ? Comment ? Pourquoi à ce moment précis ? Et c’est là que je me rappelle : le hasard existe !
C’est d’ailleurs par un tel hasard que Wiet van de Leest, Paul Rans et Dirk van Esbroeck ont formé ensemble le groupe folk légendaire Rum.
Mais tout a commencé avec Dirk Lambrechts. Il jouait du flamenco, connaissait Wannes van de Velde et était un grand amoureux de la culture folklorique européenne. Plus tard, il en maîtriserait avec brio l’art culinaire dans son restaurant « De Spaanse Brabander ». Encore plus tard, il écrirait un livre sur le fado portugais. En 1969, Dirk Lambrechts était une figure flamboyante, toujours prêt à raconter des histoires captivantes. Tout le café était suspendu à ses lèvres et c’était la fête tous les jours.
Paul Rans était originaire de Louvain, fils du meilleur boucher de la ville. Si Rum est une institution dans le folklore flamand, la boucherie Jambona, sur la Bondgenotenlaan, l'était tout autant dans le monde de la gastronomie et de la charcuterie. Le fils du boucher cherchait des divertissements littéraires et musicaux, et Dirk Lambrechts s'avéra être le choix idéal. Il y apprend la guitare et découvrit, grâce à lui, le folk anglais et irlandais.
Wiet van de Lest était arrivé d'Itegem à Louvain, la musique dans la tête. Son père jouait du violoncelle et son frère aîné était ami avec Wannes van de Velde. Il avait un peu joué du violon enfant et, s'inspirant de l'exemple de Barney MacKenna, il choisit le banjo ténor. Lorsqu'il rencontre Paul Rans et Dirk Lambrechts au Reynaert, ils deviennent rapidement la première version de Rum.
Ils jouent partout où ils le peuvent, et Paul et Wiet, en particulier, veulent en faire leur métier. Ils apprennent des chansons, répètent, travaillent leurs voix et leurs instruments. Étudier les morceaux, répéter, travailler leurs voix et leurs instruments. Ce n’est pas vraiment le monde de Dirk Lambrechts ! Le trio se transforme en duo et fait suffisamment impression au Hove Skiffle Festival pour convaincre le jury.
Ils sont même autorisés à enregistrer une démo, mais le résultat ne les satisfait pas pleinement. Entre-temps, ils font la connaissance de Dirk van Esbroeck à Anvers. Né à Gand, Dirk a déménagé en Argentine avec ses parents à l'âge de deux ans. Il ne revient en Europe qu'à dix-huit ans, voyage un temps en Angleterre, puis s'installe à Anvers. Ses rêves musicaux se tournent d'abord vers le groupe 't Gemeen, puis vers les Doolaards. Après leur départ, Dirk trouve en Paul et Wiet les compagnons parfaits, et le véritable Rum voit le jour. 
Depuis Louvain, ils conquièrent le pays. Flandre, Bruxelles et Wallonie s'enflamment. Leur quatrième membre, Leon Lamal, était mondialement connu à Hoeilaart grâce à son café-concert folk, de Mallemolen. Il y a fait venir des musiciens français, anglais et irlandais, permettant ainsi à Rum de se faire une place sur ce circuit.  
Quand on a la chance de jouer au prestigieux festival de Cambridge, on se fait connaître aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, en Suisse, en Autriche… On est acclamé et célébré. Leurs disques rencontrent un immense succès. Ils figurent chaque année dans les classements Humo des meilleurs groupes nationaux et des meilleurs albums nationaux, devant des pointures comme Kandahar et Will Tura. La presse francophone est tout aussi enthousiaste, et ils jouent pendant des jours entiers à guichets fermés au Théâtre 140 de Bruxelles. 
C'est une période merveilleuse, mais aussi épuisante. Toujours sur les routes, toujours en mouvement, toujours à la recherche de nouveaux morceaux. Après six longues et formidables années, ils enregistrent leur troisième album
[en 1975]. Conçu comme un adieu, il marque aussi le début de leurs retrouvailles quelques années plus tard et le lancement de leurs carrières solo.  Sur « Rum 3 », Vera Coomans interprète la poignante « Gekwetst ben ik van binnen ». Elle remplacera plus tard Paul Rans. Paul lui-même joue quelques morceaux de luth sur cet album. Ici, vous entendez l'autre Paul Rans, l'homme du luth et du Chansonnier d'Anvers, ou Manuscrit Gruuthuse. Dirk chante deux chansons du poète-chanteur argentin Atahualpa Yupanqui. C'est le Dirk du duo avec Juan Masondo et du futur Tango al Sur, celui-là même qui chantait tant de poésie. Wiet présente « Flic flac » et « Mélancolie », deux airs de ‘’musette’’ parmi tant d'autres qu'il composera plus tard. 
C'est un magnifique disque qui se transforme en une tournée d'adieu inédite. Dirk voyage et joue son répertoire argentin avec Juan. Paul vit en Angleterre et y fabrique des luths. Wiet forme le groupe Douce Ambiance avec le guitariste Guy Raiff et le bassiste Frans Leven. Mais la situation commence à les peser et ils décident finalement de se reformer. Paul maintient le duo pendant quelques mois seulement. Vera Coomans devient l'égérie de Rum et Juan Masondo, le guitariste. Malheureusement, l'aventure n'a duré qu'un seul album, « Hinkelen », et une seule tournée. 
Wiet et Vera sont devenus Madou et ont enregistré un magnifique album.  
Dirk et Juan, accompagnés de Frakke Arn et Jean-Pierre Van Hees, ont formé le nouveau Rum, avec « Flandria Tropical » comme album phare. C'était beau, mais différent. Trop différent. Le public réclamait le Rum d'antan, et cela s'entend dès les premières notes. 
[Dans ce coffret] il y a les vinyles Rum 1, Rum 2, Rum 3 et Hinkelen. Ce sont tous des chefs-d'œuvre, sans exception, qui sonnent encore aujourd'hui comme ils le devraient : frais et captivants. C'est possible après trente ans. 
Dree PEREMANS (1949-2022)
La suite est ICI  
des concerts en accès libre ICI
 
Merci à Jean-Louis MONTAGUT de m'avoir transmis cette traduction.
 

 
quelques vidéos ou en Playlist
 
De Krepele/De Scheresliep 1972*
 
 
 
't Daghet in het oosten 1972*
 

 
Een bakker ging te vrijen 1972*
 

 
De Kaerlen 1979*
 

 
Canneloni alla Rossini 1979*
 

 
Het viel een hemels dauwe 1979*
 

 Dodenmars uit Wortel 1979*

 
Oostland 1979*

 

mercredi 9 septembre 2026

Quatuor Fanfare

mise en ligne le 6/10/2009
mise à jour le 10/5/2020, ajout de l'intégrale en vidéo
mise à jour le 24/1/2025, ajout d'un lien : chronique de Margot Liénard + quelques précisions sur l'origine du groupe
mise à jour le 9/9/2026, ajout de liens en complément 

Quatuor Fanfare – Le point du jour – 1986
VTA - Le Tambourineur, VTA 03



Le Quatuor Fanfare n'est pas un ensemble de musique de chambre. Ce quatuor est un orchestre de quatre violoneux nés au pays des fanfares, qui jouent des musiques à plusieurs voix sur les seize cordes de leurs violons petits et grands, des musiques à plusieurs voies entre musique des violoneux de Wallonie, chansons et airs des fanfares des Flandres, danses de la Renaissance et contredanses populaires d'ici et outre-Manche.






01 Polka van Elewijt (traditionnel)
02 Maclote de Joseph Jamin/Arthur Darley's jig (sources Joseph Jamain et J Docherty)
03 Genoveva (source E de Coussemaker)
04 Neige (Marc Debrock)
05 Trip to Paris (source John Playford)
06 Eternel retour (Christophe Declercq)
07 Branle (Christopher Demantius)
08 Ma mère, ma très chère mère* (source Cléophée Boulanger)
09 Varsovienne de Rixensart (traditionnel)
10 Die post (T. Susato) /Branle simple (C. Gervaise) /Branle gay (P. Attaignant)
11 Le point du jour (source journal l'Echo de Liège)

Christophe Declercq † : violon
Dominique Debrock-Binauld : violoncelle, chant
Marc Debrock : alto, chant
Jacques Leininger : violon, alto
 
A l'origine, le nom du groupe était Quatuor DBDD (pour Declercq, Binauld, Debrock, Declerck). Il se produit pour la première fois à la fête du Tambourineur à Boeschèpe le 22 avril 1984.  J'y tenais la partie de second violon. J'ai participé à 3 concerts sous ce nom puis à 3 autres sous le nom Quatuor Fanfare : à Auchel, octobre 84, puis même mois au Festival de Lille (dans le métro) et aux rencontres de musique trad à Saint Laurent Blangy en novembre 1984. Je suis remplacé en 1985 par Jacques Leininger.

Téléchargez  ici
306 téléchargements au 1/6/2013
 
Une chronique de Margaux Liénard sur cet enregistrement ICI

Polka van Elevijt
 
Vous avez aimé cet enregistrement ?
alors vous aimerez aussi celui-ci : Christophe Declercq et Margaux Liénard, Mémoires de violons
 
à écouter ICI

 
Margaux, fortement imprégnée de l'univers et du style de Christophe, a créé en octobre 2022 le concert/spectacle L'Euphonie des Coquecigrues, on y retrouve les harmonies et le style propre à Christophe. Elles sont en quelque sorte "les filles spirituelles du Quatuor Fanfare" dont elles reprennent la Polka van Elewijt
 
à découvrir ICI
 
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Commentaire

* Ma mère, ma très chère mère :  Evelyne Girardon nous a transmis l'origine de cette chanson qui a été publiée initialement dans le 33T Chant du Monde LDX 74759 "Chansons et Musiques traditionnelles du Québec", Anthologie Vol. VII, 1983 : Cette chanson a été recueillie en Beauce (Québec) en juillet 1970 par John Wright et Catherine Perrier. Belle version de "Sur l'pont du Nord", chanson en laisse devenue chez nous rengaine enfantine. Au Québec, elle est restée sérieuse et "morale", l'interdiction de la danse par l'Eglise ayant tout son poids, d'où nombre de complaintes où les tourments de l'enfer attendent les danseurs […]. Cléophée BOULANGER est née le 10 avril 1894 à Saint Romain, de Guillaume CORRIVEAU et Delvina FONTAINE. Elle est morte le 21 juillet 1973. Elle avait eu dix-huit enfants. Elle tenait ses chansons de ses parents et principalement de son père. Elle chantait pour ses enfants, le soir surtout, et au temps des fêtes (l'hiver) autour du poêle à bois. (note de Catherine Perrier)